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Quand noa* fait revivre un ancien monastère

© Alex Filz

Dans la commune d’Arco, située dans la province de Trente et se trouvant à la pointe nord du lac de Garde, les espaces monumentaux d’un monastère du XVIIe siècle reprennent vie grâce à l’intervntion de l’agence d’architecture noa* qui les a transformés en un hôtel unique, tout en conservant le charme de l’architecture d’époque et son atmosphère de paix et de méditation.

Un noble complexe

Dans le jardin, le spa s’inspire de certaines constructions rurales typiques, que l’on peut trouver sur les rives du lac. Restaurer la puissance majestueuse et la dimension spirituelle d’un ancien centre monastique et faire de ses éléments les plus distinctifs les principales caractéristiques d’un hôtel unique et charmant, était la mission accomplie de noa*. Ce noble complexe ainsi que son vaste jardin, sont entourés d’un haut mur d’enceinte qui date de la seconde moitié du XVIIe siècle. La moitié du bâtiment du monastère, qui abrite également l’église et le cloître, où les religieuses continuent de vivre, ont été laissés intacts et en 2020 le travail sur le projet d’hôtel a commencé en étroite collaboration avec l’Office de la Culture de Trente Patrimoine. « La majesté et la rigueur de l’architecture, les longs couloirs, les plafonds voûtés ainsi que les autres caractéristiques se combinent pour donner à ces espaces un vrai sentiment ancestral », explique Francesco Padovan, l’architecte de l’agence noa* qui a suivi le projet architectural.

Le projet noa* comportait deux phases principales : La rénovation et la transformation du monastère et de ses intérieurs en hôtel, réalisées en créant au rez-de-chaussée, des espaces communs  comme la réception, le hall, la salle de petit-déjeuner, l’espace bar et la cuisine) avec les pièces principalement réparties entre le premier étage et le grenier. L’aménagement d’un nouvel espace de bien-être au sein du jardin luxuriant comprenant 500m² de salles de relaxation, des cabines de soins,des saunas et des parcours de bien-être avec hammam. Ces interventions ont abouti à un hôtel très particulier, comme l’explique Padovan: « Un refuge qui vous fait voyager dans le temps, étroitement centré sur l’histoire et la particularités de ce lieu. Et où chaque choix de construction, chaque matière et détail, a été étudié pour puiser dans la majesté du contexte préexistant, l’exaltant et lui donnant une nouvelle vie ».

Maintenir l’architecture typique

Avec ses 40 chambres (dont 2 suites), le Monastero Arx Vivendi – le nom du nouvel hôtel – offre une hospitalité en parfaite harmonie avec l’emplacement spectaculaire. Du point de vue de la conception, l’idée sous-jacente était de maintenir l’architecture du monastère typique, en préservant la conception originale des chemins intérieurs et en prolongeant sa rigueur géométrique aux nouveaux volumes, tout en portant une grande attention au choix des matériaux et couleurs. « Une philosophie de conception qui nous a guidés et nous a aidés à maintenir la composition, la statique et la clarté visuelle qui fait d’un monastère un endroit si spécial », souligne Padovan. Et ce n’est pas tout. Le paysage agricole environnant a également joué un rôle important, inspirant l’architecture des constructions en verre clair qui abritent l’espace bien-être et créent une relation symbiotique entre l’histoire et la terre.

Entièrement clos par un mur d’enceinte de 7 mètres de haut dont l’aspect d’origine a été préservé, l’intérieur le monastère est réparti sur trois niveaux. « C’est un peu surprenant de découvrir que les espaces de chaque étage sont structurés de manières très différentes », observe Padovan. « Les espaces concentriques du sol le sol contraste avec le majestueux couloir du premier et puis il y a la masse des poutres en bois dans le grenier. Nous avons porté une grande attention à cette variété d’environnements, développer des solutions qui n’altèrent pas les différentes conceptions mais qui renforcent leur charme et leur originalité». Ainsi, l’aménagement des espaces communs du rez-de-chaussée a mis l’accent sur le plan existant du monastère. Situé le long de l’axe central, se trouve la réception, la salle de petit-déjeuner et une salle de lecture/salon, le tout agrémenté de beaux plafonds voûtés d’ogives et entourés par un long couloir continu. Le bar et la cuisine sont également situés au rez-de-chaussée. Une suite avec un jardin privatif a également été créée à ce niveau. Le décor change au premier étage où le majestueux couloir central est bordé de poutres de plafond qui s’étendent sur une longueur impressionnante de près de 50 mètres. Ici les anciennes « cellules » monastiques, alignées sur les côtés, ont été jointes deux par deux pour créer de plus grandes chambres (de 22 à 30 m²). De cette façon, dans chaque pièce, une « cellule » constitue la chambre, tandis que l’autre accueille la salle de bain. Les vieilles portes, en bois clair, sont toutes conservés du côté extérieur, le long du couloir, pour maintenir le spectacle saisissant des entrées qui parsemaient le long couloir. Le premier étage offre également une suite qui a été développé à partir de la partie du bâtiment qui abritait à l’origine les salles d’eau et les salles de bains. Le deuxième étage n’est pas moins frappant. Un grand loft surmonté de fermes accrocheuses, accueillant deux rangées de pièces qui s’ouvrent sur un long couloir central. La restauration des fermes en bois rendent hommage à leur fonction d’origine. Au point le plus élevé du toit, une lucarne court tout le long du plafond, éclairant non seulement le couloir mais aussi les chambres grâce aux faîtières.

