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La Galerie d’architecture expose le Studio Razavi Architecture

©SipaneHoh

Baptisée « Maîtrise d’ouvrage particulière », la dernière exposition de la Galerie d’architecture met en honneur le travail du Studio Razavi Architecture. Une ambiance sobre où règne la couleur rose des maquettes mettant en avant une architecture sensible jusqu’au bout des détails. 

« Domesticity » n’est pas exactement la traduction littérale de« Maîtrise d’ouvrage particulière » mais ce double-sens du thème de l’exposition a aiguisé ma curiosité. Une visite au 11 rue des Blancs Manteaux était nécessaire.

Des maquettes jusqu’aux détails

Dès l’entrée de la Galerie d’architecture, le visiteur peut déceler la couleur dominante de l’exposition. En effet, tandis que de grandes maquettes de couleur rose posent les jalons du travail de l’agence exposée, les murs se tapissent d’énormes photos montrant certaines vues plus détaillées. Sans oublier le dessin d’architecture très cher à l’architecte.

 « L’architecture puise dans les rituels du quotidien. De la banalité de gestes répétés à
l’infini et d’une génération à l’autre, une expérience de l’espace – on pourrait parler de
tracé – est née. Ce que l’on désigne aujourd’hui par »programme » n’est autre que l’ensemble
des contraintes posées par quelques millénaires d’habitudes, en évolution constante. » Souligne Alireza Razavi dont j’avais déjà dressé le portrait et avec qui j’avais discuté de cette exposition qui a su non seulement mettre en avant avec beaucoup de tact les travaux de l’agence mais aussi révéler l’approche architecturale du personnage.

Des projets interdisciplinaires

Jusqu’au 12 janvier 2019, le visiteur peut ainsi découvrir plusieurs projets interdisciplinaires conçus par Alireza Razavi dont la fameuse Mountain House située à Manigod, en France, la maison pour un photographe qui se trouve àLoctudy, en France, la maison de ville de la 7ème avenue de Manhattan, le restaurant Boqueria de Times Square, la maison de quartier qui se trouve à Lancy en Suisse, les bureaux parisiens du siège social des assurances« La Parisienne », le projet de la gare maritime de Séoul ou encore le projet des tours à Téhéran entre autres. Parmi tous ces projets de tailles diverses, se glisse la table basse Clessidra, elle montre l’importance que donne l’architecte à toutes les réalisations  même celles de tailles modestes.

Aujourd’hui, le Studio Razavi Architecture implanté aussi bien à Paris, à Londres et à New York réalise des programmes divers qui forment une grande richesse. Cette dernière se matérialise à travers la fonctionnalité des plans, la justesse des matériaux et la sensibilité des formes…

©SipaneHoh
©SipaneHoh
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Pour plus d’information sur le Studio Razavi Architecture, voir: ici.

Tomás Saraceno tisse sa toile au Palais de Tokyo

© Studio Tomás Saraceno
© Studio Tomás Saraceno

En France, le nom Tomás Saraceno n’est pas inconnu, Détails d’architecture avait déjà consacré un article concernant son travail « Aerocene » que de nombreux visiteurs ont découvert à l’occasion du COP21 dans la capitale française. Néanmoins, cette fois, l’artiste tisse sa toile au Palais de Tokyo avec une impressionnante installation nommée « ON AIR ».

A l’allure fragile, à l’idée tenace et à l’apparence poétique

Depuis son enfance, les toiles d’araignées ont fasciné Tomás Saraceno. En effet, dans son atelier berlinois situé dans une ancienne usine du quartier de Lichtenberg, l’artiste possède un laboratoire de recherche sur les arachnides. Pas étonnant que cet ancien étudiant d’architecture soit aussi séduit par cet art mystérieux où les toiles se tissent dans un monde atypique à l’allure fragile, à l’idée tenace et à l’apparence poétique. Car Saracenco s’intéresse aussi à la ville, la science et à l’architecture. Artiste accompli, il pousse ses recherches à la découverte de la nature en nous invitant, à travers ses œuvres, à repenser notre manière d’habiter le monde.

