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A Trieste, un ancien entrepôt se reconvertit en magasin

© Pietro Savorelli

L’agence d’architecture italienne Archea Associati, basée à Florence, a réalisé la remarquable transformation d’un ancien entrepôt de vin situé à Trieste en un nouveau magasin de produits alimentaire. C’est un charmant projet qui bénéficie d’une situation particulière et possède une grande valeur historique. Sa transformation annonce une belle réussite.

Deux enveloppes, deux générations

Dans leur transformation, les architectes de l’agence Archea ont développée une intéressante idée. En effet, l’ancien entrepôt de vin qui donnait directement sur l’eau enveloppe selon le nouveau concept un volume en verre. Ainsi, vu de l’extérieur l’entrepôt garde son ancienne allure mais change de destination.

Les architectes d’Archea ont relevé le défi de créer un projet contemporain qui s’immisce dans un bâtiment patrimonial. Leur concept protège le bâtiment existant tout en respectant son environnement urbain. Il laisse le volume original inchangé, plaçant en son sein une nouvelle structure architecturale tout en verre reliée à l’existant par des passerelles suspendues au-dessus de l’eau.

La nouvelle structure est entièrement indépendante. Translucide et éthérée, ses proportions suivent le rythme du volume original. La séparation physique entre la nouvelle entité et l’édifice d’origine crée un espace saisissant entre l’intérieur et l’extérieur où l’eau coule. Les bords des murs de l’entrepôt, ses fenêtres et ses portes se reflètent dans le verre qui entoure l’espace, laissant entrevoir l’intérieur. De belles perspectives sont ainsi au rendez-vous.

Un doux mélange de textures

La nouvelle structure se développe sur quatre étages. Le rez-de-chaussée, à 80 cm au-dessus du niveau de la rue, garde la marge de sécurité historique qui le maintient au-dessus de la marée haute. La nouvelle mezzanine, bien que située plus haut que les murs d’enceinte, atteint le niveau supérieur du toit. Une grande fenêtre face à la mer offre une vue imprenable sur le port de Trieste.

L’atrium du bâtiment est doté d’un majestueux double escalier en acier corten qui relie les trois étages de vente. L’atrium est entouré d’un mur revêtu de briques de verre rétro-éclairé dont la forme et la matière font un doux clin d’œil aux revêtements intérieurs des réservoirs historiques où le vin était autrefois stocké.

La réhabilitation ainsi que le reconversion de l’ancien entrepôt par l’agence Archea Associati redonne la vie non seulement à un édifice patrimonial mais à une petite fraction de la ville. Un projet où justesse, originalité et élégance se croisent.

© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli

Le site de l’agence Archea Associati : ici.

Les photos : © Pietro Savorelli

Au Portugal, le musée mégalithique se pare d’un charmant habit métallique

 

© Fernando Guerra / FG+SG

Au Portugal, dans la commune de Mora, l’agence d’architecture CVDB en collaboration avec l’architecte Tiago Filipe Santos, a réalisé un étonnant musée. La sobriété de la nouvelle architecture se croise ainsi avec le patrimoine existant pour former un ensemble remarquable.

Un nouvel équipement culturel

Le musée mégalithique est situé dans le centre urbain de Mora, connue par ailleurs pour ses vestiges archéologiques. A proximité d’un futur parc public, le projet conçu par les architectes de l’agence CVDB tend à devenir une référence non seulement régionale mais également nationale. L’arrivée du nouvel équipement culturel contribue ainsi à la régénération de la commune de Mora qui possède par ailleurs plusieurs atouts.

L’ancienne gare de Mora est un bâtiment mythique faisant partie du patrimoine de la ville. L’édifice, profondément enraciné dans la mémoire collective des habitants avait besoin d’une réhabilitation. Le nouveau projet rehausse la valeur architecturale des parties existantes tout en apportant à l’ensemble un nouveau souffle ainsi que des espaces supplémentaires capables de répondre aux exigences futures.

L’ensemble se compose donc de l’ancienne gare, de son entrepôt et de deux nouveaux bâtiments. Ces derniers sont destinés à accueillir principalement des expositions ainsi qu’une cafétéria. Les quatre entités sont reliées par une galerie extérieure qui donne vers le côté nord de la parcelle et qui reprend la linéarité de l’ancien quai de la gare. Non seulement cette coursive unifie conceptuellement le projet mais elle résout la circulation tout en reliant la relation entre les différents programmes.

