Du verre, en contenu et contenant !

© Iwan Baan

Dans le comté de Steuben (New-York), l’architecte Thomas Phifer a conçu un bâtiment d’une blancheur immaculée pour l’un des plus importants musées de son genre. Avec son espace d’exposition de 9000 m², l’édifice, entièrement dédié au cristal s’est vêtu d’une façade opaque en verre qui mêle astucieusement contenu et contenant.

C’est une conception qui tranche avec la traditionnelle idée des musées, un volume en verre sans qu’il soit transparent, une innovation qui selon les architectes a été inspirée de la marche dans un nuage blanc. Une idée qui est concrétisée par la présence d’espaces délimités, des parois courbes et des formes où l’atmosphère artistique et le lieu ne font qu’un.

La lumière zénithale qui aide à la diffusion douce de la lumière, crée un environnement éclairé où chaque œuvre semble être en lévitation. A l’intérieur du musée, le verre est à l’honneur de 1990 jusqu’à nos jours. Un espace entièrement consacré à des pièces qui datent de moins de vingt-cinq ans expose des artistes comme James Carpenter et Stephen Burks tandis qu’un autre expose uniquement les installations à grande échelle ou bien les projets temporaires.

De grands panneaux de verre ont été choisis pour les façades où une couche de silicone aidant, l’opacité est garantie. Ce revêtement intelligent reflète subtilement les environs.

Le musée a été moult fois réhabilité, le premier bâtiment qui date de 1951 a beaucoup changé depuis. L’ajout d’un nouvel amphithéâtre fait également partie du programme. Pour la conception de ce dernier, le choix de l’architecte était de procurer une vue vers l’intérieur, une astuce qui a trouvé l’approbation générale.

De ce fait, le nouveau musée constitue un objet architectonique subtil qui rend hommage au verre sous toutes ses coutures. Un bel exploit!

© Iwan Baan

© Iwan Baan

Le site de Thomas Phifer and Partners : ici.

Les photos : © Iwan Baan.

Un petit bijou nommé Bridge House

© Nick Bowers

En Australie, Anderson architecture a réalisé la réhabilitation ainsi que l’extension d’une maison tombée en désuétude et ravagée par les termites. Le nouveau projet résout non seulement le problème de l’insalubrité mais condense certains procédés de durabilité qui font de cette résidence un édifiant exemple écologique.

Basée à Sydney, la firme Anderson architecture a débuté officiellement en 2002 sous la direction de Simon Anderson qui a vécu un an à Stockholm, où il s’est rapproche de plus de l’architecture durable. Selon l’architecte : « La philosophie de l’humanisation de l’architecture moderne et sa connexion à la nature sont importantes pour tous nos projets. »

Elle s’appelle Bridge House et se trouve dans la capitale australienne. Il s’agit d’une coquette résidence qui est le fruit de la réhabilitation lourde des architectes de l’agence Anderson Architecture. Le projet d’origine qui comprend la reconstruction d’une terrasse intérieure était dévasté par les termites et se trouvait au fil des ans dans un état assez délabré.

Le nouveau design intègre une cour intérieure qui se trouve au centre de la maisonnée et tout au long de la cuisine américaine. Au dessus de cette dernière, un «pont» se déplace à travers un espace à double hauteur, reliant la nouvelle pièce rajoutée au premier étage. L’intérieur de la maison est épuré et sobrement aménagé. La couleur blanche et l’existence du bois clair donnent à l’ensemble une sensation d’amplitude. Quelques détails comme un mur ancien de brique gardé intact et une balustrade en acier perforé ajoutent un joyeux atypisme à l’ensemble.

Plusieurs procédés de durabilité ont été intégrés pour avoir une résidence écologique et de nombreuses solutions ont été adoptées pour améliorer l’équilibre environnemental de la construction.

Ainsi, le travail mené par Anderson architecture a redonné corps à une ancienne maison tout en l’adaptant aux diverses exigences architecturales, environnementales et structurelles d’aujourd’hui. Un petit bijou à découvrir sans tarder.

