Archives de catégorie : architecture

Bienvenue aux concours perdus

@DR

Dans ma récente enquête intitulée « Faut-il montrer les concours perdus? » publiée dans Le Courrier de l’architecte, j’interpelle les différentes « revues et magazines d’architecture qui ne cherchent souvent qu’à mettre en avant l’actualité et donc les dernières réalisations en date. » pour saisir l’occasion et dédier des pages aux concours perdus.

A partir d’aujourd’hui, Détails d’architecture se dote d’une nouvelle catégorie : « Concours perdus » qui va recenser des projets variés gardés précieusement dans les archives des agences d’architecture et restés trop longtemps dans l’anonymat.

Amis architectes, les pages de Détails d’architecture vous sont ouvertes !

Comme un navire amarré à Amsterdam

© Francisco Nogueira

La résidence d’inspiration maritime habillée de lattes de bois en forme de vagues et signée de l’agence néerlandaise d’architecture GG-loop vient d’être livrée. Baptisée « Freebooter», il s’agit d’un complexe qui fait un joli clin d’œil au passé maritime des Pays-Bas.

De nombreuses références

L’histoire a un important rôle dans la dernière réalisation de l’agence GG-loop gérée par une main de maître par l’architecte italien originaire des Pouilles Giacomo Garziano. C’est pourquoi, un retour en arrière s’impose pour mieux comprendre les enjeux du projet. Il y a plus d’un siècle, Zeeburgereiland, qui est une petite île de forme triangulaire située à l’est d’Amsterdam, émergeait des sédiments de la rivière Ij et devenait le premier avant-poste de la marine néerlandaise. Aujourd’hui, devenue un quartier en gestation, l’île accueille diverses réalisations atypiques.

Situé dans le centre de Zeeburgereiland, la construction se compose de deux appartements de 120 mètres carrés donnant sur la rivière Ij. Les architectes nous expliquent que comme dans la plupart des projets du pays, le site de Freebooter se trouvait sous l’eau jusqu’en 1910. Sur cette parcelle qui a émergé au fil du temps se trouve aujourd’hui Freebooter, un projet original qui comporte de nombreuses références au vent, à l’eau et à la voile.

Le bois comme élément principal

Les deux entités sont formées de deux duplex, elles ont un noyau principal contenant les fonctions vitales comme la cuisine, la salle de bain et les toilettes. La zone de repos qui comprend une chambre principale, une deuxième chambre, un bureau ainsi que la partie consacrée au salon et à la salle à manger, se trouve autour de la première. Selon la disposition des architectes, l’ensemble offre une flexibilité maximale. Le salon se confond avec la salle à manger et le bureau avec l’espace à double hauteur. Les deux appartements offrent une grande fonctionnalité à leurs habitants.

Parlons matériaux de construction. La structure en bois est typique des voiliers mais aussi de l’architecture hollandaise traditionnelle selon son architecte. Comme dans un navire, la présence du bois est remarquable. Ce matériau millénaire croise le verre pour des effets d’ombre et de lumière. Quant au nom du projet, il fait référence à des personnages historiques qui ont assemblé des équipes de voile indépendants pour partir en haute mer à la recherche d’aventures et de nouveaux territoires.

L’intérieur des appartements est sobre, il est marqué par les formes organiques et arrondies qui selon les études poussées de l’architecte, protègent les habitants. La structure en lattes en bois qui enveloppent l’ensemble permet à la lumière du soleil d’éclairer les espaces tout en préservant l’intimité. Freebooter est donc un projet architectural capable de concilier technique et respect de l’environnement, tous liés par un seul fil conducteur le confort des utilisateurs des lieux.

Le fondateur de GG-loop nous livre à Amsterdam un projet atypique qui fournit une nouvelle expérience à ceux qui l’habitent.

© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira

Le site de l’agence d’architecture GG-Loop : ici.

Les photos : © Francisco Nogueira.

Alvisi Kirimoto transforme le 32ème étage d’un gratte-ciel à Chicago

© Nick Lehoux

Dans l’un des quartiers animés de l’ouest de Chicago, suspendus entre les nuages, mais incontestablement implantés dans leur environnement, les nouveaux bureaux conçus par l’agence d’architecture Alvisi Kirimoto, basée à Rome, occupent l’intégralité du 32ème étage d’un impressionnant gratte-ciel.

Entre ciel et terre

Le projet est conçu pour accueillir le siège social d’une firme en mettant en valeur une partie de la collection d’œuvres d’art qu’elle possède. L’ensemble occupe une superficie de 2 600 m² dans un gratte-ciel de 224 mètres de haut situé au cœur de la ville de Chicago, au bord de la rivière éponyme.

