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« Balzac et les artistes » l’exposition à ne pas manquer !

@MuséeBalzac

A Paris, située au cœur de l’ancien village de Passy, la Maison de Balzac propose depuis le 17 Juin 2016 une exposition atypique qui trace le rapport entre Balzac et les artistes de son époque. Un délicieux voyage dans le temps entouré d’un cadre tout aussi charmant.

C’est dans une atmosphère bucolique de la fameuse « Maison de Balzac » qui constitue la demeure parisienne du grand homme transformée en musée que se déroule l’exposition. Quelle bonheur d’explorer une cinquantaine d’œuvres dont des peintures, des sculptures et des dessins jamais montrés au public.

Dans la maison d’Honoré de Balzac, ce géant de la littérature française, entre le bureau du maître où il a rédigé « La Comédie humaine » et le jardin bucolique à l’ambiance particulière, le visiteur est invité à découvrir toute une époque via diverses expressions artistiques. Flairer le temps d’une visite l’univers d’un homme mais aussi d’une période devient un jeu de piste. L’émotion de la découverte se mêle ainsi à la curiosité pour nous délivrer des tableaux restés discrets. Les amateurs de la littérature et de l’art ne peuvent qu’apprécier.

Un carrefour pour plusieurs disciplines

L’exposition « Balzac et les artistes » dévoile également le quotidien de l’écrivain, ses rencontres avec les personnalités artistiques de son époque comme Alexandre Dumas ou George Sand et ses débats avec des grands poètes comme Théophile Gautier. Au fil de la visite nous pouvons admirer sa spectaculaire effigie sculptée par Auguste Rodin ou son portrait présenté en collage, œuvre d’Eduardo Arroyo ou d’autres intéressants tableaux inspirés tous de « La Comédie Humaine ». Des « moments » magiques qui délivrent comme une boîte de trésor de mémorables secrets.

Dans ce petit pavillon « caché » sur les coteaux de Passy avec sa petite vue sur la Tour Eiffel et son jardin qui jouxte l’un des immeubles de logements parisiens d’Auguste Perret, la visite n’est qu’une exquise excursion située au carrefour de plusieurs disciplines.

L’exposition « Balzac et les artistes » est à admirer jusqu’au 2 octobre 2016.

©SipaneHoh
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Plus d’informations sur le site du musée.

En Corée, un doux labyrinthe en guise de musée

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Dans le sud de la capitale coréenne, à Yangju, les architectes Chae Songhee et Laurent Pereira (Chae-Pereira architects) en collaboration avec la fondation Chang Ucchin ont réalisé un musée qui reflète à merveille la spécificité même de la peinture exposée. Il en résulte un espace abstrait où contenu et contenant sont en diapason.

Chang Ucchin est un peintre coréen né sous l’occupation japonaise. Avec ses toiles qui décrivent les aspects de la vie quotidienne, en développant son propre style, Ucchin est devenu l’un des représentants de la peinture moderne en Corée.

Le musée est donc un hommage aux œuvres de l’artiste. Situé dans la ville de Yangji, à 10 km de Séoul, l’édifice se développe comme un labyrinthe au bord d’une colline et épouse délicatement le paysage. Les architectes qui n’ont pas souhaité concevoir un bâtiment moderne standardardisé ou une construction qui rappelle les traditions du pays, ont opté pour une forme particulière. L’intérêt se trouve dans l’ambigüité que présente le musée. Le visiteur peut  confondre cette bâtisse blanche immaculée qui s’ouvre par moments sur le paysage avec une belle résidence non loin des rives du fleuve.

Et bien que chaque forme qui se succède est simple, l’œil averti ne peut manquer une  ressemblance avec la simplicité de certains éléments des œuvres du peintre. L’intérieur est tout aussi immaculé que l’extérieur, les lignes sont pures et l’ensemble dégage une atmosphère imprégnée de grâce.

Le musée Chang Ucchin est une curiosité à découvrir sans tarder.

©ParkWansoon

©ThierrySauvage

©ParkWansoon

Le site de Chae-Pereira Architects: ici.

Les photos: © Park Wansoon, Thierry Sauvage

Quand l’eau devient source d’inspiration

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En Espagne, l’architecte Juan Domingo Santos a transformé l’ancien abattoir de Lanjarón en un original musée de l’eau. Un bel ouvrage qui met en avant l’architecture industrielle de l’époque tout en racontant une nouvelle histoire, celle de l’eau.

