La sélection 2021 de Détails d’architecture

© Lililarchi

C’est la huitième année consécutive où Détails d’architecture dévoile sa sélection des constructions réalisées en une année qui ont marqué l’architecture en France. Et bien que depuis la première sélection, il y a eu une multitude de changements, le fond reste fidèle au message du départ. Toute occasion est bonne pour parler d’architecture. Un message que j’assume et une habitude que je perpétue. Je présente donc à tous mes lecteurs les réalisations qui, selon moi, valent le détour.

Détails d’architecture, dès le départ, souhaite mettre tous les architectes sur le même piédestal, puisqu’il s’agit d’une sélection strictement personnelle rendant hommage à des réalisations qui dessinent, selon moi, le paysage architectural et urbain de notre pays.

Cela fait treize ans que Détails d’architecture existe, le site s’appelait tout d’abord Détails puis le fond ainsi que la forme ont évolués mais mon but reste inchangé, évoquer les réalisations de l’année.

Ceux qui lisent régulièrement Détails d’architecture et surtout ceux qui suivent année après année cette sélection, le savent déjà mais je le précise encore une fois, l’illustration de cette longue sélection est signée par Lili l’archi dont les dessins ont accompagné cette rubrique dès sa naissance. Merci Lili !

Cette année, le voyage architectural est tout aussi varié que les années précédentes. Même si, comme d’habitude, certaines réalisations restent moins publiées que d’autres, toutes, sans exception, valent le détour. A votre avis, quelques uns des projets seront-ils nommés à l’équerre d’argent qui ne va pas tarder à révéler sa sélection ? ou bien quelques uns seront-ils publiés par l’annuel du journal AMC ? Nous le saurons bientôt.

De Paris à Rouen, puis Paris

Commençons par la visite de quelques réalisations parisienne dont la crèche éphémère de l’hôpital Saint-Louis signée Janez Nguyen dont je parle : ici, mais aussi les logements des architectes de Remingtonstyle, un projet sobre dont je parle ici. Et pourquoi pas les bureaux de Moët Hennessy réalisés par Barbarito Bancel Architectes ? Avant de quitter la capitale, un petit tour au siège de l’Unesco s’impose, pour découvrir la nouvelle salle du cinéma réhabilitée par l’atelier Lalo.

Quittons Paris et dirigeons-nous vers l’ouest. Mais tout d’abord, faisons une halte à Asnières sur-Seine pour visiter le centre socioculturel et la Maison des jeunes « Le Cèdre », un projet élégant réalisé par Guillaume Ramillien. Pas loin de là, à Nanterre, découvrons les logements à de Pietri architectes et la bibliothèque de Bruno Gaudin architectes. Allons voir aussi la fameuse tour Trinity à La Défense, un projet signé Cro & Co.  

Direction Rouen, pour découvrir  ENIA architectes le gymnase Marcel Sembat à Sotteville les Rouen. Partons à Deauville avec l’architecte Alain Moatti pour visiter sa restructuration de l’ancien couvent et de l’orphelinat Les Franciscaines en un lieu culturel. Continuons vers Lille, et allons à la découverte avec Sam architecture du groupe scolaire Jean Rostand à Lille-Hellemmes, un projet dont j’avais parlé : ici. Profitons de la ville et allons voir le Bazar Saint-So constitué d’un espace de coworking, d’un atelier, d’un lieu de vie et d’autres installations design, un projet signé Beal & Blanckaert.

Retour à Paris, la première chose à fair serait la découverte des logements situés rue Marx Dormoy et réalisés par Barrault Pressacco. Allons voir également la transformation de bureaux en chambres d’étudiants de l’agence NZI architectes mais aussi la crèche multi-accueil de 99 places et une crèche familiale de 40 places de BFV Architectes. C’est, de nouveau, le moment de quitter Paris et de se diriger vers l’ouest avec une halte à Saint-Cloud à la découverte des 25 logements de MFR architectes. Profitons pour faire un crochet et visiter la piscine de Vélisy, une réalisation signée Po & Po architectes. Puis arrêt à Versailles à la découverte des 60 logements de Fresh architecture puis à Buc pour visiter le complexe sportif de l’agence Engasser & associés. Un petit crochet par Noisy-le-Roy s’impose, allons vite à la découverte de la très charmante crèche les Deux Oies de Wild Rabbits Architecture, un joli projet dont je parle ici.

