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Qu’elle est séduisante, l’extension londonienne de Tonkin Liu !

© Tonkin Liu

Dans la capitale anglaise, l’architecte Tonkin Liu vient de livrer la réhabilitation ainsi que l’extension d’une maison de ville de style géorgien. Un travail remarquable pour un ouvrage original et tout aussi accrocheur.

Un joli deux en un

L’extension se situe à l’arrière d’une maison londonienne. Conçue et construite par l’architecte Tonkin Liu en collaboration étroite avec des artisans locaux, elle sert à la fois d’atelier et de foyer pour la famille de l’un de ses collaborateurs. L’architecte a tout fait pour trouver une meilleure utilisation de l’étroit jardin arrière de la propriété. Un espace de travail a été donc créé au rez-de-chaussée plus un espace de vie au sous-sol.

Selon l’associé de Tonkin Liu, à l’instar d’autres résidences géorgiennes, la façade avant garde une certaine uniformité tandis que celle située à l’arrière et donc non visible de la rue comprend parfois un croisement de plusieurs époques. Cela est expliqué par les diverses exigences des propriétaires et leur besoin de plus d’espace au fil du temps.

L’ensemble, remanié, se démarque par son toit qui couvre tout le jardin. Cependant pour maximiser l’exposition à la lumière naturelle, une courbe a été découpée dans la toiture. Une idée singulière qui donne à l’extension un caractère plastique.

L’eau, les gouttes de pluie et le plan d’eau

La couche inférieure du toit est recouverte d’un motif de cercles découpés sur plusieurs couches destinés à imiter les ondulations créées par les gouttes de pluie tombant sur l’eau. D’où le nom de l’extension : « Sun rain room ». Une canalisation située tout au bord de la forme arrondie de la toiture récolte l’eau de pluie et la transporte dans un réservoir. A travers un mécanisme et en appuyant sur un bouton, le réservoir peut être vidé pour inonder d’eau récoltée, le patio noir carrelé et le transformant en piscine. Cette eau peut également être utilisée pour irriguer les plantations qui se trouvent sur le toit.

Un mur en miroir situé dans un angle de l’extension cache entre autres un atelier et un hangar. Sous le patio, le sous-sol existant a été agrandi pour créer une chambre à coucher, deux salles de bain qui se trouvent sous la nouvelle toiture. Le niveau inférieur est relié à la maison principale par un escalier en colimaçon noir qui se trouve dans un puits de lumière abondamment végétalisé. Ce dernier, est surmonté d’un second escalier réalisé en verre pour que l’espace reste clair et aéré.

Tout respire l’épurement et la sobriété. L’extension de Tonkin Liu est un petit chef d’œuvre qui fera le bonheur de tous.

© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu

Le site de Tonkin Liu : ici.

Les photos : © Tonkin Liu.

De couleur rose…

© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki

Baptisée « Nanan » (en français bonbon), il s’agit d’une pâtisserie qui vient d’ouvrir ses portes à Wroclaw, en Pologne. Les architectes de Buck Studio proposent ici au visiteur un univers de couleur rose qui pousse à la découverte.

Visuel et gustatif

C’est une découverte à la fois gustative et artistique qu’offre la nouvelle pâtisserie polonaise située en plein cœur historique de Wroclaw. Tout d’abord son nom ensuite le décor et finalement les pâtisseries. Ces dernières finement décorées prennent place dans un environnement sobre, minimaliste et subtil.

La spécialité de cette boutique est l’éclair qui a donné l’inspiration de l’aménagement intérieur à l’architecte. Ainsi, les éclairs mais aussi les macarons, les pralines ou les profiteroles sont exposés dans le comptoir central de forme ovale à travers un présentoir qui ressemble plutôt à une vitrine de bijouterie. Le positionnement de ce dernier offre aux clients un espace fluide pour pouvoir choisir librement ou admirer tout simplement les douceurs présentées.

