Archives de catégorie : Expositions

A Singapour, des pétales et des fleurs pour Patek Philippe

© Daisuke Shima

Après Dubaï, Munich, Londres et New York, Singapour a été choisie par Patek Philippe comme lieu de la cinquième grande exposition Watch Art qui a offert un aperçu approfondi de l’univers et des créations de la marque. L’architecte Emmanuelle Moureaux a été chargée de l’installation.

100 nuances de couleurs

Se déroulant pendant l’année du bicentenaire de Singapour, l’exposition présentée au Marina Bay Sands Theatre était la plus importante à ce jour. Collectionneurs, aficionados de l’art, horlogers et grand public ont pu s’immerger dans l’univers de Patek Philippe recréé dans dix salles formant une magnifique exposition de plus de 1800 m².

La pièce maîtresse de l’installation intitulée « 100 colors flowers », composée de 11 500 fleurs avec ses pétales aux 100 nuances de couleurs, a accueilli les visiteurs à leur entrée dans la première salle de l’exposition, la Singapore 200th Anniversary Room. Dans l’esprit de Majulah Singaporeura (les deux premiers mots de l’hymne national qui capture l’esprit de Singapour et veut dire à partir de Singapour), l’installation s’inspire de la flore de cette île pleine de couleurs, d’exubérance, de vitalité et de vie.

L’esprit de la nature

Colorée et immersive, l’installation reflète la fluidité du temps. Inspirée par la beauté, la couleur et le parfum des fleurs de frangipanier, cette création reflète également la grâce et le dynamisme de Singapour. Les pétales sont soigneusement assemblées à la main pour former cette installation qui capture l’esprit de la nature. L’œuvre capture également l’immense précision des maîtres artisans et horlogers de Patek Philippe.

Attirant 68 000 visiteurs en 16 jours, la grande exposition Watch Art a été une grande réussite. L’architecte française Emmanuelle Moureaux, basée à Tokyo, fidèle à ses valeurs et habituée à manipuler adroitement les différentes couleurs, a engendré, encore une fois des œuvres subtiles, aériennes et à la fois sensationnelles.

© Daisuke Shima
© Daisuke Shima
© Daisuke Shima
© Daisuke Shima

Le site d’Emmanuelle Moureaux : ici.

Les photos : © Daisuke Shima

Hôtel Métropole, une escale obligée

© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui

A Paris, le Pavillon de l’Arsenal nous propose un délicieux voyage. A la fois ludique, instructif mais aussi didactique, il s’agit d’une remarquable exposition nommée « Hôtel Métropole » . Sous la houlette de Catherine Sabbah et Olivier Namias, deux journalistes spécialistes de la ville, l’équipement hôtelier se dévoile, depuis 1818 jusqu’à nos jours en révélant avec lui les diverses facettes d’une industrie qui côtoie notre quotidien mais qui reste encore largement méconnue sauf des visiteurs venus de loin.

Les différents chapitres de l’hôtellerie parisienne

Qui aurait pu croire que Le Grand Paris compte 2.053 hôtels et 121.677 chambres ? le secteur hôtelier francilien a assuré, en 2018, 52 millions de nuitées, se plaçant au deuxième rang européen après Londres ? en 2017, l’hôtellerie a généré 47 500 emplois directs, soit 1/6e des 295 000 emplois touristiques du Grand Paris? le plus ancien équipement hôtelier parisien est Le Meurice ? Des questions pertinentes qui ont trouvé réponse grâce aux recherches poussées des deux commissaires. Parce qu’un tel sujet n’a encore jamais été étudié surtout dans ses facettes les plus larges. C’est ainsi que rentre en jeu l’expérience de Catherine Sabbah spécialiste de l’économie de la ville et d’Olivier Namias, architecte de formation, tous les deux sensibles aux diverses mutations des cités et qui ont mis leurs recherches en commun pour un résultat notable où les chiffres, les formes et l’histoire des lieux sont épluchées avec une grande finesse.

