A Paris, SML et NEXT réalisent une charmante résidence privée

© Hervé Abbadie

C’est l’histoire d’un habitat privé qui se trouve dans l’environnement dense du 15ème arrondissement parisien, que les architectes SML et NEXT ont réalisé avec tact. Un ensemble cohérent qui vient adopter malicieusement la parcelle où il se trouve tout en proposant de généreux espaces de vie à ses habitants.

Un programme complexe

Paris est-elle encore prête à accueillir des habitations privées qui viennent enrichir encore plus son tissus dense? La réponse vient de la part la résidence conçue par SML et NEXT. Une réponse concise, claire et sans ambiguïté. En effet, situé au 92, rue des Entrepreneurs, le projet semble s’accommoder parfaitement au quartier. Ce dernier, à la fois dense et animé, construit au début du XIXe siècle par des entrepreneurs locaux, offre le cadre idéal qui a su agréablement évoluer au fil des ans.  

La parcelle profite d’une surface de 900m², à la fois étroite et profonde, elle est entourée d’autres constructions qui viennent dessiner ses limites. Nous pouvons trouver sur le terrain trois bâtiments construits autour de 1900 dont un immeuble de logements et commerces, un bâtiment sur cour contenant des combles à destination de bureaux ainsi qu’un autre immeuble de logements.

La programme est complexe, il s’agit de la surélévation de l’édifice contenant les bureaux et situé en front de rue mais aussi de la densification, reconversion et requalification du cœur d’îlot, le tout dans le respect des diverses normes ainsi que dans le but d’offrir le meilleurs aux utilisateurs des lieux. Vu les différentes échelles d’intervention, les architectes ont proposé la reconversion de l’ensemble en deux maisons individuelles et adjacentes, ce qui a permis la création d’un logement en duplex doté de larges terrasses, ainsi que l’aménagement paysager de la cour.

La typologie de construction en coeur d’îlot n’étant jamais un exercice facile, les architectes ont accompli un petit prodige. L’intervention a été aussi délicate que sensible, aussi concise que radicale pour un résultat enchanteur. Nous pouvons même parler d’un travail minutieux à la fois architecturale et paysager qui s’exprime par les différentes formes mais aussi par les jeux de masses où le bois joue un rôle important mettant en avant les légers surplombs successifs qui donnent du relief à l’ensemble.

Une gestion intelligente de l’espace

« Afin de minimiser l’impact sur l’espace environnant, l’implantation de la construction existante est conservée. Il en résulte un bâtiment en longueur et élancé, couronne par une toiture à double pente asymétrique creusée par des loggias. Le projet s’inspire de la mémoire du lieu ou «genius loci» en conservant la trame régulière «industrielle» qui caractérisait l’ordonnancement de la façade originelle, et en retrouvant la toiture en pente, archétype de la construction de cœur d’îlot. » Nous racontent les architectes. En effet, ces derniers ne se sont pas arrêtés sur la forme de l’édifice mais ils ont décortiqué, analysé et trouvé les diverses solutions à la ventilation et à la luminosité des espaces habités. Il en résulte des logements lumineux, généreux et confortables.

Les deux entités qui sont indépendantes mais possèdent une cour commune, ont été conçues suivant la même configuration spatiale. Les espaces jour et nuit ainsi que privés et publics ont été minutieusement étudiées pour répondre aux diverses exigences des habitants. Tandis qu’au premier étage nous pouvons trouver un séjour vaste incluant un espace de travail, le 2ème et 3ème niveaux hébergent respectivement trois chambres à coucher, une salle d’eau, ainsi qu’une suite parentale agrémentée d’une loggia. Un petit coup de cœur pour le couloir du deuxième étage qui donne sur les chambres, c’est un joli espace en double hauteur sur un plancher en verre et sous une gracieuse verrière en toiture.

Par ailleurs, les architectes ont utilisé le bois de châtaignier, choisi surtout pour son côté durable qui vient couvrir délicatement la charpente en acier et les murs en ossature métallique. Et vues les diverses contraintes pour accéder au chantier mais aussi pour des raisons écologiques, les architectes ont choisi la filière sèche. L’enjeu du chantier étant de minimiser avant tout les nuisances tout en limitant le temps des travaux au strict minimum.

Les diverses manipulations intérieures montrent une gestion intelligente de l’espace. En effet, les architectes ont fait tout leur possible pour mettre en avant le volume général à travers des petites interventions intérieures qui mettent en avant les différentes vues extérieurs. Nous pouvons dire que les deux habitations foisonnent de belles surprises, les habitants seront comblés!

© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie

Le site de l’agence SML : ici.

Le site de l’agence NEXT : ici.

Les photos: © Hervé Abbadie

A Paris, une charmante maison signée AJILE

© AJILE

Baptisée Bergeyre au nom de la butte où elle se trouve, la charmante maison signée AJILE constitue une belle curiosité. Découverte d’une réalisation parisienne remarquable aux lignes pures et aux traits distingués.

