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Un restaurant tout en bambou

© Bambubuild

Dans une ville côtière du Vietnam, l’agence Bambubuild spécialisée dans la construction en bambou, a réalisé un restaurant entièrement de cette matière. L’ensemble respire la simplicité mais aussi l’authenticité.

Bienvenue à bord

le projet se caractérise par un toit allongé en forme de bateau, avec la salle à manger en dessous complètement ouverte de chaque côté. l’absence de murs ou de cloisons permet non seulement d’aérer l’intérieur mais également de rafraîchir les convives par temps de grande chaleur. De même, le bâtiment établit un lien étroit avec son environnement.

Le restaurant a été conçu et construit par Bambubuild, une équipe de spécialistes du bambou travaillant directement avec des artisans locaux qualifiés. Réalisée avec simplicité, l’architecture met l’accent surtout sur les caractéristiques naturelles du bambou. la structure modulaire a été préfabriquée avant d’être rapidement et facilement assemblée sur place.

Une structure visible

Le toit en porte-à-faux crée un espace semi-extérieur à la périphérie du bâtiment. Les encadrements de bambou répétés au sein de la construction apportent un agréable rythme à l’espace intérieur. Un second toit de chaume protège celui en bambou de l’humidité et des insectes. La structure a également été conçue pour être très visible de l’intérieur, ce qui selon les concepteurs facilite la détection des signes de dommages potentiels. Mis à part cela, l’ensemble sous ses airs de cathédrale est également très agréable à regarder.

Le restaurant tout en bambou conçu et réalisé par Bambubuild constitue une originalité à découvrir sans tarder.

© Bambubuild
© Bambubuild
© Bambubuild
© Bambubuild
© Bambubuild
© Bambubuild

Le site de Bambubuild : ici.

Les photos : ©  Bambubuild

Si on allait à Ho Chi Minh pour déjeuner?

 

© Hiroyuki Oki.

L’agence d’architecture vietnamienne Kientruc O a réhabilité et reconverti une vieille maison située dans une ruelle étroite de Ho Chi Minh. La transformation consiste à créer en plus d’une habitation, un restaurant avec un jardin luxuriant, le tout enveloppé par un vitrage quadrillé.

Comme un tableau abstrait

Les architectes de l’agence Kientruc O ont redessiné l’édifice de 161 m² pour tout d’abord relier la maison avec le jardin puis ce dernier avec la rue, tout en offrant une astucieuse salle à aux visiteurs. Les diverses plantes se mêlent aux motifs géométriques abstraits pour créer un univers particulier à la fois simple et chaleureux. En effet, l’enveloppe alterne les panneaux de verre et les vides et donne de loin l’impression d’un beau tableau qui dissimule l’intérieur.

La conception en grille offre un certain intérêt pour les passants, mais la propriété reste tamisée par le verre dépoli et les feuilles, tandis que de l’autre côté, les résidents ainsi que les clients du restaurant  peuvent profiter d’une vue imprenable. Selon les architectes, le concept incarne le caractère libre et illimité de l’espace, ce qui donne une spatialité à la fois discrète et curieuse. L’architecture du lieu entretienne ainsi un lien subtil avec le contenu.

A noter que le motif géométrique abstrait a été conçu selon la théorie de l’échelle du Modulor de Le Corbusier, une théorie qui tente de concilier les proportions humaines et l’architecture. Le projet de rénovation a été baptisé la « Maison T », ainsi tout en offrant un espace de vie à ses occupants, le rez-de-chaussée rénové s’est transformé en un restaurant.

Textures et contrastes

Des tables et des chaises en bois de couleur foncée sont placées devant les fenêtres et donnent sur le jardin verdoyant. Le mur de jardin incurvé occulte une zone où se trouvent plus de sièges mais qui reste entourée de végétation. L’intérieur et l’extérieur de l’édifice ont été peints de blanc contrastant avec la couleur des meubles et celle des plantes.

Un escalier courbe mène au deuxième étage où une mezzanine donne sur le rez-de-chaussée et le jardin. Une grande table pour les repas de groupe occupe l’espace principal sous un volume de double hauteur qui se trouve en dessous du toit à pignon. Les espaces d’habitation sont à l’arrière du bâtiment quant à la chambre des maîtres, elle occupe l’étage supérieur.

L’agence d’architecture Kientruc O s’est spécialisée dans la transformation des propriétés qui occupent des parcelles étroites ou difficiles. Ce projet vient de s’ajouter à leur palmarès de maisons réhabilitées.

Le site des architectes de Kientruc O : ici.

Les photos: © Hiroyuki Oki.

