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In-Between Places, la nouvelle exposition de la Galerie d’architecture

©Sipane Hoh

La Galerie d’architecture présente depuis quelques jours l’exposition In-Between Places. Il s’agit du parcours de l’agence d’architecture Tolila+Gilliland, qui, fête à l’occasion ses dix ans d’existence. Une exposition florissante que j’ai découvert lors d’une visite privée.

L’entrée théâtrale

L’entrée de la Galerie d’architecture est en général assez significative. Il s’agit d’un parcours aux murs blancs qui introduisent certaines idées, avis ou encore paroles prononcées à l’occasion de tel ou tel projet. Cette fois-ci, c’est différent. Les murs de l’entrée sont couvertes d’un rideau plissé de couleur taupe. Une entrée théâtrale qui découle sur un espace généreux où la couleur blanche reste dominante. « C’est le choix des architectes » me dit-on, un choix qui surprend au premier regard mais qui trouve toute son explication une fois que l’on découvre l’exposition.

J’ai souhaité parler ici, sur Détails d’architecture de cette exposition parisienne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour le lieu que j’affectionne et qui se trouve être la seule et l’unique Galerie d’architecture de France, puis l’exposition elle-même qui retrace les dix ans d’une agence dont j’avais parlé, déjà à l’époque ici, du premier de leur projet réalisé, avant même que cette dernière soit récompensée en tant que première œuvre lors de la cérémonie de l’Équerre d’argent, et puis, il y a l’impressionnant parcours des architectes qui ont construit depuis, un nombre conséquent de projets. Un parcours remarquable qui mérite reconnaissance.

La farandole des maquettes

Revenons à l’exposition, après avoir traversé le parcours « théâtral », le visiteur découvre un univers clair où tous les projets du duo d’architectes sont présentés sous forme de maquettes agrémentées de silhouettes de couleur rouge mettant en avant les divers espaces présentés. Chaque maquette est accompagnée d’échantillons de matériaux qui montrent le processus de fabrication des constructions, les amoureux des textures seront gâtés ! Avant de quitter les lieux, n’oublions pas de s’isoler dans le petite pièce, aux murs fragiles en toile, pour jeter un petit coup d’œil aux différentes photos des projets. La scénographie est impressionnante, mais je n’en dirai pas plus, je laisse le plaisir de la découverte à chacun de vous…

©Sipane Hoh
©Sipane Hoh
©Sipane Hoh

Pour plus d’informations voir : le site de la Galerie d’architecture et de Tolila+Gilliland

Éphémère, la nouvelle crèche de l’hôpital Saint-Louis

© Benoît Florencon

Au cœur de la capitale française, les architectes de l’agence Janez Nguyen (Robert Janez et Emmanuel Nguyen) en collaboration avec les architectes de l’agence Linia viennent de réaliser une crèche démontable et éphémère qui se caractérise par son ossature en bois, son enveloppe en zinc et sa toiture végétalisée.  

Une réalisation subtile

A Paris, au milieu des bâtiments historiques de l’hôpital Saint-Louis nous pouvons remarquer une petit construction aussi coquette qu’esthétique. Il s’agit de la crèche de 48 berceaux que conçue et réalisée avec soin par les deux agences d’architecture Janez Nguyen et Linia. Mais tout d’abord, pourquoi une crèche dans l’enceinte de l’hôpital ?

C’est la convention cadre entre entre la Ville de Paris et l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui est la raison. En effet, il s’agit d’un partenariat qui vise à amplifier l’accueil des familles parisiennes dans les crèches de l’APHP. Ce projet appartient à un vaste programme de réalisation de crèches municipales visant à utiliser de manière optimale le foncier situé sur le territoire parisien tout en proposant des structures modulables et démontables, pouvant être recyclées pour être repositionner ailleurs. Il s’agit donc d’une volonté politique qui rend service à une multitude de familles concernées. De ce fait, la crèche multi-accueil Saint-Louis fait partie de ces structures réalisées. Elle a une capacité d’accueil de 48 enfants de 3 mois à 3 ans ainsi que le personnel composé de 12 agents permanents.

Cependant, la construction d’un tel équipement au sein d’autres bâtiments historiques, n’est pas une mince affaire. Forts de leurs capacité d’adaptation et de leur polyvalence, les architectes ont engendré une réalisation subtile capable de se glisser dans le tissu urbain alentours tout en se dotant d’une identité à part entière. Ainsi, en se basant sur le style architectural des bâtiments voisins tout en respectant l’environnement patrimonial, les architectes ont proposé un équipement aux lignes fluides, aux traits spécifiques et aux textures posées. Il en résulte un bâtiment harmonieux croisant astucieusement le bois et le zinc et qui réinterprète les quelques codes des façades alentours. C’est un travail fin, à la fois concis et rigoureux qui a engendré un lieu unique et singulier.