Le Palais de Tokyo devient pour un moment, le terrain de jeu de Tomás Saraceno. Il y présente l’installation « ON AIR » qui constitue un écosystème en mouvement. Il ne s’agit pas d’une simple sensation visuelle mais d’un ensemble chorégraphique à diverses voix  où les œuvres se révèlent dans toute leur splendeur. Le visiteur qui découvre le travail de Saracenco ne fait jamais passer son chemin, il se retrouve, comme emporté au cœur même des toiles pour vivre intensément chacun des moments présentés.

Écouter le monde

L’exposition révèle aussi la force des entités qui peuplent l’air et la manière avec laquelle elles nous affectent. Invisibles mais toujours présents, ces éléments qui composent la nature, nous invitent à « écouter » notre monde. « ON AIR » réunit une grande variété de collaborateurs venant d’horizons divers comme les scientifiques, les chercheurs, les musiciens, les philosophes mais aussi les animaux et les phénomènes célestes, tous réunissant leurs connaissances, idées ou forces pour accomplir une œuvre majeure où à l’image d’un film de science fiction, un nouveau monde se crée et dont l’impact dépasse toutes les frontières.

Tomás Saraceno, l’artiste et l’architecte Argentin né en 1973, ne se lasse pas d’innover. Au Palais de Tokyo, cette année, il présente une mémorable pièce manifeste qu’il faut absolument aller voir ! Vous avez jusqu’au 6 Janvier pour la découvrir.

Pour plus d’informations sur l’artiste, voir : ici.

La photo : © Studio Tomás Saraceno

Simon Fujiwara à Lafayette Anticipations

 

Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti

Baptisée « Revolution », il s’agit de la première exposition monographique de Simon Fujiwara en France. En adéquation avec le contexte, un lieu atypique comme Lafayette Anticipations, l’artiste nous livre un condensé artistique unique qui ne cesse d’interpeller les visiteurs.

« Revolution » rassemble des œuvres et installations à grande échelle dont la majorité produite par Lafayette Anticipations. L’invitation de l’artiste consiste en une prolongation d’un dialogue entamé en 2014 lors du développement de son projet New Pompidou dans le cadre du programme de préfiguration de la Fondation.

Médias et réseaux sociaux

À travers plusieurs créations qui investissent l’ensemble des espaces d’exposition, le travail de Simon Fujiwara aborde, à sa manière, l’importance que la société actuelle accorde aux médias de masse et les réseaux sociaux. L’omniprésence de la représentation de soi devient un moyen efficace pour l’artiste qui critique les réactions actuelles.

L’exposition se divise en quatre grandes parties. Le visiteur découvre en premier lieu « Empathy I », la simulation immersive qui prend ses sources dans les attractions touristiques comme Disneyland ou le château de Neuschwanstein, pour se décliner en un vrai phénomène sensoriel. Ici, les images deviennent réelles et procurent divers sentiments aux visiteurs. Comme une boîte de Pandor des temps modernes, les vidéos pris sur Youtube surprennent, interpellent mais aussi critiquent. Selon Fujiwara, face à cet étalage, chaque être nourrit divers sentiments, il n’y a pas de « sensation unique » dit-il tout sourire. En collaboration avec une société concevant des attractions pour les parcs de loisirs, Simon Fujiwara a créé son propre simulateur. Ce dernier a été minutieusement introduit dans le décor de Lafayette Anticipations pour devenir la pièce maîtresse de l’exposition. Dans le contexte socio-technologique actuel, où l’individu prend de plus en plus d’importance, « Empathy I » porte un regard sur un monde imité, à la fois bouleversant et provocant.

Le parcours se poursuit avec « The Happy Museum ». Conçu en collaboration avec le frère de l’artiste, Daniel, l’installation, en perpétuelle évolution,qui a été produite à l’occasion de la 9e Biennale de Berlin, est constituée de plusieurs objets et artefacts qui témoignent des contradictions profondes de notre société. Fujiwara assimile cette œuvre à un fil d’actualités où certains objets sont amenés à changer en fonction des lieux où ils sont exposés.

