Archives du mot-clé Angleterre

Qu’elle est séduisante, l’extension londonienne de Tonkin Liu !

© Tonkin Liu

Dans la capitale anglaise, l’architecte Tonkin Liu vient de livrer la réhabilitation ainsi que l’extension d’une maison de ville de style géorgien. Un travail remarquable pour un ouvrage original et tout aussi accrocheur.

Un joli deux en un

L’extension se situe à l’arrière d’une maison londonienne. Conçue et construite par l’architecte Tonkin Liu en collaboration étroite avec des artisans locaux, elle sert à la fois d’atelier et de foyer pour la famille de l’un de ses collaborateurs. L’architecte a tout fait pour trouver une meilleure utilisation de l’étroit jardin arrière de la propriété. Un espace de travail a été donc créé au rez-de-chaussée plus un espace de vie au sous-sol.

Selon l’associé de Tonkin Liu, à l’instar d’autres résidences géorgiennes, la façade avant garde une certaine uniformité tandis que celle située à l’arrière et donc non visible de la rue comprend parfois un croisement de plusieurs époques. Cela est expliqué par les diverses exigences des propriétaires et leur besoin de plus d’espace au fil du temps.

L’ensemble, remanié, se démarque par son toit qui couvre tout le jardin. Cependant pour maximiser l’exposition à la lumière naturelle, une courbe a été découpée dans la toiture. Une idée singulière qui donne à l’extension un caractère plastique.

L’eau, les gouttes de pluie et le plan d’eau

La couche inférieure du toit est recouverte d’un motif de cercles découpés sur plusieurs couches destinés à imiter les ondulations créées par les gouttes de pluie tombant sur l’eau. D’où le nom de l’extension : « Sun rain room ». Une canalisation située tout au bord de la forme arrondie de la toiture récolte l’eau de pluie et la transporte dans un réservoir. A travers un mécanisme et en appuyant sur un bouton, le réservoir peut être vidé pour inonder d’eau récoltée, le patio noir carrelé et le transformant en piscine. Cette eau peut également être utilisée pour irriguer les plantations qui se trouvent sur le toit.

Un mur en miroir situé dans un angle de l’extension cache entre autres un atelier et un hangar. Sous le patio, le sous-sol existant a été agrandi pour créer une chambre à coucher, deux salles de bain qui se trouvent sous la nouvelle toiture. Le niveau inférieur est relié à la maison principale par un escalier en colimaçon noir qui se trouve dans un puits de lumière abondamment végétalisé. Ce dernier, est surmonté d’un second escalier réalisé en verre pour que l’espace reste clair et aéré.

Tout respire l’épurement et la sobriété. L’extension de Tonkin Liu est un petit chef d’œuvre qui fera le bonheur de tous.

© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu
© Tonkin Liu

Le site de Tonkin Liu : ici.

Les photos : © Tonkin Liu.

Et si on parlait architecture aux enfants?

DR

Qui n’aimerait donner un peu de « culture architecturale » à son enfant ? A l’instar des activités culturelles ou sportives, de plus en plus de personnes cherchent des structures pour inculquer une certaine connaissance architecturale à leur progéniture. Comme certains architectes, je participe personnellement, de manière épisodique, à animer des ateliers au sein d’établissements scolaires et je me rend compte de la grande curiosité des enfants concernant l’architecture et les questions urbaines. C’est pourquoi, alors que des parents sont à la recherche de livres spécialisés, des associations voient le jour. A l’approche de Noël, Détails d’architecture vous présente quelques lieux où votre enfant, avec d’autres de son âge, pourra partir à la découverte architecturale. Un joli cadeau de Noël, non ?

En France

A Paris, en partenariat avec le Conseil Régional de l’Ordre des architectes d’Ile-de-France, L’atelier des P’tits archis n’est plus une adresse anonyme. En effet, Mlle Féfé et son ami Imhotep, deux marionnettes pleines de vie, vous proposent des ateliers d’architecture pour les enfants. Ceci se passe surtout à la Maison de l’Architecture en Ile-de-France mais aussi dans les écoles.