Jusqu’aux moindres détails

Les gâteaux ont également inspiré la création des lampes et d’autres détails tels que les poignées de porte, les cintres, les miroirs et même les perforations en tôle. Le motif s’est aussi naturellement prêté à l’identification visuelle de la confiserie. Le lieu possède des murs de velours roses avec des ouvertures qui font une référence subtile à la forme et à la texture de la pâtisserie. Combiné avec de délicats détails en bronze brillant, les comptoirs en marbre rose, les revêtements en chêne naturel et les parquets également en chêne créent une atmosphère féerique.

Dans cette création, l’impact visuel et très important, la boutique montre que même les éclairs peuvent constituer une inspiration pour la création d’un univers entier. C’est également un excellent exemple de la conception commerciale à la fois vivante et significative de nos jours. Comme le goût et les couleurs ne se choisissent pas selon les critères rationnelles, certains vont adorer cet univers rose, d’autres les gâteaux présentés ou d’autres encore les deux. Et si on allait à Wroclaw pour goûter ces délices?

© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki
© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki
© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki
© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki
© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki
© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki
© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki
© PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki

Le site de l’agence d’architecture Buck Studio : ici.

Les photos: © PION Basia Kuligowska, Przemysław Nieciecki

A Trieste, un ancien entrepôt se reconvertit en magasin

© Pietro Savorelli

L’agence d’architecture italienne Archea Associati, basée à Florence, a réalisé la remarquable transformation d’un ancien entrepôt de vin situé à Trieste en un nouveau magasin de produits alimentaire. C’est un charmant projet qui bénéficie d’une situation particulière et possède une grande valeur historique. Sa transformation annonce une belle réussite.

Deux enveloppes, deux générations

Dans leur transformation, les architectes de l’agence Archea ont développée une intéressante idée. En effet, l’ancien entrepôt de vin qui donnait directement sur l’eau enveloppe selon le nouveau concept un volume en verre. Ainsi, vu de l’extérieur l’entrepôt garde son ancienne allure mais change de destination.

Les architectes d’Archea ont relevé le défi de créer un projet contemporain qui s’immisce dans un bâtiment patrimonial. Leur concept protège le bâtiment existant tout en respectant son environnement urbain. Il laisse le volume original inchangé, plaçant en son sein une nouvelle structure architecturale tout en verre reliée à l’existant par des passerelles suspendues au-dessus de l’eau.

La nouvelle structure est entièrement indépendante. Translucide et éthérée, ses proportions suivent le rythme du volume original. La séparation physique entre la nouvelle entité et l’édifice d’origine crée un espace saisissant entre l’intérieur et l’extérieur où l’eau coule. Les bords des murs de l’entrepôt, ses fenêtres et ses portes se reflètent dans le verre qui entoure l’espace, laissant entrevoir l’intérieur. De belles perspectives sont ainsi au rendez-vous.

Un doux mélange de textures

La nouvelle structure se développe sur quatre étages. Le rez-de-chaussée, à 80 cm au-dessus du niveau de la rue, garde la marge de sécurité historique qui le maintient au-dessus de la marée haute. La nouvelle mezzanine, bien que située plus haut que les murs d’enceinte, atteint le niveau supérieur du toit. Une grande fenêtre face à la mer offre une vue imprenable sur le port de Trieste.

L’atrium du bâtiment est doté d’un majestueux double escalier en acier corten qui relie les trois étages de vente. L’atrium est entouré d’un mur revêtu de briques de verre rétro-éclairé dont la forme et la matière font un doux clin d’œil aux revêtements intérieurs des réservoirs historiques où le vin était autrefois stocké.

La réhabilitation ainsi que le reconversion de l’ancien entrepôt par l’agence Archea Associati redonne la vie non seulement à un édifice patrimonial mais à une petite fraction de la ville. Un projet où justesse, originalité et élégance se croisent.

© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli

Le site de l’agence Archea Associati : ici.

