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A Paris, l’agence Engasser + associés réalise le 360° Paris Music Factory

© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture

C’est un programme complexe d’un bâtiment de cinq étages baptisé Studio 360° qui se trouve à Paris. Réalisé par l’agence Engasser + associés, l’ensemble comprend une multitude d’activités qui gravitent autour d’une salle de spectacle dédiée aux Musiques du Monde.

Un véritable lieu de vie et de création artistique

Les architectes nous racontent que l’idée du projet découle de la vision d’un acteur majeur et d’une personnalité, Saïd Assadi, qui s’engage, depuis  plus de 20 ans, pour une production musicale basée sur la transculturalité et la diversité. Petit à petit l’idée a fait son chemin et la nécessité d’accomplir un tel projet s’est révélée. Ainsi, le 360° Paris Music Factory ne peut pas s’apparenter à une simple salle de spectacle, mais bien au-delà. Il s’agit d’un véritable lieu de vie et de création artistique.

Le projet est situé à la Goutte d’or, un quartier parisien cosmopolite et prioritaire, facilement accessible et à proximité des  métros  Barbès-Rochechouart et Château Rouge. Le bâtiment prend place à l’angle de la rue tout en s’insérant délicatement dans le contexte urbain alentour. Il s’agit avant tout d’un lieu stratégique, assumé par son créateur et ayant pour un seul but, la propagation de la culture musicale en créant un modèle économique optimale pour les artistes.

La réalisation présente par ailleurs des dimensions cohérentes pensées pour répondre favorablement aux divers besoins du quartier tout en faisant écho aux différents espaces culturels présents dans le voisinage. Le programme comprend entre autres un espace d’accueil, une zone de restauration, une partie dédiée à l’hébergement, une autre à l’enregistrement et les répétitions. En gros, le projet regroupe tout ce qui permet à un projet artistique et culturel d’éclore et d’aboutir selon le rythme des artistes en résidence. Notons également que le lieu est doté d’une pépinière d’entreprises offrant aux jeunes entrepreneurs des espaces de coworking.

Une implantation exemplaire dans le quartier

Malgré sa sobriété et son implantation exemplaire dans le quartier, le bâtiment se distingue des autres constructions alentours par son enveloppe constituée de panneaux en acier, perforés et laqués. Cette peau métallique se prolonge en toiture  jusqu’à la terrasse située au dernier étage et continue même à l’intérieur du bâtiment. Quant à la bande vertical qui comprend l’escalier de service situé contre un bâtiment mitoyen situé rue Myrha, elle est réalisée à la  fois en béton peint dans les étages inférieurs et en bardage de zinc aux derniers niveaux. Selon les architectes, ce traitement se différencie du volume principal de couleur blanche afin de marquer une certaine transition vis-à-vis au voisinage. Nous pouvons trouver la même tôle sombre sur la toiture au-dessus des lucarnes.

Quelques agencements rendent la réalisation beaucoup plus accessible voire pratique. Par exemple, le restaurant et le hall d’accueil de la salle de spectacle qui donnent directement sur l’extérieur ou encore l’escalier d’honneur situé dans le hall à triple hauteur qui sonne sur les deux rues Myrha et Léon. Sur le même palier, se trouve également le restaurant qui utilise des produits de circuit court. Un petit coup de cœur pour la terrasse du deuxième étage, qui, traitée en creux, révèle aux passants les différentes activités du lieu. Tout a été minutieusement étudié pour offrir un confort optimal aux divers utilisateurs des lieux. A Paris, les architectes de l’agence Engasser + associés ont accompli un projet utile, fonctionnel et créatif et c’est à découvrir sans tarder.

© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture

Le site de l’agence Engasser: ici.

Les photos : © Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture

«Histoire naturelle de l’architecture», l’exposition passionnante du Pavillon de l’Arsenal

A Paris, au Pavillon de l’Arsenal, le public découvrira dès demain, le 24 octobre 2020, la passionnante exposition conçue par l’architecte et le docteur en architecture Philippe Rahm. A la fois riche en références, didactique mais surtout instructive, l’exposition plonge le visiteur dans l’épopée même de l’architecture, très chère à nos cœur.

