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Casina Trovanza, la charmante maison signée Studio Helma

© Massimiliano Di Mario

En Italie, situé dans l’un des paysages idylliques des Pouilles, les architectes italien Lillo Montemurro et Grace Patruno viennent de terminer la Casina Trovanza, un petit bijou entouré d’oliveraies et d’agrumes. L’ensemble croise malicieusement histoire, architecture et nature.

Typique des Pouilles

 Casina Trovanza est une petite résidence typique des Pouilles, construite, au bord d’un ravin, au début des années 1900. Le bâtiment historique, prévu comme hébergement, combine l’hospitalité du design et l’art, tout en maintenant l’ atmosphère de la vie campagnarde. Un contexte où la tranquillité règne et nous plonge dans la nature.


Le projet, mené par l’agence d’architecture italienne Studio Helma, a préservé la construction caractéristiques de la maison d’origine, tout en récupérant les espaces extérieurs pour générer une connexion visuelle et physique avec le paysage environnant. Selon les architectes, avec la restructuration, il était possible de reconsidérer l’architecture de l’ancien bâtiment tout en maintenant la connexion avec le territoire grâce à l’utilisation de matériaux et de techniques architecturales caractéristiques de cette partie d’Italie.

A la croisée de l’ancien et du nouveau

Les murs sont en plâtre, les voûtes sont visibles et les lignes blanches marquent les espaces intérieurs. La restauration d’éléments architecturaux comme l’ancienne façade, met en évidence les différentes phases de construction de la petite ferme. Les étages du bâtiment principal et l’escalier intérieur ont été réalisés avec des lignes contemporaines. Le niveau bas maintient la simplicité de l’écurie préexistante avec un sol monolithique en ciment ciré. L’architecture intérieure vise à donner une atmosphère confortable et sobre, combinant l’ancien et le moderne. Grâce à un mobilier vintage raffiné, les éléments contemporains et les objets d’origine ont été requalifié par des artisans locaux.

Les terrasses donnent sur le merveilleux panorama du golfe de Tarente. Dehors, le jardin est parsemé d’oliviers et de pins d’Alep.  La récupération d’éléments typiques tels que le puits et le four, la restauration des murs et des grottes ont permis de compléter l’appartenance de Casina Trovanza dans son environnement.

© Massimiliano Di Mario
© Massimiliano Di Mario
© Massimiliano Di Mario
© Massimiliano Di Mario
© Massimiliano Di Mario

Le site de Heima Studio Architetti : ici.

Les photos : © Massimiliano Di Mario

Residenza Hortus, l’attrayante villa réalisée par Anime a Sud

© Anime a Sud

Située dans le centre historique de Modica, une ville sicilienne de la province de Raguse classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Residenza Hortus est une charmante retraite privée dotée d’un jardin méditerranéen.

Un écrin singulier

Le projet consiste à la restauration d’une structure datant du XVIe siècle et située proche de la cathédrale de San Giorgio, un chef-d’œuvre de l’architecture baroque. La première fois que les architectes ont découvert la propriété, ils ont constaté l’état d’abandon sous lequel elle se trouvait. En effet, l’ensemble, caché derrière les hauts murs faisait face à un jardin isolé où poussaient des figuiers, des grenadiers, des néfliers mais aussi d’autres essences comme la mandarine et les orangers. En somme, un écrin singulier riche en couleurs et en odeur.

Le jardin protégé, appelé «orto» est typique des maisons siciliennes. L’année 1554, que les architectes ont trouvée gravée sur une pierre, rappelait l’époque de longue domination de la ville de Modica et rappelle la structure qui a survécu au terrible tremblement de terre qui a détruit la région de Val di Noto en 1693 et ​​a été reconstruite plus tard dans le nouveau style baroque.

Un équilibre harmonieux

L’objectif du projet de rénovation était d’imaginer une nouvelle fonctionnalité de la propriété tout en préservant les détails de l’époque, afin de parvenir à un équilibre harmonieux entre style contemporain et caractéristiques d’origine. La propriété, sur trois niveaux, mesure environ 350 m² et consiste en un jardin de 175 m² avec cour pavée et terrasse, en plus d’une résidence de 110 m² avec une grotte attenante de 65 m² à transformer en un spa privé.

