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A Tours, une charmante crèche signée Bourgueil & Rouleau architectes

© Stéphane Chalmeau

A Tours, au cœur du quartier Beaujardin, l’agence d’architecture Bourgueil & Rouleau architectes gérée par Guillaume Bourgueil et Nicolas Rouleau, a réalisé une crèche destinée à accueillir trois tranches d’âge et jusqu’à 60 enfants. L’équipement public, aux espaces harmonieuses et généreuses, vaut le détour.

Des lieux de vie facilement appropriables

A Tours, la nouvelle crèche Leccia, identifiable de loin, affirme sa présence en tant qu’équipement public qui offre des lieux de vie facilement appropriables par ses occupants. L’ensemble qui respecte les proportions du bâti avoisinant, s’insère savamment dans le quartier tout en proposant des espaces fonctionnelles et proportionnés au jeune public. En effet, le quartier de Beaujardin, qui est un quartier résidentiel du centre de Tours, est constitué majoritairement de maisons et de petits ensembles de logements collectifs. C’est donc dans cet environnement typique que la nouvelle crèche a pris place.

L’édifice se présente comme la juxtaposition de plusieurs volumes qui se croisent subtilement pour former un ensemble cohérent où chacun des espaces et des pièces trouve sa place. Comme un grand puzzle composé de nombreuses entités, la crèche se déploie en plein pied et offre d’agréables espaces de vie à ses occupants. Vu l’importante emprise au sol, le souhait des architectes était d’engendrer une réalisation à la volumétrie décomposée comme les maisonnées qui se trouvent dans le quartier. Un but atteint avec brio car l’équipement public qui se trouve à la croisée de deux rues se glisse avec tact dans le tissu urbain.

Concernant la disposition des diverses pièces, nous constatons que les unités de vie des enfants sont placées, comme des satellites, autour du bâtiment central. Ce dernier comprend en son cœur un patio qui offre un dégagement visuel extérieur ainsi qu’un apport important de lumière naturelle. Les unités disposent d’aires d’évolution qui communiquent entre elles pour permettre les passages de l’un à l’autre si nécessaire. Tout a été étudié pour le plus grand bien de tous les utilisateurs des lieux.

Un plan en étoile

Le hall d’entrée du bâtiment, entièrement vitré et donnant sur l’espace urbain avoisinant, débouche directement sur l’atrium en gardant la continuité de la façade vitrée. Cette cour consiste à garantir la transition entre l’entrée principale et le patio central de la crèche. Cette disposition s’explique également par la mise en forme d’un plan en étoile où les 4 unités de vie gravitent autour des espaces de vie centraux.

Les intérieurs sont sobres et claires, quelques touches de couleurs viennent égayer l’ensemble tout en accentuant la forme de chaque entité qui s’apparente à une petite « maisonnée ». Un jeu perspicace qui offre aux enfants un environnement adéquat à leurs âges. Plusieurs transitions spatiales entre intérieur et extérieur, servent à la séparation douce des enfants et leurs parents chaque matin. Les architectes de l’agence Bourgueil & Rouleau architectes ont en effet pensé à tout sur le plan constructif, structurel mais aussi et surtout affectif, ce qui rend le projet encore plus attractif. C’est une architecture simple, aux intérieurs facilement identifiables et lisibles qui vient de prendre place au cœur même du quartier Beaujardin à Tours. Un travail qui mérite reconnaissance !

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de Bourgueil & Rouleau architectes : ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau

A Lisbonne, une exposition éphémère signée Diogo Aguiar Studio

© Ivo Tavares Studio

Stylisée comme une ville géométrique et abstraite, construite par de grands cubes jaunes, le musée temporaire de Nadir Afonso est un espace ouvert et fluide qui cherche à créer de nombreuses relations visuelles et conceptuelles avec le travail de l’artiste abstrait et architecte portugais. Réalisée par l’agence d’architecture Diogo Aguiar Studio, l’œuvre située à Lisbonne constitue une belle curiosité.