L’exposition ouvre les différents chapitres de l’hôtellerie parisienne en dévoilant l’évolution allant de l’équipement le plus ancien, jusqu’aux diverses possibilités que les architectes imaginent pour l’hôtel de demain en passant par l’établissement moderne, les multiples chaînes hôtelières proposant diverses services récréatives ou encore l’hôtel accueillant les sans abris. A chaque établissement ses spécificités, à chaque enseigne ses usagers et à chaque architecture ses enjeux. L’évolution de l’habitat temporaire qui accompagne la mutation urbaine mais aussi les diverses exigences des utilisateurs des lieux devient, grâce à l’exposition accessible à tous. Tandis que certains férus de chiffres, découvriront les taux d’occupations ou les prix des chambres, d’autres se pencheront sur le langage architectural et la mutation des réalisations hôtelières alors que d’autres découvriront les dernières réflexions actuelles qui accompagnent l’hôtel de demain.

Des idées pour demain

A l’heure de l’évolution du territoire, des grands chantiers en cours, des jeux olympiques qui vont bientôt pointer leur nez, « Hôtel Métropole » montre qu’il est aussi nécessaire d’envisager la promotion de l’offre hôtelière francilienne à venir, sans oublier les grands thèmes actuels comme le développement durable ou l’économie d’énergie.  

Pour appuyer les concepts proposés, les visiteurs découvrent les travaux de quatre agences d’architecture qui tentent d’inventer l’hôtel de demain. C’est ainsi que Cigüe, Nicolas Dorval-Bory associé à Vorbot, Lina Ghotmeh et Jean-Benoît Vétillard dévoilent leurs idées. Tandis que Ciguë imagine une salle de bains qui ressemble à un cabinet de curiosité, permettant de consommer moins d’eau, Lina Ghotmeh, conçoit une grande chambre capable d’accueillir d’autres usages. Par ailleurs, Jean-Benoît Vétillard réinterprète l’historique marquise en utilisant la fibre végétale et Nicolas Dorval Bory et l’agence Vorbot proposent de décarboner les couloirs des établissements hôteliers. Ses 24 m² sont transformés en boîte à outils où dormir n’est qu’une fonction parmi d’autres.

Avec sa grande diversité de ressources, « Hôtel Métropole » constitue un précieux recueil indissociable de la ville et c’est à découvrir jusqu’au 12 janvier 2020. Un livre accompagne également l’exposition, il s’agit d’un ouvrage indispensable à garder dans chaque bibliothèque.

© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui
© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui
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© Salem Mostefaoui
© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui

Pour plus d’informations, voir: ici.

Katinka Bock, Tumulte à Higienópolis, c’est à Lafayette Anticipations!

Les photos : © Pierre Antoine / Lafayette Anticipations, Paris

Recyclage ou mutation? Réutilisation ou régénération? L’exposition de Katinka Bock à Lafayette Anticipations fait suggérer, réfléchir mais aussi réagir. Plusieurs œuvres de petites tailles, gravitent autour d’une installation majeure qui trace une intéressante histoire.

Mémoire

A la fois touchante et suggestive, la pièce maîtresse qui habite l’espace de la tour d’exposition de Lafayette Anticipations est une sculpture monumentale qui mesure 9 mètres de haut. intitulée Rauschen il s’agit d’une installation recouverte de feuilles de cuivre récupérées à Hanovre. Cependant, il ne s’agit pas de simples matériaux de réutilisation mais des plaques de cuivre du dôme de l’Anzeiger-Hochhaus, le seul gratte-ciel d’époque, un monstre de briques recouvert d’un impressionnant dôme en cuivre de 12 mètres de diamètre, considéré comme un haut-lieu de la presse allemande et qui a vu naître des journaux de renom comme Stern ou Der Spiegel.