Les architectes Massimo Alvisi et Junko Kirimoto décrivent l’expérience de la découverte de l’espace comme suit: « Dès que vous quittez les ascenseurs, en arrivant au 32e étage, vous avez l’impression de vous replonger dans la ville, à une hauteur différente, bien sûr, mais les pieds bien plantés dans les rues de Chicago, c’est précisément le tracé de la ville et ses surprises que nous nous efforçons de projeter au sein de cet espace: nous nous promenons dans des œuvres d’art contemporain, oriental, ou archéologique, surpris parfois par des couleurs vives ou par les doubles hauteurs inhabituelles d’un gratte-ciel, guidés par le rythme serré des murs, de la lumière et des axes visuels, notre premier instinct a été de laisser les angles libres pour maintenir un contact visuel permanent avec la ville. »

L’entrée principale du bâtiment est située dans son noyau structurel qui englobe toutes les services et installations. Dès l’entrée, le visiteur découvre deux salles opposées qui sont immédiatement visibles d’un côté, la réception et de l’autre, la salle de jeux, toutes deux caractérisées par une grande fenêtre qui s’ouvre sur l’aspect urbain mais aussi territorial de Chicago. Tandis que la partie nord abrite les fonctions les plus représentatives et les plus agrégées telles que la réception, la salle de réunion, le jardin d’hiver, les parcours d’exposition et le restaurant, la partie sud abrite les bureaux privés et quelques espaces communes.

Flexibilité et transparence

Les intérieurs présentent des murs en bois naturel allant du sol au plafond, des cloisons en verre et des panneaux suspendus qui, selon les combinaisons, délimitent les différentes zones de travail. La grande flexibilité et la transparence des éléments permettent aux visiteurs et aux employés de profiter de vues splendides, même dans les zones les plus privées, délimitées par des surfaces opaques.

Les murs en bois, dématérialisés en lattes verticales pour moduler le degré d’intimité et de luminosité, caractérisent les lignes principales du projet. Celles-ci constituent le leitmotiv qui accompagne le visiteur dans la découverte du jardin d’hiver, un environnement multifonctionnel à double hauteur qui représente le cœur battant du projet.

« La hauteur de plafond de 3,60 m, qui est absolument extraordinaire pour un bureau, nous a permis d’alterner des éléments suspendus tels que des panneaux en tissu, des éléments sculpturaux reposant sur le sol et laissés à leur hauteur initiale. Ce jeu de compression et de suspension se termine dans le volume du jardin d’hiver: un espace unique suspendu dans la ville, un lieu qui contient un espace pour la musique, l’art et les événements, ainsi que pour la méditation et la lecture. » Soulignent les architectes.

A mi-chemin entre deux mondes

Selon le point de vue, la peau du jardin d’hiver, composée de deux rangées de lattes de bois suspendues et non alignées, encadre une cloison centrale en verre transparente qui devient opaque, générant de multiples perspectives et créant un intéressant jeu d’ombres et de lumières. La pièce est complétée par une sculpture en bambou suspendue de l’artiste japonais Ueno Masao et par une table conçue par Junko Kirimoto, avec une finition en laque japonaise. L’espace a une touche orientale, elle est en accord avec les sensibilités italiennes et japonaises qui animent le studio Alvisi Kirimoto.

Tous les aspects du projet ont été soigneusement adaptés et harmonisés, du mobilier sur mesure, tel que les postes de travail et les tables de la cafétéria, à la disposition et au choix de la gradation des lumières. L’utilisation de la couleur est pondérée. Elle donne parfois de la sérénité, à d’autres moments, elle dessine de l’espace ou définit une fonction. Les couleurs vont de l’orange brillant  à la couleur blanche immaculée en par le rouge intense. L’art joue un rôle déterminant dans ce projet, en effet les bureaux hébergent un parcours d’exposition global de plus de 1 000 m² consacré à certaines des pièces de collection du propriétaire des lieux, qui se superposent à la ville et génèrent des imprévus.

A Chicago, les architectes de l’agence Alvisi Kirimoto on accompli un travail méticuleux pour un résultat enchanteur !

© Nick Lehoux
© Nick Lehoux
© Nick Lehoux
© Nick Lehoux

Le site de l’agence d’architecture Alvisi Kirimoto + Partners : ici.