De Vannes à Tours en passant par Nantes, puis Paris

Direction La Bretagne, sur la route découvrons le collège Jacques Prévert de Romillé fraîchement terminé et réalisé par Mabire Reich. Puis allons visiter l’école publique résiliente de Saint Pabu et la salle festive de l’ancien presbytère de Riec-sur-Belon, deux projets remarquables réalisés par l’agence Guinée*Potin. Et pourquoi pas un tour par Chateaulin pour découvrir l’Espace Coatigrac’h, signé Paul Vincent Architecte ?

Arrivée à Vannes, allons à la découverte d’une élégante réhabilitation signée ALTA un projet dont je parle ici. Puis allons à la Trinité-sur-Mer pour visiter la charmante salle multifonctions signée Studio 02. Sur le chemin du retour, faisons un petit arrêt à Questembert pour visiter l’école maternelle et restaurant scolaire Beau Soleil, une réalisation signée Atelier Belenfant & Daubas.

Direction Nantes, mais tout d’abord Carquefou avec HUCA architectes urbanistes pour découvrir les 23 logements situés à la ZAC du Verger. A Nantes, allons voir les 81 logements sociaux et 39 logements en accession aidée ainsi que les 3 locaux d’activités signés THE architectes mais aussi les bureaux, parking silo et logements collectifs de RAUM. De même, découvrons le projet d’habitat participatif de TICA architectes urbanistes. Sur l’île de Nantes, découvrons les 100 logements et locaux associatifs dont 15 logements en habitat participatif de TACT architectes et les 27 logements collectifs de Maxime Schmitt architecte.

Quittons Nantes pour Tours mais tout d’abord arrêtons-nous sur le chemin, à Fontevraud pour visiter avec 2 BDM architectes le musée d’art moderne logé dans l’abbaye royale. A Tours, allons voir la charmante crèche signée Bourgueil & Rouleau architectes, un projet dont je parle ici.

Retour à la région parisienne, à Saclay pour visiter l’observatoire atmosphérique du Sirta à université Paris-Saclay, un projet signé R architecture. Découvrons également le bâtiment d’enseignement mutualisés de l’agence OXO Architectes.

Allons à Sceaux où CoBe architectes nous propose la découverte d’une résidence étudiante, de cinq maisons ainsi qu’une structure multi-accueil de 40 berceaux chacune. Non loin de là, à Chevilly larue, découvrons les logements de LINEUP architecture puis allons à Villejuif et visitons le groupe scolaire Simone Veil de Dominique Coulon & associés. L’hôpital universitaire Henri Mondor à Créteil réalisé par Brunet Saunier Architecture n’étant pas loin, un petit tour s’impose pour finir à Ivry-sur-Seine avec Tolila Gilliland et leur projet de 146 logements pour étudiants, 74 logements familiaux et commerces.

De nouveau Paris, allons cette fois-ci à la découverte de la réhabilitation de l’ancienne comédie à Paris par Raf Listowski, puis visitons les logements sociaux et deux locaux d’activités de MAO architectes avant de faire un tour à la Samaritaine conçue par SANAA, SRA Architectes, Lagneau Architectes et FBAA.

De Reims à Strasbourg en passant par Metz, puis Paris

Direction Reims mais tout d’abord arrêt à Torcy pour visiter les logements de la ZAC des Coteaux de la Marne, un projet signé Djuric Tardio. Le Skatepark Continua de MBL architectes, n’étant pas loin, faisons un petit détour par Boissy Le Chatel et découvrons ce projet atypique. Continuons vers Aÿ-Champagne pour découvrir Pressoria, le centre d’interprétation fraîchement ouvert réalisé par Philéas architecture. A Bezannes, visitons également les 89 logements signés Gaëtan le Penhuel architectes & associés. A Reims, visitons UCPA sport station de Marc Mimram.

