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En Corse, CGZ architecture et CA’ Architectes créent un joli bijou

© Lea Eouzan

Dans le programme de la restructuration de l’école maternelle-primaire du groupe scolaire Joseph Calloni, les deux agences corses CGZ Architecture (Pascale Gandoin de Zerbi et Julien Casalta)  et CA’ Architectes (Raphaëlle Davin et Sébastien Celeri) viennent de créer un gracieux projet. La frugalité de la forme se croise ainsi avec la sobriété de la texture pour un résultat à la fois plastique et accueillant.

Le groupe scolaire Joseph Calloni du quartier Lupinu de Bastia se caractérise par son architecture typique des années soixante où des entités massives s’associent pour former un volume simple et compact. Dans le cadre d’une restructuration générale de l’édifice et pour faciliter l’accès à l’équipement culturel, la ville de Bastia a décidé de doter ce dernier par une véritable entrée. Cette dernière saura mettre en valeur l’ensemble tout en créant un joli lien spatial avec l’existant.

La nouvelle entrée de l’école maternelle-primaire se loge dans un interstice composé par la jonction de deux volumes existants. Non seulement le projet profite du contexte pour mieux s’installer mais il joue avec les perspectives pour mieux exister. Les architectes, avec une infinie justesse ont réussi de glisser un volume entièrement revêtu en tôle perforée dans un environnement marqué par le béton. Le contraste est tout simplement saisissant.

La nouvelle entrée est très pratique surtout pour les parents accompagnant leurs enfants. L’établissement est également accessible aux personnes à mobilité réduite. Le projet filtre la lumière tout en enrichissant l’ensemble. La couleur blanche lui procure un côté à la fois épuré et sobre. Une certaine élégance se dégage ainsi de l’ensemble.

 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan

Le site de CGZ Architecture: ici.

Le site de CA’ Architectes: ici.

Les photos :  © Lea Eouzan

La sélection 2017 de Détails d’architecture

© Lililarchi

Il a duré quatre années consécutives* le répertoire où je dévoilais une liste non exhaustive de constructions réalisées qui ont marqué l’architecture en France. Et bien que l’année dernière la formule a changé, le fond est resté fidèle au message que j’ai souhaité adresser. Cette année, je profite des journées nationales de l’architecture pour présenter à mes lecteurs la sélection 2017 des projets qui, selon moi, ont marqué l’architecture en France.

Il s’agit d’une sélection strictement personnelle  rendant hommage à des réalisations qui dessinent le paysage architectural de notre pays. Et comme ce dernier n’est pas seulement impacté par l’architecture des bâtiments, je serai probablement amenée à pointer vers d’autres disciplines qui le complètent et l’enrichissent.

Depuis plus de dix ans, le but de Détails d’architecture reste inchangé, que cette sélection constituera une pièce supplémentaire du puzzle architectural et des manifestations proposées par les Journées nationales d’architecture.

Avant tout je tiens à préciser que, comme chaque année, l’illustration est signée par la talentueuse Lili l’archi dont les dessins accompagnent cette rubrique dès sa naissance et que je remercie chaleureusement.

En 2017, le voyage architectural est tout aussi riche voire varié que les années précédentes. Même si certains projets sont plus modestes que d’autres, toutes les réalisations sélectionnées valent largement le détour. Et qui sait ? Si ça se trouve quelques projets seront nommés à l’équerre d’argent ou encore présentés par l’annuel du journal AMC…

Que le voyage commence

Commençons le voyage  par la Corse avec le duo Sebastien Celeri et Raphaëlle Davin (CA’ Architectes) et leur dernier projet de la restructuration de l’école Joseph Calloni de Bastia mené en collaboration avec CGZ Architecture ( Julien Casalta et Pascale Gandoin).  Ainsi qu’un autre duo Isabelle Buzzo et Jean-Philippe Spinelli et leur réalisation de la mairie de Prunelli di Fium’Orbu. Pour finir avec La Casa Vanella, l’extension d’une chambre d’hôte par Orma architettura.

Cap sur le nord avec l’agence Think Tank architecture paysage urbanisme (Marine de La Guerrande et Adrien Pineau) pour découvrir leur projet de Logements ilôt Postes / Justice à Lille. Et pourquoi pas une halte sur la route pour découvrir la nouvelle Salle du Conseil de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de la Somme signée Lemoal & Lemoal ?

