A Madrid, une élégante maison qui croise les matières

© Miguel de Guzmán

A Madrid, l’agence d’architecture DL+A De Lapuerta Campo a réalisé une charmante résidence familiale qui croise astucieusement différentes matières. Fermée à l’extérieur, la maison s’ouvre vers un jardin où se trouve également une grande piscine.

S’intégrer à l’environnement

La situation créée par la parcelle du projet impose de construire dans un coin. De même,  l’orientation du terrain pousse les architectes vers un choix radical. Réaliser une sorte de forteresse en forme de L qui se ferme vers l’extérieur mais s’ouvre complètement vers le jardin. Ce dernier est généreux, il est délimité par deux façades mais protégées par une porche ainsi qu’une pergola. Malgré la promiscuité de la rue, l’ensemble est avenant et procure une sorte de tranquillité à ses utilisateurs.

Toutes les espaces donnent sur le jardin où la vie domestique a lieu. La maison se caractérise par une plus grande hauteur dans sa partie nord-ouest, où se loge le salon, la salle à manger et la cuisine ainsi que les chambres pour enfants qui se trouvent au premier étage. L’architecture tente de s’intégrer à l’environnement, aussi bien qu’à partir du premier niveau les vues rappellent les habitants qu’ils se trouvent toujours à Madrid.

Quand le béton et le bois se rencontrent

Les façades sont conçues en béton brut qui se marie très bien avec le bois. La relation entre les espaces intérieurs et le jardin est définie par de grandes baies vitrées, équipées de dispositifs de contrôle solaire. En démolissant la maison dans le terrain contigu, qui appartient actuellement au même propriétaire, mais voué à être vendu à l’avenir, les architectes ont réalisé une piscine peu profonde et une nappe d’eau qui offrent un soupcon de farniente aux habitants.

Suite à la demande du propriétaire, les architectes ont décidé de faire des économies d’énergie ainsi les surfaces vitrées sont équipées des dernières technologies, elles sont orientées sud et jouissent d’un important système d’isolation. Tout est conçu pour le bien être des utilisateurs mais tout en pensant à la durabilité de la réalisation. Un joli havre de paix en pleine ville.

© Miguel de Guzmán
© Miguel de Guzmán
© Miguel de Guzmán
© Miguel de Guzmán
© Miguel de Guzmán
© Miguel de Guzmán

Le site de DL+A De Lapuerta Campo arquitectos asociados : ici.

Les photos: © Miguel de Guzmán

Au milieu des vignes, une chapelle

© Tali Kimelman
© Tali Kimelman

En Uruguay, à Pueblo Edén, au milieu d’un vignoble, les architectes de MAPA ont réalisé une charmante chapelle. A la fois sobre et épurée, la construction de taille modeste est une invitation à la sérénité.

Un écrin naturel

Selon ses architectes, la chapelle Sacromonte est conçue comme un « amplificateur de paysage ». Situé à Sacromonte Landscape Hotel, l’ensemble se fond dans le paysage idyllique formé de vignobles, de lagunes et de collines . Un écrin naturel qui attire plus d’un curieux.

Il s’agit d’une réalisation préfabriquée en bois CLT, qui a été transportée directement de l’usine située au Portugal vers l’Uruguay. Le lieu constitue un incontournable pour aborder le monde des vins fins dans un cadre naturel reculé. Les terres qui s’étendent sur 250 hectares, sont nichées dans un lieu privilégié: les sierras sauvages de l’est de l’Uruguay. À égale distance entre Punta del Este, José Ignacio et Pueblo Garzón, c’est un écosystème unique à découvrir.

Une architecture minimaliste

Dans ce paysage idyllique de jeunes vignobles adaptés aux caractéristiques uniques, une architecture nouvelle surgit. Il s’agit d’une chapelle qui contraste avec l’existant mais qui participe à l’enrichissement du lieu. L’ensemble se caractérise par sa grande simplicité. En effet, ouvert sur l’extérieur, le volume se plie de deux côtés et offre un lieu magique à ses visiteurs.

Au milieu du vignoble de l’est de l’Uruguay, la chapelle réalisée par les architectes de l’agence MAPA est un petit bijou qui vaut le détour.

© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Tali Kimelman
© Tali Kimelman

Le site de MAPA Arquitetos: ici.

