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Au Mexique, une séduisante salle de concert minimaliste

© Iker Gill

L’agence d’architecture mexicaine Rojkind Arquitectos (Michel Rojkind) a réalisé une remarquable salle de concert en béton. Minimaliste et épuré, il s’agit d’un ouvrage d’exception qui vaut la découverte.

Monolithique et plastique

Des volumes monolithiques en béton où sont visible les bardages en bois composent la salle de concert de bord de mer, construite par Rojkind Arquitectos pour l’orchestre philharmonique de la ville mexicaine de Boca del Rio. L’édifice abrite l’orchestre philharmonique créé en 2014 pour dynamiser les activités musicales et culturelles de la ville balnéaire.

Construite dans le cadre d’un plan directeur plus large visant à rajeunir toute une fraction de ville, la salle de concert occupe un terrain situé tout au long de l’estuaire de la rivière Jamapa, un lieu géographique exceptionnel.  où un brise-lames s’étend pour diviser l’embouchure du fleuve et le golfe du Mexique.

La forme géométrique du bâtiment comprenant des blocs de différentes tailles et des murs saillants, est destinée à faire référence au bord rocheux de la digue où se trouve l’ouvrage. Les détails dentelés se trouvent également sur les bordures de la place paysagée située autour du bâtiment. Les murs de béton exposés sont marqués par la texture caractéristique des planches de bois. Les angles sont légèrement différents sur chaque face du mur, créant des teintes et des ombres variables.

Le béton brut dans toute sa splendeur

L’une des entités qui composent l’édifice est légèrement surélevée et forme un auvent pour l’entrée. Cette dernière est à triple hauteur, les visiteurs peuvent y contempler le béton brut dans toute la splendeur. Au centre de la composition, le bloc le plus volumineux abrite la salle de l’orchestre qui accueille principalement des concerts classiques, traditionnels, de la musique pop mais aussi des spectacles de danse et de théâtre ainsi que divers projections de films. Les finitions simples reflètent l’esthétique extérieure du bâtiment. Les activités quotidiennes de l’orchestre philharmonique sont hébergées à l’arrière du bâtiment, où la compilation de plusieurs petits volumes abrite des salles de répétition pour les batteurs, les pianistes et les solistes. Il y a aussi un studio d’enregistrement, des vestiaires, un bureau et une bibliothèque musicale.

D’autres espaces de performance sont créés dans des espaces plus inhabituels, notamment le réseau de passerelles et d’escaliers avec balustrade en bois créant des recoins supplémentaires pour des représentations en solo de théâtre et de danse. Les films peuvent être projetés sur de grands murs intérieurs. L’ensemble est complété par un café et un restaurant qui s’ouvre sur sur le toit surplombant la mer.

A la fois plastique et fonctionnel, le nouvel équipement culturel de Boca del Rio est une curiosité qui contribue à façonner la ville.

© Iker Gill
© Iker Gill
© Iker Gill
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© Iker Gill
© Iker Gill
© Iker Gill
© Iker Gill

Le site de Rojkind Arquitectos (Michel Rojkind) : ici.

Les photos : © Iker Gill

A Dilbeek, le défi urbain prend la forme d’une académie de musique

© Miguel de Guzmán

En Belgique, l’académie MWD réalisé par l’architecte Carlos Arroyo outre l’enseignement de musique, de théâtre et de danse, offre à la ville un gracieux objet architectural qui allie esthétisme et fonctionnalité.

Dilbeek est une commune belge connue par un riche patrimoine constitué de châteaux. La ville qui, aujourd’hui, est constituée de vastes lotissements de villas n’a pas perdu pour autant son empreinte industrielle ainsi que sa facette rurale.

L’édifice est situé dans le centre ville de Dilbeek, dans un contexte difficile où se trouvent diverses variétés de constructions comme la Mairie, les restaurants, la place principale avec côté nord une zone protégée constituée par la forêt et côté est un groupement de résidences à l’architecture classique.

Dès le départ, la question était de savoir comment harmoniser les différentes conditions tout en réalisant un bâtiment de qualité. Tout d’abord, les architectes ont conçu un volume qui s’avère être une transition douce entre l’échelle des maisons environnantes. Ensuite, concevoir une surface qui reflète les résidences situées de l’autre côté de la rue et enfin un porte à faux. En plus d’un accès unique sur le côté de l’édifice ainsi qu’un espace public couvert menant à l’entrée de l’académie.