L’accès à la propriété a été gardé depuis le jardin, où plusieurs éléments d’origine ont été préservés comme les escaliers en pierre noire entre autres. La salle à manger extérieure est meublée avec une table composée en pierre de lave sur mesure, une barbecue et un lavabo en pierre qui ont été trouvés sur place.

Dans un coin du jardin près d’un luxuriant grenadier (symbole de Modica), un ancien bassin en pierre circulaire a été converti en une piscine chauffée où les habitants peuvent se détendre protégés par les murs de la propriété. Du jardin, un escalier extérieur existant mène à la terrasse panoramique, marquée par un sol en calcaire, où les habitants et leurs hôtes peuvent admirer la cathédrale de San Giorgio tout en goûtant le vin venant de la cave de la propriété.

Quand l’architecture naturelle inspire

A l’intérieur, se trouvent trois chambres à coucher, un salon et une cuisine dotée d’une arche en pierre. Les trois étages de la maison sont reliés par un escalier en fer hélicoïdale. Les suites, chacune avec sa salle de bain privée, ont une tête de lit en pierre sculptée, un plafond voûté, des lavabos sculptés sur mesure et des lits perchés sur un socle en béton. Des éléments qui nous rappellent la tradition sicilienne.

Selon les architectes, les caractéristiques spécifiques de chaque chambre se réfèrent aux trois éléments : l’ eau, l’air et le feu qui se combinent avec l’élément terre symbolisé par la grotte et le jardin. Les intérieurs sont enrichis par de vieux tapis et une volière en fer provenant du nord du Maroc, une amphore sicilienne du XIX e siècle, des céramiques et des articles vintage de Caltagirone, tels que les lampes de cuisine et l’ancienne radio trouvées sur le marché local d’antiquités.

Les œuvres d’art à l’intérieur de la résidence sont de l’artiste Luca Giannini. L’architecture naturelle a inspiré tout le projet comme l’utilisation des enduits à la chaux naturelle et à l’argile pour les murs et le sol, l’isolation de la toiture qui est en liège mais aussi des processus beaucoup plus techniques. La Residenza Hortus est un refuge paisible où l’on peut apprécier le silence et renouer avec lui-même en vivant une dimension qui combine le silence méditatif des monastères avec la Harmonie secrète des jardins arabes. En somme, un havre de paix pour se ressourcer.

© Anime a Sud
© Anime a Sud
© Anime a Sud
© Anime a Sud
© Anime a Sud

Le site de l’agence Anime a Sud : ici.
Le site de Luca Giannini : ici.

Les photos : © Anime a Sud 

« Leonardo Ricci 100 » l’exposition à visiter

© Ricardo Scofidio

A l’occasion du centenaire de la naissance de Leonardo Ricci, figure marquante de la scène architecturale italienne de la seconde guerre mondiale, l’ancien réfectoire de la Santa Maria Novella à Florence, accueille l’exposition Leonardo Ricci 100. Écriture, peinture et architecture sont au rendez-vous.

Découverte d’un large panel d’oeuvres

Du 12 avril au 26 mai 2019, les visiteurs peuvent découvrir à les œuvres de Leonardo Ricci exposées pour la première fois. Il s’agit d’esquisses expressionnistes, peintures avec une forte impact matériel et figuratif, fragments de compositions de mosaïque mais aussi des photographies et des maquettes des projets associés à des dessins d’architecture. Une exposition qui permet de faire la lumière sur les divers aspects du travail du grand maître.

Organisée par Maria Clara Ghia, Ugo Dattilo et Clementina Ricci, l’exposition vise à présenter la figure de Leonardo Ricci de manière libre avec une approche interdisciplinaire et claire. Le visiteur sera guidé par des extraits de « Anonymous » un livre existentialiste écrit par Ricci aux Etats-Unis en 1957. L’auteur le présente comme suit : « pas un livre savant pour les spécialistes, mais ouvert à tous ».

«Mon souhait, écrit-il, était de traiter de sujets étroitement liés à mon domaine d’activité, qui concerne principalement l’urbanisme et l’architecture, mais pas spécifiquement. »
Divisé en seize sections, comme les seize chapitres du livre, l’exposition Leonardo Ricci 100 offre un chemin ouvert, varié mais profondément organique qui mélange les textures des disciplines pratiquées par l’artiste, pour montrer les liens sous-jacents et les interférences. Les sections imitent ainsi l’ouverture de sa pensée et son mélange d’œuvres de différentes périodes et d’horizons divers, sa production, dans laquelle les frontières entre les disciplines deviennent floues.