Direction Metz, mais tout d’abord, un petit crochet par Nancy et précisément par Laxou, pour visiter la très charmante maison individuelle de Back Caclin. Sur le chemin, visite de la data centre de Peltre, un projet signé Gens architectes.

Continuons vers Haguenau pour découvrir l’école maternelle, périscolaire et la restauration scolaire de Marxenhouse, une réalisation de Rhb architectes. A Strasbourg, allons voir le projet mixte situé à la ZAC Etoile à Strasbourg de LAN et TOA, mais aussi visitons les bains municipaux de Strasbourg, une réhabilitation fraîchement terminée et signée  François Chatillon et TNA architectes. Et pourquoi pas un tour par le bois habité, un projet de logements situé à Illkirch-Graffenstaden et réalisé par Tectone. Sur la route du retour, faisons un petit crochet par Breitenbach pour découvrir un hôtel signé Reiulf Ramstad Arkitekter.

Retour dans la région parisienne, à Taverny pour voir le pôle médical pluridisciplinaire de MAAJ. A Montreuil, découvrons la transformation d’un îlot industriel en siège social et bureaux d’une entreprise, un projet signé GSMA architecture. Accompagnons l’Atelier WOA et allons découvrir l’industreet, un campus d’enseignement et d’apprentissage aux métiers de l’industrie à la gare Stains-Pierrefitte. Puis, arrêtons-nous à Saint-Denis pour visiter les bureaux en structure bois de la ZAC Montjoie, une réalisation signée Chartier Dalix.

Retour à Paris, un petit tour pour découvrir les nouveaux logements de Valero Gadan, les 125 logements situés entre venelles et parc de Brenac & Gonzalez & Associés, l’une des multiples rénovations de JOD architecture mais aussi le nouveau siège social du groupe Le Monde signé SRA Architectes et Snøhetta, un projet dont je parle ici.

De Dole à Béziers en passant par Marseille

De nouveau en route et cette fois-ci vers la Savoie avec un arrêt à Dole à la découverte de l’Espace Pierre Tallagrand signé TNA architectes. A Aix-les-Bains, visitons l’équipement sportif d’OLGGA et de PATEY puis allons à Neuvecelle pour découvrir l’équipement public de PNG architectes. Arrivée à Lyon pour découvrir le projet mixte qui comprend 181 logements, des bureaux, des commerces ainsi qu’une crèche, le tout réalisé par Clément Vergély architectes.

A Toulon, découvrons l’école supérieure d’art et de design, un projet signé Corinne Vezzoni. Profitons du port pour faire un aller-retour rapide en Corse et visiter la réhabilitation et la reconversion du couvent Saint-François par Amelia Tavella Architecture.

Continuons jusqu’à Marseille pour visiter le groupe scolaire Antoine de Ruffi signé Tautem et BMC2 architectes mais aussi la résidence étudiante de Stéphane Fernandez. Allons voir Roland carta qui nous fait découvrir le 8ème art, un programme aménagé sur l’emprise d’une ancienne usine Renault. Découvrons également le Spot, un projet signé Alfonso Femia. Un aller-retour à Nice s’impose, où Atelier Marc Barani a réalisé la plate-forme technologique comprenant un plateau technique, diverses salles de travaux pratiques, un learning center, des salles de formation, des espaces de travail pour enseignants et chercheurs.

Avant d’aller vers Montpellier, faisons un petit crochet par Uzès, pour découvrir l’ombrière, un charmant centre culturel et de congrès polyvalent signé DE-SO architectes urbanistes.  

A Argelliers, visitons le groupe scolaire signé NAO puis visitons le centre socio-culturel de Cabrières, un projet signé Combas. Et finalement faisons une halte méritée au domaine de Bayssan à Beziers où K architecture vient de terminer la réalisation d’une charmante salle de spectacle et d’un amphithéâtre, un projet qui vaut largement le détour !

