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Mohr Life: le spa théâtral signé noa*

© Alex Filz

L’agence d’architecture noa * vient de terminer son dernier projet. Il s’agit d’un espace de bien-être conçu comme un théâtre proposant de nombreuses interprétations de l’espace. Un nouveau regard frais sur le concept traditionnel du Spa.

Puiser dans la nature

Les architectes de l’agence noa* ont puisé dans l’incroyable nature qui règne au cœur du Tyrol, en Autriche, pour concevoir un bâtiment contemporain et attrayant où le verre et le ciment sont en dialogue permanent avec la morphologie, la culture et l’histoire du lieu.
 
En octobre 2018, le nouvel espace bien-être du Mohr Life Resort a été inauguré à Lermoos, l’un des plus anciens domaines skiables du Tyrol, situé à seulement 80 km d’Innsbruck. L’hôtel lui-même est chargé d’histoire, reconnu par tous ceux qui visitent le domaine de ski qui se trouve dans les Alpes du nord du Tyrol.
 
La nouvelle structure en verre et en béton est construite sur une pente douce située en contrebas de l’hôtel. Ce dernier offre une vue unique sur la vaste vallée d’Ehrwalder Becken parsemée de vieilles fermes et de granges. De plus, les 3 000 mètres imposants de la montagne Zugspitze, qui représente une frontière géographique entre l’Autriche et l’Allemagne, surplombent toute la vallée.
 
L’architecte Christian Rottensteiner, l’un des associés de noa *, explique à Détails d’architecture comment « la présence majestueuse et puissante de la montagne elle-même était notre banc d’essai. Le Zugspitze en général, avec sa beauté, sa force et sa complexité formelle en particulier, a été notre inspiration et le protagoniste du projet. Le nouvel espace bien-être est conçu comme un espace de théâtre, idéal pour admirer ce chef-d’œuvre extraordinaire. Les clients sont logés dans un environnement relaxant qui s’harmonise avec l’environnement. Notre défi est de créer des structures qui élargissent et intensifient la perception des espaces, créant ainsi des espaces de restauration qui suscitent de nouvelles émotions chez les visiteurs. »  

Une grille structurelle

Le nouvel espace de bien-être du Mohr Life Resort s’étend sur 600 m² et comprend une partie extérieur avec piscine. Cette dernière relie également les deux bâtiments via une extension centrale dans le spa. La structure de verre et de béton s’étend horizontalement pour créer une nervure artificielle, reflétée par les murs de pierre sèche sur toute sa longueur. Le projet a été spécifiquement conçu en tenant compte du terrain en pente douce. Il se développe sur deux niveaux, cela crée une différence de hauteur qui a permis la création de la piscine. L’ensemble est sobre et lumineux, il est constitué de formes simples comme les cubes de verre placés sur deux niveaux créant la grille structurelle du squelette de l’édifice.
 
Par ailleurs, l’utilisation d’une surface de verre réfléchissante produit un effet scénique inattendu. Ainsi, les différentes formes s’affaiblissent pratiquement dans l’arrière-plan et se fondent dans un « écran » reflétant la silhouette gigantesque du Zugspitze. Quant à la piscine, elle est alignée le long de la façade en verre du spa, doublant ainsi l’image de la montagne grâce à des effets de miroir chromatique percutants.
 
Alors que la structure extérieure présente des lignes et des formes épurées, l’intérieur est doté de lignes douces et organiques, enveloppant le spectateur une fois à l’intérieur du bâtiment. Le contraste entre l’intérieur et l’extérieur enrichit le bâtiment esthétiquement et formellement. Les espaces de détente ont été développés pour ressembler à des scènes de théâtre qui offrent une vue imprenable sur la montagne. Des espaces généreux enrichis de grandes balançoires suspendues au plafond, enveloppés de draperies ou de cônes en métal, encadrent la montagne et s’alternent avec des balcons fermés offrant plus d’intimité et de détente, le tout, avec une vue impressionnante sur les environs.