Retour à la région parisienne pour visiter le Pop up building de l’agence WRA (Vladimir Doray et Fabrice Lagarde) ainsi que les vingt logements bioclimatiques à Pantin signés Benjamin Fleury architecte-urbaniste. Un arrêt à Romainville pour visiter les logements de l’agence Brenac & Gonzalez et Associés.

Prenons quelques jours de vacances et visitons la superbe maisonnée réalisée à Fermanville par les architectes de l’agence Freaks architecture . Mais tout d’abord, cherchons quelques livres à la Médiathèque Alexis de Tocqueville de Caen griffée OMA. Quand les vacances seront finies,  découvrons, sur le chemin de retour, le médical training center du CHU de Rouen signé VIB architecture (Bettina Ballus et Franck Vialet) ainsi qu’un autre projet qui vient de se terminer le Siège de la Métropole Rouen Normandie signé Jacques Ferrier Architecture.

Un petit détour pour découvrir la  salle d’évolution sportive de Mailleraye-sur-Seine signée Prinvault architectes ainsi qu’un petit arrêt à Dreux avec la restructuration et l’extension du Lycée Edouard Branly signé L’Heudé & L’Heudé Architectes.

Retour à la capitale avec les logements de Chartier-Corbasson architectes ainsi que les logements passifs de Nomade. Un tour s’impose à la Résidence mixte signée l’agence Zündel & Cristea architectes (Grégoire Zündel et Irina Cristea). Visitons également la réhabilitation de la maison des sciences de l’homme de Michel Rémon & Associés et de François Chatillon.

Faisons une pause déjeuner au restaurant Blend Beaumarchais de Franklin Azzi Architecture. Avant de reprendre la route pour un aller-retour express à Cenon et visiter le tout dernier projet de l’agence 2 : pm architectures (Paul Rolland, Hans Lefèvre, Matthieu Bergeret) et ses 78 logements à découvrir ici .

Changeons de région avec l’école Saint-Michel réalisée par Tristan Brisard Architecte à Giron qui constitue une curiosité. Un peu plus loin découvrons  la maison réalisée par Studio Razavi architecture à Manigod. Un détour par la structure d’accueil petite enfance et du Pôle Médico-Social de Marcy-l’Etoile de Y.architectes (Yann Drossart et Yann Fontaine) s’impose.

Cependant, sur le chemin du retour, n’oublions pas de contempler l’Eco-cité La Garenne à Fourchambault signée Guillaume Ramillien.

A Paris découvrons le nouvel espace de co-working signé MoreySmith. De même, visitons la réhabilitation et l’extension de la Monnaie de Paris par Philippe Prost et AAVP. Et si on découvrait également la nouvelle sortie des catacombes par l’agence Yoonseux (Kyunglan Yoon et Philippe Seux) ?

Allons cette fois-ci à Marseille à la découverte de La Barquière signée Pietri Architectes (Jean-Baptiste Pietri) ainsi que le centre éducatif fermé réalisé par Combas architectes. Et si nous visitions également le siège de l’agence A+Architecture et restructuration d’un mas à Montpellier ?

Le projet Les neuf écluses de Fonseranes signé INCA (Innovation, Création & Architecture) vaut le détour.

Restons dans le sud mais changeons de région avec le projet Lascaux IV réalisé par Snøhetta et Duncan Lewis Scape Architecture . Le Centre d’Hébergement et d’Accueil International à Cahors par Antonio Virga architecte vaut le détour. Non loin de là, visitons la cité scolaire de l’impérnal de Luzeck signée LCR architectes. Sur le chemin du retour découvrons un atypique local commercial signé BAST à Toulouse ou encore les 71 logements collectifs et 21 maisons en accession de TGTFP Architectes à Blagnac.

Un petit tour à la découverte de l’habitat participatif situé en Gironde et signé de Brachard de Tourdonnet s’impose. Découvrons également la surélévation d’une maison familiale à Bordeaux signée Faye Architectes (Jean-Louis Faye). Visitons aussi les 35 logements de  Philippon-Kalt Architectes à Bordeaux ou encore les logements aux Bassins à flot de Mateo Arquitectura (Josep Lluís Mateo).

Un peu plus loin, visitons la maison réalisée par l’Atelier du pont située à Lège-Cap-Ferrat et la maison Sud des Landes de Pargade architectes (Jean-Philippe Pargade).

Sur le chemin du retour, découvrons le Centre technique municipal de Fondettes signé Vallet de Martinis architectes (Antoine Vallet et Guillaume de Martinis).