Une peau en textile

Récusant l’échelle du lieu et se rapportant aux œuvres artistiques de grande envergure, l’exposition éphémère présente une structure dotée d’une peau en textile colorée et translucide. L’idée étant la construction d’une multitude d’entités avec peu de matière. L’agence d’architecture portugaise Diogo Aguiar Studio (Diogo Aguiar, Daniel Mudrák, Elena Bredariol, Tomáš Pevný et Dominika Widlarz) a entrepris un travail délicat à la fois simple et audacieux. La forme des parallélépipèdes est primaire mais la couleur attire indéniablement l’attention.

Offrant des variations d’échelle, d’intensité, de proportion et de rythme, les différentes entités (ou salles d’exposition) de l’espace muséal sont définis par des bâtiments géométriques (ou des volumes autonomes) qui abritent les œuvres d’art, cherchant à profiter de la verticalité (et de l’échelle) de l’espace central du centre commercial Centro Colombo à Lisbonne.

Une expérience spatiale

Parmi les nombreux « bâtiments » qui dessinent cette ville composée, deux invitent à une visite intérieure, offrant une expérience spatiale distincte : la salle multimédia immersive et l’architecture de la scène. Les architectes nous racontent que si, pendant la journée, l’intensité solaire donnera corps et volume à la « ville », illuminant les rues et carrés; la nuit, les bâtiments allument leurs lumières de l’intérieur (volumes rétro-éclairés) offrant une expérience spatiale différente dans le même espace muséal. C’est un beau travail qui rend hommage à Nadir Afonso, l’artiste, l’architecte et le théoricien portugais.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Diogo Aguiar Studio : ici.

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Les photos : © Ivo Tavares Studio

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Phase Dance, la charmante réalisation de Takeshi Hirobe

© Koichi Torimura

Au Japon, à Shizuoka, l’architecte Takeshi Hirobe vient de terminer la réalisation de Phase Dance, une charmante construction qui épouse la pente et se démarque par une élégante charpente en bois.

Une forme arrondie

L’architecte nous informe que le site de ce projet est en pente et était initialement recouvert d’une forêt dense. Bien que la zone environnante ait été développée avec des résidences secondaires dans les années 1970, cette parcelle en particulier n’avait jamais été construite.

« En visitant le site à plusieurs reprises, nous avons été attirés par un grand arbre à écorce orange et avons commencé à chercher un moyen de le laisser afin qu’il puisse coexister avec l’architecture. » Sur la base des règlements locaux ainsi que d’autres contraintes, l’architecte a calculé que l’arbre était situé près du centre approximatif de la zone où la construction était possible. Il a été décidé de concevoir la maison en arrondie pour que l’ensemble s’enroule autour de l’arbre, lui donnant l’espace nécessaire pour grandir tout en créant une relation avec lui.

« Nous avons pensé à l’arbre comme un point central et une force centripète, mais nous nous sommes efforcés d’éviter une conception symétrique avec des angles uniformes. » Souligne l’architecte qui explique le choix par le fait que la maison n’est généralement habitée que par quelques personnes, ainsi, la création d’une succession d’angles variés se traduirait par une sensation d’échelle confortable dans chaque espace.

De béton et de bois

La propriété en pente possède une dénivellation similaire à celle à la fin d’un promontoire, ce qui a fait de la question de savoir comment placer le bâtiment sur le terrain une question structurelle d’actualité. Afin d’éviter une fondation trop grande et profonde, nous avons attribué environ un tiers de la superficie du bâtiment à un surplomb, réduisant ainsi la zone de contact avec le sol. La structure de base est composée de béton armé de la fondation jusqu’au sol du deuxième étage, avec du bois au-dessus. Le niveau supérieur, qui a été conçu principalement comme un espace de lecture, a la même empreinte que le niveau inférieur, mais en faisant varier la forme des plans triangulaires du toit, les architectes ont pu conserver une continuité.

Le sommet se situe autour du centre du bâtiment, tandis que les deux sections d’extrémité étroites descendent vers le premier étage via une mezzanine et un vide. Cela crée finalement l’impression d’un seul toit couvrant l’ensemble du bâtiment, même s’il est divisé en plusieurs sections. Pourquoi l’appellation Phase Dance ? « Le nom Phase Dance vient en partie de notre sentiment que le processus continu consistant à décider comment répondre aux différentes phases ou aspects du projet était une danse ; en partie à cause de la forme en croissant du bâtiment, qui rappelle les phases de la lune ; et en partie du fait que nous nous sommes inspirés de la transparence et de la vitesse de la chanson du même nom du guitariste Pat Metheny. » Conclue l’architecte.