Le poids de l’image

La série « Joanne » s’articule autour de plusieurs photographies grand format ainsi qu’un film. Le visiteur découvre Joanne Salley, l’ancienne professeure d’arts plastiques de Simon Fujiwara, qui, en 2011, a été contrainte de démissionner suite à la circulation sur Internet d’images d’elle non autorisées. Ce projet non seulement révèle le pouvoir dévastateur des tabloïds mais va au-delà pour questionner sur l’image des femmes dans les médias grand public.

Finalement, au dernier étage de la Fondation, se trouve « Likeness » qui prolonge l’exposition « Hope House » que l’artiste a montré début 2018 à la Kunsthaus de Bregenz. Cette dernière présentait une reconstitution grandeur nature d’une maquette en carton de la maison d’Anne Frank. Sauf qu’ici, produite spécialement pour l’exposition, l’installation se résume en une impressionnante reproduction de cire de la figure d’Anne Frank.  On y voit la jeune fille, assise à son bureau, écrivant son journal et regardant le public avec un petit sourire. Poussant à l’extrême le besoin à tout prix de faire des images, à l’heure des selfies dans les musées, Simon Fujiwara filme le personnage de cire avec un Bolt, une caméra équipée d’un bras et d’un dispositif entièrement robotisé. Tel un contrepoint au bâtiment-machine conçu par l’agence néerlandaise OMA, « Likeness » apparait comme le présage d’un monde automatisé où la mémoire collective se confronte à l’indifférence des gestes autrefois réalisés pas des êtres humains.

Vous avez encore jusqu’au 6 Janvier 2019 pour visiter « Revolution », la surprenante exposition de Simon Fujiwara.

Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti
Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti

Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti
Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti

Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti
Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti

Pour plus d’informations, voir : ici.

Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti

« Freeing Architecture », l’incontournable exposition parisienne

© Sipane Hoh

Située dans le 14ème arrondissement de la capitale française, la Fondation Cartier, réalisée par Jean Nouvel, accueille en ce moment l’une des plus impressionnantes expositions : « Junya Ishigami, Freeing Architecture ».

Située au 261 boulevard Raspail, la Fondation Cartier est connu par ses diverses expositions d’art contemporain. Une fois n’est pas coutume, cet été, l’équipement culturel de verre et d’acier devient l’écrin pour une exposition monographique très singulière. Mais d’abord parlons un peu de l’architecte Junya Ishigami.

Du pays de l’origami

Né en 1974 dans la préfecture de Kanagawa, Junya Ishigami étudie à l’université des beaux-arts et de musique de Tokyo. Passionné dès le départ par le lien entre l’architecture et la nature, le jeune architecte diplomé en 2000, travaille à l’agence SANAA avec Kazuyo Seijima et ses associés. C’est en 2004 qu’il ouvre sa propre agence. Ishigami se fait remarqué à la 12ème  biennale d’architecture de Venise quand on lui a decerné le prestigieux Lion d’or. Et bien qu’il ne possède pas un grand nombre de réalisations, la Fondation Cartier lui rend hommage à travers une exposition qui dépasse les attentes.

Croisant astucieusement tradition japonaise et esthétisme contemporain, les œuvres de Junya Ishigami se révèlent dans toute leur splendeur. Dans un univers unique où règnent l’épurement et la limpidité, l’architecte réussit à faire dialoguer l’architecture et la nature. Et bien que l’on puisse trouver ce dernier trait chez certains de ses prédécesseurs, l’architecture d’Ishigami comprend un caractère unique avec lequel il parvient à se détacher pour mieux s’exprimer.

« Freeing Architecture » est une exposition qui va au-delà du simple formalisme et tout en s’immisçant au cœur même de l’architecture, délivre la pensée de son architecte. Le visiteur qui déambule entre les maquettes découvre un monde merveilleux à la fois délicat et loquace. Poétique par ses traits, fonctionnelle pour ses principes, l’architecture de Junya Ishigami ne peut qu’émerveiller plus qu’un entre nous. Il reste encore une semaine pour la découvrir.

