Lookout House, une charmante réalisation signée Faulkner architects

© Joe Fletcher Photography

Aux Etats-Unis, dans le comté de Nevada, à Truckee, les architectes de Faulkner architects ont réalisé une charmante résidence de vacances nichée sur la pente qui comprend divers qualités.

Un environnement idyllique et privilégié

Les architectes nous racontent que le chantier a eu une influence significative sur la conception de cette maison. Situé à la base d’un volcan vieux de trois millions d’années, le panorama est constitué d’une pente de 20° orientée vers le nord avec un refuge et une vue imprenable sur les environs. Composé de sédiments volcaniques provenant de coulées anciennes et parsemé de rochers jusqu’à 15 pieds de diamètre, le site se trouve dans un oasis de pins et de sapins blancs.

Les hivers rigoureux laissent le sol clairsemé mais partiellement recouvert d’un tapis d’aiguilles et de pommes de pin. C’est donc dans cet environnement à la fois idyllique et privilégié que l’agence Faulkner architects a réalisé son projet, une villa en béton aux lignes pures et aux traits épurés qui a su adopter délicatement la parcelle.

Le verre rouge-orange suggère la couleur du magma de refroidissement, faisant référence à la géologie du site et offrant une approche chaleureuse. La teinte chaude se prolonge à l’intérieur, baignant l’entrée et l’escalier central de lumière. À l’est, un accès skiable dégagé attenant au site appuie la façon dont le plan est intégré dans la pente. Par ailleurs, une fente étroite à l’intérieur du volume de la maison reflète l’espace continu de la piste de ski. Cette fente relie les différents niveaux d’intimité situés au sein de la maison.

Le béton à l’honneur

Des murs de béton isolés de 20 pouces d’épaisseur fabriqués à partir de sable et d’agrégats locaux forment le sol qui s’étend jusqu’aux toits pour enfermer l’espace. Des ouvertures sur toute la hauteur avec des portes coulissantes complètement vitrées ouvrent l’espace aux brises dominantes du sud-ouest. Les murs en béton s’étendent au-delà de l’environnement intérieur chaleureux pour créer des limites extérieurs à chaque extrémité de la villa. Les murs prolongés continuent dans la pente, se fermant et se connectant presque, mais s’arrêtant net pour laisser un échappatoire. Ce dernier permet au talus incliné de se verser doucement dans le bâtiment.

La durabilité est abordée dans ce projet en mettant l’accent sur la rétention d’énergie à travers le choix des matériaux et les divers procédés. Les qualités de la maison sont nombreuses, nous pouvons citer les murs en béton, les sols en pierre chauffés par rayonnement, le toit isolé, les vitrages améliorés, les équipements d’éclairage mécaniques à haute efficacité minimisent les pertes d’énergie entre autres. Les architectes rajoutent que l’extérieur en béton et en acier est résistant au feu et nécessite peu d’entretien. Bref, que des ingrédients qui forment une architecture réussie !

© Joe Fletcher Photography
© Joe Fletcher Photography
© Joe Fletcher Photography
© Joe Fletcher Photography
© Joe Fletcher Photography

Le site de Faulkner architects : ici.

Les photos : © Joe Fletcher Photography

D’autres liens : @faulknerarchitects  @_cmpk_   @joefletcherphoto

A Lille, un édifice épuré signé Barbarito Bancel Architectes

© Alessandra Chemollo

C’est un bâtiment destiné à abriter des bureaux que les architectes de l’agence Barbarito Bancel viennent de terminer à Lille. Un édifice de 1 465 m², baptisé Lucio, qui se pose délicatement dans le nouveau quartier des Rives de la Haute Deûle et qui se caractérise par sa façade écaillée identifiable de loin.