Les plaques de cuivre conservent les stigmates du temps, ainsi le visiteur peut y découvrir les impacts des bombes mais aussi l’effet de la pollution, des griffures des oiseaux. L’installation, rappelle dans sa forme les autres sculptures en céramique de l’artiste, qui, à la fois creuses et asymétriques, définissent des formes fluides, dynamiques ou en mouvement. Cependant, restent quelques imperfections évoquées par l’artiste avec la plus grande philosophie et un sourire discret: « J’aime quand les œuvres sont parfois fragiles et pas toujours parfaites ».

Richesse

Plusieurs autres sculptures de tailles beaucoup plus modestes, agrémentent les espaces intérieurs et extérieurs de la Fondation, par ici, un semblant d’un porc-épic, par là un noyau de cerise, ailleurs, d’autres plaques pliées du dôme en cuivre ou encore quelques cactus en bronze moulés directement sur la plante vivante ou morte, bref, entre silhouettes humaines, êtres en mutation, objets en équilibre, l’exposition de Lafayette Anticipations démontre une grande richesse d’esprit dont l’ensemble consiste aux diverses recherches actuelles de Katinka Bock portant sur les textures et les matériaux, dont le cuivre, l’argile, et les différentes techniques d’impression.

Du 7 mars au 17 mai 2020, l’exposition est à voir au Kestner Gesellschaft de Hanovre qui occupe depuis 1997 le bâtiment mitoyen du Anzeiger-Hochhaus, les anciens bains Goseriede. La sculpture Rauschen y sera présentée, à l’emplacement du bassin des hommes mais en position couchée. De quoi engendrer d’autres sensations!

Les photos : © Pierre Antoine / Lafayette Anticipations, Paris
Les photos : © Pierre Antoine / Lafayette Anticipations, Paris
Les photos : © Pierre Antoine / Lafayette Anticipations, Paris
Les photos : © Pierre Antoine / Lafayette Anticipations, Paris

Tumulte à Higienópolis est à découvrir jusqu’au 5 Janvier 2020 à Lafayette Anticipations.

Pour plus d’informations, voir le site de Lafayette Anticipations.

Un tour du monde rapide de la biennale d’art contemporain 2019 de Venise

Comme chaque biennale d’art contemporain, le visiteur demande : que voir et que faire ? Par où commencer ? Où s’attarder plus qu’ailleurs ? La 58ème biennale d’art contemporain de Venise mérite bien une longue visite. Il s’agit, comme toujours, d’un impressionnant terrain de jeu débordant de créativité où le regard s’égare et les sens s’aiguisent. Détails d’architecture présentera ici un tour rapide des quelques idées les plus marquantes qui donneront probablement envie à d’autres visites.

Diverses formes artistiques

La biennale d’art contemporain de Venise a ouvert ses portes le 11 mai 2019. Intitulée « May You Live In Intersing Times », la biennale, dont le commissaire est Ralph Rogoff, comprend des œuvres reflétant certains aspects précaires de la vie quotidienne, visant à réformer le sens de la collectivité humaine, le tout représenté sous diverses formes artistiques.

Cette année, il y a 87 participations nationales, certains pays comme l’Algérie, le Ghana, le Madagascar et le Pakistan participent pour la première fois à la Biennale d’art contemporain de Venise. Comme chaque biennale, une fois de plus, les pavillons nationaux se sont dotées d’une grande créativité pour présenter à travers l’art contemporain la production artistique de nombreux pays. Il s’agit, comme d’habitude, d’une profusion artistique qui ne laisse pas indifférent. Revenons sur quelques travaux qui qui valent le détour.

Les pavillons

Le thème « May You Live In Intersing Times » a été utilisé par certains artistes avec sérieux, parfois avec ironie ou même avec une sorte de défi. Commençons par le pavillon canadien qui fait sensation avec la première vidéo inuite du pays montrant la nécessité de l’histoire d’un peuple. Le pavillon finlandais qui explore, à travers une installation sculpturale, le miracle en tant d’expression poétique. En créant un espace de rencontres propice à la réflexion, le pavillon défie la notion de représentation et d’appartenance nationales. Quant au pavillon nordique, il se démarque par son thème dialectique qui met en avant les relations complexes et variées entre l’être humain et les autres organismes vivants à l’époque des changements climatiques.

