Frugale mais sensible, la réalisation de Farid Azib à Saint-Lô

© Luc Boegly

Le nouveau technopôle de Saint-Lô vient d’être terminé. Il s’agit d’un bâtiment remarquable, identifiable de loin, à l’allure fière, à la fois sobre et frugal qui constitue le point de départ de la nouvelle zone d’activité dédiée aux diverses entreprises innovantes du territoire. Un projet qui porte la signature habile de Farid Azib (RANDJA).

Une forme simple, un programme complexe

A Saint-Lô, une forme simple accueille un programme complexe dont des espaces de co-working, d’autres de réceptions et de démonstration ainsi qu’un auditorium, le tout dans un écrin minéral qui allie monumentalité et élégance. L’architecte Farid Azib et son agence ont été retenu en 2015 pour mener à bien le projet. « j’en étais très heureux. Connaissant mal la région et la ville de Saint-Lô, je sentais pourtant une attirance pour ce territoire à la géographie particulière, cette grande presqu’île réelle et ancienne, et j’avais toujours été interpellé par la dénomination « Manche », le nom donné au département. Cet attrait, tout autant que la programmation, a fortement motivé ma candidature. » Déclare l’architecte.

Mais ce territoire peu connu de certains, a su au fil du temps rebondir tout en se projetant vers l’avenir. En effet, la ville de Saint-Lô possède une histoire chaotique, ayant été bombardée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle porte les stigmates du passé, mais elle est aussi capable d’envisager l’avenir, un avenir où l’architecture joue l’un des rôles les plus importants. Et c’est sous la houlette de Farid Azib que la renaissance architecturale de ce morceau de ville se profile. L’architecte puise ainsi dans le passé de Saint-Lô pour écrire, avec les mêmes matériaux, un chapitre nouveau où texture et matérialité se croisent dans la plus simple des formes et composent le futur Technopôle Agglo 21. Minéralité et robustesse sont donc les caractéristiques de la nouvelle réalisation qui allie admirablement et avec la plus grande finesse, l’agrégat, la roche et le béton.

« Ce sera l’agrégat, le béton, le même utilisé au lendemain de la guerre, cette roche pulvérisée en gravats, que Saint-Lô a ramassée, triée, assemblée pour en faire à nouveau des murs solides et protecteurs. Le béton se confond avec l’histoire récente de la ville, ce matériau ayant beaucoup servi pour la reconstruction. Cette histoire avec le béton coïncide avec l’établissement d’excellents maçons venus d’Italie pour reconstruire la ville meurtrie. Ils vont créer des entreprises de gros œuvre exemplaires spécialisées dans le béton, qui œuvrent encore aujourd’hui ; la société Zanello qui a merveilleusement exécuté cet ouvrage, est l’une d’elles. » Raconte l’architecte.

Une conception sobre et lumineuse

A Saint-Lô, l’architecte n’a pas souhaité d’engendrer un volume pimpant aux vues magnifiques mais toute son attention a été orientée vers une conception sobre qui englobe les fonctions à l’intérieur des murs épais tout en dynamisant les interactions entre les usagers. Ainsi, les vues sur le paysage ne sont pas spécialement recherchées, à l’exception de l’amphithéâtre de 280 places, qui, exposé à la départementale, présente à la vue des automobilistes, la fonction du bâtiment. Un geste inattendu qui offre au regard des passants, un édifice différent des autres entités commerciales présentes aux alentours. L’intention de l’architecte était donc la générosité des espaces intérieurs mis à disposition des utilisateurs des lieux.

Néanmoins malgré l’aspect hermétique du projet, l’ensemble, manié avec tact par Farid Azib, dévoile plusieurs adorables surprises. En effet, si l’on regarde de près, l’équipement interagit avec son environnement. Notons par exemple l’espace « escalier-gradin » qui constitue un hémicycle de plein air en prolongement de l’amphithéâtre intérieur programmé. De même, l’agencement se fait par juxtaposition afin d’éviter les couloirs, l’architecte a conçu des espaces généreux où la lumière naturelle est toujours présente. Ainsi, le projet, qui semble opaque depuis la façade située au sud, sur les parkings, s’avère être baigné de lumière grâce aux larges baies vitrées donnant sur les patios intérieurs.

Outre l’exemplarité de la conception structurelle et la technicité de sa mise en œuvre inédite, le nouveau technopôle de Saint-Lô, à l’allure aussi monumentale que frugale, dévoile une indéniable sensibilité qui fait sa spécificité.  

© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly

Le site de Farid Azib (RANDJA) : ici. (A noter que l’architecte Dhouha Hamdi est le chef de projet.)

Les photos : © Luc Boegly

La maison sur la colline, un petit bijou signé Dario Castellino

© Dario Castellino

En Italie, dans la petite commune de San Michele di Vignolo, l’architecte Dario Castellino a réalisé une charmante maison à la vue imprenable, aux traits fins et aux lignes pures.

Construire et préserver

Dario Castellino nous raconte que l’intervention est située à San Michele di Vignolo sur un lot triangulaire qui borde la route municipale en amont et en aval tandis que du troisième côté, elle se trouvé à côté d’une propriété privée. Le terrain vallonné contient des pentes raides qui mènent vers la vallée et une zone plate qui va vers la montagne. Sur cette partie plate, il y avait trois anciens bâtiments ruraux abandonnés sans valeur architecturale historique. C’est dans ce cadre hétéroclite que les propriétaires souhaitaient construire une nouvelle maison.

Le projet de la maison sur la colline fait ainsi partie d’un plan de relance qui impliquait une nouvelle construction tout en apportant des changements sur le bâtiment rural existant situé au sud. Construire et préserver était donc le but recherché par l’architecte. L’immeuble entretenu et récupéré est réparti sur trois étages. Nous pouvons y trouver un rez-de-chaussée au niveau de la cour, un premier étage avec accès extérieur par escalier et balcon et une cave accessible de l’intérieur du rez-de-chaussée. Le toit en bois est à deux pans, les murs sont porteurs et sont en maçonnerie mixte, tandis que les plafonds entre le rez-de-chaussée et le premier étage sont composés en partie en poutres et en tuiles. L’intervention de l’architecte est plutôt conservatrice, elle libère le noyau le plus ancien, consolide les murs et reprend la toiture. Cette dernière garde son ossature bois et son manteau en tuiles marseillaises. L’accès au premier étage est garanti par un nouvel escalier extérieur en bois similaire à l’existant.

Relier le passé et le présent

La nouvelle construction se compose de deux volumes placés côte à côte, l’un comprend le séjour et l’autre le coin nuit. Tous les deux comportent des toits en bois et des vieux tuiles similaires à celles des maisons environnantes. L’ensemble de la structure repose sur des piliers en bois qui évitent ceux en béton utilisés pour le soutènement. Quant aux murs, ils sont fabriqués de sorte à réduire autant que possible l’impact environnemental.

Les nouveaux volumes s’inspirent des constructions environnantes, tant par leur orientation que par la forme du bâti. Entre les deux entités, se trouve une charmante galerie ouverte recouverte d’une pergola avec des poutres en bois recyclé sur lesquelles une superbe glycine a été plantée. L’ensemble apporte de l’ombre les jours de grande chaleur. Dario Castellino connu par ses divers projets résidentiels, a, encore une fois, réalisé un petit bijou qui relie brillamment le passé et le présent. C’est une réalisation remarquable à découvrir sans tarder !

© Dario Castellino
© Dario Castellino
© Dario Castellino
© Dario Castellino

Le site de Dario Castellino : ici.

Les photos: © Dario Castellino

En Californie, la charmante House of Flowers signée Walker Warner Architects

© Douglas Friedman

En Californie, dans la commune de Healdsburg, l’agence d’architecture Walker Warners Architects a réalisé un projet remarquable qui, tout en respectant l’histoire du lieu, fait évoluer l’ensemble avec tact. Élégance et grâce sont au rendez-vous.

Un point de repère local

C’est une expérience inédite qui insuffle une nouvelle vie à un point de repère local très apprécié qui est devenu, à travers l’intervention des architectes, un domaine de style complexe destiné à la célébration du vin, à la nourriture et au paysage naturel.

Les architectes nous racontent que, situé à quelques minutes du centre-ville de Healdsburg, au cœur de la Russian River Valley, et construit à l’origine comme une cave au milieu des années 70, les installations du domaine de 13,5 acres s’étaient détériorées et devenues obsolètes. Connu depuis longtemps pour son charme rustique et son lien authentique avec la nature, le site était prometteur. Par coïncidence, Flowers Vineyard & Winery cherchait un lieu pour présenter leurs vins produits de manière durable dans un cadre qui exprimait leur philosophie de la nature.

