Quand l’art contemporain débarque à Abu-Dhabi

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Ces dernières années, le nom de la firme britannique Foster & Partners se lie facilement à Abu-Dhabi plusieurs grandes réalisations qui portent la prestigieuse griffe y étant érigées. Partie à la recherche du pavillon des EAU pour l’exposition universelle de Shanghai 2010 je me trouve devant un « face à face » des plus étonnants. Découverte d’un édifice culturel qui ne laisse point indifférent.

Emirats Arabes Unis |Culture |

Quitter la ville d’Abu-Dhabi et se diriger vers l’une des îles environnantes, n’est pas une expédition. Les autoroutes sont là pour amener confortablement tout visiteur vers ces amas de sable qui font l’objet d’un énorme projet de transformation. D’une superficie de 27 km², l’île de Saadiyat sera aménagée dans un but touristique certes mais aussi très culturel. Et vu le nombre d’équipements muséaux qui y sont envisagés, va-t-elle mériter le surnom d’île des musées ? Pas encore, vu que pour le moment, il ne s’agit que de projets non-réalisés ou en chantier. Cependant, une chose est sure, le Louvre d’Abu-Dhabi est en phase de finition (gros œuvre) et sera probablement prêt à ouvrir avant 2015. Quid des autres ?

A l’arrivée sur l’île, il suffit de suivre les panneaux pour tomber nez à nez avec plusieurs gigantesques dunes qui se fondent merveilleusement bien dans le décor global. Il s’agit bien du pavillon des EAU réalisé par Foster & Partners et qui a été réinstallé ici après un passage glorieux à Shanghai où il a connu plus de deux millions de visiteurs. Malgré le temps qui passe et le climat désertique qui dépose son fin voile de sable sur les édifices, la structure demeure un surprenant monument à contempler.

Cependant, une autre surprise se trouve juste en face, « Manarat Al Saadiyat », de quoi s’agit-il ? De loin, un sobre parallélépipède avec une double façade perforée retient l’attention. Il s’agit pour le moment du seul édifice culturel ouvert d’une manière permanente au public. C’est le lieu artistique à ne pas négliger. L’architecture est signée de l’agence britannique AEDAS qui dispose de plus de trente succursales dans le monde. Le projet qui s’étend sur 14000 m² présente l’art contemporain et aspire à devenir un rendez-vous incontournable en la matière. D’ailleurs, dès l’entrée, le visiteur se heurte à des travaux d’artistes comme Erwin Wurm et Tadashi Kawamata. C’est un lieu plaisant surtout pour les amoureux de l’art contemporain.

Alors qu’un peu plus loin se dressent les grues du Louvre Abu-Dhabi en attendant la fin du chantier et le début d’autres, la visite de l’île s’arrête là sans regret. La découverte continuera ailleurs…

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D’autres photos se trouvent sur ma galerie publique : ici.

A Budrio, une astucieuse réhabilitation signée Andrea Oliva

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En Italie, dans la commune de Budrio, l’agence d’architecture d’Andrea Oliva a réhabilité les anciens châteaux d’eau de la ville et a transformé l’ensemble de l’édifice en un point de rencontre pour les habitants. Il en résulte un projet qui fait revivre le patrimoine et rend  à tous un lieu jusque là délaissé.

C’est dans la région d’Emilie Romagne, située dans la province de Bologne que se trouve la commune de Budrio. Dans cette ville de 18000 habitants, le manque d’un espace fonctionnel ainsi que multi générationnel se faisait ressentir. Dès lors, la ville a entrepris la réhabilitation des deux châteaux d’eau qui datent du début du XXème siècle et leur reconversion en un lieu collectif à la fois utile et agréable.

C’est l’agence Citta Architettura de l’architecte Andrea Oliva qui a été mandatée pour mener cette reconversion. Un travail délicat et minutieux qui a conservé la structure d’origine et rétabli la forme ainsi que la couleur de l’intérieur de l’ouvrage. Pour relier les deux châteaux d’eau existants, l’architecte a entrepris la construction d’une troisième tour qui, tout en augmentant la surface utile de l’ensemble, rajoute une note de nouveauté au lieu. Cylindrique, la nouvelle entité est conçue pour accueillir des espaces d’expositions, tout en verre et éclairée la nuit elle devient un symbole incontournable dans la ville. Un mur en corten vient s’adosser au volume principal et s’ouvre vers l’extérieur marquant les limites de la parcelle. En conséquence, le curieux face à face créé entre l’ancien et le nouveau ne manque pas de trouver l’appréciation des habitants.