De nouveau à Paris pour découvrir les 31 logements neufs et deux commerces, signés Antoine Regnault Architecture ou visiter les 87 logements sociaux réalisés par Bernard Bühler et Marie Bühler, découvrir aussi les appartements rénovés de JOD architecture (Jérôme-Olivier Delb).

Un petit détour par La Défense avec le projet de la tour Skylight signée Louis Paillard architecte & urbaniste, la visite d’un projet résidentiel signé Farshid Moussavi Architecture ainsi que la découverte de l’aménagement intérieur des restaurants d’entreprise de Naud & Poux.

Allons cette fois-ci à Vannes chez Studio 02 (Thomas Collet et Romain Grégoire) qui nous font découvrir La Villa Tohannic , un EHPAD de 100 lits. Continuons vers Couëron pour visiter les 45 logements de l’agence a/LTA architectes – urbanistes (Alain Tassot, Jean-Luc Le Trionnaire, Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain).

Restons quelques jours à Nantes pour visiter le Musée d’art signé de Stanton Williams. Découvrons également la Tour New’R située à la ZAC EuroNantes de l’agence Hamonic + Masson & Associés ainsi que le lycée Monge à La Chauvinière, à Nantes par Block Architectes.

Un peu plus au sud, n’oublions pas de s’arrêter pour découvrir Le collège Michel Ragon de Saint-Hilaire de Loulay réalisé par l’agence d’architecture Tetrarc. Continuons vers Aytré pour découvrir les 64 logements BBC signés Guinée*Potin (Anne-Flore Guinée et Hervé Potin). Profitons et visitons L’hôtel de police de la Rochelle signée Ameller, Dubois & Associés.

Retour à la région parisienne à la découverte du réaménagement du pôle design de Renault de  Chartier Dalix à Guyancourt, les 48 logements collectifs de Marjan hessamfar & Joe vérons architectes associés situés à La Celle Saint-Cloud, et le restaurant scolaire Ernest Renan d’Aden Architectes à Meudon.

Continuons avec la Seine musicale de Shigeru Ban Architects à Boulogne-Billancourt ainsi que les bureaux de Foodles de DAS Studio à Clichy. Toujours dans la même ville pour visiter les 38 logements sociaux et de locaux d’activités d’Avenier Cornejo Architectes.

Allons à Saint-Louis pour découvrir le Parking F4 signé DeA architectes. Et maintenant parcourons Strasbourg, à la découverte des tours Blacks Swans conçues par l’architecte Anne Démians. Un petit détour par l’extension d’une maison à Illkirch signée Gilles Kempf architecte.

Visitons également Nancy et découvrons le pôle de restauration et multiservices signé Lama architectes en collaboration avec A (b + d) architecture. Après un détour par la médiathèque de Thionville de Dominique Coulon, visitons le centre culturel et social de Sedan signé Philippe Gibert Architecte.

Visitons le projet de l’agence Agnès et Agnès la transformation d’un bâtiment classé en lieu de culture à Reims. Puis continuons vers Valenciennes pour découvrir le parking du palais des congrès signé deAlzua+ (Jérôme de Aluza et Vanessa Barrois) pour finir avec la découverte de l’extension d’un établissement scolaire à Loos à Lille signé LT2A (Paul Emmanuel Lambert et Foucault Tiberghien).

Un peu plus au nord, à Tourcoing, découvrons la  restructuration d’un ancien bâtiment avec la création de 8 logements sociaux et l’aménagement d’une agence bancaire, un projet signé D’Houndt+Bajart architectes&associés. Avant de rentrer découvrons l’immeuble mixte de Beal & Blanckaert architectes à Le Portel.

Retour à Paris pour visiter les 109 logements situés à l’éco-quartier Coucicaut signés Petitdidier Prioux architectes. Découvrons le projet de la conception et de l’aménagement de bureaux innovants par FUSO atelier d’architecture. Avant de quitter Paris, faisons un plongeon dans la piscine des amiraux récemment réhabilitée par François Chatillon.

Direction Rennes à la découverte de la cité internationale Paul Ricoeur signée Hérault Arnod Architectes ou encore pour visiter une maison individuelle réalisée par MNM-Architecte (Margot Le Duff & Matthieu Girard). Un petit détour par les 40 logements passifs de la Zac Beauregard Quincé signés Anthracite architecture.

