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« Hyperscope », l’installation magique de Nano Valdés

© Thomas Peter pour Nano Valdés

Le sculpteur espagnol Nano Valdés dont j’avais parlé ici, vient de rendre public sa dernière installation. Baptisée « Hyperscope » , il s’agit d’une œuvre atypique exposée à Langenthal, dans le canton de Berne, en Suisse. A la fois créative et ludique, l’installation expérimentale inspire un grand potentiel.

C’est dans la commune d’Uster, près de Zurich que se trouve l’œuvre de Nano Valdés. A travers son installation, ce dernier amène le visiteur dans un cocon en forme de ballon, le but étant la redécouverte de la magie de la Camera Obscura qui bat toujours la technologie numérique.

Le kaléidoscope

La magie de la Camera Obstura reste intact malgré les nouvelles technologie qui submerge notre société. C’est pour redécouvrir et réveler les effets des méthodes devenues aujourd’hui ancestrales mais qui restent toujours authentiques que l’artiste Nano Valdés a créé « Hyperscope ». L’œuvre se résume en une sphère de 2,3 mètres de diamètre où le spectateur se faufile pour assouvir sa curiosité. Une fois habitués à l’obscurité, les gens peuvent découvrir un immense kaléidoscope.

Le projet qui fait un agréable clin d’œil aux structures de Buckminster Fuller, est constitué de panneaux pentagonales recouverts de feuilles en aluminium pour mieux s’adapter au milieu avoisinant. L’ensemble est fixé sur une structure qui facilite l’accès. A l’intérieur, défilent des images à l’envers qu’une multitude de Camera Obscura reproduisent fidèlement et de la manière la plus naturelle possible. Ici, pas de recours à des écrans ni à de la haute technologie, une méthode ancienne qui, seulement, a été amplifiée par le nombre des Camera utilisées.

Selon Valdès, il s’agit d’une idée qu’il voulait depuis plusieurs années mettre en application. Un espace sphérique où les utilisateurs peuvent s’immerger totalement et pourquoi pas oublier ne serait-ce qu’un petit moment le monde alentour.

Il s’agit pour le moment, d’un prototype qui attire les curieux mais l’artiste pense créer un modèle plus grand à l’aide de matériaux durables cette fois-ci. Une nouvelle œuvre en quelque sorte que les gens peuvent croiser dans d’autres lieux publics comme les cours des musées ou les parcs. L’idée est plaisante et l’installation promet une belle performance.

Pour voir et expérimenter « Hyperscope », il va falloir aller à Langenthal, en Suisse où l’installation reste jusqu’au 5 mai 2017.

© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés

Le site de Nano Valdés : ici.

Les photos: © Thomas Peter pour Nano Valdés

Un tour du monde rapide de la biennale d’art contemporain 2017 de Venise

Que voir et que faire, où s’attarder plus qu’ailleurs ? La 57ème biennale d’art contemporain de Venise reste un terrain débordant de créativité où le regard s’égare et les sens s’aiguisent. Détails d’architecture y fera un tour rapide qui donnera probablement envie à d’autres visites.

A chaque fois, les pavillons nationaux de la Biennale de Venise se dotent de créativité pour présenter à travers l’art contemporain la production artistique de nombreux pays. Cette année, les 51 pavillons éparpillés comme d’habitude dans les Giardini et à l’intérieur de l’Arsenale viennent d’ouvrir leurs portes. Une profusion artistique qui ne laisse pas indifférent.

Baptisée « Viva Arte Viva » cette année la biennale d’art contemporain a pour commissaire Christine Marcel une figure reconnue par son implication dans le domaine de l’art et qui a déjà organisé plusieurs expositions collectives dans le monde.

Plusieurs journaux se sont amusés pour guider les visiteurs vers les cinq ou dix pavillons qui valent le détour plus que d’autres, Détails d’architecture ne donnera pas d’avis ni sur l’organisation ni sur le contenu de chaque pavillon, je ferai plutôt un échantillon personnel qui transmettra l’appétence de faire le voyage.

