Un tour du monde rapide de la biennale d’art contemporain 2019 de Venise

Comme chaque biennale d’art contemporain, le visiteur demande : que voir et que faire ? Par où commencer ? Où s’attarder plus qu’ailleurs ? La 58ème biennale d’art contemporain de Venise mérite bien une longue visite. Il s’agit, comme toujours, d’un impressionnant terrain de jeu débordant de créativité où le regard s’égare et les sens s’aiguisent. Détails d’architecture présentera ici un tour rapide des quelques idées les plus marquantes qui donneront probablement envie à d’autres visites.

Diverses formes artistiques

La biennale d’art contemporain de Venise a ouvert ses portes le 11 mai 2019. Intitulée « May You Live In Intersing Times », la biennale, dont le commissaire est Ralph Rogoff, comprend des œuvres reflétant certains aspects précaires de la vie quotidienne, visant à réformer le sens de la collectivité humaine, le tout représenté sous diverses formes artistiques.

Cette année, il y a 87 participations nationales, certains pays comme l’Algérie, le Ghana, le Madagascar et le Pakistan participent pour la première fois à la Biennale d’art contemporain de Venise. Comme chaque biennale, une fois de plus, les pavillons nationaux se sont dotées d’une grande créativité pour présenter à travers l’art contemporain la production artistique de nombreux pays. Il s’agit, comme d’habitude, d’une profusion artistique qui ne laisse pas indifférent. Revenons sur quelques travaux qui qui valent le détour.

Les pavillons

Le thème « May You Live In Intersing Times » a été utilisé par certains artistes avec sérieux, parfois avec ironie ou même avec une sorte de défi. Commençons par le pavillon canadien qui fait sensation avec la première vidéo inuite du pays montrant la nécessité de l’histoire d’un peuple. Le pavillon finlandais qui explore, à travers une installation sculpturale, le miracle en tant d’expression poétique. En créant un espace de rencontres propice à la réflexion, le pavillon défie la notion de représentation et d’appartenance nationales. Quant au pavillon nordique, il se démarque par son thème dialectique qui met en avant les relations complexes et variées entre l’être humain et les autres organismes vivants à l’époque des changements climatiques.

Le pavillon taïwanais se démarque par sa réflexion sur la transformation des techniques de surveillance tout en incluant la reconnaissance faciale 3D contemporaine, l’intelligence artificielle et le poids d’internet dans notre monde, tandis que le pavillon brésilien présente une grande installation orientée sur les cultures autochtones à explorer en présence de l’œuvre audiovisuelle Swinguerra.

Le pavillon polonais présente un avion privé de luxe coupé en deux et reconstruit à l’envers. Il s’agit d’une sculpture surréaliste pleine de paradoxes qui met en avant la transformation capitaliste polonaise. Le pavillon coréen présente trois artistes dont chacune développe des pratiques qui utilise une réflexion critique basée sur une forte conscience du genre tout en approfondissant le présent et en analysant l’histoire autour de la modernisation de la Corée.

Le pavillon japonais met en place un espace dédié aux réflexions sur le savoir comment vivre ensemble ou vivre au sein d’une équipe interdisciplinaire travaillant ensemble. L’exposition prend comme point de départ les pierres, que l’artiste Motoyuki Shitamichi qui a traversé les îles Yaeyama jusqu’à Okinawa a immortalisé en photo. Ces pierres sont des roches naturelles qui préservent la mémoire des catastrophes, mais sont également devenues l’objet de croyances religieuses locales, d’éléments de mythologie et de folklore, de colonies d’oiseaux migrateurs et de foyers pour insectes. Il s’agit surtout d’un autre regard sur le monde qui nous entoure. Le pavillon suisse, à travers un duo d’artistes met au défi les notions du genre, plaçant la discussion dans le standard qui régit nos représentations et notre vie dans la société.