Les photos : © Nick Lehoux

Quand les bandes d’aluminium incurvées habillent la façade

© Roland Halbe

Il s’agit du siège de la société française de vins et spiritueux Pernod Ricard que les architectes de l’agence Belzberg viennent de terminer. Situé dans la capitale mexicaine, l’édifice se caractérise par une multitude de bandes en aluminium qui l’habillent astucieusement.

Fabriquées sur mesure

L’agence d’architecture californienne basée à Santa Monica a paré un immeuble de bureaux situé à Mexico par des bandes d’aluminium verticales, fabriquées sur mesure en Californie, qui continuent à l’intérieur de l’édifice pour former divers recoins et espaces privées. D’une superficie de 4 074 m², l’ensemble vitré s’étend sur six étages et comprend un patio ainsi qu’un stationnement souterrain.

Pour leur habillage, les architectes ont choisi le coin de l’édifice, un endroit stratégique qui donne sur l’intersection de deux rues. Une composition singulière et caractéristique pour un emplacement idéal. Ainsi, les façades qui présentent une certaine fluidité sortent de l’ordinaire tout en gardant leur fonction originelle.

Grâce à la technologie numérique

Le bâtiment est situé dans le quartier historique de Cuauhtémoc à Mexico, une fraction de ville en cours de revitalisation, qui comprends des maisons et des immeubles de bureaux. Recouvert de verre sombre et de métal, l’édifice se distingue, avec ses lignes courbes  qui offrent un certain intérêt visuel, des entités voisines qui sont construites en béton.

Les fenêtres grises laminées réduisent le gain de chaleur et améliorent la visibilité intérieure pendant la journée. Au total, 272 « ailettes » en aluminium incurvées sont fixées à la construction. Pour la création de ces pièces structurelles complexes, les architectes ont eu recours à la technologie numérique.

A l’intérieur, les bandes argentées sont intégrées dans la disposition générale pour former des espaces privés où les utilisateurs de lieux peuvent travailler et se détendre. Le bois légèrement teinté couvre les planchers et les plafonds, tandis que d’autres murs affichent fièrement le béton apparent. Les bandes d’aluminium externes forment des balcons semi-protégés très appréciés de tous. Les vues sur les rues environnantes sont maximisées et les espaces de travail sont confortables. L’ensemble forme un immeuble de bureaux bien à la mode !

© Roland Halbe
© Roland Halbe
© Roland Halbe
© Roland Halbe

Le site de Belzberg Architects : ici.

Les photos : © Roland Halbe.

GR House, la séduisante résidence signée Paulo Martins

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, située sur un terrain de forme irrégulière et entourée de constructions anodines, la GR House réalisée par Paulo Martins Arq & Design est la résultante des diverses études concernant le contexte environnant.

Si le visiteur hésite à relier visuellement les espaces intérieurs de la villa à son environnement immédiat, il remarque qu’il existe dans cette architecture le souhait d’ouvrir la construction vers l’est. Une ouverture qui profite de la beauté alentour tout en gardant une grande part de discrétion.

Selon les architectes et après avoir étudié les diverses orientations, le volume est construit comme un espace inerte, imitant la nature et assumant son exception. Les formes de la résidences sont irrégulières, ses couleurs rappellent la terre, tandis que ses fenêtres sont presque inexistantes. Les ouvertures se présentent sous la forme de patios et de puits de lumière, visibles uniquement de haut en bas.

En marchant depuis l’entrée le long des rampes successives, nous remarquons une sorte de transition. « Le revêtement en bois constitue un superlatif exceptionnel et une invitation à entrer à travers la porte surdimensionnée qui sépare l’extérieur hermétique et mystérieux de son intérieur pur et chaleureux, avec ses espaces généreusement éclairés par une lumière zénithale dirigée vers la vallée, où la brume dénonce la traversée d’une rivière. » Soulignent les architectes.

Une douce dualité claire se crée ainsi entre l’intérieur et l’extérieur soulignant l’idée du désintérêt de la villa pour ses relations avec l’environnement immédiat, sans que cela puisse entraver la dynamique existentielle de son intérieur. Le programme est constitué des zones d’accueil tous orientées vers l’est avec une vue imprenable sur la vallée et les zones intimes qui donnent vers l’ouest c’est-à-dire côté route. Un grand patio intérieur autour duquel il est possible de se balader, crée ainsi une dynamique spatiale et visuelle qui enrichit l’ensemble.

La GR House conçu par Paulo Martins Arq & Design constitue un bel exercice de style à découvrir sans tarder.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Paulo Martins Arq & Design: ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

A Barcelone, une élégante rénovation signée Miel Arquitectos

© Jose Hevia et Asier Rua

Deux fenêtres qui donnent sur un mur mitoyen ont signé le début du projet. Il s’agit d’un appartement de 65 m² qui a été complètement remanié par l’agence d’architecture espagnole Miel Arquitectos.