Le défi consistait donc à faire évoluer la collection existante d’installations et à préserver l’héritage naturel tout en veillant à ce que le lieu puisse répondre aux attentes d’aujourd’hui et devenir une destination à part entière. « Notre approche était d’une simplicité trompeuse », note Brooks Walker, directeur de Walker Warner Architects. « Laisser la nature dominer et utiliser l’architecture pour encadrer l’expérience. »

Remodeler plutôt que construire

Situés dans un bosquet de séquoias, les bâtiments existants étaient largement déconnectés de leur riche paysage. Selon les architectes, la stratégie consistait à trouver des moyens de reconnecter les visiteurs au paysage tout en réinventant ce qui était une série de bâtiments industriels simples. L’intervention a commencé en investissant le site selon un sens aigu d’orientation. En effet, de nouvelles voies conduisent les visiteurs de l’aire de stationnement au centre d’accueil nouvellement remanié. Auparavant l’entrepôt devenu le centre d’accueil offre aux clients une orientation sur le site et présente l’histoire du lieu. Comme pour les autres structures existantes sur le site, la maison d’accueil de 15 700 pieds carrés a été colorée d’un noir sombre, inspirée par l’ombre profonde de la forêt de séquoias environnante, pour aider les bâtiments à reculer dans le site et permettre au paysage de faire la mise au point.

Remodeler les structures existantes plutôt que de reconstruire c’est l’idée même de l’engagement de la House of Flowers envers la durabilité. L’approche, qui a permis de « recycler la majeure partie de la structure d’origine », a mis l’accent sur les efforts de conception, magnifiant ce qui était déjà présent. Les stratégies énergétiques passives, à faible coût et à fort impact, ont été maximisées et comprennent la mise à profit de la lumière du jour (puits de lumière et grandes fenêtres) et de l’ombre (les lattes de bois extérieures servent de voile tandis que la forêt de séquoias environnante offre de l’ombre supplémentaire). La durabilité est renforcée par plusieurs grandes installations de bois. En effet, ces dernières fonctionnelles et monumentales, sont construites de rondins récupérés par l’artiste Evan Shively.

« Les formes vernaculaires fortes et simples de la région ont servi de guide et de point de référence pour aider à ancrer l’architecture dans son environnement. En affinant visuellement les structures, en simplifiant la palette et en faisant abstraction des détails vernaculaires traditionnels, nous avons tenté de créer une expression architecturale qui honore le contexte local tout en faisant en sorte que le visiteur se sente chez lui et à l’aise. En fin de compte, l’intention était de prendre des formes et des éléments confortables et familiers et de les utiliser pour créer des espaces extraordinaires pour les visiteurs. » Souligne Mike McCabe, directeur de Walker Warner Architects.

Niché dans le paysage

Niché discrètement dans le paysage, la transformation impliquait l’ajout d’un élément pop-up à une extrémité de la maison d’accueil à un étage. L’addition tricote le bâtiment avec la topographie, résultant en une installation à plusieurs niveaux qui préserve les formes vernaculaires modestes tout en offrant un accès sans faille aux vues imprenables et aux jardins offerts par le sommet de la colline. La structure aérée au sommet d’une colline sert de transition vers les jardins spacieux et fournit des sièges abrités et des espaces d’agrément, y compris un four à bois extérieur. Les intérieurs sont lumineux grâce au revêtement de cyprès blanchi, complétant la relation yin-yang (lumière sombre) de l’extérieur vers l’intérieur. « L’expression architecturale est sous-estimée », note Mike McCabe, directeur de Walker Warner Architects. « Il ne s’agissait pas de faire une déclaration. Il s’agit de créer un lieu qui peut unifier les valeurs importantes pour la marque Flowers – célébrer la nature et le contexte local avec ce qui est important pour le site et la communauté. » La volonté, notent les propriétaires de Flowers, était de « créer un environnement où les clients se sentent comme s’ils entraient chez nous, expérimentant des vins élaborés sans compromis et partagés sans prétention. »

