Archives du mot-clé Paris

« Balzac et les artistes » l’exposition à ne pas manquer !

@MuséeBalzac

A Paris, située au cœur de l’ancien village de Passy, la Maison de Balzac propose depuis le 17 Juin 2016 une exposition atypique qui trace le rapport entre Balzac et les artistes de son époque. Un délicieux voyage dans le temps entouré d’un cadre tout aussi charmant.

C’est dans une atmosphère bucolique de la fameuse « Maison de Balzac » qui constitue la demeure parisienne du grand homme transformée en musée que se déroule l’exposition. Quelle bonheur d’explorer une cinquantaine d’œuvres dont des peintures, des sculptures et des dessins jamais montrés au public.

Dans la maison d’Honoré de Balzac, ce géant de la littérature française, entre le bureau du maître où il a rédigé « La Comédie humaine » et le jardin bucolique à l’ambiance particulière, le visiteur est invité à découvrir toute une époque via diverses expressions artistiques. Flairer le temps d’une visite l’univers d’un homme mais aussi d’une période devient un jeu de piste. L’émotion de la découverte se mêle ainsi à la curiosité pour nous délivrer des tableaux restés discrets. Les amateurs de la littérature et de l’art ne peuvent qu’apprécier.

Un carrefour pour plusieurs disciplines

L’exposition « Balzac et les artistes » dévoile également le quotidien de l’écrivain, ses rencontres avec les personnalités artistiques de son époque comme Alexandre Dumas ou George Sand et ses débats avec des grands poètes comme Théophile Gautier. Au fil de la visite nous pouvons admirer sa spectaculaire effigie sculptée par Auguste Rodin ou son portrait présenté en collage, œuvre d’Eduardo Arroyo ou d’autres intéressants tableaux inspirés tous de « La Comédie Humaine ». Des « moments » magiques qui délivrent comme une boîte de trésor de mémorables secrets.

Dans ce petit pavillon « caché » sur les coteaux de Passy avec sa petite vue sur la Tour Eiffel et son jardin qui jouxte l’un des immeubles de logements parisiens d’Auguste Perret, la visite n’est qu’une exquise excursion située au carrefour de plusieurs disciplines.

L’exposition « Balzac et les artistes » est à admirer jusqu’au 2 octobre 2016.

©SipaneHoh
©SipaneHoh

Plus d’informations sur le site du musée.

« Hunting Season » la dernière œuvre d’Arnaud Cohen

Hunting Season@ ArnaudCohen
Hunting Season@ ArnaudCohen

Elle se trouve à Paris, au 45, rue des Tournelles dans la galerie aux murs immaculés dirigée par Elisabeth Kepler. La dernière œuvre d’Arnaud Cohen est une pièce unique qui franchit astucieusement les limites de l’art pour nous livrer un message universel.

Au fond de l’étroite rue des Tournelles se niche la galerie Kepler Art Conseil. De l’extérieur, nous pouvons à peine identifier les contours d’une cabane en bois calciné posée dans un coin, à même le sol. Pourtant, le carton d’invitation annonce une saison de chasse ! La curiosité l’emporte sur le paradoxe de la situation et la découverte semble indispensable.

Malgré l’aspect carbonisé, l’ensemble dégage une certaine noblesse et pour cause, il s’agit bien de volets intérieurs datant du XVIIIème siècle dont l’artiste prend un malin plaisir à raconter l’histoire. Ils proviennent d’un hôtel particulier parisien où ils ont été réemployés  lors de la destruction totale de l’édifice, depuis, ils ont traversé le temps, mais un jour ils sont devenus encombrants et non adaptés aux exigences de la modernité « moderne ». Le moment idéal pour l’artiste qui les sauve et leur donne un nouveau sort.