Regarder autrement

Bousculer et bouleverser certaines convictions figées concernant quelques grands classiques de l’architecture n’est pas une chose facile, mais regarder les mêmes données autrement n’est pas donné à tout le monde. Après des années de recherches et de documentations poussées, Philippe Rahm arrive à nous surprendre. Non, il ne remet pas en cause ni les travaux de Vitruve ni ceux de Palladio, ni du Bauhaus et encore moins les préceptes de Le Corbusier mais il les regarde d’un point de vue scientifique. Un regard qui mène à une intéressante relecture, jusque là absente des tabloïds de l’histoire de l’architecture.

Quand plusieurs personnes contemplent une même œuvre d’art, c’est rare qu’ils voient la même chose. Ce principe s’applique-t-il à l’histoire de l’architecture ? Peu de monde se sont jusqu’à nos jours aventurés sur ces sentiers délicats. C’est grâce à une curiosité poussée, avec une maîtrise complète, une conviction absolue épaulée d’une argumentation sans faille que Philippe Rahm arrive à forger un nouveau regard vers une réalité reconnue de tous. Le but de l’architecte étant d’expliquer scientifiquement certains phénomènes lointains pourtant si proches.

Tandis que d’habitude ce sont les données sociales, culturelles ou encore politiques qui dirigent notre pensée vis-à-vis à une réalisation architecturale, l’exposition se focalise sur les données scientifiques pour expliquer l’acte de bâtir. Parle-t-on d’architecture quand nous évoquons les maladies ou les épidémies ? Probablement pas ou trop peu mais avec cette exposition nous allons apprendre à le faire. Aussi surprenant qu’il soit, une fois plongés dans cet univers, nous allons prendre goût à ce délicieux jeu de décortication pour essayer de mieux comprendre certains actes historiques pourtant si clairs.

Un triple parcours

L’exposition est tout aussi vaste que complète, nous pouvons aussi bien découvrir comment certaines maladies ou des croyances physiques, chimiques ou scientifiques ont influencé le quotidien et surtout l’architecture de chaque époque. Nous ne pouvons pas s’empêcher de se poser la question : Pendant nos études d’architecture, on nous auraient menti ? La réponse est pourtant très claire, non, tout simplement on n’avaient pas ou peu évoqués cet aspect des choses, d’où l’intérêt de l’exposition.

« L’architecture naît de la nécessité de créer un climat pour maintenir notre température corporelle à 37 °C élevant des toits et des murs pour se mettre à l’abri du froid ou de la chaleur du soleil. » Dit ou lu comme ça, l’idée est évidente mais ce n’est pas toujours la première chose à laquelle nous pensons quand nous parlons d’architecture. « L’épidémie mondiale de choléra qui débute en 1816 engage les grandes transformations urbaines du XIXe siècle. » Quand nous parlons souvent de grands changements urbains, nous évoquons très peu les maladies. « Les antibiotiques ont permis le retour à la ville » Franchement quand nous parlons d’antibiotiques, qui à part Pasteur peut nous traverser l’esprit ? Penser à la médecine oui mais à l’architecture ?

« L’usage de la chaux blanche qui parcourt toute la modernité est avant tout hygiéniste. » Nous avons tous connu au moins uns réalisation de couleur blanche et couverte de chaux mais mis à part le côté épuré avons-nous posé la question de l’hygiène ? Probablement pas ! « La peur de l’air stagnant engendre les grands dômes de la Renaissance pour ventiler les miasmes. » Tout le mythe des grands dômes est en train de tomber mais l’explication est pertinente et le regard différent. Les exemples sont nombreux et les interprétations tout aussi passionnantes. C’est ainsi que nous dégustons, petit à petit,  tous les chapitres de l’exposition. En effet, cette dernière propose un triple parcours chronologique qui va de la découverte de l’histoire de l’architecture fondée sur les causes naturelles, énergétiques ou encore sanitaires, jusqu’à la découverte de certains objets des techniques d’éclairage en passant par l’évolution des matériaux de construction.

