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Un atypique immeuble de logements à Berlin

L’agence d’architecture berlinoise Barkow Leibinger (Frank Barkow et Regine Leibinger) a réalisé un immeuble de logements atypique. Avec son toit escarpé, ce dernier inspire originalité mais aussi fonctionnalité et frugalité.

Un toit pyramidal

Niché au sein d’un pâté de maisons du quartier berlinois de Prenzlauer Berg, l’édifice, adossé à un autre immeuble d’habitation et réalisé par l’agence Barkow Leibinger  attire les regards. En effet, il s’agit d’un complexe d’habitation doté d’un toit pyramidal à la forme inhabituelle et entièrement enveloppé de brique colorée.

L’immeuble se développe à la place d’un édifice ravagé par la guerre. Ainsi, le choix des architectes s’est doté de plusieurs clin d’œil qui rappellent l’existence de l’ancienne bâtisse. Des fenêtres à châssis en aluminium aux proportions irrégulières font référence à l’histoire des cours intérieures, souvent réservées à un usage industriel connu plutôt dans cette partie de la ville avant le développement du quartier.

À première vue, l’apparence de la maison ne semble pas adhérer aux conceptions actuelles des expansions de bâtiments axées sur le contexte. Il s’agit plutôt du résultat de paramètres stricts découlant de la réglementation de la construction et des conditions historiques de préservation. Utilisées de manière créative comme outils de conception, ces restrictions ont conduit les architectes à concevoir un bâtiment qui joint l’utile à l’agréable, qu’il soit à la fois familier et étrange tout en conservant un fort caractère indépendant.

Une configuration osée

Dans un cadre de densification du quartier, il était nécessaire de créer une certaine cohérence avec le passé industriel du quartier tout en proposant une configuration osée, le tout en respectant à la lettre la réglementation actuelle. La solution consistait donc à créer un toit en pente raide d’un peu moins de 70 °. La toiture s’étend sur trois étages, possède une hauteur d’environ dix-huit mètres où se trouve une terrasse. Le volume résultant, ressemblant à la forme archétypale d’une maison, satisfait les divers exigences règlementaires de la distance prescrite entre le bâtiment et les trois parcelles voisines.

La maison dispose de deux unités résidentielles qui sont organisées comme des appartements à plusieurs niveaux. La partie inférieure comprend une surface de 250 m², elle est organisée en un rez-de-chaussée qui s’ouvre sur un jardin privatif avec des chambres situées à l’étage. Quant à l’appartement supérieur, il mesure environ 200 m², il se compose de quatre niveaux dont une terrasse sur le toit.
Outre la forme, l’originalité de la résidence est son enveloppe qui donne un effet indéniablement esthétique à l’ensemble. A Prenzlauer Berg, la réalisation de Barkow Leibinger constitue une belle pièce d’architecture.

Le site de Barkow Leibinger (Frank Barkow et Regine Leibinger): ici.

Les photos : © Laurian Ghinitoiu et © Simon Menges, Berlin

Bientôt, un nouveau projet mixte à St-Malo ?

© a/LTA/Laporte/SPLANN

A St-Malo, les architectes de l’agence a/LTA (Alain Tassot, Jean-Luc Le Trionnaire, Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) en collaboration avec l’architecte Mathieu Laporte ont gagné fin 2017 le concours d’un programme mixte qui se caractérise par de nombreuses qualités.

Un emplacement stratégique

C’est dans le secteur de la gare de St-Malo que le projet devrait voir le jour. Il s’agit d’un emplacement stratégique qui offrira à ses habitants des vues imprenables que ce soit sur la ville fortifiée ou le large. Les atouts de l’îlot 9 où prendra place l’édifice sont nombreux. Outre sa position qui acte « l’entrée de ville », le projet se développe dans une zone en mutation. Ainsi, la parcelle qui s’articule astucieusement autour de dispositions spécifiques nouvellement créés, s’aligne sur les immeubles présentant quatre à cinq étages qui composent le secteur, tout en s’ouvrant, côté nord, sur le parvis de la gare et la médiathèque récemment terminée.