Inspirés des scènes de théâtre

Le rez-de-chaussée dispose également d’un salon privé; un hall et un bar pour les rafraîchissements, en plus d’un spa et un sauna panoramique pour environ 20 personnes comprenant un mini-bistrot rappelant les salles de cinéma. Nous pouvons y trouver des cabines et des douches. Enfin et surtout, un escalier en colimaçon pittoresque est situé au centre du bâtiment et conduit les fêtards aux différents étages.
 
La piscine représente l’extension naturelle de l’espace de bien-être. Il s’étend à l’air libre et comporte des zones de détente offrant différentes expériences sensorielles. Six « îlots » parsèment le bassin d’eau, reflétant la structure surplombant la piscine. Des sources de lumière spécifiques sont utilisées pour doter l’ensemble de lumières d’ambiance inspirées par un seul motif: une sphère de verre.
 
Grâce à sa surface réfléchissante, l’extérieur du bâtiment plonge dans les différentes nuances de la nature, qui change en fonction de l’heure du jour et des saisons. À l’intérieur, les couleurs et les textiles ont été inspirés par les scènes de théâtre. Le coton et le velours lisse sont imbibés de teintes chaudes appréciables de tous.

Fidèles à leurs habitude, les architectes de l’agence noa* ont accompli un travail minutieux à découvrir sans tarder.

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de noa*: ici.

Les photos: © Alex Filz

A Saint-Herblain, a/LTA répond favorablement au contexte

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

a/LTA architectes urbanistes Le Trionnaire – Le Chapelain vient de terminer à Saint-Herblain un charmant projet qui s’insère dans son milieu tout en gardant une belle part de coquetterie. Matières et textures se croisent pour un résultat notable.

Un ensemble qui habite le lieu

C’est dans la ZAC de la Pelousière (J. Boucheton), à Saint-Herblain que les architectes de l’agence a/LTA (Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) viennent de réaliser leur projet. Il s’agit d’un programme composé de 34 logements en accession et une salle commune, qui prend place sur une parcelle située dans un environnement exceptionnel.

La ZAC de la Pelousière se caractérise par son identité qui croise astucieusement la ville et la campagne. En effet, sa topographie prononcée et son univers champêtre étaient le point de départ sur lequel les architectes se sont appuyés.  

« Après avoir développé plusieurs scénarios, cette implantation se révélait être la meilleure tant dans la préservation de la profondeur, des porosités qui accompagnent le paysage que sur les vues, les cadrages, les vis-à-vis. » Racontent les architectes qui ont fait tout leur possible pour créer un ensemble qui habite le lieu.

Le projet se caractérise par une composition simple qui comprend deux entités. Tandis que le premier bâtiment suit la limite ouest du terrain, le second parallélépipède est perpendiculaire à la rue des Marais. Les deux édifices sont traités de manière identique mais chacun présente une relation au terrain qui lui est propre.

Le bâtiment A se pose délicatement dans la pente sans aucune impact à la topographie existante. L’ensemble légèrement enterré côté rue, est déchaussé sur le vallon laissant apparaître son niveau de sous-sol. Le bâtiment B est, quant à lui, enclavé par la végétation, les logements situés au rez-de-chaussée jouissent d’un accès direct au plateau paysager. L’espace créé entre les deux entités correspond à un espace central complètement piétonnier que les architectes aiment nommer la cour urbaine. « Cet espace central, est non seulement un cœur névralgique des flux de circulations, mais également un lieu d’échanges, de rencontre et de discutions. » Soulignent les concepteurs.

Des petites attentions

La salle commune qui fait partie du programme vient s’insérer sous la cour urbaine, au niveau du sous-sol, elle est en accès direct avec la prairie et largement ouverte sur le vallon. Il s’agit en effet d’un espace sans affectation particulière qui pourra être approprié par les résidents pour y installer une bibliothèque, un atelier de jardinage ou toute autre chose.

Dans leur conception globale, les architectes n’ont pas délaissé certaines astuces fonctionnelles qui donnent un plus grand confort aux habitants comme les placards de rangements sur les balcons qui servent en même temps de séparation entre les voisins préservant ainsi l’intimité de chacun d’eux, le potager commun qui encourage la convivialité, les grandes baies vitrées qui assurent non seulement une grande luminosité à l’ensemble mais ramène le paysage extérieur à l’intérieur. Que de petites attentions appréciables de tous.

