Deux maisons en une, l’histoire d’une coquette extension

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A l’ouest de Rennes, à l’écart d’un quartier résidentiel dense, non loin du centre-ville, l’architecte Clément Bacle basé à Nantes a réalisé l’originale extension d’une maison qui se greffe à l’ancienne demeure utilisant habilement quelques parties communes de cette dernière. Il en résulte une maison atypique qui, à première vue, peut dérouter tout visiteur.

C’est en Avril 2014 que l’architecte Clément Bacle a livré l’extension d’une maison qui se trouve dans un cadre de verdure à Rennes. D’une superficie de 65 m², la nouvelle extension n’est que le prolongement d’une maison déjà existante. La sœur de la propriétaire de l’ancienne maison a souhaité un jour réaliser sa propre demeure sur le reste de la parcelle. Un défi délicat vu l’exigüité du terrain. Au programme une petite maison de ville jumelée à l’existante qui s’insère sur le terrain, profite du jardin existant, tout en gardant une part de nouvelle écriture architecturale.

Que ce soit pour la forme ou pour la couleur, l’extension reprend les mêmes codes architecturaux que l’ancienne résidence. Même hauteur de plafond et mêmes lignes dictent la nouvelle construction. Sauf que cette dernière se démarque par le choix du bardage ainsi que les lucarnes, au lieu de la pierre utilisée jadis, l’architecte opte pour le bois et rajoute l’acier inoxydable comme élément novateur. La création d’un espace commun, sous forme d’un passage couvert au rez-de-chaussée et d’un petit salon au premier étage se démarquant par une fente en verre, délimite les deux propriétés entre-elles. L’intérieur est épuré et donne un sentiment d’amplitude malgré la surface de la maisonnée.

L’extension conçue par Clément Bacle qui répond parfaitement aux attentes des propriétaires s’insère sans embarras dans le paysage résidentiel où elle se trouve et c’est un projet à découvrir.

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Le site de Clément Bacle : ici

Les photos: © Martin Argyroglo

L’impressionnante « Villa H36 »

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Arrivée en tête pour décrocher la première place de la WAN Architecture Award 2014 concernant la catégorie « construction en béton » la Villa H36 est un petit bijou réalisé par l’agence d’architecture MBA / S Matthias Bauer Associates. Un projet remarquable à découvrir sans tarder.

Les critiques étaient nombreux, pour choisir le projet de l’année il a fallu au jury faire la part des choses. Difficile choix entre diverses constructions, toutes en béton dans tous ses états. Du préfabriqué aux différentes possibilités que le béton puisse aujourd’hui offrir aux architectes. La Villa H36 est donc la favorite qui a su séduire les membres du jury par ses qualités structurelles, fonctionnelles et à la fois esthétiques. Prenons par exemple les quelques ouvertures percées dans le plafond que l’architecte a utilisé comme fenêtres. Une idée ingénieuse au résultat séduisant.

H36 est une maison contemporaine qui tranche avec les constructions traditionnelles tout autour, nichée sur le flanc d’une colline, elle se démarque d’autrui tout en s’approchant de leur forme. Composée de trois étages, l’habitation allie brillamment le béton et le verre pour un résultat des plus satisfaisants. A la fois simple et épurée, la maison se dote d’une grande luminosité à son intérieur grâce à ses grandes ouvertures. Le bois et l’acier y font leur apparition pour peaufiner l’ensemble.

Donnant sur la ville de Stuttgart, dans un environnement privilégié, la Villa H36 est une originalité qui mérite sa récompense.

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Le site de l’agence d’architecture MBA/S (Matthias Bauer Associates): ici.

Les photos: © Roland Halbe

Quand l’eau devient source d’inspiration

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En Espagne, l’architecte Juan Domingo Santos a transformé l’ancien abattoir de Lanjarón en un original musée de l’eau. Un bel ouvrage qui met en avant l’architecture industrielle de l’époque tout en racontant une nouvelle histoire, celle de l’eau.

Lanjarón est une ville qui se trouve dans le sud de l’Espagne et qui est connue par ses stations thermales. Le projet du musée nécessitait selon les instigateurs un lieu naturellement riche en eau. Le choix se porte alors sur une parcelle située à l’entrée du parc régional de la Sierra Nevada, le long de la rivière Lanjarón où se trouvait jadis l’ancien bâtiment de l’abattoir ainsi qu’un lavoir.