© Koichi Torimura
© Koichi Torimura
© Koichi Torimura
© Koichi Torimura
© Koichi Torimura

Le site de Takeshi Hirobe : ici.

Les photos : © Koichi Torimura

Quand noa* fait revivre un ancien monastère

© Alex Filz

Dans la commune d’Arco, située dans la province de Trente et se trouvant à la pointe nord du lac de Garde, les espaces monumentaux d’un monastère du XVIIe siècle reprennent vie grâce à l’intervntion de l’agence d’architecture noa* qui les a transformés en un hôtel unique, tout en conservant le charme de l’architecture d’époque et son atmosphère de paix et de méditation.

Un noble complexe

Dans le jardin, le spa s’inspire de certaines constructions rurales typiques, que l’on peut trouver sur les rives du lac. Restaurer la puissance majestueuse et la dimension spirituelle d’un ancien centre monastique et faire de ses éléments les plus distinctifs les principales caractéristiques d’un hôtel unique et charmant, était la mission accomplie de noa*. Ce noble complexe ainsi que son vaste jardin, sont entourés d’un haut mur d’enceinte qui date de la seconde moitié du XVIIe siècle. La moitié du bâtiment du monastère, qui abrite également l’église et le cloître, où les religieuses continuent de vivre, ont été laissés intacts et en 2020 le travail sur le projet d’hôtel a commencé en étroite collaboration avec l’Office de la Culture de Trente Patrimoine. « La majesté et la rigueur de l’architecture, les longs couloirs, les plafonds voûtés ainsi que les autres caractéristiques se combinent pour donner à ces espaces un vrai sentiment ancestral », explique Francesco Padovan, l’architecte de l’agence noa* qui a suivi le projet architectural.

Le projet noa* comportait deux phases principales : La rénovation et la transformation du monastère et de ses intérieurs en hôtel, réalisées en créant au rez-de-chaussée, des espaces communs  comme la réception, le hall, la salle de petit-déjeuner, l’espace bar et la cuisine) avec les pièces principalement réparties entre le premier étage et le grenier. L’aménagement d’un nouvel espace de bien-être au sein du jardin luxuriant comprenant 500m² de salles de relaxation, des cabines de soins,des saunas et des parcours de bien-être avec hammam. Ces interventions ont abouti à un hôtel très particulier, comme l’explique Padovan: « Un refuge qui vous fait voyager dans le temps, étroitement centré sur l’histoire et la particularités de ce lieu. Et où chaque choix de construction, chaque matière et détail, a été étudié pour puiser dans la majesté du contexte préexistant, l’exaltant et lui donnant une nouvelle vie ».

Maintenir l’architecture typique

Avec ses 40 chambres (dont 2 suites), le Monastero Arx Vivendi – le nom du nouvel hôtel – offre une hospitalité en parfaite harmonie avec l’emplacement spectaculaire. Du point de vue de la conception, l’idée sous-jacente était de maintenir l’architecture du monastère typique, en préservant la conception originale des chemins intérieurs et en prolongeant sa rigueur géométrique aux nouveaux volumes, tout en portant une grande attention au choix des matériaux et couleurs. « Une philosophie de conception qui nous a guidés et nous a aidés à maintenir la composition, la statique et la clarté visuelle qui fait d’un monastère un endroit si spécial », souligne Padovan. Et ce n’est pas tout. Le paysage agricole environnant a également joué un rôle important, inspirant l’architecture des constructions en verre clair qui abritent l’espace bien-être et créent une relation symbiotique entre l’histoire et la terre.

