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« Gli italiani », la merveilleuse exposition photographique de Raffaele Celentano

© Sipane Hoh

C’est dans la ville touristique de Sorrento, au sein de l’église dell’Addolatp située via S. Cesareo ainsi que dans le cloître de San Francesco que j’ai visité l’exposition photographique de l’artiste Raffaele Celentano. Il s’agit d’une série qui remonte à 1991 et qui est le résultat d’une vingtaine d’années de travail que l’auteur considère comme l’œuvre essentielle de toute sa carrière.

La via S. Cesareo fourmille de touristes venant du monde entier. Par ici, les magasins de souvenirs et par là, les produits locaux. Dans cet univers effervescent, une photo atypique attire néanmoins l’attention. Il s’agit de l’une des photographies en noir et blanc de Raffaele Celentano. A l’intérieur de l’église, dans un décor hors d’âge se trouvent d’autres photos tout aussi impressionnantes. Une ambiance singulière qui pousse à la découverte.

Je quitte la rue, direction un peu plus loin, au deuxième étage du cloître du couvent de l’église San Francesco, l’aventure continue, d’autres photos, d’autres découvertes, le tout dans une ambiance aussi spéciale que la première et avec un seul fil conducteur la signature unique de Raffaele Celestano.

Les plus belles pièces artistiques peuvent perdre leur lustre si elles ne sont pas mises en valeur à travers les lieux où elles s’affichent. A Sorrento, les deux endroits choisis mettent avec brio en avant les photos exposées. Quant à ces dernières, elles représentent des scènes italiennes stéréotypées qui entre beaucoup d’humour et une pointe de nostalgie nous font découvrir l’Italie mais aussi les italiens, leurs habitudes mais aussi leurs univers.

L’artiste qui est originaire de Sorrento et qui vit à Munich a choisi la ville de son enfance pour y exposer cette série hors-norme, un genre d’hommage à la cité qui l’a vue grandir. Si vous êtes à Sorrento, je vous recommande fortement de vous arrêter ne serait-ce qu’un petit moment pour contempler les photos de Raffaele. Un pur bonheur !

Pour plus d’informations, voir le site de Raffaele Celentano : ici.

Un tour du monde rapide de la biennale d’art contemporain 2017 de Venise

Que voir et que faire, où s’attarder plus qu’ailleurs ? La 57ème biennale d’art contemporain de Venise reste un terrain débordant de créativité où le regard s’égare et les sens s’aiguisent. Détails d’architecture y fera un tour rapide qui donnera probablement envie à d’autres visites.

A chaque fois, les pavillons nationaux de la Biennale de Venise se dotent de créativité pour présenter à travers l’art contemporain la production artistique de nombreux pays. Cette année, les 51 pavillons éparpillés comme d’habitude dans les Giardini et à l’intérieur de l’Arsenale viennent d’ouvrir leurs portes. Une profusion artistique qui ne laisse pas indifférent.

Baptisée « Viva Arte Viva » cette année la biennale d’art contemporain a pour commissaire Christine Marcel une figure reconnue par son implication dans le domaine de l’art et qui a déjà organisé plusieurs expositions collectives dans le monde.

Plusieurs journaux se sont amusés pour guider les visiteurs vers les cinq ou dix pavillons qui valent le détour plus que d’autres, Détails d’architecture ne donnera pas d’avis ni sur l’organisation ni sur le contenu de chaque pavillon, je ferai plutôt un échantillon personnel qui transmettra l’appétence de faire le voyage.

De l’Asie en Europe en passant par l’Arfique

Commençons par le continent asiatique et la Corée du sud dont le pavillon fait parler de nombreux critiques. Il s’agit d’un travail atypique savamment mené par Cody Choi où il enveloppe le pavillon avec des sculptures pour dénoncer le capitalisme mondial. A l’intérieur plusieurs installations qui reflètent chacune à sa manière la culture et la politique coréenne.

Faisons le tour du pavillon de l’Afrique du sud avec les deux œuvres séparées des artistes Candice Breitz et de Mohau Modisakeng qui, à travers plusieurs performances abordent les migrations forcées, un thème récurrent. Tandis que Modisakeng propose une installation vidéo qui pousse à la méditation sur le thème de déplacement, de l’esclavage et de la violence, Breitz présente à travers plusieurs écrans une juxtaposition entre reportages et entretiens. Ces derniers, présentent des réfugiés avec des séquences de film joués par des acteurs. Un intéressant assemblage qui pousse à la réflexion.