A Londres, Clément Blanchet donne un délectable rendez-vous avec la matière

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

A Londres, l’architecte Clément Blanchet vient de livrer un restaurant où les diverses textures utilisées font référence au passé. Une fine expérience sensorielle se dégage ainsi de l’ensemble.

Clément Blanchet a déjà une petite expérience dans la matière, tout en travaillant sur des projets de grandes envergures, l’architecte avait restructuré en 2001, le restaurant Le Dauphin à Paris.

Un style singulier

A Londres, l’exercice est toute autre. L’architecte a entrepris la création d’un vaste espace où se réunissent que ce soient les cuisiniers, les serveurs ainsi que les clients, le tout dans une atmosphère accueillante qui alterne le mobilier moderne et le sur-mesure.

L’univers intérieur, qui nous rappelle tant le style Bauhaus ou le constructivisme soviétique, dégage malgré tout un caractère singulier où diverses textures et les couleurs se mêlent pour créer un style propre à l’architecte où l’on perçoit une certaine recrudescence des connaissances.

Côté matériaux, les murs de la salle à manger principale sont recouverts de feuilles de laiton.

« Le projet détourne les matériaux habituellement associés aux instruments de cuisson (cuivres) ou aux lobbies stériles (grandes entrées luxueuse en marbre) en une application abstraite et contemporaine reflétant certaines expériences hédonistes. Cette combinaison de matériel traditionnel reconverti en une application très moderne détourne les habitudes. L’enveloppe en laiton projette une atmosphère continue sublimé par trois bandes minérales (marbres). »

La texture au cœur de la conception

Le bâtiment est divisé en trois parties qui répondent à trois types d’expériences différentes. Chacune d’elles se distingue par l’utilisation d’un marbre de couleur différente. Alors qu’une longue barre noire où travaillent les serveurs est entourée par des tabourets où les clients peuvent s’asseoir ou manger une collation après le travail, d’autres tables rondes de couleur verte ou rouge accueillent les groupes.

En parlant de ce projet, l’architecte fait référence à un univers semblable à celui de l’American Bar à Vienne où Adolf Loos avait créé une incomparable atmosphère tamisée qui affirme une grande sensibilité à l’utilisation expressive des matériaux.

Le niveau inférieur, qui abrite un bar beaucoup plus petit est recouvert de cuir vert et de marbre blanc. Il offre à ses habitués un environnement plus intime. Ce n’est pas une coïncidence que le restaurant porte le même nom de la fameuse maison parisienne de la Belle Époque, « Le Chabanais », la favorite d’Edward VII d’Angleterre, d’Henri de Toulouse-Lautrec et de Guy de Maupassant qui, reconnue pour ses intérieurs somptueux, a été primé lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900.

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

 

Le site de Clément Blanchet: ici.

Les photos : © Philippe Ruault

A la découverte d’une gracieuse reconversion

© Anna Sundström

Dans la mer baltique, sur l’île de Gotland, l’agence d’architecture suédoise Skälsö Arkitekter  a réaménagé un ancien entrepôt de calcaire datant de 1900. Avec cette délicate réhabilitation l’architecture industrielle de l’édifice est révélée dans toute sa splendeur.

C’est sur la plus grande île de la Suède où se trouve Visby la vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, que les architectes de Skälsö Arkitekter  ont réalisé leur projet. Une reconversion qui n’a fait aucun effort pour cacher le caractère industriel des lieux. Ainsi, l’architecture est préservée et le cachet de l’ancien enrichit l’ensemble.

Le hangar à l’histoire tumultueuse gardait son caractère d’autrefois, il n’était pas gravement endommagé, c’est pourquoi, les architectes n’ont ajouté aucun artifice se contentant d’intervenir quand c’était nécessaire. La structure principale restant intacte, la conception spatiale a été adaptée à des futures extensions et modifications.

Les portes d’origine en bois ont été remplacées par des portes vitrées pour apporter  la lumière naturelle à l’intérieur. Le bâtiment est formé d’une seule grande salle, meublée avec des chaises sur mesure conçus par Skälsö Arkitekter en collaboration avec Kristoffer Sundin, unifiant l’apparence interne de l’édifice. Une manière qui met visuellement l’ensemble en valeur.

Aujourd’hui, les lieux sont de nouveaux occupés et visités, à la place de l’entrepôt se trouve un coquet restaurant qui fait également galerie d’art. Grâce à cette gracieuse réhabilitation, un nouveau lieu de retrouvailles pour les habitants a vu le jour.

© Anna Sundström

© Anna Sundström

© Anna Sundström

Le site de l’agence d’architecture Skälsö Arkitekter : ici.