Un petit bijou bien dissimulé

Construire une maison en plein Paris ? Oui, même si cela paraît un peu étrange, l’opportunité a existé et les architectes de l’agence AJILE l’ont saisie pour réaliser un petit bijou bien dissimulé. En effet, Perchée en haut de la Butte Bergeyre, dans le 19ème arrondissement, la maison verticale offre à ses propriétaires une vue imprenable de 360° sur tout Paris.

Les architectes nous racontent que, dès le départ, le projet semblait complexe. En effet, à la joie de construire une maison dans la capitale française s’ajoutait le défi d’abriter une famille et ses quatre enfants sur une parcelle exiguë, dans un ensemble constitué de sept étages. Un défi relevé avec brio car les architectes ont réussi non seulement de répondre favorablement au programme complexe qui se profilait mais ils ont réalisé des espaces intérieurs confortables où les habitants peuvent jouir de tout le confort exigé.

La parcelle est mitoyenne, elle comporte 4.80 mètres de large. Les architectes ont hissé l’ensemble sur dix micro-pieux de 18 mètres de profondeur, ainsi la maison de 204m², encastrée entre deux constructions existantes, devient un exercice à part entière et un véritable terrain de jeu pour pouvoir y caser les diverses fonctions demandées.

« La stratégie développée a été de penser le projet en volume plutôt qu’en étages dans un lien constant avec l’environnement proche et lointain, où les limites entre dedans/dehors s’effacent afin d’augmenter l’espace intérieur étroit. » Racontent les architectes. En effet,  La maison et ses sept niveaux deviennent une entité qu’il faut manipuler. A chaque étage son plan et à chaque partie de la maison sa fonction, ainsi, les différents niveaux se sont empilés suivant un jeu savant de circulations verticales.

Complètement traversante, la maison offre à ses habitants autant de vues que les saisons. Tandis que l’entrée est située au rez-de-chaussée et s’ouvre sur le jardin, la cuisine se trouve au premier étage. Les chambres des enfants occupent le deuxième et troisième étages et sont reliées par de larges paliers ouverts qui constituent des espaces communs où les enfants peuvent jouer, lire, se reposer ou tout simplement contempler l’extérieur. Quant au quatrième étage, se trouve, loin des regards, un espace secret, discret qui accueillent la chambre des parents.

Un rooftop avec vue

Du dernier étage, nous pouvons accéder à travers un escalier extérieur, à un superbe rooftop qui jouit d’une vue imprenable sur les monuments de la capitale. Les architectes ont installé sur ce palier, une très joli terrasse végétalisée, un petit havre de paix loin du stress quotidien portant en pleine ville.

L’ensemble de la maison est agencé avec goût. Les architectes ont souhaité aménager l’intérieur par des meubles de qualité dessinés sur-mesure et répondant aux diverses démarches environnementales. Néanmoins, au sein de la maison, la teinte dominante reste le blanc qui, grâce à la présence de la lumière naturelle, ajoute la sensation de générosité.

Côté construction, notons que l’ensemble est en briques de bois et nécessite, selon les architectes, très peu de chauffage l’hiver tout en bénéficiant d’une grande capacité de rafraichissement pendant les journées de grande chaleur. « L’ensemble est associé à une ventilation naturelle directe de façade à façade avec des parois vitrées nord et sud qui proposent des systèmes et rythmes d’ouvertures tous différents. » soulignent les architectes.

Par ailleurs, nous apprenons que le projet n’exploite pas tout le potentiel de surface habitable,  mais il privilégie les différents flux et la fonctionnalité du lieu. Aussi discrète que sobre, la maison Bergeyre offre tout le confort souhaitable aux propriétaires des lieux. Il s’agit en effet d’un petit bijou secrètement gardé dans son environnement urbain. D’incontestables qualités qui font le bonheur de tous ses habitants !

© AJILE
© Vanessa Bosio
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet

Le site de l’agence AJILE: ici.

Les photos: © Cécile Septet

La sélection 2020 de Détails d’architecture

© Lililarchi

C’est la septième année consécutives où Détails d’architecture dévoile sa liste (non exhaustive) des constructions réalisées en une année qui ont marqué l’architecture en France. Et bien que depuis la première sélection, il y a eu divers changements, le fond reste fidèle au message du départ. Je présente donc à tous mes lecteurs les réalisations qui, selon moi, valent le détour.

Détails d’architecture, dès le départ, souhaite mettre tous les architectes sur le même piédestal, une démarche que j’assume complètement, puisqu’il s’agit d’une sélection strictement personnelle rendant hommage à des réalisations qui dessinent, selon moi, le paysage architectural, paysager et urbain de notre pays.

Depuis plus de douze ans, date à laquelle, Détails d’architecture s’appelait encore Détails, mon but reste inchangé, parlons d’architecture, lisons l’architecture, découvrons l’architecture et débattons de l’architecture.

Ceux qui lisent régulièrement Détails d’architecture et surtout ceux qui suivent année après année cette sélection, le savent déjà mais je le précise encore une fois, l’illustration est signée par la talentueuse Lili l’archi dont les dessins ont accompagné cette rubrique dès sa naissance.