Les photos: Leonardo Finotti et Tali Kimelman

Dans les montagnes chilienne, une maison de couleur rouge

© Fernando Alda / Felipe Assadi

Signée Felipe Assadi, la résidence de couleur rouge se niche gracieusement dans les montagnes chiliennes. En effet, l’architecte a réalisé une habitation isolée avec un extérieur vif qui contraste avec son environnement verdoyant et luxuriant.

Un environnement verdoyant

« Casa La Roja » est située dans la commune de San José de Maipo, dans la province de Cordillera, à 48 km à l’est de la capitale chilienne, près de la frontière avec l’Argentine. Les maisons éparpillées dans toute la zone montagneuse bénéficient d’un haut niveau d’intimité en raison de leurs grandes propriétés et de leur éloignement.

La région est connu par ses grands espaces où les maisons se trouvent sur des parcelles éparses et isolées. Ainsi, l’agence d’architecture a choisi de peindre le bâtiment en rouge vif,  une couleur souvent utilisée dans les villes voisines. Pétillante, la résidence se détache astucieusement du paysage verdoyant.

Un intérieur lumineux

Le logement dont la surface n’est que 87m², est composé de deux niveaux. Selon l’équipe de conception, tout d’abord, l’idée consistait à faire un cube, puis pour des raisons de luminosité, il aura fallu découper plusieurs fractions donnant ainsi à l’ensemble une apparence sculpturale. De ce fait, une généreuse porche d’entrée à double hauteur a été générée entre autres. Cette dernière peut être utiliser également comme une terrasse couverte très agréable pendant les journées de grande chaleur. De même, une partie du deuxième étage a été découpée pour offrir une grande luminosité.

Les murs extérieurs sont ponctués de fenêtres de différentes tailles. A l’intérieur, la maison contient une cuisine ouverte et un salon au rez-de-chaussée. Un escalier en bois et en métal sans garde-corps mène à l’étage supérieur, où se trouvent deux chambres à coucher. La maison a l’air fermée de l’extérieur mais sculptée de manière à avoir des espaces harmonieuses qui communiquent entre eux. Un travail subtil pour un résultat agréable.

© Fernando Alda / Felipe Assadi
© Fernando Alda / Felipe Assadi
© Fernando Alda / Felipe Assadi
© Fernando Alda / Felipe Assadi
© Fernando Alda / Felipe Assadi
© Fernando Alda / Felipe Assadi

Le site de Felipe Assadi Arquitectos: ici.

Les photos: © Fernando Alda / Felipe Assadi

En Argentine, une résidence qui fait le pont

 

© Lucas Carranza

Dans la magnifique vallée de Calamuchita, dans la province de Córdoba, l’agence d’architecture Alarica-Ferrer Arquitectos a réalisé une atypique construction. Il s’agit d’une charmante maison qui, pour respecter l’environnement où elle se trouve, relie les deux rives et reste suspendue.

Respecter l’environnement

Situé dans une forêt sur les rives du lac Los Molinos, le pavillon conçu par les architectes Alarica-Ferrer se trouve sur un ravin causé par l’érosion d’une ancienne route qui traversait à l’origine la vallée de Calamuchita. Il s’agit d’un projet d’échelle minimale matérialisé dans un pavillon qui fait le pont et vise à respecter la vocation de cet espace particulier.

Situé transversalement au canyon et soutenu par les deux rives sur deux murs en béton qui définissent non seulement son accès mais aussi l’ampleur de l’intervention, l’ensemble présente un intérieur singulier. Les murs de soutènement sont réalisés en béton pigmenté obtenant une texture et une couleur en accord avec le lieu. La maison forme un parallélépipède épuré procurant une grande luminosité à l’intérieur grâce aux diverses baie-vitrées qui ornent toutes les façades.

Minimaliste et sobre

Outre les deux murailles qui soutiennent la maison, les architectes ont rajouté une poutre métallique qui s’étend sur toute la longueur du volume. La transparence du parallélépipède est telle que, les habitants ou les visiteurs ont l’impression de séjourner dans la nature. L’intérieur de la maison est simple, minimaliste et sobre. La nuit, illuminée, la résidence prend des airs d’une lanterne. Au milieu de la forêt, la maison-pont constitue une originalité qui vaut le détour.

© Lucas Carranza
© Lucas Carranza
© Lucas Carranza
© Lucas Carranza
© Lucas Carranza
© Lucas Carranza

Le site de Alarica-Ferrer Arquitectos : ici.

Les photos: © Lucas Carranza

Dans le paysage corse, une école signée Amelia Tavella

© Amelia Tavella.