De l’Asie en Europe en passant par l’Arfique

Commençons par le continent asiatique et la Corée du sud dont le pavillon fait parler de nombreux critiques. Il s’agit d’un travail atypique savamment mené par Cody Choi où il enveloppe le pavillon avec des sculptures pour dénoncer le capitalisme mondial. A l’intérieur plusieurs installations qui reflètent chacune à sa manière la culture et la politique coréenne.

Faisons le tour du pavillon de l’Afrique du sud avec les deux œuvres séparées des artistes Candice Breitz et de Mohau Modisakeng qui, à travers plusieurs performances abordent les migrations forcées, un thème récurrent. Tandis que Modisakeng propose une installation vidéo qui pousse à la méditation sur le thème de déplacement, de l’esclavage et de la violence, Breitz présente à travers plusieurs écrans une juxtaposition entre reportages et entretiens. Ces derniers, présentent des réfugiés avec des séquences de film joués par des acteurs. Un intéressant assemblage qui pousse à la réflexion.

Le pavillon australien sera dédié au photographe Tracey Moffatt. Elle est l’un des artistes les plus brillants d’Australie pour ses créations de récits et de montages qui explorent un large panel de thèmes présentant aussi bien la complexité des relations interpersonnelles, la curiosité de la culture populaire que ses propres souvenirs d’enfance. Son exposition «My Horizon» comprend les nouveaux travaux avec deux grandes séries photographiques à grande échelle et deux œuvres vidéo. L’ensemble explore les voyages et fait allusion aux questions d’éloignement, d’identité et de lien humain entre autres.

Le pavillon canadien reste un énigme pour certains. Dans un édifice délabré presqu’en ruine, Geoffrey Farmer fait sensation à travers une installation simple qui fait jaillir l’eau au sein même de l’édifice, le visiteur reste pantois et entre méfiance et curiosité, il explore des thèmes comme le temps qui passe, les catastrophes ou encore la mort. Des sujets que l’artiste manipule à merveille dans un univers chaotique et un bâtiment en déshérence.

Le gravier qui recouvre le pavillon des États-Unis n’est guère avenant. Mark Bradford saisit le visiteur avec son installation qui transforme radicalement le lieu en un semblant de « champ de bataille ». Comme beaucoup des thèmes abordés par Bradford, l’installation envoie un message politique contre la discrimination et la violence. Un agencement ambitieux où le visiteur est invité explorer à travers plusieurs sens.

Le pavillon égyptien présente à travers le travail de Moataz Nasr les faits et les craintes de la vie villageoise contemporaine en Égypte. Le visiteur peut explorer une pièce où une installation multisensorielle et la projection de films à grande échelle racontent l’histoire d’un village imaginé.

Retour en Europe

Revenons en Europe plus précisément au pavillon italien avec Giorgio Andreotta Calò, Roberto Cuoghi et Adelita Husni-Bey. Tandis que le premier explore le rituel de la magie et de l’imagination, Cuoghi nous livre une installation étonnante qui ressemble à un laboratoire où des igloos en plastique cohabitent avec des figures, inspirées par des descriptions du corps de Jésus-Christ, accrochées à la croix. C’est au tour de Husni-Bey de faire sa conversation avec des cartes de tarot. Un univers tout aussi déroutant que fascinant.

Le pavillon suisse où exposent Carol Bove, Teresa Hubbard et Alexander Birchler, se démarque par la présentation d’un film de 30 minutes qui trace la vie de l’artiste Flora Mayo, amoureuse de Giacometti. Dans un décor en circonstance, à travers des images documentaires, les visiteurs assistent entre autre, à la palpitante histoire de cette femme qui a inspiré le grand artiste.

Le pavillon espagnol présente une bien curieuse exposition. Menée savamment par l’architecte et l’artiste Jordi Colomer, il s’agit d’une installation qui rassemble des architectures théâtrales éphémères. Ces derniers poussent les visiteurs à une réflexion sur  l’ambivalence d’une population mobile. De même, l’historien de l’art, explore, à travers des vidéos enregistrés dans divers zones de la planète, les histoires des populations nomades. Une exploration atypique qui met en avant des espaces urbains inhabités.