De Bordeaux à Paris

Direction Bordeaux mais arrêtons-nous d’abord à Monségur pour visiter la réhabilitation et l’extension du pôle public médico-social de Vallet de Martinis Architectes. Dans la commune de Le Haillan allons à la découverte du Club de football de l’ASH, un projet charmant signé 2PMA. Aux Bassins à flot à Bordeaux, allons voir la réalisation d’un ensemble immobilier comprenant des bureaux, un hôtel de 124 chambres, une résidence hôtelière de 128 studios et des commerces signé Marjan Hessamfar & Joe Vérons architectes associés.

Retour à Paris pour découvrir les deux crèches et les 25 logements d’Armand Nouvet mais aussi les logements de MIR architectes avant d’aller faire un grand tour à la bourse du commerce réhabilitée par Tadao Ando.

Comme chaque année, c’est à Paris que mon voyage prend fin mais l’architecture et les découvertes continuent ici et ailleurs. La sélection 2021 de Détails d’architecture n’est pas exhaustive, c’est aussi à vous de la compléter. Un grand merci à tous ceux qui lisent, commentent et critiquent Détails d’architecture.

Riverbend, la maison enfouie dans la nature

© Matthew Millman

Aux Etats-Unis, dans le Wyoming, à Jackson, l’agence d’architecture CLB Architects vient de terminer la réalisation d’une charmante maison qui croise astucieusement plusieurs matières. Sobriété et minimalisme sont au rendez-vous.

Un petit bijou bien caché dans la nature

Située sur la rive du Snake River non loin du parc national de Grand Teton, la maison de 6257 pieds carrés est nichée contre la rivière qui forme le périmètre nord et ouest d’une propriété boisée de 18 acres offrant une vue spectaculaire sur la montagne à travers un voile de peupliers. C’est dans cet environnement magique entre eau et végétations que les architectes de l’agence CLB Architects ont posé leur projet qui s’avère être un petit bijou bien caché dans la nature.

Une étude minutieuse de la relation entre le site, la rivière et les vues sur la montagne au-delà a conduit l’équipe de conception à élever le rez-de-chaussée de la maison de six pieds au-dessus du sol naturel. Le résultat est une architecture qui s’adapte à son cadre fluvial et montagnard.

À l’intérieur comme à l’extérieur, la palette des matériaux minimalistes de Riverbend est constituée du bois de cèdre, de l’acier et du béton, de quoi garder un certain équilibre entre chaleur et ténacité. Les formes élémentaires de la maison principale ainsi que celles de la maison d’hôtes entourent une terrasse orientée au sud et un bosquet. Reposant sur des bases en béton coffré, la maison est enveloppée d’une plaque d’acier nécessitant peu d’entretien pour la protéger du climat rigoureux et offrir une résistance au feu simple. De grands surplombs abritent des niches profondes enveloppées du bois de cèdre et dotées de vitrages du sol jusqu’au plafond.

Un sentiment de contraste

Les ponts extérieurs relient la maison principale à la maison d’hôtes et unifient davantage la conception. La maison principale dispose d’une entrée vitrée à double hauteur qui se projette vers l’approche de l’allée. Côté rivière, une terrasse protégée occupe le long de la maison, s’élevant jusqu’au deuxième étage à l’est. Cet espace extérieur polyvalent sert de prolongement du salon, de la salle à manger et de la cuisine et permet d’accéder à la rivière via une série de plates-formes qui descendent jusqu’au niveau du sol.

Les grandes surfaces de revêtement en bois de cèdre sont entrecoupées par des ailettes verticales, toujours dans la même matière dotant l’ensemble d’un jeu d’ombres qui change tout au long de la journée. Les architectes précisent qu’au fil du temps, l’acier développera une patine et à terme, le bâtiment échangera sa coque noire contre une coque rouillée, s’intégrant davantage dans le site. À l’intérieur, les murs et les plafonds en bois de cèdre confèrent une note chaleureuse à l’ensemble.