Un environnement idyllique, une végétation abondante, un cadre exemplaire pour une école. Dans le village corse de Santa Maria Siché, sur une vaste parcelle située entre deux chênes, l’architecte Amelia Tavella a réalisé une charmante école adaptée à son environnement.

Intégration réussie

L’intégration est telle que comme si l’équipement culturel a toujours existé. En effet, le projet situé sur l’ancien site équestre et livré cette année est d’une infinie sobriété. Avec ses lignes épurées et ses formes discrètes, l’ensemble adopte astucieusement le paysage environnant.

Proposant une mise en œuvre délicate, le matériau naturel est avant tout synonyme de confort. C’est aussi un choix pour une adéquation totale avec un équipement qui va abriter les jeunes enfants. Ainsi, des taquets de pin, placés verticalement, créent un maillage naturel qui se déploie le long des façades proposant des doux contrastes d’ombre et de lumière. Ponctuellement, cette enveloppe est interrompue, laissant place au granit qui provient de vieux bâtiments dont les pierres sont redimensionnées sur place avant d’être assemblées.

Retour aux sources

Amelia Tavella revient ainsi vers ses origines corses pour travailler dans un paysage qui ne lui est pas inconnu. Ainsi, l’architecte reprend les formes des crêtes rocheuse et les adapte dans une composition qui comprend une toiture climatique. Cette dernière procure au projet une ventilation naturelle. De même, le bois utilisé vient des forêts avoisinantes. Que de matériaux naturels qui ancre l’ensemble dans son contexte.

L’équipement culturel est de plain pied. Il s’agit d’un monolithe traversé de son côté par un couloir longitudinal qui relie les deux arbres millénaires. De grandes baies vitrées coulissantes donnent l’impression que par moment l’intérieur et l’extérieur se croisent. L’intérieur est sobre, la couleur blanche donne à l’ensemble une grande clarté ainsi qu’un sentiment de générosité. Dans tous les espaces, fonctionnalité et sobriété sont au rendez-vous.

Dans le village corse de Santa Maria Siché, Amelia Tavella puise ainsi dans l’architecture traditionnelle pour concevoir un projet en phase avec son entourage. Un travail succinct qui mérite le détour.

© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.

Le site d’Amelia Tavella: ici.

Les photos: © Amelia Tavella.

Au 22 Visconti, la révolution est à son comble !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Vous avez encore jusqu’à la fin de la semaine pour visiter l’exposition « Talking about a revolution » conçue par Paul Ardenne. Une multitude d’artistes contemporains tout azimut réunis dans un même lieu, à Paris.

Mai 68 et après ?

Cinquante ans après mai 68, peut-on encore évoquer la liberté d’expression dans l’art ? Sous quelle forme se matérialise cette liberté? Pour qui et pourquoi ? Que des questions qui me poussent à découvrir la fameuse exposition.

Mais tout d’abord pourquoi « Talking about a revolution » ? en effet, l’exposition emprunte son titre d’une chanson de Tracy Chapman connue par son répertoire contestataire et engagé. A l’instar des poètes, depuis toujours, les artistes ont parlé de révolution. Au 22 Visconti, Paul Ardenne présente un bouquet d’œuvres singuliers qui ne racontent pas forcément la révolution mais l’esprit de la critique y est présent. Peut être la dénonciation, le désaccord, l’espérence d’un monde meilleur ? Le tout à travers quelques conceptions modestes mais emblématiques qui envahissent l’espace d’un temps la discrète galerie parisienne de la rue Visconti.

A chacun son message

Par ici, l’affiche à travers laquelle Adel Abdessemed souhaite donner une réponse à la situation du monde contemporain, par là, la fameuse sculpture de couleur rouge d’Arnaud Cohen dont j’ai parlé à plusieurs reprise comme ici ou , un peu plus loin les édifiantes photographies parisiennes de Bruno Serralongue, ailleurs l’œuvre singulière de Gianni Motti où il conteste les moyens de communications actuels et tant d’autres œuvres tout aussi intéressantes que réfléchies.

Si, aujourd’hui, le souvenir de mai 68 s’estompe, les problèmes de l’époque restent d’actualité. Les artistes sont là pour nous le rappeler et c’est à nous de ne pas l’oublier. L’exposition du 22 Visconti n’est qu’une manifestation parmi tant d’autres qui vaut le détour.

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Le site du 22 Visconti : ici.

