A Londres, Clément Blanchet donne un délectable rendez-vous avec la matière

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

A Londres, l’architecte Clément Blanchet vient de livrer un restaurant où les diverses textures utilisées font référence au passé. Une fine expérience sensorielle se dégage ainsi de l’ensemble.

Clément Blanchet a déjà une petite expérience dans la matière, tout en travaillant sur des projets de grandes envergures, l’architecte avait restructuré en 2001, le restaurant Le Dauphin à Paris.

Un style singulier

A Londres, l’exercice est toute autre. L’architecte a entrepris la création d’un vaste espace où se réunissent que ce soient les cuisiniers, les serveurs ainsi que les clients, le tout dans une atmosphère accueillante qui alterne le mobilier moderne et le sur-mesure.

L’univers intérieur, qui nous rappelle tant le style Bauhaus ou le constructivisme soviétique, dégage malgré tout un caractère singulier où diverses textures et les couleurs se mêlent pour créer un style propre à l’architecte où l’on perçoit une certaine recrudescence des connaissances.

Côté matériaux, les murs de la salle à manger principale sont recouverts de feuilles de laiton.

« Le projet détourne les matériaux habituellement associés aux instruments de cuisson (cuivres) ou aux lobbies stériles (grandes entrées luxueuse en marbre) en une application abstraite et contemporaine reflétant certaines expériences hédonistes. Cette combinaison de matériel traditionnel reconverti en une application très moderne détourne les habitudes. L’enveloppe en laiton projette une atmosphère continue sublimé par trois bandes minérales (marbres). »

La texture au cœur de la conception

Le bâtiment est divisé en trois parties qui répondent à trois types d’expériences différentes. Chacune d’elles se distingue par l’utilisation d’un marbre de couleur différente. Alors qu’une longue barre noire où travaillent les serveurs est entourée par des tabourets où les clients peuvent s’asseoir ou manger une collation après le travail, d’autres tables rondes de couleur verte ou rouge accueillent les groupes.

En parlant de ce projet, l’architecte fait référence à un univers semblable à celui de l’American Bar à Vienne où Adolf Loos avait créé une incomparable atmosphère tamisée qui affirme une grande sensibilité à l’utilisation expressive des matériaux.

Le niveau inférieur, qui abrite un bar beaucoup plus petit est recouvert de cuir vert et de marbre blanc. Il offre à ses habitués un environnement plus intime. Ce n’est pas une coïncidence que le restaurant porte le même nom de la fameuse maison parisienne de la Belle Époque, « Le Chabanais », la favorite d’Edward VII d’Angleterre, d’Henri de Toulouse-Lautrec et de Guy de Maupassant qui, reconnue pour ses intérieurs somptueux, a été primé lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900.

© Philippe Ruault
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Le site de Clément Blanchet: ici.