De nouveau Paris avec la première phase du projet du quadrilatère Richelieu signé Bruno Gaudin architectes. Avant d’aller Montévrain à la découverte du groupe scolaire Louis de Vion et centre de loisirs signé AAVP (Vincent Parreira), visitons Tempo, l’immeuble de bureaux signé Ateliers 2/3/4 et découvrons les logements sociaux par FRES architectes (Laurent Gravier et Sara Martin Camara).

Sur la route, faisons un détour par les 32 logements et espaces d’activités d’Archi5 ainsi que par les 26 logements participatifs et potagers sur les toits de NZI architectes à Montreuil pour finir avec l’extension du CTLES à Bussy-saint-Georges par Antonini + Darmon Architectes en collaboration avec Rmdm. Continuons avec le centre de formation et résidence pour les Compagnons du devoir et du tour de France de l’Atelier Tequi à Champs sur Marne et le centre de tri des déchets recyclages de Saint-Thibault-des-vignes de l’agence  ARTEO architectures (Anne Forgia et Didier Leneveu).

Et un détour par le théâtre de Cachan signé Ateliers O-S architectes avant de visiter l’institut de mathématiques de l’université Paris-Sud de Guevilly & Mauffret. Et finalement, retour à Paris pour découvrir le village Saint-Michel de Gaëtan Le Penhuel ou tester « Les Grands Verres », le nouveau restaurant du Palais de Tokyo signé Lina Ghotmeh – Architecture. Et pourquoi pas une visite au Studio Harcourt le fameux hôtel particulier réhabilité et reconverti par Monica Donati et Benjamin Laurent?

Au delà de 2017

Parmi mes agences d’architecture préférées se trouvent des amis, des connaissances ou tout simplement des architectes qui selon moi font un travail qui mérite reconnaissance. Quelques agences d’architecture qui valent le détour même s’ils ne possèdent pas de projets réalisés cette année.

Caractère spécial ; Philippe Rahm architecteBoris Bouchet ; Métra + AssociésClément Blanchet architecture SKP Architecture ; K-architectureClément Vergély architectes ;  au*m  ; Encore Heureux ; ellenamehl ; Air Architecture ; LineUp architecture ; LS architecturesBeva architectes et ZN

Et finalement, même si cette sélection a l’air objective, quelques noms qui reviennent chaque année montrent une certaine subjectivité que j’assume. Il s’agit parfois de projets qui trouvent un grand succès hors de nos frontières et qu’il serait dommage de ne pas les publier.

*: Les saisons précédentes: ici, ici , ici et .

Bistrot ! La première exposition temporaire de la Cité du vin

© Sipane Hoh

Une multitude d’œuvres incontournables qui fêtent les bistrots prennent place au sein de la Cité du vin de Bordeaux qui accueille sa première exposition temporaire. C’est sur les murs épurés que j’ai redécouvert les grands noms du XVIIIe siècle et quelques uns de mes tableaux favoris.

Une fois n’est pas coutume, je ne m’attarderai que très peu sur l’architecture du lieu qui a déjà été critiquée il y a un an lors de son inauguration. En effet, la Cité du vin de Bordeaux, ouverte au public depuis le premier Juin 2016 et réalisée par les architectes Anouk Legendre et Nicolas Desmazières (agence XTU), est un « blob » plus ou moins accrocheur selon la lumière du jour, les saisons ou le contexte vu des environs comme l’avait si bien raconté Jean-Philippe Hugron après sa visite de l’édifice.

Revenons à l’intérieur et surtout à l’étage où pour la première fois se déroule une exposition temporaire. L’annonce est alléchante ! des noms comme Doisneau, Manet, Otto Dix attirent comme un aimant tout amoureux de l’art. Sauf qu’ici, nous pouvons découvrir non seulement des toiles mais également des écrits,  des photographies et des films. Une exposition complète qui exploite l’idée du bistrot.

A première vue, le visiteur peut se demander ce que fait une phrase de Victor Hugo sur l’un des murs ou l’un des croquis de Balzac un peu plus loin, cependant chaque détail, tableau, toile, dessin ou photo semble en rapport avec le monde du bistrot. En effet, les œuvres aussi disparates soient-elles comprennent un lien fort. L’intitulé prend toute une dimension et l’alcool compose son fil conducteur.