Les photos : © Pietro Savorelli

A Formetera, d’accueillants logements sociaux signés Carles Oliver

© José Hevia

Dans le but de fournir des données diverses à la commission européenne pour la rédaction des futures réglementations environnementales, la proposition de l’architecte Carles Oliver comprend la construction d’un prototype de bâtiment à usage social qui vérifie le bon fonctionnement des solutions adoptées. Sobriété et simplicité sont au rendez-vous.

Réduction de l’empreinte écologique

Le suivi du projet est également assuré par l’Université des Îles Baléares. Il s’agit d’un prototype qui comprend quatorze logements sociaux situés dans l’île espagnole de Formentera. L’opération vise à démontrer la faisabilité d’un immeuble résidentiel réduisant l’empreinte écologique dans les diverses phases. En effet, une réduction de consommation de 50% au cours de la construction a été envisagé. De même, une réduction de 75% de consommation d’énergie pendant la durée de vie de l’édifice. Quant à la consommation de l’eau serait de 60% et la production des déchets dans l’ordre de 50%.

Le durable à portée de tous

Le principal aspect innovant du projet consiste dans la réduction de 50% des émissions de CO2 lors de l’exécution des travaux. Pour ce faire, les architectes proposent une sélection appropriée de matériaux, de préférence des matériaux à faible énergie, en récupérant, dans la mesure du possible, des techniques d’architecture vernaculaire.

Selon les architectes, le modèle d’architecture locale montre que, loin des grandes villes, les systèmes les plus durables sont à portée de main. Cette approche relie les problèmes environnementaux à la tradition culturelle de chaque région, non seulement en améliorant la qualité de l’air prévenant le réchauffement climatique, mais aussi par son impact sur la qualité du paysage urbain. Un projet respectueux de son environnement, à la fois utile, fonctionnel et charmant.

© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia

Le site de l’architecte Carles Oliver: ici.

Les photos: © José Hevia

D’un lieu de culte en centre communautaire

 

© Montse Zamorano

En Espagne, les architectes Héctor Fernández Elorza et Manuel Fernández Ramírez ont réalisé la réhabilitation ainsi que la reconversion d’une ancienne chapelle située dans la commune de Jarandilla de la Vera. L’édifice, qui a connu plusieurs sort était d’abord une chapelle, ensuite une prison et plus tard une école, devient aujourd’hui un avenant centre communautaire utile et ouvert à tous. Une reconversion qui mérite le détour.

Une histoire agitée

Le projet de réhabilitation de la chapelle s’est déroulé en deux phases. Tout d’abord, consolider et assurer la stabilité de l’édifice gravement accidenté et tombé en désuétude, puis rénover les espaces pour les reconvertir en un centre communautaire. Construit au 17ème siècle comme une petite chapelle attachée à l’église, l’édifice devient une prison au 19ème siècle, avant de devenir une école au début du 20ème siècle. Une histoire agitée et des utilisations variées qui ont laissé diverses traces dans le projet.

La chapelle, dont la surface est de 100m², est divisée en deux volumes qui forment un espace simple et épuré. Le premier volume est le plus grand deux deux, il possède un plan irrégulier à quatre côtés et une toiture à pignon dont la crête est placée perpendiculairement à la façade. Bien que la deuxième entité soit plus petite, elle donne l’impression d’être vaste. Placée à l’arrière de la précédente, la pièce qui était jadis l’abside de la chapelle possède un plafond recouvert d’un dôme semi-circulaire. Ce dernier, est recouvert d’un toit en pente avec une ouverture zénithale qui illumine l’intérieur. Le lien entre les deux volumes se fait par un arcade de granit circulaire de cinq mètres de large.

Un avenir radieux

L’intervention des architectes consiste en une multitude d’actions subtiles et minimalistes sur les vestiges originaux du bâtiment. Le nouveau système structurel a été conçu pour répondre aux défauts existants et pour éliminer les pathologies observées sur le bâtiment. Ceci est réalisé en incorporant un «châssis» intérieur, des parois latérales et un revêtement en béton armé de 25 centimètres d’épaisseur. L’élément ajouté assure ainsi la stabilité de l’ensemble.