Cette année, le voyage architectural est tout aussi riche que les années précédentes. Même si, comme d’habitude, certaines réalisations restent plus secrètes que d’autres, toutes valent vraiment le détour. A chaque construction son lot de surprises. Et si ça se trouve, comme chaque année, quelques projets seront nommés à l’équerre d’argent qui ne va pas tarder à révéler sa sélection, ou encore présentés par l’annuel du journal AMC…

De Paris à … Rennes, Nantes, Bordeaux mais pas que

Commençons notre virée cette année par Paris où les nouveaux projets sont nombreux et découvrons les 72 logements sociaux de l’agence ITAR (Ingrid Tallandier) dont j’ai parlé ici. Non loin de là, à Clichy-Batignolles allons à la découverte d’un ensemble cohérent signé Querkraft, Sam architecture et Karawitz, dont je parle ici. Avant de quitter la capitale, faisons une halte à l’impressionnant centre européen du judaïsme de Stéphane Maupin dont je parle ici.

Sur la route, arrêtons-nous à Saint-Germain-en-Laye et visitons le Lycée technique Léonard de Vinci de signé COSA avant de faire un crochet par Pontoise avec l’agence Vallet de Martinis architectes qui a réalisé la reconstruction d’un bâtiment d’enseignement supérieur l’ITESCIA. Continuons vers Les Mureaux à la découverte de la reconversion d’un ancien moulin en centre d’art, un projet charmante réalisé par THINK TANK architecture paysage urbanisme, j’en parle ici.

Avant d’aller à Rennes, découvrons le nouveau technopôle de Saint-Lô de Farid Azib (RANDJA) dont je parle ici vaut largement le détour. Arrivée Rennes, allons faire un tour dans la ZAC du Beauregard, à la découverte des logements de l’agence a/LTA architectes – urbanistes (Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) ainsi que leur programme intérgénerationnel dont je parle : ici mais aussi le projet de l’Urban Quartz qu’ils ont réalisé avec l’agence parisienne Hamonic + Masson & associés.

Avant d’aller à Nantes faisons un petit crochet avec les architectes de l’agence Guinée*Potin et visitons la salle festive de l’ancien presbytère de Riec-sur-Belon. Faisons une halte à Guérande pour visiter les 11 logements pour l’habitat participatif de L’Atelier Belenfant & Daubas. Et tant que nous ne sommes pas loin, pourquoi ne pas découvrir la visite des 21 logements du quartier Les Marsauderies réalisés par HUCA architecture et urbanisme (Cecile Carris et Xavier Hubert) ?

A Nantes, allons voir un projet atypique nommé Zéro Newton, résultat de la collaboration d’Anthony Rio de l’agence Unité avec Souto de Moura. Il s’agit d’un immeuble de bureaux situé sur l’île de Nantes et qui vaut le détour. De même découvrons les 31 logements de Mabire Reich et l’atelier Vera, mais aussi la rénovation et surélévation d’une maison de ville signée onze 04. Toujours à Nantes, allons visiter l’immeuble des 100 logements de Tact architectes en collaboration avec Tectône. Envie de beaux panoramas? Allons découvrir le belvédère de Château Thébaud fraichement livré par l’Atelier Ritz, aménagé pour devenir une œuvre permanente.

Direction Bordeaux, visitons à Piriac-sur-Mer la transformation d’une villa balnéaire en capitainerie par THE architectes puis allons à St-Hilaire-de-Riez pour découvrir l’atypique équipement culturel signé Tetrarc ainsi que la restructuration du quartier de l’église avec la construction de deux équipements à Bretignolles-sur-Mer, un projet récemment terminé par TICA architectes urbanistes et si nous allions faire un halte à La Faute-sur-Mer pour emprunter la passerelle la Belle Henriette réalisée par d’ici là paysages et territoires ?

Envie d’une petite dégustation de vin ?  allons à Talmont-sur-Gironde et visitons la réalisation d’un chai par Christian Biecher. Allons voir les architectes de 2 :pma qui vont nous faire découvrir la maison des associations à Merignac. Une fois la découverte terminée, visitons la réhabilitation de la Cité-jardin du Claveau, avec Nicole Condorcet à Bordeaux et avant de quitter la région, allons à Arcachon à la découverte du nouveau centre culturel, associatif et tachnique signé King Kong.

Vers Paris et à Paris

C’était un long périple, il va falloir rentrer à Paris, mais visitons d’abord le complexe sportif de Beaucouzé près d’Angers, un projet signé CRR écritures architecturales, puis arrêtons-nous à Saint-Cyr-sur-Loire, pour visiter une école qui se fond dans le paysage signée Hessamfar-Verons, un projet charmant dont je parle : ici.

Faisons un petit crochet à Nogent-le-Rotou à la découverte des 13 maisons en bois-paille signées NZI. Retour à Paris pour quelques jours où on va pouvoir visiter plusieurs réalisations situées dans les alentours.