Malgré le silence de cathédrale requis par les vigiles trop présents, ils ne maîtrisent pas encore les tintinnabulements des téléphones portables qui rendent l’atmosphère un peu trop électroacoustique. Cela nous fait regretter l’univers du « bistrot ».

Bistrot! de Baudelaire à Picasso est une belle exposition qui vaut le détour.

Plus d’informations sur cette exposition: ici.

« Hétérotopies » l’exposition à ne pas manquer !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

« En écho aux décors de l’Aubette réalisés en 1928 par Theo Van Doesburg, Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp, l’exposition « Hétérotopies. » L’annonce est alléchante et la visite s’avère être un agréable voyage au pays de l’art contemporain.

Le musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg présente depuis le 10 décembre 2016 une exposition qui nous plonge dans les entrailles de l’art contemporain et qui propose un rapprochement recherché entre les œuvres de dix artistes contemporains en écho aux concepts fondateurs des avant-gardes artistiques et architecturales des années vingt.

En parcourant les diverses performances, le visiteur évolue dans un univers utopique très caractéristique de l’avant-garde, ainsi il découvre avec curiosité quelques copies, détournements et inventions qui questionnent, démontrent, proposent ou déballent toute une panoplie d’idées, de formes et d’opinions. Des points de vue parfois divergents, des méthodes de travail propres à chaque auteur tous concentrés en un même lieu.

L’époque de l’avant-garde n’est finalement pas très différente que la nôtre, aussi lointaine soit-elle, elle contribue à l’image d’une société qui a connu les mêmes maux, qu’il s’agit de conflits ou de crise économique. Les artistes qui incarnent les idées présentes ne sont que les interprètes qui nous livrent leur vision.

Dans cette exposition, l’architecture est aussi présente à travers les grands ensembles entre autres incarnés par un exemple fort comme la maquette animée de LED de la barre du Haut-du-Lièvre, faisant près de quatre-cents mètres de long et réalisée par Bernanrd Zehrfuss, que l’artiste Bertrand Lamarche fait flotter dans l’une des salles du musée.

Une variété d’installations qui valent le détour !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Une exposition à déguster jusqu’au 30 avril 2017 au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg.

« Balzac et les artistes » l’exposition à ne pas manquer !

@MuséeBalzac

A Paris, située au cœur de l’ancien village de Passy, la Maison de Balzac propose depuis le 17 Juin 2016 une exposition atypique qui trace le rapport entre Balzac et les artistes de son époque. Un délicieux voyage dans le temps entouré d’un cadre tout aussi charmant.

C’est dans une atmosphère bucolique de la fameuse « Maison de Balzac » qui constitue la demeure parisienne du grand homme transformée en musée que se déroule l’exposition. Quelle bonheur d’explorer une cinquantaine d’œuvres dont des peintures, des sculptures et des dessins jamais montrés au public.

Dans la maison d’Honoré de Balzac, ce géant de la littérature française, entre le bureau du maître où il a rédigé « La Comédie humaine » et le jardin bucolique à l’ambiance particulière, le visiteur est invité à découvrir toute une époque via diverses expressions artistiques. Flairer le temps d’une visite l’univers d’un homme mais aussi d’une période devient un jeu de piste. L’émotion de la découverte se mêle ainsi à la curiosité pour nous délivrer des tableaux restés discrets. Les amateurs de la littérature et de l’art ne peuvent qu’apprécier.

Un carrefour pour plusieurs disciplines

L’exposition « Balzac et les artistes » dévoile également le quotidien de l’écrivain, ses rencontres avec les personnalités artistiques de son époque comme Alexandre Dumas ou George Sand et ses débats avec des grands poètes comme Théophile Gautier. Au fil de la visite nous pouvons admirer sa spectaculaire effigie sculptée par Auguste Rodin ou son portrait présenté en collage, œuvre d’Eduardo Arroyo ou d’autres intéressants tableaux inspirés tous de « La Comédie Humaine ». Des « moments » magiques qui délivrent comme une boîte de trésor de mémorables secrets.

Dans ce petit pavillon « caché » sur les coteaux de Passy avec sa petite vue sur la Tour Eiffel et son jardin qui jouxte l’un des immeubles de logements parisiens d’Auguste Perret, la visite n’est qu’une exquise excursion située au carrefour de plusieurs disciplines.

L’exposition « Balzac et les artistes » est à admirer jusqu’au 2 octobre 2016.

©SipaneHoh
©SipaneHoh

Plus d’informations sur le site du musée.