Le pavillon taïwanais se démarque par sa réflexion sur la transformation des techniques de surveillance tout en incluant la reconnaissance faciale 3D contemporaine, l’intelligence artificielle et le poids d’internet dans notre monde, tandis que le pavillon brésilien présente une grande installation orientée sur les cultures autochtones à explorer en présence de l’œuvre audiovisuelle Swinguerra.

Le pavillon polonais présente un avion privé de luxe coupé en deux et reconstruit à l’envers. Il s’agit d’une sculpture surréaliste pleine de paradoxes qui met en avant la transformation capitaliste polonaise. Le pavillon coréen présente trois artistes dont chacune développe des pratiques qui utilise une réflexion critique basée sur une forte conscience du genre tout en approfondissant le présent et en analysant l’histoire autour de la modernisation de la Corée.

Le pavillon japonais met en place un espace dédié aux réflexions sur le savoir comment vivre ensemble ou vivre au sein d’une équipe interdisciplinaire travaillant ensemble. L’exposition prend comme point de départ les pierres, que l’artiste Motoyuki Shitamichi qui a traversé les îles Yaeyama jusqu’à Okinawa a immortalisé en photo. Ces pierres sont des roches naturelles qui préservent la mémoire des catastrophes, mais sont également devenues l’objet de croyances religieuses locales, d’éléments de mythologie et de folklore, de colonies d’oiseaux migrateurs et de foyers pour insectes. Il s’agit surtout d’un autre regard sur le monde qui nous entoure. Le pavillon suisse, à travers un duo d’artistes met au défi les notions du genre, plaçant la discussion dans le standard qui régit nos représentations et notre vie dans la société.

Cette année, il s’agit du premier pavillon du Ghana à la Biennale. Il observe, à travers le travail de six artistes, les héritages et les trajectoires de la liberté. Enraciné dans la culture ghanéenne et dans ses diasporas, le pavillon est conçu par Sir David Adjaye. Les œuvres de chaque artiste sont exposées dans des espaces interconnectés de forme elliptique recouverts de terre provenant de structures classiques ghanéennes. C’est une exposition qui se distingue de tous les autres pavillons par son espace et son art, un lieu pour se plonger dans l’incroyable culture ghanéenne.

Le pavillon italien s’inspire du labyrinthe qu’est Venise et présente les œuvres de trois artistes dont la présentation n’est ni linéaire ni susceptible d’être réduite à un ensemble de trajectoires ordonnées et prévisibles. C’est un spectacle où le visiteur ressent une sensation de temps exagéré qui se perd dans l’espace, un parallèle fascinant avec la ville hôte de la biennale qui permet différentes découvertes à une autre échelle.

Le pavillon français s’est démarqué cette année par son originalité. Après un petit périple où le visiteur est entouré d’arrangées, de téléphones portables, de coquilles d’œufs, de sculptures de pieuvre et d’autres créatures marines, il découvre un film époustouflant et fictif montrant un groupe de jeunes en voyage d’évasion se rendant de Paris à Venise en passant par la banlieue parisienne, le Palais du Facteur Cheval et la mer Méditerranée. Un film, riche en dialogues où se mêlent plusieurs langues comme le français, l’ anglais, avec quelques passages d’italien, d’arabe ou encore du néerlandais. L’idée étant de mettre au défi la représentation d’un monde fluide, dans lequel se mêlent diverses réalités.

Primé par le Lion d’or de cette biennale, le pavillon lituanien transforme l’intérieur d’un bâtiment historique de la Marina Militare en une atypique scène de plage. Cette dernière est éclairée artificiellement, remplie de sable et de tout l’attirail associé aux vacances à la mer. Une installation dystopique qui permet de réfléchir de plus en plus à la façon dont nous concevons et utilisons l’espace public.