Par ailleurs, le sol en béton du niveau principal et le sol en hêtre du niveau supérieur complètent le bois de cèdre et ajoutent un sentiment de contraste qui se caractérise par des ouvertures largement vitrées. Alors que la texture et la couleur reflétant la personnalité et le choix du propriétaire, sont introduites dans l’ameublement intérieur, la retenue globale de la palette architecturale crée une expérience qui donne l’impression d’une plate-forme tranquille au milieu des arbres. Riverbend, est une belle retraite à découvrir sans tarder !

© Matthew Millman
© Matthew Millman
© Matthew Millman
© Matthew Millman
© Matthew Millman
© Tom Harris

Le site de CLB Architects: ici.

Les photos : © Matthew Millman , Tom Harris

A Singapour, des tours durables signées ADDP Architects

© Finbarr Fallon

A Singapour, l’agence d’architecture ADDP Architects vient d’inaugurer, début septembre, leur dernier projet de tours résidentielles. L’ensemble, comprenant 841 unités résidentielles et deux espaces commerciaux répartis sur quatre tours de 27 étages, croise astucieusement esthétisme et durabilité.  

Tours avec vue

Baptisé « The Seaside Residences », le projet suit l’engagement et la capacité habile d’ADDP Architects à créer des projets architecturaux basés sur le développement durable. Les quatre tours de 27 étages sont orientées en fonction du climat local et offrent aux résidents une vue panoramique imprenable sur la mer. Chaque duo de tours est reliée par une terrasse panoramique et un espace commun surmonté de jardins luxuriants. Le site est situé à quelques minutes de la station de MRT Siglap et des arrêts de bus et du passage souterrain East Coast Park, permettant aux résidents d’atteindre facilement la plupart des régions grâce à un large réseau d’autoroutes.

Le projet fusionne la vie balnéaire et la densité urbaine le long de la côte sud-est de l’île. Dans leur démarche, les architectes ont eu recours à plusieurs procédés durables ainsi qu’à des fonctionnalités qui économisent l’énergie. Des écrans solaires horizontaux et verticaux sont intégrés aux façades est et ouest pour faire écho au climat local. Les espaces de vie et les chambres face à la mer, sont conçus avec des vitrages qui s’étendent sur toute la hauteur et de généreux balcons qui profitent de la vue vers le large sans oublier l’éclairage naturel.

Des espaces confortables

Au rez-de-chaussée, Seaside Residences bénéficie d’une entrée ondulante habillée de plantes verdoyantes et d’une charmante terrasse paysagée. Les véhicules des résidents sont complètement séparés des installations et commodités récréatives, nous y trouvons un espace vert extérieur et une piscine, les parkings étant situés au sous-sol. La planification et l’aménagement innovants du site sont conçus pour contribuer à l’impression de verdure omniprésente le long de l’East Coast Parkway, un couloir majeur pour accéder à la ville. Stratégiquement positionné à moins d’un kilomètre d’East Coast Park, le site est situé à quelques minutes de la station de MRT Siglap et des arrêts de bus, ainsi que du métro East Coast Park.

Dans le paysage résidentiel mondial en évolution, la durabilité, l’accès à des espaces verts ouverts et le besoin d’une vie plus respectueuse de l’environnement font de plus en plus la norme. C’est pour cette raison que des projets respectueux de leur environnement sont de plus en plus souhaités. La conception The Seaside Residences de l’agence singapourienne ADDP s’inscrit dans cette lignée et offre des espaces confortables tout en portant une attention particulière à l’environnement. C’est un projet à découvrir sans tarder.

© Finbarr Fallon
© Finbarr Fallon
© Finbarr Fallon
© Finbarr Fallon

Le site de l’agence ADDP Architects : ici.

Les photos : © Finbarr Fallon 

Au Portugal, une réalisation compacte, sobre et élégante

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, à Amarante, l’agence d’architecture Just an Architect a réalisé un projet sobre, compacte et élégant. L’ensemble comporte plusieurs volumes qui se croisent et s’enboîtent dans un effet des plus gracieux.

