La maison avec vue sur la baie de Rio

© Fernando Guerra / FG + SG
© Fernando Guerra / FG + SG

Situé dans les collines près de la plage de São Conrado et avec une vue spectaculaire sur la baie de Rio de Janeiro, l’architecte Arthur Casas a réalisé une impressionnante maison en béton. Lignes épurées et volumes distingués sont au rendez-vous.

Un panorama idyllique et une maison qui répond entièrement aux attentes de son propriétaire, tels sont les atouts de la « Casa AL » érigée pour un ami de longue date de l’architecte. Le choix judicieux de la parcelle a été accompagné par une architecture sobre qui habite astucieusement le paysage.

Suspendu entre mer et terre

Dès le départ, l’objectif du propriétaire était clair: profiter de la vue incroyable sur les montagnes et la mer de Rio tout en habitant des volumes spacieuses. Il s’agit d’un ami de longue date pour qui l’architecte avait la minutieuse tâche de trouver un terrain et d’y construire la maison de ses rêves. L’homme d’affaires est un célibataire qui souhaite quitter son appartement et vivre dans une grande maison  qui répond à ses critères.

Sauf que le terrain choisi n’avait pas une vue directe sur la mer. Mais l’ingéniosité de l’architecte s’est déployée pour transformer la parcelle en un véritable comte de fée où non seulement le propriétaire peut jouir d’un joli panorama ouvert vers la mer mais un lieu  singulier qui tire le meilleur du paysage environnant.

La disposition au sein de la villa est originale, tandis que les chambres à coucher se trouvent au rez-de-chaussée, les parties communes comme le salon et la salle à manger donnent directement vers une terrasse qui accueille une gracieuse piscine en forme de rectangle. Les grandes baies vitrées s’ouvrent directement vers l’extérieur estompant les limites avec l’intérieur. Un troisième étage, plus modeste accueille une suite pour le propriétaire ainsi que son bureau personnel.

Les matériaux utilisés sont la pierre et le bois, ils s’inspirent du paysage et donnent à l’ensemble une certaine élégance. L’agencement intérieur favorise le confort et les éléments de décoration sont de bonne facture. Tout a été bien pensé jusqu’aux moindres détails qui dévoilent une maîtrise parfaite de la part de son architecte. C’est un incroyable projet suspendu entre mer et terre. Une réussite en somme !

© Fernando Guerra / FG + SG
© Fernando Guerra / FG + SG
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© Fernando Guerra / FG + SG
© Fernando Guerra / FG + SG
© Fernando Guerra / FG + SG

Le site de Studio Arthur Casas : ici.

Les photos: © Fernando Guerra / FG + SG

L’original kiosque de RO & AD Architecten

© Bastiaan Musscher
© Bastiaan Musscher

Aux Pays-Bas, l’agence d’architecture RO & AD Architecten (Ro Koster, Ad Kil et Martin van Overveld) a réalisé en 2015 un kiosque atypique qui se glisse dans la muraille d’une forteresse et s’approprie le lieu. La construction minimaliste est revêtue d’Accoya®, le premier bois haute technologie au monde. Découverte d’un projet simple et coquet.

Le Ravelijn est un fort conçu par Menno van Coehoorn, il date du début du 18ème siècle et il est situé à Bergen op Zoom aux Pays-Bas. Il s’agit de l’unique « Raveleijn » au monde très apprécié des touristes. A la fin du 19ème siècle, la forteresse a perdu sa fonction défensive et depuis, l’île-fort est principalement utilisé pour des événements publics et privés.

Un choix atypique

La mission des architectes était de concevoir sur l’emplacement du fort un kiosque avec des toilettes publiques et un point d’information. Le choix est atypique. Au lieu d’ériger un nouveau volume, les architectes privilégie de greffer le kiosque au sein même de la forteresse. Ainsi, le fort et le kiosque ne font qu’un. Un subtil dialogue entre les deux générations se fait pour le plus grand bonheur des visiteurs des lieux.
L’équipe de RO&AD Architects, qui compte à son actif des projets internationalement connus et primés tels que le « Moses Bridge » à Halsteren ainsi que le pont flottant de Bergen op Zoom, a conçu le kiosque tout en utilisant un bardage en Accoya®, un matériau connu par sa fiabilité et sa durabilité structurelle en plus de ses qualités esthétiques.  Même dans le cadre d’un contact direct avec l’eau et d’une exposition constante à des fronts d’intempéries variables, cette matière a prouvé les meilleurs rendements.