Les photos : © Anna Sundström

Quand le commissariat devient un restaurant

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A Sydney, l’agence d’architecture Studio Welsh + Major a reconverti un ancien commissariat de police datant du XIXème siècle en un restaurant atypique qui mélange les genres. Ainsi, l’ancien et le nouveau cohabitent pour un résultat à la fois original et élégant.

C’est au début de 1880 que l’architecte James Barnet a réalisé pour la police de Sydney un équipement au style palladien qui allie simplicité et fonctionnalité. Utilisé comme commissariat de police jusqu’en 1974, l’édifice a changé de destination durant les trente-cinq ans qui ont suivi jusqu’à 2009 où il devient complètement inoccupé.

Dans le quartier « The Rocks », le bâtiment délaissé faisant tâche, l’administration locale a décidé de le réhabiliter. C’est à ce moment que les architectes du Studio Welsh + Major ont été chargé de l’opération qui ne s’est pas arrêtée à une simple réhabilitation mais a une reconversion comprenant à la fois une extension. Il en résulte un restaurant aux lignes pures qui a gardé certains éléments de l’ancien commissariat (comme les portes de la cellule d’arrêt) pour rappeler l’histoire des lieux. Quant à l’extension, elle est composée d’une façade grillagée (en rappel aux lignes verticales de la prison) qui donne sur la rue. Tandis que l’entrée vitrée s’ouvre sur un patio, une ancienne cour qui se trouve entre la prison et un bâtiment voisin a été transformée en une cuisine américaine pour le restaurant.

Avec le projet de reconversion de la poste de police, les architectes de Studio Welsh + Major ont réalisé un projet où subtilité, créativité et finesse se complètent. C’est à découvrir sans tarder.

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Le site des architectes: ici.

Les photos : © Katherine Lu.

A Erevan, Noé (se) retourne dans son Arche

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Dans un article publié le 3 février 2012 dans le journal arménien Hraparak, la journaliste Sona Atamyan présente le projet ‘Noyan Tapan’ – en français ‘Arche de Noé’ -, dont la construction est prévue d’ici 2014 face au mont Ararat, à Erevan. Un bâtiment iconique, ‘éducatif’ selon les uns, ‘scandaleux’ selon les autres, visant à augmenter l’afflux touristique au sein de la capitale arménienne.

ArménieErevan |

Contexte
Reconstruire l’Arche de Noé en taille réelle pour abriter un musée et un restaurant de luxe destiné aux dîners présidentiels ? L’idée, aussi utopique soit-elle en apparence, est sérieuse.
De fait, le Conseil constitutionnel de la capitale arménienne Erevan a récemment voté un tel projet, intitulé ‘Noyan Tapan’ (Arche de Noé) et promis sa réalisation dans l’un des grands parcs de la ville, face au mont Ararat.
En Arménie, le mythe du déluge et du navire salvateur fait partie de la mémoire collective. Selon les fondamentalistes bibliques, l’Arche a fini par s’échouer dans la région du mont Ararat. D’où l’emplacement du projet, lequel a semé la discorde entre différentes institutions arméniennes.
Aux thuriféraires qui soulignent l’aspect historique du projet, les détracteurs crient au scandale et au kitsch. Selon ces derniers, l’argument touristique n’est pas suffisant pour pallier aux conséquences de la crise financière.
Après moult débats, le dernier Conseil constitutionnel a finalement rendu son verdict : l’Arche de Noé sera construite d’ici deux ans à Erevan.
SH

DONNONS-NOUS UN DINER PRESIDENTIEL SUR ‘L’ARCHE DE NOE’ ?
Sona Atamyan | Hraparak

EREVAN – Nous avions déjà évoqué et longuement débattu le projet qu’un groupe de fonctionnaires souhaite implanter dans le parc ‘Haghtanag’ (Victoire). Appelé ‘Noyan Tapan’ (Arche de Noé), ce bâtiment, pour l’instant à l’état de proposition, comprend un vaste complexe éducatif.

Lors de la réunion du Conseil constitutionnel organisée hier [le 2 février 2012, ndlr], Martoun Haroutounyan, le représentant de la société ‘Armaré’ et responsable du projet qui en est aussi l’architecte principal, a présenté les plans de cette Arche du XXIe siècle. Il a précisé que le premier étage est composé d’un musée présentant l »équipage’ de l’Arche de Noé, dont huit êtres humains et cent-vingt animaux.

Egalement consacré au musée, le deuxième étage du bâtiment est surplombé par un hôtel alors que le quatrième étage est destiné à devenir une salle consacrée aux réceptions organisées par l’Etat. Enfin, le pont supérieur accueillera un restaurant offrant une vue panoramique sur le paysage. De nuit, l’architecte a prévu de projeter des images du mont Ararat sur les façades de ‘l’Arche’.