Les photos : © Philippe Ruault

A Paris, un avenant «deux en un» signé Ameller Dubois

© Takuji Shimmura
© Takuji Shimmura
A Paris, au croisement de la rue de Lourmel et la rue des Cévennes un édifice qui mêle une remarquable volumétrie comportant trois entités, interpelle. Il s’agit d’un programme mixte de logements collectifs et d’un foyer pour adultes autistes réalisé en 2014 par l’agence d’architecture Ameller, Dubois et associés (Philippe Ameller, Jacques Dubois).
Au premier abord, le projet se présente comme un jeu de parallélépipèdes où chaque logement trouve sa place, le tout installé sur un socle commun qui occupe l’angle de la parcelle. L’intégration au quartier est donc l’une des particularités qui contribue à la réussite ne serait-ce que visuelle du projet.
Un ensemble urbain et humain
L’ouvrage, qui compte trois entités se développe sur une base commune accueillant l’ensemble du programme pour adultes handicapés autistes ainsi que les accès à la résidence et leurs locaux associés.
Selon les architectes : « Ces trois ensembles, organisés de manière à ménager des prospects agréables, développent un concept de pavillon relativement compact dont les façades, partiellement creusées ou émergentes, offrent un aspect sculptural. Les appartements bénéficient d’une épaisseur en saillie formant loggia dans le prolongement du salon. Celles-ci sont alternées ou superposées selon leur situation dans le plan. La composition génère ainsi un mouvement de rotation pour chaque pavillon qui, à l’angle des deux rues et sur toutes les orientations, indique le statut de proue urbaine de cette partie du quartier. »
Le parti-pris architectural est donc clair, il s’agit bien d’un certain ludisme selon lequel les pavillons s’entrelacent, s’enchaînent et se touchent, dans une délectable composition pour former un ensemble urbain à l’échelle humaine à la fois personnalisé et abordable.
L’individualisation des parties communes s’aperçoit dans la manière dont les architectes ont créé trois accès distincts, à chaque corps de bâtiment, son entrée. Quant à la rampe d’accès au parking, elle se glisse délicatement dans le soubassement.
La nature n’est jamais très loin
Côté matériaux, la couleur blanche immaculée du béton est rompue par endroits avec la présence du bois et du métal, jouant sur la plastique et la monumentalité de l’ouvrage. En conséquence, les diverses formes s’affirment et les volumes se peaufinent.
Tout en étant dans la ville et peu importe sa localisation, le projet attribue une grande importance à la présence paysagère au sein même de sa composition. Les espaces verts sont surtout destinés aux adultes handicapés autistes, la partie nord constituant le jardin partagé de la résidence. Ainsi, de petits potagers en bois perchés (dont le visiteur peut faire le tour) agrémentent l’ensemble. Ces petites espaces carrés de tailles identiques (1m sur 1m) permettent de planter et d’entretenir des légumes, des fleurs ou des fruits. Quelques arbustes viennent compléter cet heureux aménagement.
Finalement, vu qu’il s’agit d’un écoquartier exemplaire, soucieux d’apporter une écriture durable à leur projet, les architectes ont privilégié des matériaux à faible impact environnemental tout en maîtrisant les diverses ressources énergétiques, il en résulte un édifice qui a été labellisé BBC et HQE Cerqual.
Alors que non loin de là la Tour Eiffel veille sur la ville, dans l’environnement hétérogène de l’Écoquartier Boucicaut du 15ème arrondissement parisien, le programme mixte de l’agence Ameller, Dubois et Associés constitue un attrayant outil urbain qui profite à tous.
© Takuji Shimmura
© Takuji Shimmura
© Takuji Shimmura
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© Takuji Shimmura

 Le site de l’agence d’architecture Ameller Dubois et Associés : ici.

Les photos : © Takuji Shimmura

« Tripod », un autre regard sur la ville

© José Campos

C’est le nom de l’installation que les portugais ont pu apercevoir entre le 28 mars et le 24 avril à Largo dos São Domingos et qui a été visible dans une autre couleur entre le 06 juin et le 21 juin dans la vieille ville de Porto.

Il s’agit d’une composition basant sur deux importants éléments architecturaux, l’escalier et le balcon qui sont mis en évidence via une couleur éclatante visible de loin. Les architectes, qui ont toujours cherché à mettre en interaction les citoyens et la ville, ont réussi encore une fois à impressionner leur entourage.

Pour les 4 à 104 ans

La composition consiste à mettre en place trois escaliers en colimaçon qui finissent en leur sommet par un balcon. A l’image d’un belvédère d’où l’on puisse contempler la ville, l’installation s’est posée dans un endroit très fréquenté. Les enfants étaient, sans aucune surprise, les premiers admirateurs de cette œuvre colorée qui apporte avec elle la nouveauté.