Entièrement clos par un mur d’enceinte de 7 mètres de haut dont l’aspect d’origine a été préservé, l’intérieur le monastère est réparti sur trois niveaux. « C’est un peu surprenant de découvrir que les espaces de chaque étage sont structurés de manières très différentes », observe Padovan. « Les espaces concentriques du sol le sol contraste avec le majestueux couloir du premier et puis il y a la masse des poutres en bois dans le grenier. Nous avons porté une grande attention à cette variété d’environnements, développer des solutions qui n’altèrent pas les différentes conceptions mais qui renforcent leur charme et leur originalité». Ainsi, l’aménagement des espaces communs du rez-de-chaussée a mis l’accent sur le plan existant du monastère. Situé le long de l’axe central, se trouve la réception, la salle de petit-déjeuner et une salle de lecture/salon, le tout agrémenté de beaux plafonds voûtés d’ogives et entourés par un long couloir continu. Le bar et la cuisine sont également situés au rez-de-chaussée. Une suite avec un jardin privatif a également été créée à ce niveau. Le décor change au premier étage où le majestueux couloir central est bordé de poutres de plafond qui s’étendent sur une longueur impressionnante de près de 50 mètres. Ici les anciennes « cellules » monastiques, alignées sur les côtés, ont été jointes deux par deux pour créer de plus grandes chambres (de 22 à 30 m²). De cette façon, dans chaque pièce, une « cellule » constitue la chambre, tandis que l’autre accueille la salle de bain. Les vieilles portes, en bois clair, sont toutes conservés du côté extérieur, le long du couloir, pour maintenir le spectacle saisissant des entrées qui parsemaient le long couloir. Le premier étage offre également une suite qui a été développé à partir de la partie du bâtiment qui abritait à l’origine les salles d’eau et les salles de bains. Le deuxième étage n’est pas moins frappant. Un grand loft surmonté de fermes accrocheuses, accueillant deux rangées de pièces qui s’ouvrent sur un long couloir central. La restauration des fermes en bois rendent hommage à leur fonction d’origine. Au point le plus élevé du toit, une lucarne court tout le long du plafond, éclairant non seulement le couloir mais aussi les chambres grâce aux faîtières.

Respecter l’architecture existante

Nouvellement développé dans le jardin du monastère, le spa se compose de sept verres clairs et de volumes en métal positionnés le long d’une colonne vertébrale en pierre. Les cours intérieures créent un motif évocateur de volumes avancés et en retrait. « Lors de la conception de cette zone, notre objectif était de créer un dialogue plus étroit avec l’environnement paysagé agricole qu’avec le monastère, un peu trop « puissant » en terme architectural », explique Padovan. « Pour ce faire, nous avons utilisé des éléments très simples avec une forte clarté structurelle. La charpente métallique légère, organisée en piliers et poutres, est inspirée par les maisons rurales caractéristiques du lac de Garde ». La colonne vertébrale de liaison – composée d’une série de piliers recouverts de pierre de Vicence, dont les couleurs rappellent les structures préexistantes, et une architrave horizontale en préfabriquée et béton sablé – fait écho au mur en pierre du canal surélevé qui court le long du côté oriental du couvent. L’espace bien-être comprend un espace de détente avec transats, un espace de soins et un deuxième espace de détente face au « lac naturel » qui est un bassin d’eau naturelle aux reflets bleu foncé. Vient ensuite un troisième espace de détente en galerie ouverte dans les cours verdoyantes, puis les saunas (dont un sauna finlandais) et un type particulier de hammam ou cours de bien-être qui tourne autour d’une grosse pierre noire chauffée.

« Le projet de conception a été guidé par notre respect total de l’architecture existante. Le design a été adapté aux espaces monastiques austères avec des solutions, sans compromis sur le confort, la fonctionnalité et l’esthétique contemporain », explique l’architecte d’intérieur Niccolò Panzani de noa*, qui a supervisé le projet de décoration d’intérieur. Les plafonds et décorations d’origine des espaces communs du rez-de-chaussée ont été conservés et restaurés. Les teintes dominantes sont le blanc, le gris et le noir, il s’agit des couleurs historiques du monastère. Les sols en béton, sont construits sur ceux d’origine, à l’exception du couloir de l’étage qui mène de l’entrée principale au jardin intérieur et qui maintient son revêtement en terre cuite d’origine après avoir été soigneusement restaurés. Après restauration et consolidation des travaux, les murs et les voûtes ont été traités pour créer un enduit ondulé qui donne un effet antique.