Le pavillon australien sera dédié au photographe Tracey Moffatt. Elle est l’un des artistes les plus brillants d’Australie pour ses créations de récits et de montages qui explorent un large panel de thèmes présentant aussi bien la complexité des relations interpersonnelles, la curiosité de la culture populaire que ses propres souvenirs d’enfance. Son exposition «My Horizon» comprend les nouveaux travaux avec deux grandes séries photographiques à grande échelle et deux œuvres vidéo. L’ensemble explore les voyages et fait allusion aux questions d’éloignement, d’identité et de lien humain entre autres.

Le pavillon canadien reste un énigme pour certains. Dans un édifice délabré presqu’en ruine, Geoffrey Farmer fait sensation à travers une installation simple qui fait jaillir l’eau au sein même de l’édifice, le visiteur reste pantois et entre méfiance et curiosité, il explore des thèmes comme le temps qui passe, les catastrophes ou encore la mort. Des sujets que l’artiste manipule à merveille dans un univers chaotique et un bâtiment en déshérence.

Le gravier qui recouvre le pavillon des États-Unis n’est guère avenant. Mark Bradford saisit le visiteur avec son installation qui transforme radicalement le lieu en un semblant de « champ de bataille ». Comme beaucoup des thèmes abordés par Bradford, l’installation envoie un message politique contre la discrimination et la violence. Un agencement ambitieux où le visiteur est invité explorer à travers plusieurs sens.

Le pavillon égyptien présente à travers le travail de Moataz Nasr les faits et les craintes de la vie villageoise contemporaine en Égypte. Le visiteur peut explorer une pièce où une installation multisensorielle et la projection de films à grande échelle racontent l’histoire d’un village imaginé.

Retour en Europe

Revenons en Europe plus précisément au pavillon italien avec Giorgio Andreotta Calò, Roberto Cuoghi et Adelita Husni-Bey. Tandis que le premier explore le rituel de la magie et de l’imagination, Cuoghi nous livre une installation étonnante qui ressemble à un laboratoire où des igloos en plastique cohabitent avec des figures, inspirées par des descriptions du corps de Jésus-Christ, accrochées à la croix. C’est au tour de Husni-Bey de faire sa conversation avec des cartes de tarot. Un univers tout aussi déroutant que fascinant.

Le pavillon suisse où exposent Carol Bove, Teresa Hubbard et Alexander Birchler, se démarque par la présentation d’un film de 30 minutes qui trace la vie de l’artiste Flora Mayo, amoureuse de Giacometti. Dans un décor en circonstance, à travers des images documentaires, les visiteurs assistent entre autre, à la palpitante histoire de cette femme qui a inspiré le grand artiste.

Le pavillon espagnol présente une bien curieuse exposition. Menée savamment par l’architecte et l’artiste Jordi Colomer, il s’agit d’une installation qui rassemble des architectures théâtrales éphémères. Ces derniers poussent les visiteurs à une réflexion sur  l’ambivalence d’une population mobile. De même, l’historien de l’art, explore, à travers des vidéos enregistrés dans divers zones de la planète, les histoires des populations nomades. Une exploration atypique qui met en avant des espaces urbains inhabités.

Le pavillon allemand, quand à lui se démarque par une pièce unique créée par Anne Imhof où le visiteur marche sur des plates-formes en verre surélevées et regarde des artistes habillés en noir en plein performance. Dans un extraordinaire décor, l’artiste explore avec brio plusieurs thèmes comme le pouvoir, la politique et les sentiments d’aliénation qui frappent comme un fouet notre société.

Et finalement retour au pavillon français avec Xavier Veilhan et son installation qui s’inspire des écoles d’art multidisciplinaires historiques comme le Bauhaus. L’intention de l’artiste est de présenter un travail collaboratif où le processus est mis à nu. Une performance maîtrisée avec justesse.

Bref, comme à chaque fois, il faut aller visiter la biennale d’art contemporain de Venise qui se déroulera jusqu’au 26 novembre 2017.

Pour toute information, consultez le site de la Biennale de Venise: ici.

Bistrot ! La première exposition temporaire de la Cité du vin

© Sipane Hoh

Une multitude d’œuvres incontournables qui fêtent les bistrots prennent place au sein de la Cité du vin de Bordeaux qui accueille sa première exposition temporaire. C’est sur les murs épurés que j’ai redécouvert les grands noms du XVIIIe siècle et quelques uns de mes tableaux favoris.