Une maison atypique signée Andrew Hinman

 

© Paul Bardigjy

C’est une villa qui comporte en son intérieur une locomotive en aluminium que l’architecte Andrew Hinman  a conçu à Uvalde dans le Texas. A la fois atypique mais aussi charmante et élégante, la maison qui surplombe la rivière Nueces constitue une curiosité à part entière.

Une curiosité greffée à la maison

Le propriétaire souhaitait dès le départ garder une ancienne locomotive qui lui tient à cœur. C’est en la faisant intégrer dans sa propriété que l’objet de convoitise serait la mieux préserver. Une idée à la fois originale et osée qui a fini par apporter un caractère assez spécial à la propriété.

Compte tenu de la géologie fragile et de la nature prédisposée aux inondations, l’emplacement et la protection de la remorque nécessitaient des considérations particulières. Après une étude minutieuse d’une part du terrain et d’autre part des diverses dispositions et arrangements des espaces de la villa, la solution proposée par l’architecte consiste à incorporer la locomotive sous un toit métallique non loin des divers équipement de la villa. L’ensemble est ancré, à travers des pilotis, dans une dalle en béton qui contient entre autre la zone de stockage et la salle de bain.

Pour un effet saisissant

La remorque a été entièrement restaurée et rénovée, son intérieur est remis à neuf, l’ensemble comprend de nouveaux panneaux en bambou et son éclairage est assuré à travers des lampes LED à faible énergie et des mini-spots. Le palier autour de la maison est construit en bois de  Douglas. La maison bénéficie d’une vue panoramique qui donne sur la rivière et le paysage environnant, elle est naturellement ventilée et l’eau de pluie récolté est stocké dans deux grandes citernes à l’arrière de la maison.

La villa dont la structure ressemble à celle d’une maison traditionnelle se démarque ainsi par la présence de la locomotive en aluminium qui s’y rajoute. L’effet est tout simplement saisissant !

© Paul Bardigjy
© Paul Bardigjy
© Paul Bardigjy
© Paul Bardigjy
© Paul Bardigjy
© Paul Bardigjy

Le site de Andrew Hinman Architecture : ici.

Les photos: © Paul Bardigjy

Quand nature et architecture s’entremêlent

 

© Hiroyuki Oki

C’est l’histoire d’une réalisation modeste par sa taille mais éminente par sa portée. Il s’agit d’une résidence familiale en harmonie avec la nature environnante. Et quand à cela s’ajoute un petit mélange de béton et de bois, l’alchimie ne peut être qu’une réussite.

Un doux jeu d’ombres et de la lumière

Située au Vietnam, dans le nord-est de Hồ Chí Minh, la maison conçue par 23o5 Studio vaut bien le détour. A première vue, il s’agit d’une construction simple mais une fois à l’intérieur, le visiteur se rend compte de la maîtrise de son architecte. En effet, ce dernier a conçu des espaces en permanente communion avec la végétation. Sans parler du doux jeu d’ombres et de la lumière qui résulte d’un bel exercice où l’architecte manie savamment les murs et les plafonds.

Le couple qui habite cette résidence exigeait un espace calme et paisible. La parcelle est située loin du centre, mais elle se trouve dans une zone en évolution. Selon l’architecte, les espaces verts qui disparaissent sans cesse en raison de l’urbanisation, ont posé l’idée d’un certain équilibre à travers ce projet. Ainsi, avec des idées qui émergent des espaces traditionnels vietnamiens, combinés avec la modernisation actuelle, une nouvelle idée de maison est née.

Simplicité et fluidité

Mis à part la porte principale de la maison, tout en ouvert, pas de limitation entre espace intérieur et extérieur, chambres et jardin. Notons quelques astuces comme des étagères en acier qui limitent l’espace entre le salon et le porche. L’espace cuisine est inondé par la lumière naturelle, combinant un petit jardin de légumes. La chambre à coucher est aménagée tout au fond de la maison et donne à son tour sur un jardin. La ventilation est naturelle, elle circule spontanément dans toute la maison. Selon l’architecte, cette réalisation est « une histoire sans heurt entre l’homme et la nature, entre la maison et la vie du propriétaire. »

© Hiroyuki Oki
© Hiroyuki Oki
© Hiroyuki Oki
© Hiroyuki Oki
© Hiroyuki Oki
© Hiroyuki Oki
© Hiroyuki Oki
© Hiroyuki Oki

Le site de 23o5 Studio : ici.

Les photos : © Hiroyuki Oki