Textures et matières

La réception se distingue par son grand bureau en pierre, recouvert de granit et éclairé par une « pluie » de lampes suspendues et minimalistes. Autour de la réception se trouvent des chaises en fer forgé. Tout aussi sobre et agencée avec goût, la grande salle de petit-déjeuner, dominée par une longue table centrale qui rappelle l’ancienne réfectoire, comporte de plus petites tables positionnées le long les murs. Dans l’espace bar et la salle des buffets, un puits restauré et une cheminée ont été adaptés en îlots buffet. Au premier étage le majestueux couloir central, dont le sol en terre cuite a été refait sur la base du sol existant, a été délibérément laissé libre de mobilier. La totalité des chambres partagent une conception très rigoureuse, également en termes de choix de matériaux : les sols en chêne rabotés à la main pour la chambre et des carrelages d’aspect naturel pour la salle de bain. Le noir a été choisi pour les meubles, dont celui de la salle de bain. Tout est conçu sur mesure, y compris les lits à baldaquin en métal avec du chêne noir. Les chambres du loft adoptent le même style, mais avec quelques concessions supplémentaires à la modernité comportant des couleurs plus douces, des lits capitonnés pour le confort acoustique et des lampes en céramique. Dans l’espace bien-être, le choix des matériaux et de la décoration cherche à mettre en valeur la chaleur et atmosphère apaisante des chambres, caractérisée par les tons chauds du chêne blanchi, des textiles effet lin et du coton. A l’intérieur du spa, tout est conçu pour générer un sentiment de calme et de détente – des panneaux de bois fraisés qui font écho à la grenade au design stylisée, symbole du monastère, aux lits suspendus comme des balançoires et aux bancs du sauna naturel, qui incitent à la méditation et rappellent une salle de prière.

Une fois de plus, l’architecture de l’agence noa* est perceptible et fait, comme son habitude, la différence. A commencer par le mobilier strictement artisanal et le naturel des matériaux choisis, comme la pierre et le bois. « Notre attention aux détails et nos conceptions personnalisées nous permettent de créer des créations uniques, exclusives, des projets ad hoc pour nos clients qui ne sont jamais répétitifs », souligne Niccolò Panzani. « Mais ici, la situation exceptionnelle a aussi contribué à façonner nos choix et restaurer ce sentiment de paix et de tranquillité que le monastère a sauvegardé pour des siècles »

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Andrea Dal Negro

Le site de l’agence noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz

 Les photos par drone : © Andrea Dal Negro

A Darmstadt, la «Waldspirale» toujours aussi étonnante

© Sipane Hoh

L’artiste Friedensreich Hundertwasser est mort en février 2000 quelques mois avant l’achèvement d’un bâtiment emblématique. Aujourd’hui, ce dernier, toujours aussi étonnant, continue à surprendre tout visiteur.

La « Waldspirale » ou « La forêt en spirale », construite dans la périphérie de la ville allemande de Darmstadt entre 1998 et 2000, dans le but de loger une centaine de familles, est un édifice de douze étages. L’ensemble, situé dans le quartier de Bürgerpark et qui ressemble à une citadelle des mille et une nuits où les textures et les couleurs se croisent savamment, est constitué de différentes couches de béton de recyclage multicolore, en hommage à le terre, contraste avec la couleur verte de la forêt avoisinante.

Friedrich Hundertwasser, toujours aussi créateur, a réalisé à Darmstadt, encore une fois, une œuvre unique qui tout en comportant sa griffe identifiable parmi toutes, ne ressemble à aucune autre. Ici, comme tous les autres œuvres de l’artiste, la façade a été construite avec une grande originalité tandis que le toit est constitué d’un jardin de tilleuls et d’érables. Nous pouvons même découvrir une aire de jeux ainsi qu’un fleuve artificiel sur la terrasse du bâtiment. Par ailleurs, un restaurant se trouve dans la tour sud-est tandis que la tour d’en face abrite un café très apprécié des visiteurs.

L’édifice, aux couleurs chatoyantes, est constitué d’une spirale qui finit par douze étages et 41 mètres, à son plus haut niveau. Nous pouvons y trouver en tout 105 appartements aux fenêtres de diverses tailles, formes et textures. Aujourd’hui, les curieux du monde entier, affluent à Darmstadt pour voir les habitations de Friedrich Hundertwasser, l’architecte qui est mort en février 2000 quelques mois avant l’achèvement du bâtiment de la « Waldspirale ».

