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Comme un navire amarré à Amsterdam

© Francisco Nogueira

La résidence d’inspiration maritime habillée de lattes de bois en forme de vagues et signée de l’agence néerlandaise d’architecture GG-loop vient d’être livrée. Baptisée « Freebooter», il s’agit d’un complexe qui fait un joli clin d’œil au passé maritime des Pays-Bas.

De nombreuses références

L’histoire a un important rôle dans la dernière réalisation de l’agence GG-loop gérée par une main de maître par l’architecte italien originaire des Pouilles Giacomo Garziano. C’est pourquoi, un retour en arrière s’impose pour mieux comprendre les enjeux du projet. Il y a plus d’un siècle, Zeeburgereiland, qui est une petite île de forme triangulaire située à l’est d’Amsterdam, émergeait des sédiments de la rivière Ij et devenait le premier avant-poste de la marine néerlandaise. Aujourd’hui, devenue un quartier en gestation, l’île accueille diverses réalisations atypiques.

Situé dans le centre de Zeeburgereiland, la construction se compose de deux appartements de 120 mètres carrés donnant sur la rivière Ij. Les architectes nous expliquent que comme dans la plupart des projets du pays, le site de Freebooter se trouvait sous l’eau jusqu’en 1910. Sur cette parcelle qui a émergé au fil du temps se trouve aujourd’hui Freebooter, un projet original qui comporte de nombreuses références au vent, à l’eau et à la voile.

Le bois comme élément principal

Les deux entités sont formées de deux duplex, elles ont un noyau principal contenant les fonctions vitales comme la cuisine, la salle de bain et les toilettes. La zone de repos qui comprend une chambre principale, une deuxième chambre, un bureau ainsi que la partie consacrée au salon et à la salle à manger, se trouve autour de la première. Selon la disposition des architectes, l’ensemble offre une flexibilité maximale. Le salon se confond avec la salle à manger et le bureau avec l’espace à double hauteur. Les deux appartements offrent une grande fonctionnalité à leurs habitants.

Parlons matériaux de construction. La structure en bois est typique des voiliers mais aussi de l’architecture hollandaise traditionnelle selon son architecte. Comme dans un navire, la présence du bois est remarquable. Ce matériau millénaire croise le verre pour des effets d’ombre et de lumière. Quant au nom du projet, il fait référence à des personnages historiques qui ont assemblé des équipes de voile indépendants pour partir en haute mer à la recherche d’aventures et de nouveaux territoires.

L’intérieur des appartements est sobre, il est marqué par les formes organiques et arrondies qui selon les études poussées de l’architecte, protègent les habitants. La structure en lattes en bois qui enveloppent l’ensemble permet à la lumière du soleil d’éclairer les espaces tout en préservant l’intimité. Freebooter est donc un projet architectural capable de concilier technique et respect de l’environnement, tous liés par un seul fil conducteur le confort des utilisateurs des lieux.

Le fondateur de GG-loop nous livre à Amsterdam un projet atypique qui fournit une nouvelle expérience à ceux qui l’habitent.

© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira
© Francisco Nogueira

Le site de l’agence d’architecture GG-Loop : ici.

Les photos : © Francisco Nogueira.

Zallinger, le charmant hôtel en haute montagne signé noa *

© Alex Filz

L’agence d’architecture noa* a réalisé la rénovation et l’agrandissement du refuge de Zallinger situé dans les Dolomites. Grâce à l’intervention minutieuse des architectes, un nouveau modèle d’hospitalité est né, il sert aussi d’exemple pour le tourisme responsable.

Raviver le charme de l’ancien

Le projet consiste en une délicate intervention, de récupération historique et paysagère, que les architectes de l’agence noa*, qui se sont depuis longtemps engagés à développer des modèles innovants de tourisme vert, ont mené avec tact où les granges du XIXe siècle renaissent sous la forme de mini-chalets pour raviver le charme d’un village alpin.

La tradition du Tyrol du Sud est de combiner le confort, la qualité et la durabilité. L’objectif du projet était, dès le départ, d’améliorer la qualité et la capacité d’hébergement d’une ancienne structure hôtelière sans altérer le paysage délicat et l’équilibre environnemental, le tout en créant une valeur esthétique et durable.

Le projet, a créé de nouveaux espaces sans modifier les volumes existants et tout en respectant le concept historique et les caractéristiques architecturales du petit village d’origine. Grâce aux diverses solutions et aux matériaux adoptés, le nouveau lieu de villégiature revit aujourd’hui.