D’autre part, la lanterne du dôme semi-circulaire est recomposée par l’insertion d’un élément en acier inoxydable qui reflète la lumière à l’intérieur du deuxième volume. Cet élément et les deux fenêtres latérales de l’abside sont les seuls moyens d’apporter la lumière dans la chapelle. Afin d’éviter les réverbérations sonores inconfortables, l’acoustique de l’intérieur a également été revue. Pour le faire, les architectes ont recouvert l’intérieur de la paroi de la façade avec de solides pièces en bois biseauté qui brisent les ondes acoustiques secondaires, absorbent le bruit et améliorer le confort à l’intérieur de l’édifice.

Finalement l’apparence extérieure reste minimaliste, l’ensemble est réalisé en maçonnerie de base et en plâtre de mortier. Les textures font un joli clin d’œil à l’édifice historique tout en lui offrant un nouveau souffle. La commune de Jarandilla de la Vera s’est enrichie d’un nouvel espace communautaire.

© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano

Le site des architectes Héctor Fernández Elorza, Manuel Fernández Ramírez: ici.

les photos: © Montse Zamorano

Au Portugal, le musée mégalithique se pare d’un charmant habit métallique

 

© Fernando Guerra / FG+SG

Au Portugal, dans la commune de Mora, l’agence d’architecture CVDB en collaboration avec l’architecte Tiago Filipe Santos, a réalisé un étonnant musée. La sobriété de la nouvelle architecture se croise ainsi avec le patrimoine existant pour former un ensemble remarquable.

Un nouvel équipement culturel

Le musée mégalithique est situé dans le centre urbain de Mora, connue par ailleurs pour ses vestiges archéologiques. A proximité d’un futur parc public, le projet conçu par les architectes de l’agence CVDB tend à devenir une référence non seulement régionale mais également nationale. L’arrivée du nouvel équipement culturel contribue ainsi à la régénération de la commune de Mora qui possède par ailleurs plusieurs atouts.

L’ancienne gare de Mora est un bâtiment mythique faisant partie du patrimoine de la ville. L’édifice, profondément enraciné dans la mémoire collective des habitants avait besoin d’une réhabilitation. Le nouveau projet rehausse la valeur architecturale des parties existantes tout en apportant à l’ensemble un nouveau souffle ainsi que des espaces supplémentaires capables de répondre aux exigences futures.

L’ensemble se compose donc de l’ancienne gare, de son entrepôt et de deux nouveaux bâtiments. Ces derniers sont destinés à accueillir principalement des expositions ainsi qu’une cafétéria. Les quatre entités sont reliées par une galerie extérieure qui donne vers le côté nord de la parcelle et qui reprend la linéarité de l’ancien quai de la gare. Non seulement cette coursive unifie conceptuellement le projet mais elle résout la circulation tout en reliant la relation entre les différents programmes.

Qui respecte l’existant

L’entrepôt a été transformé en un espace ouvert et polyvalent. Que ce soit la conception ou les matériaux utilisés, tous respectent merveilleusement le patrimoine existant. Quant aux techniques utilisées dans le processus de la réhabilitation, elles sont authentiques. Les panneaux métalliques ajourés de couleur blanche qui couvrent la galerie et les nouveaux bâtiments, ils réinterprètent l’iconographie mégalithique. C’est aussi une manière à illuminer subtilement les espaces adjacents. Sans parler que leur effet nocturne est tout simplement magique.

Les intérieurs se caractérisent par une grande sobriété où le bois fait son apparition par endroits pour rendre l’univers plus ludique et chaleureux. Avec le projet de la réhabilitation, le patrimoine de Mora est tout simplement magnifié.

© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG
© Fernando Guerra / FG+SG

Le site de CVDB Arquitectos Associados: ici.