Se glisser dans la forteresse

Le kiosque fait partie intégrante du mur de la forteresse qui retient le lac Pielekenswater qui l’entoure. Le fort est composé d’une fondation en briques avec des murs de terre qui couvrent ces derniers. Mais la muraille côté ville n’a rien d’attrayant vu qu’il n’y avait aucune menace venant de ce côté. Les architectes ont donc utilisé ce mur de terre, non historique, pour y glisser leur projet.

Deux entrées assurent l’accès aux points d’information ainsi qu’aux toilettes publiques. Cependant une particularité esthétique retient l’attention des visiteurs, l’existence d’un toit en verre pour fournir la lumière du jour dans le volume dédié à l’information. Le reste de la construction présente également des lignes pures et l’ensemble est sobre et charmant. C’est un projet simple qui a su profiter du contexte.

© Bastiaan Musscher
© Bastiaan Musscher
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Le site de RO&AD Architecten: ici.

Les photos : © Bastiaan Musscher

«Songe d’une nuit» une installation créative!

© Teatro Metaphora
© Teatro Metaphora

Vous ne savez pas quoi faire avec votre machine à laver qui tombe en panne ? au Portugal, une installation artistique vous murmure une belle solution. Et pourquoi pas un pas en avant vers l’Art ?

Vous allez vous demandez, mais de quoi parle-t-on ? De l’Art évidemment, dans toutes ses coutures, ses couleurs et ses formes. Le collectif Teatro Metaphora vient de prouver qu’il suffisait d’y penser.

De l’art ménager vers l’installation artistique

C’est une installation artistique spectaculaire qui pourra une fois contemplée changer l’avis de nombreuses personnes via à vis de leur machine à laver. En effet, l’organisation basée à Madère qui a recueilli une centaine de machines à laver, a isolé les tambours de ces derniers et les a radicalement transformé. En y ajoutant des lampes colorées et les suspendant au dessus d’une rue piétonnière, nous assistons à un vrai travail artistique.

Créé pour le festival de Saint Pierre, le projet, nommé «Songe d’une nuit» a été créé pour promouvoir le recyclage respectueux de l’environnement. Une idée ingénieuse et une belle leçon surtout qu’il s’agit d’un travail bénévoles qui a nécessité pas mal de temps et d’organisation qui déclare : « L’installation possède à la fois une signification visuelle et écologique, elle cherche à aborder la question de l’utilisation responsable des ressources et le recyclage ».

L’installation a été réalisée avec le soutien de la municipalité, qui a récemment commencé à inviter des groupes locaux pour concevoir des décorations dans les rues pour le festival annuel Saint-Pierre. Une manière comme une autre de promouvoir les approches artistiques même s’il ne s’agit pas d’artistes reconnus. L’inspiration artistique peut se trouver même dans la vie de tous les jours.

© Teatro Metaphora
© Teatro Metaphora
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Pour plus d’informations sur ce sujet, voir : ici.

Les photos: © Teatro Metaphora

Une œuvre en bambou pour produire l’énergie

© Five Line Projects
© Five Line Projects

Dans le cadre du London Festival of Architecture, la Triumph Pavilion de cette année qui as pris place dans les jardins du Musée de Bethnal Green est une adorable idée. Fabriquée à partir d’une centaine de moulinets, il s’agit d’une structure en bambou qui produit l’énergie et démontre la puissance qui émane d’une seule action. Une curiosité qui à découvrir tout au long de l’été et jusqu’à fin Juillet.

« Pavillon Energy » est une atypique structure composée de moulinets en bambou disposés le long de tiges en acier. Une composition poétique de forme primaire, à l’architecture simple qui a été créée par l’agence d’architecture Five Line Projects réunissant plusieurs jeunes architectes travaillant entre Londres et Hong Kong.