Qui respecte l’existant

L’entrepôt a été transformé en un espace ouvert et polyvalent. Que ce soit la conception ou les matériaux utilisés, tous respectent merveilleusement le patrimoine existant. Quant aux techniques utilisées dans le processus de la réhabilitation, elles sont authentiques. Les panneaux métalliques ajourés de couleur blanche qui couvrent la galerie et les nouveaux bâtiments, ils réinterprètent l’iconographie mégalithique. C’est aussi une manière à illuminer subtilement les espaces adjacents. Sans parler que leur effet nocturne est tout simplement magique.

Les intérieurs se caractérisent par une grande sobriété où le bois fait son apparition par endroits pour rendre l’univers plus ludique et chaleureux. Avec le projet de la réhabilitation, le patrimoine de Mora est tout simplement magnifié.

© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG

Le site de CVDB Arquitectos Associados: ici.

Les photos: © Fernando Guerra / FG+SG

A Lahaye, l’agence KAAN Architecten réhabilite un édifice historique

© Karin Borghouts, Sebastian van Damme
© Karin Borghouts, Sebastian van Damme

Initialement conçu en 1917 en tant qu’un bâtiment gouvernemental abritant un ministère, l’édifice réalisé par l’architecte Daniel E.C. Knuttel, vient de connaître un nouveau sort. Remaniés et réhabilités par l’agence néerlandaise KAAN Architecten, les locaux historiques continuent leur rôle bureaucratique mais dans un univers neuf, harmonieux et technologique.

Il s’agit d’un édifice classé que les architectes de l’agence KAAN devaient réhabiliter. Avec son architecture lumineuse, le nouveau projet, transforme l’ensemble en un avenant univers qui procure à ses utilisateurs un environnement de qualité.

 

Le projet dispose d’un rez-de-chaussée ouvert au public à la fois accessible et transparent, nous y trouvons également un restaurant, un café, un auditorium, une bibliothèque, des salles de réunion et de séminaires. Au milieu se trouve un grand atrium qui s’étend sur quatre étages où s’ouvrent les espaces de travail des diverses institutions. Plusieurs ouvertures couvrant l’atrium assurent une grande luminosité à l’ensemble.

L’une des curiosités du projet est le sol en mosaïque de l’atrium qui est réalisé par l’artiste hollandais Rob Birza. Quant à l’aménagement intérieur il respire la sobriété et l’élégance tout en répondant aux diverses exigences tant fonctionnelles qu’environnementales.

Les bureaux ainsi que les salons sont équipés de confortables assises, de tables mobiles offrant plusieurs possibilités d’utilisation et adaptables aux divers changements futurs.

A Lahaye, KAAN Architecten vient de transformer subtilement un bâtiment historique connu par sa rigueur en un ensemble accueillant qui offre un charmant environnement de travail à tous. Une renaissance réussie !

© Karin Borghouts, Sebastian van Damme
© Karin Borghouts, Sebastian van Damme
© Karin Borghouts, Sebastian van Damme
© Karin Borghouts, Sebastian van Damme
© Karin Borghouts, Sebastian van Damme
© Karin Borghouts, Sebastian van Damme
© Karin Borghouts, Sebastian van Damme
© Karin Borghouts, Sebastian van Damme

Les photos : © Karin Borghouts, Sebastian van Damme

Le site de l’agence d’architecture KAAN: ici.

Ne faut-il pas sauver la cathédrale de Tarente de Gio Ponti?

© Sipane Hoh

Cet été je suis allée à Tarente dans l’intention de visiter entre autres la cathédrale construite par Gio Ponti. Une fois sur place, quelle déception ! L’une des œuvres majeures du grand architecte présente des signes de fatigue. La question des constructions modernes et leur sort reste toujours d’actualité.

