Archives de catégorie : architecture

Casa JA, la maison qui épouse la pente

© Cesar Manuel belio Leal

Au Mexique, à Morelia, à mi-chemin entre Mexico et Guadalajara, l’agence d’architecture HW-Studio a réalisé une maison familiale de 550 m² qui épouse merveilleusement la parcelle et se caractérise par une grande sobriété.

Le minimalisme accentue la magie du lieu

La Casa JA est une maison imaginée dès le départ dans le but de mettre en évidence la lumière. Selon les architectes, la façade principale est intentionnellement cachée du regard des passants de la rue Santa Barbara, ainsi, l’ensemble garde son intimité.

Comme un origami qui se déroule et embrasse la parcelle, la résidence réalisé minutieusement par HW-Studio se caractérise par sa couleur immaculée, sa forme simple qui suit avec tact la géométrie du terrain et ses lignes épurées identifiables de loin. Dans leur concept, les architectes ont opté pour le minimalisme qui ne fait qu’accentuer la magie du lieu.

Un petit clin d’œil à l’histoire

A l’intérieur nous pouvons trouver la pierre noire qui non seulement réalise un très joli contraste avec la blancheur des murs, mais participe à mettre en valeur le toit et à souligner la ligne d’horizon sur laquelle le soleil, le ciel et les montagnes se joignent. « La magie des couchers de soleil depuis l’emplacement de la maison était quelque chose d’important pour nous. » Déclarent les architectes qui continuent « tout au long du processus de conception, les espaces ont été influencés par la beauté de cette lumière qui ne fait que produire un certain enchantement. »

La maison est divisée en trois parties réparties sur différents niveaux et reliées entre elles par de larges escaliers. Ces derniers, couverts et découverts confèrent à l’ensemble un espace continu et fluide. Les jardins, les patios et les places organisent le reste du programme et offrent des espaces introspectifs domestiqués et silencieux qui se caractérisent par une grande intimité. Cela rappelle l’architecture préhispanique et coloniale de certaines constructions de l’état de Michoacán. Un petit clin d’œil historique !

© Cesar Manuel belio Leal
© Cesar Manuel belio Leal
© Cesar Manuel belio Leal
© Cesar Manuel belio Leal
© Cesar Manuel belio Leal

Le site de HW-Studio : ici.

Les photos : © Cesar Manuel belio Leal

A Bahreïn, un édifice épuré qui abrite les archives architecturales

© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud

La maison du patrimoine architectural (House of Architectural Heritage) est un centre qui abrite la collection d’archives de croquis et de dessins de l’architecte John Yarwood, ainsi qu’un espace d’exposition dédié à l’architecture. L’ensemble, réalisé avec tact par les architectes Noura Al Sayeh et Leopold Banchini affiche une belle allure.

Un riche patrimoine architectural

Les architectes nous racontent que John Yarwood a résidé dans la ville de Muharraq entre 1983 et 1985, alors qu’il était à la tête du département de rénovation urbaine au ministère du logement et il est tombé amoureux de la ville. Son affection pour l’exploration et la documentation a trouvé une excellente opportunité dans le riche patrimoine architectural qu’il a côtoyé. Aujourd’hui, ses croquis et dessins ainsi que ses photographies restent l’une des sources les plus importantes de documentation sur le patrimoine architectural de Muharraq dont malheureusement beaucoup a été détruit depuis les années 1980.

Le projet est conçu comme une structure de poutres qui vient encadrer les murs existants des deux bâtiments voisins servant de vitrine au patrimoine architectural de la ville. Les façades intérieures en verre peuvent être complètement s’ouvrir vers le voisinage.

Les architectes soulignent que les documents d’archives de John Yarwood sont exposés et stockés sur une mezzanine à côté d’une petite bibliothèque d’architecture, à la hauteur de la poutre en béton protégée de la lumière directe du soleil. Les deux façades principales contiennent deux portes coulissantes qui peuvent être levées à la hauteur de la poutre, ouvrant complètement l’espace d’exposition aux rues et transformant le bâtiment en passage public.

Le projet a été commandé par le Shaikh Ebrahim Center for Culture & Research, une ONG créée en 2002 à Muharraq Bahreïn par la Shaikha Mai bint Mohammed Al Khalifa. Le centre a été à l’avant-garde de la conservation des maisons traditionnelles à Muharraq en particulier et à Bahreïn en général, et a rénové, à ce jour et conservé plus de 15 bâtiments traditionnels.