Respecter l’architecture existante

Nouvellement développé dans le jardin du monastère, le spa se compose de sept verres clairs et de volumes en métal positionnés le long d’une colonne vertébrale en pierre. Les cours intérieures créent un motif évocateur de volumes avancés et en retrait. « Lors de la conception de cette zone, notre objectif était de créer un dialogue plus étroit avec l’environnement paysagé agricole qu’avec le monastère, un peu trop « puissant » en terme architectural », explique Padovan. « Pour ce faire, nous avons utilisé des éléments très simples avec une forte clarté structurelle. La charpente métallique légère, organisée en piliers et poutres, est inspirée par les maisons rurales caractéristiques du lac de Garde ». La colonne vertébrale de liaison – composée d’une série de piliers recouverts de pierre de Vicence, dont les couleurs rappellent les structures préexistantes, et une architrave horizontale en préfabriquée et béton sablé – fait écho au mur en pierre du canal surélevé qui court le long du côté oriental du couvent. L’espace bien-être comprend un espace de détente avec transats, un espace de soins et un deuxième espace de détente face au « lac naturel » qui est un bassin d’eau naturelle aux reflets bleu foncé. Vient ensuite un troisième espace de détente en galerie ouverte dans les cours verdoyantes, puis les saunas (dont un sauna finlandais) et un type particulier de hammam ou cours de bien-être qui tourne autour d’une grosse pierre noire chauffée.

« Le projet de conception a été guidé par notre respect total de l’architecture existante. Le design a été adapté aux espaces monastiques austères avec des solutions, sans compromis sur le confort, la fonctionnalité et l’esthétique contemporain », explique l’architecte d’intérieur Niccolò Panzani de noa*, qui a supervisé le projet de décoration d’intérieur. Les plafonds et décorations d’origine des espaces communs du rez-de-chaussée ont été conservés et restaurés. Les teintes dominantes sont le blanc, le gris et le noir, il s’agit des couleurs historiques du monastère. Les sols en béton, sont construits sur ceux d’origine, à l’exception du couloir de l’étage qui mène de l’entrée principale au jardin intérieur et qui maintient son revêtement en terre cuite d’origine après avoir été soigneusement restaurés. Après restauration et consolidation des travaux, les murs et les voûtes ont été traités pour créer un enduit ondulé qui donne un effet antique.

Textures et matières

La réception se distingue par son grand bureau en pierre, recouvert de granit et éclairé par une « pluie » de lampes suspendues et minimalistes. Autour de la réception se trouvent des chaises en fer forgé. Tout aussi sobre et agencée avec goût, la grande salle de petit-déjeuner, dominée par une longue table centrale qui rappelle l’ancienne réfectoire, comporte de plus petites tables positionnées le long les murs. Dans l’espace bar et la salle des buffets, un puits restauré et une cheminée ont été adaptés en îlots buffet. Au premier étage le majestueux couloir central, dont le sol en terre cuite a été refait sur la base du sol existant, a été délibérément laissé libre de mobilier. La totalité des chambres partagent une conception très rigoureuse, également en termes de choix de matériaux : les sols en chêne rabotés à la main pour la chambre et des carrelages d’aspect naturel pour la salle de bain. Le noir a été choisi pour les meubles, dont celui de la salle de bain. Tout est conçu sur mesure, y compris les lits à baldaquin en métal avec du chêne noir. Les chambres du loft adoptent le même style, mais avec quelques concessions supplémentaires à la modernité comportant des couleurs plus douces, des lits capitonnés pour le confort acoustique et des lampes en céramique. Dans l’espace bien-être, le choix des matériaux et de la décoration cherche à mettre en valeur la chaleur et atmosphère apaisante des chambres, caractérisée par les tons chauds du chêne blanchi, des textiles effet lin et du coton. A l’intérieur du spa, tout est conçu pour générer un sentiment de calme et de détente – des panneaux de bois fraisés qui font écho à la grenade au design stylisée, symbole du monastère, aux lits suspendus comme des balançoires et aux bancs du sauna naturel, qui incitent à la méditation et rappellent une salle de prière.