Fabriquer une cabane revient d’un imaginaire enfantin, avec ce projet, le rêve devient non seulement tangible mais un exercice difficile avec des matériaux improbables qui  voit le jour. Le cabanon n’a rien d’extraordinaire même si l’idée dans l’absolu ne laisse rien entrevoir. Fabriquer un abri de fortune avec des matériaux nobles n’est pas une chose courante sauf qu’ici la matière en question, grâce à l’intervention de l’artiste, est destinée à traverser le temps.

Et à l’intérieur ? Quelle est cette couleur bleue qui transparait à travers les interstices ? Une explication s’impose. A l’aide du néon, un mot nous interpelle. Il faut dire que ceux qui connaissent le travail d’Arnaud Cohen sont habitués à voir le néon, à chaque circonstance sa phrase, à chaque évènement sa couleur. Dans cette œuvre, le choix va pour le bleu quant au mot il s’agit d’un « Rien » !

Pour en connaître l’origine il faut décortiquer l’histoire. ce mot aussi insignifiant a été calligraphié de la sorte dans son carnet de chasse par Louis XVI pour la journée du 14 juillet 1789. Et pourtant, ce jour là, le « Rien » pour certains est devenu le « Tout » pour autrui, l’art n’étant qu’un moyen parmi d’autres pour reproduire l’histoire. Cette courte expression inscrite au fond d’une cabane noircie pousse-t-elle à la réflexion ? L’attitude de quelques uns vis-à-vis de l’art (entre autre) serait-elle semblable à l’attitude de Louis XVI vis à vis du 14 Juillet ? Il est permis de le croire !

Dans un scénario mené par une main de maître, Arnaud Cohen questionne encore une fois certains comportements de la société actuelle. A la fois provocateur et démonstrateur, via l’une des techniques dans laquelle il excelle, l’artiste touche un point sensible chez tout spectateur. La réflexion étant ici la substance, l’art contemporain devient l’expression. Un langage chargé de symboles, qui devient universel pour atteindre le monde entier.

Hunting Season@ ArnaudCohen
Hunting Season@ ArnaudCohen

Cette oeuvre se trouve à Paris jusqu’au 23 avril 2016 et sera exposée sera exposée au Kunstverein am Rosa–Luxemburg–Platz de Berlin en 2017.

Le site d’Arnaud Cohen: ici.

A voir également: ici.

A Paris, la Canopée en mode limule !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

A ceux qui sont perchés sur leur balcon, le plan de masse, aux usagers des transports en commun les sombres tréfonds et les viscères loin de la lumière du jour, aux touristes et aux shoppeurs un centre commercial customisé, un de plus mais celui-ci bien placé. Les Halles parisiennes d’autrefois recouvertes de « La Canopée » viennent d’être inaugurées !

Les avis divergent et les langues se corsent, en France comme chez nos voisins britanniques les critiques affluent et les mécontents grondent. D’une part les finances d’autre part l’aspect. Alors que la première étale des chiffres qui sont bien réels et difficiles à dissimuler, la seconde, plus subjective est à prendre avec la plus grande méfiance mais quand il s’agit d’un constat négatif pour les deux, l’architecture de Patrick Berger et de Jacques Anziutti ternit et son image flétrit.

Quand les politiques s’emmêlent les pinces.

Le coup d’envoi des travaux des Halles avait été donné à l’ère de Bertrand Delanoë et c’est Anne Hidalgo, l’actuelle maire  de la ville lumière qui en assume les conséquences. Cependant, une partie du projet n’est toujours pas terminée, faut-il attendre la fin du fin pour pouvoir se prononcer ?