Un kaléidoscope de lumière

« Parlament19 » est une expérience d’ergonomie réflexive dont les architectes de Miel Arquitectos sont fiers. Il s’agit de la distribution créative de plusieurs miroirs qui mettent en exergue la lueur de la lumière entrant timidement au sein de l’appartement situé au troisième étage du quartier Sant Antoni. C’est une manière comme une autre d’inviter les arbres et la nature du quartier à l’intérieur de l’habitation.

« Nous avons étendu cette stratégie de conception à la distribution interne de l’espace. » Racontent les architectes qui ont positionné un cube de miroirs, agissant comme un kaléidoscope de lumière à la charnière géométrique de l’appartement. A l’intérieur de ce cube d’or se trouvent les diverses services comme la cuisine et les deux salles de bains privatives.

De l’extérieur, le cube crée une grande générosité qui se répand dans les chambres et les espaces communes. Dès l’entrée, il agit comme un observatoire invitant le visiteur dans son environnement magnifié. Soigneusement équilibré, l’agencement de « Parlament19 » s’articule autour de la cuisine et de la salles de bain.

Concentre les contrastes

L’ensemble se compose d’un salon, d’une salle à manger et d’un balcon, en plus d’une chambre à coucher et sa salle de bains. Grâce à une combinaison de portes coulissantes et de rideaux, les différents espaces se connectent et se déconnectent du reste de l’appartement, en s’adaptant à une fonction collective ou plus intime.

L’intérieur se caractérise par une couleur blanche immaculée. Quelques touches sous forme de renforts, poignées et interrupteurs, touches dorées ajoutent de la chaleur et de la luminosité à l’espace général tout en apportant une belle note de surprise. Les architectes ont gardé l’ancien plancher qui se marie à merveille avec les pièces ajoutées.

« Parlament19 » concentre les contrastes. C’est un projet sobre où les différentes textures se complètent.

© Jose Hevia et Asier Rua
© Jose Hevia et Asier Rua
© Jose Hevia et Asier Rua

Le site de Miel Arquitectos : ici.

Les photos: © Jose Hevia et Asier Rua

A Morelia, HW-Studio réalise un petit bijou

© Bruno Gómez de la Cueva

Au Mexique, l’agence d’architecture HW-Studio a reconverti une cave historique datant du 16ème siècle en une impressionnante résidence familiale. Sobriété et tranquillité sont au rendez-vous.

La rencontre du nouveau et de l’ancien

En plein centre-ville de Morelia, l’ancien entrepôt reconverti est méconnaissable. Aujourd’hui, une maison blanche aux lignes pures se glisse méticuleusement dans cet environnement historique apportant une grande satisfaction d’une part aux architectes qui l’ont conçue et d’autre part aux propriétaires qui l’ont acquise. 

« Lorsque nous avons commencé à travailler sur ce projet, le propriétaire nous a montré un entrepôt de 40 mètres de long et de 8 mètres de large, situé à deux pâtés de maisons de l’une des plus importantes écoles de musique du pays, de l’ancien couvent des dominicaines du XVIe siècle de Santa Catalina de Siena, et de l’une des les places les plus appréciées, les plus belles et les plus visitées de Morelia: Las Rosas. » Nous racontent les architectes de l’agence SW-Studio qui ont réalisé le projet.

La parcelle est impressionnante, elle est entourée par une architecture classique très caractéristique. Malgré l’emplacement au cœur de la ville, le lieu est très silencieux. C’est un bout de havre de paix, un fait très rare, qui a séduit, dès le départ, les architectes. « C’était la bonne occasion pour combiner notre langage architectural avec les architectures du passé tout en explorant la relation et la dialectique entre les deux. » Ajoutent les architectes.

L’emplacement au milieu du 16ème siècle se composait de l’arrière-cour de la maison d’une riche famille. Cependant, avec le temps, les réformes, les changements de propriétaires ainsi que les différentes utilisations du lieu, ont fait perdre à l’espace toute sa signification. Le toit était recouverts de tôle d’aluminium, les murs de la carrière ont été aplatis avec du ciment et le marbre ainsi que la résine ont remplacé l’ancien sol très caractéristique des années 60. « Nous pensions que l’endroit avait perdu son âme. » Racontent les architectes, qui, ont travaillé scrupuleusement pour faire revivre cet exceptionnel lieu.