LIKE architecture a positionné cet élément dans une place où sa présence à premier abord semblait hors de propos, mais en réalité, faisant référence à la ville vernaculaire et mettant en évidence une sorte de mise au point, elle a fini par attirer tout le monde. Tripod devient donc un déclencheur des relations humaines et un lieu idéal où les gens interagissent activement avec leur environnement, ici la ville.

Le projet Tripod conçu et réalisé par LIKE architecture est un exemple vertueux de l’importance d’une installation située à mi-chemin entre l’art et l’architecture, dans le tissu urbain où elle ramène une note joyeuse tout en procurant de nouvelles perspectives sur la cité. En somme, un autre regard sur l’urbanité.

© José Campos

Le site de LIKE architects : ici.

Les photos : © José Campos

Triangulaire…

© Jeroen Musch

Dans le village néerlandais d’Almen, au sein de la nature, Barend Koolhaas réalise une charmante maison avec une façade unique vitrée orientée vers le paysage environnant. Découverte d’une coquette réalisation qui a su recevoir plusieurs appréciations.

Une longue baie vitrée, de belles vues sur les environs, une couleur sombre pour le bois de la façade, le tout d’une manière mitoyenne à une propriété déjà existante, la maisonnée conçue par Barend Koolhaas est une originalité.

Tout d’abord, qui est Barend Koolhaas ? Né en 1975, Barend a étudié à l’université de Technologie de Delft. Après un passage à l’agence OMA où il a été chef de projet pour plusieurs réalisations, il ouvre sa propre agence d’architecture. Aujourd’hui, en plus de son agence, l’architecte enseigne à la Royal Academy of Art de La Haye, à l’Université de Technologie de Delft ainsi qu’à l’Académie d’Architecture d’Amsterdam.

Réinterpréter l’ancien et ravir le quotidien

De forme triangulaire, la résidence au mur mitoyen ne possède que deux façades pour assurer la luminosité à son intérieur. D’où l’orientation de la face vitrée qui joue un rôle important dans la conception même de la maison.

Les murs vêtus du bois de sapin peint sont, selon l’architecte, censés rappeler les anciennes granges de la région. Un clin d’œil à l’architecture locale que l’architecte a mis en avant via sa réinterprétation contemporaine.

A l’intérieur, l’espace est décloisonné et lumineux comme il est, il donne une sensation de grandeur. Les détails sont soignés et l’ensemble est enchanteresque. Les limites entre intérieur et extérieur s’estompent grâce à une ouverture dans la partie vitrée qui donne directement sur le jardin. A l’intérieur, une paroi coulissante sépare le séjour et une des deux chambres à coucher.

Une petite curiosité rajoutée à l’ensemble renforce la liaison entre l’espace intérieur et l’extérieur. Il s’agit d’un tronc d’arbre qui fait fi d’une colonne et se trouve dans la pièce principale. Le deuxième étage est illuminé naturellement grâce à une large lucarne qui se trouve dans la pente de la toiture.

De simples petits détails bien étudiés et malicieusement mis en œuvre font de cette maisonnée une belle originalité.

© Jeroen Musch

© Jeroen Musch

© Jeroen Musch

Le site de Barend Koolhaas : ici.

Les photos : © Jeroen Musch

Les faux jumeaux

© Nam Goonhsun

En Corée, à proximité de Séoul, l’agence d’architecture Moon Hoon a réalisé deux résidences atypiques où une énorme sphère marque une forme concave sur chacune des entités. Le résultat est à la fois inattendu et singulier.

Il s’agit de deux frères qui ont souhaité construire deux résidences proches sur un terrain situé non loin de la capitale coréenne. L’idée de l’architecte était de considérer les deux volumes comme des jumeaux avec des façades qui se côtoient. La conception du départ a été soulignée par l’ajout d’une cavité sphérique qui s’étale sur les deux façades avoisinantes créant les deux tranches de la lune, d’où le nom du projet : « Two Moon » faisant également un clin d’œil à un film qui porte à peu près le même nom.

