A Annecy, Think Tank architecture reçoit le prix du concours Mix’cité

© Think Tank architecture paysage urbanisme

Le premier prix du concours Mix’cité pour l’extension et la réhabilitation de la copropriété des Myrtilles vient d’être décerné à l’agence parisienne Think Tank architecture paysage urbanisme (Marine de la Guerrande et Adrien Pineau) qui collabore à l’occasion avec l’architecte Marianne Jouanny. Les architectes ont fourni une réponse à la fois contextuelle et pertinente à un projet complexe.

Se baser sur l’existant

Il s’agissait de concilier la densification et de réhabiliter totalement la copropriété des Myrtilles, une résidence datant des années 1970. Il fallait donc entre autres, réhabiliter l’ensemble pour répondre aux diverses normes qu’elles soient énergétiques ou d’accessibilités tout en gardant l’esprit du lieu.

La solution présentée par les architectes a été à la hauteur des attentes. En effet, la proposition consiste à établir une greffe avec d’un côté une réhabilitation raisonnée et de l’autre une extension dans la pente. Cette dernière offrira de nouveaux usages à l’ensemble. Une idée remarquable qui se base sur l’existant et prévoit l’avenir.

La copropriété des Myrtilles, qui date des années 1970, comprend trente-six logements répartis entre propriétaires privés et un bailleur social. Cependant, aujourd’hui, l’ensemble ne répond malheureusement plus aux différentes aspirations des habitants. Malgré un site intéressant, avec l’âge, l’image de la copropriété est ternie. Par ailleurs, l’édifice qui se compose de quatre étages ne comporte aucun ascenseur, la résidence n’est donc pas adaptée au vieillissement de la population. Sans oublier les importants coûts dus aux déperditions thermiques.

Et prévoir l’avenir

Les architectes, conscient de la qualité des plans des logements, propose donc une isolation extérieure qui enveloppe l’édifice. Ainsi, après les changements proposés concernant les menuiseries, les façades et la toiture seront enveloppées et revêtues d’un bardage métallique. Le confort thermique ainsi qu’acoustique sont donc assurés. Quant à la façade sud, elle est entièrement repensée pour pouvoir contenir les diverses circulations, les escaliers et l’ascenseur, qui prendront la place des escaliers d’origine.

De même, la façade sud prend de l’épaisseur (60 cm) pour augmenter la surface des séchoirs situés à l’arrière-cuisine et d’élargir les balcons. Ces derniers, peuvent être utilisés comme terrasse ou comme jardin d’hiver. Le rez-de-chaussée est restructuré quant aux anciens locaux pour vélos qui sont inutilisés seront aménagés en quatre appartements aux normes PMR (accessibilité).

Et comme l’idée des architectes ne s’arrête pas à la réhabilitation de l’édifice, la construction de neuf nouveaux logements se nichant dans la pente a été proposée. Des espaces qui profitent de l’inclinaison de la parcelle pour offrir d’imprenables vues à tous les habitants. Il s’agit d’une extension qui se compose de boîtes préfabriquées en bois, revêtues du même bardage métallique que celui utilisé dans l’édifice. Ces unités seront intégrés dans un socle en structure métallique. L’ensemble sera peu visible de loin car le traitement de la toiture consiste à végétaliser l’ensemble. De ce fait, de loin, le visiteur semble assister à un tableau dynamique animé par le jeu d’ombre et de lumière ou de plein et de vide que procure l’ensemble.

Les architectes n’ont pas délaissé le côté purement financier de l’opération, selon leurs études, la vente des logements neufs ajoutée à l’ensemble d’aides à l’amélioration de l’habitat, permettra de financer 75% le coût engendré par la réhabilitation globale. Nous pouvons dire que ce soit esthétiquement, fonctionnellement ou efficacement, le projet qui vient d’être lauréat du concours Mix’cité l’a bien mérité.

© Think Tank architecture paysage urbanisme
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Le site de Think Tank architecture paysage urbanisme : ici.

Les images : © Think Tank architecture paysage urbanisme

Au Mexique, une résidence contextuelle qui révèle la subtilité du béton

© Galleta Studio / Erick Alán Abrego Ambía

Au Mexique, les architectes de l’agence Tres Más Dos Arquitectos (Emmanuel Jiménez Laffitte, Luis Javier Laffitte Armesto) viennent de livrer une maison en béton qui joint l’utile à l’agréable. En répondant au contexte tout en respectant la taille exigée, les architectes ont réalisé un charmant petit bijou.