A ce propos, Stefan Rier, l’un des architectes associés de noa*, explique : « Dans ce projet, nous avons également essayé de faire ressortir cette relation solide entre architecture et contexte, qui caractérise toutes nos œuvres. Nous voulons proposer de nouveaux modèles de vie et d’hospitalité qui, d’une part, permettent de récupérer formes et matériaux traditionnels expriment en revanche la qualité du design, haut niveau de confort et de durabilité. L’environnement alpin est un complexe et système fascinant qui doit être compris et respecté. Nous pensons que c’est Il est important de penser à de nouveaux espaces et aux moyens de l’inhiber: des environnements sur un être humain. A l’échelle, confortable, accueillant, mais surtout unique et authentique. »

La cabane Zallinger date du milieu du XIXe siècle, elle a été construite à 2200 mètres au-dessous du Sassopiatto. Le lieu était autrefois entouré de sept granges et une petite église. Par la suite, les granges ont été remplacées par un seul grand bâtiment (1880), qui, au fil du temps a assumé d’autres fonctions. L’extension était l’occasion de faire revivre la structure d’origine ainsi que la restructuration du corps central de l’hôtel, la démolition de l’ancien grange et la construction de sept nouveaux chalets aménagés dans le respect du plan original du site.

Le bois à l’honneur

Les architectes de noa * ont ajouté 24 chambres dans les nouveaux mini-chalets et ont laissé les 13 chambres d’origine. Chaque chalet est constituée de quatre chambres non connectées entre elles. La vie privée est donc assurées. Chaque unité, se repose sur une dalle en béton, est construite avec des méthodes préfabriquées en bois à partir d’une ingénierie « sur mesure » par les architectes de noa *.

Les revêtements extérieurs qui entourent les chalets sont constitués de blocs de bois massif empilés dans une alternance de plein et de vide, devenant un motif caractéristique. Le résultat, inspiré par la structure des anciennes granges, évite les reflets gênants des fenêtres exposées, inappropriées dans un contexte de haute montagne. Les panneaux en bois sont conçus pour pouvoir s’ouvrir, offrant une vue sur le paysage alpin spectaculaire, mais une fois fermés, ils créent une ambiance particulière dans les chambres.

Durabilité, respect de la montagne et contact direct avec la nature sont les principes qui ont guidé tous les choix de conception. Par exemple, les bardeaux de bois des toits sont typiques de la tradition du Tyrol du Sud, tous les matériaux sont certifiés, il a même été décidé de ne pas éclairer les chemins reliant les chalets et l’abri, pour éviter la pollution lumineuse et
permettre aux invités, équipés de lanternes, d’admirer le charme du ciel étoilé.

Avec la rénovation du refuge de Zallinger, une étude a également été lancée pour minimiser le flux des voitures dans une zone qui a observé une forte croissance du nombre de visiteurs ces dernières années. Avec l’intervention de noa*, le refuge Zallinger reprend vie !

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de l’agence d’architecture noa* : ici.

Les photos: © Alex Filz

Quand simplicité et sobriété vont de pair

© Tim Van de Velde

Aux Pays-Bas, à Waterrijk l’un des arrondissements  d’Eindhoven, l’agence d’architecture Wenink Holtkamp Architecten a réalisé une maison familiale qui croise astucieusement la sobriété et la simplicité.

La brique dans toute sa splandeur

L’architecture est simple et réservée, dans cette construction épurée, les architectes ont utilisé la brique moulée à la main de couleur saumon qui en association avec le bois Louro Preto brun foncé forme un ensemble gracieux.

Pour préserver l’intimité des habitants, les architectes ont opté pour une façade avant presque fermée à l’exception d’une seule fenêtre qui se trouve au premier étage et une autre qui peut s’ouvrir occasionnellement au rez-de-chaussée. Tandis que la partie donnant vers l’arrière, s’ouvre généreusement sur la pelouse estompant les limites entre l’intérieur et l’extérieur. Les grandes surfaces vitrées qui donnent vers le jardin, garantissent une douce transition vers une pièce à ciel ouvert que les propriétaires peuvent utiliser comme une salle à manger. Cela optimise l’espace extérieur tout en le rendant utile.

la forme, le fond et la fonction

Le rez-de-chaussée se caractérise par un enchaînement d’espaces subtilement séparés grâce à l’architecture en forme de L de la maison. La lumière du jour et l’expérience extérieure étaient, dès le départ, les points essentielles dans la conception du projet. La simplicité des formes assure une certaine harmonie aux diverses entités de la résidence.