L’image du projet a été peaufinée en conséquence, avec les touches de couleurs pixellisés, la façade respire un adorable air de dynamisme autant par l’existence des lignes que les rythmes géométriques ou la texture. Il s’agit là de divers composants de la musique interprétés d’une manière ludique. Ailleurs sur les autres façades, les panneaux métalliques réfléchissent le ciel ou la forêt environnante.

La séparation des fonctions est minutieusement étudiée via la scission des deux ensembles, l’auditorium et l’académie. À l’autre extrémité de l’immeuble, il existe un  endroit formellement reconnaissable, il s’agit d’un double escalier avec des bancs et vue sur la forêt. Il est facile d’imaginer les habitués assis sur les bancs en train de discuter, de contempler les environs ou bien tout simplement attendre le cours suivant.

La compacité du volume réduit considérablement la consommation de l’énergie. Les murs porteurs recouverts d’un isolant de l’extérieur sont visibles de l’intérieur du bâtiment et offrent une bonne inertie thermique à ce dernier. Les ouvertures sont étudiées de sorte qu’elles fournissent le nécessaire de luminosité. Les intérieurs sont de couleur blanche pour réfléchir la lumière dans toutes les directions. Même l’auditorium est conçu pour fonctionner avec seulement la lumière naturelle. Les matériaux de construction choisis assurent un maximum de respect pour l’environnement. L’eau de pluie est récoltée pour être réutilisée ultérieurement.

Que de qualités pour un édifice culturel qui a changé le visage de Dibleek.

© Miguel de Guzmán

© Miguel de Guzmán

© Miguel de Guzmán

Le site de l’architecte Carlos Arroyo : ici.
Les photos : © Miguel de Guzmán

De vides et de pleins, la bibliothèque de Yogananda

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En Inde, dans une vallée verdoyante de 1600 mètres d’altitude, à l’intérieur de l’enceinte de l’université de Shoolini, les architectes de Studio Archom ont réalisé une gigantesque bibliothèque (la Yogananda Library) en béton qui constitue une incontournable icône. Découverte d’un monolithe qui marque le paysage de Solan.

Solan est une ville indienne connue surtout par ses champignons et ses tomates. Construite par les anglais,  la cité se trouve entre Chandigarh et Shimla. Pour le campus de la biotechnologie enfoui dans un environnement privilégié, les architectes de Studio Archom ont conçu une impressionnante bibliothèque de plusieurs étages.

La structure présente un volume interconnecté de vides et de pleins qui comme une grande plate-forme fonctionnelle relie les diverses parties du bâtiment. Les deux premiers étages abritent les espaces de recherches ainsi que celles de réunions et de discussion étudiants-professeurs ; ils sont plus ombragés que les autres niveaux au-dessus. Des colonnes en béton s’enchevêtrent sur l’une des façades et offrent un peu d’ombre aux pièces se trouvant derrière.

Une grande agora centrale illumine comme un puits de lumière l’intérieur du monolithe. Les autres parties se lient entre elles savamment comme un maillage qui s’étend doucement et habite le paysage. La terrasse qui domine la vallée offre une merveilleuse vue sur les environs, elle constitue une extension naturelle à l’édifice où les élèves peuvent sortir pour lire tranquillement.

La bibliothèque de Yogananda est une superstructure en béton qui a su merveilleusement se glisser dans son écrin de verdure tout en offrant le privilège de la culture.

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Le site de Studio Archom : ici.
Les photos : Mridu

A Ortuella, une maison de la culture habillée en corten

@AdriàGoulaSardà

En Espagne, à Ortuella, les architectes de l’agence aq4 arquitectura ont réalisé une maison de culture habillée en corten effectuant ainsi un subtil clin d’œil à l’ancien bassin minier où se trouve la bâtisse. Outre la construction de l’édifice, les architectes ont réaménagé la place de la commune ainsi qu’une voie piétonne.

Ortuella est une commune de 8000 habitants qui se trouve dans le pays basque espagnol. La ville est surtout connue par l’histoire contemporaine liée à son identité minière. C’est dans cette cité qu’à partir de la fin du XIXème siècle s’installent les plus grandes entreprises pour extraire le fer. Une révolution industrielle qui tarit depuis.