Un édifice élégant, capable de durer

La réalisation se trouve au sein d’EuraTechnologies, le nouveau pôle économique dédié aux technologies de l’information et de la communication. Il regroupe de nombreuses start-up françaises et étrangères. Un quartier de haut vol pour une technologie de pointe. L’architecture devrait donc suivre cette tendance, en s’alignant sur les diverses exigences des propriétaires tout en proposant une conception adéquate.

Un projet dynamique et fonctionnel, à l’esthétique épurée était donc la réponse de l’agence Barbarito Bancel (Ivana Barbarito et Benjamin Bancel) qui a fait tout son possible pour engendrer une réalisation élégante pouvant s’adapter à un voisinage particulier. En effet, la présence aux alentours de plusieurs témoins architecturaux anciens comme le campanile et les quelques reliquats de la friche à l’identité patrimoniale forte n’ont pas dû rendre la tâche facile. Il fallait proposer un édifice élégant capable de durer.

Une surprenante parure d’écailles de verre

L’édifice prend place en face de la « Cour de Bretagne », la grande place qui constitue l’entrée du nouveau quartier d’activités. Ce dernier est censé symboliser la reconversion du secteur industriel et tertiaire. Le projet est composé de 1 465 m² d’espaces de bureaux, le tout intégré dans un volume transparent qui laisse entrevoir la profondeur de l’îlot. Aussi ludique que significative, la façade est composée d’une surprenante parure d’écailles de verre qui fait sa singularité. Par ailleurs, l’ensemble se pose délicatement sur un écrin de béton.

Les intérieurs sont largement illuminés grâce aux grandes baies vitrées, de même, les vues sont dégagées et les diverses perspectives vers l’extérieur sont nombreuses. L’ensemble affiche, grâce à son enveloppe, une identité à part entière. Cette dernière est non seulement esthétique mais très utile. En effet, les architectes ont eu recours à cette astuce pour son contrôle de l’apport solaire tout en dégageant les belles aperçues, en se basant sur des procédés techniques qui respectent les normes énergétiques en vigueur. Le résultat est très appréciable.

Qualité du confort visuel

L’entrée principale de l’immeuble, s’ouvre sur le principal espace public du quartier et s’insère en creux dans l’épaisseur du volume tout en révélant un interstice soigné où se croisent astucieusement le béton et le bois. Dans le but de protéger du soleil les espaces principaux de travail, le noyau qui regroupe les différentes parties annexes et la distribution des étages est positionné côté sud.

Les architectes soulignent par ailleurs que la structure interne du bâtiment est de type poteau-dalle alvéolée précontrainte (DAP). Elle est combinée à un système de rafraîchissement-ventilation-chauffage ingénieux intégré dans l’épaisseur de la dalle. Un agencement qui permet la libération de plateaux entièrement flexibles et dépouillé de toute structure et de contraintes techniques. Un tour de force que les architectes ont accompli avec tact. Quant à la vue dégagée, la générosité des espaces et le plafond en béton peint en gris, ils réaffirment la qualité du confort visuel et la luminosité.

A Lille, l’immeuble de bureaux de Barbarito Bancel se résume en un ensemble compact aux lignes pures et à l’allure dynamique qui viendra enrichir ce nouveau morceau de ville. Un travail aussi fin qu’élégant qui mérite reconnaissance.

© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo

Le site de Barbarito Bancel: ici.

Les photos : © Alessandra Chemollo

Fiche technique • Lieu Lille, Zac Rives de la Haute Deûle, EuraTechnologies • Type de projet Bâtiment de bureaux • Maîtrise d’ouvrage Foncière de L’Érable (Crédit Agricole Nord de France) • Promoteur Ervefel et Promonor • Aménageur Soreli • Urbaniste PDAA • Maîtrise d’œuvre Architecte mandataire : Barbarito Bancel Architectes BET structure : Masse et Somete BET fluides : Réflexion BET performance énergetique : Greenbirdie BET façade : EOC et RFR BET électrique: Kee • Entreprises Façadier : STM Groupe Roger Delattre Bardage Aluminium : Soprema Entreprises • Fournisseurs Saint-Gobain Vitrage • Phase Livré en 2020 • Budget 1 760 euro/ m² • Surface 1 465 m²