Les espaces multiples entourant les châteaux d’eau ont été réhabilité pour accueillir des conférences et des concerts. Tandis que la brique et le métal renforcent le côté industriel de l’édifice, le verre rajouté apporte la douceur et change la donne. Finalement, la réhabilitation réalisée par Andrea Oliva connu par ailleurs via plusieurs projets de la sorte, atteint son but, redonner vie à un patrimoine en le rendant salutaire. Une belle transformation qui donne l’exemple.

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Le site de l’architecte Andrea Oliva : ici.

Les photos : © Studio Citta Architettura.

A Charleville-Mézières, une originale maison signée Zoom Architectes

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Dans le département des Ardennes, à Charleville-Mézières, au cœur d’un quartier à connotation industrielle en pleine mutation, les architectes de ZOOM Architecture ont réalisé une maison de ville qui affiche une certaine notoriété vu son style tranchant avec l’existant. Que ce soit par sa forme ou par sa couleur, la construction attire l’attention.

C’est au carrefour des deux rues, la rue des Forges Saint-Charles et la rue de l’Abattoir, à proximité immédiate des voies de chemin de fer que se trouve la maison conçue par Zoom Architectes. Tirant parti de la forme de la parcelle, la résidence se développe d’une manière à créer une grande terrasse orientée au sud permettant ainsi aux pièces adjacentes de profiter d’une abondante luminosité. Au premier étage, une fente laisse passer la lumière naturelle inondant ainsi le cœur de la construction.

La maisonnée est en béton, l’isolation se fait alors minutieusement de l’extérieur et évite les ponts thermiques. Le toit a été végétalisé pour une meilleure protection. Côté bardage, les architectes ont opté pour le zinc, un matériau qui met en évidence les différentes lignes qui constituent l’ensemble et qui sied merveilleusement au contexte industriel  règnant dans les environs.

Dans cet environnement délicat, la maison réalisée par les architectes Charlet Jean-Marc, Claudel Francis, Fortier Edwige et Moreira Virginie affiche un côté à la fois sobre et fonctionnel, de quoi aiguiser la curiosité de tous.

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Le site de ZOOM Architecture : ici.

Les photos : © ZOOM Architecture

Au pays de l’or noir, un oasis écologique nommé « Masdar »

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L’ambition était de taille, faire surgir en plein cœur du désert une ville intelligente et verte pour près de 50000 habitants qui, une fois terminée, deviendrait la première ville à zéro émission carbone au monde. Mirage ou réalité ? Visite d’un ingénieux laboratoire d’idées qui depuis son lancement attend d’être complété.

Emirats Arabes Unis |

Avril 2006, la décision prise, le prince héritier et ministre de la défense d’Abu-Dhabi annonce le projet innovant de « Masdar », la ville écologique conçue par l’agence d’architecture anglaise Foster & Partners et dont la construction a commencé en 2008 et devrait durer jusqu’en 2020. Entre-temps, l’agence d’architecture LAVA (Laboratory for Visionary Architecture) remporta le concours d’aménagement de la ville nouvelle.

Depuis, petit à petit, la ville commence à prendre forme, tout en s’inspirant de l’architecture traditionnelle de la région, la haute technologie prend ses marques. Aujourd’hui, une fraction de la cité témoigne de ce qui peut représenter le projet une fois toutes ses phases terminées. Pour cela, faisons escale dans cet oasis écologique pour expérimenter l’avenir.

Non loin de l’aéroport international d’Abu-Dhabi, dans un environnement entièrement désertique, la couleur ocre de quelques bâtiments se détache dans l’horizon, les voitures trouvent refuges dans un énorme garage d’où le visiteur commence une étonnante découverte.

A première vue, on se croirait dans les films de sciences fiction où le voyageur se glisse dans la peau des héros de François Schuiten en train d’explorer le futur. Confortablement installés dans les petits véhicules sans conducteurs, les PRT (Personal Rapid Transit), nous traversons un étage dédié aux transports se trouvant au sous-sol de la ville nouvelle surélevée.

Le temps de découvrir ce dédale et nous voilà arrivés à destination dans un espace grandiose où le marbre est de mise, un escalier en colimaçon nous amène vers l’extérieur, au cœur même de la ville, dans une rue piétonne entourée de plusieurs bâtiments. Commence alors l’intéressante découverte qui va de quelques simples magasins à haute efficacité énergétique jusqu’au pilier technique de la ville déjà construite, le Masdar institute, une université où le seul savoir-faire reste la haute technologie durable.