Les grands critiques d’architecture n’ont pas demandé l’autorisation ni attendu l’inauguration, tandis que trois jours avant le grand évènement Fréderic Edelmann commençait son impeccable tirade par : « Faire plus moche et bricolé que les pavillons construits en 1985 par Jean Willerval pour couronner le Forum des Halles dessiné par Vasconi et Penchreac’h, c’était sans doute impossible. La Ville de Paris, pourtant, s’était exercée à imaginer des formules de concours, mais ils ne laissaient guère de chance de faire advenir un projet de raison. » à Londres, après sa visite parisienne, Oliver Wainwright termine son article en achevant l’ensemble : « Le projet d’origine, des années 1970, a fait l’objet d’un catalogue brouillé de faux départs et d’ambitions contrariées, comme les présidents successifs et les maires où chacun annulait le travail de son prédécesseur. Comme un monument accidenté, une chute d’eau jaillit maintenant de la canopée à la nouvelle entrée des Halles: elle pourrait être l’assemblage des larmes de chaque politicien qui a essayé d’imprimer sa marque sur ce site problématique. »

Alors que l’architecture est largement contestée, quelques utilisateurs des lieux semblent néanmoins bien s’amuser. D’autant plus qu’une partie publique est prévue dans le projet. Le conservatoire ou la médiathèque ainsi que la Maison des pratiques artistiques ne font qu’aiguiser la curiosité. Malheureusement, ces derniers aussi intéressants soient-il semblent être ensevelis sous la grande chape de la Canopée.

Les riverains piégés par les croquis aériens.

A Londres, les défenseurs de la fameuse ligne d’horizon ont mis des années avant d’accepter ne serait-ce qu’un édifice plus haut que la cathédrale Saint-Paul, à Paris, selon le cahier des charges du projet, la hauteur de la Canopée devait respecter les hauteurs des bâtiments alentours (dont l’église Saint-Eustache). Le résultat, aussi oppressant soit-il n’est donc pas une bévue d’architecte mais la conséquence légale d’un embrouillamini de lois et décrets inextricables.

Malgré les quelques séduisants jeux d’ombres et de lumières à des heures bien déterminées et seulement les jours abondamment ensoleillés, la légèreté ainsi que la transparence de la structure laissent bien à désirer surtout quand dans le Courrier de l’architecte, Jean-Philippe Hugron nous ramène à des constructions bien plus anciennes en faisant référence à l’un des Pritzker qui manipulait le mieux cette potentialité. « Pourtant, ici et là, les acteurs du colossal chantier aiment à répéter, malgré ce triste aveu municipal, que la Canopée pèse 7.000 tonnes, soit 500 de moins que la Tour Eiffel. N’en déplaise à Anne Hidalgo, l’architecture est aussi une question de poids. Plus encore quand l’un des architectes de la Canopée, Patrick Berger, défendait, il y a quelques temps, avoir travaillé à Stuttgart dans l’atelier de Frei Otto. »

Dans la Canopée, l’architecture et l’ingénierie se sont frottées comme elles l’ont toujours fait mais cette fois-ci l’objet de la discorde est trop visible. Il s’agit de faire tenir un « monument » qui demandait à trouver sa place et à être accepté. La poésie architecturale du départ que certains ont cru apercevoir sous forme de légèreté sur les papiers glacés ne pouvait pas tenir sa parole logiquement dans les conditions annoncées, confrontée aux faits.

L’architecte qui a gardé les piliers en béton de l’ancienne structure afin de mieux stabiliser les étages en sous-sol, a opté concernant la partie visible pour un voile complexe composé de 18000 lamelles de couleur jaunâtre qui comme la bouche d’une gigantesque limule semble engloutir les passants qui l’abordent. Et pour les visiteurs qui se trouvent en dessous, le ciel de Paris semble bien loin, le cœur de la ville qui a reçu la cop21 cette année,  aussi palpitant soit-il, devient plutôt un passage géant. Espérons que ce dernier tienne un peu plus longtemps que le précédent.

01@SipaneHoh
© Sipane Hoh
02@SipaneHoh
© Sipane Hoh
03@SipaneHoh
© Sipane Hoh
05@SipaneHoh
© Sipane Hoh

« Ghost Towns », l’exposition atypique

@SipaneHoh

En ce fin du mois d’Août, au moment où les vacanciers quittent leurs résidences, Détails d’architecture revient sur l’exposition parisienne du photographe Cyrille Lallement « Ghost Towns » dont le vernissage s’est déroulé le 2 juillet 2015 et qui reste ouverte jusqu’au 30 Septembre 2015.