A chaque fois, les pavillons nationaux de la Biennale de Venise se dotent de créativité pour présenter à travers l’art contemporain la production artistique de nombreux pays. Et comme à chaque fois, il faut y aller, ça vaut le détour !

La première exposition de Joseph Klibansky à Londres

© Joseph Klibansky

La House of Fine Art, fondée à Londres par Elio D’Anna et Simonida Pavicevic, spécialisée dans l’art contemporain et située dans le quartier de Myfair à Londres présente la première exposition de Joseph Klibansky intitulée « All I Ever Wanted Was Everything ». Un univers plein de contraste que l’artiste cultive avec précision.

Un univers contrasté

C’est une exposition personnelle où le visiteur découvre les nouvelles sculptures et les peintures de l’artiste né en 1984 à Cape Town et basé à Amsterdam, Joseph Klibansky.

Les travaux de Klibansky examinent la relation entre la matière et son essence tout en s’interrogeant entre ce que nous voyons et ce qu’implique l’image. L’artiste est connu par ses exposition passées dans des lieux prestigieux comme le Palazzo Cavalli-Franchetti à Venise, le National Museum de Fundatie of Zwolle aux Pays-Bas mais aussi au The BVDS Gallery dans le cadre de la 57ème biennale de l’art de Venise.

Après son exposition récente qui s’est déroulée à Los Angeles, Klibansky expose pour la première fois dans la capitale britannique. Pour cela, l’artiste a choisi la HOFA Gallery (La Maison des Beaux-Arts) située Mayfair où les œuvres seront exposées jusqu’au 31 mai avant d’être acheminées pour une autre exposition qui se déroulera au village de Nammos à Mykonos.

Le paradoxe est au cœur des travaux de Joseph Klibansky. Ce qui peut sembler joyeux au regard d’autrui peut s’avérer mélancolique. Mais c’est tout l’univers antagoniste des diverses œuvres de l’artiste qui attire le visiteur. En effet, l’homme de l’art utilise un vocabulaire singulier pour créer des compositions numériques. Il superpose les photographies, enrichies de peinture acrylique, sur du papier d’archives et les recouvre d’une résine liquide.

Ne pas se fier aux apparences

Par ailleurs, l’exposition présente des pièces choisies de la série de sculptures en bronze de Klibansky. Des figures amusantes et ludiques qui ont pour but de représenter la juxtaposition entre symbole et image. Donnons par exemple son œuvre tirée de sa série intitulée «Big Bang White» qui présente une tête de gorille de couleur blanche vêtue d’un chapeau de fête doré. L’ensemble contraste nettement avec le regard boudeur de l’animal. A travers cette œuvre, Klibansky passe un message concret selon lequel  il ne faut pas se fier aux apparences. A noter que l’œuvre a été réalisée de bronze poli à l’aide d’une imprimante 3D.

Concernant l’artiste, le critique d’art réputé Peter Frank souligne: « Joseph Klibansky fait de la sculpture conceptuelle, pas de la sculpture Pop en tant que telle. Il opère donc dans un discours plus proche de Hirst que de Koons, mais directement lié à aucun des deux. Je vois clairement ce qu’il dit en tant qu’artiste individuel, comment il le dit et comment il a évolué jusqu’à maintenant. »

Les œuvres de Klibansky sont les témoins d’une utopie inquiétante qui n’est probablement pas ce qu’elle montre. L’exposition, riche d’un bon nombre d’œuvres, est à découvrir jusqu’au 31 mai 2019.

Joseph Klibansky _ Big Bang white© HOFA
Joseph Klibansky _ The Thinker © HOFA
Reflections of truth_ polished bronze_2016_Joseph Klibansky @2x

Le site de Joseph Klibansky : ici.

Le site de HOFA : ici.