Un bâtiment innovant

Les architectes nous racontent que l’inspiration de la résille provient des vitraux de la chapelle Saint-Louis attenante à la parcelle. Ainsi, l’emploi d’une résille participe non seulement à minimiser l’échelle de l’édifice dans le contexte bâti environnant, mais lui confère une image adaptée à un équipement de petite enfance. Par ailleurs, nous remarquons que certains détails comme les baies en double hauteur reprennent le dessin des baies des bâtiments avoisinants. L’entrée de la crèche se poursuit telle une rue intérieure au milieu du bâtiment. Les autres pièces baignent dans la lumière grâce à leurs grandes baies vitrées qui donnent sur le jardin avoisinant.  

Les architectes qui ont pensé à tout n’ont pas négligé le côté durable du projet, en effet, ils ont conçu une toiture végétalisée qui participe à la rétention d’eau mais aussi, à sa manière, à la sauvegarde de la biodiversité animale et végétale, offrant d’une part un espace accessible aux oiseaux et aux insectes et d’autre part maintenant une diversité végétale. A la demande de la Ville de Paris et en prenant en compte les diverses exigences du programme, le projet s’inscrit dans la lignée des bâtiments innovants. En effet suite à ses qualités de construction qui confèrent à l’ensemble des capacités de démontage et de réutilisation tout en adoptant le processus de la filière sèche, la crèche qui se caractérise par le principe constructif de la préfabrication en bois, pourra restituer la parcelle à l’hôpital quand il le faudra et avec le moindre budget.

La crèche de Janez Nguyen et Linia, qui se déploie sur deux étages, intègre parfaitement le site, très emblématique, de l’hôpital Saint-Louis. L’équipement, qui se caractérise par deux façades très différentes dont l’une présente des modules à ossature bois, habillée par une dentelle de zinc et l’autre vitrée, dont le trame est le prolongement des poutres des planchers en caissons de bois préfabriqués, se démarque par sa compacité et apporte une nouvelle touche à l’environnement plutôt classique des bâtiments de l’hôpital Saint-Louis. Un seul mot d’ordre se caractérise cette réalisation : l’excellence.

© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon

 Le site de Janez Nguyen Architectes (Mandataires du groupement) : ici.

Les photos : © Benoît Florencon

A Paris, Remingtonstyle réalise un projet sobre et généreux

© Clément Guillaume

L’agence d’architecture Remingtonstyle cogérée par Pierre Frinault et David Jouquand vient de terminer la réalisation d’un programme de vingt logements sociaux. Situés dans le 20ème arrondissement parisien, le projet possède une très belle allure.

Un exemple à part entière

Répartis sur sept niveaux, les vingt logements et commerce que l’agence d’architecture Remingtonstyle vient de terminer pour la Régie Immobilière de la Ville de Paris (RIVP) attirent l’attention. Tout d’abord, c’est la typologie même qui surprend. L’ensemble ne ressemble pas aux édifices voisins mais s’insère parfaitement dans son environnement composite. De même, le projet interpelle par sa façade sur rue et sa surface vitrée qui apporte une grande luminosité aux intérieurs. Sans oublier la durabilité qui répond favorablement au plan climat de Paris. De multiples critères qui font de ce projet un exemple à part entière.

L’immeuble est situé au sein d’un quartier hétéroclite, il est entouré de deux édifices de logements de styles différents. L’ensemble occupe une parcelle exiguë et irrégulière. La façade sur rue d’environ 18 mètres, orientée plein sud, est rythmée par des plateaux en béton visibles de l’extérieur. Vue la situation particulière de l’immeuble, les deux façades mitoyennes n’ont pas pu disposer de l’attention des architectes. Ces derniers ont donc peaufiné les deux façades visibles en leur octroyant toutes les caractéristiques possibles pour chauffer et éclairer généreusement les divers logements. Cependant pour atténuer la luminosité mais aussi la chaleur, les architectes ont eu recours à des stores extérieurs et des rideaux intérieurs. Un procédés qui donne à l’ensemble une allure particulière. La façade vit et devient dynamique selon les saisons mais aussi les heures de la journée.