Avant de repartir vers de nouveaux horizons, un dernier coup d’œil à la maquette qui se trouve au terminal des PRT pour se projeter dans le futur puis retrouver le présent.

Tandis que la ville d’Abu-Dhabi et ses gratte-ciel meublent l’horizon, Masdar reste un ambitieux projet ainsi qu’un exceptionnel laboratoire d’idées pour toute la région. Rendez-vous en 2020 pour faire le bilan.

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D’autres photos se trouvent sur ma galerie publique : ici.

A Nantes, une innovante installation sportive signée Guinée*Potin

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Pour son édition 2014, le Voyage à Nantes souhaitant renouveler l’idée des « Playgrounds », la ville de Nantes confie le projet à l’agence d’architecture Guinée*Potin. De ce fait, nous assistons à la naissance d’un surprenant équipement sportif pour jouer au « Footcheball ».

L’invitation au sport dans le cadre du Voyage à Nantes était une idée née en 2012 de l’imagination de Patricia Buck et Rafaël Magrou, le but étant de développer dans la ville de Nantes un genre nouveau de terrains de jeux . Une démarche qui vise avant tout à détourner le regard des habitants vers certains espaces qui ont toujours formé leur entourage. D’où l’idée du Footcheball, un sport innovant pratiqué par tous dans une cage (le Chaum-Room) où deux équipes adversaires s’affrontent dans une aimable ambiance sportive.

C’est donc sur l’île de Nantes, sur un site à mi-chemin entre artificiel et naturel, aux abords du quartier de la Création, sur le quai François Mitterand que la construction trouve sa place. Entre deux arbres qui se trouvent sur une parcelle en longueur, les architectes Anne-Flore Guinée et Hervé Potin (avec Florian Carré comme chef de projet) édifient le fameux Chaum-Room.

Il s’agit d’une longère classique recouverte de chaume et présentant une facette grillagée soutenue par des portiques en bois. La présence du chaume était une volonté de la part des architectes qui voient en elle un clin d’œil au paysage ligérien environnant, elle permet également de protéger les joueurs de la chaleur et du soleil. La façade perforée outre son rôle de ventilateur naturel, donne sur la promenade piétonne et l’ensemble constitue une belle opposition avec le béton et le métal des bâtiments environnants.

Le souci primordial des architectes étant de ne pas « entacher » le site, la construction se pose sur le terrain via des fondations légères (des pieux Krinner en métal qui se vissent dans le sol) sans oublier la flexibilité et le recyclage de l’édifice. En conséquence, huit caisses préfabriquées en atelier viennent s’insérer au sein d’une structure se composant de neuf portiques en bois garantissant ainsi un chantier à faible nuisance.

L’aménagement intérieur est à l’image de l’extérieur, les panneaux OSB qui recouvrent les caissons permettent à la balle de rebondir rapidement et le grillage, plus mou, est amené à se déformer et ralentit la cadence du jeu. Toute une technique pour mieux maîtriser cette nouvelle pratique.

Cet été, sur l’île de Nantes, grâce à l’agence Guinée*Potin et leur sympathique trouvaille, les visiteurs découvriront un nouveau sport appelé le Footcheball. Alors, prêts pour l’essai?

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Sur Détails d’architecture, j’avais déjà parlé de l’agence Guinée*Potin : ici.

Le site de Guinée*Potin : ici.

Les photos: © Martin Argyroglo

« House of the Infinite » un bijou architectural signé Alberto Campo Baeza

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A Cadix, l’architecte espagnol Alberto Cambo Baeza a récemment livré une résidence qui selon lui ressemble à un château de sable. Comme une jetée qui donne vers la mer et donc vers l’infini, minimaliste et intégrée à son environnement, la maison constitue un bel ouvrage à découvrir sans tarder.

C’est dans la ville espagnole de Cadix, dans un environnement sauvage donnant directement sur l’océan que se trouve la « House of the infinite ».

Sur le site de Campo Baeza, nous pouvons lire :

« On a marvelous place like a piece of earthly paradise, at Cádiz, we have built an infinite plane facing the infinite sea, the most radical house we have ever made. At the very edge of the waters of the Atlantic Ocean, where the sea unites the new and the old continent, emerges a stone platform. At the place where all the ships from the Mediterranean used to pass and still pass by as they head off into the Atlantic. »

Une description poétique qui dit long sur l’ouvrage ainsi que l’état d’esprit qui a accompagné l’architecte lors de sa conception.