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

© Sipane Hoh
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© Sipane Hoh
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© Sipane Hoh
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Les photos: © Sipane Hoh

Au 22 Visconti, la révolution est à son comble !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Vous avez encore jusqu’à la fin de la semaine pour visiter l’exposition « Talking about a revolution » conçue par Paul Ardenne. Une multitude d’artistes contemporains tout azimut réunis dans un même lieu, à Paris.

Mai 68 et après ?

Cinquante ans après mai 68, peut-on encore évoquer la liberté d’expression dans l’art ? Sous quelle forme se matérialise cette liberté? Pour qui et pourquoi ? Que des questions qui me poussent à découvrir la fameuse exposition.

Mais tout d’abord pourquoi « Talking about a revolution » ? en effet, l’exposition emprunte son titre d’une chanson de Tracy Chapman connue par son répertoire contestataire et engagé. A l’instar des poètes, depuis toujours, les artistes ont parlé de révolution. Au 22 Visconti, Paul Ardenne présente un bouquet d’œuvres singuliers qui ne racontent pas forcément la révolution mais l’esprit de la critique y est présent. Peut être la dénonciation, le désaccord, l’espérence d’un monde meilleur ? Le tout à travers quelques conceptions modestes mais emblématiques qui envahissent l’espace d’un temps la discrète galerie parisienne de la rue Visconti.

A chacun son message

Par ici, l’affiche à travers laquelle Adel Abdessemed souhaite donner une réponse à la situation du monde contemporain, par là, la fameuse sculpture de couleur rouge d’Arnaud Cohen dont j’ai parlé à plusieurs reprise comme ici ou , un peu plus loin les édifiantes photographies parisiennes de Bruno Serralongue, ailleurs l’œuvre singulière de Gianni Motti où il conteste les moyens de communications actuels et tant d’autres œuvres tout aussi intéressantes que réfléchies.

Si, aujourd’hui, le souvenir de mai 68 s’estompe, les problèmes de l’époque restent d’actualité. Les artistes sont là pour nous le rappeler et c’est à nous de ne pas l’oublier. L’exposition du 22 Visconti n’est qu’une manifestation parmi tant d’autres qui vaut le détour.

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Le site du 22 Visconti : ici.

Et les primés du Prix Versailles 2018 sont…

© Nomadic Resorts
© Nomadic Resorts

Mardi, le 15 mai 2018 au Siège de l’UNESCO, parmi les soixante-dix équipes lauréates ayant été primées lors des cérémonies continentales, douze ont reçu des titres mondiaux dans les quatre catégories ouvertes à la compétition : Magasins, Galeries marchandes, Hôtels, Restaurants.

Dédié à l’architecture commerciale

Le Prix Versailles, qui est décerné chaque année par un jury indépendant, est un prix annuel dédié à l’architecture commerciale. Aujourd’hui, cette dernière évolue et propose de plus en plus des réalisations de qualité. Fondé par Jérôme Gouadain, le Prix Versailles est remis, à Paris, au siège de l’organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Le prix distingue, à l’issue d’un appel à candidatures, des architectes et des propriétaires de magasins, hôtels et restaurants, situés dans le monde entier et jugés particulièrement remarquables du point de vue de l’architecture extérieure comme de l’aménagement intérieur.

En présence des finalistes venant de 32 pays, des huit membres du jury dont les architectes Manuelle Gautrand, Ma Yansong et Wang Shu, du président de l’union internationale des architectes Thomas Vonier, de la styliste Guo Pei, de l’ancienne directrice adjointe du centre de patrimoine mondial Minya Yang et du chef étoilé Guy Savoie, ainsi que le président du jury, le maire de Versailles, François de Mazières, cette année, le sous-directeur général de l’UNESCO pour la Culture, le Chilien Ernesto Ottone Ramirez, a tenu à saluer la dynamique du Prix Versailles. Quant à Thomas Vonier, le président de l’Union internationale des architectes et membre du Jury mondial du Prix Versailles 2018, a souligné lors de la soirée de la remise des prix, que le panel « reflétait certains des plus grands talents du monde en matière d’architecture et de design ».