A Lyon, l’association Chic de l’Archi a pour but de sensibiliser et transmettre une culture architecturale, urbanistique, paysagère ainsi que technique auprès du jeune public. Grâce à la mise en place d’ateliers ludiques et créatifs conçus sur-mesure, en amenant les enfants sur les chantiers, cette dynamique structure fait découvrir les coulisses de la conception et de la construction à tous les curieux jusqu’à 16 ans.

A Libourne, la Rue du p’tit chantier est un Atelier d’architecture pour les enfants, il vaut aussi le détour.

A Rennes, les ateliers Carton Plume animés par Adélaïde ou Marie, emmènent tout au long de l’année les enfants en voyage à la découverte d’artistes, d’œuvres d’art, d’architectes et de bâtiments à travers le monde, le tout en s’amusant. N’est-ce pas une bonne idée ?

A Paris, d’autres ateliers pour enfants et des visites guidées sont également proposés par la Cité de l’architecture ainsi que le Pavillon de l’arsenal.

Et ailleurs

Allons cette fois-ci en Suisse, à Genève à la découverte de l’association Chantier Ouvert, qui, parrainée par la Maison de l’architecture de Genève, propose des cours publics mais aussi privés au Pavillon Sicli mais aussi in situ dans différentes structures scolaires ayant le but de sensibiliser différents publics vers une meilleure compréhension du paysage bâti.

A Lausanne, l’association Ville en tête, par ses projets et ses actions, s’engage dans la sensibilisation à l’environnement naturel et construit, notamment auprès du grand public et des jeunes en particulier.

En Belgique, à Liège, issu d’une collaboration entre les Rimbelles et la Maison de l’Urbanité, Créaville propose différents ateliers urbains pour les enfants âgés entre 5 et 12 ans.

A Londres, au RIBA, au 66 Portland Place, en jouant et en s’amusant, côtoyés par des architectes et des artistes, familles et enfants explorent l’architecture et les grandes constructions à travers des ateliers numériques.

Au Canada, tandis que le centre canadien de l’architecture organise Lors de chaque exposition, des visites pour les étudiants, kumulus, situé à Montréal, sensibilise le jeune et le grand public à l’importance du design et de l’architecture.

Retour en Italie, où le Palladio kids est le programme didactique du Musée Palladio de Vicenza pour promouvoir et diffuser la culture de l’architecture des jeunes générations. En accord avec la stratégie culturelle du musée, Palladio Kids se tourne vers la Renaissance pour étudier des thèmes et des concepts significatifs de nos jours afin de créer une plateforme culturelle pour l’architecture de demain.

Il existe d’autres structures de par le monde qui diffusent la connaissance architecturale aux enfants mais aussi aux adultes, Détails d’architecture partira à leur recherche et les ajoutera au fur et à mesure à cette liste non exhaustive. D’ici là tout commentaire concernant ce sujet, serait le bienvenu !

A Londres, une exposition qui rend hommage à Jacques Hondelatte

Le Nichon—Viaduc de Millau, 1994, computer drawing. © Jacques Hondelatte & Betts Project
Le Nichon—Viaduc de Millau, 1994, computer drawing. © Jacques Hondelatte & Betts Project

Qui ne connaît Jacques Hondelatte ? Tandis que le grand public hésitait, les connaisseurs étaient déjà au rendez-vous. Le Samedi 2 décembre 2017, la galerie Betts Project située au100, Central Street était le lieu idéal pour rendre hommage à travers une très belle exposition à cet architecte français culte.

Une référence pour ses pairs

Essentiellement publié dans des revues spécialisées et peu connu du grand public, Jacques Hondelatte a malgré tout marqué sa génération. L’exposition, qui propose la redécouverte des travaux de l’architecte bordelais et qui est conçue par deux jeunes commissaires dont son petit fils, retrace d’une manière subtile le parcours de ce grand homme devenu une référence pour ses pairs.