Pour un ensemble harmonieux

Selon les concepteurs, le processus de conception a commencé par identifier les éléments à restaurer puis, les architectes ont identifié quelques préceptes de composition comme les axes, les itinéraires, les volumes, le ciel, les arbres ainsi que l’utilisation de matériaux naturels. C’est de cette manière que tout ce qui est antique a été sauvé, tandis que les différentes interventions faites au fil du temps ont été remplacées. De ce fait, Un nouvel équilibre a été créé entre le nouveau et l’ancien.

Une avenue centrale bordée d’arbres a été dessinée, elle est bornée de deux volumes longitudinaux blancs. Sur chaque entité, deux autres volumes transversaux ont été assemblés sous la forme d’un « L » inversé, ce qui sert à créer des terrasses en étage. Cependant, le but des architectes était de cadrer, sans exclusion, les différentes couches de l’histoire architecturale laissées à travers les siècles. Selon les architectes : « Il était gratifiant de découvrir comment ces éléments simples encadrent l’architecture de plusieurs époques ». La réalisation qui résulte de ce difficile exercice de réadaptation montre une belle maîtrise dont les architectes de HW-Studio sont les acteurs.

© Bruno Gómez de la Cueva
© Bruno Gómez de la Cueva
© Bruno Gómez de la Cueva
© Bruno Gómez de la Cueva

Le site de HW-Studio : ici.

Les photos : © Bruno Gómez de la Cueva

D’une ancienne ferme en une élégante résidence

© Ruinelli Associati Architetti

En Italie, Ruinelli Associati Architetti a réalisé la réhabilitation d’une grange ainsi que la reconstruction d’une partie en habitation. Le résultat est séduisant.

Le projet est constitué de deux parties distinctes, tout d’abord la reconversion d’une grange avec un grenier à foin en une résidence familiale et la reconstruction d’un bâtiment de ferme adjacent mais indépendant, utilisé à l’origine pour la production de fromage.

Garder l’harmonie du complexe agricole

Selon les architectes, le concept relie les deux petites structures à travers un passage creusé rendu invisible de l’extérieur afin de ne pas perturber l’harmonie du complexe agricole. Les deux entités sont traitées de manière autonome, malgré un certain nombre de caractéristiques leur permettant d’être considérées comme un seul projet. Donnons par exemple le revêtement de sol que les deux  ont en commun.

La distinction entre les volumes réside principalement dans le sentiment que l’espace interne et les matériaux communiquent au visiteur. La grange a une base en pierre, renforcée, enduite de chaux et de ciment et finie avec de la chaux mélangée avec du sable très fin. L’étage supérieur est un grenier à foin en rondins imbriqués dans lequel une pièce en mélèze massive a été insérée, reprenant ainsi l’essence du style des constructions locales. La porte du grenier à foin, qui comportait à l’origine deux panneaux, a été réinterprétée comme une grande porte-fenêtre en mélèze et comme toutes les portes et fenêtres de la grange, elle peut être fermée par un panneau coulissant en bois sculpté. Les portes et les fenêtres restantes ont été créées avec un minimum d’interférences sur les assemblages.

Le béton dans toute sa splendeur

Le bâtiment de ferme a conservé sa position et sa structure d’origine, le mur de pierre en plâtre a été remplacé par un nouveau mur en béton, isolé et en plâtre. L’intérieur est en béton apparent obtenu à l’aide de ciment blanc. Le coffrage est constitué de planches de bois sciées de différentes épaisseurs comprises entre 12 et 15 cm. Les fenêtres font écho aux ouvertures originales mais elle sont plus petites en taille à l’exception d’une grande ouverture située côté ouest et offrant une vue magnifique sur le lac Maloja.

Toutes les boiseries sont en chêne, il s’agit, selon les architectes, d’une combinaison qui fonctionne mieux avec le béton ainsi que le mélèze. L’extérieur est enduit de chaux et de ciment, marqué le lendemain de son application pour lui donner l’aspect brut des maisons de montagne. Les volets extérieurs sont en métal. Le revêtement de sol continu des deux structures est en béton battu, obtenu en ajoutant du marbre en poudre et imprégné de savon de Marseille.

La nouvelle construction va de pair avec la réhabilitation de l’ancienne grange, un travail d’orfèvre que l’agence Ruinelli Associati Architetti a accompli avec tact. Le résultat est subtil.

© Ruinelli Associati Architetti
© Ruinelli Associati Architetti
© Ruinelli Associati Architetti
© Ruinelli Associati Architetti

Le site de Ruinelli Associati Architetti : ici.

Les photos : © Ruinelli Associati Architetti