Les photos: © Fernando Guerra / FG+SG

En Corse, CGZ architecture et CA’ Architectes créent un joli bijou

© Lea Eouzan

Dans le programme de la restructuration de l’école maternelle-primaire du groupe scolaire Joseph Calloni, les deux agences corses CGZ Architecture (Pascale Gandoin de Zerbi et Julien Casalta)  et CA’ Architectes (Raphaëlle Davin et Sébastien Celeri) viennent de créer un gracieux projet. La frugalité de la forme se croise ainsi avec la sobriété de la texture pour un résultat à la fois plastique et accueillant.

Le groupe scolaire Joseph Calloni du quartier Lupinu de Bastia se caractérise par son architecture typique des années soixante où des entités massives s’associent pour former un volume simple et compact. Dans le cadre d’une restructuration générale de l’édifice et pour faciliter l’accès à l’équipement culturel, la ville de Bastia a décidé de doter ce dernier par une véritable entrée. Cette dernière saura mettre en valeur l’ensemble tout en créant un joli lien spatial avec l’existant.

La nouvelle entrée de l’école maternelle-primaire se loge dans un interstice composé par la jonction de deux volumes existants. Non seulement le projet profite du contexte pour mieux s’installer mais il joue avec les perspectives pour mieux exister. Les architectes, avec une infinie justesse ont réussi de glisser un volume entièrement revêtu en tôle perforée dans un environnement marqué par le béton. Le contraste est tout simplement saisissant.

La nouvelle entrée est très pratique surtout pour les parents accompagnant leurs enfants. L’établissement est également accessible aux personnes à mobilité réduite. Le projet filtre la lumière tout en enrichissant l’ensemble. La couleur blanche lui procure un côté à la fois épuré et sobre. Une certaine élégance se dégage ainsi de l’ensemble.

 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan

Le site de CGZ Architecture: ici.

Le site de CA’ Architectes: ici.

Les photos :  © Lea Eouzan

La sélection 2017 de Détails d’architecture

© Lililarchi

Il a duré quatre années consécutives* le répertoire où je dévoilais une liste non exhaustive de constructions réalisées qui ont marqué l’architecture en France. Et bien que l’année dernière la formule a changé, le fond est resté fidèle au message que j’ai souhaité adresser. Cette année, je profite des journées nationales de l’architecture pour présenter à mes lecteurs la sélection 2017 des projets qui, selon moi, ont marqué l’architecture en France.

Il s’agit d’une sélection strictement personnelle  rendant hommage à des réalisations qui dessinent le paysage architectural de notre pays. Et comme ce dernier n’est pas seulement impacté par l’architecture des bâtiments, je serai probablement amenée à pointer vers d’autres disciplines qui le complètent et l’enrichissent.

Depuis plus de dix ans, le but de Détails d’architecture reste inchangé, que cette sélection constituera une pièce supplémentaire du puzzle architectural et des manifestations proposées par les Journées nationales d’architecture.

Avant tout je tiens à préciser que, comme chaque année, l’illustration est signée par la talentueuse Lili l’archi dont les dessins accompagnent cette rubrique dès sa naissance et que je remercie chaleureusement.

En 2017, le voyage architectural est tout aussi riche voire varié que les années précédentes. Même si certains projets sont plus modestes que d’autres, toutes les réalisations sélectionnées valent largement le détour. Et qui sait ? Si ça se trouve quelques projets seront nommés à l’équerre d’argent ou encore présentés par l’annuel du journal AMC…

Que le voyage commence

Commençons le voyage  par la Corse avec le duo Sebastien Celeri et Raphaëlle Davin (CA’ Architectes) et leur dernier projet de la restructuration de l’école Joseph Calloni de Bastia mené en collaboration avec CGZ Architecture ( Julien Casalta et Pascale Gandoin).  Ainsi qu’un autre duo Isabelle Buzzo et Jean-Philippe Spinelli et leur réalisation de la mairie de Prunelli di Fium’Orbu. Pour finir avec La Casa Vanella, l’extension d’une chambre d’hôte par Orma architettura.