Découverte de l’homme

Les sections deviennent ainsi des clés d’interprétation possibles pour aider le visiteur à comprendre l’homme qui à Florence avait reçu les enseignements de Giovanni Michelucci (l’un des plus célèbres architectes florentins du 20ème siècle) et les avait mélangés avec ceux de l’abstraction classique. L’homme qui avait rencontré Albert Camus, Jean Paul Sartre et Le Corbusier à Paris et qui est allé jusqu’en Amérique du Nord, où il s’était familiarisé avec les pratiques de la peinture.

La vie de Leonardo Ricci ressemble à un condensé agile du XXe siècle. C’était un homme qui a traversé les âges, il a dessiné les fondements pour construire une vision personnelle du monde et de la pratique de l’architecture. Dans Leonardo Ricci 100, le visiteur est plongé dans l’optimisme utopique des années 1940 dans Florence d’après-guerre, où Ricci a participé à des concours pour la reconstruction des ponts florentins tout en découvrant son amour pour l’enseignement. Mais aussi nous découvrons les divers courants existentialistes qui ont influencé son travail littéraire.

Un espace généreux est dédié à son travail de manifeste à Monterinaldi (le studio-maison de Ricci achevé en 1961), un projet dans lequel les principales raisons de sa recherche architecturale peut être reconnue. Nous découvrons entre autre « La Cava » créée en 1955 où il s’agit d’un événement qui prend la forme d’une exposition devenue célèbre pour sa décision d’impliquer toute la colline de Monterinaldi dans une action collaborative dans laquelle architectes, peintres et sculpteurs a participé librement, à une intégration complète des arts.
« Construire un bâtiment, c’est faire que les gens vivent dans un sens plutôt que dans
un autre
», écrivait Ricci dans Anonymous , répétant une phrase à laquelle il était habitué.

Vous avez jusqu’au 26 mai 2019 pour visiter l’exposition Leonardo Ricci 100, courez-y ça vaut le coup!

© Ricardo Scofidio
© Ricardo Scofidio

Les photos : © Ricardo Scofidio

D’une ancienne ferme en une élégante résidence

© Ruinelli Associati Architetti

En Italie, Ruinelli Associati Architetti a réalisé la réhabilitation d’une grange ainsi que la reconstruction d’une partie en habitation. Le résultat est séduisant.

Le projet est constitué de deux parties distinctes, tout d’abord la reconversion d’une grange avec un grenier à foin en une résidence familiale et la reconstruction d’un bâtiment de ferme adjacent mais indépendant, utilisé à l’origine pour la production de fromage.

Garder l’harmonie du complexe agricole

Selon les architectes, le concept relie les deux petites structures à travers un passage creusé rendu invisible de l’extérieur afin de ne pas perturber l’harmonie du complexe agricole. Les deux entités sont traitées de manière autonome, malgré un certain nombre de caractéristiques leur permettant d’être considérées comme un seul projet. Donnons par exemple le revêtement de sol que les deux  ont en commun.

La distinction entre les volumes réside principalement dans le sentiment que l’espace interne et les matériaux communiquent au visiteur. La grange a une base en pierre, renforcée, enduite de chaux et de ciment et finie avec de la chaux mélangée avec du sable très fin. L’étage supérieur est un grenier à foin en rondins imbriqués dans lequel une pièce en mélèze massive a été insérée, reprenant ainsi l’essence du style des constructions locales. La porte du grenier à foin, qui comportait à l’origine deux panneaux, a été réinterprétée comme une grande porte-fenêtre en mélèze et comme toutes les portes et fenêtres de la grange, elle peut être fermée par un panneau coulissant en bois sculpté. Les portes et les fenêtres restantes ont été créées avec un minimum d’interférences sur les assemblages.

Le béton dans toute sa splendeur

Le bâtiment de ferme a conservé sa position et sa structure d’origine, le mur de pierre en plâtre a été remplacé par un nouveau mur en béton, isolé et en plâtre. L’intérieur est en béton apparent obtenu à l’aide de ciment blanc. Le coffrage est constitué de planches de bois sciées de différentes épaisseurs comprises entre 12 et 15 cm. Les fenêtres font écho aux ouvertures originales mais elle sont plus petites en taille à l’exception d’une grande ouverture située côté ouest et offrant une vue magnifique sur le lac Maloja.