La maison de la culture qui s’insère au cœur même de la commune est un projet de grande envergure vu qu’il s’agissait en même temps de revoir l’aménagement de la place ainsi que les connexions piétonnes menant à cette dernière. Située sur l’un des carrefours les plus en vue de la commune, elle devrait avoir, selon les architectes, une aura que l’on distingue de loin. Pour cela, les architectes de aq4 arquitectura ont conçu un projet qui s’adapte d’une part à la topographie du terrain et d’autre part aux diverses données d’un espace public.

Les volumes sont simples et épurés. Ils se chevauchent pour donner l’impression d’un ensemble cohérent. Le choix des matériaux n’est pas anodin, le corten qui habille le béton est censé rappeler l’histoire de la région et les mines alentours. La disposition de l’édifice étant singulière, les vues ne peuvent pas le manquer. A l’intérieur, le béton laissé à état brut se mêle parfois au bois et ne fait que ressortir la finesse des traits.

La maison de la culture de Ortuella par aq4 arquitectura est un petit bijou à découvrir sans tarder.

@AdriàGoulaSardà

@AdriàGoulaSardà

@AdriàGoulaSardà

Les photos : © Adrià Goula Sardà

Le site de l’agence d’architecture aq4 arquitectura: ici.

En Chine, une bibliothèque qui apporte l’innovation

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En Chine, dans la province de Yunnan, les architectes Olivier Ottevaere et John Lin de l’université de Hong-Kong ont conçu une bibliothèque communautaire dont le toit devient un terrain de jeu. Un original concept apprécié par tous.

La construction de la bibliothèque de Shuanghe fait partie d’un grand projet de reconstruction lancé suite au tremblement de terre de septembre 2012 qui a ravagé une grande partie du village. A l’époque, les maisons ont été détruites laissant les habitants pendant presque un an sans domicile. Depuis, d’autres habitations en briques et en béton ont été érigés et l’université de Hong-Kong a décidé de soutenir la conception ainsi que la réalisation de la nouvelle bibliothèque.

La parcelle du projet étant contraignante, les architectes ont profité de la présence d’un mur de 4 mètres de haut, qui se trouve sur la pente, pour y greffer la bâtisse. La structure est dotée d’un toit incliné qui épouse le sol et prend la forme d’un original terrain de jeu à escalader.

C’est le bois qui a été choisi pour couvrir cet espace destiné à être utilisé par les enfants de la ville qui, ravis du résultat, profitent pleinement de l’intérieur ainsi que de l’extérieur de l’édifice. Une idée innovante pour un village qui a vécu une difficile épreuve.

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Les architectes qui ont collaboré à la réalisation du projet: Crystal Kwan, Ashley Hinchcliffe, Connie Cheng, Johnny Cullinan, Jacky Huang  

A Tours, AFA réhabilite la bibliothèque centrale

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A Tours, les architectes des ateliers AFA (Adrien Fainsilber & Associés) viennent de réaliser la réhabilitation ainsi que la modernisation de la bibliothèque centrale griffée Pierre Patout. Un nouveau souffle a été donné à un fleuron de l’héritage « Art Déco » de Tours.

Construite après la guerre, la bibliothèque centrale de Tours souffrait de plus en plus d’inadaptation vis-à-vis aux nouvelles technologies ainsi qu’aux dernières réglementations de la construction. Il fallait agir vite et redonner à cette structure toute la valeur architecturale et patrimoniale qu’elle mérite. Pour cela, la ville a entrepris la démarche de la réhabilitation du monument qui nécessitait une véritable mise à la page.

Les ateliers AFA en association avec l’agence d’architecture SCPA Rouillon Lemaire ont accompli un travail extraordinaire qui procure à l’ensemble la modernité recherchée. Par le percement de 2 grandes trémies et par l’ajout de 6 puits de lumière, les architectes ont réussi rendre à la bibliothèque son escalier central. Le gigantesque hall qui intègre l’accueil, raccommode l’escalier dans sa vocation de desserte des salles de lecture. Deux nouveaux plateaux de lecture intégrant les nouvelles technologies ont également vu le jour. Les travaux intègrent l’ajout de monte-charges et d’escaliers de secours supplémentaires.

La réhabilitation de la bibliothèque municipale de Tours est un ajustement aux nouvelles donnes de notre époque dans le respect total du patrimoine.

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Le site d’AFA (Adrien Fainsilber & Associés) : ici.