L’architecte du fameux gratte-ciel milanais, la Tour Pirelli, a construit également à Tarente, dans le sud de l’Italie, une remarquable cathédrale. En béton, de couleur blanche, avec sa façade en dentelle et sa position dans la ville, elle ne laisse personne indifférent. Cependant, depuis un petit moment, la construction semble être malade. Une réhabilitation devrait lui procurer son éclat d’autrefois. C’est pourquoi, selon le journal italien Artribune depuis quelques mois, plusieurs voix s’élèvent dont celle de l’architecte, historien et critique Marco Romanelli qui est l’associé de la fille de Gio Ponti; il demande une intervention rapide pour éviter la déshérence de l’une des pièces essentielles de l’architecture religieuse moderne de Tarente.

J’apprends par la même source qu’ont été envisagées au mois de Mars dernier, des journées portes ouvertes dans le but de faire connaître l’œuvre architecturale au public. C’est ainsi que ce dernier a appris à connaître, découvrir, redécouvrir ainsi qu’apprécier à sa juste valeur cette construction qui, malgré ses quelques défaillances, reste un inébranlable témoin de l’architecture moderne italienne.

Il s’avère que pendant ces fameuses journées, les alentours de la cathédrale ont été nettoyés et choyés, une action qui met encore plus en avant la valeur ajoutée de l’édifice. En effet, ce dernier, construit entre 1967 et 1970 a été commandé par l’évêque de Tarente. Aujourd’hui, cette construction moderne souffle à peine ses cinquante bougies et malgré les quelques interventions et travaux de restauration qui ont ciblé son intérieur, elle a besoin d’une réhabilitation lourde capable de la hisser de nouveau sur la scène de l’architecture internationale.

 

Une fenêtre sur la ville

© Mauro Davoli

A Florence, l’agence d’architecture Zermani e associati a réalisé un projet atypique. Il s’agit d’une habitation à une seule ouverture qui se trouve coincée entre une ruelle et la muraille de l’ancienne ville. Un projet qui a nécessité beaucoup de tact et de justesse pour un résultat des plus appréciables.

Le monastère de San Salvatore de Camaldoli et son cloître font partie des hauts lieux religieux dans la ville. La nouvelle construction qui est un logement indépendant signée Paolo Zermani vient de se greffer à la muraille existante et se présente comme un ajout moderne qui crée un subtil dialogue avec cette dernière.

Une vue surprenante sur Florence

Négligé pendant des décennies, l’ensemble a subi depuis quelques années une restructuration minutieuse. Ainsi, la frontière de la vieille ville, la Piazza Tasso et le couvent de San Salvatore de Camaldoli ont vu un dernier arrivant qui bouleverse la donne. Nous pouvons néanmoins noter une certaine élégance qui rajoute l’intérêt de l’ancien. Un souffle nouveau apporté par une architecture minimaliste qui a su intégrer les lieux.

L’architecte a opté pour un volume complètement fermé de l’extérieur possédant une immense et unique ouverture qui offre une vue surprenante sur Florence. Par ailleurs, l’un des murs présente une ouverture verticale qui s’étend sur toute sa longueur mais reste discrète. Utilisée pour apporter la lumière au sein des escaliers, cette impressionnante fente rajoute un joli jeu d’ombre et de lumière à la façade principale. Une astuce qui donne une nouvelle dimension au projet.

A la fois simple mais futée, la construction signée de Zermani e associati et connue plus communément à Florence par la « maison à la fenêtre » ressemble à un élément architectural sculptural qui glisse dans la vieille ville en rajoutant son charme.

© Mauro Davoli
© Mauro Davoli
© Mauro Davoli
© Mauro Davoli

Le site des architectes de Zermani e associati : ici.

Les photos : © Mauro Davoli

Paredes Pedrosa signe deux emblématiques maisons à Oropesa

© Luis Asín

En Espagne, dans la cité médiévale d’Oropesa, l’agence Paredes Pedrosa arquitectos (Ángela García de Paredes et Ignacio G. Pedrosa) a réalisé deux maisons qui se greffent malicieusement sur les arcades du château de la ville. Un projet atypique à la fois charmant et remarquable.

La ville d’Oropesa est située dans la province de Tolède, elle est connue par son château médiéval construit en 1402. A l’époque, la famille régnante a entrepris la construction de deux murailles reliant le château et l’église. Sauf que la réalisation, restée inachevée nous lègue aujourd’hui deux fractions de murs millénaires traversant la ville.