Des projets du monde entier

La finale de l’édition 2017 a récompensé douze projets du monde entier en plus des lauréats continentaux. Les catégories « mention extérieur » et « mention intérieur » peuvent interpeller mais cette spécificité peut s’expliquer par l’existence très souvent de deux maîtrises d’œuvre dans l’immobilier commercial. Parmi les divers groupements mondiaux primés, notons Foster + Partners, Gonzalo Mardones Arquitecto, le groupe anglais acme/ Hammerson, UNSTudio / CITIC, les français Marseille Architecture Partenaires, l’agence Kerry Hill Architects, Nicholas Plewman Architects / Artichoke Design, Studio RHE, Paulina Moran, Rockwell Group et Nomadinc Resorts. Notons que la participation est entièrement gratuite.

La finale mondiale a été aussi également l’occasion pour annoncer les lauréats du concours étudiant 2018, qui, cette année, portait sur le thème « Inspirer la ville durable : «Imaginer un nouveau stade et aménager les docks de Liverpool».

© Nicholas Plewman Architects

 

© Carbondale
© Carbondale

©HuftonCrow
©HuftonCrow

 © Studio RHE
© Studio RHE

Pour plus d’informations sur le Prix Versailles, voir: ici.

Équerre d’argent 2017, oui, mais…

Depuis quelques années, c’est devenue une habitude, la cérémonie annuelle de l’équerre d’argent se déroule dans le XVIe arrondissement parisien, au Palais d’Iéna, un chef d’œuvre architectural signé Auguste Perret.

Des présents

Parmi les huit finalistes aucun prix n’a été décerné aux 87 logements conçus par Vincent Berranger ni à la bibliothèque de Caen réalisé par OMA en collaboration avec Clément Blanchet ni au Palais de justice de Strasbourg de Garcés de Seta Bonet ni au Parking et jardin de l’agence Anonyme, tous les quatre ont disparus de l’écran lors des délibérations.

Revenons aux distinctions, tout d’abord la première œuvre qui a été décernée à un projet temporaire qui sort de l’ordinaire. Il s’agit du Centre d’hébergement d’urgence d’Ivry-sur-Seine conçu par l’Atelier Rita. Personnellement, je trouve qu’il s’agit d’un prix mérité vu l’étendu social du projet.

Continuons avec le prix de la catégorie Culture, jeunesse et sport, décerné au Musée Camille-Claudel à Nogent-sur-Seine et conçu par Adelfo Scaranello. Dès que j’ai aperçu la liste des huit finalistes, je trouvais ce projet dans « l’esprit » des quelques grands prix des équerres passées. Et bien que la réalisation a séduit le jury, elle ne faisait pas le poids devant celle du grand prix.

Parlons du Prix de l’Ouvrage d’art qui a été décerné à la Passerelle à Creil conçue par Jean-François Blassel. Je me joins à l’avis du jury, on parle toujours du rôle des musées dans la culture mais pas assez de celui des ponts dans la composition de la ville. Mis à part son côté esthétique, le projet de la passerelle de Creil fait partie des constructions utiles dont nous avons tous besoin dans la ville.

Revenons sur le Prix de la catégorie Lieu d’activité décerné à l’Hôpital de Trévenans conçu par Brunet Saunier Architecture(avec Gerold Zimmerli et Serge Gaussin & Associés). Le projet avait déjà séduit le public, il vient de séduire aussi le jury, probablement pas pour des raisons similaires mais le résultat est le même. Rien à dire, c’est un projet qui mérite sa distinction !