L’intérieur est à l’image de l’extérieur, il se caractérise par ses murs blancs et ses touches en bois qui procurent à l’ensemble une douce sensation de chaleur. A Waterrijk, les architectes de l’agence Wenink Holtkamp Architecten ont réalisé une résidence qui respire l’élégance.

© Tim Van de Velde
© Tim Van de Velde
© Tim Van de Velde
© Tim Van de Velde

Le site de l’agence d’architecture Wenink Holtkamp Architecten: ici.

Les photos : © Tim Van de Velde.

A San Francisco, quand le passé et le présent s’entremêlent

© Adam Rouse Photography

A San Francisco, l’agence Feldman Architecture a réhabilité un petit immeuble historique pour le transformer en bureaux de la banque d’investissement Scenic Advisement. Une intervention minutieuse qui marie à merveille le passé et le présent.

Respecter l’histoire

Le petit immeuble  qui se situe au Jackson Square possède une grande histoire. Tout d’abord sa date de construction qui reste un énigme et pour cause, le tremblement de terre qui a ravagé la ville au début du 20ème siècle et emporté les archives de l’édifice. Aujourd’hui, tout ce qu’on sait c’est que l’édifice abritait à l’origine les écuries Bricca.

Depuis cette époque révolue, la construction a été reconvertie à plusieurs reprises. Le lieu a même été utilisé comme agence d’architecture. Aujourd’hui, au Jackson Square, une nouvelle page s’écrit avec une fonction différente et des locaux complètement remaniés par Feldman Architecture. Les architectes de Feldman Architecture en collaboration avec les architectes d’intérieur de  Tineke Triggs, ont entrepris la transformation de l’espace. Ce dernier devrait être aux normes, au goût du jour tout en répondant favorablement aux diverses exigences des propriétaires.

Tout en respectant l’histoire du lieu et gardant l’enveloppe, les architectes ont privilégié des espaces généreux, ouverts, lumineux et propices au travail. D’où l’utilisation du bois, un élément rajouté qui se marie bien d’une part avec les murs d’origine en brique et d’autre part avec les planchers en béton brut. Un mélange qui renoue avec le passé tout en ajoutant une touche d’originalité. De même, un travail particulier a été mené pour l’éclairage du lieu.

A la recherche de nouveau repères

Les architectes ont créé des enceintes en verre dont les cloisons laissent passer généreusement la lumière tout en offrant des coins d’intimité aux utilisateurs des lieux. La présence du verre dépoli est expliquée comme un clin d’œil romantique au brouillard de la baie de San Francisco. L’ensemble est pratique, il se caractérise par ses tapis abstraits colorés et son grand îlot de cuisine qui fait office d’espace commun apportent un sentiment de maison et d’intimité au travail.

Dans le hall d’entrée, le visiteur peut se trouver en présence d’une œuvre artistique singulière. Composée de pots de peinture en aérosol usés, cette pièce est réalisée par l’artiste Ian Ross, un graffeur local. Des graffiti dans une banque ? pourquoi pas ! C’est toute la subtilité des architectes qui ont su manier à merveille plusieurs styles et époques. Une autre originalité se trouve au-dessus du bar qui est surmonté d’un vélo. L’espace professionnel se trouve complètement métamorphosé pour un lieu plus humain, abordable et agréable. Les codes historiques du bureau changent et laissent la place à d’autres habitudes moins rigides.

En entrant dans cet espace dynamique, le visiteur peut oublier pour un moment où il se trouve. Entre le passé historique de l’édifice et sa transformation actuelle, l’esprit vagabonde pour trouver d’autres repères à mi-chemin entre le passé et le présent. 

© Adam Rouse Photography
© Adam Rouse Photography
© Adam Rouse Photography

Le site de Feldman Architecture : ici.

Photography:  © Adam Rouse Photography

En Californie, Feldman Architecture rénove la Woodpecker Ranch

© Paul Dyer

L’agence américaine Feldman Architecture a réalisé l’impressionnante transformation d’une ancienne ferme en une charmante résidence qui croise astucieusement les couleurs sobres, les lignes épurées et les matériaux nobles.

La maison pour tous

Redwood City est située sur la péninsule de San Francisco dans la région de la baie de San Francisco, en Californie. Woodpecker Ranch est une construction presque neuve qui a été réaménagée par Feldman Architecture pour répondre à la volonté des propriétaires des lieux. En effet, ces derniers souhaitaient créer une maison où ils pourraient élever leurs jeunes enfants tout en y passant leur temps de loisirs.