Toutes les boiseries sont en chêne, il s’agit, selon les architectes, d’une combinaison qui fonctionne mieux avec le béton ainsi que le mélèze. L’extérieur est enduit de chaux et de ciment, marqué le lendemain de son application pour lui donner l’aspect brut des maisons de montagne. Les volets extérieurs sont en métal. Le revêtement de sol continu des deux structures est en béton battu, obtenu en ajoutant du marbre en poudre et imprégné de savon de Marseille.

La nouvelle construction va de pair avec la réhabilitation de l’ancienne grange, un travail d’orfèvre que l’agence Ruinelli Associati Architetti a accompli avec tact. Le résultat est subtil.

© Ruinelli Associati Architetti
© Ruinelli Associati Architetti
© Ruinelli Associati Architetti
© Ruinelli Associati Architetti

Le site de Ruinelli Associati Architetti : ici.

Les photos : © Ruinelli Associati Architetti 

Zallinger, le charmant hôtel en haute montagne signé noa *

© Alex Filz

L’agence d’architecture noa* a réalisé la rénovation et l’agrandissement du refuge de Zallinger situé dans les Dolomites. Grâce à l’intervention minutieuse des architectes, un nouveau modèle d’hospitalité est né, il sert aussi d’exemple pour le tourisme responsable.

Raviver le charme de l’ancien

Le projet consiste en une délicate intervention, de récupération historique et paysagère, que les architectes de l’agence noa*, qui se sont depuis longtemps engagés à développer des modèles innovants de tourisme vert, ont mené avec tact où les granges du XIXe siècle renaissent sous la forme de mini-chalets pour raviver le charme d’un village alpin.

La tradition du Tyrol du Sud est de combiner le confort, la qualité et la durabilité. L’objectif du projet était, dès le départ, d’améliorer la qualité et la capacité d’hébergement d’une ancienne structure hôtelière sans altérer le paysage délicat et l’équilibre environnemental, le tout en créant une valeur esthétique et durable.

Le projet, a créé de nouveaux espaces sans modifier les volumes existants et tout en respectant le concept historique et les caractéristiques architecturales du petit village d’origine. Grâce aux diverses solutions et aux matériaux adoptés, le nouveau lieu de villégiature revit aujourd’hui.

A ce propos, Stefan Rier, l’un des architectes associés de noa*, explique : « Dans ce projet, nous avons également essayé de faire ressortir cette relation solide entre architecture et contexte, qui caractérise toutes nos œuvres. Nous voulons proposer de nouveaux modèles de vie et d’hospitalité qui, d’une part, permettent de récupérer formes et matériaux traditionnels expriment en revanche la qualité du design, haut niveau de confort et de durabilité. L’environnement alpin est un complexe et système fascinant qui doit être compris et respecté. Nous pensons que c’est Il est important de penser à de nouveaux espaces et aux moyens de l’inhiber: des environnements sur un être humain. A l’échelle, confortable, accueillant, mais surtout unique et authentique. »

La cabane Zallinger date du milieu du XIXe siècle, elle a été construite à 2200 mètres au-dessous du Sassopiatto. Le lieu était autrefois entouré de sept granges et une petite église. Par la suite, les granges ont été remplacées par un seul grand bâtiment (1880), qui, au fil du temps a assumé d’autres fonctions. L’extension était l’occasion de faire revivre la structure d’origine ainsi que la restructuration du corps central de l’hôtel, la démolition de l’ancien grange et la construction de sept nouveaux chalets aménagés dans le respect du plan original du site.

Le bois à l’honneur

Les architectes de noa * ont ajouté 24 chambres dans les nouveaux mini-chalets et ont laissé les 13 chambres d’origine. Chaque chalet est constituée de quatre chambres non connectées entre elles. La vie privée est donc assurées. Chaque unité, se repose sur une dalle en béton, est construite avec des méthodes préfabriquées en bois à partir d’une ingénierie « sur mesure » par les architectes de noa *.