Une fois n’est pas coutume, je ne m’attarderai que très peu sur l’architecture du lieu qui a déjà été critiquée il y a un an lors de son inauguration. En effet, la Cité du vin de Bordeaux, ouverte au public depuis le premier Juin 2016 et réalisée par les architectes Anouk Legendre et Nicolas Desmazières (agence XTU), est un « blob » plus ou moins accrocheur selon la lumière du jour, les saisons ou le contexte vu des environs comme l’avait si bien raconté Jean-Philippe Hugron après sa visite de l’édifice.

Revenons à l’intérieur et surtout à l’étage où pour la première fois se déroule une exposition temporaire. L’annonce est alléchante ! des noms comme Doisneau, Manet, Otto Dix attirent comme un aimant tout amoureux de l’art. Sauf qu’ici, nous pouvons découvrir non seulement des toiles mais également des écrits,  des photographies et des films. Une exposition complète qui exploite l’idée du bistrot.

A première vue, le visiteur peut se demander ce que fait une phrase de Victor Hugo sur l’un des murs ou l’un des croquis de Balzac un peu plus loin, cependant chaque détail, tableau, toile, dessin ou photo semble en rapport avec le monde du bistrot. En effet, les œuvres aussi disparates soient-elles comprennent un lien fort. L’intitulé prend toute une dimension et l’alcool compose son fil conducteur.

Malgré le silence de cathédrale requis par les vigiles trop présents, ils ne maîtrisent pas encore les tintinnabulements des téléphones portables qui rendent l’atmosphère un peu trop électroacoustique. Cela nous fait regretter l’univers du « bistrot ».

Bistrot! de Baudelaire à Picasso est une belle exposition qui vaut le détour.

Plus d’informations sur cette exposition: ici.

Mies van der Rohe & James Stirling, une exposition à découvrir

© RIBA

Elle a commencé le 8 mars 2017 et durera jusqu’au 25 juin 2017, l’exposition installée à la Galerie d’Architecture du RIBA (Royal Institute of British Architects) s’avère être une fine critique qui met en parallèle deux projets architecturaux pour un même site.

Le « Royal Institute of British Architects » (RIBA) dévoile une nouvelle exposition. Quand il s’agit de présenter deux maîtres comme Mies van der Rohe et James Stirling dans une même vitrine, l’exercice devient plus ardu mais très impressionnant. Surtout quand il est question d’un projet emblématique comme la « Mansion House square » qui se trouve en plein cœur de la capitale britannique. Conçue par Carmody Groarke Architects, l’exposition est organisée par Marie Bak Mortensen, responsable des expositions et Vicky Wilson, conservatrice adjointe au RIBA.

Quand l’histoire se dévoile

Commandé par le promoteur Lord Peter Palumbo, le projet de la Mansion House ne sera pas réalisée par Mies van der Rohe mais par James Stirling. Pour la première fois une exposition offre à ses visiteurs l’occasion unique de découvrir les deux concepts qui ont été présentés. Le visiteur aura toute la liberté de comparer parfois nostalgique ou encore avec toute objectivité les deux versions qui se dévoilent dans tous les détails.

Dans le but et l’approche qui unit deux créations architecturales apparemment dissemblables, les commissaires de l’exposition ont réussi plusieurs paris non seulement celui de la pure découverte de deux méthodes et l’appréciation de chaque démarche mais la délicate question de la préservation du patrimoine sur l’un des sites les plus contestés.

En effet, la tour proposée par Mies Van der Rohe, si elle était réalisée à l’époque, elle serait le seul édifice de l’architecte sur le continent britannique. C’était le rêve ambitieux du promoteur immobilier Peter Palumbo, âgé de 27 ans, qui était un fan du mouvement Bauhaus. C’est alors qu’a eu lieu la rencontre avec Mies à Chicago où le promoteur a demandé à l’architecte un projet qui s’insère dans la fameuse parcelle. Quelques mois plus tard, Palumbo reçut les dessins et les croquis d’un projet fantastique. Ce dernier a failli se réaliser sauf qu’entre-temps, Mies est décédé. Le problématique réside également dans la difficulté du site qui comprenait plusieurs propriétés, problèmes qu’il a fallu des années pour régler. Pendant ce temps, le regard des décideurs avait bien évolué et malgré l’enthousiasme de certains, le projet de Mies appartenait à une époque révolue.

Quand le destin s’en mêle

Le deuxième volet de cette épopée nous montre comment Palumbo a fini par choisir James Stirling qui a fini par réaliser l’ensemble. Un coup de théâtre n’est jamais bien loin, pendant que les travaux ont retardé la construction à plusieurs reprises, l’architecte est décédé. Cette fois-ci l’œuvre a été complétée par l’associé de Stirling. Aussi improbable mais véridique.