Une douce rotation

La réalisation est entourée de constructions aux deux échelles distinctes. Tandis que nous trouvons au nord des bâtiments de quatre et cinq étages, au sud se développent des habitations de deux étages ainsi que d’autres constructions unifamiliales. Pour qu’il n’y ait pas de pignons plats et rigides et essayer de se rapprocher des diverses réalisations situées aux alentours, les architectes ont entrepris une rotation douce des étages dotant l’ensemble de mouvements particuliers et des ombres. Cette rotation provoque un jeu d’expériences différentes dans lesquels les orientations des appartements sont multiples. Les divers points de vue qui en découlent sont en contact avec l’environnement paysager.

L’aménagement du bâtiment suit au rez-de-chaussée l’angle dessinée par la parcelle. La proposition est développée transversalement au terrain, permettant une plus grande exposition au soleil. La forme générale est fondée, selon son architecte, sur une compréhension du lieu et de son environnement, mais aussi du terrain qui recherche une relation plus adéquate avec le front de rue, permettant ainsi que les autres étages reflètent les différentes influences de l’environnement, tout en créant des points de cadrage différents pour chaque étage et les habitations.

Un jeu de volumes

L’architecte nous raconte que ce jeu de volumes ne provoque pas seulement des cadrages paysagers distincts, mais permet également d’engendrer des espaces extérieurs uniques. Dans ce contexte, la cage d’escalier et les communications verticales jouent un rôle important car elles définissent le front de rue, agrégeant tous les étages et stabilisant une élévation assez marquée par le mouvement et les diverses tensions résultant de ces torsions.

La proposition comprend un programme composé de 4 appartements de 2 pièces et deux autres habitations de 3 pièces. Concernant les appartements de deux pièces, les chambres donnent sur l’extérieur, leur permettant d’être en contact avec le paysage alentour. Le même concept d’intégration paysagère a été transposé aux trois pièces qui occupent l’étage entier et où nous pouvons remarquer une différenciation entre le salon et la partie intime caractérisée par les chambres à coucher. Bref, l’agence Just an Architect a réalisé à Amarante un projet coquet qui fera le bonheur de ses habitants.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Just an Architect : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

Facebook: www.facebook.com/ivotavaresstudio

Instagram: www.instagram.com/ivotavaresstudio

A Milan, une passerelle transsensorielle signée noa*

© Alex Filz

Cette année , à l’occasion du FuoriSalone de Milan, les visiteurs ont pu admirer une passerelle transsensorielle éphémère que l’agence noa* a réalisé au sein de l’université de Milan. Une œuvre singulière qui a fait sensation.

Lumière et paysage

L’architecture et les gens sont étroitement liés et à travers la création d’un espace. Ainsi, la connexion entre les individus au sein de cet espace est encouragée. C’est le concept qui a poussé noa* à concevoir son installation. L’idée propose une sorte de lumière et de son paysage, un ensemble dynamique qui accueille les visiteurs à leur entrée dans l’exposition.

De chaque côté de la porte, une couronne de faisceaux lumineux structurels s’ouvre, chacun à différentes hauteurs, amplifiant visuellement la séquence du portique du XVIIe siècle qui sert comme paramètre pour l’installation, nous racontent les architectes. Le résultat est une œuvre sculpturale qui combine divers éléments, dont la lumière, le son et le mouvement, en dialogue direct avec les personnes et avec l’espace.

Les architectes nous racontent que les faisceaux lumineux créent des relations, construisant des « ponts » entre les gens. « La lumière réagit à la présence des visiteurs et interprète en même temps la façon dont ils se rapportent à un autre. » Par un mécanisme « transsensoriel », une partition légère et musicale est créée qui n’est pas non seulement étroitement liée à la masse et au volume, mais elle devient aussi le moteur de l’installation. Le résultat est une chorégraphie originale et unique de lumière et de son, qui enrichit le parcours émotionnel des visiteurs.