C’est donc sur un site protégé de toute spéculation immobilière où le musée prend place. Le manque de budget contraint l’architecte à la réutilisation et le recyclage des matériaux locaux. Le bâtiment de l’abattoir a été intégré brillamment au musée, à l’avant du complexe a été installé un carré contenant quelques orangers, l’eau y est omniprésente d’où une atmosphère rafraîchissante qui domine l’ensemble. Une nouvelle bâtisse en bois sur l’ancienne cour de l’abattoir renvoie vers les traditionnelles constructions de la région. Conçue comme un espace de contemplation où un plan d’eau se répand sur le sol, le pavillon qui comporte deux ouvertures, une entrée ainsi qu’une sortie, est dominé par un bel effet d’ombre et de lumière. Quant aux anciens bâtiments, ils ont été nettoyés la structure ainsi que la toiture ont été laissées à nu.

Cependant au cours des travaux, l’équipe fait une belle découverte, la structure de l’abattoir appartenait initialement à une série de moulins à eau et a été déjà réutilisée. Une découverte presque archéologique donc qui donne au projet une nouvelle valeur.

Les espaces d’exposition qu’elles soient permanentes ou thématiques offrent un large panel d’informations. La rencontre entre l’architecture historique et celle d’aujourd’hui se fait ici sans heurt, l’un magnifie l’autre tout en se respectant mutuellement. Il s’agit ici d’une belle preuve de cohabitation à suivre comme exemple.

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Le site de l’agence d’architecture de Juan Domingo Santos : ici.

Les photos: © Fernando Alda

« Findlay Residence »

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Dans le nord de Vancouver, sur une parcelle difficile, les architectes de Splyce Design (Nigel Parish, Tomas Machnikowski ) ont conçu une originale maison familiale avec patio où la présence du bambou rend l’ensemble à la fois agréable et atypique.

La résidence se trouve sur un terrain en forme irrégulière au nord de Vancouver. Les espaces de vie s’organisent autour d’un vide extérieur qui s’étend sur deux étages. Au rez-de-chaussée, le jardin, planté de bambous, sépare l’espace cuisine/salle à manger du salon. A l’étage, une passerelle vitrée lie les deux côtés laissant libre court aux quelques arbres qui se développent de l’extérieur sur deux étages.

Alors que côté est, la maison est fermée vers l’extérieur, côté ouest, de grandes portes coulissantes s’ouvrent vers le patio adjacent brouillant ainsi les limites entre intérieur et extérieur. Les larges baies vitrées assurent une grande luminosité à l’intérieur de la résidence où le mobilier contemporain marque le ton. Les espaces sont optimisés et l’ensemble est accueillant.

La « Findaly Residence » est une coquette maison à découvrir sans tarder.

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Le site de Splyce Design : ici.

Les photos : © Splyce Design

« Open House » un original village perché en Corée

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Dans la province de Gyeonggi, au sud de Séoul, les architectes de Raum Labor ont conçu un extraordinaire village dans les arbres offrant ainsi aux habitants tout le confort pour y vivre convenablement. Un travail communautaire qui a vu depuis le jour et continue à s’enrichir.

C’est dans la ville d’Anyang que les architectes de l’antenne coréenne de l’agence Raum Labor (originaire de Berlin) ont entrepris d’installer leur projet. Il s’agit d’une idée novatrice tant par la forme que par le fond, où les 200 habitants d’un village vertical (épaulé par les architectes) s’entraident pour la construction.

Niché dans les arbres, le village est constitué de vingt chambres imitant chacune la forme d’une mini-maison, le tout développé sur cinq étages. On y trouve tout ce qu’une communauté a besoin, du jardin collectif au salon de thé en passant par un local à vélos, un atelier de recyclage et une maison passive, le tout dans un environnement agréable et accessible à tous.

Beaucoup plus qu’un simple lieu de rencontres, « Open House » est devenu depuis son inauguration (Juin 2014) une curiosité dans le coin. C’est un vrai laboratoire d’expérimentations même si suivant les architectes, il reste encore beaucoup à faire. Dès le départ l’idée même d’un tel projet était « de produire un lieu de vie à l’image d’une « sculpture sociale » capable d’évoluer avec le temps« . Un objectif remarquablement atteint qui peut même donner l’exemple.

@RaumLabor

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Le site des architectes Raum Labor: ici.

Les photos : © Raum Labor.

Une extraordinaire reconversion signée Witherford Watson Mann

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En Angleterre, dans le comté de Warwickshire, l’agence d’architecture londonienne WWM Architects a réhabilité et reconverti un château datant du XIIème siècle. Un projet remarquable qui a remporté le RIBA Stirling Prize 2013.

C’est un château en ruine qui se trouve sur un terrain entouré d’un lac ainsi que d’une église et Il se trouve à Astley, dans le centre d’Angleterre. Après des années, l’édifice laissé à l’abandon a connu une importante détérioration jusqu’au jour où l’on a décidé de le transformer en résidence de vacances. Ce sont les architectes de l’agence Witherford Watson Mann qui ont accompli la reconversion, un travail délicat qui ramène la nouveauté tout en respectant le patrimoine.

