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En Espagne, Mecanismo réalise un projet géométrique et complexe

© Mecanismo
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L’agence d’architecture Mecanismo dirigée par Marta Urtasun et Pedro Rica conçoit la nouvelle salle du restaurant Martín Berasategui situé dans la commune espagnole de Lasarte-Oria. Elégance et charme sont au rendez-vous.

Un espace unique

Mecanismo vient de réaliser une nouvelle salle innovante pour le prestigieux restaurant Martín Berasategui de Lasarte-Oria, un établissement récompensé par trois étoiles Michelin. Après avoir travaillé pour d’autres chefs importants, le studio réaffirme sa relation avec le monde de la restauration en créant un espace unique qui croise gastronomie et nature.

Les architectes nous racontent que le caractère innovant qui caractérise Martin Berasategui et ses créations, ainsi que l’environnement naturel qui entoure le restaurant, ont été des éléments fondamentaux qui ont guidé la nature du projet. Le plus difficile était de trouver un créneau de construction vu que l’établissement est très fréquenté presque toute l’année. Finalement, il a été convenu de démarrer le chantier qui a duré pendant les trois mois que le restaurant est fermé.

Le projet a été proposé comme une toiture adaptée à la géométrie complexe du site. Soutenu sur trois points, il est formé par un réseau de poutres courbes en bois d’un mètre de côté générant une surface qui atteint une hauteur différente à chaque point et donnant naissance à un espace complètement transparent en dessous. Les architectes soulignent que l’exécution a été un grand défi car il était difficile de trouver une entreprise qui assumerait la complexité de la fabrication et de l’installation des éléments dans une période aussi limitée.

Aussi complexe qu’élégant

« Tous les éléments architecturaux qui complètent le projet suivent également strictement la géométrie curviligne établie par la toiture, de sorte que sa fabrication devait être exhaustive afin que tout rentre dans l’ordre lors de l’installation in situ comme s’il s’agissait d’un puzzle. » Précisent les concepteurs. De même, l’enceinte verticale en verre qui entoure le contour du volume est conçue comme un élément léger, transparent et pliable dans sa partie frontale, ce qui permet de relier la pièce à l’espace extérieur du restaurant, en l’intégrant dans l’espace naturel.

« Entre le nouvel espace et le bâtiment existant, nous avons construit une «post-cuisine» afin de stocker les ustensiles. » En outre, l’agence a conçu différents types de meubles ainsi que des guéridons en chêne et en marbre, afin de faciliter et de rationaliser le travail du personnel dans la salle.

« la définition précise de chacun des éléments du projet a été fondamentale pour que l’exécution puisse s’adapter au terme. » Raconte Pedro Rica tandis que Marta Urtasum déclare : « Ce projet a été un grand défi en raison du peu de temps que nous avions pour le faire et de la complexité géométrique de chacun des éléments architecturaux »

Aussi complexe qu’élégant, la nouvelle salle du restaurant Martín Berasategui de Lasarte-Oria est un projet innovant qui met en avant le travail du bois.

© Mecanismo
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Le site de Mecanismo : ici.

Les photos: © Mecanismo

A New-York, une étonnante installation signée Tresoldi Studio

© Roberto Conte

Tresoldi Studio, le studio de design international dirigé par Edoardo Tresoldi, présente sa première oeuvre , « Fillmore » une sculpture spécialement conçue pour le restaurant Cathédrale de l’hôtel Moxy East Village, à New York.

Une présence éthérée

Conçu par Rockwell Group, l’hôtel est un hommage à l’East Village, l’un des quartiers les plus historiques et en constante évolution de Manhattan, connu comme le terreau fertile des mouvements artistiques et musicaux des années 1960.
 
Inspiré par la structure emblématique de Fillmore East, la légendaire salle de concert du Lower East Side active jusqu’en 1971 qui comprenait The Doors, Janis Joplin, Elton John et plus encore, Tresoldi Studio a conçu la sculpture suspendue au plafond au-dessus de la pièce principale du restaurant avec une présence éthérée qui recalibre les perceptions spatiales et temporelles de ses visiteurs.

Une dimension contemporaine

L’installation se présente comme une sculpture architecturale précieuse, un hommage au contexte culturel qui a influencé non seulement la ville de New York, mais plusieurs générations à travers le monde. Les gouffres profonds et l’immense dôme central fragmenté de l’installation profonde de six mètres, ainsi que le jeu du plein et du vide, projettent Fillmore dans une dimension contemporaine.
 
La sculpture génère des distorsions volumétriques et visuelles, tout en contrastant les éléments du passé avec les matériaux industriels. Fillmore vit à travers un point de vue amplifié et en constante évolution, chevauchant le design de la cathédrale pour façonner un environnement fortement scénique.