Par ailleurs, en nourrissant ses propos par divers exemples et travaux de chimistes, écrivains, théoriciens, ingénieurs, physiciens entre autres, Philippe Rahm, engage, à travers cette exposition, un dialogue qui dépasse largement l’analyse de la discipline de l’architecture mais va au-delà vers la formation même des villes . Ainsi, les découvertes scientifiques, les innovations techniques ou encore les relectures phénoménologiques permettent d’appréhender l’architecture et les villes non pas comme des événements culturels, mais comme les conséquences directes des exigences humaines.

A Paris, au Pavillon de l’Arsenal, l’exposition «Histoire naturelle de l’architecture» propose un parcours intelligent qui nous mène jusqu’aux tréfonds de l’architecture. Une exposition à découvrir sans tarder à partir de demain et ce jusqu’au 28 février 2021.

A Paris, SML et NEXT réalisent une charmante résidence privée

© Hervé Abbadie

C’est l’histoire d’un habitat privé qui se trouve dans l’environnement dense du 15ème arrondissement parisien, que les architectes SML et NEXT ont réalisé avec tact. Un ensemble cohérent qui vient adopter malicieusement la parcelle où il se trouve tout en proposant de généreux espaces de vie à ses habitants.

Un programme complexe

Paris est-elle encore prête à accueillir des habitations privées qui viennent enrichir encore plus son tissus dense? La réponse vient de la part la résidence conçue par SML et NEXT. Une réponse concise, claire et sans ambiguïté. En effet, situé au 92, rue des Entrepreneurs, le projet semble s’accommoder parfaitement au quartier. Ce dernier, à la fois dense et animé, construit au début du XIXe siècle par des entrepreneurs locaux, offre le cadre idéal qui a su agréablement évoluer au fil des ans.  

La parcelle profite d’une surface de 900m², à la fois étroite et profonde, elle est entourée d’autres constructions qui viennent dessiner ses limites. Nous pouvons trouver sur le terrain trois bâtiments construits autour de 1900 dont un immeuble de logements et commerces, un bâtiment sur cour contenant des combles à destination de bureaux ainsi qu’un autre immeuble de logements.

La programme est complexe, il s’agit de la transformation d’un édifice composé d’un rez-de-chaussée et d’un étage avec des combles, situé en cœur d’îlot et abritant des bureaux, ce qui a permis la réalisation de deux logements individuels sur quatre niveaux dans la cour, le tout dans le respect des diverses normes ainsi que dans le but d’offrir le meilleur aux utilisateurs des lieux. Vu les différentes échelles d’intervention, les architectes ont proposé la reconversion de l’ensemble en deux maisons individuelles et adjacentes, ce qui a permis la création d’un logement en duplex doté de larges terrasses, ainsi que l’aménagement paysager de la cour.

La typologie de construction en coeur d’îlot n’étant jamais un exercice facile, les architectes ont accompli un petit prodige. L’intervention a été aussi délicate que sensible, aussi concise que radicale pour un résultat enchanteur. Nous pouvons même parler d’un travail minutieux à la fois architecturale et paysager qui s’exprime par les différentes formes mais aussi par les jeux de masses où le bois joue un rôle important mettant en avant les légers surplombs successifs qui donnent du relief à l’ensemble.

Une gestion intelligente de l’espace

« Afin de minimiser l’impact sur l’espace environnant, l’implantation de la construction existante est conservée. Il en résulte un bâtiment en longueur et élancé, couronne par une toiture à double pente asymétrique creusée par des loggias. Le projet s’inspire de la mémoire du lieu ou «genius loci» en conservant la trame régulière «industrielle» qui caractérisait l’ordonnancement de la façade originelle, et en retrouvant la toiture en pente, archétype de la construction de cœur d’îlot. » Nous racontent les architectes. En effet, ces derniers ne se sont pas arrêtés sur la forme de l’édifice mais ils ont décortiqué, analysé et trouvé les diverses solutions à la ventilation et à la luminosité des espaces habités. Il en résulte des logements lumineux, généreux et confortables.