Situé au sud de San Francisco, le projet a subi une transformation complète. Les architectes ont redéfini l’entrée de la maison et tout en harmonisant la façade entière. Selon les architectes, l’une des demandes les plus difficiles des propriétaires était de clarifier la séquence d’arrivée à la maison, tant de l’extérieur que de l’intérieur, tout en cherchant des moyens d’améliorer l’attrait de la façade.

En collaboration avec les architectes paysagistes de l’agence Arterra, les équipes ont utilisé des murs de soutènement pour faciliter l’entrée des visiteurs vers un espace plus attrayant. La conception de l’escalier d’entrée a été simplifiée pour lui donner une transparence visuelle qui aide à réduire sa présence dans l’espace.

Une sophistication épurée

Pour l’intérieur, l’équipe de Kendall Wilkinson Design a tout fait pour donner une véritable âme à la maison. Pour cela, ils ont eu recours à l’utilisation de meubles contemporains offrant une sophistication épurée à chaque espace. L’art est présent dans chaque pièce mais n’empiète pas sur l’architecture ni le paysage.

Pour personnaliser le grand salon, avec ses panneaux muraux en béton et en noyer façonnés en carton, les architectes ont choisi une palette de tons de gris et de chocolat. Ailleurs, la touche graphique qui enveloppe les sièges comprend des formes contemporaines à la fois subtil et gracieux. Tout sent l’élégance et la grâce.

La transformation achevée de la maison démontre les compétences attendues d’une ferme moderne, tout en apportant une touche personnelle à la conception et aux aspirations de vie des habitants.

© Paul Dyer
© Paul Dyer
© Paul Dyer
© Paul Dyer

Le site de Feldman Architecture : ici.

Les photos : © Paul Dyer

La Casa Noè, un petit bijou signé Silvia Brocchini

© Silvia Brocchini Studio

La région des Marches, à l’est de l’Italie, est constituée d’impressionnantes criques, de falaises de calcaire et de villages médiévaux. Dans cet environnement naturel, le Studio Silvia Brocchini a réalisé une belle prouesse : une réhabilitation minutieuse doublée d’une reconversion, le tout pour un résultat enchanteur.

Adopter le terrain

La résidence se trouve à Ancona, connue par ses plages mais aussi par ses diverses vues paradisiaques qui donnent sur l’Adriatique. Grâce à l’intervention de Silvia Brocchini, la réalisation s’adapte parfaitement au terrain et s’intègre dans le paysage alentour.

A l’origine, le bâtiment principal était composé de celliers et d’étables situés au rez-de-chaussée et d’habitations au premier étage. L’ensemble a subi plusieurs transformations selon les divers besoins des propriétaires successifs. Ce qui lui donne selon l’architecte « l’apparence d’un petit « village » ».

La maison épouse méticuleusement le terrain. En effet, ce dernier en pente et fluide se retrouve dans l’architecture de la maison où les différents volumes s’entrelacent. Un enchevêtrement que l’architecte a maintenu dans la rénovation. Cependant, avant d’entamer la réhabilitation, il a fallu mener un travail minutieux car non seulement les constructions existantes étaient abandonnées depuis longtemps mais parce que l’architecte privilégiait la réutilisation des matériaux d’origine. Ainsi, les constructions qui ont servi pendant longtemps à abriter de nombreux animaux de la ferme, ont connu un nouveau destin. e projet de rénovation a consisté donc à nettoyer les volumes en pierre et à repositionner les ouvertures tout en privilégiant le recyclage. Un travail à la fois complexe et délicat.

Des détails authentiques

Plusieurs détails sont à notifier comme la pierre sur les murs, les tuiles de récupération sur le toit, les linteaux en pierre et en chêne constituant l’enveloppe, les chemins de circulation formés par l’herbe, la pierre et les dalles de récupération mais aussi les petites terrasses qui s’ouvrent sur le large. Quelques éléments en béton et en corten apportent une touche de modernité par la création de meubles sur mesure, de coins de détente et de murs de soutènement.