Une architecture contextuelle

La propriété est située à San Pedro Garza García qui est l’une des 51 municipalités de l’État mexicain de Nuevo Leon et fait partie de la zone métropolitaine de Monterrey. Depuis un petit moment, la municipalité a décidé de développer cette commune. D’où la réalisation d’une multitude de réalisations qui ont un important point commun, une architecture nouvelle aux traits épurées qui tout en prenant ses sources dans les constructions traditionnelles, présente des traits singuliers.

La taille de la parcelle a dicté la forme de la résidence. Avec une largeur de 4,61 mètres et une longueur de 22,77 mètres, la construction devenait complexe. Une étroitesse que les architectes ont utilisé comme atout pour créer un projet adapté au lieu. Et comme la proximité des constructions adjacentes rendaient difficile l’arrivée de lumière naturelle ainsi que la ventilation naturelle, il fallait trouver une solution adéquate qui tout en répondant aux diverses, offre aux habitants des vues attrayantes.

Qui accentue la subtilité de l’ensemble

Il a été décidé de créer un espace central au sein de la construction. Un noyau qui deviendrait le cœur de la maison. Ainsi, les autres pièces qui évoluent tout autour, pourraient  profiter visuellement du terrain. Le noyau est représenté par un patio intérieur qui ventile et illumine de manière naturelle les différentes zones de la propriété. De même, cet espace devient un point focal qui abrite un arbre. Ce dernier transforme le patio en un espace non seulement de transition mais naturel et propice à la contemplation.

L’une des curiosité de la maison est sa façade principale qui présente un treillis en acier de avec un motif régulier. Les architectes avaient comme but de créer des effets visuels qui mettent en avant les pleins et les vides. L’ensemble offre un doux jeu d’ombres et de lumière. Le grillage est fixé sur un mur de béton en finition naturelle afin d’accentuer la subtilité de l’ensemble.

Que ce soit la végétation ou certains matériaux naturels, tous proviennent de la région afin de favoriser une relation intime avec le contexte urbain. Les architectes de Tres Más Dos Arquitectos ont créé non seulement un projet fonctionnel qui habite le lieu mais une petite réalisation pleine de charme qui plaira à tous.

© Galleta Studio / Erick Alán Abrego Ambía
© Galleta Studio / Erick Alán Abrego Ambía
© Galleta Studio / Erick Alán Abrego Ambía
© Galleta Studio / Erick Alán Abrego Ambía
© Galleta Studio / Erick Alán Abrego Ambía
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© Galleta Studio / Erick Alán Abrego Ambía

les photos: © Galleta Studio / Erick Alán Abrego Ambía

Quand l’architecture aide à la rencontre de son voisinage

© Ineyama.

Pour encourager les propriétaires de cette maison à rencontrer leur voisinage, l’architecte japonais Takanori Ineyama a ajouté à l’ensemble bâti une terrasse, un balcon au premier étage ainsi qu’une grande baie vitrée à la façade principale. Une solution architecturale qui incite à ouvrir l’ensemble sur son environnement.

Étendre les espaces de vie

Ineyama a conçu Tab House pour une jeune famille qui a récemment déménagé de la capitale japonaise vers une localité plus rurale située dans la préfecture de Yamanashi. L’architecte, lui-même né dans la région, mais emménagé plus tard à Tokyo pour étudier l’architecture, pensait revenir dans sa région natale pour pratiquer sa discipline. Il était donc au courant des diverses difficultés rencontrées pour s’intégrer dans une communauté rurale, après avoir vécu dans une grande ville. Pour aider les propriétaires de cette maison à s’adapter au grand changement, l’architecte a conçu une résidence qui les encourage à sortir à la rencontre du voisinage. C’est ainsi qu’il a proposé d’étendre les différentes espaces de vie vers le jardin.

Efficacité et fonctionnalité

Les portes coulissantes peuvent être tirées vers l’arrière pour relier l’espace de vie principal de la maison avec la terrasse, tandis que le balcon constitue une extension d’une mezzanine au premier étage où se trouvent un salon plus isolé ainsi qu’un bureau. La grande baie vitrée fait face à une pièce traditionnelle qui comporte également des portes coulissantes de style fusuma et un revêtement de sol en tatami.