Les photos : © Philippe Hurlin

Au Danemark, une maison de culture qui crée l’émerveillement

© Jens Lindhe

Au Danemark, sur une friche industrielle jusque là délaissée, les architectes de l’agence danoise Dorte Mandrup Arkitekter ont réalisé une maison de la culture pour enfants. Une construction joyeuse qui participe à la résurrection d’un quartier entier.

Amager, qui se prononce Ama’r est l’île la plus peuplée du Danemark. Depuis de nombreuses années, le quartier de Øresundsvej a été un lieu de passage alors que la culture hip-hop danoise se déployait tout autour où les bâtiments industriels abritaient pendant longtemps des studios d’enregistrements de la scène musicale underground. La rue qui traverse Amagerbrogade jusqu’à Amager se caractérisait par divers logements délabrés ainsi qu’un espace urbain délaissé.

En 2005, le quartier a été choisi pour y implanter de nombreux projets à caractère culturel renouvelant ainsi le tissu urbain existant. La maison de la culture de l’enfance fait partie d’un énorme projet de régénération de cette fraction de ville l’objectif étant de redonner un caractère attrayant à cette friche industrielle abandonnée.

La maison de la culture est composée de diverses installations, elle offre des possibilités d’utilisation variées et accueille les enfants de un à dix-huit ans. Située au coin d’une rue, entourée de constructions en briques, l’édifice se distingue par son enveloppe en aluminium argenté perforée par de grandes baies vitrées garantissant à l’ensemble une grande luminosité. L’intérieur est original, il est organisé d’une manière ludique permettant aux enfants un grand bien être. Côté durabilité, le bâtiment applique toutes les règles danoises et se distingue par la maîtrise de sa ventilation et son isolation.

La maison de l’enfance d’Ama’r est une originalité qui, entre inspiration et imagination, crée la fascination.

© Torben Eskerod

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Le site de l’agence d’architecture Dorte Mandrup Arkitekter : ici.

Les photos 1 et 3: © Jens Lindhe

Les photos 2,4 et 5 :© Torben Eskerod

A Cayenne, la bibliothèque universitaire entre ombre et lumière

guybu_photo_04_©Jean-Michel André

En Guyane, l’agence d’architecture parisienne RH+ vient de livrer une bibliothèque universitaire unique dans son genre couplant fonctionnalité et durabilité. Découverte d’un édifice structurant par rapport au pôle où il se trouve et participant au rayonnement de la culture.

C’est au cœur du Pôle universitaire Guyanais (PUG) que les architectes Alix Héaume et Adrien Robain ont livré en décembre 2013 leur projet. Il s’agit de la bibliothèque universitaire qui a pour vocation de rassembler à la fois livres et lecteurs dans un lieu unique dédié à la connaissance et de fournir un service culturel et documentaire de qualité à la communauté.

Outre la fonctionnalité que l’on découvre dans la construction en béton, le parti-pris des architectes était la création d’un espace périphérique ouvert mais protégé qui fait le tour du bâtiment. Cette galerie qui se trouve entre l’intérieur et l’extérieur est à l’abri du soleil et de la pluie et joue le rôle d’un lieu de rencontre et de passage pour les étudiants. Il s’agit là d’un lien fort qui traduit une certaine continuité entre la bibliothèque et le reste de l’université. Alors que le cœur du projet est construit en béton, l’écrin en bois allège l’ensemble, l’ouvre vers l’extérieur, apporte une lumière tamisée à l’intérieur et constitue un important espace collectif.

Et comme la démarche environnementale n’a pas été négligée par les architectes bien au contraire, avec ce projet a été acquis le label de Qualité Environnementale Amazonienne qui n’est que la haute qualité environnementale (HQE) adaptée aux pays tropicaux et subtropicaux, l’objectif étant de minimiser l’impact du bâtiment sur son environnement.

Les architectes n’ont pas négligé pour autant ni le confort visuel ni thermique ni acoustique, un trio indispensable qui procure un maximum de confort aux utilisateurs des lieux. Envisagé comme un lieu ouvert, l’intérieur est vaste et se compose de deux parties, celle dédiée au public et celle réservée au personnel ainsi qu’aux locaux techniques.

La bibliothèque universitaire de Cayenne réalisée par RH+ est un bel exemple d’équipement culturel qui s’insère dans son environnement, c’est un petit bijou dans son écrin à découvrir sans tarder.

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Le site de RH+ : ici.

Les photos 1, 2, 3 : © Jean-Michel André

Les photos 4, 5, 6: © Jonathan Cacchia