Atypiques comme le nom de l’espace qui les accueille, les photos de Cyrille Lallement ne laissent point indifférent. Ils exposent à leur manière une histoire et une réalité en pointant l’objectif sur des villes balnéaires vidées de leurs habitants. Une atmosphère parfois lourde qui entre inquiétude et fascination domine l’ensemble.

Pour ses photos, le photographe a choisi la saison hivernale, au moment où les vacanciers quittent les lieux et les habitants ne font que rares. La mise en évidence des images continue via le jeu savant avec lequel Cyrille manie la luminosité et les couleurs pour un résultat surprenant et délicieux qui rappelle les anciennes aquarelles un peu jaunies par le temps révélant un ingénieux talent.

Quand l’architecture et la photographie s’accordent

Comme si la pendule s’est arrêtée ne serait-ce que pour un moment, l’exposition « Ghost Towns » semble être une promenade qui mène jusqu’au bout des temps pour plonger le visiteur dans un monde irréel, à la fois extravagant où la nature prend le dessus.

« C’est pour moi une manière de s’interroger sur la place dans notre environnement et l’impact de celui-ci afin de prendre conscience que rien n’est éternel » raconte l’artiste.

A la fois poétiques et critiques, nous pouvons néanmoins percevoir via ces photos une pointe de facétie, pas vraiment réaliste mais toujours perfectionniste. Avec la série « Ghost Towns » Cyrille Lallement a réussi son pari, accorder architecture et photographie dans une remarquable mélodie capable de capter tout visiteur.

L’exposition « Ghost Towns » est ouverte au public, tous les jours de 10h à 19h jusqu’au 30 Septembre.

Le portrait de Cyrille Lallement sur Détails d’architecture: ici.

La photo: © Sipane Hoh

A Paris, un avenant «deux en un» signé Ameller Dubois

© Takuji Shimmura
© Takuji Shimmura
A Paris, au croisement de la rue de Lourmel et la rue des Cévennes un édifice qui mêle une remarquable volumétrie comportant trois entités, interpelle. Il s’agit d’un programme mixte de logements collectifs et d’un foyer pour adultes autistes réalisé en 2014 par l’agence d’architecture Ameller, Dubois et associés (Philippe Ameller, Jacques Dubois).
Au premier abord, le projet se présente comme un jeu de parallélépipèdes où chaque logement trouve sa place, le tout installé sur un socle commun qui occupe l’angle de la parcelle. L’intégration au quartier est donc l’une des particularités qui contribue à la réussite ne serait-ce que visuelle du projet.
Un ensemble urbain et humain
L’ouvrage, qui compte trois entités se développe sur une base commune accueillant l’ensemble du programme pour adultes handicapés autistes ainsi que les accès à la résidence et leurs locaux associés.
Selon les architectes : « Ces trois ensembles, organisés de manière à ménager des prospects agréables, développent un concept de pavillon relativement compact dont les façades, partiellement creusées ou émergentes, offrent un aspect sculptural. Les appartements bénéficient d’une épaisseur en saillie formant loggia dans le prolongement du salon. Celles-ci sont alternées ou superposées selon leur situation dans le plan. La composition génère ainsi un mouvement de rotation pour chaque pavillon qui, à l’angle des deux rues et sur toutes les orientations, indique le statut de proue urbaine de cette partie du quartier. »
Le parti-pris architectural est donc clair, il s’agit bien d’un certain ludisme selon lequel les pavillons s’entrelacent, s’enchaînent et se touchent, dans une délectable composition pour former un ensemble urbain à l’échelle humaine à la fois personnalisé et abordable.
L’individualisation des parties communes s’aperçoit dans la manière dont les architectes ont créé trois accès distincts, à chaque corps de bâtiment, son entrée. Quant à la rampe d’accès au parking, elle se glisse délicatement dans le soubassement.
La nature n’est jamais très loin
Côté matériaux, la couleur blanche immaculée du béton est rompue par endroits avec la présence du bois et du métal, jouant sur la plastique et la monumentalité de l’ouvrage. En conséquence, les diverses formes s’affirment et les volumes se peaufinent.
Tout en étant dans la ville et peu importe sa localisation, le projet attribue une grande importance à la présence paysagère au sein même de sa composition. Les espaces verts sont surtout destinés aux adultes handicapés autistes, la partie nord constituant le jardin partagé de la résidence. Ainsi, de petits potagers en bois perchés (dont le visiteur peut faire le tour) agrémentent l’ensemble. Ces petites espaces carrés de tailles identiques (1m sur 1m) permettent de planter et d’entretenir des légumes, des fleurs ou des fruits. Quelques arbustes viennent compléter cet heureux aménagement.
Finalement, vu qu’il s’agit d’un écoquartier exemplaire, soucieux d’apporter une écriture durable à leur projet, les architectes ont privilégié des matériaux à faible impact environnemental tout en maîtrisant les diverses ressources énergétiques, il en résulte un édifice qui a été labellisé BBC et HQE Cerqual.
Alors que non loin de là la Tour Eiffel veille sur la ville, dans l’environnement hétérogène de l’Écoquartier Boucicaut du 15ème arrondissement parisien, le programme mixte de l’agence Ameller, Dubois et Associés constitue un attrayant outil urbain qui profite à tous.
© Takuji Shimmura
© Takuji Shimmura
© Takuji Shimmura
© Takuji Shimmura
© Takuji Shimmura