Le projet répond à plusieurs enjeux. Selon les architectes « Il s’agit à la fois d’apporter une réponse contextuelle à l’échelle du territoire, de la ville et du quartier, de créer une identité urbaine forte en écho à chacun des environnements dans le respect des préconisations du PLU, des contraintes, d’amener dans le quartier de la gare une mixité programmatique, et d’offrir à chaque éléments de programme des qualités spécifiques et appropriées. »

En effet, l’immeuble mixte qui devrait à première vue impressionner par sa hauteur, constitue une répartie à la fois plastique et fonctionnelle aux diverses problématiques rencontrées. Avec son allure fière, ses traits sobres et la composition de ses façades, le projet promet de belles vues ainsi qu’un grand confort à ses habitants.

Luminosité, fonctionnalité et confort

Selon les architectes, la lumière naturelle est privilégiée au sein de chaque logement. En effet, grâce à la bonne orientation (double voire triple pour certains), des grandes baies vitrées ainsi que les diverses terrasses, les intérieurs seront lumineux, une donnée non négligeable.

Quant à la composition du projet, elle contient un premier volume horizontal qui correspond aux socles d’activités et de trois volumes distincts de formes et de tailles différentes qui se superposent sur la hauteur de l’édifice. Tandis qu’au nord, l’ensemble des volumes s’aligne sur la place et le parvis, côté est, sud et à l’ouest, l’assemblage des entités peut se comparer en un gradin optimisant l’ensoleillement des résidences voisines.

Chaque glissement de volume est marqué par un traitement spécifique, programmatique ou paysager, en fonction de leur place dans le projet. L’ensemble s’articule autour de l’atypique structure de la tour qui s’étire sur toute la hauteur, disparaît et réapparait pour relier les différents éléments. A l’image d’une épine dorsale, sa verticalité apporte au projet toute sa puissance et affirme son élancement vers le ciel. Bref, à Saint-Malo, dans la conception de l’îlot 9, tout a été méticuleusement pensé pour le plus grand confort des utilisateurs.

© a/LTA/Laporte/SPLANN
© a/LTA/Laporte/SPLANN
© a/LTA/Laporte/SPLANN
© a/LTA/Laporte/SPLANN
© a/LTA/Laporte/SPLANN
© a/LTA/Laporte/SPLANN
© a/LTA/Laporte/SPLANN
© a/LTA/Laporte/SPLANN

Le site de l’agence a/LTA: ici.

Le site de Mathieu Laport: ici.

Les images : © a/LTA/Laporte/SPLANN

Une idée de logements flexibles pour l’Ethiopie

© Ariana Forestino et Paolo Turconi

Deux étudiants italiens diplômés de l’université de technologie de Delft, dans leur thèse de maîtrise, proposent une alternative aux logements existants. En les rendant flexibles et abordables, le duo conçoit de nouvelles unités d’habitation en vogue avec leur temps.

Le plan de logements conçu par Ariana Forestino et Paolo Turconi s’inscrit dans un cadre social. En effet, l’Éthiopie est confrontée à un développement incessant et la population urbaine d’Addis-Abeba, en particulier, croît plus vite que la ville ne peut en absorber. Il en résulte un énorme déficit de logements pour tous.

Pénurie de logements

Malgré tout, au cours de la dernière décennie, le gouvernement éthiopien a essayé de résoudre la pénurie de logements en promouvant un projet à grande envergure, les copropriétés. Tout en faisant face à la densité et en assurant un processus de construction rapide, le nouveau projet de logements gouvernementaux résout pas mal de problème et il est considéré comme la meilleure approche abordable. Il n’en demeure pas moins que d’autre problèmes surgissent comme le coût de production élevé, causé par l’importation des matériaux étrangers, la configuration de la construction et finalement le manque de flexibilité dans les appartements.

Les deux étudiants proposent une alternative au modèle jusque là utilisé en expliquant leur conception qui semble à la fois ancrée dans le site, techniquement faisable, économiquement compétitive et surtout flexible dans le temps. L’idée a été élaborée suite à une étude minutieuse des schémas sociaux mais aussi spatiaux des quartiers d’Addis Abeba à faible revenu comme le quartier du Menen.

Flexibilité et facilité de réalisation

Les architectes se sont posés de multiples questionnements sur la réinterprétation des différentes strates socio-spatiales qui caractérisent le tissu du quartier, la flexibilité et la facilité de la réalisation mais aussi le coût engendré. Il en résulte des habitations qui peuvent être regroupées, parfois même mis en miroir ou attachées les unes aux autres, créant une série de volumes qui composent une séquence d’espaces communautaires, le tout dans le respect de la vie privée des habitants.
Dans l’ensemble conçu, chaque partie est indépendante, ce qui permet un développement réparti sur la durée. Selon les architectes, cette stratégie permet de maintenir les liens liens spatiales et sociales entre les anciennes et les nouvelles structures et communautés.