«Ce qu’il y avait d’incroyable avec Jacques, se rappelle Mathieu Perez, son élève autour des années 1990 à l’école de Bordeaux, c’est qu’il était capable de déceler dans le travail de ses étudiants, qui parfois nous semblait assez médiocre, toujours matière à s’émerveiller. Il avait cette faculté à trouver dans nos projets ce qui pouvait les ré-enchanter sans sacrifier à la rigueur nécessaire. Encore aujourd’hui, cette énergie et cette poésie me portent.» .

« Des gratte-ciel dans la tête »

Jacques Hondelatte reçoit en 1998 le Grand Prix National de l’architecture. C’est durant cette même année que l’Institut Français d’Architecture lui consacre une exposition personnelle sous le commissariat du critique Patrice Goulet. Aujourd’hui, nous gardons tous en mémoire, la monographie « Des gratte-ciel dans la tête » qui reste aujourd’hui le seul ouvrage de référence sur l’œuvre de l’architecte.

Pionnier de l’architecture numérique en France, Hondelatte s’est très tôt intéressé à l’informatique. Malgré tout, parcourir ne serait-ce qu’un petit moment, les quelques images qui gravitent autour de deux installations, le tout savamment installé au sein de la galerie, nous font remonter le temps. L’époque où les représentations s’affranchissaient de toute ressemblance avec le réel pour étonner et émouvoir en créant leur propre univers.

Une exposition à visiter jusqu’au 3 février 2018 au Betts Project, à Londres. Et pourquoi pas un hors les murs à Paris ?

Le RIBA Stirling Prize 2017 pour «Hastnigs Pier»

© Alex de Rijke

L’agence d’architecture londonienne dRRM dirigée par les architectes Alex de Rijke, Philip Marsh et Sadie Morgan vient de remporter le prestigieux prix de l’architecture britannique le RIBA Stirling Prize 2017, pour son projet de la transformation de le jetée de la ville balnéaire de Hastings. Une nouvelle attraction prend ainsi la place d’une construction emblématique tombée en désuétude depuis plusieurs années.

Une histoire glorieuse

« Hastings Pier » a été construit en 1872. Le lieu a connu un grand succès dans les années 1930, mais négligé par la suite, il a été définitivement fermé en 2008. Deux ans plus tard, il a été ravagé par un incendie dévastateur.

J’avais visité l’ancien Pier il y a quelques années juste avant l’incendie qui l’a ravagé. Malgré le fait qu’il était très typique des quais d’autrefois, il présentait néanmoins de sérieuses failles. La question qui se pose aujourd’hui, au lieu de proposer un nouveau projet, ne fallait-il pas mieux de réhabiliter l’ancien ? Surtout que des sommes colossales ont été dépensé pour les travaux de transformation.

La réponse est malgré tout complexe. D’une part quelques idées conservatrices et une structure très gravement endommagée et de l’autre la volonté de recréer une nouvelle attraction pour la ville balnéaire. Pour cela, il a fallu une collaboration qui a réuni des ingénieurs des architectes mais aussi tout une communauté. Et une durée de sept ans pour transformer un quai délabré en un espace public dynamique au caractère singulier. Les architectes de l’agence dRMM, après de longues consultations avec les parties prenantes, ont opté pour un projet pouvant accueillir de nombreux scénarios.

Un avenir radieux

Après les consultations, la transformation était une évidence. Un projet structurellement et socialement viable était donc nécessaire. La démarche des architectes consistait à concevoir une plate-forme dirigée par la communauté qui pourrait accueillir de nombreuses possibilité d’utilisation et pourquoi pas des concerts de musique ou des marchés internationaux ?

Néanmoins la décision de ne placer aucun bâtiment au bout de la jetée, constitue une rupture avec le Pier d’autrefois endommagé par l’incendie. Un genre de manifeste qui donne la priorité à l’esplanade. Et même si une partie de la structure a recyclé le bois qui a été récupéré à la jetée d’origine, le geste des architectes devrait être qualifiée d’osée.