Quand Ilan Pivko conçoit une nouvelle icône pour la ville

© Ilan Pivko Architects

Le groupe Hagag Brothers vient de commencer la construction d’un nouveau projet. Ce dernier, composé d’appartements de luxe et d’un hôtel cinq étoile est situé sur le port de Tel-Aviv et porte la gracieuse signature d’Ilan Pivko. Un projet aux lignes pures qui deviendra une importante référence pour la ville.  

Elle s’inspire de l’art cubiste

Situé À 50 mètres (environ 164 pieds) du front de mer, le projet comprend 40 appartements exclusivement de luxe avec un hôtel cinq étoiles. Baptisé Port Tel Aviv, l’ensemble, conçu par l’agence Ilan Pivko Architects, s’inspire de l’art cubiste de Pablo Picasso et Georges Braque.

La propriété de dix étages est située au cœur du port, dans un quartier très convoité. Tandis que la boutique et l’hôtel occuperont les deux premiers étages et offriront 44 chambres et suites, les sept derniers étages comportent 40 luxueux appartements, deux mini-penthouses avec piscine privée et deux penthouses exclusifs de cinq chambres avec terrasses et piscines privées sur le toit. En somme, des espaces généreux pour une clientèle aisée.

Dans son aperçu, la conception semble d’inspiration moderniste, elle fusionne parfaitement l’art et l’architecture. Les architectes nous expliquent que chaque étage dispose de terrasses privées encastrées enveloppantes avec des mosaïques des façades qui offrent à la fois une protection « brise soleil », ce qui réduit le gain de chaleur à l’intérieur du bâtiment en déviant la lumière du soleil. Les espaces de vie sont conçus pour maximiser la lumière méditerranéenne avec intérieurs ouverts lumineux, planchers luxueux et des hauts plafonds qui offrent une vue dégagée sur l’extérieur.

En tant que l’un des quartiers les plus dynamiques de Tel Aviv, l’emplacement allie loisirs et commodité à l’accès aux plages mais aussi aux diverses zones de loisirs comme les parcs, les  restaurants renommés, les marchés fermiers et les boutiques de mode. Depuis plusieurs années, la partie nord de la ville se développe de plus en plus, elle contient désormais une architecture nouvelle bien différente de l’architecture Bauhaus de renommée mondiale datant des années 1930 mais capable d’apporter un nouveau souffle à la ville blanche.

Et développe un langage architectural à part entière

L’idée originale d’Ilan Pivko, se base sur une utilisation tout à fait unique et optimale de l’ombre et de la lumière, s’inspirant des pionniers du mouvement cubiste du design et développant un langage architectural à part entière. Fidèle à la façade cubiste artistique du bâtiment, le hall du rez-de-chaussée à double hauteur fournira une collection en constante évolution d’œuvres d’art et de pièces exclusives d’artistes israéliens contemporains. Le rez-de-chaussée du bâtiment comprendra également une équipe de conciergerie tout en offrant un accès par ascenseur privé pour les résidents. Ces derniers auront également un accès privilégié aux équipements de luxe de l’hôtel.

Au rez-de-chaussée, l’ hôtel est prévu d’inclure de spacieux salons, un restaurant et un bar à cocktails couvrant toute la profondeur du bâtiment, mais aussi un deuxième salon / bar à cocktails et cinéma, un centre de conférence avec salles de réunion d’affaires et des salles à manger privées. Les fenêtres du sol au plafond et les portes vitrées s’ouvrent sur de spacieux ponts extérieurs en bois. Plus haut, tous les appartements disposent d’une spacieuse salle de réception avec une cuisine s’ouvrant sur une terrasse de loisirs privée à colombages. Deux des appartements de quatre chambres du huitième étage disposent de leurs propres piscines privées. Au neuvième et au dixième étage du bâtiment se trouvent deux magnifiques penthouses de cinq chambres. Un programme assez complexe vu le nombre de différents espaces qu’il contient.