Lanjarón est une ville qui se trouve dans le sud de l’Espagne et qui est connue par ses stations thermales. Le projet du musée nécessitait selon les instigateurs un lieu naturellement riche en eau. Le choix se porte alors sur une parcelle située à l’entrée du parc régional de la Sierra Nevada, le long de la rivière Lanjarón où se trouvait jadis l’ancien bâtiment de l’abattoir ainsi qu’un lavoir.

C’est donc sur un site protégé de toute spéculation immobilière où le musée prend place. Le manque de budget contraint l’architecte à la réutilisation et le recyclage des matériaux locaux. Le bâtiment de l’abattoir a été intégré brillamment au musée, à l’avant du complexe a été installé un carré contenant quelques orangers, l’eau y est omniprésente d’où une atmosphère rafraîchissante qui domine l’ensemble. Une nouvelle bâtisse en bois sur l’ancienne cour de l’abattoir renvoie vers les traditionnelles constructions de la région. Conçue comme un espace de contemplation où un plan d’eau se répand sur le sol, le pavillon qui comporte deux ouvertures, une entrée ainsi qu’une sortie, est dominé par un bel effet d’ombre et de lumière. Quant aux anciens bâtiments, ils ont été nettoyés la structure ainsi que la toiture ont été laissées à nu.

Cependant au cours des travaux, l’équipe fait une belle découverte, la structure de l’abattoir appartenait initialement à une série de moulins à eau et a été déjà réutilisée. Une découverte presque archéologique donc qui donne au projet une nouvelle valeur.

Les espaces d’exposition qu’elles soient permanentes ou thématiques offrent un large panel d’informations. La rencontre entre l’architecture historique et celle d’aujourd’hui se fait ici sans heurt, l’un magnifie l’autre tout en se respectant mutuellement. Il s’agit ici d’une belle preuve de cohabitation à suivre comme exemple.

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Le site de l’agence d’architecture de Juan Domingo Santos : ici.

Les photos: © Fernando Alda

A Waterford, le musée médiéval voit le jour

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En Irlande, les architectes de  Waterford City Council Architects ont réalisé le Waterford Medieval Museum qui est devenu, en très peu de temps, l’une des destinations culturelles et touristiques les plus convoitées du sud du pays. Découverte d’un élégant édifice qui remonte l’histoire tout en contrastant avec l’existant.

Dans la partie la plus ancienne de la ville irlandaise de Waterford, sur un terrain inoccupé entre une maison de maître et le théâtre, non loin de l’hôtel de ville et en face de la cathédrale se trouve le nouveau musée médiéval. Conçu et réalisé par les architectes de Waterford City Council Architects*, l’édifice, dont l’objectif était de renforcer le tissu historique, fait preuve d’une audace qui tranche avec l’architecture existante. L’un des principaux défis du projet était l’intégration des caves médiévales dans la structure existante chose qui attribue au musée son aspect singulier. Un accès souterrain lie le nouvel édifice, le théâtre et la mairie. La Waterford Lady qui se trouve actuellement sur l’une des façades du musée, a été trouvée lors des fouilles archéologiques et date du XIIIème siècle. Côté matériaux, on a utilisé du chêne irlandais, de l’ardoise galloise et de la pierre anglaise provenant de Dundry pour la façade.

Côté construction, une collaboration exemplaire a été notée entre architectes, ingénieurs, historiens, artistes et artisans. Une fusion pluridisciplinaire qui a valu au musée plusieurs distinctions dont le fameux LAMA Awards pour la meilleure construction publique ainsi que l’International Civic Trust 2014 Award pour le meilleur projet de patrimoine.

A Waterford, dans un corps contemporain, une nouvelle curiosité qui ranime l’histoire a vu le jour, avis aux curieux.

© Philip Lauterbach

© Philip Lauterbach

* : Rupert Maddock, Bartosz Rojowski, Agnieszka Rojowska. Actuellement Bartosz & Agnieszka de ROJO-Studio

Le site des architectes de Waterford City Consil: ici.