Des matériaux abordables

La proposition d’Arianna Fornasiero et de Paolo Turconi peut être réalisée selon deux méthodes de construction différentes qui offrent des solutions plus abordables que celles actuellement utilisées dans le programme de logement gouvernemental. L’ensemble peut être rapidement construit à l’aide d’une structure en béton ou en pisé. Tandis que le premier exige une importation des matériaux, une structure technologique et des compétences spécialisées, le second est plus abordable et durable, il utilise les matériaux ainsi que les techniques sur place. Cette dernière solution peut également impliquer la communauté dans le processus de la construction.

La proposition des deux italiens, si elle est mise en œuvre, pourra devenir une alternative aux constructions de logements en place. Les projets résidentiels abordables sont toujours  un important sujet d’architecture et de société.

© Ariana Forestino et Paolo Turconi
© Ariana Forestino et Paolo Turconi
© Ariana Forestino et Paolo Turconi
© Ariana Forestino et Paolo Turconi

Les images : © Ariana Forestino et Paolo Turconi

A Annecy, Think Tank architecture reçoit le prix du concours Mix’cité

© Think Tank architecture paysage urbanisme

Le premier prix du concours Mix’cité pour l’extension et la réhabilitation de la copropriété des Myrtilles vient d’être décerné à l’agence parisienne Think Tank architecture paysage urbanisme (Marine de la Guerrande et Adrien Pineau) qui collabore à l’occasion avec l’architecte Marianne Jouanny et le bureau d’études ARTxBAT. Les architectes ont fourni une réponse à la fois contextuelle et pertinente à un projet complexe.

Se baser sur l’existant

Il s’agissait de concilier la densification et de réhabiliter totalement la copropriété des Myrtilles, une résidence datant des années 1970. Il fallait donc entre autres, réhabiliter l’ensemble pour répondre aux diverses normes qu’elles soient énergétiques ou d’accessibilités tout en gardant l’esprit du lieu.

La solution présentée par les architectes a été à la hauteur des attentes. En effet, la proposition consiste à établir une greffe avec d’un côté une réhabilitation raisonnée et de l’autre une extension dans la pente. Cette dernière offrira de nouveaux usages à l’ensemble. Une idée remarquable qui se base sur l’existant et prévoit l’avenir.

La copropriété des Myrtilles, qui date des années 1970, comprend trente-six logements répartis entre propriétaires privés et un bailleur social. Cependant, aujourd’hui, l’ensemble ne répond malheureusement plus aux différentes aspirations des habitants. Malgré un site intéressant, avec l’âge, l’image de la copropriété est ternie. Par ailleurs, l’édifice qui se compose de quatre étages ne comporte aucun ascenseur, la résidence n’est donc pas adaptée au vieillissement de la population. Sans oublier les importants coûts dus aux déperditions thermiques.

Et prévoir l’avenir

Les architectes, conscient de la qualité des plans des logements, propose donc une isolation extérieure qui enveloppe l’édifice. Ainsi, après les changements proposés concernant les menuiseries, les façades et la toiture seront enveloppées et revêtues d’un bardage métallique. Le confort thermique ainsi qu’acoustique sont donc assurés. Quant à la façade sud, elle est entièrement repensée pour pouvoir contenir les diverses circulations, les escaliers et l’ascenseur, qui prendront la place des escaliers d’origine.

De même, la façade sud prend de l’épaisseur (60 cm) pour augmenter la surface des séchoirs situés à l’arrière-cuisine et d’élargir les balcons. Ces derniers, peuvent être utilisés comme terrasse ou comme jardin d’hiver. Le rez-de-chaussée est restructuré quant aux anciens locaux pour vélos qui sont inutilisés seront aménagés en quatre appartements aux normes PMR (accessibilité).

Et comme l’idée des architectes ne s’arrête pas à la réhabilitation de l’édifice, la construction de neuf nouveaux logements se nichant dans la pente a été proposée. Des espaces qui profitent de l’inclinaison de la parcelle pour offrir d’imprenables vues à tous les habitants. Il s’agit d’une extension qui se compose de boîtes préfabriquées en bois, revêtues du même bardage métallique que celui utilisé dans l’édifice. Ces unités seront intégrés dans un socle en structure métallique. L’ensemble sera peu visible de loin car le traitement de la toiture consiste à végétaliser l’ensemble. De ce fait, de loin, le visiteur semble assister à un tableau dynamique animé par le jeu d’ombre et de lumière ou de plein et de vide que procure l’ensemble.