Tous les appartements font face à la mer et bénéficient d’intérieurs lumineux. Les terrasses extérieures sont habilement conçues avec des brise-soleil mobiles innovants dans le but de protéger les résidents du soleil. Côté matériaux, nous pouvons trouver le verre, l’acier, le marbre et le chêne. De même, tous les appartements seront équipés des dernières technologies de pointe. Conçu pour créer une destination qui offre à la fois une maison et un style de vie luxueux, le projet deviendra très vite une icône dans la ville.

© Ilan Pivko Architects
© Ilan Pivko Architects
© Ilan Pivko Architects
© Ilan Pivko Architects
© Ilan Pivko Architects

Le site de l’architecte Ilan Pivko : ici.

Le site de Hagag Group : ici.

Les photos : © Ilan Pivko Architects

Au Portugal, une amusante réalisation signée Stu.dere

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, dans la commune de Vila Meã – Amarante, l’agence d’architecture Stu.dere vient de terminer un charmant projet. Il s’agit du remaniement d’un magasin qui vend des vêtements pour les enfants. Un univers métamorphosé malicieusement pour le bonheur des petits et des grands.

A la fois accueillant et pratique

Les architectes nous racontent qu’il s’agissait d’un espace sombre qu’il fallait transformer en un espace à la fois accueillant et pratique. Ainsi, les concepteurs se sont livrés à un agréable jeu d’enfants en créant un espace ludique intuitif et fonctionnel.

« L’intention était de créer un sentiment d’exploration en marchant dans l’espace, comme s’il s’agissait d’un labyrinthe, comme un jeu pour un enfant. » Raconte les architectes qui, au fur et à mesure de l’avancement du projet, se sont pris au jeu et ont fini par métamorphoser un projet triste et vide en un autre lumineux et dynamique, plus adapté aux enfants.

Les architectes nous racontent que dès la première découverte du lieu, les architectes ont trouvé le projet déréglé en termes de répartition de l’espace. Malgré la demande du propriétaire des lieux pour un concept d’espace ouvert, l’intention était de créer un sentiment d’exploration en marchant dans l’espace, comme s’il s’agissait d’un labyrinthe, comme un jeu pour un enfant. « D’où la mise en œuvre du treillis métallique, qui crée une barrière physique mais non visuelle, remplissant ainsi les locaux » Nous expliquent les architectes.

Ludique et attirant

En plus de l’espace dédié à la présentation et au stockage des objets, le rez-de-chaussée comprend un bureau et une petite salle de rangement. Nous pouvons même apercevoir un studio dès l’accès à l’étage supérieur. Cet aménagement a été divisé en deux espaces avec un système de vitrage, qui sert avant tout de rendre l’espace plus généreux. Les matériaux utilisés ont été sélectionnés de manière à ce que leur utilisation soit unique. Le polycarbonate alvéolaire a été choisi pour les murs intérieurs, suggérant un aspect industriel en harmonie avec le sol revêtu de béton ciré. Pour contrebalancer cela, les plafonds et le bureau étaient doublés de contreplaqué de bouleau, créant une ambiance plus intime.

Un petit espace dédié aux enfants a été créé à côté des escaliers menant à l’étage supérieur. Il s’agit d’un endroit ludique recouvert de polycarbonate et proposant une double hauteur. Les lumières reflétées dans le polycarbonate évoquent un monde de magie, d’imagination et de créativité. La suspension de style industriel a été conçue spécifiquement pour le lieu. Les architectes ont eu recours à plusieurs astuces qui rendent le lieu à la fois vivant et pratique. Le projet sombre et tristounet a cédé ainsi sa place à un ensemble ludique et attirant. Un remaniement réussi à découvrir sans tarder !