Et un absent

Parlons du Prix Habitat et le jury qui n’a décerné aucun prix. Mais tout d’abord revenons quelques semaines en arrière. Ce qui est atypique c’est qu’il y avait un seul projet de logements parmi les huit projets présélectionnés. Pourtant ce n’est sûrement pas le nombre de réalisations qui manquait pour la première sélection. Quand nous savons qu’en France, nombreux sont les projets de logements présentés ici et là dans les divers journaux d’architecture et plus précisément ceux qui ont été nommés à la première sélection, le résultat du non-prix me laisse pantoise. Mais comme le jury a le dernier mot, l’équerre 2017 sera marquée par l’absence du prix pour la catégorie Habitat. Un choix qui restera dans les annales de l’équerre d’argent une fois qu’on aura oublié qui faisait partie du jury.

Le Grand prix est pour …

Et finalement, le grand prix de l’équerre d’argent. Il a été décerné au Tribunal de Paris conçu par Renzo Piano et son équipe. Avant de parler du projet, j’aimerais revenir sur l’architecte. Il y a quelques années, en 2012, lors de la cérémonie de l’équerre d’argent, la même équipe s’était vue décernée le prix spécial pour sa réalisation du Monastère Sainte-Claire à Ronchamps. Lors de la fameuse soirée, Renzo Piano qui devait prendre son avion, avait fait une prompte apparition surtout à l’extérieur où il faisait la queue tout en discutant avec tous ceux qui l’interpellaient. A l’inverse de quelques grandes pointures, l’homme reste apprécié tout aussi que son architecture. Retour au grand prix de l’équerre d’argent, le projet possède, mis à part sa signature, d’énormes atouts. C’est un immeuble parisien de grande hauteur, un incontournable emblème mais aussi un projet hors-norme. Et même si certains critiquent le fait qu’il soit en PPP (partenariat public privé), l’idée de l’icône a gagné. A la fois plastique et imposant, le prix de l’équerre était pour moi une « évidence ». Pas de surprise donc mais une grande joie concernant ce projet.

« Balzac et les artistes » l’exposition à ne pas manquer !

@MuséeBalzac

A Paris, située au cœur de l’ancien village de Passy, la Maison de Balzac propose depuis le 17 Juin 2016 une exposition atypique qui trace le rapport entre Balzac et les artistes de son époque. Un délicieux voyage dans le temps entouré d’un cadre tout aussi charmant.

C’est dans une atmosphère bucolique de la fameuse « Maison de Balzac » qui constitue la demeure parisienne du grand homme transformée en musée que se déroule l’exposition. Quelle bonheur d’explorer une cinquantaine d’œuvres dont des peintures, des sculptures et des dessins jamais montrés au public.

Dans la maison d’Honoré de Balzac, ce géant de la littérature française, entre le bureau du maître où il a rédigé « La Comédie humaine » et le jardin bucolique à l’ambiance particulière, le visiteur est invité à découvrir toute une époque via diverses expressions artistiques. Flairer le temps d’une visite l’univers d’un homme mais aussi d’une période devient un jeu de piste. L’émotion de la découverte se mêle ainsi à la curiosité pour nous délivrer des tableaux restés discrets. Les amateurs de la littérature et de l’art ne peuvent qu’apprécier.

Un carrefour pour plusieurs disciplines

L’exposition « Balzac et les artistes » dévoile également le quotidien de l’écrivain, ses rencontres avec les personnalités artistiques de son époque comme Alexandre Dumas ou George Sand et ses débats avec des grands poètes comme Théophile Gautier. Au fil de la visite nous pouvons admirer sa spectaculaire effigie sculptée par Auguste Rodin ou son portrait présenté en collage, œuvre d’Eduardo Arroyo ou d’autres intéressants tableaux inspirés tous de « La Comédie Humaine ». Des « moments » magiques qui délivrent comme une boîte de trésor de mémorables secrets.

Dans ce petit pavillon « caché » sur les coteaux de Passy avec sa petite vue sur la Tour Eiffel et son jardin qui jouxte l’un des immeubles de logements parisiens d’Auguste Perret, la visite n’est qu’une exquise excursion située au carrefour de plusieurs disciplines.

L’exposition « Balzac et les artistes » est à admirer jusqu’au 2 octobre 2016.

©SipaneHoh
©SipaneHoh

Plus d’informations sur le site du musée.