Deux en un

Les deux formes apparaissent irrégulières vu que l’un des deux édifices présente un léger décalage par rapport à l’autre. La vision de la lune devient alors évidente, nous pouvons remarquer l’existence d’un croissant d’un côté et son complément de l’autre.

Les deux résidences sont constituées de trois étages chacune, à la fois distinctes, elles se rapprochent et s’accordent par endroits, une certaine poésie se dégage dans la manière dont l’architecte a étudié ces raccords. Pas d’escalier à l’intérieur des bâtiments, ceux-ci sont installés à l’extérieur. Alors que l’un des bâtiments contient une galerie au niveau du rez-de-chaussée, l’autre présente un café en son milieu, deux terrasses coiffent les toits des deux entités.

Les constellations en guise d’ornement

Tandis qu’un balcon semi-circulaire est nichée dans l’une des cavités courbes de l’une des façades, des constellations d’étoiles présentées sous forme de petites perforations se trouvent sur l’autre façade. Ces dernières représentent selon leur auteur les horoscopes des deux propriétaires.

Le matériau utilisé est le béton armé, il est en état brut à l’extérieur comme à l’intérieur. Pour agrémenter l’ensemble, à l’intérieur quelques briques ont été ajoutées, de même, les installations électriques ont été laissé exposées donnant un ton industriel à l’ensemble.

Cette double-résidence conçue par l’agence Moon Hoon est le dernier d’une série de projets aux façades inhabituelles qui me rappelle les travaux de Gordon Matta-Clark. Une belle réalisation en somme.

© Nam Goonhsun

© Nam Goonhsun

Le site de l’agence d’architecture Moon Hoon: ici.

Les photos: © Nam Goonhsun

Arnaud Cohen, le sixième Sens

Affiche Officielle@DR

Lorsque Eugène Viollet-le-Duc a restauré le Palais synodal de Sens, il ne pouvait pas se douter qu’un jour lointain un artiste contemporain aux idées provocatrices en prendrait possession ne serait-ce que pour une saison. Et pourtant les murs de cette grande salle envahie d’œuvres inhabituelles pourront un jour témoigner.

C’est dans l’un des lieux marquant de la chrétienté que l’artiste plasticien Arnaud Cohen expose ses œuvres. Deux expositions* qui habitent l’espace, se l’approprient et créent une inopinée conversation avec l’existant. Un dialogue de sourds ? Pas vraiment, c’est juste que les époques changent et les regards se métamorphosent.

La servitude volontaire…

Dans ce haut lieu historique qui accueillait les synodes jadis, nous pouvons trouver l’espace d’une exposition des personnages hybrides éparpillés ici et là. Peu importe leurs figures, il existe un trait d’union très fort entre toutes ces créatures, c’est la couleur grise, une teinte froide, terne, militaire, voire glaçante qui domine l’univers tout entier procurant un sentiment de malaise, de frisson et de répulsion. Le but recherché étant atteint avec brio, les œuvres détournées d’Arnaud Cohen ne sont pas là pour séduire mais pour interroger et scruter parfois même dérouter ou interloquer. C’est toute l’essence de l’art contemporain qui hante le palais synodal cet été.

La pièce maîtresse de l’exposition « Rémission », une forme, couverte d’écailles grises et de pores roses, un vaisseau avec une ouverture géante faisant écho à la rosace de la cathédrale, à l’intérieur une ambiance différente mais malgré sa couleur rouge, aussi glaçante que le gris qui l’entoure, elle questionne tout autant que le reste et qui, entre attirance et méfiance, relate sa propre histoire. N’oublions jamais de lever les yeux, les anciennes pierres et les ouvertures de la salle nous révèlent aussi quelques anachronismes.