Tresoldi Studio a été créé à partir de l’expérience artistique d’Edoardo Tresoldi dont Détails d’architecture avait déjà parlé ici. Le studio, basé à Milan possède de plus de cinq ans d’expérience dans la conception, le développement et la réalisation d’œuvres d’art à grande échelle et dans le monde entier.

© Roberto Conte
© Roberto Conte
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Le site de Tresoldi Studio: ici.

Les photos: © Roberto Conte

Isola Beach Club, le charmant restaurant en plein air

© K-Studio

En Crète, les architectes de l’agence K-Studio ont réalisé l’Isola Beach Club, un charmant restaurant qui se trouve dans le Blue Palace Resort & Spa. C’est un petit havre de paix au bord de l’eau.

Un espace de détente

La mission des architectes de K-Studio consistait à agrandir et à mettre à jour l’existant afin de répondre aux diverses exigences des visiteurs. Le propriétaire des lieux souhaitait un espace de détente décontracté offrant aux clients de l’hôtel un refuge confortable où à l’abri de la chaleur pendant les journées chaudes de l’été. L’ensemble comprend un espace de restauration informel servant des rafraîchissements ainsi qu’un bar qui rassemblerait tout le monde pour un cocktail en soirée.

Dès le départ, le principal défi consistait à gérer l’empreinte inhabituelle de la structure existante qui ne pouvait pas être modifiée. Les architectes avaient besoin de créer une cuisine neuve et étendue dans un espace circulaire tout en redéfinissant la structure linéaire traditionnelle et en surmontant tous les problèmes potentiels. De même, le plan devait également prendre une forme circulaire. A l’extérieur, le défi consistait à créer un salon en plein air tissé entre les arbres de l’oliveraie millénaire.

Qui s’inspire de la tradition

Inspirés par les bâtiments ronds traditionnels de la région qui sont en pierre de Mitata et par leur structure de toit en bois très caractéristique, les architectes ont transformé l’empreinte en deux spirales, l’une pour le salon en plein air avec un foyer central, l’autre pour le bar et la cuisine. Les murs en pierres sèches du bâtiment de la cuisine s’entremêlent progressivement avec la spirale du salon avant d’atteindre le sol. Un travail minutieux tout aussi méticuleux qui a abouti à un résultat enchanteur.

© K-Studio
© K-Studio
© K-Studio
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Le site de k-Studio : ici.

Un restaurant tout en bambou

© Bambubuild

Dans une ville côtière du Vietnam, l’agence Bambubuild spécialisée dans la construction en bambou, a réalisé un restaurant entièrement de cette matière. L’ensemble respire la simplicité mais aussi l’authenticité.

Bienvenue à bord

le projet se caractérise par un toit allongé en forme de bateau, avec la salle à manger en dessous complètement ouverte de chaque côté. l’absence de murs ou de cloisons permet non seulement d’aérer l’intérieur mais également de rafraîchir les convives par temps de grande chaleur. De même, le bâtiment établit un lien étroit avec son environnement.

Le restaurant a été conçu et construit par Bambubuild, une équipe de spécialistes du bambou travaillant directement avec des artisans locaux qualifiés. Réalisée avec simplicité, l’architecture met l’accent surtout sur les caractéristiques naturelles du bambou. la structure modulaire a été préfabriquée avant d’être rapidement et facilement assemblée sur place.

Une structure visible

Le toit en porte-à-faux crée un espace semi-extérieur à la périphérie du bâtiment. Les encadrements de bambou répétés au sein de la construction apportent un agréable rythme à l’espace intérieur. Un second toit de chaume protège celui en bambou de l’humidité et des insectes. La structure a également été conçue pour être très visible de l’intérieur, ce qui selon les concepteurs facilite la détection des signes de dommages potentiels. Mis à part cela, l’ensemble sous ses airs de cathédrale est également très agréable à regarder.

Le restaurant tout en bambou conçu et réalisé par Bambubuild constitue une originalité à découvrir sans tarder.

© Bambubuild
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© Bambubuild
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© Bambubuild
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Le site de Bambubuild : ici.

Les photos : ©  Bambubuild

Si on allait à Ho Chi Minh pour déjeuner?

 

© Hiroyuki Oki.

L’agence d’architecture vietnamienne Kientruc O a réhabilité et reconverti une vieille maison située dans une ruelle étroite de Ho Chi Minh. La transformation consiste à créer en plus d’une habitation, un restaurant avec un jardin luxuriant, le tout enveloppé par un vitrage quadrillé.

Comme un tableau abstrait

Les architectes de l’agence Kientruc O ont redessiné l’édifice de 161 m² pour tout d’abord relier la maison avec le jardin puis ce dernier avec la rue, tout en offrant une astucieuse salle à aux visiteurs. Les diverses plantes se mêlent aux motifs géométriques abstraits pour créer un univers particulier à la fois simple et chaleureux. En effet, l’enveloppe alterne les panneaux de verre et les vides et donne de loin l’impression d’un beau tableau qui dissimule l’intérieur.