Le pavillon allemand, quand à lui se démarque par une pièce unique créée par Anne Imhof où le visiteur marche sur des plates-formes en verre surélevées et regarde des artistes habillés en noir en plein performance. Dans un extraordinaire décor, l’artiste explore avec brio plusieurs thèmes comme le pouvoir, la politique et les sentiments d’aliénation qui frappent comme un fouet notre société.

Et finalement retour au pavillon français avec Xavier Veilhan et son installation qui s’inspire des écoles d’art multidisciplinaires historiques comme le Bauhaus. L’intention de l’artiste est de présenter un travail collaboratif où le processus est mis à nu. Une performance maîtrisée avec justesse.

Bref, comme à chaque fois, il faut aller visiter la biennale d’art contemporain de Venise qui se déroulera jusqu’au 26 novembre 2017.

Pour toute information, consultez le site de la Biennale de Venise: ici.

« Cloud House » le charmant abri de jardin

© Tim Hawley
© Tim Hawley

Dans un contexte surréaliste, à travers une réalisation atypique d’un petit abri de jardin, l’artiste américain Matthew Mazzotta rapproche l’art et la technologie. Mis à part la forme romantique de l’installation, l’homme de l’art parvient à accomplir une véritable expérience du cycle de l’eau.

Baptisé « Cloud House », il s’agit d’un système unique de récolte de pluie censé donner une expérience sensorielle. En effet, le procédé tente de réutiliser de manière créative l’eau de pluie qu’il recueille dans un nuage situé au dessus du toit de l’abri en créant un lien entre les gens et la nature. Ainsi, pendant les jours pluvieux, un système de gouttière recueille l’eau et la dirige vers un réservoir de stockage situé en dessous de la maison. Quand les gens s’assoient sur les chaises à bascule, ils déclenchent une agréable pluie. Cette dernière, totalement artificielle, est le résultat de l’accumulation de l’eau de pluie amenée par une pompe vers le nuage qui se trouve sur le toit.

Souvenirs d’enfance

Conçu pour collecter et stocker l’eau de pluie, ce cycle créé pièce par pièce met en avant l’utilité de la nature dans notre quotidien. A l’instar de l’eau utilisée pour cultiver les aliments que nous mangeons, l’eau de pluie nourrit plusieurs plantes comestibles cultivées dans des récipients au bord des fenêtres du cabanon.

La simplicité formelle de l’abri fait référence à nos souvenirs d’enfance et invite les visiteurs à venir et à s’asseoir sur les deux chaises pour profiter du panorama et écouter le bruit de la pluie sur le toit. Ce dernier est composé d’étain et de bois, des morceaux récupérés dans une ferme abandonnée.

La « Cloud House » est une intéressante expérience qui joint technique et installation artistique. Avec un tel projet, Matthew Mazzotta a réussi à engendrer un agréable espace de méditation tout en présentant un lieu d’expérimentation. Un travail subtil qui mérite le détour.

© Tim Hawley
© Tim Hawley
© Tim Hawley
© Tim Hawley
© Tim Hawley
© Tim Hawley
© Tim Hawley
© Tim Hawley

Le site de Matthew Mazzotta: ici.

Les photos: © Tim Hawley

Le béton dans toute sa splendeur

© David Roche

En Australie, l’agence d’architecture Smart Design Studio a réalisé une maison atypique pour la collectionneuse d’art Judith Neilson. La façade sculpturale en béton est conçue pour illuminer indirectement l’intérieur de la galerie. Il en résulte une forme artistique à part entière.

La résidence conçue par Slam Design Studio est située dans la banlieue de Chippendale à Sydney. La façade en béton sculpté module la lumière du jour grâce aux formes géométriques que les architectes ont donné à la matière.