Une fois de plus, l’architecture de l’agence noa* est perceptible et fait, comme son habitude, la différence. A commencer par le mobilier strictement artisanal et le naturel des matériaux choisis, comme la pierre et le bois. « Notre attention aux détails et nos conceptions personnalisées nous permettent de créer des créations uniques, exclusives, des projets ad hoc pour nos clients qui ne sont jamais répétitifs », souligne Niccolò Panzani. « Mais ici, la situation exceptionnelle a aussi contribué à façonner nos choix et restaurer ce sentiment de paix et de tranquillité que le monastère a sauvegardé pour des siècles »

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Andrea Dal Negro

Le site de l’agence noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz

 Les photos par drone : © Andrea Dal Negro

La renaissance de la Comillas House

© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)

Dans la commune espagnole de Comillas, l’agence d’architecture GarciaGerman Arquitectos vient de terminer la réhabilitation ainsi que la reconstruction d’une maison historique aux traits sobres et lignes pures. Une réalisation aux diverses qualités.

Un charmant effet d’empilement programmatique

Le projet comprend une rénovation complète et une reconstruction partielle d’une maison datant du 19ème siècle située au centre de la ville de Comillas, dans le région espagnole du nord de la Cantabrie, non loin de Santander. Compte tenu du plan typique de la parcelle à l’origine rurale, la nouvelle distribution profite de l’organisation nouvelle, en ajustant des espaces autonomes le long de la partie de la maison, aménagée pour une utilisation intensive requise par une grande famille.

La maison possède un charmant effet d’empilement programmatique selon lequel la chambre à coucher est située entre les espaces de cuisine-salle à manger au rez-de-chaussée et l’espace situé plus haut. La séquence se termine par un salon double hauteur au dernier étage, c’est un lieu charmant et coquet qui convient aux rassemblements et aux vues très recherchées sur les montagnes de Picos de Europa d’une part et la mer cantabrique d’autre part.

La façade garde cependant sa forme ancienne, elle est restaurée selon les principes d’autrefois et fait un joli clin d’œil aux constructions environnantes. Les architectes ont accompli un travail minutieux sans oublier l’essence du lieu. L’inversion de la hiérarchie conventionnelle entre les programmes, avec le placement des parties où la famille peut se rencontrer et recevoir des amis au-dessus des chambres à coucher, compense les contraintes urbaines étroites de la maison, elle met également en scène un schéma d’organisation qui incite à une utilisation ludique de ces espaces.

Une utilisation intensive de bois naturel et de tons pastel

En contraste avec l’architecture massive aux murs de pierre, le ton général des finitions intérieures est dominé par une utilisation intensive de bois naturel et de tons pastel. Les architectes ont veillé à la minutieuse reconstitutions des rampes, de la loggia et des autres éléments d’origine. La maison initiale, presqu’en ruine, contenait un ensemble de tuiles vernissées dans sa façade qui a été transportée de la proximité du palais El Capricho, construit au XIXe siècle par Antoni Gaudí. Ces pièces ont été initialement installées en 1884 et dans la position exacte où elles ont été restaurée par l’italien Antonio Bona, le premier propriétaire de la maison qui était également le maître d’œuvre de Capricho. La récupération de ces carreaux, ainsi que la conception des nouvelles cheminées de la maison, stimule le lien et la mémoire entre les typologies ancestrales de cette architecture et l’extraordinaire épanouissement culturel de l’Art Nouveau à Comillas, constituant une caractéristique majeure du charme de cette petite commune espagnole.

© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)
© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)
© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)
© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)
© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)

Le site de GarciaGerman Arquitectos : ici.