Les architectes n’ont pas délaissé le côté purement financier de l’opération, selon leurs études, la vente des logements neufs ajoutée à l’ensemble d’aides à l’amélioration de l’habitat, permettra de financer 75% le coût engendré par la réhabilitation globale. Nous pouvons dire que ce soit esthétiquement, fonctionnellement ou efficacement, le projet qui vient d’être lauréat du concours Mix’cité l’a bien mérité.

© Think Tank architecture paysage urbanisme
© Think Tank architecture paysage urbanisme
© Think Tank architecture paysage urbanisme
© Think Tank architecture paysage urbanisme
© Think Tank architecture paysage urbanisme
© Think Tank architecture paysage urbanisme

Le site de Think Tank architecture paysage urbanisme : ici.

Les images : © Think Tank architecture paysage urbanisme

En Corée, une atypique résidence en béton

© Moon Hoon

L’architecte sud-coréen Moon Hoon surprend toujours à travers ses réalisations. La dernière en date est une résidence atypique de quatre étages, tout en béton qui offre une vue spectaculaire sur les environs.

Encadrer le paysage urbain de Busan tout en offrant une résidence digne d’une forteresse, c’est l’idée que tout promeneur puisse faire à la vue d’une telle demeure. Il s’agit bien d’une architecture singulière, caractéristique de son architecte qui offre tout le confort à ses habitants.

Bien qu’il est difficile de le constater de l’extérieur, le bâtiment en question est divisé en plusieurs parties, créant deux appartements de plain-pied au premier étage ainsi qu’un autre petit duplex qui couronne l’ensemble.

Le hibou de Busan

Selon l’architecte, il s’agit d’un concept qui fait penser à un hibou surtout quand la nuit tombée, la lumière fait briller les fenêtres. L’aile de l’oiseau est représentée par un bloc vertical avec un coin tranché contenant une lucarne. Cette aile est à l’image d’une saillie et abrite l’escalier principal.

L’architecte Moon Hoon défend son concept, l’idée que l’espace offre « plein de bizarreries et de plaisir pour l’enfant » est assumée. En effet, l’intérieur présente plusieurs intéressantes perspectives. L’ensemble reste néanmoins très confortable et les espaces sont vastes et lumineux. Un certain épurement règne à l’intérieur où les détails sont soignés et l’ambiance est chaleureuse.

Quelques astuces donnent un côté ludique à la résidence, comme par exemple la bibliothèque qui est rattachée à l’espace de jeu par une sympathique petite alcôve. Quant au grenier, comme dans les maisons traditionnelles, il coiffe l’ensemble et dispose d’une fenêtre donnant sur les environs.

Dans le niveau le plus bas du duplex où se trouvent une cuisine et une salle à manger, des portes coulissantes s’ouvrent sur une terrasse et un jardin orientés vers le sud. Deux autres appartements sont situés au premier étage du monolithe, où les murs inclinés permettent l’apport de la luminosité. Sur la face ouest de l’édifice nous trouvons des ouvertures disposées en forme de ruban, tandis que les murs en verre facetté en dessous créent une entrée couverte.

Originale par sa forme, fonctionnelle et astucieuse par son intérieur, la réalisation de Moon Hoon à Busan présente une grande curiosité.

© Moon Hoon
© Moon Hoon
© Moon Hoon
© Moon Hoon
© Moon Hoon
© Moon Hoon
© Moon Hoon
© Moon Hoon

Le site de l’agence d’architecture Moon Hoon : ici.

J’avais déjà parlé de cette agence d’architecture: ici et .

Les photos: © Moon Hoon.

Au confluent de l’esthétique et du durable

© Simone Bossi
© Simone Bossi

En Italie, à quelques kilomètres de Milan, les architectes Gino Guarnieri et Roberto Mascazzini on réalisé six impressionnantes unités d’habitation qui présentent une typologie nouvelle et une morphologie innovante. Découverte d’un projet qui allie plastique architecturale et fonctionnalité structurelle.

C’est l’histoire d’un projet qui intègre le contexte historique et le replace au sein même de sa composition. Cela se déroule dans un village rural à la périphérie de Sesto San Giovanni. Les architectes, conscients de l’impact de leur projet sur le voisinage, ont opté pour une solution à la fois utile et originale. L’idée étant de recycler les matériaux de constructions usés pour leur donner une nouvelle vie. Improbable équation qui donne malgré tout un résultat des plus remarquables.