La disposition de l’intérieur est assez simple, elle est organisée autour de l’espace de vie à double hauteur. De grandes fenêtres offrent une vue sur le quartier verdoyant. D’autres détails comprennent des colonnes de bois exposées et des poutres qui forment des étagères. Comme la région est connue par sa saison froide, la maison est également équipée d’un système qui souffle l’air chaud sous le plancher, pour le distribuer dans tout l’intérieur. Tout a été pensé pour offrir aux utilisateurs des lieux un environnement à la fois efficace et fonctionnel.

© Ineyama.
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Le site de l’agence d’architecture Ineyama: ici.

Les photos: © Ineyama.

Au Pérou, une maison de pierre et de béton

© Gonzalo Cáceres Dancuart

Au Pérou, l’agence d’architecture Marina Vella Arquitectura Urbanismo a réalisé une charmante maison qui entretient un gracieux lien avec son environnement. Le béton et la pierre coexistent pour un résultat à la fois fin et esthétique.

Une connexion continue avec l’environnement

La Maison est construite sur un terrain rectangulaire qui mesure 12 mètres de large et 22 mètres de long. L’ensemble se déploie sur un site privilégié, face à l’océan Pacifique avec une vue latérale vers les sables blancs et les dunes où se trouve une imposante colline rouge. Cette dernière particularité a inspiré le nom de la localité : Cerro Colorado (Red Hill).

Pour respecter les divers exigences des propriétaires ainsi que les règles d’urbanisme et de construction, il aura fallu dès le départ, être très exigeants sur le choix des matériaux. Les propriétaires ont tout d’abord souhaité une construction qui inclue des espaces de rassemblement confortables protégées contre du vent. Le projet entretient une connexion continue avec son environnement à travers des cloisons ouvertes sur l’extérieur.

Une belle pièce d’architecture

A l’intérieur la vie évolue autour du patio central marqué par un large mur semi- circulaire en pierre rouge provenant de la colline voisine. La couleur rouge de la pierre naturelle forme une belle opposition avec le blanc pur de la maison de deux niveaux. En utilisant cette pierre rouge rugueuse naturelle et en la plaçant au centre de la maison, les règlements de construction stricts sont respectés.

La forme de la résidence est simple, les lignes sont épurées et les matériaux utilisés s’accordent à merveille ; tout a été pensé pour engendrer une belle pièce d’architecture. Les zones de circulation, les escaliers et les couloirs des chambres sont organisés autour du mur en pierre semi-circulaire. La lumière du jour et la ventilation naturelle sont assurées par des lucarnes et de petits patios . L’ensemble sent l’univers des vacances au bord de mer.

© Gonzalo Cáceres Dancuart
© Gonzalo Cáceres Dancuart
© Gonzalo Cáceres Dancuart
© Gonzalo Cáceres Dancuart
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© Gonzalo Cáceres Dancuart

Le site de l’agence Marina Vella Arquitectura Urbanismo: ici.

Les photos : © Gonzalo Cáceres Dancuart

A Formetera, d’accueillants logements sociaux signés Carles Oliver

© José Hevia

Dans le but de fournir des données diverses à la commission européenne pour la rédaction des futures réglementations environnementales, la proposition de l’architecte Carles Oliver comprend la construction d’un prototype de bâtiment à usage social qui vérifie le bon fonctionnement des solutions adoptées. Sobriété et simplicité sont au rendez-vous.

Réduction de l’empreinte écologique

Le suivi du projet est également assuré par l’Université des Îles Baléares. Il s’agit d’un prototype qui comprend quatorze logements sociaux situés dans l’île espagnole de Formentera. L’opération vise à démontrer la faisabilité d’un immeuble résidentiel réduisant l’empreinte écologique dans les diverses phases. En effet, une réduction de consommation de 50% au cours de la construction a été envisagé. De même, une réduction de 75% de consommation d’énergie pendant la durée de vie de l’édifice. Quant à la consommation de l’eau serait de 60% et la production des déchets dans l’ordre de 50%.

Le durable à portée de tous

Le principal aspect innovant du projet consiste dans la réduction de 50% des émissions de CO2 lors de l’exécution des travaux. Pour ce faire, les architectes proposent une sélection appropriée de matériaux, de préférence des matériaux à faible énergie, en récupérant, dans la mesure du possible, des techniques d’architecture vernaculaire.