D’acier et de LED

Les 34 faisceaux formant la couronne de lumière de part et d’autre de l’entrée sont constitués d’acier inoxydable et recouvert de miroir, amplifiant la présence des personnes et englobant l’espace qui les entoure. Chaque élément varie en hauteur de 2,50 m à 4 m et possède une section triangulaire de 7×7 cm² . La compétence technique et le savoir-faire de l’entreprise sud-tyrolienne EWO ont permis de traduire le concept d’interactivité en un système fonctionnel de lumière et de technologie. Les faisceaux lumineux en acier sont éclairés par des unités LED qui sont installées verticalement et équipées d’une technologie anti-éblouissement innovante appelée ewoLightTile. Quant au son, celui de Ebner Film + Music, il a été spécialement conçu pour cette installation et programmé pour réagir à la diversité des situations détectées par les capteurs. L’ensemble est réglementé par des haut-parleurs placés dans l’espace d’exposition de l’installation, tandis que les capteurs qui contrôlent la lumière et le son en fonction des interactions entre les personnes, sont répartis le long les 34 poutres.

A Milan, l’installation de noa* constitue une belle expérience sensorielle à découvrir sans tarder !

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz

Un tout nouveau bâtiment pour la « mémoire physique » des Pays-Bas

© Lucas van der Wee

Lundi 13 septembre, la ministre néerlandaise sortante de l’Éducation, de la Culture et des Sciences, Ingrid Van Engelshoven, a inauguré le nouveau CollectionCentre Netherlands (CC NL) à Amersfoort, aux Pays-Bas. Les œuvres d’art et du patrimoine exposées de manière non permanente du Rijksmuseum, du Musée en plein air des Pays-Bas, du Paleis Het Loo et de l’Agence du patrimoine culturel des Pays-Bas sont réunies dans le CC NL. L’agence d’architecture néerlandaise Cepezed en collaboration avec Cepezed interior a conçu le bâtiment, en étroite collaboration avec ABT pour la stabilité, Valstar Simonis pour les installations et Peutz pour la physique du bâtiment et la durabilité.

L’histoire néerlandaise sur un piédestal

Le CC NL stocke environ un demi-million d’objets. Ceux-ci vont des peintures aux sculptures, en passant par des bijoux, vêtements, horloges, meubles et autres objets d’artisanat. Ils racontent toute l’histoire néerlandaise et proviennent de tous les horizons. Parmi lesquels on peut trouver des trônes royaux et des meubles de familles nobles, mais aussi des chevaux de manège, des vélos historiques, des traîneaux et une machine à vapeur pesant plus de 7 000 kilos. Ensemble, les collections forment « la mémoire physique des Pays-Bas ».

Tant au niveau de l’organisation que du contenu, les quatre institutions du CC NL travaillent en étroite collaboration, d’une manière unique au monde. Par exemple, les objets ne sont pas stockés et classés par institution, mais davantage selon, par exemple, la nature, le type et la date. Les collections montrent ainsi des connexions frappantes. Le CC NL propose également des installations uniques pour les Pays-Bas qui profitent à l’ensemble du secteur culturel. Par exemple, pour la première fois aux Pays-Bas, il existe des salles de quarantaine spéciales dans lesquelles les pièces de musée peuvent être débarrassées des insectes et des champignons nuisibles au moyen d’un froid glacial ou d’une extraction d’oxygène. Le bâtiment comprend un studio photo et une salle de radiographie en plus de deux grands ateliers de restauration qui peuvent également être utilisés par d’autres institutions culturelles. CC NL stimule la recherche sur les collections et favorise leur mobilité. Par exemple, les autres musées sont invités à emprunter et le bâtiment est accessible pour la recherche et l’éducation sur rendez-vous. Le CC NL n’a pas de fonction publique.