Les deux entités qui sont indépendantes mais possèdent une cour commune, ont été conçues suivant la même configuration spatiale. Les espaces jour et nuit ainsi que privés et publics ont été minutieusement étudiées pour répondre aux diverses exigences des habitants. Tandis qu’au premier étage nous pouvons trouver un séjour vaste incluant un espace de travail, le 2ème et 3ème niveaux hébergent respectivement trois chambres à coucher, une salle d’eau, ainsi qu’une suite parentale agrémentée d’une loggia. Un petit coup de cœur pour le couloir du deuxième étage qui donne sur les chambres, c’est un joli espace en double hauteur sur un plancher en verre et sous une gracieuse verrière en toiture.

Par ailleurs, les architectes ont utilisé le bois de châtaignier, choisi surtout pour son côté durable qui vient couvrir délicatement la charpente en acier et les murs en ossature métallique. Et vues les diverses contraintes pour accéder au chantier mais aussi pour des raisons écologiques, les architectes ont choisi la filière sèche. L’enjeu du chantier étant de minimiser avant tout les nuisances tout en limitant le temps des travaux au strict minimum.

Les diverses manipulations intérieures montrent une gestion intelligente de l’espace. En effet, les architectes ont fait tout leur possible pour mettre en avant le volume général à travers des petites interventions intérieures qui mettent en avant les différentes vues extérieurs. Nous pouvons dire que les deux habitations foisonnent de belles surprises, les habitants seront comblés!

© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie

Le site de l’agence SML : ici.

Le site de l’agence NEXT : ici.

Les photos: © Hervé Abbadie

A Paris, une charmante maison signée AJILE

© AJILE

Baptisée Bergeyre au nom de la butte où elle se trouve, la charmante maison signée AJILE constitue une belle curiosité. Découverte d’une réalisation parisienne remarquable aux lignes pures et aux traits distingués.

Un petit bijou bien dissimulé

Construire une maison en plein Paris ? Oui, même si cela paraît un peu étrange, l’opportunité a existé et les architectes de l’agence AJILE l’ont saisie pour réaliser un petit bijou bien dissimulé. En effet, Perchée en haut de la Butte Bergeyre, dans le 19ème arrondissement, la maison verticale offre à ses propriétaires une vue imprenable de 360° sur tout Paris.

Les architectes nous racontent que, dès le départ, le projet semblait complexe. En effet, à la joie de construire une maison dans la capitale française s’ajoutait le défi d’abriter une famille et ses quatre enfants sur une parcelle exiguë, dans un ensemble constitué de sept étages. Un défi relevé avec brio car les architectes ont réussi non seulement de répondre favorablement au programme complexe qui se profilait mais ils ont réalisé des espaces intérieurs confortables où les habitants peuvent jouir de tout le confort exigé.

La parcelle est mitoyenne, elle comporte 4.80 mètres de large. Les architectes ont hissé l’ensemble sur dix micro-pieux de 18 mètres de profondeur, ainsi la maison de 204m², encastrée entre deux constructions existantes, devient un exercice à part entière et un véritable terrain de jeu pour pouvoir y caser les diverses fonctions demandées.

« La stratégie développée a été de penser le projet en volume plutôt qu’en étages dans un lien constant avec l’environnement proche et lointain, où les limites entre dedans/dehors s’effacent afin d’augmenter l’espace intérieur étroit. » Racontent les architectes. En effet,  La maison et ses sept niveaux deviennent une entité qu’il faut manipuler. A chaque étage son plan et à chaque partie de la maison sa fonction, ainsi, les différents niveaux se sont empilés suivant un jeu savant de circulations verticales.

Complètement traversante, la maison offre à ses habitants autant de vues que les saisons. Tandis que l’entrée est située au rez-de-chaussée et s’ouvre sur le jardin, la cuisine se trouve au premier étage. Les chambres des enfants occupent le deuxième et troisième étages et sont reliées par de larges paliers ouverts qui constituent des espaces communs où les enfants peuvent jouer, lire, se reposer ou tout simplement contempler l’extérieur. Quant au quatrième étage, se trouve, loin des regards, un espace secret, discret qui accueillent la chambre des parents.