Cap sur le nord avec l’agence Think Tank architecture paysage urbanisme (Marine de La Guerrande et Adrien Pineau) pour découvrir leur projet de Logements ilôt Postes / Justice à Lille. Et pourquoi pas une halte sur la route pour découvrir la nouvelle Salle du Conseil de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de la Somme signée Lemoal & Lemoal ?

Retour à la région parisienne pour visiter le Pop up building de l’agence WRA (Vladimir Doray et Fabrice Lagarde) ainsi que les vingt logements bioclimatiques à Pantin signés Benjamin Fleury architecte-urbaniste. Un arrêt à Romainville pour visiter les logements de l’agence Brenac & Gonzalez et Associés.

Prenons quelques jours de vacances et visitons la superbe maisonnée réalisée à Fermanville par les architectes de l’agence Freaks architecture . Mais tout d’abord, cherchons quelques livres à la Médiathèque Alexis de Tocqueville de Caen griffée OMA. Quand les vacances seront finies,  découvrons, sur le chemin de retour, le médical training center du CHU de Rouen signé VIB architecture (Bettina Ballus et Franck Vialet) ainsi qu’un autre projet qui vient de se terminer le Siège de la Métropole Rouen Normandie signé Jacques Ferrier Architecture.

Un petit détour pour découvrir la  salle d’évolution sportive de Mailleraye-sur-Seine signée Prinvault architectes ainsi qu’un petit arrêt à Dreux avec la restructuration et l’extension du Lycée Edouard Branly signé L’Heudé & L’Heudé Architectes.

Retour à la capitale avec les logements de Chartier-Corbasson architectes ainsi que les logements passifs de Nomade. Un tour s’impose à la Résidence mixte signée l’agence Zündel & Cristea architectes (Grégoire Zündel et Irina Cristea). Visitons également la réhabilitation de la maison des sciences de l’homme de Michel Rémon & Associés et de François Chatillon.

Faisons une pause déjeuner au restaurant Blend Beaumarchais de Franklin Azzi Architecture. Avant de reprendre la route pour un aller-retour express à Cenon et visiter le tout dernier projet de l’agence 2 : pm architectures (Paul Rolland, Hans Lefèvre, Matthieu Bergeret) et ses 78 logements à découvrir ici .

Changeons de région avec l’école Saint-Michel réalisée par Tristan Brisard Architecte à Giron qui constitue une curiosité. Un peu plus loin découvrons  la maison réalisée par Studio Razavi architecture à Manigod. Un détour par la structure d’accueil petite enfance et du Pôle Médico-Social de Marcy-l’Etoile de Y.architectes (Yann Drossart et Yann Fontaine) s’impose.

Cependant, sur le chemin du retour, n’oublions pas de contempler l’Eco-cité La Garenne à Fourchambault signée Guillaume Ramillien.

A Paris découvrons le nouvel espace de co-working signé MoreySmith. De même, visitons la réhabilitation et l’extension de la Monnaie de Paris par Philippe Prost et AAVP. Et si on découvrait également la nouvelle sortie des catacombes par l’agence Yoonseux (Kyunglan Yoon et Philippe Seux) ?

Allons cette fois-ci à Marseille à la découverte de La Barquière signée Pietri Architectes (Jean-Baptiste Pietri) ainsi que le centre éducatif fermé réalisé par Combas architectes. Et si nous visitions également le siège de l’agence A+Architecture et restructuration d’un mas à Montpellier ?

Le projet Les neuf écluses de Fonseranes signé INCA (Innovation, Création & Architecture) vaut le détour.

Restons dans le sud mais changeons de région avec le projet Lascaux IV réalisé par Snøhetta et Duncan Lewis Scape Architecture . Le Centre d’Hébergement et d’Accueil International à Cahors par Antonio Virga architecte vaut le détour. Non loin de là, visitons la cité scolaire de l’impérnal de Luzeck signée LCR architectes. Sur le chemin du retour découvrons un atypique local commercial signé BAST à Toulouse ou encore les 71 logements collectifs et 21 maisons en accession de TGTFP Architectes à Blagnac.