Concernant les matériaux utilisés, le choix est simple, il est guidé par le bon sens et certains principes environnementaux répondant avantageusement aux diverses normes actuelles. Le béton et le verre sont donc les seuls matières utilisées. Les architectes nous informent que le béton a été choisi pour « ses diverses qualités structurelles et sa capacité à générer un déphasage thermique optimal tandis que les larges baies coulissantes sans seuil saillant autorisent une modulation des ouvertures qui favorisent l’utilisation des espaces intérieurs et extérieurs suivant les saisons et les envies, en les additionnant aisément. »

De petits éléments qui font la différence

Un bon nombre de logements parisiens ne comportent pas de terrasses. La réalisation de Remingtonstyle propose un immeuble de logements où tous les appartements disposent d’espaces extérieurs. Tandis que certaines habitations possèdent des balcons, d’autres sont agrémentées de jolies terrasses effectuant un doux dialogue entre intérieur et extérieur. Dans la ville dense, tout espace extérieur devient vital et apporte une vraie qualité de vie à chaque réalisation. Les derniers évènements comme les confinements ont rendu la population de plus en plus sensible à ce genre de détail, ainsi la terrasse ou le balcon absents de certains édifices deviennent une nécessité qui fait la différence. Revenons à nos architectes, ils ont conçu un projet qui comporte plusieurs spécificités comme par exemple ces appartements qui donnent sur la cour intérieure et dont l’enfilade du bacon devient une circulation d’été en complément du couloir intérieur. Nous remarquons que malgré l’allure simple de l’immeuble, le projet regorge de petits éléments qui font la différence.

Parlons du jardin en plein pied qui se trouve à l’arrière de la propriété et qui est en continuité avec celui de la résidence voisine. Selon les architectes, cet espace vert, accessible de la part des habitants, permet un rafraichissement naturel de la parcelle. Finalement, la toiture est conçue comme une terrasse où un aménagement futur ainsi qu’un escalier permettra aux usagers d’ accéder et d’en profiter.

Les intérieurs sont sobres, très lumineux et généreux. La couleur blanche y domine et le parquet rajoute un côté chaleureux. Un petit coup de cœur aux garde-corps transparents qui se deviennent à peine de loin dirigeant l’œil sur la réalisation tout entière. Nous pouvons dire qu’à Paris, les architectes de Remingtonstyle ont conçu un ensemble à la fois subtil et agréable à vivre.

© Clément Guillaume
© Clément Guillaume
© Clément Guillaume
© Clément Guillaume
© Clément Guillaume

Le site de Remingtonstyle : ici.

Les photos : © Clément Guillaume

A Paris, l’Ancienne Comédie entame sa mue

© Gregory Copitet

C’est un programme complexe mené avec une grande parcimonie que les architectes de l’agence Raf Listowski Atelier d’architecture viennent de livrer. Un lieu mythique qui a fait l’objet de plusieurs mutations avant de trouver sa dernière vocation. Il s’agit d’abriter quatre logements et deux bureaux, un ensemble qui respecte le contexte et porte la fine signature de son architecte.

Un travail minutieux

La réhabilitation complète de l’édifice situé dans la cour d’un immeuble au 14, rue de l’Ancienne-Comédie dans le 6ème arrondissement parisien se concentre avant tout, selon les architectes, sur l’ancienne cage de scène. Un important élément architectural signé de François II d’Orbay. Intervenir sur un bâtiment historique n’est pas une chose facile surtout quand il faut à la fois réhabiliter pour la mise aux normes, repenser l’espace mais aussi redonner une nouvelle vie aux différentes superficies. Un travail minutieux que Raf Listowski Atelier d’architecture a mené avec brio.  

Nous savons par ailleurs, qu’au fil des années, l’édifice a fait l’objet de nombreuses transformations qu’elles soient fonctionnelles et formelles. Il y a eu la démolition de la salle qui occupait l’actuel volume de la cour, la modification en immeuble des parties sur rue contenant les distributions et le foyer,la  transformation du volume de la scène en ateliers de décors, ateliers de stockage ainsi qu’à la fin du XXe siècle la métamorphose en immeuble de bureaux. Divers changements, différentes destinations pour un emplacement de qualité.

Le projet consiste en un remaniement complet. Notons que l’ensemble des éléments présentant une valeur historique ou artistique ont nécessité une étude historique et scientifique menée à la demande de la ville de Paris et de la direction du patrimoine du ministère de la culture et de la communication. La recherche des architectes était méticuleuse, elle s’est portée vers une expression architecturale qui s’adapte à un immeuble de bureaux sans négliger la question de la promiscuité entre les différentes entités donnant sur la cour. La nouvelle façade, en retrait par rapport à l’alignement actuel, était donc le résultat de la typologie des logements.