Un rooftop avec vue

Du dernier étage, nous pouvons accéder à travers un escalier extérieur, à un superbe rooftop qui jouit d’une vue imprenable sur les monuments de la capitale. Les architectes ont installé sur ce palier, une très joli terrasse végétalisée, un petit havre de paix loin du stress quotidien portant en pleine ville.

L’ensemble de la maison est agencé avec goût. Les architectes ont souhaité aménager l’intérieur par des meubles de qualité dessinés sur-mesure et répondant aux diverses démarches environnementales. Néanmoins, au sein de la maison, la teinte dominante reste le blanc qui, grâce à la présence de la lumière naturelle, ajoute la sensation de générosité.

Côté construction, notons que l’ensemble est en briques de bois et nécessite, selon les architectes, très peu de chauffage l’hiver tout en bénéficiant d’une grande capacité de rafraichissement pendant les journées de grande chaleur. « L’ensemble est associé à une ventilation naturelle directe de façade à façade avec des parois vitrées nord et sud qui proposent des systèmes et rythmes d’ouvertures tous différents. » soulignent les architectes.

Par ailleurs, nous apprenons que le projet n’exploite pas tout le potentiel de surface habitable,  mais il privilégie les différents flux et la fonctionnalité du lieu. Aussi discrète que sobre, la maison Bergeyre offre tout le confort souhaitable aux propriétaires des lieux. Il s’agit en effet d’un petit bijou secrètement gardé dans son environnement urbain. D’incontestables qualités qui font le bonheur de tous ses habitants !

© AJILE
© Vanessa Bosio
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet

Le site de l’agence AJILE: ici.

Les photos: © Cécile Septet

A Paris, ITAR architectures signe un projet éloquent

© 11h : 45

A Paris, au 88, boulevard Ney, ITAR architectures vient de livrer un programme à la fière allure, aux lignes pures et aux traits distingués. Il s’agit de 72 logements sociaux, une crèche ainsi que deux commerces, un ensemble cohérent qui adopte la parcelle tout en apportant une touche de nouveauté.

Taillé pour le lieu

Le projet, manipulé avec tact par l’agence ITAR, ne laisse pas indifférent. Tandis que certains vont lui trouver quelques traits arrondis qui se rapprochent de quelques immeubles parisiens des années trente, d’autres diront que les espaces généreux et la luminosité des lieux font un clin d’oeil apprécié aux habitations accueillantes des années soixante-dix alors que d’autres iront encore plus loin en trouvant une véritable ressemblance avec l’architecture Bauhaus. Finalement, il s’avère que le projet du 88, boulevard Ney constitue, non seulement, une réalisation raisonnée qui répond favorablement aux diverses exigences du programme mais c’est une construction aussi fonctionnelle que plastique qui met le bien être des usagers en avant. Ingrid Tallandier a, comme à son habitude, encore une fois cousu une architecture taillée pour le lieu tout en lui insufflant diverses qualités.  

Allons donc à la rencontre de la réalisation qui a fait tant réagir positivement les adeptes du modernisme. Le projet comprend deux entités élevés sur un socle commun occupé par la crèche. L’architecte nous apprend que son idée de scission fait écho aux tours environnantes tout en dotant l’ensemble des logements d’une grande luminosité. Ainsi, les arrondis qui interpellent le promeneur viennent adoucir les deux silhouettes des immeubles tout en contrastant avec les angles droits des tours environnantes. Ingrid Tallandier a joué adroitement avec les volumes, les formes mais aussi les textures pour un résultat enchanteur.

Évolutif et généreux

Situé au nord du 18ème arrondissement parisien, le site jouit de plusieurs qualités, il bénéficie entre autres, d’une bonne desserte routière mais aussi de la proximité immédiate des transports en commun. Ainsi, située à l’entrée de la ville, la parcelle propose de nouveaux logements, des commerces ainsi qu’un équipement. L’architecte, en adéquation avec le projet existant qui porte la signature de l’architecte Dubuisson et après avoir analysé les diverses entités du programme demandé, a proposé un projet capable de durer mais aussi d’évoluer.

