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A Taïwan, un curieux mélange de textures

© Yi-Hsien Lee

Dans la ville de Chiayi, l’agence d’architecture FCHY architecte lab a réalisé une résidence familiale qui met le béton sur un piédestal. Sobriété et simplicité sont au rendez-vous.

Une belle allure

Baptisée « Maison n ° 46 », il s’agit d’une construction située sur l’ancienne avenue d’une ville à forte densité de population. Entourée de toutes sortes de bâtiments aux différentes fonctions et usages, tels qu’une école, un hôtel, un temple, un restaurant, la résidence tout en béton possède une belle allure.

Comparée au paysage urbain proche du centre-ville, la vue de la rue est plus intéressante. En effet, elle offre un curieux mélange de formes et de textures. La coexistence entre la vie en ville à haute densité et la vie au rythme lent est selon l’architecte le sujet de ce projet.

Semi-fermée et compacte

L’idée est de créer un cube en tant que volume principal, puis de l’agrémenter de plusieurs éléments comme les grands balcons et les hauts murs qui font de ce projet une maison semi-fermée et compacte. Ainsi, la vision de l’intérieur serait en partie préservée tandis qu’une nouvelle vue intérieure a été créée. Il s’agit d’une charmante cour qui assure une grande luminosité à l’intérieur.

La palette de matériaux qui épouse l’esthétique du bâtiment répond au contraste entre les textures. La surface rugueuse des carreaux de granit aux couleurs chaudes souligne la surface lisse et fine du béton à l’extérieur du bâtiment. A l’intérieur, le matériau principal est le bois de teck, selon l’architecte, il s’agit d’une matière dont la chaleur naturelle réduit le sentiment d’isolement causé par les cours intérieures en béton.

A Chiai, les architectes de FCHY ont accompli un travail fin qui donne à l’ensemble une grande élégance.

© Yi-Hsien Lee
© Yi-Hsien Lee
© Yi-Hsien Lee
© Yi-Hsien Lee
© Yi-Hsien Lee
© Yi-Hsien Lee
© Yi-Hsien Lee
© Yi-Hsien Lee

Le site de FCHY architect lab : ici.

Les photos: © Yi-Hsien Lee

A Moreno, Ça Arquitectura habille un bâtiment résidentiel

© Federico Kulekdjian

Dans la périphérie de Buenos Aires, l’architecte Juan Micieli de l’agence Ça Arquitectura vient de terminer le chantier d’un bâtiment résidentiel qui, au plus grand bonheur des habitants, s’habille en une subtile résine métallique. Textures et ornements sont au rendez-vous.

Le bâtiment s’intègre parfaitement dans le tissu urbain environnant qui, selon le nouveau plan de la municipalité, a prévu de changer le zonage  de cette fraction de ville d’ici quelques années. L’édifice se compose de deux volumes qui contiennent des appartements d’une ou de deux chambres. Le noyau de circulation vertical s’ouvre sur un patio assurant une grande luminosité à l’intérieur.

Le dernier étage possède un plafond à double hauteur qui crée une connexion fluide entre la terrasse et l’appartement et, comme un périscope, capture la lumière en éclairant les autres espaces. La deuxième façade se plie vers l’intérieur au niveau supérieur et crée un généreux espace semi-couvert.

Un écran mais pas que

La façade fonctionne comme une enveloppe formelle, donnant un indéniable caractère à l’édifice. Elle améliore l’efficacité énergétique tout en créant un charmant écran entre les intérieurs et la rue, elle sauvegarde ainsi l’intimité des habitants.

L’enveloppe qui rappelle la calligraphie cursive est composée d’une texture arabesque entièrement conçue dans des ateliers locaux connus par leur travail manuel. Métallique, elle donne une grande légèreté à l’ensemble. Selon l’architecte, le dessin de la façade a été coupé au plasma dans des tôles d’acier et a ensuite été traité par un processus d’oxydation et de fixation. Tout a été pensé pour un projet cohérent où l’utile et l’agréable ne font qu’un.

© Federico Kulekdjian
© Federico Kulekdjian
© Federico Kulekdjian
© Federico Kulekdjian
© Federico Kulekdjian
© Federico Kulekdjian
© Federico Kulekdjian
© Federico Kulekdjian

Le site de Ça Arquitectura : ici.

Les photos : © Federico Kulekdjian

Quand le béton se pare de motifs de circuits imprimés

© Ilya Ivanov

A Moscou, l’agence d’architecture Wall a réalisé le pavillon de la technologie et de l’information qui présente de gracieux murs en béton à motifs de circuits imprimés. A la fois sobre et frugal le centre d’expositions constitue un remarquable morceau d’architecture.