Une bande de terre étroite et vide

Le projet est né du désir de construire une maison permanente pour les archives de John Yarwood, un architecte qui avait vécu à Muharraq dans les années 1980 et avait largement documenté et arpenté son patrimoine architectural. Le terrain identifié pour le projet était une bande de terre étroite et vide, adjacent à la maison Abdullah Al Zayed pour le patrimoine de la presse, un autre bâtiment qui avait été restauré auparavant.

Le centre avait initialement pensé reconstruire une maison de manière traditionnelle mais après une conversation fortuite avec les architectes (Noura Al Sayeh Holtrop et Leopold Banchini), il a été convenu que pour une maison qui devait montrer et représenter le patrimoine architectural de Muharraq, il serait mieux adapté de construire un projet qui le représenterait par son expression architecturale contemporaine et non par une reconstruction de l’ancien avec des matériaux modernes.

Néanmoins, le programme est simple, il s’agit d’héberger les archives de John Yarwood, d’y rajouter une petite bibliothèque qui présente l’architecture de Muharraq et de lui indexer un petit espace d’exposition. Le projet a été mis en œuvre conformément au premier croquis initial et aux dessins de développement ultérieurs, et est activement utilisé comme espace d’exposition pour l’architecture dans la ville. À ce jour, il a accueilli trois expositions différentes depuis son ouverture il y a plus d’un an. L’exposition inaugurale comportait des croquis de John Yarwood de maisons qui avaient depuis été démolies.

Le bâtiment est construit en béton armé, avec une poutre qui couvre la largeur de 26m reliant les deux côtés de la rue. Le béton armé est juxtaposé aux autres matériaux de construction de la ville, la pierre de corail, les gravats de pierre de corail, les blocs de construction qui sont également laissés à l’état brut. Les murs existants ont été peints dans une fine couche de chaux qui unit les différents murs existants des bâtiments adjacents dans une couleur similaire tout en conservant l’expression matérielle différente de chacun, créant un espace cohérent à l’intérieur du bâtiment.

Un intervalle silencieux ouvert sur la ville

La structure en béton est isolée thermiquement, tandis que l’espace interne est protégé de la lumière directe du soleil, ce qui réduit considérablement le besoin de refroidissement. Pendant les mois les plus chauds, les portes pliantes sont maintenues fermées et le bâtiment est isolé thermiquement du climat chaud. Pendant les mois les plus froids, les fenêtres restent ouvertes et le bâtiment peut donc être naturellement ventilé de manière transversale.

La façade intérieure en verre pliable du bâtiment a été réalisée localement par un petit atelier d’acier qui a soudé manuellement toute la charpente métallique. Le rythme de ces petites fenêtres pliables fait un clin d’œil aux divers bâtiments traditionnels en pierre de corail de la ville. Le projet aborde à travers sa conception architecturale les défis de la création d’espaces d’exposition et culturels qui détiennent une approche plus participative des communautés locales.

En proposant un espace totalement ouvert sur la rue, le projet tente de proposer une nouvelle typologie d’exposition plus inclusive. En s’insérant soigneusement dans un tissu urbain serré et en conservant l’existant, le projet crée un bel intervalle silencieux ouvert sur la ville. En tant que l’un des seuls espaces dédiés d’exposition et de débat autour de l’architecture, le projet a été très bien accueilli et visité à la fois par la communauté locale et les praticiens et étudiants en architecture locaux et régionaux. Les architectes ont également participé à la programmation des expositions et des conférences et ont été reconnaissants d’avoir eu la possibilité de programmer l’espace de la manière dont il devait être utilisé.

A Bahreïn, la maison du patrimoine architectural (House of Architectural Heritage) est un nouveau rendez-vous avec la culture !

© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud

Le site de Leopold Banchini Architects: ici. L’agence est également présente sur Instagram: leopoldbanchini

Les photos: © Dylan Perrenoud

Messner House, l’élégante réalisation signée noa *

© Alex Filz

En Italie, dans le village alpin de Seis am Schlern situé dans le Tyrol du Sud, les architectes de l’agence noa* ont réalisé un charmant projet. Il s’agit de la réinterprétation d’une ancienne grange qui a vu naître une étonnante maison familiale où règne une ambiance magique inspirée par des souvenirs d’enfance.