 

Le projet de l’agence Paredes Pedrosa arquitectos consiste à remodeler deux maisons situées entre les deux tranches de la muraille en ouvrant un grand atrium reliant les deux entités. Les constructions déjà existantes étant étroites et asymétriques, l’intervention n’était donc pas une mince affaire. Sans parler d’un contexte particulier qui a dicté le remaniement général.

Les architectes ont démantelé et rehaussé d’un mètre les toits des maisons existantes réutilisant les tuiles d’argile. Les deux structures sont reliées entre elles par deux puissantes arches en brique, inscrites au monuments historiques. Les maisonnées sont donc séparées entre elles par une généreuse cour intérieure. Ainsi l’une des deux résidences donne sur la rue alors que l’autre s’ouvre sur le jardin partagé. Afin de préserver l’architecture existante, l’ensemble des murs ont été peint en blanc et de nouvelles ouvertures ont été conçues pour apporter plus de luminosité à l’intérieur.

Les architectes ont réhabilité l’ensemble tout en respectant les textures existantes. Un minutieux travail a été donc mené pour conserver le plus possible le cachet d’autrefois. Les espaces créés et rajoutés au fil du temps étant devenus inadaptés se dotent de nouvelles caractéristiques. Aussi atypique qu’originale, l’intervention semble être un véritable succès.

© Luis Asín
© Luis Asín
© Luis Asín
© Luis Asín
© Luis Asín
© Luis Asín

Le site de l’agence Paredes Pedrosa arquitectos : ici.

Les photos: © Luis Asín, Paredes Pedrosa arquitectos

D’un édifice industriel en musée d’art

© Wang Ning
© Wang Ning

En Chine, non loin de la gare de Zibo, l’architecte Han Wenqiang (Arch studio) a réalisé la réhabilitation ainsi que la reconversion d’un ancien bâtiment industriel en un musée d’art de la calligraphie et de la peinture contemporaine. Un projet qui tisse les liens entre patrimoine, architecture, art et paysage.

Dans la province de Shangdong, sur une zone délabrée connue par son passé industriel, Arch Studio vient de reconvertir une usine pharmaceutique datant de 1943 en un accueillant musée. Il s’agit de la préservation d’un patrimoine voué à la déshérence via l’accomplissement d’un travail minutieux qui vaut le détour.

Un projet atypique

Suite au développement de l’urbanisation, l’ancien atelier pharmaceutique a été contraint d’arrêter en subissant le transfert vers un quartier neuf aux normes actuelles et plus adéquat. L’usine vide restée sur place a été donc abandonnée. Cependant, l’équipement en soi avait de gros atouts : sa structure à longue portée et son emplacement ont été privilégiés par plusieurs communautés d’artistes qui y ont trouvé un extraordinaire terrain de jeu. Sauf qu’en Chine la réutilisation des espaces industriels abandonnés n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui rend le projet encore plus atypique.

Depuis, l’idée de la transformation de l’usine en un musée d’art est devenue une réalité. L’ensemble formé de trois entités distinctes s’étend sur 3800 m²et contient quelques espaces de stockage. Ainsi, les trois hangars en briques ont été nettoyés et reliés entre eux par des passerelles vitrées, soulignant les liens visuels et historiques avec les alentours.

Intérieur et extérieur

L’architecture met également l’accent sur la relation entre intérieur et extérieur via un couloir translucide et incurvé où l’on trouve une librairie, un salon de thé et un atelier d’art. Quand le visiteur avance dans le couloir, il verra un scénario évolutif à plusieurs reprises. Le bâtiment d’origine qui a conservé les caractéristiques originales traditionnelles de l’architecture industrielle rendu au goût du jour via son éclairage et ses murs modernes. Outre les salles d’exposition le musée comporte cinq ateliers d’artistes, dont un qui accueille un artiste en résidence.

Avec le développement de l’économie et de l’expansion rapide de l’urbanisation en Chine, de nombreux édifices anciens ont été démolis. La reconversion d’une usine en un musée d’art est une remarquable démarche qui sauve le patrimoine industriel.