Basé à Moscou, le studio dirigé par les architectes Arakelyan Ruben et Navasardyan Aik, a conçu le Pavillon du Département de la technologie de l’information de Moscou pour le centre d’exposition de la ville et le parc d’attractions VDNH. Appelé également Pavilion DIT, l’architecture éphémère de 1 600 m² est située à l’intersection de la rue Kolcevaya et l’allée Serenevaya.

Le projet est temporaire, il devrait rester en place pendant 10 ans et servira à exposer les réalisations les plus intéressantes en matière d’électronique. Les lignes et les cercles sont imprimées dans les panneaux en béton de fibre de verre créant une façade ludique destinée à faire référence aux circuits imprimés utilisés dans l’électronique.

Monolithique mais lumineux

Les panneaux de l’entrée du pavillon, ont été conçus par WALL et fabriqués dans une usine locale. Les murs imprimés sont sans fenêtres, ils mettent l’accent sur le modèle qu’ils révèlent. Cette approche a également contribué à attirer les visiteurs vers les ouvertures qui constituent l’entrée de l’édifice. À l’intérieur, l’espace qui se développe sur un seul étage, est divisé en trois parties. Nous pouvons y trouver un espace d’exposition, un centre d’affaires et une zone consacrée aux enfants.

L’ensemble se caractérise par une grande flexibilité, selon les diverses exigences du programme, le volume peut contenir plusieurs expositions, des conférences, des ateliers ainsi que différentes activités pour les enfants. Visuellement, le projet présente un grand monolithe mais une fois à l’intérieur, l’enveloppe rigide laisse la place à une grande luminosité qui adoucit l’atmosphère. Bref, il s’agit d’un projet aux diverses qualités à découvrir sans tarder.

© Ilya Ivanov
© Ilya Ivanov
© Ilya Ivanov
© Ilya Ivanov
© Ilya Ivanov
© Ilya Ivanov

Plus d’informations sur l’agence Architecture bureau WALL : ici.

Les photos : © Ilya Ivanov

Le cabanon d’été d’Eva Sopeoglou

© Mariana Bisti

Loin des villes et des sites archéologiques, dans la région montagneuse du nord-est du pays, sur la péninsule d’Halkidiki, l’architecte grecque Eva Sopeoglou a réalisé une charmante cabane d’été. Découverte d’une construction simple et attrayante.

Les propriétaires de cette maison souhaitaient une sorte de refuge à faible coût pour le week-end. Située sur une colline d’oliviers, surplombant la mer et avec une vue époustouflante sur les célèbres monastères du mont Athos, la parcelle avait tout pour plaire.

Un merveilleux jeu d’ombre et de lumière

Le projet proposé par Eva Sopeoglou est avant tout très expérimental. Il utilise la technologie numérique de pointe d’une manière innovante. Les divers composants de la maison ont été préfabriqués. La conception donne une grande importance à la position du soleil pour procurer l’ombre souhaité. Le plan rectangulaire mesure 3 mètres de large et 7 mètres de long, il est divisé suivant une trame en plus petites pièces. Un étroit couloir relie ces espaces tout en s’harmonisant avec l’extérieur, comme si les oliviers faisaient partie intégrante de la maison.

L’enveloppe extérieure de la maison est composée d’une couche métallique légère, mobile, elle offre une flexibilité maximale à l’ensemble. Le motif perforé de la peau est inspiré des oliviers, quoi de plus naturel quand nous nous trouvons dans le pays où l’olivier est d’une grande abondance ? Pendant la journée, au fur et à mesure que le soleil se déplace, les espaces intérieurs sont inondés d’ombres. Un effet saisissant dû à l’originalité de la texture des façades.

A travers un motif emprunté dans la nature environnante, l’architecture subtile d’Eva Sopeoglou pose la question de la communion de l’espace intérieur et extérieur. Un projet simple à la fois fonctionnel et original.

© Mariana Bisti
© Mariana Bisti
© Mariana Bisti
© Mariana Bisti
© Mariana Bisti
© Mariana Bisti
© Mariana Bisti
© Mariana Bisti

Plus d’informations sur l’architecte Eva Sopeoglou : ici.

Les photos: © Mariana Bisti , Elias Sopeoglou

Comme une forteresse

© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek

Dans la ville suisse de Savièse, Anako Architecture a réalisé une charmante maison en béton qui épouse agréablement la pente. Sous ses aires radicales, l’ensemble dégage une douce harmonie teintée d’une étonnante sobriété et d’une abondante luminosité.

Robuste, la maison suit la pente douce et en plus d’une vue époustouflante qui balaye les sommets des montagnes, elle procure à ses habitants l’intimité demandée. En effet, à cause de sa proximité des autres habitations alentours, les architectes ont opté pour un corps en béton qui protège comme une coquille les vues vers l’intérieur. En revanche, les grandes baies vitrées guident les regards de l’intérieur vers l’extérieur et apportent de belles perspectives qui encadrent le paysage environnant. Pour cela, les architectes se sont livrés à un bel exercice qui s’avère donner de bons résultats.