Un petit tour à la découverte de l’habitat participatif situé en Gironde et signé de Brachard de Tourdonnet s’impose. Découvrons également la surélévation d’une maison familiale à Bordeaux signée Faye Architectes (Jean-Louis Faye). Visitons aussi les 35 logements de  Philippon-Kalt Architectes à Bordeaux ou encore les logements aux Bassins à flot de Mateo Arquitectura (Josep Lluís Mateo).

Un peu plus loin, visitons la maison réalisée par l’Atelier du pont située à Lège-Cap-Ferrat et la maison Sud des Landes de Pargade architectes (Jean-Philippe Pargade).

Sur le chemin du retour, découvrons le Centre technique municipal de Fondettes signé Vallet de Martinis architectes (Antoine Vallet et Guillaume de Martinis).

De nouveau à Paris pour découvrir les 31 logements neufs et deux commerces, signés Antoine Regnault Architecture ou visiter les 87 logements sociaux réalisés par Bernard Bühler et Marie Bühler, découvrir aussi les appartements rénovés de JOD architecture (Jérôme-Olivier Delb).

Un petit détour par La Défense avec le projet de la tour Skylight signée Louis Paillard architecte & urbaniste, la visite d’un projet résidentiel signé Farshid Moussavi Architecture ainsi que la découverte de l’aménagement intérieur des restaurants d’entreprise de Naud & Poux.

Allons cette fois-ci à Vannes chez Studio 02 (Thomas Collet et Romain Grégoire) qui nous font découvrir La Villa Tohannic , un EHPAD de 100 lits. Continuons vers Couëron pour visiter les 45 logements de l’agence a/LTA architectes – urbanistes (Alain Tassot, Jean-Luc Le Trionnaire, Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain).

Restons quelques jours à Nantes pour visiter le Musée d’art signé de Stanton Williams. Découvrons également la Tour New’R située à la ZAC EuroNantes de l’agence Hamonic + Masson & Associés ainsi que le lycée Monge à La Chauvinière, à Nantes par Block Architectes.

Un peu plus au sud, n’oublions pas de s’arrêter pour découvrir Le collège Michel Ragon de Saint-Hilaire de Loulay réalisé par l’agence d’architecture Tetrarc. Continuons vers Aytré pour découvrir les 64 logements BBC signés Guinée*Potin (Anne-Flore Guinée et Hervé Potin). Profitons et visitons L’hôtel de police de la Rochelle signée Ameller, Dubois & Associés.

Retour à la région parisienne à la découverte du réaménagement du pôle design de Renault de  Chartier Dalix à Guyancourt, les 48 logements collectifs de Marjan hessamfar & Joe vérons architectes associés situés à La Celle Saint-Cloud, et le restaurant scolaire Ernest Renan d’Aden Architectes à Meudon.

Continuons avec la Seine musicale de Shigeru Ban Architects à Boulogne-Billancourt ainsi que les bureaux de Foodles de DAS Studio à Clichy. Toujours dans la même ville pour visiter les 38 logements sociaux et de locaux d’activités d’Avenier Cornejo Architectes.

Allons à Saint-Louis pour découvrir le Parking F4 signé DeA architectes. Et maintenant parcourons Strasbourg, à la découverte des tours Blacks Swans conçues par l’architecte Anne Démians. Un petit détour par l’extension d’une maison à Illkirch signée Gilles Kempf architecte.

Visitons également Nancy et découvrons le pôle de restauration et multiservices signé Lama architectes en collaboration avec A (b + d) architecture. Après un détour par la médiathèque de Thionville de Dominique Coulon, visitons le centre culturel et social de Sedan signé Philippe Gibert Architecte.