Pour cela, les créateurs ont conservé les murs existants et ont inséré au milieu des ruines une nouvelle bâtisse reprenant les codes de ce qui reste du château. Côté matériaux, le bois joue non seulement un rôle décoratif mais également structurel. A cela s’ajoute l’utilisation du béton et de la brique qui rend l’ensemble encore plus cohérent. L’intérieur présente un mélange surprenant d’époques visible via les murs et le plafond.

Ici, il ne s’agit point d’un vulgaire pastiche mais d’un projet qui a su subtilement préserver le patrimoine et en réaliser un projet à la fois fonctionnel et esthétique. La reconversion du château d’Astley mérite bien son prix Stirling.

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Le site des architectes : ici.

Photos: Hélène Binet

Innovation ou retour aux sources?

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Vernaculaire l’architecture ? Il suffit de découvrir les œuvres de l’architecte Diébédo Francis Kéré pour comprendre les préceptes qui en émanent. A Gando, l’extension de la bibliothèque est dotée d’un éclairage naturel créé grâce au recyclage. Entre innovation et retour aux sources, de nouveaux chemins se dessinent et l’architecture en sort triomphante.

Sur le site internet de l’architecte une phrase attire l’attention : « People are the basis of every piece of work ». Un bon résumé de l’esprit même ainsi que de la manière de faire d’un personnage qui se distingue par ses remarquables conceptions architecturales.

Il s’agit du plafond (de forme elliptique) de la bibliothèque du village qui fait un bon usage des technologies locales. Ouvert à tous, l’établissement est censé transmettre les connaissances d’une génération à l’autre. Retour vers le passé pour un choix de matériaux des plus inattendus.

Des pots d’argile, traditionnellement réalisés par les femmes du village, ont été amenés sur le chantier. Coupés des deux côtés, ces anneaux sont posés sur le plafond où on coule le béton. Le résultat est un doux jeu d’ombre et de lumière qui se reproduit à l’intérieur de l’édifice ainsi que la création d’un système qui fait circuler naturellement l’air.

Tout autour de l’ellipse se trouve un parallélépipède évidé qui sert d’alcôve et qui se tient grâce à des poteaux d’eucalyptus, un matériau de construction adapté au Burkina Faso.

A la fois économe et durable, l’architecture de la bibliothèque de Gando est incontestablement créative.

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Le site de l’architecte Diébédo Francis Kéré : ici.

Les photos: © Kéré Architecture.

Les travaux de l’architecte s’exposent entre autres à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris, à l’occasion de l’exposition Réenchanter le monde.

« Vingt-quatre heures d’architecture » c’est parti

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Vendredi, le 20 juin 2014 a eu lieu à Paris le lancement de l’édition numéro deux du « 24 heures d’architecture » qui cette année se tiendra à Marseille le 17 et 18 octobre. Une manifestation « à 360° » qui touche l’architecture contemporaine en ayant des auditoires variés.

Après la manufacture des tabacs à Strasbourg en 2012, c’est la friche la Belle de Mai à Marseille qui accueille le 17 et 18 octobre prochain l’évènement « Vingt-quatre heures d’architecture » soutenu par le réseau des Maisons de l’Architecture de France. Une deuxième édition d’une belle aventure architecturale qui s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Ainsi, les acteurs de la société, des plus petits aux plus grands pourront étoffer chacun à sa manière leur propre réflexion sur la ville. Pour cela, il sera mis en place, à l’attention du public, un riche programme qui va de la simple table ronde pour échanger des idées à des expositions, jusqu’aux balades et visites guidés en passant par de multiples ateliers pédagogiques pour les enfants ou des séances de cinéma, le tout avec comme thème central la ville et sa métamorphose.

Ce 20 juin 2014, André Jollivet, le commissaire de « Vingt-quatre heures d’architecture 2014 » devant un parterre de journalistes, en reprenant les propos de Rudy Ricciotti « Marseille a besoin de tendresse » a développé le programme en expliquant les divers enjeux attendus. Quant au lieu choisi, il s’agit de la Friche Belle de Mai, un lieu hautement symbolique qui mis à part sa capacité et sa surface d’accueil, compte aujourd’hui parmi les quartiers les plus pauvres d’Europe.

Cette année, les organisateurs espèrent avoir une grande affluence, surtout après le succès que l’évènement a connu à Strasbourg avec près de 7000 participants. D’ici le mois d’octobre, suivons les nouvelles : ici et retrouvons-nous à Marseille pour discuter et faire parler la ville.

Les photos : © Vingt-quatre heures d’architecture

(La Friche La Belle de Mai a déjà accueilli la première monographie consacrée à Rudy Ricciotti cette année.)