Garder l’esprit des lieux

Le défi des architectes était de taille, comment créer un nouveau mode de vie dans une ancienne demeure abandonnée datant de 1850 tout en gardant l’esprit des lieux. Le résultat est impressionnant.

Le travail, achevé en 2017, s’insère merveilleusement dans son contexte qui comprend entre autres une partie des Dolomites reconnue au patrimoine mondial de l’Unesco pour la sa beauté naturelle exceptionnelle. Il était donc extrêmement important pour les architectes de respecter les paramètres de la structure d’origine ainsi que les exigences d’urbanisme et les réglementations de la commune.

A ce propos, Stefan Rier, le fondateur de noa* avec Lukas Rungger déclare : «Nous voulions que le projet respecte l’esthétique et les aspects urbains du village, un village où les granges en bois alternent avec des maisons en plâtre destinées aux agriculteurs et la garde du bétail », Dans cet esprit, nous avons terminé la structure extérieure avec un «revêtement» conforme à la tradition: une grille en bois sur les 4 côtés, juste comme est utilisé pour les granges alpines. » Cependant, en ce qui concerne l’intérieur, les architectes ont décidé de laisser la tradition de côté et de libérer raisonnablement le dessin. Ainsi, la maison prend des aires nouvelles tout en gardant une pert d’ancien. Cela rappelle selon Rier les belles années de son enfance.

Deux styles qui se croisent

La réalisation présente deux aspects et deux styles qui se croisent. Tandis que l’extérieur représente l’emplacement alpin traditionnel, magnifiquement immergé dans la topographie locale, l’intérieur revendique l’impulsion visionnaire, la surprise de l’espace libéré. Au rez-de-chaussée, nous pouvons trouver un espace commun où prennent place une table à manger ainsi qu’une généreuse cuisine. Le reste de la maison se développe verticalement et au lieu d’avoir une pièce classique, les architectes ont réalisé  des «Boîtes suspendues», placées à différentes hauteurs et reliées entre elles par des escaliers et passerelles. Ils donnent, selon les instigateurs, la sensation de monter un chemin de montagne jusqu’au sommet, plus on monte, le niveau de vie privée et d’intimité augmente. La «boîte» la plus haute dispose d’un sauna et s’ouvre vers la montagne.

La répartition des espaces intérieurs se remarque aussi de l’extérieur. Au nord, on voit les deux loges des chambres à coucher, finies en bronze et des treillis en bois alors que côté sud, c’est un sauna qui fait saillie sur la façade en verre. Un contraste atypique qui croise les différentes matières. De loin, nous pouvons apercevoir la structure, le cadre en mélèze qui supporte les caisses suspendues avec son toit soutenu par des colonnes en bois de 12 mètres de haut, l’ensemble rappelle le contour d’une ancienne grange. « En y réfléchissant, j’ai passé beaucoup de mon enfance à jouer dans des granges », souligne Stefan Rier, «et l’un de mes souvenirs les plus chers est celui où j’avais l’habitude de grimper haut dans les granges et puis me jeter dans le foin. Peut-être que si je n’avais pas eu cette expérience, Je ne serais jamais enthousiasmé pour concevoir cette maison … ».

Le souci du détail

La maison reflète l’archétype des bâtiments ruraux. À l’intérieur de la maison, la distribution des espaces et des fonctions est inhabituelle. Les boîtes qui abrite les trois chambres sont soutenues par la structure en bois, visible dans sa totalité. Les chambres sont conçues comme des micro-maisons, chacune ayant sa conception particulière. On y accède par un escalier et un système de passerelle qui en plus d’avoir une fonction de connexion comprend les salles de bain avec baignoires et les douches (seuls les WC restent fermés). Au dernier étage, un box accueille le sauna avec une vue panoramique côté sud. On trouve aussi un petit salon-bibliothèque avec un poêle antique qui provient du bâtiment préexistant.

Le souci du détail a été scrupuleux, de même que la recherche de solutions originales.
Le tissu choisi joue un jeu complexe avec le bois en créant une atmosphère presque théâtrale. Le projet vise à tirer le meilleur parti de la lumière naturelle: au sud, la façade est complètement en verre, la lumière est filtrée par la grille en bois tandis que les toits en saillie
protégent l’intérieur de la chaleur des mois d’été. Sur le toit, une lucarne s’ouvre à l’est, fournissant une autre source de lumière.