Fière comme une citadelle mais s’inclinant pour épouser la pente, la maison est entourée de trois murs qui assurent sa protection via à vis aux vents dominants très présents dans la région. D’une surface de 900 m², l’impressionnant parallélépipède est constitué de deux étages et se caractérise par une piscine se trouvant sur son toit plat ainsi qu’une terrasse à son rez-de-chaussée s’ouvrant vers l’horizon. L’intérieur et lumineux, aux lignes pures , la couleur blanche y est omniprésente et où de grandes baies vitrées donnent l’impression d’être à l’extérieur.

Dans cet environnement idyllique, le monolithe réalisé par Alberto Campo Baeza n’est qu’un extraordinaire élément architectural et paysager qui marquera son temps.

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Le site de l’architecte Alberto Campo Baeza: ici.

Les photos: © Javier Callejas pour Alberto Campo Baeza

L’atypique « Casa Gago »

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Au Chili, les architectes Mauricio Pezo, Sofia von Ellrichshausen ont réalisé une maison atypique qui se développe autour d’un escalier en colimaçon. Des surprises et divers perspectives sont au rendez-vous.

C’est dans la banlieue de San Pedro de la Paz, une ville située dans la province de Concepción que l’agence d’architecture chilienne Pezo von Ellrichshausen a réalisé pour un couple d’ingénieurs et leurs deux enfants une maison de quatre étages et de 241m² baptisée « Casa Gago ».

Pour accéder aux différents niveaux, deux moyens sont mis à disposition des habitants : la présence d’un escalier en colimaçon (éclairé par une lumière zénithale) qui traverse le parallélépipède et relie le rez-de-chaussée au dernier étage ou bien un autre escalier en pente douce qui lie les pièces l’une à l’autre et se développe d’un étage à l’autre. Ainsi douze paliers se trouvent connectés seulement par des escaliers. Une curieuse expérimentation qui met ces derniers au cœur même de la conception.

Alors que l’escalier de la maison est marqué par la présence du béton brut, les murs intérieurs, les planchers ainsi que les façades s’habillent par des panneaux en bois. Que ce soit par la forme ou par son organisation interne la construction tranche avec les maisons alentours.

La « Casa Gago » est une originalité qui semble plaire à ses habitants, mais saura-t-elle séduire les lecteurs de Détails d’architecture ?

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Le site des architectes Mauricio Pezo, Sofia von Ellrichshausen : ici.

Les photos : © Cristóbal Palma

Deux maisons en une, l’histoire d’une coquette extension

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A l’ouest de Rennes, à l’écart d’un quartier résidentiel dense, non loin du centre-ville, l’architecte Clément Bacle basé à Nantes a réalisé l’originale extension d’une maison qui se greffe à l’ancienne demeure utilisant habilement quelques parties communes de cette dernière. Il en résulte une maison atypique qui, à première vue, peut dérouter tout visiteur.

C’est en Avril 2014 que l’architecte Clément Bacle a livré l’extension d’une maison qui se trouve dans un cadre de verdure à Rennes. D’une superficie de 65 m², la nouvelle extension n’est que le prolongement d’une maison déjà existante. La sœur de la propriétaire de l’ancienne maison a souhaité un jour réaliser sa propre demeure sur le reste de la parcelle. Un défi délicat vu l’exigüité du terrain. Au programme une petite maison de ville jumelée à l’existante qui s’insère sur le terrain, profite du jardin existant, tout en gardant une part de nouvelle écriture architecturale.

Que ce soit pour la forme ou pour la couleur, l’extension reprend les mêmes codes architecturaux que l’ancienne résidence. Même hauteur de plafond et mêmes lignes dictent la nouvelle construction. Sauf que cette dernière se démarque par le choix du bardage ainsi que les lucarnes, au lieu de la pierre utilisée jadis, l’architecte opte pour le bois et rajoute l’acier inoxydable comme élément novateur. La création d’un espace commun, sous forme d’un passage couvert au rez-de-chaussée et d’un petit salon au premier étage se démarquant par une fente en verre, délimite les deux propriétés entre-elles. L’intérieur est épuré et donne un sentiment d’amplitude malgré la surface de la maisonnée.

L’extension conçue par Clément Bacle qui répond parfaitement aux attentes des propriétaires s’insère sans embarras dans le paysage résidentiel où elle se trouve et c’est un projet à découvrir.

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Le site de Clément Bacle : ici

Les photos: © Martin Argyroglo