Les photos : © Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)

Au Portugal, la Casa Rio, un doux mélange de sobriété et d’élégance

© Ivo Tavares Studio

A la fois simple, sobre et esthétique, la Casa Rio croise adroitement l’ancien et le nouveau. Réalisée au Portugal, à Gondomar par l’agence Paulo Merlini architects (Paulo Merlini et André Santos Silva), la conception puise dans l’histoire de la région et propose une nouvelle écriture qui s’avère être un condensé de bonne procédés.

Trois volumes distints

Le projet résulte de la rénovation d’une ancienne ferme située dans une ville très rurale. Les architectes nous racontent qu’en démontant les divers éléments de l’ancienne façade, ils ont découvert que la maison était en fait composée de trois petites maisonnées construites selon les diverses exigences de l’ancien propriétaire. Ces trois volumes distincts étaient donc la clé de la création du nouveau projet.

Les architectes, en maintenant la structure du volumes d’origine et en laissant telle quelle l’ancienne forme, ont unifié l’ensemble à travers une grande dalle perforée d’un patio central. Ce dernier, très lumineux, est censé amener la lumière naturelle dans tout l’espace collectif situé au sol sol. Un toit de jardin arrangé sur cette dalle centrale offre un nouveau jardin intime à toutes les pièces et espaces privés de la maison, un geste intelligent qui rend l’ensemble plus accueillant.

Les détails à l’honneur

Concernant la matérialité du projet, les architectes soulignent que leur intention était de « créer un contraste fort entre les deux étages ». Ainsi, tandis qu’au rez-de-chaussée est mise en application une matérialité plus grossière, dénonçant la tectonique de la construction et transmettant la sensation de vivre à l’intérieur d’une masse de granit excavée, avec une très forte relation avec l’espace extérieur, à l’étage supérieur, la géométrie des trois volumes originaux des maisons est mise est accentuée par une couleur immaculée qui attire la lumière. Au même étage, les volets en bois, la couleur blanche des murs et les parquets recréent l’ambiance d’une maison de campagne portugaise typique.

Par ailleurs, nous pouvons constater qu’une attention particulière a été octroyée aux divers détails intérieurs qui font de la réalisation un précieux bijou puisant sa force dans l’histoire et s’orientant vers le futur. La Casa Rio de Paulo Merlini architects concentre bien des qualités qu’il faut découvrir sans tarder !

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Paulo Merlini architects : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

Facebook: www.facebook.com/ivotavaresstudio ;

Instagram: www.instagram.com/ivotavaresstudio

A Woodside, la gracieuse réalisation signée Walker Warner Architects

© Matthew Millman

En Californie, l’agence d’architecture Walker Warner Architects a réalisé une élégante résidence qui allie merveilleusement et avec une grande délicatesse différentes textures. Lignes épurées, traits sobres, espaces généreux et une grande luminosité sont les principaux caractéristiques du projet.

Une variété d’expériences

Les architectes nous racontent que le concept de ce projet a commencé par une exploration de bâtiments séparés agencés pour créer une variété d’expériences de vie intérieures et extérieures mais complémentaires. Compte tenu du contexte rural de la ville de Woodside, les bâtis agricoles de la région et les formes emblématiques ont été référencés pour l’inspiration, ainsi que la fonctionnalité.

La maison est une compilation de trois bâtiments principaux, la maison principale, un bureau et une grange, le tout disposé autour d’une cour centrale où se trouve une piscine, pour créer une variété d’espaces intérieurs-extérieurs complémentaires et diverses possibilités de vie. « C’est une interprétation contemporaine des habitations rurales et traditionnelles », déclare l’architecte principal Greg Warner. Une quatrième entité composée du pool house complète l’ensemble. Il s’agit d’une série de trois pavillons alignés sur le même axe utilisant des matériaux similaires comme contrepartie inventive des bâtiments principaux.

Un langage commun

Toutes les constructions partagent un langage commun des lignes asymétriques fortes avec une palette de matériaux communs de pierre, du bois de cèdre rouge, de verre et d’acier, réunis sous un toit de zinc. L’utilisation de la pierre évoque la rusticité, faisant un joli clin d’œil vers les structures des anciennes fermes, tandis que les planches de cèdre à motifs aléatoires et la toiture en zinc rappellent le langage vernaculaire rurale de la grange à foin de Californie. En insérant de l’acier apparent et de grandes étendues de verre, la maison adopte un style contemporain et contrasté.

La grange, positionnée à l’avant de la propriété, sert d’entrée symbolique, renforçant le caractère rural du contexte environnant. Un passage ouvert menant à travers la grange encadre considérablement la façade d’entrée de la résidence principale. En entrant dans la cour, formée par trois structures, l’équilibre de l’espace et de la matière anime le projet dans son ensemble.