© Takuji Shimmura

 Le site de l’agence d’architecture Ameller Dubois et Associés : ici.

Les photos : © Takuji Shimmura

Thomas Woltz à Paris

@DR

Mardi le 16 juin 2015 au Columbia Global Center, à Paris, a eu lieu la conférence inaugurale des rencontres biannuelles Paris-New-York Series on Cities par l’architecte paysagiste Thomas Woltz. L’occasion de revenir sur la manière dont l’architecture du paysage opère dans nos villes.

Intitulé « Maillage et territoires : Nouvelles frontières en architecture du paysage au XXIème siècle », la conférence inaugurale organisée par « The Arts Arena » et « The Municipal Art Society of New York », tend à mettre en avant, dans les villes, la relation imminente entre l’architecture du paysage et l’art, la culture ou encore l’écologie tout en travaillant avec l’ingénierie des systèmes complexes ou bien en construisant l’identité culturelle d’un espace.

L’architecture du paysage dans l’espace public

Paris et New-York deux villes pour une même problématique autour de l’urbanisme, l’aménagement paysager, l’architecture, le rôle des arts et de la culture au sein de l’espace public, c’est le sujet de l’élocution de Thomas Woltz* qui, engagé dans l’éducation et la préservation du patrimoine, déploie une approche innovante et écologique dans de nombreux projets privés ou publics.

En s’appuyant sur des projets qu’il a réalisés comme « Hudson Yards » à New York, « City Garden à St Louis », « Peggy Guggenheim Sculpture Garden » à Venise ou encore « Orongo Station » en Nouvelle-Zélande, Thomas Woltz réintègre l’architecture du paysage dans l’espace public. De nombreuses exemples et des réalisations qui lui ont valu plus de 80 récompenses nationales ou régionales.

Deux associations pour un seul but

Depuis la création de l’association « The Arts Arena », c’est la première fois qu’un architecte paysagiste est invité et pourtant 140 évènements ont été organisés, des tables rondes, des rencontres, des conférences, des projections, des représentations, des concerts, des festivals, tous dans un seul et unique but, inciter au dialogue entre les diverses disciplines et dynamiser les relations entre le monde de l’art et les milieux des affaires, de l’économie, de la diplomatie culturelle, des sciences, de la technologie et du développement.