Malgré leur feu vert quant au concept du projet, les membres du Conseil constitutionnel ont émis des réserves. Selon Paravon Mirzoyan, le directeur général du théâtre national, l’Etat a d’autres priorités. «Il existe des gens qui vivent dans des wagons, d’autres qui n’ont pas les moyens d’acheter du pain. Ecoutez, nous avons d’autres problèmes, pourquoi dépenser tant d’argent ? Pour qu’un Américain vienne voir l’Arche de Noé ayant atterri au pied du Mont Ararat ? Ce n’est pas le moment, nous n’avons pas besoin d’un tel projet aujourd’hui».

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Suite à ces propos, au tour de Meroujan Der-Kalousdyan, un autre conseiller, d’intervenir : «L’Etat ne peut pas remédier à toutes les difficultés que nous rencontrons, nous le savons tous. En l’occurrence, il s’agit de savoir à quel usage est destiné ce projet. Le reste est du domaine des investissements privés qui n’ont pas pour enjeu la construction d’hôpitaux ou de routes. Ne mélangeons pas tout».

Un autre conseiller, Sdepan Tavtyan, a pour sa part souligné l’assurance que l’Arche de Noé, quoique confiée à un investisseur privé, ne devrait pas s’éloigner de son rôle éducatif. «Nous n’aurons pas juste un restaurant à la place du projet», s’est-il amusé.

Par la suite, le photographe et journaliste Lévon Ladjigyan a souligné que la capitale arménienne Erevan étant asphyxiée par l’accumulation de constructions, l’air pur devenait rare et les espaces verts inexistants. «Si l’objectif est de faire progresser le tourisme, pourquoi ne pas construire en dehors de la ville, le long d’une route touristique déjà fréquentée ?».

La réponse à cette question n’a pas tardé, Meroujan Der-Kalousdyan évoquant l’une des artères principales sortant de la ville et appréciée par les touristes. «Imaginez les chefs d’états en visite à Erevan allant déjeuner à l’Arche de Noé ; amusant, non ? L’Arche de Noé fait partie de l’histoire de ce pays. Racontons-là aux jeunes», a-t-il dit.

Au tour du sculpteur Levon Tokmakjian de prendre la parole, se focalisant sur le choix du lieu d’implantation du projet.

Il fut ensuite notamment question, sur un ton mi-figue mi-raisin, de la salle présidentielle prévue au troisième étage du musée et à laquelle le commun des mortels n’aurait pas accès. La problématique resta sans réponse.

De ces discussions est ressortie l’importance du ‘soutien moral’ pour l’avancée de ce projet, c’est-à-dire l’adhésion de l’opinion publique. Dans la mesure où les investissements, privés, sont déjà tous trouvés, le problème ne se pose in fine qu’à moitié. Reste simplement à convaincre la population d’une idée dont elle connait déjà l’histoire. D’autant plus qu’aucun arbre du parc où sera érigée l’Arche ne sera coupé, que la durée de réalisation n’excèdera pas deux ans et que les vingt millions de dollars nécessaires à la mise en oeuvre seront d’emblée débloqués par la société responsable du projet.

Bref, si les désaccords furent nombreux lors de cette réunion du Conseil constitutionnel, rien n’a empêché ses membres de voter en faveur de la réalisation de l’Arche de Noé.

Sona Atamyan | Hraparak | Arménie
03-02-2012
Adapté par : Sipane Hoh

N.B. Cet article est paru en première publication sur le courrier de l’architecte le 16 mai 2012.

Ce ‘Cube’ n’est pas un cube

01@AndreaMartiradonna

Dans les pages du mensuel italien Abitare, le 23 décembre 2011, la journaliste Maria Giulia Zunino n’en revient pas. En effet, en surplomb de la Piazza Del Duomo, au coeur du centre historique de Milan, vient d’être installé un restaurant éphémère ‘The Cube’, conçu par le studio d’architecture Park Associati. Vue à 360°, contraste des époques : de l’art de la gastronomie en architecture.