L’intérieur est épuré et sobre. La couleur blanche, la pierre naturelle l’utilisation du chêne créent entre autres une ambiance naturelle qui unifie aussi les divers volumes. Une attention particulière a été accordée à la conception du toit mais aussi à la surface habitable à travers de multiples ouvertures de tailles et de types différents dont de larges baies vitrées montées sur des cadres en chêne qui offrent des vues imprenables sur le paysage environnant. Donnons l’exemple de la minuscule fenêtre d’à peine 15 cm de large et de 30 cm de haut qui encadre une petite abbaye du XIIe siècle.

Le toit a été construit avec des poutres lamellaires, il reprend le rythme des tuiles existants. Une double charpente à la fois structurelle et décorative, met en valeur les détails du bois. Les fenêtres et la porte d’entrée mais aussi tous les meubles intérieurs ont été conçues et réalisées par des artisans locaux. Le savoir de faire local se croise avec la maîtrise architecturale pour former en ensemble qui fait dialoguer à merveille les matières, les couleurs et la nature. Un travail qui mérite reconnaissance.

© Silvia Brocchini Studio
© Silvia Brocchini Studio
© Silvia Brocchini Studio
© Silvia Brocchini Studio
© Silvia Brocchini Studio

Le site de Silvia Brocchini Studio : ici.

Les photos : © Silvia Brocchini Studio 

En République tchèque, Štěpán Havlík réalise un appartement pour un musicien

© Jakub Skokan, Martin Tma / BoysPlayNice

A 70 km au nord-ouest de la capitale tchèque, à Ústí nad Labem, l’architecte Štěpán Havlík (a-sh) a réalisé l’intérieur d’un appartement pour un musicien et son partenaire. Situé au deuxième étage d’un nouvel immeuble, la conception a gardé, selon le souhait du propriétaire, certains éléments comme les sols et les fenêtres.

Combiner les inspirations

L’inspiration du propriétaire concernant l’espace de vie résulte de l’intérêt porté à l’ameublement de vieilles maisons de campagne fortement dispersées sur les collines environnantes du paysage du haut plateau de la Bohême centrale České Středohoří. Le penchant du client pour les fermes ensoleillées de la Provence a constitué une autre influence.

Selon l’architecte, en dépit d’être assez disparates, ces deux visions semblaient très concrètes. Le but de ce projet était de combiner ces inspirations en un tout compact. « Je ne souhaitais pas que le projet reste dans le passé en répétant toutes les phrases architecturales empruntées bien connues. Je voulais plutôt créer une réponse réelle et contemporaine aux demandes spécifiques du client. En ce sens, le design était une recherche de l’atmosphère de ces références étudiées. » Raconte Štěpán Havlík, qui a utilisé les meubles en bois massif des cottages provençales pour agrémenter l’intérieur. Tandis que le choix des matériaux et de leur tonalité a été influencée par la nature environnante.

A l’intérieur de l’appartement nous pouvons trouver trois matériaux de base : un revêtement de ciment foncé, du bois de chêne et un contreplaqué de bouleau blanchi. Ce trio se croise astucieusement pour former un ensemble cohérent aux lignes épurées et sobres.

Croiser les matières

Ainsi, l’appartement se dote d’un plafond modelé en contreplaqué de bouleau de couleur claire et blanchi. Cette astuce fait référence aux murs d’escalade car le propriétaire est un escaladeur. Des grandes surfaces vitrées apportent une meilleure luminosité à l’ensemble et surtout au plafond qui change de perception sous l’effet de la lumière. De même, le plafond cache un système de points pour suspendre des éléments tels que des hamacs ou des barres d’exercices ainsi qu’un éclairage ponctuel. En même temps, il cache une poutre ou une ventilation visuellement peu attrayante au-dessus de l’îlot de cuisine. L’architecte nous explique qu’il n’a pas été facile de mettre en œuvre ce plafond abaissé à cause de la hauteur sous-plafond. Cependant, le caractère distinctif et la fonctionnalité l’ont convaincu du contraire.

L’entrée d’origine qui était à la fois généreuse et sombre a été divisée par un mur de placard en un couloir et un dressing. Le hall d’entrée est devenu donc beaucoup plus agréable. De plus, cette idée a renforcé la connexion visuelle entre l’entrée et la table à manger. Le placard au centre de la disposition agit comme un filtre entre la chambre à coucher et le studio d’enregistrement. La cuisine prend forme grâce à de grands «tiroirs» qui sortent des murs. De même, le comptoir près de l’évier est formé en retirant une partie de la masse qu’il a ensuite placée sur l’autre mur. Le comptoir et l’évier insérés sont en granit africain avec une surface structurée. Le mur avec des étagères placées au hasard est également recouvert de contreplaqué, il contient entre autres une petite cave à vin.