Cette année Boulogne-Billancourt connaît quelques réalisations qui valent le détour. Citons notamment les 15 logements en béton de chanvre signés North by Northwest architectes, une nouveauté pour la région. Découvrons également l’immeuble de 45 logements réalisé par CLCT architectes.

Allons faire une pause au restaurant gastronomique signé ENIA architectes à la Défence avant de se diriger vers les Yvelines et Villepreux à la découverte d’un charmant gymnase aux lignes épurées signé Joly & Loiret.

Restons à Paris et allons visiter l’Institut de l’audition et sa façade dynamique réalisée par VIB architecture mais aussi un ancien hôtel particulier remanié par Vincent Echalier dont je parle ici. Et pourquoi pas un petit détour pour visiter les 35 logements et l’atelier d’ébénisterie que l’agence MAO vient de livrer cet été? Comme s’il nous manquait d’exercice, allons s’entrainer dans le nouveau gymnase d’Archi 5, fraîchement livré puis allons-nous flâner dans le parc de la restructuration de la caserne des minimes signée RH+ architecture.

C’est déjà le moment de repartir mais avant de quitter la métropole, prenons le temps de visiter avec BFV architectes leur crèche multiaccueil composée de 99 places et une crèche familiale de 40 places mais aussi les 21 logements en accession et une crèche, un ensemble signé Chartier Dalix.

Amiens, Lille, Strasbourg et alentours…

Direction Amiens à la découverte de la restructuration et l’extension du musée de Picardie, un projet réalisé par Frenak + Jullien. Continuons vers Dunkerque pour visiter la transformation du musée des Beaux-Arts en bibliothèque, un charmant projet signé D’HOUNDT+BAJART architectes&associés dont je parle : ici. A Villereau-Herbignies découvrons l’éco-crèche de 24 places réalisée par Amélie Fontaine architecture et urbanisme.

C’est le moment d’aller à Lille à la découverte d’un ensemble intergénérationnel réalisé par Stefania Stera dont je parle ici. Restons en ville et visitons la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Hauts-De-France de Kaan architecten.

Arrêtons-nous à Hagueneau pour découvrir la restructuration et l’extension de l’école maternelle Marxnenhouse réalisée par l’agence d’architecture RHB (Rouby Hemmerlé Brigand architectes). Visitons aussi à Strasbourg la rénovation d’une charmante maison signée Gilles Kempf architecte. Finissons la visite par la découverte du monumental théâtre Le Maillon réalisé par LAN.

Découvrons aussi à Rosheim le subtil projet d’une passerelleen corten, qui se tortille comme un ruban et qui est emprunté par cyclistes et piétons. Un projet réalisé par Reiulf Ramstad Arkitekter. Continuons vers la vallée du Parce national des Vosges, pour visiter la première phase du projet du site verrier Meisenthal des deux agences d’architecture FREAKS et PILA dont je parle ici

Sur le chemin de retour vers Paris, faisons un petit arrêt à Ancy-Durnot en Moselle pour visiter le chai viticole et les chambres d’hôtes par GENS architectes. Puis un second arrêt à Reims pour découvrir la maison individuelle réalisée par l’atelier Gaëtan Cadet. A Noisy-le-Sec visitons le projet épuré des 106 logements en accession libre avec trois commerces, signé MFR ainsi que les 30 logements sociaux de RAUM à Pantin.

Paris, Lyon, Montpellier et bien d’autres

De nouveau Paris ! Et si nous allions visiter la réhabilitation de  l’ensemble immobilier de Canal architecture ? Il ne faut pas oublier la visite de la réalisation d’un programme mixte signé Brenac Gonzalez en collaboration avec MOA architectes. Non loin de là découvrons l’immeuble de bureaux réalisé par Brigitte Métra. Continuons avec l’école Vincent Auriol dans le 13ème arrondissement parisien, un petit bijou signé LA architectures.

Direction la petite commune de Faverges-Seythenex pour visiter la charmante halle culturelle et économique réalisée par NAO. Comme nous sommes dans la région, n’oublions pas de faire un crochet à la découverte du musée du fort d’Ecluse réhabilité avec tact par l’atelier PNG. Et pourquoi pas une visite dépaysante au bord du lac Léman ? C’est dans cet environnement idyllique que les architectes de l’agence O-S architectes nous font découvrir l’école de Lugrin qui allie légèreté et rationalité.

Maintenant c’est le tour de Lyon où nous pouvons découvrir la transformation en colocations étudiantes d’un bâtiment industriel remanié par A-MAS, de même allons à la découverte d’un projet atypique de démolition partielle et réhabilitation d’une halle industrielle en un éminent lieu numérique à Lyon, un projet signé Vurpas Architectes. Souvenons nous que c’est à Lyon, dans le centre-ville que l’architecte Alireza Razavi a signé un intérieur sobre dont j’ai parlé ici.

Restons dans la ville et visitons la réhabilitation des Anciennes Blanchisseries des Hospices de Lyon en 248 logements par Tangram architectes. A Vaux-en-Velin, visitons aussi le groupe scolaire René Beauverie signé de Dominique Coulon & associés. N’oublions pas que, non loin de la ville, à Charbonnière-les-bains l’agence tectoniques architectes a réalisé la maison des arts de qui vient d’être terminée. Faisons aussi un tour à Craponne, pour visiter l’office notarial aménagé par les soins de Ré architecture.  