Le bunker d’Épinay-sur-Seine

Les photos : © Arsen Tanguy
© Arsen Tanguy

A l’occasion des « journées d’Architectures à vivre » organisées par le journal « A vivre », j’ai eu le privilège de découvrir une maison atypique conçue par les architectes Vladimir Doray et Fabrice Lagarde ( Wild Rabbits Architects ) en collaboration avec Caroline Dubois qui a suivi l’exécution du projet. Découverte d’un impressionnant chantier !

A Épinay-sur-Seine (93), situé à l’angle de la rue de Verdun et des Alliés, un bunker surgissant de nulle part semble titiller le voisinage. A première vue, le passant peut se demander s’il s’agit d’un vestige de la Grande Guerre ou bien d’un objet éphémère construit par un artiste décalé. Cependant, une fois les interrogations passées, place aux explications.

Le béton à l’honneur

Tous les architectes sont d’accord qu’un maître d’œuvre joue un grand rôle dans une réalisation. Et que dire quand c’est ce dernier qui propose de sortir des sentiers battus pour créer une architecture extraordinaire où les deux parties peuvent donner libre cours à leur imagination ?

Toujours est-il que la réalisation d’un tel projet n’est jamais facile à suivre. Les complications commencent déjà avec le permis de construire qui a retardé le rêve de quelques années. Un rêve devenu aujourd’hui réalité et qui rend probablement fiers même les personnes qui s’y sont opposées. Avoir dans sa commune un joyau architectural même s’il tranche avec le classicisme ambiant devrait être un avantage. Ici, c’est mon opinion personnelle qui prend le dessus et je vois en cette maison non pas un bunker isolé qui rappelle de mauvais souvenirs mais un hommage parfait au travail en béton tellement cher au cœur de Claude Parent. Ceux qui connaissent l’église Sainte-Bernadette du Banlay me donneront raison.

Parlons un peu du projet. Même si cette fois-ci les allemands n’y sont pour rien, l’apparence est malgré tout très trompeuse. Sauf qu’il s’agit d’un béton fraîchement coulé dont les quelques imperfections témoignent tout autant de sa fragilité. Nous sommes bien devant une œuvre atypique hermétique de l’extérieur mais qu’en est-il de l’intérieur ?

Le paquebot

Une fois la « barrière » franchie, nous sommes au cœur de l’édifice. C’est avec un plaisir chargé d’émotion que Vladimir Doray ainsi que le propriétaire des lieux nous livrent les différents moments vécus lors du chantier. De l’agacement à la joie en passant par la résignation, la patience et l’opiniâtreté, les récits s’enchaînent. Pendant ce temps, les regards des visiteurs balayent les pièces et scrutent les détails. L’une des rares ouvertures de la maison donne  (via une très grande baie vitrée) sur un jardin anarchique qui avec sa végétation luxuriante barre toute vision au voisinage, tandis qu’une autre ouverture est à l’image de la passerelle du paquebot d’où les propriétaires peuvent contempler le paysage urbain lointain en faisant tranquillement la cuisine. Quant à la troisième ouverture elle se trouve au dernier niveau, elle donne sur une pente couverte de caillebotis se trouvant derrière la haute muraille du dernier étage.

L’idée du départ n’était pas de profiter de l’orientation ni d’accumuler des labels de durabilité mais d’avoir une maison qui réponde aux diverses exigences de ses propriétaires. De ce fait, le rêve continue jusqu’au bout pour rajouter au dernier étage une terrasse offrant une époustouflante vue dégagée qui permet de voir le Sacré Cœur, la tour Montparnasse, la tour Eiffel et les tours de La Défense.

Le bunker d’Épinay-sur-Seine est le résultat de la volonté ainsi que de la persévérance du maître d’œuvre doublé de la hardiesse de l’architecte qui l’a conçu. La réalisation a une très grande qualité, malgré sa différence, elle affiche une extraordinaire existence. La satisfaction existe aussi en architecture !

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© Arsen Tanguy
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© Arsen Tanguy
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© Arsen Tanguy
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© Arsen Tanguy

Les photos : ©Arsen Tanguy

A Paris, la Canopée en mode limule !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

A ceux qui sont perchés sur leur balcon, le plan de masse, aux usagers des transports en commun les sombres tréfonds et les viscères loin de la lumière du jour, aux touristes et aux shoppeurs un centre commercial customisé, un de plus mais celui-ci bien placé. Les Halles parisiennes d’autrefois recouvertes de « La Canopée » viennent d’être inaugurées !