L’intervention des architectes ne se contente pas de garder l’ancien et d’y greffer un nouveau volume mais de pouvoir marier les deux dans un unique ouvrage. La morphologie de la parcelle est très complexe, elle est entourée de bâtiments de différentes époques qui ont été réunis et reliés par des passerelles et des porches couverts, le tout au milieu d’autres constructions datant des années soixante-dix. Les chartes et les règles de construction strictes prévoient des structures qui établissent une continuité avec le bâtiment d’origine (la grange) mais aussi avec les volumes de l’ancien village.

Recyclage intelligent

Les divers matériaux de récupération (pierres, briques, etc…) ont été broyés et ont été distribués uniformément dans des parois maintenus par des treillis métalliques en acier. L’ensemble, qui constitue une sorte de « résidu patrimonial » est utilisé comme une nouvelle structure. Le volume qui en résulte est compact, il est divisé en plusieurs compartiments couverts chacun d’une couche de cuivre sous lequel sont situées les ouvertures des logements. Ces dernières sont cachées par des volets qui s’ouvrent mécaniquement et servent également d’abri contre le soleil et la pluie.

Cette technique particulière de construction a permis l’élimination des éléments habituels constructifs comme les canaux, les descentes pluviales, les appuis de fenêtres donnant à l’ensemble une composition simple et sobre. Sans parler que l’existence des matériaux recyclés constitue l’un des piliers de la réduction de la consommation d’énergie et la durabilité du bâtiment. A cela s’ajoute plusieurs procédés qui font de cet édifice un bel exemple écologique.

A la fois esthétiques, fonctionnels et durables, les logements conçus par Gino Guarnieri et Roberto Mascazzini forment une curiosité à part entière à découvrir sans tarder.

© Simone Bossi
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© Simone Bossi

Pour plus d’informations sur Gino Guarnieri et Roberto Mascazzini: ici et .

Les photos: © Simone Bossi

Le quartier duTrapèze de Boulogne-Billancourt, la mixité de haut vol

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©Sipane Hoh
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Bien que les grandes cités ne cessent de défricher et de déterrer leurs derniers terrains inoccupés, la demande s’accroît et le manque de place avec. A Boulogne-Billancourt, il est un quartier comme on n’en voit plus naître ou très rarement dans les villes et pour cause la carence de terrain vacant. C’est ainsi qu’a pris forme un nouveau quartier qui tout en se griffant à l’ancienne ville forgera petit à petit son identité.

Paraître plutôt qu’être ou Paraître, être et devenir ?

Nous sommes au sud de Boulogne-Billancourt, non loin du Pont de Sèvres et face à l’Ile Seguin, au sein même du nouveau quartier du Trapèze qui s’étend sur 74 hectares et constitue l’un des nouveaux pôles de développement du Grand Paris. L’urbanisation qui s’y développe est basée sur la mixité de haut vol où l’on trouve des habitations, bureaux, des commerces ainsi que des espaces verts sans oublier l’impact environnemental des divers édifices présents sur le site.

La ville de Boulogne-Billancourt est connue outre ses constructions art-déco, par son urbanisme des années 70. Le nouveau quartier du Trapèze qui se développe selon de nouveaux principes est censé apporter une grande valeur ajoutée à la ville.

Jusqu’à 2016, cette fraction de ville qui accueillera près de 15000 habitants reste en effervescence. Des noms connus du monde de l’architecture y apposent leur griffe. Côté matériaux, tout est permis ou presque, nous y trouvons aussi bien du bois, du béton que du métal, sans parler des couleurs qui peuvent aller, du doré jusqu’au rosé. Le Trapèze affiche la tendance, l’éclat ainsi que l’abondance.

Un quartier à la mode d’autrefois

Continuons jusqu’au bout du macro-lot B4 pour une découverte singulière et à la fois inattendue. Une église ? Plutôt une maison d’église suivant ses instigateurs. Drôle d’approche pour un drôle de quartier. Un petit clin d’œil aux villages d’autrefois qui s’articulaient autour du lieu de culte ? Sauf que l’abstraction qui se dégage d’un tel geste laisse pantois le visiteur qui entre méfiance et attirance demande à découvrir le reste.