Quant à l’autre organisatrice de cette soirée, « The Municipal Art Society of New-York », c’est une institution ancienne fondée en 1893 qui milite en faveur d’un plan d’urbanisme intelligent et cohérent à New-York. Connue dans le monde pour sa défense de la ‘’Rockefeller Center’’ dans les années 1930 et en jouant un rôle critique dans la création de la ‘’New York City Planning Commission’’, la fondation sera présente lors de la séance spéciale de l’automne du cycle Paris-New-York Series on Cities.

Mettre la ville dans un débat ouvert au grand public aussi court soit-il est une manière comme une autre d’informer sur certaines problématiques, de bousculer quelques idées reçues et d’encourager diverses résolutions à prendre. Nous savons par ailleurs que la ville est un agréable terrain de jeu pour chaque architecte qu’il soit urbaniste ou paysagiste mais à condition que les idées avancées soient en accord avec le reste. C’est exactement dans ce but que ces échanges ou conférences, toujours les bienvenus, doivent alimenter notre quotidien.

* Nommé « Design Innovator of the Year » par le Wall Street Journal (2013) et investi à The American Society of Landscape Architects’ Council of Fellows, une des plus hautes distinctions de la profession, Thomas Woltz est membre du bureau de The Municipal Art Society et patron de la société Nelson Byrd Woltz Landscape Architects. Son travail se caractérise par une approche innovante et écologique de l’architecture du paysage.

Quand la crèche joue à la princesse des mille et une nuits

@JulienLanoo

Dans l’environnement hétérogène du nouveau quartier parisien Fréquel Fontarabie une boîte de couleur blanche interpelle. L’élégance d’un écrin épuré se mêle à la grâce des façades dentelées pour façonner le programme complexe d’une crèche qui se niche en plein cœur du XXème arrondissement signée de l’agence d’architecture Avenier Cornejo Architectes (Christelle Avenier et Miguel Cornejo).

Dès le départ, la parcelle triangulaire ne facilite pas la tâche des architectes souhaitant réaliser un édifice fin qui s’insère dans son environnement. L’idée de la résille métallique perforée d’une myriade de trous n’est que le résultat d’une étude pointue qui aspire à éclaircir, à unir et à protéger l’ensemble tout en procurant une enveloppe sensible aux divers changements de la lumière.

La crèche se développe sur deux niveaux et respecte les différentes dispositions du voisinage. Ainsi, la réglementation du PLU et les divers chartes du programme sont tenus. L’entrée de l’édifice se trouve sur la façade nord et comme la parcelle est plutôt en longueur, un atrium a été fondamental à l’apport de la lumière naturelle à l’intérieur tout en jouant un rôle non négligeable dans la régulation thermique de l’ensemble.

Un logement de fonction fait partie du programme. Il se déploie au 2ème et 3ème étage, traversant du nord au sud, son accès se fait par une entrée indépendante. Au fond de la parcelle un espace planté constitue un charmant interstice de verdure qui tranche avec la blancheur de la bâtisse.

Près des Lilas, des p’tits trous, des p’tits trous, encore des p’tits trous

La durabilité étant l’une des préoccupations de ses architectes, livrée en Janvier 2014, la crèche et son logement de fonction respectent le Plan climat de la ville de Paris. On y trouve plusieurs procédés (comme les panneaux solaires et la terrasse végétalisée) qui définissent la démarche environnementale de l’édifice.

Alors que le revêtement ajouré de la crèche fournit un doux jeu d’ombre et de lumière, de grandes baies vitrées s’ouvrent vers la cour et le jardin pour éclairer naturellement l’intérieur. Et tandis que quelques touches de couleurs viennent égayer le contenu, le contenant arbore son immaculée texture telle une robe de princesse.

En structurant l’espace où elle se trouve, la crèche conçue par Christelle Avenier et Miguel Cornejo est un doux univers englobé de son écrin de lumière.