© Wang Ning
© Wang Ning
© Wang Ning
© Wang Ning
© Wang Ning
© Wang Ning

Le site d’Arch studio : ici.

Les photos : © Wang Ning

Quand le fort devient un hôtel de luxe

© Sam Brooks
© Sam Brooks

C’est l’histoire d’un patrimoine militaire situé au large de la ville anglaise de Portsmouth, devenu aujourd’hui un hôtel de luxe grâce à l’intervention de l’agence PLC Architects. Une transformation qui non seulement sauve la structure du départ mais procure une nouvelle utilisation à l’ensemble.

« Spitbank Fort » était conçu à l’origine pour protéger l’entrée de Portsmouth Harbour de l’armée napoléonienne. Il fait partie des quatre forts anglais construits en 1860 pour défendre les côtes contre les navires. Sa transformation en un équipement de loisir garantit à ses visiteurs une ambiance d’époque dotée du confort actuel.

Un peu d’histoire, en 1956 le fort est resté vide et inutilisé parce que l’artillerie côtière était devenue obsolète. Les quatre forts dont le Spitbank ont été mis en vente mais personne n’investissait encore dans les sites historiques. C’est en 1980 que le Spitbank a été acheté par un couple qui l’a transformé en musée. Trente ans plus tard, les travaux ont commencé pour transformer la structure en un hôtel de luxe.

Le HMS Spitbank : Un navire de sa Majesté

L’idée de départ était de convertir le fort en un lieu de retraite. Le projet a été abordé avec l’intention d’aménager l’ensemble en tenant compte des propositions de la structure d’origine. L’architecture intérieure devait être efficace tout en étant optimale sans apporter des changements qui défigurent le fort. C’est pourquoi l’intervention était délicate, les espaces ont été agencés avec justesse et l’ensemble retrouve une certaine vitalité.

La structure d’origine se composait de trois niveaux distincts: la soute à munitions située au sous-sol, la plate-forme d’armements et sa cour extérieure, et finalement le phare qui se trouve sur le toit. Le plan existant ainsi que l’inflexibilité de la construction du départ a nécessité une stratégie novatrice tant dans l’adaptation des nouveaux espaces avec le nombre limité de fenêtres extérieures que la nécessité d’introduire un moyen simple de circulation au sein de l’édifice.

Néanmoins, la mission des architectes a été difficile, l’agencement interne n’ayant pas facilité les choses, plusieurs approches créatives ont été mises en place (via des sous-plafond) ne serait-ce que concernant la distribution des circuits électriques sans endommager l’aspect historique du bâtiment.

Un fort sentiment de fonctionnalité se dégage de l’intérieur du Fort. Les éléments structurels exposés décrivent visiblement les processus de construction de l’époque; les rangées de voûtes en briques rouges rajoutées contrastent avec les morceaux de fer et les poutres situés au centre de l’édifice. Les architectes ont ainsi réussi un grand challenge, celui de créer des espaces nouveaux tout en respectant l’authenticité de l’existant.

Cette utilisation délibérée de la conception sans ostentation était un facteur déterminant dans l’éclairage artificiel comme les LED dissimulés qui dirigent l’œil du visiteur vers les textures naturelles présentes. L’effet est saisissant comme s’il s’agissait d’œuvres d’art mis en valeur via une lumière indirecte tamisée sans parler du côté énergétique. Les couleurs utilisés sont neutres et sobres, le mobilier est pratique et intemporelle, l’ensemble dégage l’élégance et la frugalité.

Le passage central d’origine sur le pont des armes à feu, ayant été préalablement subdivisé en utilisations distinctes, a été rétabli, la création d’un chemin naturel qui conduit le visiteur autour d’un couloir donnant accès aux chambres à coucher, et offrant des alcôves tranquilles de détente et de contemplation avec vue sur la cour.

Spitbank Fort est aujourd’hui un hôtel de luxe qui comporte entre autres neuf chambres, trois bars, trois restaurants, une bibliothèque et une piscine sur le toit. La structure endommagée d’autrefois commence une nouvelle vie moins trépidante mais plus apaisée.

© Sam Brooks
© Sam Brooks
© Sam Brooks
© Sam Brooks

Le site de PLC Architects: ici.
Les photos : © Sam Brooks