Vous pourrez découvrir une variété de lieux de rassemblements intimes pour savourer les vins de la côte de Sonoma Flowers à l’intérieur comme à l’extérieur. En entrant, les clients sont conduits au deuxième étage qui comprend le solarium, la salle à manger et les espaces de vie ainsi que les espaces privés pour les invités VIP. Les jardins, encadrés par des murs de terre battue rénovés existants, mettent l’expérience plus en évidence, se déployant comme une série d’espaces tranquilles destinés à la collecte, à la dégustation de vin et à la célébration de la nature. Le site occupe la frontière entre le vignoble quadrillé et les champs agricoles du fleuve , il est situé parmi les contreforts de prairies de chênes menant aux forêts de séquoias côtiers qui entourent les vignobles du domaine de Flowers sur l’extrême côte de Sonoma. Les jardins en terrasses présentent des essences végétales que l’on trouve dans les environs. De nouveaux murs en béton formés de panneaux ont été ajoutés au paysage, qui, au besoin, servent de contrepoint et augmentant la série de pièces archéologiques exposées. Le paysage et l’architecture se croisent pour former un refuge tranquille, un endroit pour célébrer les amis à travers l’expérience du vin.

© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman

Les photos: © Douglas Friedman

Pour plus d’informations sur les acteurs qui ont contribué à l’aventure:

Le site de House of Flowers : ici. Instagram: @Flowerswinery

Le site de Walker Warner Architects: ici. Instagram: @walkerwarnerarchitects

Le site de Maca Huneeus Design: ici. Instagram: @maca_huneeus

Le site du photographe Douglas Friedman: ici. Instagram: @douglasfriedman

Le site de Cello & Maudru Construction Company: ici. Instagram: @cellomaudru

Le site de Nelson Byrd Woltz Landscape Architects: ici. Instagram: @nelsonbyrdwoltz 

Le site de l’agence Alexis Woods Landscape Design: ici.

Le site d’Anna Kondolf Lighting Design: ici.

Casa Santa Marinha, la charmante réalisation signée Paulo Moreira

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, l’architecte Paulo Moreira a réalisé une charmante villa qui se caractérise par ses lignes pures et ses traits distingués. Malgré le fait que la réalisation semble se trouver derrière un écrin clos, sobriété, générosité et luminosité sont au rendez-vous.

Une transformation complète

Paulo Moreira nous raconte que la Casa Santa Marinha est située dans une zone périphérique dispersée de la ville portugaise de Vila Nova de Gaia. « Il existe une variété de bâtiments différents dans les environs, des maisons individuelles avec annexes à l’arrière aux blocs résidentiels assez indescriptibles. » Souligne l’architecte.

En effet, le terrain, situé dans un coin, était occupé par une ancienne ruine. « Il ne restait que deux façades en pierre, ainsi qu’une zone de terrain vide surélevée au-dessus de la route. » rajoute Paulo. Le projet a donc nécessité une transformation complète afin de réaliser le programme requis. Ce dernier comprend une maison individuelle, avec un salon et une cuisine, deux chambres, un bureau, un garage ainsi qu’une annexe pour les invités.

La maison existante sur la parcelle a été agrandie, ajoutant un nouveau volume au rez-de-jardin qui donne sur le pignon du bâtiment voisin. Les deux volumes sont unifiés par une matérialité et un langage homogènes, sans distinction entre le nouveau et l’ancien. Une certaine harmonie se dégage ainsi de l’ensemble.

Les deux entités sont surmontées de nouveaux toits en zinc aux géométries variées. À l’extérieur, les pierres de l’ancienne ruine ont été réutilisées pour créer des détails et des connexions uniques entre la maison principale et la nouvelle annexe, située aux extrémités opposées du terrain.  

Un doux dialogue avec le jardin

À l’intérieur, les matériaux ont été synthétisés. Tandis que les plafonds et les sols sont en bois, les murs blancs et le marbre caractérisent les différentes aires de service. Le nouveau volume abrite le salon et la cuisine, avec un coin en verre. Ce dernier crée un doux dialogue avec le jardin vers qui il s’ouvre grâce aux différentes baies vitrées. Le plus grand volume abrite les zones de circulation et de service, les chambres et le bureau. La spatialité fluide permet la circulation entre les différents étages et volumes, améliorant les transparences et créant une mezzanine avec un bureau.

À l’étage inférieur, se trouvent un garage et une buanderie ainsi que d’autres zones techniques. À l’étage supérieur, nous pouvons trouver deux suites qui communiquent avec la rue et avec une terrasse donnant sur le reste du terrain. Les toilettes sont revêtues de marbre blanc, créant une luminosité qui est renforcée par la lumière naturelle des puits de lumière.