© Nick Bowers

© Nick Bowers

Le site d’Anderson Architecture : ici.

Les photos: © Nick Bowers

La Compact Karst House un éternel renouvellement

© Janez Marolt

En 2014, en Slovénie, pour faire un clin d’oeil aux diverses maisons traditionnelles du pays, l’architecte Dekleva Gregorič a réalisé une petite maisonnée qui répond aux exigences de ses habitants en utilisant les différentes techniques de nos jours. Le résultat est une charmante résidence compacte où la simplicité et l’élégance ne font qu’une.

La région de Karst était autrefois couverte de chênes que les vénitiens ont largement utilisés pour la construction de leur ville. C’est ainsi que le calcaire est devenu au fil des ans l’une des caractéristiques de la contrée.

Dans ce paysage spécifique du village slovène de Vrhovlje où les constructions en pierre se font compactes, l’architecte Dekleva Gregorič vient de livrer une résidence monolithique qui reprend certains codes traditionnels que l’on trouve dans les constructions alentours en les accommodant au goût du jour.

Alors que le rez-de-chaussée accueille le salon, la salle à manger et la cuisine, le premier étage abrite les parties plus intimes en plus de la salle de jeux des enfants qui fait en même temps office de bibliothèque.

Pour la façade, l’architecte a utilisé une technique qui se rapproche visuellement  de la construction traditionnelle en pierre. Ainsi, entre deux couches de pierre, il fait couler du béton, l’effet est garanti. A l’intérieur le béton brut du plafond se mêle au bois qui procure une sensation de chaleur. L’aménagement est simple et de goût. L’espace est optimisé même pour l’utilisation des escaliers qui deviennent des boxes contenant des livres.

La Compact Karst House est une originalité à découvrir sans tarder.

© Janez Marolt

© Janez Marolt

 

© Janez Marolt

Le site de Dekleva Gregorič arhitekti : ici.

La photo : © Janez Marolt

Noah Oasis, le gratte-ciel qui accorde plate-forme pétrolière et habitation écologique

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Evolo Skyscraper Competition est une compétition mondiale qui se déroule chaque année uniquement sur le net. La dernière en date vient de se terminer et une multitude de groupes de participants ont reçu différents prix. Noah Oasis qui a obtenu une mention honorable nous transporte dans les milieux marins et transforme les structures pétrolières en habitations écologiques. Découverte d’une ingénieuse idée qui tente de rapprocher certaines contradictions.

Contradictoire ? Le pétrole et l’écologie appartiennent à deux mondes différents mais une fois que le premier laisse ses géantes structures en plein mer, l’autre pourra les coloniser. C’est l’idée des chinois Ma Yidong, Zhu Zhonghui, Qin Zhengyu et Jiang Zhe qui ont participé à la compétition mondiale d’Evolo 2015 en proposant Noah Oasis, le gratte-ciel qui prend place sur les plateformes pétrolières et les transforme en habitats écologique.

C’est une idée qui a déjà été abordée et en plusieurs reprises dont j’avais parlé ici. Cette fois-ci il s’agit d’une tour qui se transformera en un refuge en plein mer. Le concept aspire à restaurer l’écosystème endommagé et offrir des habitations d’urgence à tous. La plate-forme d’origine deviendra le centre du réacteur où le pétrole déversé sera converti en catalyseur.

Trois périodes ont été envisagés pour l’utilisation d’un tel procédé. Tout d’abord, la stratégie à court terme qui concerne l’absorption du pétrole déversé en procurant un résultat rapide et instantané, la deuxième phase qui est à moyen terme qui va transformer l’huile récoltée à travers les tuyaux vers une centrale sous-marine où le pétrole brute sera converti en catalyseur pour les récifs coralliens d’une part et la production du plastique d’autre part. Quant à la troisième phase qui est envisagée à long terme sera l’utilisation de ces plates-formes comme abris en cas de montée des eaux et de catastrophes. C’est là que le Noah Oasis prendra toute sa signification.