Les questions resurgissent à chaque époque

La deuxième exposition se déroule au sein même du musée de Sens là où se trouvent les trésors de la cathédrale et les sculptures gallo-romaines, cette fois-ci, il s’agit d’une rétrospective où l’artiste saupoudre quelques-unes de ses œuvres parmi les joyaux déjà en place. Un parcours qui ressemble à un jeu de piste pour repérer les quelques intrus qui, entre les tableaux de Pieter Brueghel, d’AntoineWatteau, d’Albert Marquet, de Guido Reni ou d’autres, changent le regard et suscite la curiosité de tout visiteur.

Au total vingt-six réalisations que les connaisseurs ont déjà vu ailleurs, entre les collages, les créations en bronze, en bois, en plastique ou en technique mixte, le choix est vaste et le regard à chaque fois distinct. C’est une promenade rétrospective intelligente qui à l’image d’une mise en abîme présente les œuvres de l’artiste depuis leur création jusqu’à nos jours. Une collection qui s’ajoute à celle du musée et crée un atypique face à face générationnel. Dans ce décor hors temps, en parcourant les trésors des âges, c’est tout le curriculum vitae de l’artiste qui s’étale à nos yeux page après page. La double exposition des Musées de Sens est une exceptionnelle immersion dans la pensée d’un artiste hors pair.

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

* : Le commissariat scientifique de la double exposition est assuré par la conservatrice en chef des Musées de Sens, Sylvie Tersen. « Rémission – Rétrospection » est à découvrir jusqu’au 20 septembre 2015 au Palais Synodal, Musées de Sens.

Pour plus d’informations sur Arnaud Cohen, voir: ici et .

Mes autres photos de l’exposition ainsi que de la ville se trouvent sur ma galerie publique: ici.

Le patchwork urbain

© Quang Tran

Au Vietnam, l’agence d’architecture Block Architects a réalisé un drôle d’équipement qui reprend d’anciens éléments architecturaux du pays et les recycle pour couvrir un lieu communautaire. Un clin d’œil aux traditions ainsi qu’un atypique lieu de rencontre a vu le jour.

C’était une ancienne terrasse située à côté d’un appartement que le propriétaire actuel avait loué pour une courte période il y a bien longtemps. Depuis, l’emplacement lui plaisant, ce dernier a souhaité le transformer en un lieu culturel. La cuisine vietnamienne, en particulier végétarienne était donc la bonne occasion pour commencer une nouvelle aventure.

Un recyclage intelligent

L’acquéreur, qui avait amassé depuis des années de vieilles fenêtres et tout type de meubles, a souhaité les utiliser dans cet espace ouvert à tous.

De son côté, avec un budget serré, l’architecte a voulu exploiter ces anciennes fenêtres, utilisées au Vietnam pendant longtemps pour faciliter la ventilation dans les résidences, pour créer un nouvel espace qui fait un clin d’œil à la tradition du pays. Ainsi, les vieilles fenêtres ont été recyclées et réutilisées comme matériau principal pour la création d’une nouvelle œuvre à l’apparence spécifique. En conséquence, le traditionalisme se voit ainsi régénéré non seulement en couvrant l’enveloppe de la toiture mais également comme des éléments décoratifs ou même fonctionnels à l’intérieur.

Des rajouts astucieux

Pour faciliter la mobilité à l’intérieur de l’édifice, un escalier en acier a été rajouté. Pour empêcher la chaleur d’affecter l’intérieur, une pièce a été également rajoutée sous le toit. Cette dernière donne sur un jardin-terrasse où l’on peut boire le thé tout en profitant du paysage. Au deuxième étage, ont été aménagées deux chambres avec des salles de bains pouvant accueillir tout au long de l’année, des touristes de passage. Les matériaux qui existaient jadis que ce soit concernant les murs ou le sol ont été préservés.

Les fenêtres à jalousie, en bambou ou en acacia rangées astucieusement sur le plafond ou saupoudrées ici ou là à l’intérieur créent un lieu unique qui fait revivre l’architecture moderne locale des années 60-70.