Polyvalence et simplicité

Chacun des quatre logements occupe un étage entier, tandis que le rez-de-chaussée, le premier étage ainsi que l’entresol sont réaménagés en locaux professionnels. Les architectes ont conçu une entrée commune qui mène à la fois aux locaux professionnels et aux logements.  Par ailleurs, l’ensemble de la distribution verticale de l’immeuble a été repensé. Afin de dégager la façade sur cour, les deux escaliers préexistants ont été remplacés par un seul ouvrage installé au fond de l’édifice. Les architectes ont veillé également à garder entre autres les ossatures de la toiture et du dessous de scène ainsi que la couverture existante, en témoignage à l’histoire du bâtiment. Un petit coup de cœur pour le dernier étage où l’ancienne charpente se dévoile dans toute sa splendeur.

Polyvalence et simplicité sont les mots d’ordre de l’intervention. Les architectes ont privilégié le même traitement aux squelettes des locaux professionnels ainsi que ceux des logements. Les espaces intérieurs sont lumineux grâce à un interstice découpée avec tact à l’arrière du bâtiment. Quant au pied de l’immeuble, il a été entièrement rénové, la cour anglaise également. L’immeuble étant désormais en plain-pied, les escaliers et la bordure de trottoir ont été dégagés. Des interventions chirurgicales qui ont participé à la transformation radicale de l’édifice. Ce dernier, métamorphosé grâce à Raf Listowski Atelier d’architecture, entame ainsi une nouvelle vie.

© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet

Le site de Raf Listowski Atelier d’architecture : ici.

Les photos : © Gregory Copitet

A Paris, Snøhetta et SRA Architectes mettent Le Monde dans un monolithe

© Jared Chulski

C’est un gigantesque monolithe en forme de pont qui s’est érigé, à Paris, non loin de la gare Austerlitz, il abrite le nouveau siège du journal Le Monde. Cette immense machine constituée de 23000m² résulte de l’étroite collaboration de deux agences d’architecture  Snøhetta et SRA Architectes.

Une peau pixelisée

Nous sommes à Paris, dans le quartier Rive Gauche, en face de la Seine. Le nouvel édifice du siège Le Monde est incontestablement présent dans notre champs de vision. Nul passant ne peut l’ignorer. C’est un parallélépipède colossal qui mêle adroitement différentes figures. Qu’elles soient concaves, coniques ou sphériques, les entités qui en découlent forment un ensemble homogène qui se caractérise par une arche d’une portée de 80 mètres surplombant un parvis accessible au public.

Certains diront que ce nouvel élément architectural qui s’est érigé dans le ciel parisien est iconique, tandis que d’autres cherchent assidument les conséquences de ce paquebot sur l’espace urbain qui l’entoure. Entre étonnement et surprise, une chose est sûre, l’ensemble attire les différentes critiques.

Le projet est complexe, il s’agit avant tout d’un ouvrage en charpente métallique mais sans un noyau en béton, construit sur une dalle au-dessus des voies de la gare d’Austerlitz. La réalisation accueille aujourd’hui les 1600 collaborateurs des rédactions du groupe Le Monde, un exploit pour les architectes qui ont pu tirer le meilleur du contexte. Néanmoins, mis à part la complexité de la structure, c’est vers la façade que l’attention est attirée. En effet, l’enveloppe tout en verre, se caractérisant par ses différents degrés de transparence, devait être conforme à l’image initiale proposée lors du concours et validée par la ville de Paris comme par l’aménageur et tous les autres acteurs du projet. L’idée d’une peau pixelisée à la fois rutilante et dynamique pourrait faire même un joli clin d’œil à l’énergie des équipes qui travaillent derrière cette façade brillante. Par ailleurs, les architectes nous apprennent que plusieurs prototypes de maquettes ont été réalisés pour permettre la mise au point des différents détails.

Mais pourquoi un bâtiment-pont ?  

L’édifice qui enjambe un charmant espace ouvert semble faire l’unanimité. En effet, nous apprenons que la parcelle devait accueillir, dès le départ, deux bâtiments séparés par un espace public d’environ 80 mètres. Afin de respecter cette contrainte, les deux agences ont proposé un concept de « bâtiment-pont » qui tout en permettant d’obtenir des surfaces bâties sur l’ensemble de la parcelle, laisse une place prépondérante à l’espace public. Une forme d’optimisation qui a dû finir par séduire le jury.