Créative, simple et ludique

Le mécanisme est simple, toutes les roues sont systématiquement alignées, une simple pression sur une seule roue déclenche l’action, elle fait tourner la voisine et ainsi de suite. Une réaction en chaîne se répercute ainsi à travers la forêt des piliers. Il s’agit d’une idée qui représente l’énergie générée par les gens et les effets bénéfiques qu’ils peuvent avoir sur la communauté. Construite en bambou, en tiges d’acier inoxydable, en bois et en aluminium poli, la structure autoportante qui mesure près de 2,75 mètres de haut et couvre une surface de 62 m² pèse neuf tonnes.

La Triumph Pavillon est un évènement à la fois artistique et architecturale mis en avant et organisé par ArchTriumph, une manière subtile de pointer vers une œuvre d’un seul architecte ou d’une équipe travaillant sur un thème défini à l’avance et qui diffère chaque année. Cette année, l’énergie étant dans l’air du temps, le choix de l’équipe choisie est concordant. A la fois ludique et dynamique, mise à part le message envoyé, la création pourra constituer un gigantesque « jouet » pour les grands et les petits. De quoi nourrir l’imagination tout en délivrant un message universel.

Les compétitions d’ArchTriumph sont ouverts à des individus ou des équipes d’architectes, designers, urbanistes, paysagistes et ingénieurs qui peuvent collaborer pour mener un projet à terme. Cette année, l’équipe choisie s’est inspirée des jouets classiques qui nous ramènent à l’imagination enfantine mais présentée à grande échelle. Et le fait qu’une personne est la seule capable à déclencher le mécanisme rend ce gigantesque manège encore plus intéressant.

Une installation qui vaut le détour !

© Five Line Projects
© Five Line Projects
© Five Line Projects
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Le site de Five Line Projects: ici.

Les photos : © Five Line Projects.

Une œuvre lumineuse!

© Eugeni Bach
© Eugeni Bach

A l’occasion du festival du feu et de la lumière qui a eu lieu Novembre dernier, les architectes Anna et Eugeni Bach ont charmé la ville espagnole d’Olot par une étonnante installation de couleur jaune. Le temps d’une soirée les habitants de la cité catalane ont connu la joie de la métamorphose d’une place publique.

N’importe quelle ville change d’aspect quand on y introduit de la couleur. Ici, il s’agit d’une coloration éphémère via une installation que les architectes Anna et Eugeni Bach (Agence A&EB) basés à Barcelone ont conçu et réalisé. Le résultat est enchanteresque.

Novembre est le mois le plus sombre de l’année, c’est donc le moment idéal pour célébrer la lumière qui apporte une touche de bonheur dans les longues nuits monotones. La Lluèrnia est le festival du feu et de la lumière dont la dernière saison s’est déroulée le 7 Novembre 2015 à Olot, accueillant plus de cinquante installations ainsi que de nombreux spectacles qui illuminent la ville.

De couleur jaune

Anna e Eugeni Bach ont réalisé une installation singulière où une pergola légère se déploie sur la Plaza del Rector Ferrer dans le but d’exploiter à la fois la topographie de la place et de changer la perception de cette dernière. Ainsi, l’esplanade dominée par l’église s’est habillée de quelques touches de couleur qui ont apporté une certaine transformation à l’ensemble.

L’église de la commune est située à l’extrémité supérieure de la place, avec un estrade accessible depuis un escalier central. En position élevé l’ensemble ressemble à un podium urbain que la plupart des gens utilisent seulement pour entrer dans l’église. La toile de fond pour l’installation d’Anna et d’Eugeni Bach est donc un tableau classique  qui ressemble par plusieurs côtés aux peintures de la renaissance. Le jaune vif en bandes marque les limites de l’estrade et tisse un lien éphémère entre l’église et la place avoisinante. Un impact visuel renforcé dans la nuit par un éclairage intérieur qui se trouve au sein même de l’installation.

Cette installation possède une grande qualité, elle change la perception des passants selon l’endroit où ils se placent. Pour ceux qui se trouvent à l’intérieur de la galerie, la couleur jaune leur procure l’effet d’une lumière et ils peuvent goûter aux plaisirs des jeux d’ombre et de la lumière. Par contre ceux qui regardent de loin observent plutôt un ensemble urbain métamorphosé par la présence la couleur et la lumière. Mais ce qui est sûr c’est que les deux versions donnent réflexion.

Le festival Lluèrnia dure seulement une nuit, le lendemain la ville reprend ses habitudes, les gens aussi mais les installations restent dans les mémoires plus longtemps que prévus.