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de l’agence Stu.dere Architecture & Design Studio: ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

Facebook: www.facebook.com/ivotavaresstudio Instagram: www.instagram.com/ivotavaresstudio

Le Columbia Building de Skylab, original, dynamique et efficace

© Jeremy Bittermann

C’est à Portland, dans l’Oregon que se trouve le Columbia Building. Un projet atypique qui prend place autour de l’un des ronds points de la ville et s’y installe minutieusement tout en adoptant avec tact la parcelle. Une réalisation que l’agence américaine Skylab vient de terminer.

Une expérience éducative immersive

Le Columbia Building abrite le siège des services environnementaux de la ville de Portland. L’ensemble comporte un espace de travail, d’habitation, un lieu d’accueil pour les différents visiteurs mais aussi plusieurs espaces dédiés aux réunions publics. Le bâtiment de 11640 pieds carrés comprend non seulement le département d’ingénierie et de l’installation de traitement des eaux usées, mais fonctionne également comme une expérience éducative immersive, le tout intégré dans un paysage durable. Un projet utile, fonctionnel mais aussi esthétique.

Le nouvel édifice comprend un seul étage. Il est constitué de sept coffrages de toit en béton pliés et coulés sur place canalisant les eaux pluviales à travers un toit végétalisé et les draine le long des bermes dans un système de collecte visible menant au fleuve Columbia. C’est un procédé singulier qui a été étudié par les architectes de Skylab avec une grande parcimonie. Le résultat est très satisfaisant. En effet, le projet a atteint trois objectifs uniques la création d’un espace de travail dynamique et efficace, la filtration propre des eaux pluviales sur place  et l’obtention d’un bâtiment dynamique qui stimule la conversation sur la santé du bassin versant et des rivières de la région.

Un ensemble merveilleusement intégré

La façade nord qui est transparente, attire l’attention sur une zone commune centrale et partiellement fermée, ainsi que sur l’habitat qui entoure le bâtiment. Le mur-rideau dentelé comporte des ouvertures de circulation d’air fonctionnels qui permettent aux espaces intérieurs d’être naturellement ventilés. Le verre miroir réfléchit et réfracte la lumière dans les parties communes, fusionnant le bâtiment dans le paysage. L’édifice est certifié LEED Or. L’ensemble, merveilleusement intégré à son voisinage montre la grande maîtrise de Skylab. Un projet à découvrir sans tarder !

© Jeremy Bittermann
© Jeremy Bittermann
© Jeremy Bittermann
© Jeremy Bittermann
© Jeremy Bittermann

Le site de Skylab : ici.

Instagram : @skylabarchitecture

Twitter : @skylabarchitect

Les photos : © Jeremy Bittermann

Instagram : @jeremybittermann

L’équipe de Skylab: Jeff Kovel, directeur; Brent Grubb: Chef de projet et manager; Susan Barnes: Architecte

Architecture: Skylab ; Maîtrise d’ouvrage: Skanska ; Ingénieur: Vigil Agrimis, Inc. ; Ingénieur structure: catena Consulting Engineers ; Paysagiste: 2.ink Studio ; Eclairagiste: Biella Lighting Design ; Commercial: The Felt Hat ; Consultant: Green Building Services ; Architecte partenaire: Solarc Architecture and Engineering Inc. ; Artiste: John Grade ; Client: Bureau of Environmental Services

Summer home, quand l’esprit du lieu renaît

© Nikole Bouchard

Aux Etats-Unis, à Martha’s Vineyard l’architecte Erin Pellegrino vient de terminer la réhabilitation d’une construction atypique construite à l’origine par l’architecte Chester Wisniewski, ancien apprenti de Frank Lloyd Wright. L’esprit du lieu est bien de retour.

The Shop

Chester Wisniewski est le fondateur de l’agence Davis, Brody et Wisniewski (maintenant connu sous le nom de David, Brody et Bond. Après la mort de Wisniewski, ses fils ont décidé de préserver la structure d’origine et de transformer l’intérieur de l’ensemble qui servait à réparer des voiliers en une maison résidentielle qu’ils ont baptisée The Shop.