@DavidFoessel

@DavidFoessel

@JulienLanoo

Le site de l’agence d’architecture Avenier Cornejo Architectes : ici.

Les photos 1 et 4: © Julien Lanoo.

Les photos 2 et 3: © David Foessel.

A Paris, la création artistique sur une page blanche

© Luc Boegly

Le 3 juin 2015, lors d’une visite, les architectes Anne Feldmann et Aghis Pangalos m’ont fait découvrir les coulisses du centre d’animation Ken Saro Wiwa. Un voyage des plus inattendus et à la fois agréable au cœur d’un bâtiment vitrine de la culture artistique en devenir.

Une parcelle vide au 63 Rue Buzenval ? C’est l’occasion rêvée pour la ville de Paris d’y implanter un centre d’animation ouvert à tous. Au départ il ne s’agissait pas d’une parcelle vide comme il ne s’agit pas d’un édifice ordinaire. L’emplacement était occupé jadis par un bâtiment technique EDF en pierre devenu obsolète au fil du temps. Et l’originalité du nouvel arrivant est due à l’audacieuse proposition des architectes pour un lieu à la fois ludique et expressif.

Le tableau dans la rue

C’est un bâtiment qui prend place à l’angle de la rue Buzenval et de la rue des Haies. Niché en plein cœur du XXème arrondissement, dans un lieu vivant et animé, le nouveau centre d’animation vient d’ouvrir une nouvelle ère dans l’expression artistique. Alors qu’au sein de l’établissement vont se dérouler des activités manuelles, musicales, corporelles ou sportives, une fraction de la façade sera dédiée à l’expression artistique, l’art avec un grand A défilera sous-forme d’un tableau signé de personnalités reconnues. Une friche vivante qui changera de ton et de style avec chaque proposition. Nous sommes loin des écrans en couleur qui mettent en avant telle ou telle scène ou bien de la pub comme dans certains pays, dans la rue Buzenval, nous sommes en présence d’une toile éphémère qui déroule de multiples œuvres d’art.

Bien que l’idée de cette friche soit intrigante, allons faire un tour cette fois-ci à l’intérieur du bâtiment. Ce dernier s’avère être un condensé d’idées tout aussi novatrices. L’édifice affiche à son intérieur une sobriété assumée, indispensable pour la quête à laquelle elle est destinée. Le béton dans toute sa brutalité fait office d’une page blanche où la patine du temps viendra profiter et les couleurs parviendront à égayer.

Le graffiti à l’honneur

C’est toute la subtilité d’une telle démarche de parvenir à son but tout en composant une architecture forte que ce soit dans la pensée même de sa structure ou dans sa spatialité. Tandis que la salle de représentation creusée dans la masse du sous-sol occupe le terrain sur sa plus grande longueur et affiche un damier coloré, le reste du bâtiment garde des tons grisâtres prêts à se métamorphoser. Mention spéciale à l’acoustique des lieux dotée d’une insonorisation exemplaire surtout quand on sait qu’il s’agit des pièces où la musique battra son plein et pas toujours sans fautes.

Le programme qui se déploie sur trois étages est à la fois riche et complexe. Faire cohabiter plusieurs entités au sein d’un même édifice tout en gardant l’autonomie de chacune d’elle n’est point une mince affaire. Les architectes Anne Feldmann et Aghis Pangalos ont accompli un travail d’orfèvre où ils ont savamment composé entre volume et cahier de charges.

Pour le moment, le but n’est pas encore atteint, laissons aux habitants du quartier le temps de s’approprier les lieux. Ici, l’architecture aussi élégante soit-elle ne matérialise que le corps brut que l’ornement saura mettre en valeur.

© Luc Boegly

© Luc Boegly

© Luc Boegly

© Luc Boegly

Le site des architectes Anne Feldmann et Aghis Pangalos: ici.

Les photos : © Luc Boegly