Les avis divergent et les langues se corsent, en France comme chez nos voisins britanniques les critiques affluent et les mécontents grondent. D’une part les finances d’autre part l’aspect. Alors que la première étale des chiffres qui sont bien réels et difficiles à dissimuler, la seconde, plus subjective est à prendre avec la plus grande méfiance mais quand il s’agit d’un constat négatif pour les deux, l’architecture de Patrick Berger et de Jacques Anziutti ternit et son image flétrit.

Quand les politiques s’emmêlent les pinces.

Le coup d’envoi des travaux des Halles avait été donné à l’ère de Bertrand Delanoë et c’est Anne Hidalgo, l’actuelle maire  de la ville lumière qui en assume les conséquences. Cependant, une partie du projet n’est toujours pas terminée, faut-il attendre la fin du fin pour pouvoir se prononcer ?

Les grands critiques d’architecture n’ont pas demandé l’autorisation ni attendu l’inauguration, tandis que trois jours avant le grand évènement Fréderic Edelmann commençait son impeccable tirade par : « Faire plus moche et bricolé que les pavillons construits en 1985 par Jean Willerval pour couronner le Forum des Halles dessiné par Vasconi et Penchreac’h, c’était sans doute impossible. La Ville de Paris, pourtant, s’était exercée à imaginer des formules de concours, mais ils ne laissaient guère de chance de faire advenir un projet de raison. » à Londres, après sa visite parisienne, Oliver Wainwright termine son article en achevant l’ensemble : « Le projet d’origine, des années 1970, a fait l’objet d’un catalogue brouillé de faux départs et d’ambitions contrariées, comme les présidents successifs et les maires où chacun annulait le travail de son prédécesseur. Comme un monument accidenté, une chute d’eau jaillit maintenant de la canopée à la nouvelle entrée des Halles: elle pourrait être l’assemblage des larmes de chaque politicien qui a essayé d’imprimer sa marque sur ce site problématique. »

Alors que l’architecture est largement contestée, quelques utilisateurs des lieux semblent néanmoins bien s’amuser. D’autant plus qu’une partie publique est prévue dans le projet. Le conservatoire ou la médiathèque ainsi que la Maison des pratiques artistiques ne font qu’aiguiser la curiosité. Malheureusement, ces derniers aussi intéressants soient-il semblent être ensevelis sous la grande chape de la Canopée.

Les riverains piégés par les croquis aériens.

A Londres, les défenseurs de la fameuse ligne d’horizon ont mis des années avant d’accepter ne serait-ce qu’un édifice plus haut que la cathédrale Saint-Paul, à Paris, selon le cahier des charges du projet, la hauteur de la Canopée devait respecter les hauteurs des bâtiments alentours (dont l’église Saint-Eustache). Le résultat, aussi oppressant soit-il n’est donc pas une bévue d’architecte mais la conséquence légale d’un embrouillamini de lois et décrets inextricables.

Malgré les quelques séduisants jeux d’ombres et de lumières à des heures bien déterminées et seulement les jours abondamment ensoleillés, la légèreté ainsi que la transparence de la structure laissent bien à désirer surtout quand dans le Courrier de l’architecte, Jean-Philippe Hugron nous ramène à des constructions bien plus anciennes en faisant référence à l’un des Pritzker qui manipulait le mieux cette potentialité. « Pourtant, ici et là, les acteurs du colossal chantier aiment à répéter, malgré ce triste aveu municipal, que la Canopée pèse 7.000 tonnes, soit 500 de moins que la Tour Eiffel. N’en déplaise à Anne Hidalgo, l’architecture est aussi une question de poids. Plus encore quand l’un des architectes de la Canopée, Patrick Berger, défendait, il y a quelques temps, avoir travaillé à Stuttgart dans l’atelier de Frei Otto. »

Dans la Canopée, l’architecture et l’ingénierie se sont frottées comme elles l’ont toujours fait mais cette fois-ci l’objet de la discorde est trop visible. Il s’agit de faire tenir un « monument » qui demandait à trouver sa place et à être accepté. La poésie architecturale du départ que certains ont cru apercevoir sous forme de légèreté sur les papiers glacés ne pouvait pas tenir sa parole logiquement dans les conditions annoncées, confrontée aux faits.