La conception de la rénovation est dirigée par Erin Pellegrino. Comme pour les autres structures de Wisniewski sur le vignoble, l’atelier a été créé par l’expérimentation à la fois du design et des matériaux. A l’époque, l’architecte a bâti l’atelier en utilisant des matériaux de construction standard facilement disponibles comme le bois, le contreplaqué, le verre et l’acier. L’ensemble est atypique, notons par exemple le toit a été inspiré par les temples japonais shinto que Wisniewski a observé pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour concevoir le toit, l’architecte s’est doté d’un livre sur les temples, s’inspirant des formes qui l’intéressent, puis il a redimensionné l’ensemble avec l’aide d’un de ses fils.

Erin Pellegrino, partage une certaine sensibilité avec Wisniewski surtout en ce qui concerne le design avec une approche pratique qui s’intéresse à l’expérimentation matérielle. Les deux architectes soutiennent la philosophie selon laquelle la création et la pensée ne seraient pas dissociable. Pellegrino, dans sa conception de la résidence (et des meubles spécifiques au site), s’est inspirée du concept d’atelier. Elle a séquencé l’espace en différentes zones. Nous pouvons trouver la zone publique qui possède elle-même des zones distinctes consacrées à des tâches spécifiques, similaires à celles d’un atelier, tandis que la partie privée est conçue pour se sentir à l’aise.

Un joli clin d’œil à l’île

Chaque élément architectural est fonctionnel tandis que la palette de matériaux exprime la nature des espaces et fait un joli clin d’œil à l’île. De plus, elle a édifié la plupart des meubles sur place. L’ossature du bâtiment est d’origine, y compris le sol et l’étonnant toit. L’architecte a travaillé à la réhabilitation de l’enveloppe du bâtiment afin de maintenir l’intégrité structurelle et de préserver l’habitation pour les années à venir. Lors de la conception et de la construction des deux parties publique et privée, elle a incorporé de nombreux matériaux originaux utilisés par Wisniewski ou des matériaux trouvés dans le sous-sol dans le but de garder l’esprit qu’il avait créé.

L’étage principal qui est divisé en deux parties et comprend la zone publique et la zone privée, est organisée telle que la zone publique est conçue autour du concept de l’outillage dans un atelier. Dans sa conception, l’architecte a envisagé que les gens se déplaceraient dans l’espace comme ils le feraient dans une menuiserie, selon des schémas ou des ordres d’opérations quelque peu prévisibles. Ainsi couper ou poncer dans un atelier se traduirait en un objectif plus social dans The Shop, c’est-à-dire manger, se prélasser ou cuisiner. La zone privée, qui comprend les chambres et les salles de bains, est conçue comme si on fleurait les meubles trouvés dans un atelier. Par exemple, les portes escamotables des chambres sont faites de contreplaqué de bouleau avec des poignées en métal qui donnent l’impression d’entrer dans une armoire à outils.

L’architecte a également conçu de belles portes que ce soit pour la buanderie ou le sous-sol avec des joints de vannes papillon et des poignées en tôle d’acier. Au-dessus des chambres se trouve une mezzanine qui offre une vue imprenable sur l’espace et le plafond voûté. Les fenêtres bordent les deux côtés du plafond où, pendant les heures du matin et le coucher du soleil, la lumière naturelle pénètre dans l’espace à travers le couloir entre les chambres et se reflète partout. Le projet de Wisniewski, mis subtilement au goût du jour, s’apprête ainsi à affronter le temps.

© Nikole Bouchard
© Nikole Bouchard
© Nikole Bouchard
© Nikole Bouchard

Architecture : Chester Wisniewski
Rénovation et réhabilitation: Erin Pellegrino Les photos : © Nikole Bouchard