Une idée qui mérite son prix.

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Quand nature et architecture se complètent

© Daici Ano

Au Japon, dans la préfecture de Kagawa, l’architecte Hironaka Ogawa (Hironaka Ogawa & Associates) a réalisé une surprenante extension pour une maison datant de plus de trente-cinq ans. Sauf que le projet ne pouvait pas se réaliser sans la suppression de deux arbres qui occupaient le site. Une difficulté qui a fini par trouver une étonnante solution.

La Zelkova est un arbre présent entre autres en Asie. Sur la parcelle occupée par une villa, l’existence d’un Zelkova et d’un camphrier entravait le travail de l’extension exigée par les propriétaires de la maison. Pour cela, il a fallu à l’architecte composer avec l’existant. Le résultat est un impressionnant projet qui met la nature et l’architecture au diapason.

C’est à Kagawa, une petite préfecture japonaise que se trouve la maison. L’édifice d’origine est situé sur une parcelle où sont plantés de nombreux arbustes. Parmi ces derniers, deux arbres, plantées lors de la construction de la maison font parti de l’histoire de la famille, d’où le souhait des propriétaires de les garder. La femme se rappelle toujours de son enfance quand elle grimpait sur ces arbustes pour jouer et aimerait garder autant que possible ce souvenir d’enfance.

L’architecte qui a été mandaté pour mener à bien l’extension demandée, après avoir visité les lieux a essayé de faire de son mieux d’une part pour garder la tradition familiale et d’autre part pour dégager la place en vue d’une nouvelle construction. Abattre les deux arbres était malheureusement nécessaire pour agrandir la maison.

Utiliser les deux arbres comme colonnes dans la pièce la plus centrale de l’édifice était pour l’architecte une manière particulière pour leur donner de l’importance tout en cultivant l’attachement des habitants vis-à-vis de ces derniers.

L’extension en question est donc une coquette petite maison qui respecte les principes de ses habitants. De grandes baies vitrées s’ouvrent sur les environs et laissent apercevoir pour toujours les deux arbres au sein de la construction.

L’intérieur de l’extension est épuré avec la couleur blanche qui y domine. Les dalles sont couvertes de bois et l’ensemble est atypique. Grâce à cette intervention, le problème de manque de place a été résolu et l’esprit du lieu a été conservé.

© Daici Ano

© Daici Ano

Le site de l’architecte Hironaka Ogawa (Hironaka Ogawa & Associates): ici.
Les photos: © Daici Ano, Courtesy of Hironaka Ogawa & Associates

Quand la façade scintille la nuit

© Tang Yu

En Chine, les architectes de l’Atelier Archimixing viennent de livrer l’étonnante robe d’une façade qui interpelle tout visiteur. Découverte d’une idée lumineuse qui fait scintiller le bâtiment.

Hengshan Road est une artère principale qui était longtemps le centre du premier quartier résidentiel de la ville. Aujourd’hui, la plupart des maisons ont été transformées et le lieu est devenu plus fréquenté de nuit grâce à ses restaurants, ses bars et ses boîtes de nuit. C’est donc dans l’un des quartiers les plus populaires auprès des expatriés vivant à Shanghai que se trouve le projet.

Il s’agit de la rénovation d’une façade faisant partie du programme de régénération de l’un des îlots historiques de la ville. L’édifice, reconverti en centre commercial, se trouve à l’angle de deux rues et était jadis une grande villa. Les architectes de l’Atelier Archimixing ont accompli un original travail qui met en avant l’enveloppe du bâtiment.

La peau de la façade qui vient d’être complètement rénovée, est constituée de deux genres de briques qui lui confèrent un air paisible. Sauf qu’une particularité est à notifier : l’un des deux matériaux qui partagent la surface de la façade, une fois la nuit tombée, devient lumineux rendant l’ensemble tacheté de quadrilatères pixelisés. Un coup de théâtre qui surprend sans cesse les passants.