Un peu plus au sud, Architecte à Tain l’Hermitage, découvrons le chai de Carl Fredrik Svenstedt. A Valflaunès, visitons la maison individuelle à énergie positive signée ma architectes puis à Montferrier la maison individuelle en structure mixte béton/acier réalisée par Bregues-Lepavec. A Montpellier allons voir la Bellaroia signée Manuelle Gautrand architecture. Un peu plus loin, à Colombiers découvrons l’extension du restaurant scolaire signé LS architectures.

Toulouse, Clermont-Ferrand…

Direction Toulouse à la découverte du cloître de l’université Toulouse Capitole signé Philippe Witt et Hervé Rodriguez dont je parle ici. Découvrons aussi l’impressionnante TSE Toulouse School of economics signée Grafton architects. Découvrons également la subtile réhabilitation d’une dépendance par BAST. Continuons vers Cahors pour découvrir le très sobre cinéma signé Antonio Virga Architecte.

Et si nous allions à la découverte de L’onde, une petite maison à Murat signé Jean-Baptiste Barache & Sihem Lamine ? Par ailleurs, le théâtre de la Comédie de Clermond-Ferrand signé Eduardo Souto de Moura vaut largement le détour. Non loin de là, un autre projet nous interpelle, il s’agit de la station de pleine nature signée Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés située à Mandailles-Saint-Julien.  

En rentrant à Paris, visitons le pôle médical pluridisciplinaire de Taverny, un projet signé MAAJ architectes. Mais aussi la réhabilitation et extension du Lycée Robert Doisneau à Corbeil-Essonnes par DE-SO architectes-urbanistes. Et pourquoi pas le centre de loisirs d’Athis-Mons signé Graal ? A Paris, allons voir la toute neuve maison des avocats de Renzo Piano et préparons-nous de nouveau à quitter la capitale et cette fois-ci direction Marseille.

Marseille, la Corse et ailleurs

A Marseille, accompagnons l’atelier d’architecture Lalo (Jean-Marc Lalo) qui nous fait découvrir la restructuration du cinéma Les Variétés dont je parle ici puis allons voir la transformation de l’ancien restaurant universitaire du campus de Marseille-Luminy en bibliothèque et learning center par Rémi Marciano. Découvrons également l’école maternelle de la Jouvelle, un projet réalisé par l’agence 28.04 architecture.

Un peu plus loin de la ville, à Roquevaire, visitons le Centre culturel Clément David signé Huit et demi. N’oublions pas qu’à Aix-en-Provence, Panorama Architecture a réalisé la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, un projet qui vaut le détour.

Continuons vers La Seine-sur-Mer et découvrons les 21 logements et le commerce nommé Le White Line, réalisé par Pietri architectes. A Toulon, visitons la médiathèque de Chalucet signée Corinne Vezzoni et associés. Allons aussi au Pradet où Boris Bouchet Architectes vient de terminer le superbe conservatoire du musique.

Direction la Corse où nous découvrons à Bastia le projet signé par Buzzo Spinelli Architecture et leur associé Antoine Dufour Architectes, il s’agit de la création d’un superbe théâtre de verdure, d’un outil de liaison verticale entre le Vieux Port et la place du Donjon de la Citadelle et la restauration du Jardin Romieu. Toujours en Corse visitons la Santa Teresa, une superbe maison signée Amelia Tavella et allons à la découverte d’une résidence pour un artiste réalisée par Orma architettura, plus de photos du projet : ici.

Retour à Paris

Retour dans la région parisienne, à Crosne, pour visiter la réhabilitation d’un hangar de stockage pour la création de la Maison des Jeunes et de la Maison des Associations  par Lemoal Lemoal architecture paysage. Non loin de là, à Créteil, découvrons la réhabilitation et résidentialisation de 602 logements collectifs en milieu vide par l’agence RVA. Allons au cœur bois de Vincennes pour découvrir le pôle sportif réalisé par Leclercq et associés ainsi qu’à Saint-Maurice en lisière du bois de Vincennes, à la découverte des bureaux en bois signés Atelier du Pont. Et pourquoi pas un crochet par Fontenay-sous-Bois à la découverte des 44 logements de l’atelier Philéas ?  Finissons cette visite par le retour en ville avec la visite de la maison Bergère signée AJILE que vous verrez bientôt sur ce site mais aussi la découverte de l’innovante Villa M de l’agence d’architecture franco-brésilienne Triptyque (Guillaume Sibaud et Olivier Raffaelli) dont je parle ici.

Comme chaque année, c’est à Paris que mon voyage prend fin mais l’architecture et les découvertes continuent ici et ailleurs. La sélection 2020 de Détails d’architecture n’est pas exhaustive, c’est aussi à vous de la compléter. Un grand merci à tous ceux qui lisent, commentent et critiquent Détails d’architecture.