L’aperçu a beau être d’une extrême sobriété, la finesse de l’intérieur traduit un travail d’orfèvre et surtout de qualité. La structure semble répondre non seulement aux divers besoins d’une communauté mais devient un point de rencontre pour tous les gens du nouveau quartier. Avec cette maison d’église, les architectes, Olivier Brenac et Xavier Gonzalez (agence Brenac & Gonzalez) ont su apporter une touche de singularité à un nouveau concept qui croise allégrement un lieu de culte et une salle polyvalente.

Un peu plus loin, alors que l’école du quartier fraîchement achevée affiche fièrement la devise de la république, quelques habitants font déjà la queue dans la supérette qui vient de s’ouvrir. Et bien que l’ensemble du quartier soit loin d’être terminé, les résidents ont déjà investit les lieux et la vie ne fait que commencer.

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Les photos : ©Sipane Hoh

A Paris, un avenant «deux en un» signé Ameller Dubois

© Takuji Shimmura
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A Paris, au croisement de la rue de Lourmel et la rue des Cévennes un édifice qui mêle une remarquable volumétrie comportant trois entités, interpelle. Il s’agit d’un programme mixte de logements collectifs et d’un foyer pour adultes autistes réalisé en 2014 par l’agence d’architecture Ameller, Dubois et associés (Philippe Ameller, Jacques Dubois).
Au premier abord, le projet se présente comme un jeu de parallélépipèdes où chaque logement trouve sa place, le tout installé sur un socle commun qui occupe l’angle de la parcelle. L’intégration au quartier est donc l’une des particularités qui contribue à la réussite ne serait-ce que visuelle du projet.
Un ensemble urbain et humain
L’ouvrage, qui compte trois entités se développe sur une base commune accueillant l’ensemble du programme pour adultes handicapés autistes ainsi que les accès à la résidence et leurs locaux associés.
Selon les architectes : « Ces trois ensembles, organisés de manière à ménager des prospects agréables, développent un concept de pavillon relativement compact dont les façades, partiellement creusées ou émergentes, offrent un aspect sculptural. Les appartements bénéficient d’une épaisseur en saillie formant loggia dans le prolongement du salon. Celles-ci sont alternées ou superposées selon leur situation dans le plan. La composition génère ainsi un mouvement de rotation pour chaque pavillon qui, à l’angle des deux rues et sur toutes les orientations, indique le statut de proue urbaine de cette partie du quartier. »
Le parti-pris architectural est donc clair, il s’agit bien d’un certain ludisme selon lequel les pavillons s’entrelacent, s’enchaînent et se touchent, dans une délectable composition pour former un ensemble urbain à l’échelle humaine à la fois personnalisé et abordable.
L’individualisation des parties communes s’aperçoit dans la manière dont les architectes ont créé trois accès distincts, à chaque corps de bâtiment, son entrée. Quant à la rampe d’accès au parking, elle se glisse délicatement dans le soubassement.
La nature n’est jamais très loin
Côté matériaux, la couleur blanche immaculée du béton est rompue par endroits avec la présence du bois et du métal, jouant sur la plastique et la monumentalité de l’ouvrage. En conséquence, les diverses formes s’affirment et les volumes se peaufinent.
Tout en étant dans la ville et peu importe sa localisation, le projet attribue une grande importance à la présence paysagère au sein même de sa composition. Les espaces verts sont surtout destinés aux adultes handicapés autistes, la partie nord constituant le jardin partagé de la résidence. Ainsi, de petits potagers en bois perchés (dont le visiteur peut faire le tour) agrémentent l’ensemble. Ces petites espaces carrés de tailles identiques (1m sur 1m) permettent de planter et d’entretenir des légumes, des fleurs ou des fruits. Quelques arbustes viennent compléter cet heureux aménagement.
Finalement, vu qu’il s’agit d’un écoquartier exemplaire, soucieux d’apporter une écriture durable à leur projet, les architectes ont privilégié des matériaux à faible impact environnemental tout en maîtrisant les diverses ressources énergétiques, il en résulte un édifice qui a été labellisé BBC et HQE Cerqual.
Alors que non loin de là la Tour Eiffel veille sur la ville, dans l’environnement hétérogène de l’Écoquartier Boucicaut du 15ème arrondissement parisien, le programme mixte de l’agence Ameller, Dubois et Associés constitue un attrayant outil urbain qui profite à tous.
© Takuji Shimmura
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© Takuji Shimmura

 Le site de l’agence d’architecture Ameller Dubois et Associés : ici.

Les photos : © Takuji Shimmura