Il est vrai qu’il s’agit d’un ensemble immobilier contenant des logements mais la composition savante, le traitement minutieux, le rapport au paysage, tout nous montre qu’il s’agit avant tout d’une réalisation longuement réfléchie qui croise astucieusement le jeu des volumes et des textures. Un travail qui mérite reconnaissance !

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de l’agence d’architecture a/LTA : ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau

La Grintosa, une charmante réalisation signée Stefania Stera

© Tiziano Canu

C’est dans l’un des paysages typiques de Sardaigne que l’architecte Stefania Stera a réalisé son projet. Il s’agit d’une superbe villa aux lignes épurées, nichée dans un environnement exceptionnel avec lequel elle compose agréablement pour un résultat des plus originaux.

Un paysage idyllique

La ville de Porto Cervo jouit d’une vue exceptionnelle sur un paysage idyllique qui croise d’innombrables rochers, une crique sauvage et plus loin le large. Sur une parcelle qui n’était pas complètement exploitée par une ancienne résidence existante, Stefania Stera a construit une petite merveille. L’architecte a créé une résidence qui tente de profiter de l’orientation du site tout en bénéficiant de la lumière et de la fraîcheur de la végétation arborée qui longe la route au nord. De même, la maison dévoile les diverses beautés de la mer et du paysage voisin tout en adoptant la déclivité du terrain et exploitant toutes ses caractéristiques.

La réalisation se niche au creux des roches, elle adopte merveilleusement le terrain et ses interstices. L’ensemble crée un dialogue avenant avec les éléments alentours tout en affichant son propre caractère. En effet, ce dernier, se compose d’un volume en béton qui constitue la partie la plus importante, qui est entourée, à son tour, par plusieurs éléments que l’architecte y a annexé et formant ainsi une entité indissociable du lieu.

Stefania Stera explique le concept comme la rencontre entre deux axes, l’un s’élançant vers la mer, l’autre s’élevant vers le massif rocheux. Leur rencontre permet la gestation de différents espaces comme par exemple les deux « plateaux », tous deux appréhendés comme rez-de chaussée. Le niveau du rez-de-chaussée a été creusé, il crée non seulement un rapport fort avec la mer mais il assure une une meilleure utilisation du jardin, chose qui n’était pas avec la maison précédente. Ainsi, une terrasse verte surgit de l’ensemble pour faire face à la mer, un lieu magique où les habitants peuvent se sentir en harmonie avec la nature.

La tradition sarde

Même si Stefania Stera a réalisé une maison peu conventionnelle, certains traits nous ramènent directement vers la tradition sarde. Parlons de l’habitation même où le visiteur entre par la cour qui constitue l’entrée principale. Par ailleurs, le hall proprement dit est exigu et ne constitue qu’un espace de transition. La cour principale est entourée de volumes différents articulés au site et aux espaces de la maison. Par moment, grâce aux grandes baies vitrées sur les façades alentours, la lumière entre au milieu de l’ensemble et crée un effet particulier à la fois charmant et chaleureux.  

Le visiteur accède à la maison par une porte, située au rez-de-chaussée et donnant sur un hall assez discret qui dessert deux chambres. Se trouvent à l’étage, le salon, la salle à manger, le bureau et la suite principale. Cette dernière occupe le reste de l’étage et constitue à elle seule une curiosité. Il s’agit d’un vaste ensemble où les divers espaces tantôt clos tantôt ouverts se croisent en créant une séquence riche d’évènements et des magnifiques vues sur les environs. Tandis que le salon, il est largement ouvert sur la mer et donne sur la placette qui constitue le cœur du site.

Dehors, à partir de la terrasse, un escalier permet d’accéder au toit dont une partie est aménagée en terrasse, le reste étant végétalisé. Partout, dans sa création, Stefania a composé finement avec la nature, en reproduisant agréablement l’univers voisin, elle a réussit à créer un ensemble où le minéral et le végétal dialoguent dans le plus grand respect de la tradition sarde. Même le choix des divers matériaux était bien réfléchi, en effet, le granit a été utilise pour d’une part marquer l’entrée et d’autre part assurer le rapport direct avec la nature. Un enduit anthracite rappelle astucieusement les rochers. Tandis que le marbre fait son entrée dans le salon.