© Eugeni Bach
© Eugeni Bach
© Eugeni Bach
© Eugeni Bach
© Eugeni Bach
© Eugeni Bach

Le site de l’agence d’Anna & Eugeni Bach: ici.

Les photos : © Eugeni Bach

Le bunker d’Épinay-sur-Seine

Les photos : © Arsen Tanguy
© Arsen Tanguy

A l’occasion des « journées d’Architectures à vivre » organisées par le journal « A vivre », j’ai eu le privilège de découvrir une maison atypique conçue par les architectes Vladimir Doray et Fabrice Lagarde ( Wild Rabbits Architects ) en collaboration avec Caroline Dubois qui a suivi l’exécution du projet. Découverte d’un impressionnant chantier !

A Épinay-sur-Seine (93), situé à l’angle de la rue de Verdun et des Alliés, un bunker surgissant de nulle part semble titiller le voisinage. A première vue, le passant peut se demander s’il s’agit d’un vestige de la Grande Guerre ou bien d’un objet éphémère construit par un artiste décalé. Cependant, une fois les interrogations passées, place aux explications.

Le béton à l’honneur

Tous les architectes sont d’accord qu’un maître d’œuvre joue un grand rôle dans une réalisation. Et que dire quand c’est ce dernier qui propose de sortir des sentiers battus pour créer une architecture extraordinaire où les deux parties peuvent donner libre cours à leur imagination ?

Toujours est-il que la réalisation d’un tel projet n’est jamais facile à suivre. Les complications commencent déjà avec le permis de construire qui a retardé le rêve de quelques années. Un rêve devenu aujourd’hui réalité et qui rend probablement fiers même les personnes qui s’y sont opposées. Avoir dans sa commune un joyau architectural même s’il tranche avec le classicisme ambiant devrait être un avantage. Ici, c’est mon opinion personnelle qui prend le dessus et je vois en cette maison non pas un bunker isolé qui rappelle de mauvais souvenirs mais un hommage parfait au travail en béton tellement cher au cœur de Claude Parent. Ceux qui connaissent l’église Sainte-Bernadette du Banlay me donneront raison.

Parlons un peu du projet. Même si cette fois-ci les allemands n’y sont pour rien, l’apparence est malgré tout très trompeuse. Sauf qu’il s’agit d’un béton fraîchement coulé dont les quelques imperfections témoignent tout autant de sa fragilité. Nous sommes bien devant une œuvre atypique hermétique de l’extérieur mais qu’en est-il de l’intérieur ?

Le paquebot

Une fois la « barrière » franchie, nous sommes au cœur de l’édifice. C’est avec un plaisir chargé d’émotion que Vladimir Doray ainsi que le propriétaire des lieux nous livrent les différents moments vécus lors du chantier. De l’agacement à la joie en passant par la résignation, la patience et l’opiniâtreté, les récits s’enchaînent. Pendant ce temps, les regards des visiteurs balayent les pièces et scrutent les détails. L’une des rares ouvertures de la maison donne  (via une très grande baie vitrée) sur un jardin anarchique qui avec sa végétation luxuriante barre toute vision au voisinage, tandis qu’une autre ouverture est à l’image de la passerelle du paquebot d’où les propriétaires peuvent contempler le paysage urbain lointain en faisant tranquillement la cuisine. Quant à la troisième ouverture elle se trouve au dernier niveau, elle donne sur une pente couverte de caillebotis se trouvant derrière la haute muraille du dernier étage.

L’idée du départ n’était pas de profiter de l’orientation ni d’accumuler des labels de durabilité mais d’avoir une maison qui réponde aux diverses exigences de ses propriétaires. De ce fait, le rêve continue jusqu’au bout pour rajouter au dernier étage une terrasse offrant une époustouflante vue dégagée qui permet de voir le Sacré Cœur, la tour Montparnasse, la tour Eiffel et les tours de La Défense.

Le bunker d’Épinay-sur-Seine est le résultat de la volonté ainsi que de la persévérance du maître d’œuvre doublé de la hardiesse de l’architecte qui l’a conçu. La réalisation a une très grande qualité, malgré sa différence, elle affiche une extraordinaire existence. La satisfaction existe aussi en architecture !