L’évolution future faisant partie des préoccupations de l’agence ITAR, cette dernière a proposé des intérieurs modulables et flexibles qui peuvent être adaptés, grâce à une structure réfléchie, aux différents changements de la vie du bâtiments. De même, nous remarquons que chaque logement possède un espace extérieur. Ingrid Tallandier n’a pas attendu le confinement pour mettre en avant cette stratégie, elle se débat, depuis bien longtemps, pour proposer aux utilisateurs des lieux emplis de confort et de bien être. Des propriétés appréciés de tous, probablement non visibles de l’extérieur mais qui font la différence de son architecture.

Matières et textures

Aux espaces généreux s’ajoutent la maîtrise des matériaux. Le choix de l’architecte s’est porté sur la brique pleine qui favorise le dialogue avec les tours existantes. Cependant toute la hauteur de la façade n’est pas traitée d’une manière uniforme. L’architecte a remanié l’utilisation de la brique selon son emplacement. Par exemple, les angles des façades et les garde-corps des terrasses et des loggias sont constitués d’un assemblage de briques ajourées qui, à l’image des moucharabieh, proposent des espaces intimes aux habitants. Un petit coup de coeur pour les quelques trumeaux, remplis par un assemblage géométrique de briques, qui donnent l’impression d’une façade dynamique où l’on distingue un indéniable jeu d’ombre et de lumière. Un travail recherché de la matière qui démontre le soucis des détails. Des détails soignés qui participent à rehausser l’architecture d’Ingrid Tallandier vers un niveau incontestable de maîtrise et d’élégance.

© 11h : 45
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Le site de l’agence ITAR architectures : ici.

Les photos : © 11h : 45

Guide d’architecture de Paris, un ouvrage remarquable signé Jean-Philippe Hugron

A l’heure du confinement, des expositions figées, des visites virtuelles, des journaux en papier devenus en ligne, des instantanées de la vie de tous les jours montés au créneau sur les réseaux sociaux, mon choix se porte sur un livre, un seul, un ouvrage de taille moyenne, à la couverture de couleur rose foncé, à l’allure aussi sobre que discret mais qui, une fois ouvert, regorge de mille et une surprises. Le Guide d’architecture de Paris, écrit par Jean-Philippe Hugron.

Quand le quotidien devient découverte

Il y a bien longtemps, lors de plusieurs promenades, Jean-Philippe m’a fait découvrir quelques merveilles à Paris, sa ville préférée dont il parle avec enthousiasme et ferveur. Depuis, le temps est passé et un jour, le souhait du journaliste est devenu réalité. Engendrer un guide qui montre la richesse architecturale de la ville Lumière. Un travail colossal qui a valu à son auteur plusieurs années de recherches, d’observations et d’approfondissement.      

Et voilà qu’est sorti, il y a quelques années, un guide d’architecture qui, à l’instar d’un cabinet de curiosité, explore la capitale française de long en large et même au-delà jusqu’à ses banlieues et ses villes nouvelles, des localisations toujours méconnues mais qui recèlent d’innombrables découvertes.

Mais parlons tout d’abord du livre, l’approche de l’auteur ne ressemble pas forcément aux écrivains des guides touristiques qui, selon leur importance, nous proposent certaines destinations, nous racontent parfois des récits extrêmement détaillés sur l’histoire de telle ou telle destination jusqu’à perdre complètement toute notion de surprise ou d’émerveillement. Le Guide d’architecture de Paris de Jean-Philippe Hugron trace l’épopée de l’architecture de 1898 jusqu’à nos jours, d’une manière concise, en donnant des explications utiles avec un parti-pris original, une seule photo par réalisation, de quoi nous surprendre, un point important pour de nombreux curieux qui, une fois sur place, aiment fermer le livre et partir à la chasse aux surprises.

Et pour les curieux de l’architecture, les surprises sont nombreuses. Pourtant ces architectures font partie de nos quotidiens, certains d’entre nous les connaissent, mais pas toutes, les aperçoivent lors de leurs échappées en banlieue alors que d’autres cohabitant avec nous, une chose est sûre, ces sujets interpellent, questionnent et finalement, grâce à cet ouvrage, se découvrent sous un autre angle.   