Le projet se trouve non loin du nouveau quartier du One Central Park, les tours recouvertes de végétations conçues par Jean Nouvel. Les surfaces sculptées se courbent vers l’extérieur pour s’adapter aux ouvertures conçues et faire entrer la lumière naturelle. « La façade en béton de l’Indigo Slam est vivante grâce aux changements provoqués par la lumière, l’ombre, le soleil et les nuages » ont déclaré les architectes.

Les surfaces lisses créent des formes qui offrent un joli jeu d’ombre et de lumière. Un spectacle qui plaît à tout visiteur. L’effet est particulièrement prononcé dans le hall où un escalier spectaculaire, ressemblant à un long couloir illuminé par une lumière zénithale, mène vers les étages. Selon les architectes, il s’agit d’un espace singulier, à la fois grandiose et rude qui invite à la découverte.

Une esthétique raffinée

Les zones de vie sont plus petites et procurent une sensation d’intimité. Au premier étage, les chambres à coucher donnent sur le parc tout en gardant une grande part d’intimité grâce au jeu de la façade. Tandis que la cuisine tout aussi bien éclairée donne vers la rue. Les matériaux épurés accordent à l’intérieur une esthétique raffinée que la qualité de la lumière met en valeur. Un univers qui constitue une toile de fond appropriée pour la collection d’art qu’elle est censée abriter.

Les lamelles verticales incorporées derrière les vitres permettent de contrôler l’intimité des espaces intérieurs. Les fenêtres à auvent peuvent également s’ouvrir grâce à un mécanisme en laiton qui régule le procédé. La décision d’opter pour le matériel mécanique plutôt que le matériel informatique reflète la volonté de la durabilité.

La maison figurait parmi les gagnants des Australian National Architecture Awards 2016, il s’agit d’une curiosité à découvrir.

© David Roche
© David Roche
© David Roche
© David Roche
© David Roche
© David Roche

 

Le site des architectes de Smart Design Studio: ici.

Les photos : © David Roche

Bistrot ! La première exposition temporaire de la Cité du vin

© Sipane Hoh

Une multitude d’œuvres incontournables qui fêtent les bistrots prennent place au sein de la Cité du vin de Bordeaux qui accueille sa première exposition temporaire. C’est sur les murs épurés que j’ai redécouvert les grands noms du XVIIIe siècle et quelques uns de mes tableaux favoris.

Une fois n’est pas coutume, je ne m’attarderai que très peu sur l’architecture du lieu qui a déjà été critiquée il y a un an lors de son inauguration. En effet, la Cité du vin de Bordeaux, ouverte au public depuis le premier Juin 2016 et réalisée par les architectes Anouk Legendre et Nicolas Desmazières (agence XTU), est un « blob » plus ou moins accrocheur selon la lumière du jour, les saisons ou le contexte vu des environs comme l’avait si bien raconté Jean-Philippe Hugron après sa visite de l’édifice.

Revenons à l’intérieur et surtout à l’étage où pour la première fois se déroule une exposition temporaire. L’annonce est alléchante ! des noms comme Doisneau, Manet, Otto Dix attirent comme un aimant tout amoureux de l’art. Sauf qu’ici, nous pouvons découvrir non seulement des toiles mais également des écrits,  des photographies et des films. Une exposition complète qui exploite l’idée du bistrot.

A première vue, le visiteur peut se demander ce que fait une phrase de Victor Hugo sur l’un des murs ou l’un des croquis de Balzac un peu plus loin, cependant chaque détail, tableau, toile, dessin ou photo semble en rapport avec le monde du bistrot. En effet, les œuvres aussi disparates soient-elles comprennent un lien fort. L’intitulé prend toute une dimension et l’alcool compose son fil conducteur.

Malgré le silence de cathédrale requis par les vigiles trop présents, ils ne maîtrisent pas encore les tintinnabulements des téléphones portables qui rendent l’atmosphère un peu trop électroacoustique. Cela nous fait regretter l’univers du « bistrot ».