Cette année, il s’agit du premier pavillon du Ghana à la Biennale. Il observe, à travers le travail de six artistes, les héritages et les trajectoires de la liberté. Enraciné dans la culture ghanéenne et dans ses diasporas, le pavillon est conçu par Sir David Adjaye. Les œuvres de chaque artiste sont exposées dans des espaces interconnectés de forme elliptique recouverts de terre provenant de structures classiques ghanéennes. C’est une exposition qui se distingue de tous les autres pavillons par son espace et son art, un lieu pour se plonger dans l’incroyable culture ghanéenne.

Le pavillon italien s’inspire du labyrinthe qu’est Venise et présente les œuvres de trois artistes dont la présentation n’est ni linéaire ni susceptible d’être réduite à un ensemble de trajectoires ordonnées et prévisibles. C’est un spectacle où le visiteur ressent une sensation de temps exagéré qui se perd dans l’espace, un parallèle fascinant avec la ville hôte de la biennale qui permet différentes découvertes à une autre échelle.

Le pavillon français s’est démarqué cette année par son originalité. Après un petit périple où le visiteur est entouré d’arrangées, de téléphones portables, de coquilles d’œufs, de sculptures de pieuvre et d’autres créatures marines, il découvre un film époustouflant et fictif montrant un groupe de jeunes en voyage d’évasion se rendant de Paris à Venise en passant par la banlieue parisienne, le Palais du Facteur Cheval et la mer Méditerranée. Un film, riche en dialogues où se mêlent plusieurs langues comme le français, l’ anglais, avec quelques passages d’italien, d’arabe ou encore du néerlandais. L’idée étant de mettre au défi la représentation d’un monde fluide, dans lequel se mêlent diverses réalités.

Primé par le Lion d’or de cette biennale, le pavillon lituanien transforme l’intérieur d’un bâtiment historique de la Marina Militare en une atypique scène de plage. Cette dernière est éclairée artificiellement, remplie de sable et de tout l’attirail associé aux vacances à la mer. Une installation dystopique qui permet de réfléchir de plus en plus à la façon dont nous concevons et utilisons l’espace public.

A chaque fois, les pavillons nationaux de la Biennale de Venise se dotent de créativité pour présenter à travers l’art contemporain la production artistique de nombreux pays. Et comme à chaque fois, il faut y aller, ça vaut le détour !

Isola Beach Club, le charmant restaurant en plein air

© K-Studio

En Crète, les architectes de l’agence K-Studio ont réalisé l’Isola Beach Club, un charmant restaurant qui se trouve dans le Blue Palace Resort & Spa. C’est un petit havre de paix au bord de l’eau.

Un espace de détente

La mission des architectes de K-Studio consistait à agrandir et à mettre à jour l’existant afin de répondre aux diverses exigences des visiteurs. Le propriétaire des lieux souhaitait un espace de détente décontracté offrant aux clients de l’hôtel un refuge confortable où à l’abri de la chaleur pendant les journées chaudes de l’été. L’ensemble comprend un espace de restauration informel servant des rafraîchissements ainsi qu’un bar qui rassemblerait tout le monde pour un cocktail en soirée.

Dès le départ, le principal défi consistait à gérer l’empreinte inhabituelle de la structure existante qui ne pouvait pas être modifiée. Les architectes avaient besoin de créer une cuisine neuve et étendue dans un espace circulaire tout en redéfinissant la structure linéaire traditionnelle et en surmontant tous les problèmes potentiels. De même, le plan devait également prendre une forme circulaire. A l’extérieur, le défi consistait à créer un salon en plein air tissé entre les arbres de l’oliveraie millénaire.

Qui s’inspire de la tradition

Inspirés par les bâtiments ronds traditionnels de la région qui sont en pierre de Mitata et par leur structure de toit en bois très caractéristique, les architectes ont transformé l’empreinte en deux spirales, l’une pour le salon en plein air avec un foyer central, l’autre pour le bar et la cuisine. Les murs en pierres sèches du bâtiment de la cuisine s’entremêlent progressivement avec la spirale du salon avant d’atteindre le sol. Un travail minutieux tout aussi méticuleux qui a abouti à un résultat enchanteur.

© K-Studio
© K-Studio
© K-Studio
© K-Studio

Le site de k-Studio : ici.

Bienvenue aux concours perdus

@DR

Dans ma récente enquête intitulée « Faut-il montrer les concours perdus? » publiée dans Le Courrier de l’architecte, j’interpelle les différentes « revues et magazines d’architecture qui ne cherchent souvent qu’à mettre en avant l’actualité et donc les dernières réalisations en date. » pour saisir l’occasion et dédier des pages aux concours perdus.

A partir d’aujourd’hui, Détails d’architecture se dote d’une nouvelle catégorie : « Concours perdus » qui va recenser des projets variés gardés précieusement dans les archives des agences d’architecture et restés trop longtemps dans l’anonymat.

Amis architectes, les pages de Détails d’architecture vous sont ouvertes !

Comme un navire amarré à Amsterdam

© Francisco Nogueira

La résidence d’inspiration maritime habillée de lattes de bois en forme de vagues et signée de l’agence néerlandaise d’architecture GG-loop vient d’être livrée. Baptisée « Freebooter», il s’agit d’un complexe qui fait un joli clin d’œil au passé maritime des Pays-Bas.

De nombreuses références

L’histoire a un important rôle dans la dernière réalisation de l’agence GG-loop gérée par une main de maître par l’architecte italien originaire des Pouilles Giacomo Garziano. C’est pourquoi, un retour en arrière s’impose pour mieux comprendre les enjeux du projet. Il y a plus d’un siècle, Zeeburgereiland, qui est une petite île de forme triangulaire située à l’est d’Amsterdam, émergeait des sédiments de la rivière Ij et devenait le premier avant-poste de la marine néerlandaise. Aujourd’hui, devenue un quartier en gestation, l’île accueille diverses réalisations atypiques.

Situé dans le centre de Zeeburgereiland, la construction se compose de deux appartements de 120 mètres carrés donnant sur la rivière Ij. Les architectes nous expliquent que comme dans la plupart des projets du pays, le site de Freebooter se trouvait sous l’eau jusqu’en 1910. Sur cette parcelle qui a émergé au fil du temps se trouve aujourd’hui Freebooter, un projet original qui comporte de nombreuses références au vent, à l’eau et à la voile.

Le bois comme élément principal

Les deux entités sont formées de deux duplex, elles ont un noyau principal contenant les fonctions vitales comme la cuisine, la salle de bain et les toilettes. La zone de repos qui comprend une chambre principale, une deuxième chambre, un bureau ainsi que la partie consacrée au salon et à la salle à manger, se trouve autour de la première. Selon la disposition des architectes, l’ensemble offre une flexibilité maximale. Le salon se confond avec la salle à manger et le bureau avec l’espace à double hauteur. Les deux appartements offrent une grande fonctionnalité à leurs habitants.

Parlons matériaux de construction. La structure en bois est typique des voiliers mais aussi de l’architecture hollandaise traditionnelle selon son architecte. Comme dans un navire, la présence du bois est remarquable. Ce matériau millénaire croise le verre pour des effets d’ombre et de lumière. Quant au nom du projet, il fait référence à des personnages historiques qui ont assemblé des équipes de voile indépendants pour partir en haute mer à la recherche d’aventures et de nouveaux territoires.

L’intérieur des appartements est sobre, il est marqué par les formes organiques et arrondies qui selon les études poussées de l’architecte, protègent les habitants. La structure en lattes en bois qui enveloppent l’ensemble permet à la lumière du soleil d’éclairer les espaces tout en préservant l’intimité. Freebooter est donc un projet architectural capable de concilier technique et respect de l’environnement, tous liés par un seul fil conducteur le confort des utilisateurs des lieux.

Le fondateur de GG-loop nous livre à Amsterdam un projet atypique qui fournit une nouvelle expérience à ceux qui l’habitent.

© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira

Le site de l’agence d’architecture GG-Loop : ici.

Les photos : © Francisco Nogueira.

La première exposition de Joseph Klibansky à Londres

© Joseph Klibansky

La House of Fine Art, fondée à Londres par Elio D’Anna et Simonida Pavicevic, spécialisée dans l’art contemporain et située dans le quartier de Myfair à Londres présente la première exposition de Joseph Klibansky intitulée « All I Ever Wanted Was Everything ». Un univers plein de contraste que l’artiste cultive avec précision.

Un univers contrasté

C’est une exposition personnelle où le visiteur découvre les nouvelles sculptures et les peintures de l’artiste né en 1984 à Cape Town et basé à Amsterdam, Joseph Klibansky.

Les travaux de Klibansky examinent la relation entre la matière et son essence tout en s’interrogeant entre ce que nous voyons et ce qu’implique l’image. L’artiste est connu par ses exposition passées dans des lieux prestigieux comme le Palazzo Cavalli-Franchetti à Venise, le National Museum de Fundatie of Zwolle aux Pays-Bas mais aussi au The BVDS Gallery dans le cadre de la 57ème biennale de l’art de Venise.

Après son exposition récente qui s’est déroulée à Los Angeles, Klibansky expose pour la première fois dans la capitale britannique. Pour cela, l’artiste a choisi la HOFA Gallery (La Maison des Beaux-Arts) située Mayfair où les œuvres seront exposées jusqu’au 31 mai avant d’être acheminées pour une autre exposition qui se déroulera au village de Nammos à Mykonos.

Le paradoxe est au cœur des travaux de Joseph Klibansky. Ce qui peut sembler joyeux au regard d’autrui peut s’avérer mélancolique. Mais c’est tout l’univers antagoniste des diverses œuvres de l’artiste qui attire le visiteur. En effet, l’homme de l’art utilise un vocabulaire singulier pour créer des compositions numériques. Il superpose les photographies, enrichies de peinture acrylique, sur du papier d’archives et les recouvre d’une résine liquide.

Ne pas se fier aux apparences

Par ailleurs, l’exposition présente des pièces choisies de la série de sculptures en bronze de Klibansky. Des figures amusantes et ludiques qui ont pour but de représenter la juxtaposition entre symbole et image. Donnons par exemple son œuvre tirée de sa série intitulée «Big Bang White» qui présente une tête de gorille de couleur blanche vêtue d’un chapeau de fête doré. L’ensemble contraste nettement avec le regard boudeur de l’animal. A travers cette œuvre, Klibansky passe un message concret selon lequel  il ne faut pas se fier aux apparences. A noter que l’œuvre a été réalisée de bronze poli à l’aide d’une imprimante 3D.

Concernant l’artiste, le critique d’art réputé Peter Frank souligne: « Joseph Klibansky fait de la sculpture conceptuelle, pas de la sculpture Pop en tant que telle. Il opère donc dans un discours plus proche de Hirst que de Koons, mais directement lié à aucun des deux. Je vois clairement ce qu’il dit en tant qu’artiste individuel, comment il le dit et comment il a évolué jusqu’à maintenant. »

Les œuvres de Klibansky sont les témoins d’une utopie inquiétante qui n’est probablement pas ce qu’elle montre. L’exposition, riche d’un bon nombre d’œuvres, est à découvrir jusqu’au 31 mai 2019.

Joseph Klibansky _ Big Bang white© HOFA
Joseph Klibansky _ The Thinker © HOFA
Reflections of truth_ polished bronze_2016_Joseph Klibansky @2x

Le site de Joseph Klibansky : ici.

Le site de HOFA : ici.

Alvisi Kirimoto transforme le 32ème étage d’un gratte-ciel à Chicago

© Nick Lehoux

Dans l’un des quartiers animés de l’ouest de Chicago, suspendus entre les nuages, mais incontestablement implantés dans leur environnement, les nouveaux bureaux conçus par l’agence d’architecture Alvisi Kirimoto, basée à Rome, occupent l’intégralité du 32ème étage d’un impressionnant gratte-ciel.

Entre ciel et terre

Le projet est conçu pour accueillir le siège social d’une firme en mettant en valeur une partie de la collection d’œuvres d’art qu’elle possède. L’ensemble occupe une superficie de 2 600 m² dans un gratte-ciel de 224 mètres de haut situé au cœur de la ville de Chicago, au bord de la rivière éponyme.

Les architectes Massimo Alvisi et Junko Kirimoto décrivent l’expérience de la découverte de l’espace comme suit: « Dès que vous quittez les ascenseurs, en arrivant au 32e étage, vous avez l’impression de vous replonger dans la ville, à une hauteur différente, bien sûr, mais les pieds bien plantés dans les rues de Chicago, c’est précisément le tracé de la ville et ses surprises que nous nous efforçons de projeter au sein de cet espace: nous nous promenons dans des œuvres d’art contemporain, oriental, ou archéologique, surpris parfois par des couleurs vives ou par les doubles hauteurs inhabituelles d’un gratte-ciel, guidés par le rythme serré des murs, de la lumière et des axes visuels, notre premier instinct a été de laisser les angles libres pour maintenir un contact visuel permanent avec la ville. »

L’entrée principale du bâtiment est située dans son noyau structurel qui englobe toutes les services et installations. Dès l’entrée, le visiteur découvre deux salles opposées qui sont immédiatement visibles d’un côté, la réception et de l’autre, la salle de jeux, toutes deux caractérisées par une grande fenêtre qui s’ouvre sur l’aspect urbain mais aussi territorial de Chicago. Tandis que la partie nord abrite les fonctions les plus représentatives et les plus agrégées telles que la réception, la salle de réunion, le jardin d’hiver, les parcours d’exposition et le restaurant, la partie sud abrite les bureaux privés et quelques espaces communes.

Flexibilité et transparence

Les intérieurs présentent des murs en bois naturel allant du sol au plafond, des cloisons en verre et des panneaux suspendus qui, selon les combinaisons, délimitent les différentes zones de travail. La grande flexibilité et la transparence des éléments permettent aux visiteurs et aux employés de profiter de vues splendides, même dans les zones les plus privées, délimitées par des surfaces opaques.

Les murs en bois, dématérialisés en lattes verticales pour moduler le degré d’intimité et de luminosité, caractérisent les lignes principales du projet. Celles-ci constituent le leitmotiv qui accompagne le visiteur dans la découverte du jardin d’hiver, un environnement multifonctionnel à double hauteur qui représente le cœur battant du projet.

« La hauteur de plafond de 3,60 m, qui est absolument extraordinaire pour un bureau, nous a permis d’alterner des éléments suspendus tels que des panneaux en tissu, des éléments sculpturaux reposant sur le sol et laissés à leur hauteur initiale. Ce jeu de compression et de suspension se termine dans le volume du jardin d’hiver: un espace unique suspendu dans la ville, un lieu qui contient un espace pour la musique, l’art et les événements, ainsi que pour la méditation et la lecture. » Soulignent les architectes.

A mi-chemin entre deux mondes

Selon le point de vue, la peau du jardin d’hiver, composée de deux rangées de lattes de bois suspendues et non alignées, encadre une cloison centrale en verre transparente qui devient opaque, générant de multiples perspectives et créant un intéressant jeu d’ombres et de lumières. La pièce est complétée par une sculpture en bambou suspendue de l’artiste japonais Ueno Masao et par une table conçue par Junko Kirimoto, avec une finition en laque japonaise. L’espace a une touche orientale, elle est en accord avec les sensibilités italiennes et japonaises qui animent le studio Alvisi Kirimoto.

Tous les aspects du projet ont été soigneusement adaptés et harmonisés, du mobilier sur mesure, tel que les postes de travail et les tables de la cafétéria, à la disposition et au choix de la gradation des lumières. L’utilisation de la couleur est pondérée. Elle donne parfois de la sérénité, à d’autres moments, elle dessine de l’espace ou définit une fonction. Les couleurs vont de l’orange brillant  à la couleur blanche immaculée en par le rouge intense. L’art joue un rôle déterminant dans ce projet, en effet les bureaux hébergent un parcours d’exposition global de plus de 1 000 m² consacré à certaines des pièces de collection du propriétaire des lieux, qui se superposent à la ville et génèrent des imprévus.

A Chicago, les architectes de l’agence Alvisi Kirimoto on accompli un travail méticuleux pour un résultat enchanteur !

© Nick Lehoux
© Nick Lehoux
© Nick Lehoux
© Nick Lehoux

Le site de l’agence d’architecture Alvisi Kirimoto + Partners : ici.

Les photos : © Nick Lehoux

Quand les bandes d’aluminium incurvées habillent la façade

© Roland Halbe

Il s’agit du siège de la société française de vins et spiritueux Pernod Ricard que les architectes de l’agence Belzberg viennent de terminer. Situé dans la capitale mexicaine, l’édifice se caractérise par une multitude de bandes en aluminium qui l’habillent astucieusement.

Fabriquées sur mesure

L’agence d’architecture californienne basée à Santa Monica a paré un immeuble de bureaux situé à Mexico par des bandes d’aluminium verticales, fabriquées sur mesure en Californie, qui continuent à l’intérieur de l’édifice pour former divers recoins et espaces privées. D’une superficie de 4 074 m², l’ensemble vitré s’étend sur six étages et comprend un patio ainsi qu’un stationnement souterrain.

Pour leur habillage, les architectes ont choisi le coin de l’édifice, un endroit stratégique qui donne sur l’intersection de deux rues. Une composition singulière et caractéristique pour un emplacement idéal. Ainsi, les façades qui présentent une certaine fluidité sortent de l’ordinaire tout en gardant leur fonction originelle.

Grâce à la technologie numérique

Le bâtiment est situé dans le quartier historique de Cuauhtémoc à Mexico, une fraction de ville en cours de revitalisation, qui comprends des maisons et des immeubles de bureaux. Recouvert de verre sombre et de métal, l’édifice se distingue, avec ses lignes courbes  qui offrent un certain intérêt visuel, des entités voisines qui sont construites en béton.

Les fenêtres grises laminées réduisent le gain de chaleur et améliorent la visibilité intérieure pendant la journée. Au total, 272 « ailettes » en aluminium incurvées sont fixées à la construction. Pour la création de ces pièces structurelles complexes, les architectes ont eu recours à la technologie numérique.

A l’intérieur, les bandes argentées sont intégrées dans la disposition générale pour former des espaces privés où les utilisateurs de lieux peuvent travailler et se détendre. Le bois légèrement teinté couvre les planchers et les plafonds, tandis que d’autres murs affichent fièrement le béton apparent. Les bandes d’aluminium externes forment des balcons semi-protégés très appréciés de tous. Les vues sur les rues environnantes sont maximisées et les espaces de travail sont confortables. L’ensemble forme un immeuble de bureaux bien à la mode !

© Roland Halbe
© Roland Halbe
© Roland Halbe
© Roland Halbe

Le site de Belzberg Architects : ici.

Les photos : © Roland Halbe.

« Leonardo Ricci 100 » l’exposition à visiter

© Ricardo Scofidio

A l’occasion du centenaire de la naissance de Leonardo Ricci, figure marquante de la scène architecturale italienne de la seconde guerre mondiale, l’ancien réfectoire de la Santa Maria Novella à Florence, accueille l’exposition Leonardo Ricci 100. Écriture, peinture et architecture sont au rendez-vous.

Découverte d’un large panel d’oeuvres

Du 12 avril au 26 mai 2019, les visiteurs peuvent découvrir à les œuvres de Leonardo Ricci exposées pour la première fois. Il s’agit d’esquisses expressionnistes, peintures avec une forte impact matériel et figuratif, fragments de compositions de mosaïque mais aussi des photographies et des maquettes des projets associés à des dessins d’architecture. Une exposition qui permet de faire la lumière sur les divers aspects du travail du grand maître.

Organisée par Maria Clara Ghia, Ugo Dattilo et Clementina Ricci, l’exposition vise à présenter la figure de Leonardo Ricci de manière libre avec une approche interdisciplinaire et claire. Le visiteur sera guidé par des extraits de « Anonymous » un livre existentialiste écrit par Ricci aux Etats-Unis en 1957. L’auteur le présente comme suit : « pas un livre savant pour les spécialistes, mais ouvert à tous ».

«Mon souhait, écrit-il, était de traiter de sujets étroitement liés à mon domaine d’activité, qui concerne principalement l’urbanisme et l’architecture, mais pas spécifiquement. »
Divisé en seize sections, comme les seize chapitres du livre, l’exposition Leonardo Ricci 100 offre un chemin ouvert, varié mais profondément organique qui mélange les textures des disciplines pratiquées par l’artiste, pour montrer les liens sous-jacents et les interférences. Les sections imitent ainsi l’ouverture de sa pensée et son mélange d’œuvres de différentes périodes et d’horizons divers, sa production, dans laquelle les frontières entre les disciplines deviennent floues.

Découverte de l’homme

Les sections deviennent ainsi des clés d’interprétation possibles pour aider le visiteur à comprendre l’homme qui à Florence avait reçu les enseignements de Giovanni Michelucci (l’un des plus célèbres architectes florentins du 20ème siècle) et les avait mélangés avec ceux de l’abstraction classique. L’homme qui avait rencontré Albert Camus, Jean Paul Sartre et Le Corbusier à Paris et qui est allé jusqu’en Amérique du Nord, où il s’était familiarisé avec les pratiques de la peinture.

La vie de Leonardo Ricci ressemble à un condensé agile du XXe siècle. C’était un homme qui a traversé les âges, il a dessiné les fondements pour construire une vision personnelle du monde et de la pratique de l’architecture. Dans Leonardo Ricci 100, le visiteur est plongé dans l’optimisme utopique des années 1940 dans Florence d’après-guerre, où Ricci a participé à des concours pour la reconstruction des ponts florentins tout en découvrant son amour pour l’enseignement. Mais aussi nous découvrons les divers courants existentialistes qui ont influencé son travail littéraire.

Un espace généreux est dédié à son travail de manifeste à Monterinaldi (le studio-maison de Ricci achevé en 1961), un projet dans lequel les principales raisons de sa recherche architecturale peut être reconnue. Nous découvrons entre autre « La Cava » créée en 1955 où il s’agit d’un événement qui prend la forme d’une exposition devenue célèbre pour sa décision d’impliquer toute la colline de Monterinaldi dans une action collaborative dans laquelle architectes, peintres et sculpteurs a participé librement, à une intégration complète des arts.
« Construire un bâtiment, c’est faire que les gens vivent dans un sens plutôt que dans
un autre
», écrivait Ricci dans Anonymous , répétant une phrase à laquelle il était habitué.

Vous avez jusqu’au 26 mai 2019 pour visiter l’exposition Leonardo Ricci 100, courez-y ça vaut le coup!

© Ricardo Scofidio
© Ricardo Scofidio

Les photos : © Ricardo Scofidio