Les photos : © Philip Lauterbach

« Voyage dans l’ancienne Russie » l’exposition à Paris

Le musée Zadkine à Paris présente depuis le 09 octobre 2013 une exposition exceptionnelle qui nous plonge dans la Russie profonde des années 1904-1916. Une scénographie sobre qui nous guide sur les traces d’un pionnier de la photographie en couleurs : Sergueï Mikhaïlovitch Prokoudine-Gorsky.

Culture | France | Expositions |

Elles ont été réalisées via un procédé restituant la couleur avec précision à l’aide de plaques de verre, cent ans déjà ! Il s’agit des photographies de Sergueï Procoudine-Gorsky prises en sillonnant l’empire tsariste de l’Oural à Samarcande et de la Volga jusqu’en Sibérie. Des milliers de clichés dont 150 ont pu sortir de Russie et se trouvent depuis 1948 jusqu’au jour d’aujourd’hui à la bibliothèque du congrès à Washington.

Sauf que, pour une durée de quelques mois, ces photos légendaires ont quitté les Etats-Unis pour un voyage énigmatique à Paris direction : le musée Zadkine. Contenu et contenant se mettent ainsi en diapason pour une traversée qui s’étend de la Russie blanche jusqu’aux confins de l’Asie mineure.

La découverte surprend non seulement par la beauté de ces paysages mais par les couleurs qui se dégagent de chacune d’elle. Dans ce grand atelier sous-verre qui a séduit Ossip Zadkine et l’a poussé à s’installer dans le VIème arrondissement de Paris, présentées dans des cubes de plexiglas rétro-éclairés, ces images côtoient des sculptures en bois d’orme ou de granit ou de calcaire. Le dialogue est puissant, les liens fragiles, la visite continue et le silence aidant nous remontons le temps vers un monde lointain qui la durée d’un moment respire la vie…

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Pour plus d’informations, voir: ici.

« Occidens Museum », retour vers les origines

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En Espagne, l’agence d’architecture Vaillo + Irigaray a transformé les sous-sols de la cathédrale pour un musée qui retrace la mémoire du lieu. Contenu et contenant sont en symbiose pour un effet singulier et prenant.

A Pampelune, les architectes Antonio Vaíllo, Juan L. Irigaray, Daniel Galar et Josecho Vélaz ont livré en 2012 un musée atypique qui s’insère dans la cathédrale pour relater les différentes époques de son histoire. Fouilles archéologiques, empreintes romanes et constructions gothiques se mêlent dans un récit qui lie architecture et scénographie.

L’idée principale consiste à la présence d’une structure en acier qui traverse les différentes pièces et révèle les divers souvenirs. Le tapis métallique évoque ainsi une passerelle virtuelle qui présente le cœur même de la conception et joue le rôle d’un fil conducteur  qui accompagne tout visiteur. Sauf que l’atmosphère générale reste la même, les architectes ont gardé intact l’ensemble des salles pour un effet saisissant qui remonte le temps.

Une représentation novatrice où le musée se dévoile comme un vrai lieu de découvertes…

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Le site des architectes Vaillo + Irigaray: ici.

Les photos : © Ruben Perez Bescos

A Berlin, le dessin architectural est à l’honneur

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A Berlin, dans un ancien complexe de la brasserie Pfefferberg datant du XIX ème siècle, à la frontière entre Mitte et Prenzlauer Berg se trouve le nouveau musée privé ‘ Museum for architactural drawing’ de la fondation Tchoban. Un hymne au dessin architectural ainsi qu’une renommée culturelle pour un quartier entier.

C’est dans un quartier historique connu par ses divers équipements culturels que la fondation Tchoban, créée en 2009, a choisi d’implanter son musée. Conçu pour exposer quelques-unes des illustrations architecturales les plus rares au monde, le musée renferme également une collection permanente, celle de la fondation qui contient les œuvres mêmes de l’architecte d’origine russe Sergei Tchoban.

En collaboration avec Sergey Kuznetsov, Sergei Tchoban architecte et à la fois grand collectionneur fait son retour dans la ville qui a déjà connu plusieurs de ses réalisations. Un retour marqué par un projet privé en plein cœur de l’un des quartiers historiques de la ville.