Un prix mérité

Le président et président du jury du RIBA, Ben Derbyshire, a décrit le projet comme un «chef-d’œuvre de régénération et d’inspiration».

En effet, une fois adopté par les utilisateurs des lieux, le belvédère surélevé pourra devenir un charmant lieu évènementiel. Un prix mérité.

© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke

Le site de dRMM : ici.

les photos : © Alex de Rijke

L’esplanade de Douvres remaniée par Tonkin Liu

©Tonkin Liu

Dans le but de régénérer les stations balnéaires en Grande Bretagne, l’esplanade de Douvres a subi un remaniement complet. En effet, géré par la commission de l’architecture et de l’environnement, le programme, financé par la Sea Change a choisi le projet de Tonkin Liu pour changer le visage de l’esplanade de Douvres. Un charmant lifting qui plaît aux visiteurs.

Une conception taillée pour le lieu

Le projet de  2 millions £ crée une nouvelle promenade de 3 500 m² et relie l’est et les docks de l’ouest. Tandis qu’à l’ouest de l’Esplanade se trouve un nouveau centre sportif, nous pouvons remarquer à l’est une traversée reliée à un tunnel. Ce dernier joint le front de mer à la place centrale de la ville.

Étant la première rencontre visuelle avec la ville pour de nombreux passagers arrivés à Douvres par la mer, l’esplanade existante constitue un atout important. Dans sa démarche, Tonkin Liu a cherché des solutions spécifiques au lieu et aux personnes qui sont censés le pratiquer sans oublier la durabilité. Ainsi, à travers une méthodologie de conception unique qui sa base sur une minutieuse enquête concernant le caractère et le potentiel de l’esplanade, il a élaboré une conception taillée pour le lieu.

Un clin d’œil aux falaises

L’esplanade de Douvres exploite le langage architectural de l’identité de la ville. La nature douce des vagues sur la plage abritée devient une inspiration à la création de trois nouvelles vagues qui apportent un joli dynamisme interactif à l’esplanade. Le projet consiste en une répétition de rampes et d’escaliers sculpturaux en béton blanc pré-coulé qui relie l’esplanade à la plage. L’ensemble crée une agréable surface texturée légère qui donne un effet attachant à l’esplanade.

Par ailleurs, un mur de soutènement sculptural, construit en béton préfabriqué a été envisagé, il s’étend sur toute la longueur de l’esplanade et fournit des espaces avec des sièges à l’abri du vent et orientés vers le soleil. Ce mur présente de belles textures provenant des moules en bois dans lesquels le béton a été coulé, un joli clin d’œil aux falaises de Douvres.

La troisième partie de la conception comprend une ligne sculpturale de colonnes blanches qui  complètent la forme du mur, de la mer et de la terrasse tout en apportant un bel éclairage qui met en valeur l’ensemble de l’esplanade.

Avec ce projet, Tonkin Liu a apporté quelque chose de particulier au domaine public. Une création aussi utile qu’agréable.

© Robbie Polley
© Robbie Polley
© Robbie Polley
© Robbie Polley
© Robbie Polley

Le site de Tonkin Liu: ici.

Pour un photographe

© Johan Dehlin

A Londres, sur une parcelle étroite, l’agence d’architecture 6a architects a réalisé, pour le photographe Juergen Teller, une série de trois édifices accompagnés de leurs jardins. Une douce conversation entre ancien et nouveau ou même un impressionnant dialogue entre architecture et paysage se dégage de l’ensemble.

Les murs extérieurs, en béton, façonnent les nouveaux bâtiments qui touchent les briquent des édifices existants. Il s’agit d’un projet construit pour accueillir des bureaux, des archives, un studio, une cuisine, une bibliothèque et plusieurs dépendances comprenant une salle de yoga et un sauna. Les trois jardins, conçus par Dan Pearson Studio et inspirés par les jardins urbains qui se forment naturellement dans des coins délaissés de la ville, introduisent une série de terrasses ouvertes qui mettent joyeusement en diapason l’intérieur et l’extérieur.