La tête, le cou et le tronc

Sur le plan fonctionnel, le bâtiment se compose de trois sections de construction liées, appelées « tête », « cou » et « tronc ». La « tête » est un volume transparent avec l’entrée et les bureaux. Dans le « cou » se trouvent les ateliers où les objets sont examinés et restaurés. La salle de radiographie, le studio photo, la salle de congélation, les zones de quarantaine et sans oxygène ainsi qu’un espace pour la préparation des transports se trouvent également dans cette partie du bâtiment. Enfin, le « tronc » est un volume compact et fermé de quatre étages. Il s’agit du véritable dépôt avec de grandes portées de 8,1 mètres qui possède une flexibilité d’aménagement maximale. Pour une protection optimale contre l’incendie, les compartiments coupe-feu sont petits et les cloisons d’un classement élevé. Le « coffre » contient également des installations spéciales telles qu’une chambre froide pour le matériel audiovisuel et au rez-de-chaussée un espace extra-large pour les objets volumineux et lourds. De la « tête » au « tronc », les tronçons du bâtiment sont reliés par deux axes parallèles de sept mètres de large qui ouvrent le bâtiment sur toute sa longueur et forment ainsi les principales artères de circulation. L’un des axes relie la zone d’expédition couverte à l’avant aux dépôts dans le « tronc ». Les façades sont revêtues d’une peau d’aluminium épurée. Pendant les heures sombres, le bâtiment est illuminé selon un design de l’artiste Herman Kuijer.

Un projet durable

En termes de durabilité, tant la conception que le bâtiment achevé sont certifiés BREEAM Outstanding ; dans le classement le plus élevé possible, c’est-à-dire avec cinq étoiles. Avec un score de 91,62 %, CC NL est à la 15e place des bâtiments les plus durables aux Pays-Bas. La climatisation de la zone du dépôt est particulière. La toiture et les façades du dépôt forment ensemble une enveloppe hautement isolante, tandis que le rez-de-chaussée reste non isolé et est en contact direct avec le sol, qui agit donc comme un tampon pour la température. En conséquence, seul un minimum absolu de techniques d’installation est nécessaire pour une climatisation avec une température constante comprise entre 12 et 15 degrés. Ceci est non seulement économe en énergie, mais contribue également de manière significative à la sécurité des collections. Les astuces pour un projet durable sont nombreuses, le bâtiment est énergétiquement neutre et la consommation globale d’énergie est quasiment nulle. La conception du site contribue au maximum au développement de la flore et de la faune locales ; par exemple, des lapins et des renards ont déjà été aperçus autour du bâtiment à plusieurs reprises. Un oued, bassin d’eau naturel qui recueille les eaux de pluie et sert également d’installation d’infiltration pour la végétation environnante, fait partie à la fois de l’aménagement paysager écologique et des mesures de sécurité.

Une lumière du jour abondante

Une grande attention a été portée à faire du CC NL un lieu de travail agréable et fonctionnel pour la trentaine d’employés des différentes institutions. Le bâtiment a une disposition claire et bien agencée, les zones de transport sont spacieuses et permettent une logistique efficace, tandis que les ateliers reçoivent une lumière du jour abondante à travers le patio et les toits orientés au nord.

La construction a commencé en mai 2018 et le bâtiment a été mis en service par les quatre partenaires à l’été 2020. En un an, tous les objets des quatre institutions ont été amenés des dépôts existants au CC NL et y ont été logés. Environ 70 personnes et trois entreprises de déménagement y ont travaillé. Il a fallu un total de 869 trajets en camion pour déplacer la collection au CC NL, un processus que le directeur du site du Rijksmuseum, Wim Houben, a vécu comme « une fête d’un an ». Le porte-parole Udo Feitsma du Musée en plein air des Pays-Bas est également très enthousiasmé par le nouvel hébergement des collections. « Quand je me promène ici, je suis comme un gamin dans un magasin de bonbons. C’est tellement beau à voir », dit-il.

L’agence d’architecture Cepezed et CepezedInterior ont accompli un travail remarquable à la fois sobre et durable.

© Lucas van der Wee
© Lucas van der Wee
© Lucas van der Wee
© Lucas van der Wee

Le site de Cepezed : ici.

© Les photos : © Lucas van der Wee