Se démarquer sans gêner

Le projet s’intègre parfaitement au lieu mais au lieu d’imiter l’architecture avoisinante, il apporte une certaine originalité qui se démarque des autres. Tout aussi par la forme que par le contenu où les espaces sont ponctués par trois patios. Ces derniers assurent la luminosité à l’intérieur de la résidence en apportant plusieurs coins de verdure à ciel ouvert au sein même de la construction.

La transparence des surfaces vitrées contraste avec l’aspect extérieur de la maison et fournit une connexion visuelle entre les espaces internes. Le béton brut de l’enveloppe s’accorde parfaitement avec le minimalisme des pièces à peine égayées à travers quelques rares touches de couleur dues au choix du mobilier.

Astucieuse et sobre

La radicalité de l’architecture est néanmoins adoucie à travers les malicieux jeux d’ombre et de lumière. La texture de la façade qui comporte des imperfections à cause de l’utilisation des coffrages formés de branches métalliques avec peaux en bois endommagé contraste merveilleusement avec l’immaculé des murs intérieur. Un procédé assumé par les architectes pour qui « Chaque étape de décoffrage était un véritable moment de découverte ».

Même chose concernant la pose aléatoire des branches métalliques ainsi que l’utilisation d’une petite quantité de béton vibré qui donnent à l’ensemble un aspect granuleux par endroit en faisant apparaître quelques nids de graviers. Quelques astuces très simples, vernaculaires même voulues et mises en oeuvres par les architectes qui peuvent fasciner tout amoureux de la matière.

Atypique par sa forme, astucieuse par sa mise en œuvre, sobre et à la fois différente, la maison conçue et réalisée par l’agence Anako Architecture est une originalité à découvrir sans tarder.

© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek

Le site d’Anako Architecture : ici.

Les photos : © Nicolas Sedlatchek

A Londres, Clément Blanchet donne un délectable rendez-vous avec la matière

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

A Londres, l’architecte Clément Blanchet vient de livrer un restaurant où les diverses textures utilisées font référence au passé. Une fine expérience sensorielle se dégage ainsi de l’ensemble.

Clément Blanchet a déjà une petite expérience dans la matière, tout en travaillant sur des projets de grandes envergures, l’architecte avait restructuré en 2001, le restaurant Le Dauphin à Paris.

Un style singulier

A Londres, l’exercice est toute autre. L’architecte a entrepris la création d’un vaste espace où se réunissent que ce soient les cuisiniers, les serveurs ainsi que les clients, le tout dans une atmosphère accueillante qui alterne le mobilier moderne et le sur-mesure.

L’univers intérieur, qui nous rappelle tant le style Bauhaus ou le constructivisme soviétique, dégage malgré tout un caractère singulier où diverses textures et les couleurs se mêlent pour créer un style propre à l’architecte où l’on perçoit une certaine recrudescence des connaissances.

Côté matériaux, les murs de la salle à manger principale sont recouverts de feuilles de laiton.

« Le projet détourne les matériaux habituellement associés aux instruments de cuisson (cuivres) ou aux lobbies stériles (grandes entrées luxueuse en marbre) en une application abstraite et contemporaine reflétant certaines expériences hédonistes. Cette combinaison de matériel traditionnel reconverti en une application très moderne détourne les habitudes. L’enveloppe en laiton projette une atmosphère continue sublimé par trois bandes minérales (marbres). »

La texture au cœur de la conception

Le bâtiment est divisé en trois parties qui répondent à trois types d’expériences différentes. Chacune d’elles se distingue par l’utilisation d’un marbre de couleur différente. Alors qu’une longue barre noire où travaillent les serveurs est entourée par des tabourets où les clients peuvent s’asseoir ou manger une collation après le travail, d’autres tables rondes de couleur verte ou rouge accueillent les groupes.

En parlant de ce projet, l’architecte fait référence à un univers semblable à celui de l’American Bar à Vienne où Adolf Loos avait créé une incomparable atmosphère tamisée qui affirme une grande sensibilité à l’utilisation expressive des matériaux.

Le niveau inférieur, qui abrite un bar beaucoup plus petit est recouvert de cuir vert et de marbre blanc. Il offre à ses habitués un environnement plus intime. Ce n’est pas une coïncidence que le restaurant porte le même nom de la fameuse maison parisienne de la Belle Époque, « Le Chabanais », la favorite d’Edward VII d’Angleterre, d’Henri de Toulouse-Lautrec et de Guy de Maupassant qui, reconnue pour ses intérieurs somptueux, a été primé lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900.

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

 

Le site de Clément Blanchet: ici.

Les photos : © Philippe Ruault