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Les photos : © Sipane Hoh

Mathildenhöhe, l’utopie ingénieuse

© Sipane Hoh

C’est un quartier entier, un laboratoire d’art et d’architecture qui se trouve à Darmstadt, en Allemagne. Un lieu unique dans son genre où touristes, curieux, artistes et architectes se croisent entourés d’édifices tout aussi singuliers qu’atypiques.

La Colonie d’artistes

Certains ignorent probablement son existence, d’autres l’ont appris un jour pendant leurs études toujours est-il qu’il s’agit bel et bien de la première colonie d’artistes qui réunit des architectes, des peintres et des sculpteurs, le tout réunie sur un terrain vague en promontoire, situé à la périphérie de la petite commune de Darmstadt.

« Wissenschaftstadt Darmstadt » c’est l’appelation de la ville qui signifie « Darmstadt, la Ville de la Science » mais nous pouvons dire que Mathildenhöhe, cette petite fraction de ville, foisonne par son art et son architecture.    

En 1899, Joseph Maria Olbrich a été choisi par le duc Erns Ludwig Von Essen pour concevoir la première colonie d’artistes après le succès de la salle d’exposition de la Sécession réalisée en 1897. La colonie d’artistes de Darmstadt était donc une utopie ingénieuse où les artistes allaient travailler et y vivre pour créer une exposition toutes les quelques années. Olbrich a conçu le bâtiment principal mais aussi plusieurs villas dont sa propre maison. Le lieu regorge de grandes noms d’époque comme Peter Behrens, Hans Christiansen, Bernhard Hoetger et d’autres.

L’atelier des artistes se trouvait à l’intérieur même de l’édifice de la Mathildenhöhe construit à son tour en 1900. Toute cette troupe allait donc s’affairer pour la préparation de leur première exposition qui a eu lieu en 1901 où Olbrich a aménagé la résidence d’Ernst Ludwig mais aussi les résidences environnantes par des œuvres d’Art Nouveau. Une réussite qui a été suivie par d’autres expositions en 1904, 1908 et 1914.   

Formes, couleurs et textures

Lors de l’exposition de 1904, a eu lieu la construction de trois maisons qui comportaint tous les éléments les plus marquants de l’Art Nouveau. En 1908, Olbrich a conçu la tour de mariage « Hochzeitsturm ». Il s’agit d’un exemple parfait de l’Art Nouveau sous forme d’une tour de 48,5 m, un projet conçu pour célébrer le mariage du duc Erns Ludwig Von Essen avec sa seconde épouse, Eleonore. Cette tour constitue une pièce extraordinaire qui interpelle tout visiteur. L’ensemble possède un soubassement en pierre blanche et bronze, assorti aux matériaux du bâtiment horizontal qui souligne son entrée. Le corps principal du bâtiment est en brique avec deux ouvertures horizontales et une horloge, construite pour briser la verticalité de la tour. Les ouvertures matérialisées dans la pierre contraste avec la brique rouge. La partie la plus intéressante de la tour est son sommet constitué de cinq arcs ascendants symétriques qui soulignent la verticalité du projet.

Un peu plus loin, nous pouvons découvrir la chapelle russe Sainte Marie-Madeleine (Die Russische Kapelle) une authentique petite construction datant de 1899 et réalisée par l’architecte Léon Benois. L’ensemble donne sur un impressionnant bassin, le bassin au Lys, aux surprenantes mosaïques réalisées par l’architecte Albin Müller qui a rejoint les autres artistes uniquement pour la dernière exposition avant la début de la première guerre mondiale qui a sonné le glas à l’Art Nouveau.

Au détour du parc, le visiteur peut tomber nez à nez avec deux géants qui gardent l’entrée de l’actuel musée de la Colonie d’artistes. Un impressionnant bâtiment qui fut jadis la maison de l’architecte Otto Barting qui a rejoint le lieu en 1901.

Mathildenhöhe, « La colline de Mathilde » est aussi les 13 maisons et ateliers d’artistes éparpillées avec soin sur l’ensemble du terrain. La Mathildenhöhe vient d’être classée le 24 juillet 2021 sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO.

© Sipane Hoh
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Les photos : © Sipane Hoh