Certains décideurs qui se sont opposés au projet de la tour de Mies ont-ils depuis changé leurs avis vis à vis de la profusion des gratte-ciel au centre de Londres ? Aujourd’hui encore nous pouvons nous demander quel serait l’image du quartier si le projet de Mies était réalisé ? Pour les curieux, une seule réponse, aller voir l’exposition. Cette dernière présente abondamment des modèles et des matériaux ainsi qu’une multitude d’articles provenant des archives. Une exposition complète à la fois fascinante et instructive !

© RIBA
© RIBA
© RIBA
© RIBA

Les photos : © RIBA

« Hétérotopies » l’exposition à ne pas manquer !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

« En écho aux décors de l’Aubette réalisés en 1928 par Theo Van Doesburg, Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp, l’exposition « Hétérotopies. » L’annonce est alléchante et la visite s’avère être un agréable voyage au pays de l’art contemporain.

Le musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg présente depuis le 10 décembre 2016 une exposition qui nous plonge dans les entrailles de l’art contemporain et qui propose un rapprochement recherché entre les œuvres de dix artistes contemporains en écho aux concepts fondateurs des avant-gardes artistiques et architecturales des années vingt.

En parcourant les diverses performances, le visiteur évolue dans un univers utopique très caractéristique de l’avant-garde, ainsi il découvre avec curiosité quelques copies, détournements et inventions qui questionnent, démontrent, proposent ou déballent toute une panoplie d’idées, de formes et d’opinions. Des points de vue parfois divergents, des méthodes de travail propres à chaque auteur tous concentrés en un même lieu.

L’époque de l’avant-garde n’est finalement pas très différente que la nôtre, aussi lointaine soit-elle, elle contribue à l’image d’une société qui a connu les mêmes maux, qu’il s’agit de conflits ou de crise économique. Les artistes qui incarnent les idées présentes ne sont que les interprètes qui nous livrent leur vision.

Dans cette exposition, l’architecture est aussi présente à travers les grands ensembles entre autres incarnés par un exemple fort comme la maquette animée de LED de la barre du Haut-du-Lièvre, faisant près de quatre-cents mètres de long et réalisée par Bernanrd Zehrfuss, que l’artiste Bertrand Lamarche fait flotter dans l’une des salles du musée.

Une variété d’installations qui valent le détour !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Une exposition à déguster jusqu’au 30 avril 2017 au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg.

Quand les robots construisent les façades

 

© Su Shengliang et Bian Lin

L’agence d’architecture chinoise Archi Union a programmé des robots pour construire la façade en brique ondulée d’une galerie d’art située dans le West Bund à Shanghai.
Le nouvel espace d’exposition réhabilité et reconvertit p est géré par le collectif d’artistes Chi She, il permet de proposer des installations artistiques, des événements ainsi que des ateliers.

Le bâtiment est situé sur un site adjacent au West Bund Art Centre, où d’anciens bâtiments industriels transformés en galeries et espaces événementiels coexistent avec les nouvelles installations culturelles de la ville. Les architectes ont conservé et renforcé la structure d’un bâtiment existant doté d’un espace ouvert et de dimensions généreuses, ils ont également  adapté l’ensemble énergétiquement et visuellement à sa nouvelle utilisation.

Le recyclage intelligent

La structure du toit a été remplacée par une autre en bois de chaîne plus efficace. Une surélévation a été nécessaire pour une meilleure harmonie visuelle mais aussi pour pouvoir éclairer correctement et d’une manière zénithale le volume obtenu. Une façade de briques grises récupérées lors de la destruction du bâtiment d’origine a été greffée à l’ensemble qui intègre de la même occasion l’entrée principale.

Cette dernière est placée dans une ouverture légèrement concave, autour de laquelle la façade s’étire vers l’extérieur créant une forme fluide inattendue pour une construction en briques. La forme complexe qui en résulte n’a pas pu être générée sans l’aide de logiciels informatiques. A travers des études qui ont ensuite été utilisées pour programmer des robots capables de construire une telle surface sculpturale.

La façade obtenue par un tel procédé raconte l’intéressante histoire d’une collaboration avec les robots. Avec ce projet, les machines sont devenues partie prenante d’une architecture plastique qui puise ses sources dans le recyclage des anciennes briques. L’agence Archi Union qui expérimente régulièrement des formes complexes et des technologies de construction innovantes a réussi encore une fois à toucher le public. Un projet remarquable qui vaut le détour !