Quelques exemples parisiens

Si un nombre conséquent de parisiens curieux connaissent l’immeuble Rapp de Jules Lavirotte situé au 29, avenue Rapp, qui connaît l’intérieur de l’église Notre-Dame-du-Travail située dans le 14ème arrondissement? Cette dernière cachée derrière une façade néo-romane s’avère être un ingénieux ouvrage d’architecture de fer? Réalisée par l’architecte Jules-Godefroy Astuc, l’ensemble constitue une merveilleuse découverte. De même, si certains promeneurs connaissent l’institut d’art et d’archéologie de Paul Bigot situé dans le 6ème arrondissement de la ville ou l’incontournable barre Dubuisson du 14éme, combien d’entre nous ont passé la porte de l’église Notre-Dame-de-la-Salette de Henri Colboc et Jean Dionis du Séjour qui se trouve au 38, rue de Cronstadt dans le 15ème? Les exemples sont nombreux, dans le grand panel parisien, les églises gardent une grande part des surprises de cet ouvrage.

Et au-delà

Jean-Philippe Hugron, dont la volonté était aussi de montrer les prouesses architecturales de la banlieue, franchit le périphérique et montre avec une grande dextérité sa diversité architecturale. Là aussi, les surprises sont de taille, que dire de l’intérieur de l’église Notre-Dame-de-la-Paix de Suresnes conçue par Dom Bellot? Méconnue et pourtant remarquable. Et la soufflerie Hispano-Suiza conçue par les frères Haour à Bois-Colombes? Aussi déconcertante que réelle, elle surprend tout passant et voyageur. Les projets présentés sont de toute taille, même le plus petit cirque du monde situé à Bagneux et réalisé par Construire est représenté! Territoire de conquêtes et d’expérimentations architecturales, l’auteur, en se basant sur une multitude de projets osés, montre que la banlieue regorge aussi d’une architecture qui vaut largement le détour.

Le logement?

Ces dernières années, le logement a pris une place prépondérante dans le renouvellement du paysage architectural d’île-de-France, mais Jean-Philippe Hugron montre que malgré tout, le sujet a interpellé depuis bien longtemps. C’est pourquoi, il conserve une place particulière aux divers logements. Là aussi les découvertes sont nombreuses. Si tout le monde ou presque connaît ou a entendu parler des logements parisien du 20ème arrondissement de Fréderic Borel, d’autres ignorent probablement l’existence de l’ensemble Les Pyramides de Michel Andrault et Pierre Parat qui se trouvent à Evry. Et si un grand nombre de parisiens connaissent la tour Croulebarbe du 13ème conçue par Edouard Albert, d’autres découvriront Les Caryatides de Manuel Núñez Yanowsky à Guyancourt. Encore une fois, de bien belles pépites qu’il faut aller chercher loin des grandes avenues parisiennes et du métro bondé.

Et les tours?

Les tours constituent l’un des sujets de prédilection de l’auteur, mais sans lesquelles ce guide ne serait pas complet. D’où l’existence de plusieurs réalisations, qui, de Créteil à Courbevoie en passant par Paris, complètent ce guide et le rendent, à mon avis, encore plus intéressant. Certains diront que l’on trouve dans ce guide un nombre conséquent d’églises, d’autres regrettent que l’auteur n’a pas octroyé une très grande place aux logements, pour moi, ce guide qui révèle un siècle d’architecture réveille les sens, ouvre les yeux et comme l’indique son intitulé, guide vers une architecture parfois oubliée, souvent délaissée mais jamais insignifiante! Le Guide d’architecture de Paris de Jean-Philippe Hugron est un livre qu’il faut parcourir mais surtout, une fois le confinement terminé, le garder sur soi et pourquoi pas sortir, partir sur les pas de celui qui l’a composé, s’imprégner de cette architecture si proche mais tellement différente et pourquoi pas contempler, décortiquer mais aussi critiquer? L’architecture n’en sortira que grandissante!

© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron

Pour plus d’informations sur l’ouvrage: ici.

Les photos: © Jean-Philippe Hugron