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© Arsen Tanguy
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© Arsen Tanguy
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© Arsen Tanguy
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© Arsen Tanguy

Les photos : ©Arsen Tanguy

A Lausanne, une installation lumineuse signée Centdegrés

 

 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati

A l’occasion de l’anniversaire des dix ans de l’usine du tri des déchets de Lausanne (Tridel), l’agence suisse de la firme d’architecture Centdegrés a réalisé une remarquable installation lumineuse. Permanente, cette dernière marque l’édifice par sa subtilité.

L’anniversaire des dix ans est un tournant important dans une société, c’est pourquoi, l’usine du tri des déchets de la ville de Lausanne a souhaité inscrire cette date dans une démarche artistique qui sera visible de tous. Ainsi, la societé a demandé à l’agence suisse de Centdegrés dirigée par l’architecte Albert Schrurs de créer une installation lumineuse à cette occasion.

Une écriture singulière

Située sur la façade la plus emblématique de l’usine, l’oeuvre est pensée pour être illuminée de jour comme de nuit. Et comme il s’agit d’une façade circulaire avec quelques fenêtres étroites, l’installation, composée de modules préfabriqués, épouse l’ensemble et fusionne avec la rondeur du bâtiment.

La rampe d’accès, pour les camions, qui se trouve derrière les murs circulaires en béton n’a jamais été aussi séduisante, ainsi l’installation composée de châssis d’acier et de tubes LED, discrète pendant la journée, procure à l’ensemble un effet brillant la nuit.

La compagnie de tri des déchets a choisi une manière artistique pour fêter ses dix années, il s’agit d’une mise en place d’une écriture singulière dont les habitants de Lausanne peuvent contempler pour longtemps !

 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati
 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati

Le site de l’agence Centdegrés : ici.

Les photos : © Laura Rimayati

En Argentine, la chapelle Saint-Bernard, un exemple de sobriété

© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico

A La Playosa, à l’est de la province de Córdoba l’architecte Nicolás Campodonico en collaboration avec un collectif d’architectes a réalisé une incroyable chapelle où l’épurement de la brique se mêle à la frugalité de la forme pour un résultat des plus subtils.

Il s’agit de matériaux de récupération et des pierres centenaires en provenance de la démolition d’une résidence rurale et des ruines qui se trouvaient dans les parages. Un recyclage réussi surtout quand nous examinons l’ouvrage qui en découle.

C’est un endroit sauvage où la nature a repris petit à petit le dessus et établit ses propres conditions. Un environnement idyllique, sans électricité ni d’autres facilités. Un lieu qui se prête au recueillement en quelque sorte. L’arrivée de l’église Saint-Bernard ne semble pas pour autant perturber le paysage. Comme si elle faisait partie du décor, la chapelle se pose sur la colline et adopte le voisinage.

La croix éphémère

Avec une telle œuvre, l’architecte offre aux visiteurs un lieu symbolique visité tout au long de l’année. L’étude de l’espace qui fait partie de la création se montre à la fois convaincante et maîtrisée. Tandis que dans la majorité des églises du monde, la présence de la croix est concrète, ici sur les montagne de La Playosa, cette dernière se découvre via un jeu subtil d’ombre et de lumière. Il s’agit du résultat d’une étude minutieuse doublée d’un savoir faire sans faute qui suggère de capter l’idée sans la révéler. Une anamorphose tant inattendue que recherchée en quelque sorte.

La surface de l’oratoire est de 92m², l’ensemble présente des plans et des pointes qui contrastent avec les courbes des ouvertures et des surfaces intérieures. De même, la modestie de l’atrium est l’antithèse de celle de l’espace principal où le dôme s’ouvre dans la direction du coucher du soleil. L’ouverture supérieure capte le chemin de la lumière naturelle jusqu’au crépuscule, au moment où les ombres projetées par deux formes indépendantes se croisent pour former pendent un temps éphémère une croix dans la nef.

L’architecte argentin, né à Rosario a accompli un travail remarquable où la simplicité et l’épurement ne font qu’un. Un coup de génie !

© Nicolás Campodonico
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© Nicolás Campodonico
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© Nicolás Campodonico
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Le site de l’architecte Nicolás Campodonico:ici.

les photos:  © Nicolás Campodonico