L’architecte a étudié également la sonorisation de l’ensemble qui constitue la clé de voûte de l’équipement d’un appartement pour un musicien. Outre le côté plastique et original, la nouvelle organisation répond parfaitement aux diverses attentes du propriétaire.

© Jakub Skokan, Martin Tma / BoysPlayNice
© Jakub Skokan, Martin Tma / BoysPlayNice
© Jakub Skokan, Martin Tma / BoysPlayNice

Le site de Štěpán Havlík : ici.

Les photos : © Jakub Skokan, Martin Tma / BoysPlayNice

Au Danemark, l’attrayante réhabilitation d’un ensemble historique

© Laura Stamer

Au Danemark, l’agence d’architecture Johansen Skovsted Arkitekter en collaboration avec Lasc Studio a réhabilité un chalet ainsi qu’un hangar datant de 1905. Un travail minutieux qui a pris en compte l’histoire tout en proposant une architecture qui s’adapte au lieu.

Le cottage

Le chalet est situé dans un paysage protégé où se trouvent des maisons de vacances historiques soigneusement placées sur les pentes de la moraine envahie par la végétation et des dunes de sable. L’ambition de la reconstruction était de recréer le sentiment d’être dans la vieille maison et de réinterpréter l’ambiance du lieu. L’ancienne demeure est restée longtemps inutilisée, son état de délabrement était tel qu’il a fallu une réhabilitation lourde ainsi qu’une reconstruction minutieusement menée par les architectes.

Construite en 1905 en tant que deux maisons en rondins isolées, la maison a été progressivement transformée, notamment par l’ajout d’un  poêle et d’une cheminée par l’architecte Ivar Bentsen, l’ensemble a été complété ensuite par un hangar. L’intérieur est composé de surfaces en bois partiellement peintes, d’alcôves et de niches particulières.

La structure est reconstruite en ossature légère en bois, permettant de garder un extérieur historique protégé. Le nouvel intérieur interprète, d’une manière contemporaine, les souvenirs et les caractéristiques d’autrefois tout en proposant des espaces éclairés par la structure moderne.

La disposition initiale des pièces est légèrement modifiée, les murs séparant les espaces partagés sont supprimés, bien qu’ils soient toujours présents par la diversification des matériaux. Une grille de tuiles est aménagée dans le couloir, la cuisine et la salle de bain, changeant de couleur entre les espaces. Les murs en bois sont laissés non traités ou peints dans des couleurs tirées de l’ancien intérieur. Les niches et les alcôves sont recréés en laissant des surfaces en bois non peints.

Ces stratégies permettent aux pièces et à la disposition globale d’être continues mais séparées, introduisant une densité d’espaces personnels non conventionnels. La complexité de la maison originale est réinterprétée comme un patchwork clairement défini de matériaux et de couleurs changeants, visible d’une pièce à l’autre, créant un espace contemporain et  réinterprétant de manière pragmatique le passé.

Le Hangar

Le hangar a été construit pour compléter le cottage. L’année de construction, 1905, est gravée sur une girouette du hangar d’origine. Lorsque le bâtiment a été prolongé à sa double longueur, le pignon d’origine a été conservé en tant que paroi de séparation centrale divisant l’espace en deux. Les fondations de ce mur sont conservées comme une trace dans la nouvelle structure, servant de base au seul pilier portant la nouvelle poutre faîtière.

Le nouveau hangar est construit sur la base d’une étude approfondie de l’ancien, avec quelques ajustements. Le revêtement en épicéa n’est pas traité à l’intérieur et les panneaux de plafond sont peints dans une nuance de gris bleu en faisant un clin d’œil aux couleurs existants dans la maison principale. Les vieilles briques de la terrasse de la maison principale sont réutilisées pour l’étage.

La structure de toit d’origine rendait très difficile tout mouvement vertical dans le hangar. C’est pourquoi, les architectes ont opté pour une nouvelle structure se composant de chevrons qui se reposent sur la poutre faîtière et la structure de mur extérieur, permettant ainsi l’obtention d’un espace ininterrompu.

Avec l’intervention intelligente des architectes, la maison et son hangar ont retrouvé un nouvel éclat.

© Laura Stamer
© Laura Stamer
© Laura Stamer
© Laura Stamer

Le site de l’agence Johansen Skovsted Arkitekter : ici.

Le site de Lasc Studio : ici.

Les photos : © Laura Stamer