Visitons le projet de l’agence Agnès et Agnès la transformation d’un bâtiment classé en lieu de culture à Reims. Puis continuons vers Valenciennes pour découvrir le parking du palais des congrès signé deAlzua+ (Jérôme de Aluza et Vanessa Barrois) pour finir avec la découverte de l’extension d’un établissement scolaire à Loos à Lille signé LT2A (Paul Emmanuel Lambert et Foucault Tiberghien).

Un peu plus au nord, à Tourcoing, découvrons la  restructuration d’un ancien bâtiment avec la création de 8 logements sociaux et l’aménagement d’une agence bancaire, un projet signé D’Houndt+Bajart architectes&associés. Avant de rentrer découvrons l’immeuble mixte de Beal & Blanckaert architectes à Le Portel.

Retour à Paris pour visiter les 109 logements situés à l’éco-quartier Coucicaut signés Petitdidier Prioux architectes. Découvrons le projet de la conception et de l’aménagement de bureaux innovants par FUSO atelier d’architecture. Avant de quitter Paris, faisons un plongeon dans la piscine des amiraux récemment réhabilitée par François Chatillon.

Direction Rennes à la découverte de la cité internationale Paul Ricoeur signée Hérault Arnod Architectes ou encore pour visiter une maison individuelle réalisée par MNM-Architecte (Margot Le Duff & Matthieu Girard). Un petit détour par les 40 logements passifs de la Zac Beauregard Quincé signés Anthracite architecture.

De nouveau Paris avec la première phase du projet du quadrilatère Richelieu signé Bruno Gaudin architectes. Avant d’aller Montévrain à la découverte du groupe scolaire Louis de Vion et centre de loisirs signé AAVP (Vincent Parreira), visitons Tempo, l’immeuble de bureaux signé Ateliers 2/3/4 et découvrons les logements sociaux par FRES architectes (Laurent Gravier et Sara Martin Camara).

Sur la route, faisons un détour par les 32 logements et espaces d’activités d’Archi5 ainsi que par les 26 logements participatifs et potagers sur les toits de NZI architectes à Montreuil pour finir avec l’extension du CTLES à Bussy-saint-Georges par Antonini + Darmon Architectes en collaboration avec Rmdm. Continuons avec le centre de formation et résidence pour les Compagnons du devoir et du tour de France de l’Atelier Tequi à Champs sur Marne et le centre de tri des déchets recyclages de Saint-Thibault-des-vignes de l’agence  ARTEO architectures (Anne Forgia et Didier Leneveu).

Et un détour par le théâtre de Cachan signé Ateliers O-S architectes avant de visiter l’institut de mathématiques de l’université Paris-Sud de Guevilly & Mauffret. Et finalement, retour à Paris pour découvrir le village Saint-Michel de Gaëtan Le Penhuel ou tester « Les Grands Verres », le nouveau restaurant du Palais de Tokyo signé Lina Ghotmeh – Architecture. Et pourquoi pas une visite au Studio Harcourt le fameux hôtel particulier réhabilité et reconverti par Monica Donati et Benjamin Laurent?

Au delà de 2017

Parmi mes agences d’architecture préférées se trouvent des amis, des connaissances ou tout simplement des architectes qui selon moi font un travail qui mérite reconnaissance. Quelques agences d’architecture qui valent le détour même s’ils ne possèdent pas de projets réalisés cette année.

Caractère spécial ; Philippe Rahm architecteBoris Bouchet ; Métra + AssociésClément Blanchet architecture SKP Architecture ; K-architectureClément Vergély architectes ;  au*m  ; Encore Heureux ; ellenamehl ; Air Architecture ; LineUp architecture ; LS architecturesBeva architectes et ZN

Et finalement, même si cette sélection a l’air objective, quelques noms qui reviennent chaque année montrent une certaine subjectivité que j’assume. Il s’agit parfois de projets qui trouvent un grand succès hors de nos frontières et qu’il serait dommage de ne pas les publier.

*: Les saisons précédentes: ici, ici , ici et .