Le chai des Hauts de Talmont, un petit exploit signé Christian Biecher

© Luc Boegly

Un exploit! Oui, car l’ensemble de la commune est classé « site patrimonial remarquable », le lieu est exceptionnel et les recours ont duré plusieurs années. Malgré tout, l’histoire est belle, l’aventure est inhabituelle et le résultat prometteur. Le chai des Hauts de Talmont réalisé par l’architecte Christian Biecher écrit le nouveau chapitre d’une nouvelle entreprise.

Le vignoble Les Hauts de Talmont est situé à Talmont-sur-Gironde sur les falaises de l’estuaire de la Gironde. Un lieu stratégique avec une vue splendide vers le large. Sur ces terres aux diverses vertus, les trois fondateurs du domaine ont souhaité la création d’un vignoble pour y planter le cépage blanc local ainsi que le colombard, dont la première vendange remonte à 2005.

L’idée séduit, la plantation trouve du succès et de fil en aiguille, d’autres acquisitions se succèdent. Ainsi, le vignoble s’agrandit. Il accueille la plantation d’un cépage rouge, le merlot, qui couvre aujourd’hui la moitié du vignoble de six hectares. C’est dans cet environnement authentique que l’architecte Christian Biecher a été mandaté pour construire un chai. Mais comment faire pour ne pas écorcher ne serait-ce qu’un peu ce lieu splendide? Une question à laquelle l’homme de l’art a répondu avec brio. Et pour cause, le projet architectural a été traité dans sa globalité en gardant une certaine harmonie entre l’idée d’une production qui se déroule selon les règles de la biodynamie et une construction qui vient s’immiscer délicatement pour n’en faire qu’un avec la nature environnante.

Fort de cette conviction, Christian Biecher a choisi de conserver la maison charentaise du XIXe siècle, présente sur la parcelle, de la rénover et d’y loger une partie du programme tout en dotant le site d’un nouveau bâtiment. Ce dernier, devrait selon l’architecte, prendre en compte toutes les caractéristiques du terrain mais aussi les différentes attentes des propriétaires des lieux pour pouvoir s’implanter avec tact dans cet environnement complexe.

Dans sa quête de lieu idéal, l’architecte s’est basé sur diverses mesures effectuées par un géobiologue. Ce dernier, a rendu son verdict, après l’observation des végétaux, la recherche de failles ou de ruptures géologiques ou encore l’identification des veines d’eau souterraines et les champs magnétiques qui en découlent, nous raconte Christian Biecher. Grâce à cette minutieuse étude, l’implantation du bâtiment a été réalisée de sorte qu’il règne une belle harmonie sur le site.  

Le programme est pourtant simple, il s’agit de faire cohabiter une salle de réception et de pressage du raisin, une cuverie constituée de cuves de vinification en inox de 100 hl et 2 gardes vin de 45 hl, un laboratoire et un espace de dégustation. N’oublions pas la cave et ses 80 fûts en chêne, que l’architecte a implantée au sous-sol. Quant aux différents espaces dédiés au stockage, les bureaux et le chai à cognac, ils sont regroupés dans la maison charentaise voisine, restaurée et mise en valeur. Une rénovation minutieuse qui respecte l’ancien en lui ajoutant quelques touches de nouveauté. Donnons l’exemple de la teinte bleue utilisée pour les portes et fenêtres, qui se rapproche de la couleur d’origine sans être la même. Des détails qui mettent en avant l’édifice historique tout en gardant son âme.

La nouvelle construction est constituée d’un long volume, à plusieurs facette, merveilleusement implanté sur la parcelle. Pour coiffer son édifice, l’architecte a choisi une toiture qui change de forme selon l’angle de vue. Et même si à première vue le toit paraît complexe, sa lecture dans son ensemble explique une extrême cohérence. Et en conséquence, le chai paraît suivant notre regard, tantôt compact, tantôt allongé.

Le matériau privilégié est le bois, propice, suivant l’architecte à la culture du vin. L’ensemble est revêtu d’un bardage en acier laqué et posé sur une infrastructure en maçonnerie. Dans cet environnement complexe et très réglementé, le nouvel édifice, aux traits aussi sobres qu’atypiques non seulement rend hommage au contexte mais aide à perpétuer une ancienne culture ancrée dans sa région.

«C’est un édifice ouvert aux autres, conçu pour accueillir toutes celles et ceux qui le souhaitent, dans un esprit de partage autour du travail du vin, dans l’espace prévu à cet effet.» Conclue Christian Biecher.

© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly

Le site de Christian Biecher: ici.

Les photos: © Luc Boegly

D’un ancien moulin en un lieu de fabrication artistique

© Cécile Septet

Dans les Yvelines, aux Mureaux, l’agence THINK TANK architecture paysage urbanisme a réhabilité un ancien moulin en le transformant en un charmant lieu de fabrication artistique. Sobriété et élégance sont au rendez-vous.