Une ode au lieu

A l’intérieur, l’utilisation des azulejos enrichit certaines pièces en leur conférant une ambiance particulière et chaleureuse très appréciable. Les lignes épurées se dotent ainsi d’une belle touche de couleur. Le mobilier met en évidence une ambiance raffinée qui se caractérise par ses énormes ouvertures sur le site. Ce dernier, constitue ainsi d’agréables tableaux à l’échelle 1/1. Les espaces fonctionnels sont traités en sol poncé à la vénitienne, tandis que les murs sont en enduit blanc brut. Une sensation de générosité se dégage de l’ensemble. La lumière pénètre partout. L’architecte a utilise plusieurs astuces qui enrichissent l’ensemble. Signalons par exemple la présence des portes en bois qui comportent des parties laquées en couleur, faisant un clin d’œil à la céramique utilisée ou encore les vestiaires qui sont conçus  comme des éléments vivants et qui sont traités en tissus avec des surfaces en tissage d’osier. Des matières, des textures mais aussi des couleurs qui s’inscrivent largement dans la tradition du pays.

Nous pouvons voir ici et là plusieurs éléments libres telles des malles ou des étagères suspendues qui nous rappellent les voyages et la vie nomade. Comme si Stefania Stera, à travers l’architecture, nous proposait un voyage qui prend ses sources dans la tradition. La Grintosa n’est pas une réalisation architecturale banale mais une ode au lieu où la libre circulation, les espaces ouverts, les volumes peu conventionnels se croisent pour former un ensemble ancré dans sa région.

© Tiziano Canu
© Tiziano Canu
© Tiziano Canu
© Tiziano Canu
© Tiziano Canu
© Tiziano Canu

Le site de Stefania Stera: ici.

Les photos: © Tiziano Canu

A Saint-Cyr-sur-Loire, l’agence Hessamfar-Vérons signe un projet qui se fond dans le paysage

©Jean-François Tremege

De loin, deux traits se distinguent à peine pour dessiner l’horizon. L’agence Marjan Hessamfar & Joe Vérons architectes associés vient de livrer à Saint-Cyr-sur-Loire un projet qui s’insère agréablement dans le paysage environnant. A la sobriété des formes, s’ajoute l’épurement de la matière pour un résultat exceptionnel.

Un programme conséquent

Situé dans le Parc de Montjoie au sein de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire, non loin de Tours, le nouveau groupe scolaire réalisé par l’agence d’architecture Hessamfar-Vérons, basée à Paris et Bordeaux, comprend cinq classes maternelles, huit classes élémentaires, un accueil périscolaire, un pôle restauration ainsi qu’un plateau sportif destiné aux scolaires mais aussi ouvert aux diverses associations. Un programme conséquent que les architectes ont manié avec dextérité.

La requalification du parc de Montjoie fait partie de l’opération d’urbanisme Cœur de Ville II  qui vise à maintenir et renforcer la liaison entre les différents parcs de Sain-Cyr-sur-Loire en créant une « trame verte » communale, reliant la Loire à l’avenue de la République, nous apprennent les concepteurs. A la volonté de préserver la dimension paysagère de l’ensemble, les architectes ont répondu avec une réalisation qui se fond dans le paysage. Le nouveau groupe scolaire, positionné au fond de la parcelle, sur la partie basse du terrain, devient presqu’un élément secondaire par rapport au parc. Ce dernier, ouvert à tous, sans clôtures ni entraves, constitue un agréable lieu de rencontre et de passage destiné à toute la population et non pas seulement au groupe scolaire.

Face à plusieurs équipes d’architectes qui avaient proposé d’autres emplacements concernant le groupe scolaire, l’idée de l’agence Hessamfar-Verons a été accueillie par un grand enthousiasme. Le concept proposait non seulement de redonner à la végétation ambiante ses lettres de noblesse mais il s’agissait également d’une construction qui offre aux utilisateurs des lieux des espaces de qualités. D’ailleurs, une fois terminée, la réalisation a été très vite adoptée par tous. Un gage de bien être et de confiance dont les architectes sont fiers.