En 2018, la Messner House a attiré une attention particulière, elle a reçu l’Iconic Award 2018, a été nommée parmi les 5 projets finaux de WAF – World Festival d’architecture 2108 dans la catégorie maison et elle est présente dans le livre «Best of Intérieur 2018 ».

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de l’agence d’architecture noa* : ici.

Les photos: © Alex Filz

Au Japon, bois et métal font bon ménage

© Takumi Ota Photography

Conçu par Ryuichi Sasaki de Sasaki Architecture en collaboration avec Yagi Komuten de l’agence Takayuki Yagi, la réalisation est une petite structure à ossature bois de trois étages recouverte d’un revêtement métallique mat de couleur sombre. L’ensemble, situé sur un point stratégique possède une belle allure.

Les sept routes qui se croisent

A Kojiya, une sympathique estuaire du sud de Tokyo au paysage urbain animé, se trouve le nouveau projet signé Sasaki Architecture + Takayuki Yagi. L’emplacement bucolique et ses brises marines peuvent facilement nous faire oublier que nous sommes dans l’une des plus grandes mégalopoles du monde. Lumineux et animé le quartier constitue un refuge silencieux et légèrement éclairé le soir.

« L’intersection de Nanatsuji, symbole de la ville, est célèbre pour ses sept routes qui se rejoignent en un point sans feu de circulation. Bien qu’apparemment chaotique et lourd de risques de collision, il n’y a pas eu d’accident à cet emplacement depuis sa première apparition en 1917. Les conducteurs locaux cédant les uns aux autres lui ont valu la réputation d’être « l’intersection la plus polie du Japon ». Ce genre d’humilité résignante envers les autres est la vertu qui a maintenu l’harmonie de la communauté locale même dans les conditions les plus extrêmes, y compris les tremblements de terre, les bombardements, l’urbanisation de masse et l’expansion de l’aéroport. » Nous racontent les architectes.

Maintenir le lien avec la ville

La parcelle où prend place la construction fait face à l’une des sept routes et se trouve à courte distance de la fameuse intersection. Le premier étage abrite un petit bureau immobilier, avec deux appartements au-dessus. Le volume global a été déterminé par les conditions du site, mais les architectes souhaitaient éviter la création d’une forte barrière physique entre l’environnement intérieur et son environnement. « Nous aspirions à maintenir un lien avec cette ville modeste et chaleureuse. » soulignent ces derniers.

Chaque étage fait face à la rue avec un espace intérieur-extérieur unique, agissant comme un tampon vis-à-vis à la ville animée. Pendant la journée, le bureau du premier étage s’ouvre largement sur la rue commerçante accueillant les piétons de passage, tandis que les unités résidentielles au-dessus disposent de petites vérandas, ajoutant un luxe ensoleillé aux espaces de vie.

Les sept fenêtres de la façade ouest de la résidence, comportent chacune une fonction, une taille et une position, elles partent du coin et montent librement vers le ciel, reflétant l’intersection de Nanatsuji. De ce fait, avec le moins de perturbation possible, un petit immeuble mixte s’installe dans cette communauté humble et historique.

© Takumi Ota Photography
© Takumi Ota Photography
© Takumi Ota Photography
© Takumi Ota Photography

Le site de Sasaki Architecture et Takayuki Yagi : ici et .

Les photos: © Takumi Ota Photography

La Casa M4, un charmant refuge signé Zooco Estudio

© Imagen Subliminal

Située dans un environnement idyllique, la Casa M4 réalisée par l’agence d’architecture espagnole Zooco Estudio basée à Madrid et à Santander est un petit bijou aux multiples qualités. Sobriété, épurement mais aussi élégance sont au rendez-vous.

Maison avec vue
 
Selon les architectes, la Casa M4 est le résultat de la rupture des volumes purs en ce qui concerne le sens strict de l’orientation. Situé au sommet d’une montagne, la vue est époustouflante, entre la forêt de pins, les chênes millénaire et les cèdres qui donnent l’impression d’être au sud, il y a pour tous les goûts.

« Nous avons rompu avec le volume de type résidentiel. La toiture en pente orientée dans la direction nord-sud, génère dans de grandes ouvertures et des parties borgnes latérales perpendiculaires facilitant la prise en charge des éléments structurels. » Racontent les architectes. Cette démarche donne ainsi trois volumes articulés, deux d’entre eux flottent, offrant une protection et un généreux abri, très apprécié de la part des utilisateurs des lieux.