L’ensemble est d’une grande sobriété. Les différentes textures et matières mettent en avant la volonté de créer quelque chose de perenne à la fois frugal et intemporel. Paulo Moreira et son équipe ont réalisé un projet subtil qui semble être façonné pour le contexte. Un travail qui mérite d’être reconnu!

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Paulo Moreira architectures: ici.

Les photos: © Ivo Tavares Studio

Quand Benthem Crouwel Architects et Hofman Dujardin croisent leurs savoirs

© Jannes Linders pour Benthem Crouwel Architects

Le 7 janvier, Cedar, les nouveaux bureaux de la plus grande banque des Pays-Bas, a été inauguré officiellement à Cumulus Park à Amsterdam. Il s’agit d’une charmante réalisation conçue par Benthem Crouwel Architects et Hofman Dujardin.

Une nouvelle façon de travailler

A Amsterdam, la nouvelle construction transparente et durable qui a été conçue pour 2.800 employés de l’entreprise ING a été réalisée par Benthem Crouwel Architects et HofmanDujardin. Le concept incarne une nouvelle façon de travailler. En effet avec des intérieurs flexibles et innovants, l’ensemble inspire les gens à se rencontrer, à se connecter et à être encore plus créatifs.

« Cedar » est un nouveau type de bureau qui se compose de deux volumes de cinq étages reliés par une passerelle vitrée qui assure une liaison rapide au sein du bâtiment. Ce dernier, son intérieur et le parc environnant sont conçus comme un tout intégral et accueillant, établissant une nouvelle typologie pour les institutions financières. En effet, au lieu de mettre l’accent sur la sécurité et le pouvoir, l’architecture se concentre sur la transparence, la connectivité et la collaboration.

Selon les architectes, la conception hautement durable et centrée sur l’homme est un exemple notable de la volonté de la firme de responsabiliser les personnes dans un bâtiment qui s’ouvre à la société. Le design a reçu le label de durabilité BREEAM-NL Outstanding. La réalisation est située à Cumulus Park, à Amsterdam Zuidoost, dans un quartier innovant et dynamique.

Un jardin urbain

La décision des architectes de Benthem Crouwel de déplacer le bâtiment à l’arrière de la parcelle a créé une grande zone verte devant le bâti. Ce jardin urbain, conçu par les architectes paysagistes de Karres en Brands, devient le cœur du quartier de l’innovation reliant les bâtiments et les utilisateurs, les résidents et les visiteurs tout en améliorant l’espace public de toute la zone. En raison de son orientation générale, le bâtiment se présente comme un volume qui sied à son environnement où l’on trouve une multitude de bâtiments de faible hauteur et plusieurs niveaux dans le paysage urbain. Une piste cyclable traverse directement l’édifice, soulignant en outre que ce dernier n’est pas un obstacle pour se déplacer, mais fait partie intégrante de l’espace urbain, améliorant la connectivité.

« L’urbanisme et l’architecture de Cedar évoluent autour de la connectivité » explique Pascal Cornips, architecte et partenaire chez Benthem Crouwel Architects qui souligne « Cedar relie les gens, le quartier et la société de manière créative et inspirante. La transparence des façades du bâtiment incarne parfaitement la nouvelle philosophie d’ING en mettant l’accent sur la collaboration, l’autonomisation et l’ouverture, mais garantit également que les employés soint toujours en contact avec le monde vert à l’extérieur. » En effet, les façades lisses et incurvées et les fenêtres du sol au plafond confèrent au projet une atmosphère conviviale. Les auvents arrondis qui s’enroulent autour de la façade relient visuellement les deux volumes et donnent au bâtiment une dimension humaine, tout en servant simultanément d’écrans solaires qui protègent les espaces de travail de la chaleur du soleil.

De vastes espaces ouverts

À l’intérieur, des atriums lumineux et aérés forment le cœur central de l’édifice et permettent à la lumière du jour d’inonder le bâtiment. Les grandes dimensions et la grande portée au sol ainsi que la faible hauteur de l’ensemble garantissent de vastes espaces ouverts à chaque étage. Les plans d’étage ouverts donnent aux employés une flexibilité optimale et permettent également une utilisation alternative à l’avenir.