D’autres détails viennent égayer l’ensemble architectural comme le coffrage en bois qui révèle la texture du béton ou le traitements des assemblages des volumes avec les briques des façades alentours. Une terrasse sur le toit offre une vue panoramique de la ville où l’on peut distinguer les cheminées en terre cuite et les jardins voisins.

Lumineuse mais pas que

Cependant, l’un des fils conducteurs qui caractérise l’ensemble est le traitement de la lumière. Une parfaite maîtrise de la part des architectes qui ont tout orchestré pour que la luminosité ne gêne pas les utilisateurs des lieux tout en leur offrant des espaces clairs mis en valeur à travers de gracieux jeux d’ombre et de lumière. Donnons par exemple le hall d’entrée qui est éclairé d’une manière zénithale par un espace en hauteur triple, traversé par un pont en treillis métallique.

Le bureau de style atelier est l’espace public du projet, il est relié au monde extérieur par une grande fenêtre orientée vers la rue. Le bâtiment central du studio est une pièce comportant des espaces de rangement suspendus qui abaissent la hauteur du plafond.

Les architectes ont choyé le côté passif du projet, ainsi la ventilation est naturelle et l’isolation exemplaire. Une performance énergétique optimale est obtenue grâce à plusieurs procédés comme la structure en bois, le triple vitrage, la collecte de l’eau de pluie pour une réutilisation dans le jardin. N’oublions pas la présence des panneaux photovoltaïques et solaires qui agissent sur l’indice de durabilité de l’édifice. Bref, c’est une résidence aux divers atouts à découvrir sans tarder.

© Johan Dehlin
© Johan Dehlin
© Johan Dehlin
© Johan Dehlin
© Johan Dehlin
© Johan Dehlin
© Johan Dehlin
© Johan Dehlin

Le site de 6a architects : ici.

Les photos: © Johan Dehlin

Un nouvel espace pour un écrivain

© Paul Miller
© Paul Miller

En Angleterre, près de Birmingham, l’agence Intervention Architecture dirigé par Anna Parker a réalisé la réhabilitation, l’extension ainsi que la reconversion d’un ancien atelier d’une maison victorienne délabrée en un charmant espace de vie et de travail pour un écrivain. Le résultat est attrayant.

Il s’agit de la dépendance d’une propriété d’époque qui se trouve à Moseley et qui était tombée petit à petit en désuétude. Les architectes ont remanié l’espace existant pour ramener la lumière naturelle au sein du studio tout en créant un espace ouvert unique qui relie les étages inférieurs et supérieurs. Ainsi, l’atmosphère est enrichie par les textures et l’ensemble s’ouvre sur le jardin jusque là isolé.

Le travail mené par l’agence Intervention Architecture est subtil, à la fois complexe et minutieux, il englobe les moindres détails comme la menuiserie sur mesure très discrète par ailleurs. Le rez-de-chaussée de l’atelier contient un salon, une salle à manger avec une cuisine ouverte, une salle de bains et un espace de stockage. La mezzanine comprend un espace pour travailler ainsi qu’un autre utilisé comme une chambre à coucher.

Brique, bois, métal

Le contexte étant chargé par la présence de la brique, les façades extérieures reflètent les propriétés alentours. Le bois et les finitions en métal accentuent le contraste et crée un dialogue subtil avec l’entourage.Lors de la réhabilitation, des briques de couleurs bleues ont été trouvées dans la dépendance, les architectes ont décidé de les sauver et les réutiliser comme carrelage pour les parties extérieures de la maison.

A l’intérieur, tandis que la couleur blanche donne une sensation d’ampleur, le bois ramène un peu de chaleur. Un petit air industriel rappelle les origines de l’atelier. Même si ce dernier n’a pas subi de grands changements, les quelques transformations ont été suffisantes pour lui donner un nouveau souffle. Une intervention simple au résultat remarquable !