Intervenir sur l’existant sans changer son essence tout en lui insufflant un nouveau souffle est un exercice complexe qui demande une certaine dextérité. L’agence d’architecture parisienne THINK TANK dirigée par Marine de La Guerrande et Adrien Pineau a su sonder l’âme des lieux, valoriser l’existant tout en apportant une charmante touche de nouveauté.  

Adapter l’ancien

Situé dans le périmètre de l’opération ANRU démarrée en 2006, ce moulin à eau du 18ème siècle, devenu ferme puis presbytère, avait été racheté par la ville dans l’attente d’une nouvelle vie. Aujourd’hui, grâce à la délicate intervention de l’agence THINK TANK, il se transforme en un lieu de fabrication artistique dédié d’une part aux pratiques amateures et d’autre part aux résidences d’artistes, sans oublier les diverses expositions qui viendront enrichir l’ensemble.

Les architectes nous expliquent que leur démarche consistait avant tout à « produire un outil de travail performant et pérenne, propice à la création artistique, en travaillant sur des potentiels (spatiaux, financiers, techniques, opérationnels). » C’est pour cette raison que les qualités urbaines et architecturales du lieu ont été mises en exergue. De ce fait, le lieu a été rendu plus accessible malgré une différence de niveau de quatre mètres entre la rue Molière et la cour et plus ouvert sur le parc. Le projet de réhabilitation tire parti des beaux volumes et des matériaux rustiques mais de qualité que les architectes qualifient comme « une architecture d’une autre époque, à la résonnance particulière dans ce quartier en pleine restructuration. »

Dans ce quartier en pleine régénération, les trois corps de bâtiments forment un ensemble homogène d’époque. Les architectes ont proposé de garder la pierre, les gabarits construits et les charpentes. Cependant, il fallait avant tout régler le problème de la différence de niveaux entre la rue Molière, la cour de la ferme et le niveau de sol de la bergerie, d’où la mise en place d’un dispositif composé de gradins et d’escaliers qui facilite l’accès, y compris aux personnes à mobilité réduite, à tous les bâtiments.

« Dès le démarrage de l’opération, nous avons également proposé de renommer les lieux pour que démarre l’appropriation du projet par chacun. Plus personne ne savait nommer ce lieu ni les différents bâtiments. La toponymie est le premier outil possible de transformation d’un lieu et de son histoire. » nous confient les architectes.

Pour favoriser la création

Tandis que la bergerie et les granges accueillent les grands ateliers, Le bâtiment du moulin accueille des ateliers, les espaces annexes comme les rangements et les sanitaires mais aussi les locaux support pour le personnel des espaces verts. Parmi les divers changements, nous pouvons noter le remplacement du pan de la toiture nord par une verrière et le hall qui a trouvé sa place sur le pignon nord du moulin. Ce dernier, abritant l’espace d’accueil et les circulations verticales ainsi qu’un ascenseur, est positionné en rotule et permet d’avoir une entrée depuis la rue Molière outre l’accès côté cour.

Les architectes nous racontent que la palette des matériaux utilisés est restreinte, leur choix s’est porté vers « des matériaux de type industriel, rappelant à la fois la destination du lieu (fabrication artistique) et l’approche durable qui guide notre conception (économie de moyen, de gestion, réutilisation, pérennité). »

Aux Mureaux, la réhabilitation menée adroitement par les architectes de THINK TANK participe à la volonté de la ville de créer une certaine dynamique culturelle. « Les bâtiments ont été abandonnés longtemps, le jardin était fermé et il fallait contourner le site. Pendant le chantier, de nombreuses personnes sont venues m’interroger sur le projet, heureux de voir ce lieu en pleine renaissance. Chacun avait une anecdote à ce sujet, et partageait ses souvenirs. Voir la rapidité avec laquelle les habitants du quartier se sont réappropriés les lieux est la plus belle récompense » nous confie Marine de La Guerrande architecte en charge du projet. Aujourd’hui, après un an d’ouverture, le lieu vit et les usagers sont satisfaits. Un travail qui mérite reconnaissance.

© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet

Le site de THINK TANK architecture paysage urbanisme: ici.

Les photos : © Cécile Septet

La Cité-Jardin de la Butte Rouge, un patrimoine à protéger

A Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) existe un témoignage patrimonial remarquable qui a été précurseur de l’architecture écologique, il s’agit de la cité-jardin de la Butte Rouge. Cette dernière, labellisée Patrimoine du XXe siècle en 1990, est pourtant aujourd’hui, menacée de perdre son âme.

© Sipane Hoh

Nul n’ignore les qualités architecturales, patrimoniales et paysagères de la Butte Rouge de Châtenay-Malabry. En effet, cet ensemble exemplaire construit à partir des années 30, constitue un idéal d’époque qui garde toujours ses qualités, malgré les âges. Il suffit de regarder les lignes et les courbes des édifices, les différents espaces publics, les lieux de rencontres, les jardins partagés, les plans et les intérieurs généreux pour se rendre compte de l’harmonie et l’accord que peut dégager un projet architectural, urbain et paysager.