Les revêtements extérieurs qui entourent les chalets sont constitués de blocs de bois massif empilés dans une alternance de plein et de vide, devenant un motif caractéristique. Le résultat, inspiré par la structure des anciennes granges, évite les reflets gênants des fenêtres exposées, inappropriées dans un contexte de haute montagne. Les panneaux en bois sont conçus pour pouvoir s’ouvrir, offrant une vue sur le paysage alpin spectaculaire, mais une fois fermés, ils créent une ambiance particulière dans les chambres.

Durabilité, respect de la montagne et contact direct avec la nature sont les principes qui ont guidé tous les choix de conception. Par exemple, les bardeaux de bois des toits sont typiques de la tradition du Tyrol du Sud, tous les matériaux sont certifiés, il a même été décidé de ne pas éclairer les chemins reliant les chalets et l’abri, pour éviter la pollution lumineuse et
permettre aux invités, équipés de lanternes, d’admirer le charme du ciel étoilé.

Avec la rénovation du refuge de Zallinger, une étude a également été lancée pour minimiser le flux des voitures dans une zone qui a observé une forte croissance du nombre de visiteurs ces dernières années. Avec l’intervention de noa*, le refuge Zallinger reprend vie !

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de l’agence d’architecture noa* : ici.

Les photos: © Alex Filz

En Italie, O A S I architects redone vie à la CM House

© Laura Cavelli

Busto Arsizio est une charmante ville italienne située dans la province de Varèse, en Lombardie. C’est dans cette commune de 83000 habitants que l’agence O A S I architects a réalisé la réhabilitation d’une maison abritant un jeune couple et ses trois enfants. Subtilité, sobriété et qualité sont au rendez-vous.

Révéler la beauté des lieux

La villa réhabilitée par O A S I architects se trouve dans le nord-ouest de l’Italie, à Busto Arsizio. Situé non loin du centre-ville, le projet nécessitait, dès le départ, une grande attention. Les architectes ont fait un travail remarquable qui se base sur un processus de soustraction. En effet, se référant aux paroles de Gordon Matta Clack qui disait : « L’anarchitecture fait de la place sans la construire. L’Anarchitecture ajoute une notion d’événements non matériels … l’Anarchitecture est plus proche du jeu parfait des vides. », l’intervention a consisté à enlever l’inutile pour révéler la beauté des lieux.

Un travail de nettoyage conceptuel et physique a donc été mené par des mains de maître et a permis aux architectes d’exposer l’espace horizontal de la vieille maison ainsi que le nouvel espace vertical du large couloir central. À travers les coupures dans les planchers, la vue s’ouvre sur la structure en bois du toit. Donnons l’exemple de la coupe en demi-lune et la coupe en parallélogramme qui relient les différents étages de la maison, transformant le vieux couloir sombre et inadéquat en cœur de passages donnant sur plusieurs niveaux.

Une architecture sobre

Le rez-de-chaussée est épuré, il devient l’espace central de la vie collective pour les habitants. Le premier étage est dédié aux chambres et aux salles de bains, il est agrémenté de sols transformés en tapis de matériaux neufs et recyclés. Dépouillé, l’ensemble respire une architecture sobre et plus adéquate aux différentes exigences d’aujourd’hui.

O A S I architects, qui est une société d’architecture émergente née en 2009, a répondu avec brio aux besoins spécifiques des propriétaires des lieux tout en respectant l’architecture existante. Un projet qui mérite reconnaissance.

© Laura Cavelli
© Laura Cavelli
© Laura Cavelli
© Laura Cavelli
© Laura Cavelli

Le site de O A S I  architects: ici.

Les photos : © Laura Cavelli

En Sardaigne, une installation aérienne signée Alvisi Kirimoto + Partners

©Luigi Filetici

Dédiée au célèbre auteur-compositeur, Fabrizio De André, c’est une installation singulière qui a été réalisée en 2016 sur la Piazza Faber à Tempio Pausania. Une variété de voiles de toiles colorées flottent ainsi dans le ciel du centre du pays. Léger et modifiable, l’ensemble a été conçu par l’agence d’architecture Alvisi Kirimoto + Partners en collaboration avec Renzo Piano, à qui ils doivent l’idée principale.

Améliorer la visibilité des petites villes

Le projet consiste en une installation qui tend à améliorer la visibilité de la place du marché, il célèbre la lumière et les couleurs du paysage environnant. L’idée de cet hommage extraordinaire est née de l’amitié qui liait Renzo Piano à Fabrizio De André, le concept vise non seulement à rappeler l’un des interprètes les plus sensibles de la nature humaine, mais également à prêter attention à l’importance des petites villes du territoire italien, comme Tempio Pausania.