Barbara Dujardin et Michiel Hofman (Hofman Dujardin ) a conçu à la fois l’intérieur, les plates-formes et les escaliers dynamiques et flottants qui sillonnent les deux atriums spacieux au cœur du bâtiment. « L’intérieur de Cedar est axé sur l’autonomisation et le bien-être. Vous ressentez la liberté lorsque vous entrez. Les plates-formes relient les lieux et les personnes et apportent le dynamisme au plus haut niveau du bâtiment », expliquent Barbara Dujardin et Michiel Hofman, partenaires fondateurs de HofmanDujardin.

Au rez-de-chaussée, un monde de possibilités s’ouvre au visiteur dont le café-bar, l’aire de restauration, les salles d’événements ou encore les divers lieux de rencontre informels. Tous les lieux sont conçus pour avoir une taille humaine tout en étant harmonieux et connectés.
Selon les architectes, les plateformes expressives en bois symbolisent l’identité de la banque du 21e siècle en tant que plateforme numérique. Ils forment des espaces au sol et créent des connexions physiques et visuelles qui stimulent naturellement tous les collaborateurs.

Une excellente acoustique

L’agencement encourage également les gens à monter les escaliers. Les plate-formes deviennent rapidement des lieux de prédilection pour tenir des réunions spontanées. Les cadres métalliques flexibles et mobiles permettent aux diverses plate-formes de servir de «salles» temporaires pour des réunions d’affaires, des expositions d’art ou des fêtes d’anniversaire.

Tous les étages de bureaux sont accessibles à partir des plates-formes par des zones d’entrées agrémentées d’une texture de couleurs chaudes, chacune avec son mobilier unique pour créer une diversité reconnaissable. Nous pouvons noter un seul concept d’aménagement d’étage dans tout le bâtiment. Par ailleurs l’environnement agile donne toute liberté pour choisir où et comment travailler et se rencontrer. De plus, chaque niveau dispose d’un espace de concentration silencieux, avec une table de lecture et une série de pièces privées. Tout au long du bâtiment, une excellente acoustique assure une sensation de bien-être. De nombreuses plantes, de grands arbres et 300 œuvres de la grande collection d’art d’ING agrémentent l’intérieur où règnent le matériau naturel. L’édifice conçu par Benthem Crouwel Architects et Hofman Dujardin forme ainsi un lieu de travail stimulant qui rassemble les talents.

© Matthijs van Roon pour HofmanDujardin
© Matthijs van Roon pour HofmanDujardin
© Matthijs van Roon pour HofmanDujardin
© Jannes Linders pour Benthem Crouwel Architects

Le site de Benthem Crouwel Architects : ici.

Le site de HofmanDujardin : ici.

Les photos de l’intérieur : © Matthijs van Roon pour HofmanDujardin

Les photos de l’éxtérieur : © Jannes Linders pour Benthem Crouwel Architects 

En Espagne, Zooco Estudio réalise une charmante réhabilitation

© Imagen Subliminal

Située au nord-ouest de la capitale espagnole, la maison remaniée avec tact par l’agence Zooco Estudio propose des espaces bien proportionnés ainsi que des intérieurs sobres.

Une rénovation complète

Les architectes nous racontent qu’il s’agit de la rénovation complète d’une maison familiale dont l’intervention principale consiste à générer une double hauteur autour de la surface habitable de la maison tout en organisant un lobby à l’étage supérieur.

En tant qu’élément unificateur, une étagère se lève colonisant les espaces de vie et du lobby. De cette façon, nous intégrons l’esthétique et la fonctionnalité dans un seul élément. Le premier tronçon d’escalier est un volume solide et soulevé, contrairement au deuxième qui se développe en une tôle ondulée se pliant et générant les marches.

Textures et matières

La sélection des matériaux est binaire. Il s’agit d’un bois de chêne que l’on trouve dans la finition des surfaces blanches des étagères, des murs et du toit. Au niveau des chambres, les lattes blanches notent la limite du couloir cachant les portes de la salle de bain et de la chambre. Des détails soignés que les architectes ont pensé avec délicatesse, des éléments qui viennent enrichir l’univers intérieur où l’on note une grande sobriété.

Tandis que les grandes baies vitrées donnent la sensation d’amplitude, les différentes textures et matières se croisent pour un effet harmonieux. Les diverses interstices deviennent ainsi un atout tout en gardant leur propre particularité. Les architectes de Zooco Estudio ont accompli un travail d’orfèvre qui mérite d’être récompensé.

© Imagen Subliminal
© Imagen Subliminal
© Imagen Subliminal
© Imagen Subliminal

Le site de Zooco Estudio: ici.

 Les photos : © Imagen Subliminal