Cinq blocs de béton empilés les uns sur les autres et légèrement décalés forment ainsi le corps du bâtiment. Grâce aux différents motifs architecturaux qui ornent l’enveloppe, de loin et avant même de franchir le pas de la porte d’entrée, c’est facile de deviner la destination de la construction. Le bâtiment raconte l’histoire de son contenant, un élément majestueux qui met en avant le dessin architectural, loin des images de synthèses et d’autres outils technologiques utilisés aujourd’hui pour promouvoir l’architecture.

Le dernier étage présente un parallélépipède en verre qui donne une sensation de légèreté à l’ensemble ainsi qu’une vue imprenable sur le quartier avoisinant. Tout au long de la construction, de la façade jusqu’au mobilier, une attention particulière a été donnée aux détails si chers à Sergei Tchoban.

Dans la rue résidentielle de Christinenstraße, le ‘Museum for architactural drawing’ se démarque par ses façades aveugles et sa couleur sable. Imposant sans être envahissant, remarquable et à la fois modeste, le bâtiment et les collections qui s’y trouvent ne font que rehausser l’image culturel du quartier. Un exemple à suivre ?

 

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Le site des architectes SPEECH Tchoban & Kuznetsov : ici.

Les photos : © Sipane Hoh

A La Roche sur Yon, Guinée*Potin met la biodiversité à l’honneur

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A La Roche sur Yon (Pays de la Loire), les architectes de l’agence Guinée*Potin ont réalisé un exceptionnel centre de recherche et de biodiversité. Un projet où la mise en valeur d’une demeure historique, la construction d’un nouveau bâtiment et la performance énergétique se croisent.

Le 25 juin 2013 a eu lieu l’inauguration du nouveau centre Beautour conçu par les architectes Anne-Flore Guinée et Hervé Potin – avec Solen Nico comme chef de projet – de l’agence Guinée*Potin Architectes. Le projet élu lauréat en Juillet 2010, c’est avant tout la mise en exergue de la collection personnelle du naturaliste vendéen Georges Durand ainsi que la réhabilitation de sa maison natale.

Dans le site abandonné depuis plus de trente ans, le travail paysager paraît comme une éventualité. Ainsi, au-delà de la création des jardins thématiques, de la gestion du compostage et de la récupération de l’eau de pluie pour l’arrosage il fallait inculquer le développement   de la source de biodiversité.

Dans ce contexte marqué par une empreinte paysagère forte les architectes ont opté pour un projet qui réinterprète l’ancien tout en introduisant une part importante d’innovation. Le chaume, matériau ancien, fait le retour pour recouvrir un nouveau bâtiment et entretenir un subtil dialogue avec la demeure de M. Durand déjà existante. En conséquence, avec sa forme organique et les matériaux utilisés, la nouvelle construction renvoie le visiteur vers le paysage avoisinant.

Soucieux des problèmes de l’environnement, les architectes ont également réfléchi aux conséquences écologiques du projet. Selon l’étude du programme, une approche bioclimatique a été adoptée. Ainsi, l’élévation du bâtiment sur pilotis minimise les fondations, la façade sud s’ouvre sur le paysage et l’emploi d’une ossature en bois (plancher y compris) préserve le site.

La maison natale de M. Durand a subi à son tour une réhabilitation lourde qui respecte le patrimoine existant. Une partie de la charpente a été gardée intacte, de même pour les parquets, les carreaux du ciment et les dalles de granit. La mémoire des lieux est donc préservée et l’architecture nouvelle qui vient de s’y greffer n’est que la traduction de l’histoire des lieux.

Les locaux pédagogiques, le jardin « Monsieur Durand », le clos des insectes, le vallon expérimental, le bois aux épines et le coin des mares forment tous la continuité paysagère du programme. Et vu que la construction n’est pas raccordée au réseau d’assainissement urbain, l’épuration par les plantes a été adoptée comme solution d’autonomie.

Le musée et centre de recherche sur la biodiversité contient un florilège que l’homme de sciences a mis 70 ans pour recueillir. C’est une réalisation séduisante qui puise sa force dans le passé et se projette vers le futur…

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Le site des architectes Guinée*Potin : ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau.

Dans le projet, en plus des architectes mandataires de l’agence Guinée*Potin, ont collaboré : pour le paysagisme : Guillaume Sevin Paysages, pour la scénographie : BLOCK Architectes pour la signalétique / graphisme : Warmgrey et le contenu muséographique : Stéphanie Vincent.