Selon les architectes, le modèle d’architecture locale montre que, loin des grandes villes, les systèmes les plus durables sont à portée de main. Cette approche relie les problèmes environnementaux à la tradition culturelle de chaque région, non seulement en améliorant la qualité de l’air prévenant le réchauffement climatique, mais aussi par son impact sur la qualité du paysage urbain. Un projet respectueux de son environnement, à la fois utile, fonctionnel et charmant.

© José Hevia
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Le site de l’architecte Carles Oliver: ici.

Les photos: © José Hevia

Le RIBA Stirling Prize 2017 pour «Hastnigs Pier»

© Alex de Rijke

L’agence d’architecture londonienne dRRM dirigée par les architectes Alex de Rijke, Philip Marsh et Sadie Morgan vient de remporter le prestigieux prix de l’architecture britannique le RIBA Stirling Prize 2017, pour son projet de la transformation de le jetée de la ville balnéaire de Hastings. Une nouvelle attraction prend ainsi la place d’une construction emblématique tombée en désuétude depuis plusieurs années.

Une histoire glorieuse

« Hastings Pier » a été construit en 1872. Le lieu a connu un grand succès dans les années 1930, mais négligé par la suite, il a été définitivement fermé en 2008. Deux ans plus tard, il a été ravagé par un incendie dévastateur.

J’avais visité l’ancien Pier il y a quelques années juste avant l’incendie qui l’a ravagé. Malgré le fait qu’il était très typique des quais d’autrefois, il présentait néanmoins de sérieuses failles. La question qui se pose aujourd’hui, au lieu de proposer un nouveau projet, ne fallait-il pas mieux de réhabiliter l’ancien ? Surtout que des sommes colossales ont été dépensé pour les travaux de transformation.

La réponse est malgré tout complexe. D’une part quelques idées conservatrices et une structure très gravement endommagée et de l’autre la volonté de recréer une nouvelle attraction pour la ville balnéaire. Pour cela, il a fallu une collaboration qui a réuni des ingénieurs des architectes mais aussi tout une communauté. Et une durée de sept ans pour transformer un quai délabré en un espace public dynamique au caractère singulier. Les architectes de l’agence dRMM, après de longues consultations avec les parties prenantes, ont opté pour un projet pouvant accueillir de nombreux scénarios.

Un avenir radieux

Après les consultations, la transformation était une évidence. Un projet structurellement et socialement viable était donc nécessaire. La démarche des architectes consistait à concevoir une plate-forme dirigée par la communauté qui pourrait accueillir de nombreuses possibilité d’utilisation et pourquoi pas des concerts de musique ou des marchés internationaux ?

Néanmoins la décision de ne placer aucun bâtiment au bout de la jetée, constitue une rupture avec le Pier d’autrefois endommagé par l’incendie. Un genre de manifeste qui donne la priorité à l’esplanade. Et même si une partie de la structure a recyclé le bois qui a été récupéré à la jetée d’origine, le geste des architectes devrait être qualifiée d’osée.

Un prix mérité

Le président et président du jury du RIBA, Ben Derbyshire, a décrit le projet comme un «chef-d’œuvre de régénération et d’inspiration».

En effet, une fois adopté par les utilisateurs des lieux, le belvédère surélevé pourra devenir un charmant lieu évènementiel. Un prix mérité.

© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke

Le site de dRMM : ici.

les photos : © Alex de Rijke

A São Paulo, Isay Weinfeld crée un joli deux en un

© Fernando Guerra / FG + SG

D’une part une maison familiale, de l’autre une galerie privée, le tout dans une même entité. C’est l’histoire de la résidence que l’architecte brésilien Isay Weinfeld a réalisé pour un couple de collectionneurs d’art. Un langage épuré se dégage de l’ensemble.

Habiter dans un environnement artistique

Au Brésil, à São Paulo, la Casa Cubo constitue une curiosité à part entière. Conçu comme une galerie privée doublée d’une maison familiale pour deux collectionneurs d’art, l’ensemble répond aux diverses exigences des propriétaires. En effet, ces derniers souhaitaient une résidence qu’ils pourraient utiliser pour présenter des expositions ainsi que recevoir des invités surtout pendant des événements comme la Biennale de São Paulo.

La Casa Cubo est un bâtiment de trois étages situé dans le quartier des Jardins. Un salon de double hauteur situé au rez de chaussée constitue la plus grande pièce de la maison. Avec des murs blancs et un plancher de béton coulé, le salon offre une toile vierge pour afficher des œuvres, des sculptures ou une sélection de pièces de meubles design.