« Nous avons souhaité concevoir un bâtiment à la fois architecture et paysage, marquant une continuité visuelle entre l’espace public paysagé et le bâtiment. » Nous raconte Marjan Hessamfar, l’une des associés, co-gérante de l’agence. En effet, depuis l’entrée du Parc, la composition du bâtiment est identifiable. Les architectes ont préféré mettre l’accent sur de larges avancées de toitures qui créent de généreux préaux ainsi que des parties couvertes tout autour du bâtiment. Il s’agit des espaces protégés estimés de tous.

La végétation acteur majeur de la composition

L’un des points clés du projet de Hessamfar-Vérons est la végétation qui devint un acteur majeur de la composition. De la toiture végétalisée jusqu’aux divers talus végétalisés qui ponctuent les cours en passant par les quelques langues de terrains qui comblent les porosités ou encore la présence du jardin pédagogique en toiture de l’école maternelle, tout a été minutieusement étudié pour pouvoir ancrer l’ensemble dans son contexte.

Le gymnase fait partie du programme. Les architectes ont opté pour une solution inédite qui a convaincu tout le monde. En effet, dans leur volonté de valoriser le parc, ils ont proposé un gymnase semi-enterré qui prend place dans la partie la plus reculée du site, dissimulant ainsi partiellement son emprise volumétrique. Situé à l’arrière de la parcelle, l’ensemble se révèle très discrètement sans empiéter sur le reste de la composition.

Dans leur geste architectural, les architectes ont préféré le bois, le béton et le métal. Les trois textures se croisent astucieusement. Citons par exemple les poteaux et poutres bois en épicéa de la structure du rez-de-chaussée qui s’appuient sur des murs de refends et allèges en béton, et sur des poteaux métalliques supportant les poutres en bois qui se prolongent vers l’extérieur pour former des préaux. Donnons également l’exemple du plancher mixte bois/béton qui accueille la toiture jardin. Plusieurs textures, de nombreux tour de main et une grande maîtrise se dégage de l’ensemble.

Sur ce projet, mené selon une démarche HQE sans objectif de certification, le bois a été largement employé qu’il soit en structure ou en ossature ou en aménagement intérieur. Le choix de ce matériau millénaire traduit la volonté des architectes d’engendrer un projet qui fait écho à son environnement. A Saint-Cyr-sur-Loire, le nouveau groupe scolaire possède de multiples vertus!

©Jean-François Tremege
©Jean-François Tremege

Le site de Hessamfar -Vérons architectes associés: ici.

Les photos: ©Jean-François Tremege

A Genève, l’architecture fantastique au cœur des Grottes

© Sipane Hoh

A Genève, non loin de la gare Cornavin, il existe un intéressant quartier qui vaut le détour. Son architecture? A la fois fantastique et colorée, elle ne peut laisser personne indifférent. Voyage insolite au cœur d’une fraction de ville à l’architecture aussi éclectique que surprenante.

Les Schtroumpfs

Des formes excentriques, des façades aux teintes multiples, parfois même criardes, des murs incurvés, des cages d’escaliers insolites, des poteaux champignons, des balustrades en fer forgé, bienvenue aux « Schtroumpfs », le quartier insolite de la ville.

Arrivés, dans le quartier genevois des Grottes, c’est un étrange complexe d’habitation qui nous interpelle. Surnommés les « Schtroumpfs » par ses habitants, il s’agit d’immeubles dont la ressemblance avec les résidences des personnages bleus est frappante. Néanmoins, réalisés entre 1982 et 1984 par les trois architectes Robert Frei, Christian Hunziker et Georges Berthoud, ces édifices surprenants dont l’architecture nous rappelle le travail de Friedensreich Hundertwasser ou encore d’Antoni Gaudi ont toutes les marques d’un modernisme non-conformiste.

Néanmoins, les « Schtroumpfs » ne sont ni la Hundertwasserhaus, ni la Casa Milà, mais un mélange atypique à l’architecture singulière. Son essence? Un assemblage de formes fluides, de textures et de couleurs, une association inédite que certains vont trouver exagérée et d’autres sublime. Ce qui est intéressant, c’est le regard d’ensemble que nous pouvons avoir sur le quartier entier. Même si chaque entité possède sa propre identité, un certain accord y règne. Un peu comme si les architectes ont tout coordonné. L’implantation des édifices en demi-lune, la végétation environnante, les hauteurs mais aussi les différents accès, les détails soignés, tout semble, malgré le chaos attendu, harmonieux et le résultat est tout simplement exceptionnel.