Italie | Milan | Park Associati

Contexte
Comme un vaisseau spatial, Le Cube, un restaurant itinérant, a atterri le 19 décembre dernier sur le toit d’un vieil immeuble en plein coeur de la place du Dôme à Milan.
Le contraste entre le design scandinave épuré de cette greffe et les constructions anciennes avoisinantes est saisissant.
Depuis 2009, Electrolux a entrepris ce projet innovant qui, dans le cadre de la célébration de son héritage professionnel, rassemble des chefs cuisiniers dans un espace ouvert conçu à cet effet. Une nouvelle expérience culinaire est mise en évidence via un parti pris architectural original, c’est-à-dire une structure transparente aux lignes contemporaines avec une vue spectaculaire sur la ville.
En attendant que la destination finale de l’ouvrage soit connue, cette construction éphémère, mobile et facile à transporter, fera le tour de quelques capitales européennes.
En attendant, après Bruxelles, le Cube est à Milan jusqu’au 26 avril 2012.
SH

MILAN, UN PARASITE PLACE DU DOME (PIAZZA DEL DUOMO)

MILAN – En italien, le terme «parasite» à lui seul a une connotation négative mais, au niveau international, l’architecture parasite représente une manière de concevoir un projet en réduisant l’utilisation de la surface utile au sol et en s’appuyant sur l’architecture existante. Toits et façades deviennent ainsi le socle d’un tel parasite principalement étudié comme un élément temporaire ou itinérant.

Le Cube vient de Bruxelles à Milan pour rester jusqu’à la fin du mois d’avril. Ici, il est installé place de la Cathédrale sur le toit de l’immeuble de l’assurance Generali à côté de la Galleria Vittorio Emanuele. Puis, vers fin avril, il sera installé à Londres, puis à Stockholm et ainsi de suite…

02@AndreaMartiradonna

«Habituellement, la durée de vie de ces architectures est courte… J’aimerais au contraire voir le Cube s’arrêter définitivement dans un pays du tiers-monde afin de remplir une fonction sociale», déclare Filippo Pagliani qui, avec Michele Rossi, a fondé en 2000 le studio d’architecture Park Associati.

Ils sont les auteurs du projet du restaurant ‘Electrolux avec vue(Ristorante con vista Electrolux), baptisé ‘The Cube’. Ce ‘Cube’, qui n’a rien à voir avec un cube, a une grande force de proposition et il apparaît instantanément pour ce qu’il est : «un défi à la paralysie de la pensée et de l’imagination», commente Michele De Lucchi. «Mais il conteste également l’immobilité produite par la croissance continue de la bureaucratie dans la demande de permis que ce soit au niveau gouvernemental, municipal, de la sécurité, de la surveillance, des pompiers, etc. Si, en réalité, les normes sont nécessaires et utiles pour garantir une architecture meilleure, il est également vrai que les règles s’étendent désormais à tous les choix de conception tandis que les projets deviennent de plus en plus une interprétation de la réglementation en vigueur avant d’être un acte conscient de création qui réponde à l’histoire de l’architecture».

04@AndreaMartiradonna

Dans le pavillon, l’expérience gastronomique de la cuisine d’un chef célèbre est complétée par la possibilité d’interagir avec le chef lui-même avec le plaisir d’un espace aérien et transparent mais chaud et protégé.

La vue est passionnante et elle est garantie à 360°. L’arrivée au pavillon se fait par un chemin un peu tortueux, quasiment une initiation, qui nous fait passer, du trottoir aux terrasses extérieures, en passant par les escaliers de l’ancien édifice.

A l’extérieur, une peau métallique blanche est découpée au laser selon les motifs en alvéoles d’un nid d’abeilles ; à l’intérieur, l’aire de cuisine est équipée d’une longue table blanche pour 18 personnes suspendue au plafond et qui peut, selon les occasions, se soulever comme une poutre pour dégager plus de place et d’espace.

03@AndreaMartiradonna

«L’éco-sensibilité, la durabilité et la haute technologie ont guidé les différents choix vers un maximum de fonctionnalité et de confort. Le projet est complexe parce que nous avons conçu chaque pièce de manière à alléger la charge, y compris pour les opérations de montage et démontage et pour le transport», explique Filippo Pagliani.

«Pour la réalisation, nous avons choisi une société suisse spécialisée dans les structures mobiles complexes et nous avons fait toutes les vérifications nécessaires pour mettre au point les ajustements sur le prototype à l’échelle 1», conclut-il.

Maria Giulia Zunino | Abitare | Italie
23-12-2011
Adapté par : Sipane Hoh

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Les photos: © Andrea Martiradonna

N.B. Cet article est paru en première publication sur le courrier de l’architecte le 08 février 2012.

Couleurs à Paris…

Des couleurs acidulées, un intérieur singulier et un décor décalé. C’est à Paris, dans la rue de Buci que se trouve cette brasserie dont les idées de l’architecte d’intérieur India Mahdavi ont croisé le travail de l’artiste Xavier Veilhan. Le résultat est un surprenant mélange chromatique à mi-chemin entre touche des années 70 et Pop-Art…
D’autres blog qui en parlent : ici.