L’architecte qui a gardé les piliers en béton de l’ancienne structure afin de mieux stabiliser les étages en sous-sol, a opté concernant la partie visible pour un voile complexe composé de 18000 lamelles de couleur jaunâtre qui comme la bouche d’une gigantesque limule semble engloutir les passants qui l’abordent. Et pour les visiteurs qui se trouvent en dessous, le ciel de Paris semble bien loin, le cœur de la ville qui a reçu la cop21 cette année,  aussi palpitant soit-il, devient plutôt un passage géant. Espérons que ce dernier tienne un peu plus longtemps que le précédent.

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© Sipane Hoh
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© Sipane Hoh
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© Sipane Hoh
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© Sipane Hoh

Revalorisation de l’entrée de ville de Calvi

CA’ Architectes et Line UP Architecture

Un appel à idée pour la valorisation de l’entrée de ville de Calvi pousse deux agences d’architecture, l’une établie en Corse (CA’ Architectes) et l’autre à Rennes (Line UP Architecture) d’unir leurs connaissances pour se lancer dans une délicieuse aventure, celle d’un partenariat satisfaisant qui continuera probablement dans d’autres constructions.

Ils se sont croisés sur Twitter sur les fils où les architectes ou bien les curieux de l’architecture postent leurs liens, échangent, critiquent ou tout simplement racontent l’architecture. Et depuis, petit à petit, l’envie de s’unir pour répondre à un appel à idée a pris le chemin. Le virtuel est devenu réalité et le concours a occupé leur quotidien.

Une fructueuse collaboration

Début 2015, dans le cadre du développement et de la requalification de l’entrée de ville, la commune de Calvi a lancé un appel d’offre public qui a été remporté par les architectes Sébastien Celeri et Raphaëlle Davin (CA’ Architectes) en collaboration avec Alexandre Plantady et Chloé Lauriot Prévost (Line UP Architecture).

C’est un projet complexe qui nécessite non seulement une étude approfondie de la région mais également la finesse de la préservation du patrimoine existant qui devrait s’accorder avec l’innovation architecturale proposée. Un travail de longue haleine qui a abouti à un projet raccordant les diverses échelles avec justesse.

« S’il n’est pas réellement question de création de ville ex-nihilo, il n’en demeure pas moins que le foncier à valoriser devra prendre en compte l’échelle d’un quartier à part entière, le long du littoral. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit de renouveler l’image du front maritime de Calvi, en s’inscrivant dans les spécificités de son relief, en jouant d’ingéniosité, tout en préservant la position magistrale de la Citadelle, patrimoine remarquable de la ville. » Racontent les architectes.

En créant deux places publiques l’une ouverte sur la mer et l’autre traversant la rue et communicante avec le nouveau quartier à devenir, le projet consiste d’une part à redorer la fonction de la gare et d’autre part à morceler la marche en ville. Ainsi, l’habitant ou le touriste goûte pleinement aux adorables tableaux qu’offre la nature environnante comme la citadelle, le port ou la mer.

Quand l’ancien et le nouveau se complètent

La manière dont les architectes ont analysé l’ensemble reprend les codes de la ville méditerranéenne ancienne et tout en les adaptant aux nécessités d’aujourd’hui ils créent un projet en adéquation avec l’existant. En conséquence, un véritable quartier qui suit la déclivité naturelle et valorise la ville a été proposé. Une conception qui met l’utilisateur au centre même de l’espace public tout en assurant une meilleure qualité de vie à tous.

Concernant la Place du Marché ainsi que celle du Guadellu (entourée par des logements), les architectes ont proposé un traitement de surface ainsi qu’un mobilier adéquat en prolongation avec le reste sans heurter l’existant. Tout a été pensé pour continuer l’histoire de la ville et l’améliorer.

Organiser l’espace public et garantir l’appropriation de cette dernière de la part de ses utilisateurs n’est pas une mince affaire, les deux agences d’architecture ont non seulement réussi leur conception mais ils l’ont appuyé par plusieurs dispositifs concernant les risques naturels. De même, pallier aux risques d’inondation ainsi que celles de feux était l’un des soucis des architectes pour une ville à la fois durable et respectueuse de son environnement. Une multitude de petits détails qui font un projet entier et qui accompagnera remarquablement le renouvellement urbain de Calvi.

Vue basse Piazza
CA’ Architectes et Line UP Architecture
Vue gare Parvis
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Vue haute Pergola
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Les images : © CA’ Architectes et Line UP Architecture