« Leonardo Ricci 100 » l’exposition à visiter

© Ricardo Scofidio

A l’occasion du centenaire de la naissance de Leonardo Ricci, figure marquante de la scène architecturale italienne de la seconde guerre mondiale, l’ancien réfectoire de la Santa Maria Novella à Florence, accueille l’exposition Leonardo Ricci 100. Écriture, peinture et architecture sont au rendez-vous.

Découverte d’un large panel d’oeuvres

Du 12 avril au 26 mai 2019, les visiteurs peuvent découvrir à les œuvres de Leonardo Ricci exposées pour la première fois. Il s’agit d’esquisses expressionnistes, peintures avec une forte impact matériel et figuratif, fragments de compositions de mosaïque mais aussi des photographies et des maquettes des projets associés à des dessins d’architecture. Une exposition qui permet de faire la lumière sur les divers aspects du travail du grand maître.

Organisée par Maria Clara Ghia, Ugo Dattilo et Clementina Ricci, l’exposition vise à présenter la figure de Leonardo Ricci de manière libre avec une approche interdisciplinaire et claire. Le visiteur sera guidé par des extraits de « Anonymous » un livre existentialiste écrit par Ricci aux Etats-Unis en 1957. L’auteur le présente comme suit : « pas un livre savant pour les spécialistes, mais ouvert à tous ».

«Mon souhait, écrit-il, était de traiter de sujets étroitement liés à mon domaine d’activité, qui concerne principalement l’urbanisme et l’architecture, mais pas spécifiquement. »
Divisé en seize sections, comme les seize chapitres du livre, l’exposition Leonardo Ricci 100 offre un chemin ouvert, varié mais profondément organique qui mélange les textures des disciplines pratiquées par l’artiste, pour montrer les liens sous-jacents et les interférences. Les sections imitent ainsi l’ouverture de sa pensée et son mélange d’œuvres de différentes périodes et d’horizons divers, sa production, dans laquelle les frontières entre les disciplines deviennent floues.

Découverte de l’homme

Les sections deviennent ainsi des clés d’interprétation possibles pour aider le visiteur à comprendre l’homme qui à Florence avait reçu les enseignements de Giovanni Michelucci (l’un des plus célèbres architectes florentins du 20ème siècle) et les avait mélangés avec ceux de l’abstraction classique. L’homme qui avait rencontré Albert Camus, Jean Paul Sartre et Le Corbusier à Paris et qui est allé jusqu’en Amérique du Nord, où il s’était familiarisé avec les pratiques de la peinture.

La vie de Leonardo Ricci ressemble à un condensé agile du XXe siècle. C’était un homme qui a traversé les âges, il a dessiné les fondements pour construire une vision personnelle du monde et de la pratique de l’architecture. Dans Leonardo Ricci 100, le visiteur est plongé dans l’optimisme utopique des années 1940 dans Florence d’après-guerre, où Ricci a participé à des concours pour la reconstruction des ponts florentins tout en découvrant son amour pour l’enseignement. Mais aussi nous découvrons les divers courants existentialistes qui ont influencé son travail littéraire.

Un espace généreux est dédié à son travail de manifeste à Monterinaldi (le studio-maison de Ricci achevé en 1961), un projet dans lequel les principales raisons de sa recherche architecturale peut être reconnue. Nous découvrons entre autre « La Cava » créée en 1955 où il s’agit d’un événement qui prend la forme d’une exposition devenue célèbre pour sa décision d’impliquer toute la colline de Monterinaldi dans une action collaborative dans laquelle architectes, peintres et sculpteurs a participé librement, à une intégration complète des arts.
« Construire un bâtiment, c’est faire que les gens vivent dans un sens plutôt que dans
un autre
», écrivait Ricci dans Anonymous , répétant une phrase à laquelle il était habitué.

Vous avez jusqu’au 26 mai 2019 pour visiter l’exposition Leonardo Ricci 100, courez-y ça vaut le coup!

© Ricardo Scofidio
© Ricardo Scofidio

Les photos : © Ricardo Scofidio