Malgré cela, une autre problématique se posait. Comment faire pour réduire au minimum le poids du bâtiment ? A savoir que le contexte s’annonçait complexe et les diverses exigences du site ne facilitaient pas cette approche. Les architectes, après avoir étudié les différentes possibilités, ont fini par opter pour la structure métallique qui sied à merveille aux quelques difficultés rencontrées. Beaucoup plus légère dans son ensemble, la construction répond favorablement aux différentes contingences du site. Notons que le bâtiment a obtenu les certifications environnementales «NF Bâtiments tertiaires –Démarche HQE®, Bureaux 2011», niveau Excellent et le label Effinergie + . Un nouveau chapitre s’ouvre pour Le Monde ?

© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski

Le site de Snøhetta : ici.

Le site de SRA Architectes : ici.

Les photos : © Jared Chulski

A Paris, l’agence Engasser + associés réalise le 360° Paris Music Factory

© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture

C’est un programme complexe d’un bâtiment de cinq étages baptisé Studio 360° qui se trouve à Paris. Réalisé par l’agence Engasser + associés, l’ensemble comprend une multitude d’activités qui gravitent autour d’une salle de spectacle dédiée aux Musiques du Monde.

Un véritable lieu de vie et de création artistique

Les architectes nous racontent que l’idée du projet découle de la vision d’un acteur majeur et d’une personnalité, Saïd Assadi, qui s’engage, depuis  plus de 20 ans, pour une production musicale basée sur la transculturalité et la diversité. Petit à petit l’idée a fait son chemin et la nécessité d’accomplir un tel projet s’est révélée. Ainsi, le 360° Paris Music Factory ne peut pas s’apparenter à une simple salle de spectacle, mais bien au-delà. Il s’agit d’un véritable lieu de vie et de création artistique.

Le projet est situé à la Goutte d’or, un quartier parisien cosmopolite et prioritaire, facilement accessible et à proximité des  métros  Barbès-Rochechouart et Château Rouge. Le bâtiment prend place à l’angle de la rue tout en s’insérant délicatement dans le contexte urbain alentour. Il s’agit avant tout d’un lieu stratégique, assumé par son créateur et ayant pour un seul but, la propagation de la culture musicale en créant un modèle économique optimale pour les artistes.

La réalisation présente par ailleurs des dimensions cohérentes pensées pour répondre favorablement aux divers besoins du quartier tout en faisant écho aux différents espaces culturels présents dans le voisinage. Le programme comprend entre autres un espace d’accueil, une zone de restauration, une partie dédiée à l’hébergement, une autre à l’enregistrement et les répétitions. En gros, le projet regroupe tout ce qui permet à un projet artistique et culturel d’éclore et d’aboutir selon le rythme des artistes en résidence. Notons également que le lieu est doté d’une pépinière d’entreprises offrant aux jeunes entrepreneurs des espaces de coworking.

Une implantation exemplaire dans le quartier

Malgré sa sobriété et son implantation exemplaire dans le quartier, le bâtiment se distingue des autres constructions alentours par son enveloppe constituée de panneaux en acier, perforés et laqués. Cette peau métallique se prolonge en toiture  jusqu’à la terrasse située au dernier étage et continue même à l’intérieur du bâtiment. Quant à la bande vertical qui comprend l’escalier de service situé contre un bâtiment mitoyen situé rue Myrha, elle est réalisée à la  fois en béton peint dans les étages inférieurs et en bardage de zinc aux derniers niveaux. Selon les architectes, ce traitement se différencie du volume principal de couleur blanche afin de marquer une certaine transition vis-à-vis au voisinage. Nous pouvons trouver la même tôle sombre sur la toiture au-dessus des lucarnes.

Quelques agencements rendent la réalisation beaucoup plus accessible voire pratique. Par exemple, le restaurant et le hall d’accueil de la salle de spectacle qui donnent directement sur l’extérieur ou encore l’escalier d’honneur situé dans le hall à triple hauteur qui sonne sur les deux rues Myrha et Léon. Sur le même palier, se trouve également le restaurant qui utilise des produits de circuit court. Un petit coup de cœur pour la terrasse du deuxième étage, qui, traitée en creux, révèle aux passants les différentes activités du lieu. Tout a été minutieusement étudié pour offrir un confort optimal aux divers utilisateurs des lieux. A Paris, les architectes de l’agence Engasser + associés ont accompli un projet utile, fonctionnel et créatif et c’est à découvrir sans tarder.

© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture

Le site de l’agence Engasser: ici.

Les photos : © Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture