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A Darmstadt, la «Waldspirale» toujours aussi étonnante

© Sipane Hoh

L’artiste Friedensreich Hundertwasser est mort en février 2000 quelques mois avant l’achèvement d’un bâtiment emblématique. Aujourd’hui, ce dernier, toujours aussi étonnant, continue à surprendre tout visiteur.

La « Waldspirale » ou « La forêt en spirale », construite dans la périphérie de la ville allemande de Darmstadt entre 1998 et 2000, dans le but de loger une centaine de familles, est un édifice de douze étages. L’ensemble, situé dans le quartier de Bürgerpark et qui ressemble à une citadelle des mille et une nuits où les textures et les couleurs se croisent savamment, est constitué de différentes couches de béton de recyclage multicolore, en hommage à le terre, contraste avec la couleur verte de la forêt avoisinante.

Friedrich Hundertwasser, toujours aussi créateur, a réalisé à Darmstadt, encore une fois, une œuvre unique qui tout en comportant sa griffe identifiable parmi toutes, ne ressemble à aucune autre. Ici, comme tous les autres œuvres de l’artiste, la façade a été construite avec une grande originalité tandis que le toit est constitué d’un jardin de tilleuls et d’érables. Nous pouvons même découvrir une aire de jeux ainsi qu’un fleuve artificiel sur la terrasse du bâtiment. Par ailleurs, un restaurant se trouve dans la tour sud-est tandis que la tour d’en face abrite un café très apprécié des visiteurs.

L’édifice, aux couleurs chatoyantes, est constitué d’une spirale qui finit par douze étages et 41 mètres, à son plus haut niveau. Nous pouvons y trouver en tout 105 appartements aux fenêtres de diverses tailles, formes et textures. Aujourd’hui, les curieux du monde entier, affluent à Darmstadt pour voir les habitations de Friedrich Hundertwasser, l’architecte qui est mort en février 2000 quelques mois avant l’achèvement du bâtiment de la « Waldspirale ».

© Sipane Hoh
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© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Les photos : © Sipane Hoh

Le Weisses Kreuz d’Innsbruck retrouve sa splendeur grâce à noa*

© Alex Filz

L’hotel Weisses Kreuz, situé dans le centre-ville d’Innsbruck, invite ses hôtes à un voyage dans le temps rafraîchissant et coloré avec 48 nouvelles chambres et suites, où l’agence d’architecture noa* a créé le cadre parfait.

Une mode intemporelle

Pas d’angle droit en vue dans le coin ! la vénérable maison de Herzog-Friedrich-Straße, qui date des années 1460, est un bâtiment situé dans l’une des rues historiques d’Innsbruck et dont l’architecture consiste en un condensé d’éléments architecturaux d’un large éventail d’époques historiques, ayant subi une transformation constante. Pourtant, les caractéristiques distinctes de chaque période se confondent dans une mode intemporelle pour former une symbiose d’urbanisme.

Au rythme des siècles, l’Hôtel Weisses Kreuz s’inscrit dans ce modèle, offrant un défi architectural attrayant pour noa*. Non loin du célèbre Goldenes Dachl (le Toit d’Or), l’hôtel a toujours été une destination populaire que ce soit pour les voyageurs célèbres ou les célébrités historiques, comme Wolfgang Amadeus Mozart, qui y séjourna à l’âge de 13 ans en 1769. Le bâtiment est étroit et allongée vers l’arrière, son arcade orientée vers l’avant se marie parfaitement avec le tissu de la ville. Lors de la refonte, un niveau loft a été ajouté aux six étages, qui ont été prolongés avec délicatesse tout en respectant les règles locales de conservation. Le nouveau loft est méticuleusement chorégraphié. D’une part, il s’adapte au quartier et au paysage urbain en conservant sa pente d’origine vers l’élévation avant, mais à l’arrière, il s’élève en hauteur et s’ouvre sur six cubes de verre offrant une vue magnifique sur les toits de la ville. De là, les clients peuvent goûter à un panorama unique, englobant les monuments importants alentour.

Un voyage dans le temps

Les clients sont invités à commencer leur voyage dans le temps au rez-de-chaussée. En effet, l’ascenseur est accessible par un long couloir ponctué de deux « obstacles en miroir ». Les invités se voient réfléchis, mais en même temps toutes les frontières sont dissoutes par les murs en miroir et le plafond, l’architecture cesse d’exister, l’immersion est complète. Dès l’entrée, les visiteurs sont transportés loin de leur propre époque. L’ascenseur les emmène directement au nouveau sixième étage, où un accueil chaleureux les attend. Là, la première chose qu’ils remarqueront est un meuble dominant dans la salle longue. Il s’agit d’une table en laiton, fabriquée sur mesure, de 13 mètres de long avec une ornementation baroque. La table sert au petit déjeuner buffet, mais aussi comme bar ou comme un lieu de rencontre convivial en soirée, ouvert également aux non-clients de l’hôtel. L’existence de la table est renforcée par le parquet en chêne fumé, et le laiton offre un contraste royal avec le bleu foncé qui domine la pièce. Le bleu choisi figure également au nom de cette icône « Zur blauen Brigitte » (Bleu Brigitte), du nom de l’un des deux propriétaires de l’immeuble. Le loft bleu, avec ses baies vitrées, ses alcôves vitrées et sa vue à couper le souffle, offre une atmosphère chaleureuse. L’éclairage offre une ambiance éclectique agrémentés de plusieurs touches en rose clair et jaune ocre. La signature du projet « Baroque Chic Shock » est évidente par ses caractéristiques variées et particulières. Le minimalisme et les espaces blancs sont inexistants, tout, jusqu’aux détails techniques, a été coloré, décoré et agrémenté. L’histoire dynamique du bâtiment refait surface et le nouveau chapitre qui est en train d’être écrit apparaît petit à petit.

La couleur fait partie du voyage

Les nouvelles chambres et suites sont situés aux étages inférieurs. Malgré l’irrégularité architecturale des planchers, avec leurs plafonds gothiques, leurs arches et leurs hauteurs variables, noa* a réussi à apporter une sorte de calme à la folie. Les chambres d’hôtes côté rue permettent de se plonger dans l’agitation de la vieille ville d’Innsbruck simplement en regardant par la fenêtre, tandis que ceux qui font face à la cour intérieure se dotent d’un patio ou d’un balcon intérieur créant un idylle isolée. Pour la partie centrale et sans fenêtre du bâtiment, les architectes ont imaginé une façon particulièrement ingénieuse d’utiliser l’espace tout en permettant à ces pièces de recevoir la lumière naturelle. En effet, les concepteurs ont éclairés l’ensemble par une cour intérieure qui s’étend entre le premier et le sixième étages où se forme une petite terrasse privée et paysagée. Les chambres possèdent des codes de couleurs cohérents. Chaque pièce présente une couleur monochrome et devient le cadre de divers éléments baroques. La couleur fait partie du voyage. Chaque teinte donne une indication de la configuration de la chambre respective. Par exemple, les chambres rouges sont légèrement plus spacieuses que celles en bleu clair, tandis que les chambres en bleu foncé ont un balcon, et les chambres vertes ont une terrasse donnant sur la cour. Par ailleurs, les chambres grises sont toutes à deux lits. Tout le mobilier est en harmonie avec la couleur choisie, la moquette et le carrelage sont à la couleur des murs, des rideaux et des meubles. Le thème baroque se reflète dans des détails particuliers comme une pied de lavabo ou une commode qui portent des traits baroques. Ces derniers sont encore plus accentués, par une série spécialement créée de photographies de dames opulentes qui reprennent le leitmotiv du « Baroque Chic Shock » à travers des accessoires fantaisistes.

Des surprises et des secrets

Au premier étage, toutes les chambres ont une terrasse vitrée et un grand espace extérieur. le point culminant de cet étage est la chambre « Superpatio » avec son décor de jungle verte, un petit oasis avec des meubles anciens et un lit d’une forme inhabituelle. Au deuxième étage, se trouve la « Suite Mozart » qui constitue la retraite spacieuse où Mozart reposait autrefois. Ici, des éléments grandioses abondent en rouge et or. En hommage au célèbre compositeur et grand joueur, une table de billard orne la pièce. Une autre curiosité se trouve au troisième étage. IL s’agit d’une « armoire à balais », la plus petite pièce de l’hôtel, qui reste totalement inachevée. Avec ses murs non enduits, c’est l’espace « sans style » de l’hôtel où l’on trouve la raquette de tennis signée d’un célèbre champion de Wimbledon qui orne le mur. Le quatrième étage se prolonge dans le bâtiment voisin, il s’agit du Frank House qui dispose de 10 chambres supplémentaires. A cet étage se trouve la salle « Toit d’Or » avec son opulent mobilier doré. L’ensemble a été nommé d’après le toit d’or, qui peut être aperçu de la baie vitrée.

A l’hôtel remanié par noa*, ce ne sont pas seulement les formes irrégulières qui évoquent l’histoire, mais aussi les peintures murales découvertes pendant le projet. Elle racontent les histoires d’auteurs inconnus. Le Weisses Kreuz prend un nouveau départ avec un concept neuf, il regorge de surprises et de secrets. Par ailleurs, les rêves et les anecdotes d’autrefois s’étendent jusqu’au loft dont les baies vitrées mettent le ciel étoilé à portée de main.

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz

En Finlande, l’école maternelle se pare d’un habit coloré

 

© AFKS

C’est avec un revêtement métallique à la fois rayé et coloré que les architectes de l’agence finlandaise AFKS ont enveloppé une école maternelle se trouvant à Espoo, située à 15 km à l’ouest de Helsinki.

L’école maternelle conçue par l’agence AFKS  se trouve dans le quartier de Lintuvaara sur une parcelle bordée d’une route très fréquentée sur son côté nord. Les conditions et la situation du terrain ont incité les concepteurs à proposer un plan en forme de U qui enveloppe une cour ainsi qu’une aire de jeux donnant sur le sud. Fermée sur l’extérieur comme une forteresse, la construction s’ouvre sur le cœur de la parcelle où les enfants peuvent se sentir dans un environnement en retrait même si la route n’est jamais très loin.

À l’arrière du bâtiment, se trouve une cour abritée qui permet d’accéder aux espaces communs, aux couloirs, à la cafétéria ainsi qu’à l’aire de jeux principale. Tandis que les couleurs couvrent entièrement les façades qui donnent vers l’extérieur, celles donnant sur les cours présentent une partie immaculée couronnée par les mêmes couleurs.

Couleurs et textures

Nous constatons le même contraste concernant les matériaux utilisés. Alors que l’extérieur s’habille d’acier, la partie de l’édifice donnant sur le cœur d’îlot est en lattes de bois. Une matière plus accessible pour les enfants.

Selon les architectes, les rayures colorées sont inspirées des craies colorées, des rangées de livres ou même des peintures utilisées jadis par les amérindiens. Les ouvertures ne sont pas alignées avec les coutures verticales des façades. Il s’agit de la volonté des architectes qui espèrent renforcer l’esthétique légèrement aléatoire à travers ce geste.

Les rayures se poursuivent à l’intérieur où elles deviennent moins complexes et espacées. La sobriété est au rendez-vous et malgré la simplicité de la structure, la maternelle de la ville d’Espoo présente plusieurs qualités.

© AFKS
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© AFKS
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© AFKS
© AFKS

Le site de l’agence d’architecture AFKS : ici.

Les photos: © AFKS

A Dilbeek, le défi urbain prend la forme d’une académie de musique

© Miguel de Guzmán

En Belgique, l’académie MWD réalisé par l’architecte Carlos Arroyo outre l’enseignement de musique, de théâtre et de danse, offre à la ville un gracieux objet architectural qui allie esthétisme et fonctionnalité.

Dilbeek est une commune belge connue par un riche patrimoine constitué de châteaux. La ville qui, aujourd’hui, est constituée de vastes lotissements de villas n’a pas perdu pour autant son empreinte industrielle ainsi que sa facette rurale.

L’édifice est situé dans le centre ville de Dilbeek, dans un contexte difficile où se trouvent diverses variétés de constructions comme la Mairie, les restaurants, la place principale avec côté nord une zone protégée constituée par la forêt et côté est un groupement de résidences à l’architecture classique.

Dès le départ, la question était de savoir comment harmoniser les différentes conditions tout en réalisant un bâtiment de qualité. Tout d’abord, les architectes ont conçu un volume qui s’avère être une transition douce entre l’échelle des maisons environnantes. Ensuite, concevoir une surface qui reflète les résidences situées de l’autre côté de la rue et enfin un porte à faux. En plus d’un accès unique sur le côté de l’édifice ainsi qu’un espace public couvert menant à l’entrée de l’académie.

L’image du projet a été peaufinée en conséquence, avec les touches de couleurs pixellisés, la façade respire un adorable air de dynamisme autant par l’existence des lignes que les rythmes géométriques ou la texture. Il s’agit là de divers composants de la musique interprétés d’une manière ludique. Ailleurs sur les autres façades, les panneaux métalliques réfléchissent le ciel ou la forêt environnante.

La séparation des fonctions est minutieusement étudiée via la scission des deux ensembles, l’auditorium et l’académie. À l’autre extrémité de l’immeuble, il existe un  endroit formellement reconnaissable, il s’agit d’un double escalier avec des bancs et vue sur la forêt. Il est facile d’imaginer les habitués assis sur les bancs en train de discuter, de contempler les environs ou bien tout simplement attendre le cours suivant.

La compacité du volume réduit considérablement la consommation de l’énergie. Les murs porteurs recouverts d’un isolant de l’extérieur sont visibles de l’intérieur du bâtiment et offrent une bonne inertie thermique à ce dernier. Les ouvertures sont étudiées de sorte qu’elles fournissent le nécessaire de luminosité. Les intérieurs sont de couleur blanche pour réfléchir la lumière dans toutes les directions. Même l’auditorium est conçu pour fonctionner avec seulement la lumière naturelle. Les matériaux de construction choisis assurent un maximum de respect pour l’environnement. L’eau de pluie est récoltée pour être réutilisée ultérieurement.

Que de qualités pour un édifice culturel qui a changé le visage de Dibleek.

© Miguel de Guzmán

© Miguel de Guzmán

© Miguel de Guzmán

Le site de l’architecte Carlos Arroyo : ici.
Les photos : © Miguel de Guzmán