Les grands maîtres à l’honneur

A l’intérieur de la salle se trouvent deux escaliers dont un en acier qui mène à la mezzanine du premier étage pouvant accueillir une bibliothèque. Tandis que sur le côté opposé se trouve l’autre escalier, en bois, qui lie le premier étage aux trois chambres situées au dernier niveau de la maison. Les deux escaliers sont suspendus et semblent flotter au-dessus du sol. Quant au mobilier choisi pour le salon, il comprend des pièces signées des grands maîtres comme Alvar Aalto, Pierre Jeanneret, Gio Ponti et Lina Bo Bardi. De grandes baies vitrées s’ouvrent sur l’extérieur où se trouve un joli jardin ainsi qu’un étang de nénuphars. La Casa Cubo constitue un gracieux joyau dans son écrin de verdure.

© Fernando Guerra / FG + SG
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© Fernando Guerra / FG + SG

Le site d’Isa Weinfeld: ici.

les photos: © Fernando Guerra / FG + SG

D’un lieu de culte en centre communautaire

 

© Montse Zamorano

En Espagne, les architectes Héctor Fernández Elorza et Manuel Fernández Ramírez ont réalisé la réhabilitation ainsi que la reconversion d’une ancienne chapelle située dans la commune de Jarandilla de la Vera. L’édifice, qui a connu plusieurs sort était d’abord une chapelle, ensuite une prison et plus tard une école, devient aujourd’hui un avenant centre communautaire utile et ouvert à tous. Une reconversion qui mérite le détour.

Une histoire agitée

Le projet de réhabilitation de la chapelle s’est déroulé en deux phases. Tout d’abord, consolider et assurer la stabilité de l’édifice gravement accidenté et tombé en désuétude, puis rénover les espaces pour les reconvertir en un centre communautaire. Construit au 17ème siècle comme une petite chapelle attachée à l’église, l’édifice devient une prison au 19ème siècle, avant de devenir une école au début du 20ème siècle. Une histoire agitée et des utilisations variées qui ont laissé diverses traces dans le projet.

La chapelle, dont la surface est de 100m², est divisée en deux volumes qui forment un espace simple et épuré. Le premier volume est le plus grand deux deux, il possède un plan irrégulier à quatre côtés et une toiture à pignon dont la crête est placée perpendiculairement à la façade. Bien que la deuxième entité soit plus petite, elle donne l’impression d’être vaste. Placée à l’arrière de la précédente, la pièce qui était jadis l’abside de la chapelle possède un plafond recouvert d’un dôme semi-circulaire. Ce dernier, est recouvert d’un toit en pente avec une ouverture zénithale qui illumine l’intérieur. Le lien entre les deux volumes se fait par un arcade de granit circulaire de cinq mètres de large.

Un avenir radieux

L’intervention des architectes consiste en une multitude d’actions subtiles et minimalistes sur les vestiges originaux du bâtiment. Le nouveau système structurel a été conçu pour répondre aux défauts existants et pour éliminer les pathologies observées sur le bâtiment. Ceci est réalisé en incorporant un «châssis» intérieur, des parois latérales et un revêtement en béton armé de 25 centimètres d’épaisseur. L’élément ajouté assure ainsi la stabilité de l’ensemble.

D’autre part, la lanterne du dôme semi-circulaire est recomposée par l’insertion d’un élément en acier inoxydable qui reflète la lumière à l’intérieur du deuxième volume. Cet élément et les deux fenêtres latérales de l’abside sont les seuls moyens d’apporter la lumière dans la chapelle. Afin d’éviter les réverbérations sonores inconfortables, l’acoustique de l’intérieur a également été revue. Pour le faire, les architectes ont recouvert l’intérieur de la paroi de la façade avec de solides pièces en bois biseauté qui brisent les ondes acoustiques secondaires, absorbent le bruit et améliorer le confort à l’intérieur de l’édifice.

Finalement l’apparence extérieure reste minimaliste, l’ensemble est réalisé en maçonnerie de base et en plâtre de mortier. Les textures font un joli clin d’œil à l’édifice historique tout en lui offrant un nouveau souffle. La commune de Jarandilla de la Vera s’est enrichie d’un nouvel espace communautaire.

© Montse Zamorano
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Le site des architectes Héctor Fernández Elorza, Manuel Fernández Ramírez: ici.

les photos: © Montse Zamorano