Alors que les détails mettent en valeur de grandes baies vitrées soigneusement encadrées, ces quelques étincelantes briques procurent à l’ensemble un air inaccoutumé mais qui très vite sera apprécié.

© Tang Yu

© Tang Yu

Le site de l’Atelier Archmixing : ici.
Les photos : © Tang Yu

Des abris en feuilles de palmier ?

© dr sandra piesik

De nos jours, nous ne rencontrons plus ou très peu de constructions en feuilles de palmier, pourtant, à une époque, ces derniers étaient utilisés d’une manière régulière et témoignaient de la tradition locale de certains pays. Aujourd’hui, Sandra Piesik, encouragée par l’UNCCD (United Nations Convention to Combat Desertification) tente de faire revivre cette tradition en construisant aux Émirats arabes unis un prototype en feuilles de palmier.

Al-Aïn qui se trouve aux Émirats arabes unis, est une ville typique classée par l’UNESCO. C’est dans cette cité qui se trouve aux portes du désert que Sandra Piesik en collaboration avec 3 ideas ltd a réalisé un abri en feuilles de palmier en créant une solution durable qui peut donner l’exemple.

Après ce retour, la feuille de palmier peut redevenir en vogue surtout que c’est un matériau économique aux ressources renouvelables et à la fois durable. Ici, il s’agit du développement d’un projet humanitaire qui donnera probablement l’exemple à d’autres pays où les palmiers sont régulièrement cultivés.

Appelé « Sabla », l’abri en question est un projet humanitaire visant à contribuer aux programmes de développement social de certains pays pauvres. C’est un moyen de faire renaître les méthodes traditionnelles de construction en utilisant les techniques d’aujourd’hui dans le but d’offrir de solutions efficaces, rapides et écologiquement durables.

La technique de Arish utilisée traditionnellement a été modifiée afin de regrouper l’ensemble des feuilles de palmier qui peuvent être regroupées par la suite pour former des sections circulaires facile à courber. Ainsi, voient le jour, des éléments de structures modulables et facilement utilisables. Un revêtement en tissus est également envisageable pour couvrir le toit.

La feuille de palmier a donc de beaux jours devant elle. Il faut espérer que ce prototype traverse les frontières et sera utilisé là où le besoin se ressente.

© dr sandra piesik

© peter sheehan

Les architectes : Sandra Piesik of 3 ideas ltd

Les photos 1 et 2: © Sandra Piesik

La photo 3: © Peter Sheehan

La nouvelle attraction touristique de Brighton

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Sur la plage de l’une des stations balnéaires les plus célèbres d’Angleterre, l’agence d’architecture ‘Marks Barfield Architects’ a conçu une tour d’observation qui présentera une vue imprenable sur le littoral britannique. Une nouvelle attraction touristique qui selon les instigateurs, sera capable d’attirer plus de 800000 visiteurs par an.

Brighton est une ville du Sussex de l’Est connue par le Brighton Pavilion et sa jetée (le West Pier). C’est sur cette plage que sera érigée d’ici 2016 une tour d’observation imaginée par la même agence d’architecture que la fameuse London Eye. La structure est censée créer de nouveaux emplois et de servir comme catalyseur pour le développement ainsi que la régénération de la région.

Culminant à 162 mètres, la construction sera la plus haute tour d’observation en Grande Bretagne (excepté de Londres) située sur l’axe de la jetée qui a été depuis gravement endommagée par des incendies et la tempête de 2003. « i360 » incarnera donc la nouvelle attraction locale, elle comprendra un café de 400 places situé au pied de la tour ainsi que divers points de vente. Un espace d’exposition qui présentera les œuvres d’artistes locaux complète l’ensemble.

La tour d’observation de Brighton signée Marks Barfield Architects est une expérience unique qui déroule le paysage environnant grâce à la capsule qui monte progressivement tout en offrant plus d’espace libre aux visiteurs.

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14-3 Le site de l’agence d’architecture Marks Barfield Architects: ici.

Pour plus d’informations sur le projet, voir: ici.

Les images : © Marks Barfield Architects