La conception en grille offre un certain intérêt pour les passants, mais la propriété reste tamisée par le verre dépoli et les feuilles, tandis que de l’autre côté, les résidents ainsi que les clients du restaurant  peuvent profiter d’une vue imprenable. Selon les architectes, le concept incarne le caractère libre et illimité de l’espace, ce qui donne une spatialité à la fois discrète et curieuse. L’architecture du lieu entretienne ainsi un lien subtil avec le contenu.

A noter que le motif géométrique abstrait a été conçu selon la théorie de l’échelle du Modulor de Le Corbusier, une théorie qui tente de concilier les proportions humaines et l’architecture. Le projet de rénovation a été baptisé la « Maison T », ainsi tout en offrant un espace de vie à ses occupants, le rez-de-chaussée rénové s’est transformé en un restaurant.

Textures et contrastes

Des tables et des chaises en bois de couleur foncée sont placées devant les fenêtres et donnent sur le jardin verdoyant. Le mur de jardin incurvé occulte une zone où se trouvent plus de sièges mais qui reste entourée de végétation. L’intérieur et l’extérieur de l’édifice ont été peints de blanc contrastant avec la couleur des meubles et celle des plantes.

Un escalier courbe mène au deuxième étage où une mezzanine donne sur le rez-de-chaussée et le jardin. Une grande table pour les repas de groupe occupe l’espace principal sous un volume de double hauteur qui se trouve en dessous du toit à pignon. Les espaces d’habitation sont à l’arrière du bâtiment quant à la chambre des maîtres, elle occupe l’étage supérieur.

L’agence d’architecture Kientruc O s’est spécialisée dans la transformation des propriétés qui occupent des parcelles étroites ou difficiles. Ce projet vient de s’ajouter à leur palmarès de maisons réhabilitées.

Le site des architectes de Kientruc O : ici.

Les photos: © Hiroyuki Oki.

A Londres, Clément Blanchet donne un délectable rendez-vous avec la matière

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

A Londres, l’architecte Clément Blanchet vient de livrer un restaurant où les diverses textures utilisées font référence au passé. Une fine expérience sensorielle se dégage ainsi de l’ensemble.

Clément Blanchet a déjà une petite expérience dans la matière, tout en travaillant sur des projets de grandes envergures, l’architecte avait restructuré en 2001, le restaurant Le Dauphin à Paris.

Un style singulier

A Londres, l’exercice est toute autre. L’architecte a entrepris la création d’un vaste espace où se réunissent que ce soient les cuisiniers, les serveurs ainsi que les clients, le tout dans une atmosphère accueillante qui alterne le mobilier moderne et le sur-mesure.

L’univers intérieur, qui nous rappelle tant le style Bauhaus ou le constructivisme soviétique, dégage malgré tout un caractère singulier où diverses textures et les couleurs se mêlent pour créer un style propre à l’architecte où l’on perçoit une certaine recrudescence des connaissances.

Côté matériaux, les murs de la salle à manger principale sont recouverts de feuilles de laiton.

« Le projet détourne les matériaux habituellement associés aux instruments de cuisson (cuivres) ou aux lobbies stériles (grandes entrées luxueuse en marbre) en une application abstraite et contemporaine reflétant certaines expériences hédonistes. Cette combinaison de matériel traditionnel reconverti en une application très moderne détourne les habitudes. L’enveloppe en laiton projette une atmosphère continue sublimé par trois bandes minérales (marbres). »

La texture au cœur de la conception

Le bâtiment est divisé en trois parties qui répondent à trois types d’expériences différentes. Chacune d’elles se distingue par l’utilisation d’un marbre de couleur différente. Alors qu’une longue barre noire où travaillent les serveurs est entourée par des tabourets où les clients peuvent s’asseoir ou manger une collation après le travail, d’autres tables rondes de couleur verte ou rouge accueillent les groupes.

En parlant de ce projet, l’architecte fait référence à un univers semblable à celui de l’American Bar à Vienne où Adolf Loos avait créé une incomparable atmosphère tamisée qui affirme une grande sensibilité à l’utilisation expressive des matériaux.

Le niveau inférieur, qui abrite un bar beaucoup plus petit est recouvert de cuir vert et de marbre blanc. Il offre à ses habitués un environnement plus intime. Ce n’est pas une coïncidence que le restaurant porte le même nom de la fameuse maison parisienne de la Belle Époque, « Le Chabanais », la favorite d’Edward VII d’Angleterre, d’Henri de Toulouse-Lautrec et de Guy de Maupassant qui, reconnue pour ses intérieurs somptueux, a été primé lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900.

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

 

Le site de Clément Blanchet: ici.

Les photos : © Philippe Ruault