Bistrot! de Baudelaire à Picasso est une belle exposition qui vaut le détour.

Plus d’informations sur cette exposition: ici.

« Hétérotopies » l’exposition à ne pas manquer !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

« En écho aux décors de l’Aubette réalisés en 1928 par Theo Van Doesburg, Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp, l’exposition « Hétérotopies. » L’annonce est alléchante et la visite s’avère être un agréable voyage au pays de l’art contemporain.

Le musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg présente depuis le 10 décembre 2016 une exposition qui nous plonge dans les entrailles de l’art contemporain et qui propose un rapprochement recherché entre les œuvres de dix artistes contemporains en écho aux concepts fondateurs des avant-gardes artistiques et architecturales des années vingt.

En parcourant les diverses performances, le visiteur évolue dans un univers utopique très caractéristique de l’avant-garde, ainsi il découvre avec curiosité quelques copies, détournements et inventions qui questionnent, démontrent, proposent ou déballent toute une panoplie d’idées, de formes et d’opinions. Des points de vue parfois divergents, des méthodes de travail propres à chaque auteur tous concentrés en un même lieu.

L’époque de l’avant-garde n’est finalement pas très différente que la nôtre, aussi lointaine soit-elle, elle contribue à l’image d’une société qui a connu les mêmes maux, qu’il s’agit de conflits ou de crise économique. Les artistes qui incarnent les idées présentes ne sont que les interprètes qui nous livrent leur vision.

Dans cette exposition, l’architecture est aussi présente à travers les grands ensembles entre autres incarnés par un exemple fort comme la maquette animée de LED de la barre du Haut-du-Lièvre, faisant près de quatre-cents mètres de long et réalisée par Bernanrd Zehrfuss, que l’artiste Bertrand Lamarche fait flotter dans l’une des salles du musée.

Une variété d’installations qui valent le détour !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Une exposition à déguster jusqu’au 30 avril 2017 au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg.

L’histoire dans un miroir

© Kang Wei

Nommée « Mirrored Sight », l’istallation conçue par l’architecte Li Hao fait partie d’une série d’abris que l’artiste élabore depuis quelques années. Situé sur la rive nord de la rivière Longxi au sud-est du Guizhou, le projet recrée l’histoire de la population longli. Simple, poétique et astucieuse, la cabane constitue une curiosité à part entière.

Développé par l’architecte Li Hao, l’installation raconte l’histoire d’une communauté vernaculaire qui a connu l’isolement et la tension dans le sud-est de Guizhou, en Chine. Situé le long de la rivière longxi le projet est réalisé dans le cadre de l’initiative d’installation architecturale apportant un nouveau point de repère regional ainsi qu’un agréable point de vue où les gens peuvent se reposer et profiter du panorama environnant.

L’installation de Li Hao raconte une période critique connue par son invasion militaire des groupes de Ming qui a eu lieu dans la ville de Longli il ya 600 ans. Après des siècles d’occupation, la cité a développé une disposition architecturale et urbaine unique qui la distingue des villages environnants. Pour les touristes, cet «îlot solitaire», exprimé ainsi par le célèbre écrivain Yu Qiuyu, apparaît comme un symbole culturel. Cependant pour les résidents, l’architecture distincte de la ville représente leur survie. Aujourd’hui, les anciens habitants se sont mélangés aux autres en créant une remarquable diversité culturelle.

Simple, subtile et astucieuse

La structure se présente comme une forme simple qui se compose de deux étages pouvant accueillir seulement une seule personne. La partie basse invite les gens à se reposer tandis que la partie supérieure comporte un espace intérieur qui procure divers points de vue sur le voisinage. A l’ouest, une fenêtre encadre le pont longxi construit pendant la dynastie des Ming, tandis qu’une autre vue s’ouvre sur le mémorial du pont.