Contraste et diversité

Selon les architectes, pour offrir solidité et force, tous les volumes sont réalisés en calcaire. Il convient de noter la diversité et les différences entre les façades nord-sud et est-ouest. Tandis que les premières sont perméables et légères mais aussi ouvertes sur les environs, les secondes sont aveugles et massives, inspirés par le profil de la maison type en relation avec le voisinage.

Zooco Estudio, qui essaye toujours de composer avec des matériaux fins et des formes simples pour atteindre une esthétique intemporelle et fonctionnelle, a accompli avec la Casa M4, un bel exploit qui vaut le détour.

© Imagen Subliminal
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Le site de Zooco Estudio: ici.

Les photos: © Imagen Subliminal

Casa do Monte, une charmante reconstruction signée Leopold Banchini

© Leopold Banchini Architects

Au Portugal, l’architecte Leopold Banchini a réalisé une charmante reconstruction. Il s’agit de la Casa do Monte construite en utilisant des matériaux simples locales et de bonne facture. Le résultat est tout simplement remarquable.

Des intérieurs sculptés

Créée en 1147 par des Augustins et reconstruite après le tremblement de terre de 1755, la chapelle de Nossa Senhora do Monte domine la ville de Lisbonne. Le quartier populaire construit autour de l’ermitage historique se repose sur la colline escarpée. Accessible uniquement par des escaliers étroits, de nombreuses maisons ont été abandonnées au fil des ans. Un bâtiment est reconstruit pour accueillir la maison unifamiliale au niveau des arbres.

L’architecte nous raconte son expérience et souligne que le rythme régulier des ouvertures historiques de la façade blanche du bâtiment est conservé, mais les intérieurs sont sculptés pour créer de plus grands volumes, jouer sur la lumière et les vues. Grâce à leur double hauteur, les espaces permettent de respirer et de communiquer entre les étages, générant un intérieur fluide et non divisé.

L’architecte a veillé au côté économique de l’opération. En effet, la maison est construite avec des matériaux simples. Nous pouvons distinguer la structure en béton minéral, qui est laissée exposée, montrant ainsi le processus de sa construction. Selon l’architecte, le marbre local rose et blanc de la carrière voisine d’Estremoz est le matériau unique utilisé pour les intérieurs. De grandes dalles de pierre créent des murs, des planchers et des étagères, réduisant les détails au strict minimum. Des rideaux légers en tissu sont utilisés pour les divisions visuelles et l’intimité. La maison affiche un minimalisme résolu qui lui donne un air sobre et frugal.

Une restructuration aussi sobre qu’élégante

A chaque étage se trouve un noyau central qui accueille les besoins élémentaires comme les lits, les douches, la cuisine ainsi que d’autres équipements nécessaires. Un espace de vie vaste et fluide entoure les noyaux, évitant les divisions et permettant une utilisation polyvalente et modulaire. Néanmoins, les différents volumes peuvent être séparés temporairement les uns par rapport aux autres grâce à de grandes portes coulissantes en bois. Un processus qui aide à  créer des chambres fermées en cas de besoin. Quant à la cheminée encastrée dans le marbre incurvé du rez-de-chaussée, elle chauffe le noyau de pierre à chaque étage.

Au niveau inférieur se trouve un patio renfermé et ombragé, il offre selon l’architecte, une pièce extérieure colorée ouverte sur le ciel de Lisbonne. Les murs du patio sont carrelés d’azulejos traditionnels produits localement. Un seul escalier en colimaçon relie les niveaux et atteint la terrasse sur le toit. Entouré par les eaux bleues de la piscine, l’espace en marbre blanc offre une vue panoramique sur le paysage urbain alentours. Sur la terrasse, trois pins parasols, rappellent ceux plantés par les moines devant la chapelle de Nossa Senhora do Monte, fournissent de l’ombre pendant les heures chaudes de la journée.

La restructuration de la Casa do Monte par l’agence Leopold Banchini Architects  est tout aussi sobre qu’élégante. Il s’agit d’une opération délicate qui croise astucieusement matières et textures.

© Leopold Banchini Architects
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Leopold Banchini Architects

Le site de Leopold Banchini Architects: ici.

L’agence est également présente sur Instagram: leopoldbanchini