L’urbanisme sur dalle

Mais comment le complexe le plus insolite de Genève a vu le jour ? Un peu d’histoire moderne s’impose. En 1971, la ville et le canton de Genève ont souhaité, à travers un nouveau  plan de reconstruction, de moderniser la fraction de ville qui se trouvait à l’arrière de la gare Cornavin. Plusieurs architectes, urbanistes, hommes de l’art et ingénieurs étant penchés sur le concept, ont engendré un nouveau plan urbain qui tranchait avec l’ancienne friche existante pour proposer un ensemble de tours futuristes.  

Pour pouvoir mettre le projet en exécution, il a été donc proposé l’application du principe de l’urbanisme sur dalle, utilisée à plusieurs reprise en France comme dans le quartier de la Défense ou le quartier parisien des Olympiades. Sauf qu’à Genève, le projet n’a pas complètement abouti et les tours n’ont jamais été réalisées. Une urbanisme osée qui est restée encore une fois dans les archives.

C’est donc dans les années 80 que sera réalisé le quartier connu tel quel aujourd’hui. L’idée, concernant cette fraction de ville, faisait partie du plan directeur général abandonné mais pas dans son ensemble. C’est ainsi que le quartier des «Schtroumpfs» a vu le jour. Aujourd’hui, loin de faire l’unanimité des habitants de la ville, ce quartier qui s’éloigne sensiblement des standards de l’architecture classique, est devenu une attraction touristique et continue à attirer tout curieux d’architecture.

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Pour plus d’informations concernant l’histoire du quartier, voir : ici.

A lire aussi un recueil très intéressant intitulé :  De la différence urbaine: Le quartier des Grottes.

Les photos : © Sipane Hoh

La Casa GD, une réalisation qui sied à son contexte

© Ivo Tavares Studio

C’est une réalisation signée ESQUISSOS, une agence d’architecture portugaise dirigée par Marco Ligeiro. Située à l’ouest de la capitale, à Cascais, la Casa GD est un exemple de sobriété.

Chirurgicale et minutieuse

L’architecte nous raconte que l’un des plus grands défis de ce projet était la petite taille de la parcelle. En effet, cette dernière était déjà dans un environnement déjà bâti, il fallait donc une intervention chirurgicale et minutieuse que l’architecte a mené avec brio. L

Les relations entre l’échelle et les proportions étaient depuis le début la préoccupation majeure de l’architecte. Utilisant un ton épuré, enrichi de détails contemporains issus de la réinterprétation du langage et des matériaux traditionnels du village de Cascais, le bâtiment s’intègre parfaitement à son voisinage et aux autres bâtiments situés sur la même rue.

L’ensemble, préserve l’identité locale et les lignes d’origine, tout en respectant la mémoire du lieu. Le bâtiment fonctionne sur quatre niveaux différents dont trois d’entre eux sont reliés par un escalier qui fait office de sculpture. Ce dernier devient ainsi un charmant parcours architectural, il fait partie du mobilier et commence à se dématérialiser au fur et à mesure qu’il monte, permettant ainsi une relation plus perméable entre les niveaux afin de mieux utiliser l’espace et la lumière.

Des détails soignés

Les espaces sont nombreux, en particulier au 1er étage, au niveau de la rue, où l’ensemble fonctionne comme un espace ouvert, ce qui donne l’impression de générosité. Les chambres et les salles de bain se trouvent aux étages intermédiaires, tandis que le troisième niveau possède un balcon en retrait donnant accès au dernier étage où se trouve une belle terrasse.

L’intérieur est agencé avec goût. Minimaliste et épuré, les diverses matières s’y croisent avantageusement et sans heurt. Les différents détails sont soignés et l’ensemble est accueillant. Tout a été consciencieusement étudié pour le plus grand bonheur des habitants. La Casa GD est un petit cocon qui vaut le détour.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de l’agence d’architecture de Marco Ligeiro: ici.

Les photos: © Ivo Tavares Studio