La Butte rouge est la preuve vivante d’une utopie sociale née au début du XXe siècle, celle de trouver une solution permanente et durable, à travers un habitat populaire offrant de multiples services à des populations ouvrières, à une surabondance des constructions insalubres qui abritaient plus de résidents de ce qu’elles pouvaient contenir. C’était l’époque où l’on parlait déjà du Grand Paris dont le pari était la construction des ilôts jardin tout autour de la capitale.

Mais d’où vient l’idée même de Cité-jardin?

Inspiré du « Garden city », la Cité-jardin constitue l’idéal d’une communauté résidentielle planifiée, tel que conçu par l’urbaniste anglais Sir Ebenezer Howard. L’idée de ce dernier répondait au besoin d’améliorer la qualité de la vie urbaine, qui avait été sérieusement impactée par la surpopulation et la congestion dues à une croissance incontrôlée depuis la révolution industrielle. La solution de Howard aux problèmes connexes de dépeuplement rural et de croissance fulgurante des grandes villes était urbaine, il s’agissait de la création d’une série de petites villes planifiées unissant les commodités de la vie urbaine à l’accès facile à la nature. De ce fait, la Cité-jardin idéale selon Howard serait située sur un terrain utilisé à des fins agricoles uniquement qui serait la propriété privée d’un petit groupe d’individus. Ces derniers, en conservant la propriété, conserveraient le contrôle de l’utilisation des terres.

En 1903, Howard a eu le plaisir de voir son plan se réaliser. En Angleterre, une Cité-jardin appelée Letchworth a été développée à environ 30 miles au nord de Londres et sera suivie par une autre qui fut établie non loin de la première. Depuis, le concept révolutionnaire pour l’époque a connu une grande popularité dans la planification des banlieues et des villes.

Le concept de la Cité-jardin a eu une influence très positive dans d’autres pays et l’idée a été largement propagée des Amériques jusqu’en Asie en passant par l’Europe. En France, des Cités-jardins ont ainsi vu le jour. La région parisienne a connu son lot de Cités-jardins sous l’initiative du ministre de la santé Henri Sellier qui a contribué à l’édification de quinze Cités-jardins situés autour de Paris.

Construite entre 1931 et 1965 à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), par les architectes Joseph Bassompierre, Paul de Rutté, André Arfvisdon et Paul Sirvin, en collaboration avec le paysagiste André Riousse, la Cité-jardin de la Butte-Rouge est aujourd’hui, l’un des exemple de ce concept qui a attiré les regards pendant bien longtemps. Un écrin de verdure de 70 hectares au sein de la ville, composé d’une crèche, de plusieurs écoles, de potagers, de commerces, et de 4.000 logements. Un cas d’école qui a été reconnu pour ses diverses qualités architecturales, urbaines, paysagères mais aussi sociales, ce qui lui a valu le label «architecture du XXe siècle » en 1990. Sauf que ce label, aussi prestigieux soit-il ne protège pas cet éminent ensemble patrimonial de tout changement futur.

Le site de La Cité-jardin de la Butte Rouge qui a été cédé en 2018 à la Coop Hauts-de-Bièvre Habitat, était la propriété de l’Office Public HLM Hauts-de-Seine Habitat. Un changement de propriétaire qui a entrainé un changement de paradigme. Aujourd’hui, la Butte-Rouge est menacée. En effet, suivant les derniers plans de la ville qui peut décider du sort de cet ensemble patrimonial, 15 à 20 % du bâti seront gardés et restructurés en entrainant la démolition/reconstruction du reste. A l’heure de l’importance de l’économie d’énergie, de la durabilité et des matériaux de constructions utiles mais aussi de la végétalisation des villes, des exemples précurseurs comme la Butte Rouge seraient démolis. Pour construire un écoquartier dirait-on. Mais la question est la suivante : la Cité-jardin étant déjà un écoquartier, ne serait-il pas plus intelligent de réhabiliter l’existant ?

Le patrimoine du XXe siècle jouit déjà d’une très mauvaise publicité. Dans cet exemple précis, rien n’explique une démolition. Aujourd’hui, nous savons tous qu’une démolition coûte cher et dégage des déchets sans parler des traumatismes causés par les images d’une cité démolie sans qu’il n’y ait aucune raison valable, ne serait-ce qu’une vétusté qui sera très facilement remédiée selon les moyens dont on dispose pour embellir nos villes et les doter de tout confort tout en respectant les divers normes actuels.

A Châtenay-Malabry, le modèle urbain de la Cité-jardin est en train de péricliter à cause d’une nouvelle opération qui rayera à jamais un patrimoine architectural reconnu mondialement comme l’un des exemples utopiques qui ont marqué l’histoire de la banlieue parisienne. Au nom de l’architecture, du patrimoine et du paysagisme, préservons ces Cités-jardins qui contribuent à alimenter l’âme de la région parisienne!

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Les photos : © Sipane Hoh

Pour ceux qui ne connaissent pas cet exceptionnel exemple patrimonial, à l’occasion des journées nationales de l’architecture, l’ordre des architectes d’île-de-France organise des visites groupées. Pour s’inscrire c’est par ici.