La place, entourée de bâtiments historiques datant principalement du XVIIIe siècle, contient des blocs de granit laissés exposés. Les rues sont caractérisées par une chaussée de petits pavés et des bandes de granit gris. Le projet confié aux architectes Massimo Alvisi et Junko Kirimoto et réalisé dans le prolongement de l’idée de l’architecte Renzo Piano, a conduit à la mise en place d’un maillage de cordes en acier composé de 19 fils en spirale, fixés au moyen de barres d’ancrage aux murs de granit solides et épais des bâtiments environnants.

Le treillis forme de grands triangles suspendus, à partir desquels les autres tirants se ramifient pour former 12 triangles de tissu de tailles différentes. Ces derniers peuvent être enroulés autour de rouleaux motorisés avec un mécanisme similaire à celui de la voile nautique. La motorisation permet plusieurs configurations. La scénographie inclut également la projection d’images et des mots . Les voiles de toile colorées flottent dans le ciel, portées par le vent, dans un équilibre instable conférant à l’ensemble une allure aérienne très appréciable.

©Luigi Filetici
©Luigi Filetici
©Luigi Filetici
©Luigi Filetici

Le site de l’agence d’architecture Alvisi Kirimoto + Partners : ici.

Les photos : © ©Luigi Filetici pour Alvisi Kirimoto + Partners


L’architecture peut elle être un exutoire?

© Michael Sieber

C’est un projet de réhabilitation mais aussi un hymne à l’architecture que Giacomo Garziano, le fondateur de l’agence d’architecture néerlandaise GG-loop, adresse à sa maison familiale. Il s’agit d’un univers singulier qui, malgré sa fantaisie, trouve sa place à Altamura, une commune typique du sud d’Italie.

Deux mouvements en un

Le projet est composé de deux parties : Gentle Genius qui concerne l’extérieur de la bâtisse et Infection qui se concentre sur l’intérieur. Selon l’architecte, les deux parties correspondent à deux mouvements différents. Tout d’abord l’observation, qui touche l’extérieur et puis l’action qui met en avant l’intérieur.

Dans cette ville du sud de l’Italie et dans le but de prendre conscience de l’état critique de certains édifices, l’architecte réussit un grand pari. Se référant sans cesse à l’urbanité chaotique qui la compare à une partition de musique, Giacomo Garziano habille les murs extérieurs de l’ancienne résidence familiale. Ainsi, la façade du Gentle Genius croise des formes lisses mais aussi pointues en faisant un clin d’œil à l’histoire de la famille qui a connu tantôt la joie, tantôt le drame.

L’architecture peut elle peindre un état d’âme ?

L’architecture peut elle peindre un état d’âme ? Il faut y croire. Selon l’architecte, les séquences de joie extrême ou encore de profonde tristesse que l’on trouve aussi dans l’album de King Crimson peuvent exister en architecture. Ainsi, la couleur rouge de la façade de la maison peut exprimer la sensation de rage, la folie mais aussi la passion, tandis qu’à l’intérieur, le bleu peut s’apparenter à la solitude, au calme et à la tristesse.

L’extérieur plus rude à l’image d’un bouclier protecteur, porte selon l’architecte l’histoire du roi venant purifier l’intérieur, toujours en référence à l’album de King Crimson, qui influence le travail architectural même dans les moindres détails. Ainsi, l’intérieur cherche à générer une nouvelle vie, à recréer un équilibre positif dans un espace longtemps abandonné. De ce fait, l’architecture se déploie, telle une symphonie, pour déchaîner les passions et apporter la nouveauté.

Le projet The Seed Of Time a été ouvert en octobre 2015, avec une performance immersive du collectif d’art Elephants and Volcanoes. Les visiteurs ont été guidés à travers l’espace sculptural par la présence de qutre acteurs. Une intervention culinaire, une performance de danse, des installations sonores et des costumes ont transporté le visiteur dans une réalité parallèle où le passé, le présent et le futur se fusionnent pour modifier la perception et ouvrir de nouvelles voies de perspective.

© Michael Sieber
© Michael Sieber
© Michael Sieber
© Michael Sieber
© Michael Sieber

Le site de GG-loop : ici.  

Les photos: © Michael Sieber