© Su Shengliang et Bian Lin
© Su Shengliang et Bian Lin
© Su Shengliang et Bian Lin
© Su Shengliang et Bian Lin
© Su Shengliang et Bian Lin
© Su Shengliang et Bian Lin

Le site de l’agence d’architecture Archi Union : ici.

Les photos: © Su Shengliang et Bian Lin.

L’architecture est un songe

© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo

En 2015, à Londres, l’architecte sicilien Antonino Cardillo a présenté une installation qui reste encore dans les esprits. Retour sur une œuvre épurée qui s’avère être une ode à l’architecture.

Dans l’une des rues géorgiennes de la capitale anglaise, derrière un portail typique se trouve un espace des moins anodins. Selon son architecte, il s’agit d’une « grotte ». En effet, si l’on regarde de près, les murs rugueux et la maçonnerie artisanale nous font penser à un antre millénaire. Pourtant il s’agit d’une scénographie menée intelligemment par l’architecte Antonino Cardillo.

Un univers inhabituel

Pour pouvoir comprendre son geste, il faudra faire un tour sur le site de l’architecte dans lequel il dévoile un projet atypique où plusieurs sens se croisent. Ainsi, en hommage à la construction traditionnelle, l’artiste présente des murs peints à l’ancienne. A l’intérieur de la « grotte », le décor est minimaliste et les ouvertures sur rue orchestrent l’ombre et la lumière. Au plafond, nous pouvons trouver des globes aux imperfections visibles à l’œil nu, suspendues au plafond par des fils de couleur noir. Un univers inhabituel où le vide constitue l’un des composants. L’occasion de porter l’intérêt sur le message que cette installation est supposée livrer.

Cette œuvre architecturale aussi inattendue soit-elle traduit un certain dualisme où les formes ordonnées du contenant se heurtent aux imperfections des contenus. L’architecte qui livre un exposé détaillé sur son site livre entre autre un projet singulier où, malgré les explications de son auteur, chacun de nous trouvera sa propre interprétation. A mi-chemin entre art et architecture, le voyage au sein de cette grotte signée Antonino Cardillo constitue un moment suspendu dans le temps.

© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo

J’avais déjà évoqué le travail de l’architecte: ici.

Le site d’Antonino Cardillo : ici.

Les photos : © Antonino Cardillo

« Balzac et les artistes » l’exposition à ne pas manquer !

@MuséeBalzac

A Paris, située au cœur de l’ancien village de Passy, la Maison de Balzac propose depuis le 17 Juin 2016 une exposition atypique qui trace le rapport entre Balzac et les artistes de son époque. Un délicieux voyage dans le temps entouré d’un cadre tout aussi charmant.

C’est dans une atmosphère bucolique de la fameuse « Maison de Balzac » qui constitue la demeure parisienne du grand homme transformée en musée que se déroule l’exposition. Quelle bonheur d’explorer une cinquantaine d’œuvres dont des peintures, des sculptures et des dessins jamais montrés au public.

Dans la maison d’Honoré de Balzac, ce géant de la littérature française, entre le bureau du maître où il a rédigé « La Comédie humaine » et le jardin bucolique à l’ambiance particulière, le visiteur est invité à découvrir toute une époque via diverses expressions artistiques. Flairer le temps d’une visite l’univers d’un homme mais aussi d’une période devient un jeu de piste. L’émotion de la découverte se mêle ainsi à la curiosité pour nous délivrer des tableaux restés discrets. Les amateurs de la littérature et de l’art ne peuvent qu’apprécier.

Un carrefour pour plusieurs disciplines

L’exposition « Balzac et les artistes » dévoile également le quotidien de l’écrivain, ses rencontres avec les personnalités artistiques de son époque comme Alexandre Dumas ou George Sand et ses débats avec des grands poètes comme Théophile Gautier. Au fil de la visite nous pouvons admirer sa spectaculaire effigie sculptée par Auguste Rodin ou son portrait présenté en collage, œuvre d’Eduardo Arroyo ou d’autres intéressants tableaux inspirés tous de « La Comédie Humaine ». Des « moments » magiques qui délivrent comme une boîte de trésor de mémorables secrets.

Dans ce petit pavillon « caché » sur les coteaux de Passy avec sa petite vue sur la Tour Eiffel et son jardin qui jouxte l’un des immeubles de logements parisiens d’Auguste Perret, la visite n’est qu’une exquise excursion située au carrefour de plusieurs disciplines.

L’exposition « Balzac et les artistes » est à admirer jusqu’au 2 octobre 2016.

©SipaneHoh
©SipaneHoh

Plus d’informations sur le site du musée.