L’architecte, qui aspirait à concevoir un lieu inédit pour les habitués de différentes cultures, a bien réussi son pari. Avec le temps, les allées et venues des visiteurs donneront une nouvelle dynamique à ce lieu désuet.

© Quang Tran

© Quang Tran

© Quang Tran

Le site de Block Architects : ici.

Les photos : © Quang Tran

Thomas Woltz à Paris

@DR

Mardi le 16 juin 2015 au Columbia Global Center, à Paris, a eu lieu la conférence inaugurale des rencontres biannuelles Paris-New-York Series on Cities par l’architecte paysagiste Thomas Woltz. L’occasion de revenir sur la manière dont l’architecture du paysage opère dans nos villes.

Intitulé « Maillage et territoires : Nouvelles frontières en architecture du paysage au XXIème siècle », la conférence inaugurale organisée par « The Arts Arena » et « The Municipal Art Society of New York », tend à mettre en avant, dans les villes, la relation imminente entre l’architecture du paysage et l’art, la culture ou encore l’écologie tout en travaillant avec l’ingénierie des systèmes complexes ou bien en construisant l’identité culturelle d’un espace.

L’architecture du paysage dans l’espace public

Paris et New-York deux villes pour une même problématique autour de l’urbanisme, l’aménagement paysager, l’architecture, le rôle des arts et de la culture au sein de l’espace public, c’est le sujet de l’élocution de Thomas Woltz* qui, engagé dans l’éducation et la préservation du patrimoine, déploie une approche innovante et écologique dans de nombreux projets privés ou publics.

En s’appuyant sur des projets qu’il a réalisés comme « Hudson Yards » à New York, « City Garden à St Louis », « Peggy Guggenheim Sculpture Garden » à Venise ou encore « Orongo Station » en Nouvelle-Zélande, Thomas Woltz réintègre l’architecture du paysage dans l’espace public. De nombreuses exemples et des réalisations qui lui ont valu plus de 80 récompenses nationales ou régionales.

Deux associations pour un seul but

Depuis la création de l’association « The Arts Arena », c’est la première fois qu’un architecte paysagiste est invité et pourtant 140 évènements ont été organisés, des tables rondes, des rencontres, des conférences, des projections, des représentations, des concerts, des festivals, tous dans un seul et unique but, inciter au dialogue entre les diverses disciplines et dynamiser les relations entre le monde de l’art et les milieux des affaires, de l’économie, de la diplomatie culturelle, des sciences, de la technologie et du développement.

Quant à l’autre organisatrice de cette soirée, « The Municipal Art Society of New-York », c’est une institution ancienne fondée en 1893 qui milite en faveur d’un plan d’urbanisme intelligent et cohérent à New-York. Connue dans le monde pour sa défense de la ‘’Rockefeller Center’’ dans les années 1930 et en jouant un rôle critique dans la création de la ‘’New York City Planning Commission’’, la fondation sera présente lors de la séance spéciale de l’automne du cycle Paris-New-York Series on Cities.

Mettre la ville dans un débat ouvert au grand public aussi court soit-il est une manière comme une autre d’informer sur certaines problématiques, de bousculer quelques idées reçues et d’encourager diverses résolutions à prendre. Nous savons par ailleurs que la ville est un agréable terrain de jeu pour chaque architecte qu’il soit urbaniste ou paysagiste mais à condition que les idées avancées soient en accord avec le reste. C’est exactement dans ce but que ces échanges ou conférences, toujours les bienvenus, doivent alimenter notre quotidien.

* Nommé « Design Innovator of the Year » par le Wall Street Journal (2013) et investi à The American Society of Landscape Architects’ Council of Fellows, une des plus hautes distinctions de la profession, Thomas Woltz est membre du bureau de The Municipal Art Society et patron de la société Nelson Byrd Woltz Landscape Architects. Son travail se caractérise par une approche innovante et écologique de l’architecture du paysage.