La résidence principale comprend deux espaces de vie principaux constitués d’un salon et d’une cuisine attenante à une salle à manger familiale. Une suite parentale, trois chambres et un bureau composent le deuxième étage. Concernant l’intérieur, la lumière est partout grâce aux grandes baies vitrées qui s’ouvrent sur l’extérieur brouillant les limites intérieur-extérieur. Une certaine subtilité se dégage du mélange des différentes textures. Entre sobriété et élégance la propriété réalisée par Walker Warner Architects constitue une curiosité à découvrir sans tarder !

© Matthew Millman
© Matthew Millman
© Matthew Millman
© Matthew Millman
© Matthew Millman

Le site de Walker Warner Architects : ici.

Instagram: @walkerwarnerarchitects

Les photos : © Matthew Millman

Instagram: @matthewmillmanphoto

Architecture intérieure: Shawback Design Associates ; Paysagisme: Lutsko Associates ;

Maîtrise d’ouvrage: Chesler Construction

D’un ancien moulin en un lieu de fabrication artistique

© Cécile Septet

Dans les Yvelines, aux Mureaux, l’agence THINK TANK architecture paysage urbanisme a réhabilité un ancien moulin en le transformant en un charmant lieu de fabrication artistique. Sobriété et élégance sont au rendez-vous.

Intervenir sur l’existant sans changer son essence tout en lui insufflant un nouveau souffle est un exercice complexe qui demande une certaine dextérité. L’agence d’architecture parisienne THINK TANK dirigée par Marine de La Guerrande et Adrien Pineau a su sonder l’âme des lieux, valoriser l’existant tout en apportant une charmante touche de nouveauté.  

Adapter l’ancien

Situé dans le périmètre de l’opération ANRU démarrée en 2006, ce moulin à eau du 18ème siècle, devenu ferme puis presbytère, avait été racheté par la ville dans l’attente d’une nouvelle vie. Aujourd’hui, grâce à la délicate intervention de l’agence THINK TANK, il se transforme en un lieu de fabrication artistique dédié d’une part aux pratiques amateures et d’autre part aux résidences d’artistes, sans oublier les diverses expositions qui viendront enrichir l’ensemble.

Les architectes nous expliquent que leur démarche consistait avant tout à « produire un outil de travail performant et pérenne, propice à la création artistique, en travaillant sur des potentiels (spatiaux, financiers, techniques, opérationnels). » C’est pour cette raison que les qualités urbaines et architecturales du lieu ont été mises en exergue. De ce fait, le lieu a été rendu plus accessible malgré une différence de niveau de quatre mètres entre la rue Molière et la cour et plus ouvert sur le parc. Le projet de réhabilitation tire parti des beaux volumes et des matériaux rustiques mais de qualité que les architectes qualifient comme « une architecture d’une autre époque, à la résonnance particulière dans ce quartier en pleine restructuration. »

Dans ce quartier en pleine régénération, les trois corps de bâtiments forment un ensemble homogène d’époque. Les architectes ont proposé de garder la pierre, les gabarits construits et les charpentes. Cependant, il fallait avant tout régler le problème de la différence de niveaux entre la rue Molière, la cour de la ferme et le niveau de sol de la bergerie, d’où la mise en place d’un dispositif composé de gradins et d’escaliers qui facilite l’accès, y compris aux personnes à mobilité réduite, à tous les bâtiments.

« Dès le démarrage de l’opération, nous avons également proposé de renommer les lieux pour que démarre l’appropriation du projet par chacun. Plus personne ne savait nommer ce lieu ni les différents bâtiments. La toponymie est le premier outil possible de transformation d’un lieu et de son histoire. » nous confient les architectes.

Pour favoriser la création

Tandis que la bergerie et les granges accueillent les grands ateliers, Le bâtiment du moulin accueille des ateliers, les espaces annexes comme les rangements et les sanitaires mais aussi les locaux support pour le personnel des espaces verts. Parmi les divers changements, nous pouvons noter le remplacement du pan de la toiture nord par une verrière et le hall qui a trouvé sa place sur le pignon nord du moulin. Ce dernier, abritant l’espace d’accueil et les circulations verticales ainsi qu’un ascenseur, est positionné en rotule et permet d’avoir une entrée depuis la rue Molière outre l’accès côté cour.