© Paul Miller
© Paul Miller
© Paul Miller
© Paul Miller
© Paul Miller
© Paul Miller

Le site de l’agence d’architecture Intervention Architecture: ici.

Les photos : © Paul Miller.

Mies van der Rohe & James Stirling, une exposition à découvrir

© RIBA

Elle a commencé le 8 mars 2017 et durera jusqu’au 25 juin 2017, l’exposition installée à la Galerie d’Architecture du RIBA (Royal Institute of British Architects) s’avère être une fine critique qui met en parallèle deux projets architecturaux pour un même site.

Le « Royal Institute of British Architects » (RIBA) dévoile une nouvelle exposition. Quand il s’agit de présenter deux maîtres comme Mies van der Rohe et James Stirling dans une même vitrine, l’exercice devient plus ardu mais très impressionnant. Surtout quand il est question d’un projet emblématique comme la « Mansion House square » qui se trouve en plein cœur de la capitale britannique. Conçue par Carmody Groarke Architects, l’exposition est organisée par Marie Bak Mortensen, responsable des expositions et Vicky Wilson, conservatrice adjointe au RIBA.

Quand l’histoire se dévoile

Commandé par le promoteur Lord Peter Palumbo, le projet de la Mansion House ne sera pas réalisée par Mies van der Rohe mais par James Stirling. Pour la première fois une exposition offre à ses visiteurs l’occasion unique de découvrir les deux concepts qui ont été présentés. Le visiteur aura toute la liberté de comparer parfois nostalgique ou encore avec toute objectivité les deux versions qui se dévoilent dans tous les détails.

Dans le but et l’approche qui unit deux créations architecturales apparemment dissemblables, les commissaires de l’exposition ont réussi plusieurs paris non seulement celui de la pure découverte de deux méthodes et l’appréciation de chaque démarche mais la délicate question de la préservation du patrimoine sur l’un des sites les plus contestés.

En effet, la tour proposée par Mies Van der Rohe, si elle était réalisée à l’époque, elle serait le seul édifice de l’architecte sur le continent britannique. C’était le rêve ambitieux du promoteur immobilier Peter Palumbo, âgé de 27 ans, qui était un fan du mouvement Bauhaus. C’est alors qu’a eu lieu la rencontre avec Mies à Chicago où le promoteur a demandé à l’architecte un projet qui s’insère dans la fameuse parcelle. Quelques mois plus tard, Palumbo reçut les dessins et les croquis d’un projet fantastique. Ce dernier a failli se réaliser sauf qu’entre-temps, Mies est décédé. Le problématique réside également dans la difficulté du site qui comprenait plusieurs propriétés, problèmes qu’il a fallu des années pour régler. Pendant ce temps, le regard des décideurs avait bien évolué et malgré l’enthousiasme de certains, le projet de Mies appartenait à une époque révolue.

Quand le destin s’en mêle

Le deuxième volet de cette épopée nous montre comment Palumbo a fini par choisir James Stirling qui a fini par réaliser l’ensemble. Un coup de théâtre n’est jamais bien loin, pendant que les travaux ont retardé la construction à plusieurs reprises, l’architecte est décédé. Cette fois-ci l’œuvre a été complétée par l’associé de Stirling. Aussi improbable mais véridique.

Certains décideurs qui se sont opposés au projet de la tour de Mies ont-ils depuis changé leurs avis vis à vis de la profusion des gratte-ciel au centre de Londres ? Aujourd’hui encore nous pouvons nous demander quel serait l’image du quartier si le projet de Mies était réalisé ? Pour les curieux, une seule réponse, aller voir l’exposition. Cette dernière présente abondamment des modèles et des matériaux ainsi qu’une multitude d’articles provenant des archives. Une exposition complète à la fois fascinante et instructive !

© RIBA
© RIBA
© RIBA
© RIBA

Les photos : © RIBA