Pendant la construction, les architectes ont utilisé des matériaux différents pour distinguer les diverses façades. Recouverte de bois de bambou local, la façade nord est parallèle à l’axe longitudinal de la ville, tandis que l’autre façade méridionale qui est recouverte de verre transparent est parallèle au fleuve. Cette combinaison de matériaux, l’orientation et l’emplacement de l’abri, offrent au visiteur une expérience exceptionnelle qui joue sur les illusions d’optique.

La façade en verre reflète l’image de la ville à travers des scènes de la vie quotidienne, créant ainsi l’impression d’être à l’intérieur d’un système de miroirs complexes. Ce dernier rend la distinction difficile entre ce qui est réel et irréel.

L’abri est relié à la ville par un vieux pont de pierre que les habitants empruntaient traditionnellement. Le soir, l’installation fournit une présence tout à fait différente de celle du jour. Ainsi, la forme globale se fond dans le paysage nocturne et la pyramide émerge donnant un sentiment de flottement.

L’installation conçue par l’architecte Li Hao est un joli trait d’union qui lie le passé et le présent.

© Kang Wei
© Kang Wei
© Kang Wei
© Kang Wei
© Kang Wei
© Kang Wei
© Kang Wei
© Kang Wei

Le site de Li Hao: ici.

http://mimohaus.com/

Les photos : © Kang Wei

Le brutalisme toujours à la mode ?

 

© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández

A Mexico, la maison et le studio du sculpteur mexicain Pedro Reyes et de son épouse la styliste Carla Fernandez est une curiosité à part entière. Le couple Fernandez et Reyes, s’est formé en tant qu’architecte, avant de travailler dans l’art contemporain.

Dans un arrondissement situé dans le sud de la ville, qui abritait jadis la célèbre artiste mexicaine Frida Kahlo, le duo a conçu une maison atypique. Cette dernière, nommée « Maison Pedro Reyes », est principalement réalisé en béton brut. C’est l’habitation du couple et de leurs deux jeunes enfants. La conception prend ses repères dans les bâtiments modernistes et brutalistes de la ville de Mexico, y compris dans des habitations conçues par Luis Barragán.

Alors qu’une grande partie de la structure est en béton brut, quelques éléments sont peints en vermillon. Une immense bibliothèque en dalles de béton domine l’espace de vie principale, un salon à double hauteur, jonché de sculptures et de meubles placés sur une plate-forme surélevée. La bibliothèque occupe un mur entier du salon et ses étagères supérieures sont accessibles par un escalier en béton. Des éléments en pierre et de forme irrégulière sont assemblés pour couvrir les surfaces des planchers en béton. Originalité et sophistication sont au rendez-vous.

Une maison, un musée

La maison est aussi un lieu d’exposition, abritant une collection diversifiée de mobilier et de travaux des deux artistes ainsi qu’une vaste collection de livres. Mais l’ensemble reste malgré tout un lieu de rassemblement pour accueillir des amis, de la famille et des artistes locaux. Parmi ces derniers, quelques uns résident temporairement pour travailler avec le couple.

Avant de devenir artiste, Reyes s’est formé comme architecte à l’Université ibéro-américaine de Mexico. Son projet de construction de la maison consistait à transformer sa maison de 1000 m²  en lui attachant une piscine intérieure et diverses excentricités dans un espace moderne qui inclut les traces de toutes les modernités du Mexique. Ainsi, le sol en pierre est inspiré par le musée Anahuacalli, les planchers et les murs en béton brut ont été inspirés par les brutalistes mexicains, en particulier Teodoro González de León qui a réalisé de nombreuses constructions à Mexico.

Le couple a également conçu une grande partie du mobilier. La baignoire ainsi que l’évier de la salle de bain principale en pierre de lave et la table de cuisine en béton sont à eux seuls des œuvres d’art. Partout nous trouvons des pièces uniques inspirées des plus grandes pointures artistiques mondiales. Plus qu’une habitation, l’antre de Pedro Reyes et de Carla Fernández est un musée habité tout au long de l’année. Un pur chef-d’œuvre !

© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández

Les sites de Carla Fernández et Pedro Reyes: ici et .