Les architectes nous racontent que la palette des matériaux utilisés est restreinte, leur choix s’est porté vers « des matériaux de type industriel, rappelant à la fois la destination du lieu (fabrication artistique) et l’approche durable qui guide notre conception (économie de moyen, de gestion, réutilisation, pérennité). »

Aux Mureaux, la réhabilitation menée adroitement par les architectes de THINK TANK participe à la volonté de la ville de créer une certaine dynamique culturelle. « Les bâtiments ont été abandonnés longtemps, le jardin était fermé et il fallait contourner le site. Pendant le chantier, de nombreuses personnes sont venues m’interroger sur le projet, heureux de voir ce lieu en pleine renaissance. Chacun avait une anecdote à ce sujet, et partageait ses souvenirs. Voir la rapidité avec laquelle les habitants du quartier se sont réappropriés les lieux est la plus belle récompense » nous confie Marine de La Guerrande architecte en charge du projet. Aujourd’hui, après un an d’ouverture, le lieu vit et les usagers sont satisfaits. Un travail qui mérite reconnaissance.

© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet

Le site de THINK TANK architecture paysage urbanisme: ici.

Les photos : © Cécile Septet

En Espagne, Zooco Estudio réalise un projet aux lignes pures

© Zooco Estudio
© Zooco Estudio

En Espagne, à l’est de Santander, dans la commune de Güemes, l’agence d’architecture Zooco Estudio basée à Madrid et à Santander, vient de terminer une charmante réhabilitation. Il s’agit d’un ancien étable que les architectes ont reconverti en une maison familiale élégante et aux lignes pures.

Simple et sans prétention

Les architectes nous racontent que le bâtiment existant reproduisait fidèlement le système de construction local. A la fois simple et sans prétention, il était composé de murs en pierre soutenant un toit à pignon en bois avec des tuiles. « La nature de cette intervention architecturale est basée sur un respect absolu envers ce qui existe déjà; respect non seulement envers les matériaux traditionnels utilisés mais aussi envers le type d’espace créé à l’intérieur. » Déclare ainsi les architectes.

Les espaces principaux de la maison sont développés comme une seule unité dans le grand espace central comprenant l’ancienne étable. La nouvelle disposition garde le même cadre neutre et global . Les architectes nous apprennent que seule la chambre principale, cachée derrière une étagère, est séparée de l’espace général. Une deuxième chambre, accessible par l’escalier extérieur du passage d’origine à l’entrée du bâtiment, est située au-dessus de la principale, afin de compléter la hauteur du bâtiment annexe. Pour renforcer cette idée d’un plan d’étage ouvert, une pièce de stockage est intégrée dans le périmètre de l’espace, libérant de l’espace intérieur et mettant en valeur le toit en bois traditionnel.

Les seules modifications partielles de l’architecture existante sont celles apportées aux façades. Les ouvertures existantes ont été agrandies sur les façades orientées à l’est et à l’ouest, avec l’idée d’incorporer la nature et les vues sur les montagnes cantabriques, à l’intérieur de la réalisation. Quant aux façades orientées nord et sud, elles étaient en mauvais état et ont été complètement ouvertes.

Bois, pierre et béton

Une autre caractéristique notable de la maison est son système d’intimité composé de persiennes coulissantes sur la façade orientée sud, donnant aux utilisateurs des lieux une totale liberté de communiquer avec l’extérieur. L’extension a été conçue dans une perspective plus rationnelle. Sa forme en L et sa position sur le site, presque en contact avec le bâtiment existant mais sans le toucher, ont facilité la création d’un espace ouvert entre les bâtiments. C’est là que se trouve la piscine où les meilleures vues du site peuvent être admirées.

Le nouveau volume comprend l’hébergement pour les invités, une salle de réunion, un sauna et un porche de transition placé à côté de la piscine. En ce qui concerne les matériaux, l’intervention a adopté le style existant. Les bois locaux, la pierre de la région, les façades blanches et les carreaux forment ensemble l’esthétique de l’unité. Le béton et la structure métallique offrent un contrepoint contemporain à cet exemple exceptionnel d’architecture traditionnelle cantabrique. Les architectes de Zooco Estudio ont accompli un travail exemplaire qui a donné un résultat enchanteur !

© Zooco Estudio
© Zooco Estudio
© Zooco Estudio
© Zooco Estudio
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© Zooco Estudio
© Zooco Estudio
© Zooco Estudio

Le site de Zooco Estudio : ici.

Les photos : © Zooco Estudio