Si nous jouions au golf ?

© Leonardo Finotti
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Au Paraguay, les architectes de l’agence Javier Corvalán + Laboratorio de Arquitectura ont réalisé un projet étonnant qui montre le béton sous son vrai visage, brut, épuré et majestueux. Découverte d’une construction qui s’éloigne des standards architecturaux les plus accomplis par le monde.

Jouer au golf devient-il plus plaisant dans un tel environnement structuré et complètement artificiel ? Il faut croire que l’aménagement est séducteur qu’en disent les golfeurs ? C’est une autre histoire.

La ville de Luque qui est située dans le département central de Paraguay contient quelques monumentales constructions en béton. Cette fois-ci il s’agit d’une construction d’un genre différent réalisé pour une minorité de gens pour ceux qui jouent au golf.

Sobre et robuste

Il s’agit d’une structure simple et colossale construite avec quatre poutres et quatre piliers qui se soutiennent mutuellement en soutenant l’ensemble. Cette construction de plus de 70 m de long divise en deux parties le terrain de golf définissant ainsi deux zones pour lancer les balles, une de 100 mètre et une seconde de 300 mètres.

Les études des appuis situés sur les poutres ont permis d’ériger trois niveaux de plates-formes, un au rez de chaussée couvert de deux paliers surélevés. Un bureau, une école de golf et un étang artificiel pour irriguer le champ complètent le programme. Ce dernier, inédit, a été réalisé avec tact pour que tous les habitués des lieux soient satisfaits. Une construction qui prend astucieusement place dans son univers.

© Leonardo Finotti
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Plus d’informations sur Laboratorio de Arquitectura: ici.
Les photos: © Leonardo Finotti

Comme une boîte sculptée, l’extension de la librairie d’Azkoitia

© Jon Cazenave
© Jon Cazenave

En Espagne, Estudio Beldarrain a accompli l’atypique extension de l’ancienne gare d’Azkoitia. Une opération délicate qui tend à réhabiliter l’ancien édifice tout en lui greffant un nouveau volume qui dialogue astucieusement avec l’existant.

Sans aucun doute, l’extension de l’ancienne gare de Azkoitia n’est pas une mince affaire. Le projet implique un remaniement profond au niveau des intérieurs, une réhabilitation consciencieuse des façades et le rajout d’une extension qui ne fasse pas tâche.

Malgré sa taille modeste, la gare d’Azkoitia est un bel édifice architectural aux finitions impeccables qui caractérise son époque. L’extension envisagée par les espagnols d’Estudio Beldarrain ressemble à une boîte sculptée qui avec sa forme irrégulière tend à évoquer l’histoire de la bâtisse. Il s’agit selon les architectes d’un scénario qui met en avant l’empilement des lattes de bois comme s’ils résultaient des anciennes traverses obtenus après démantèlement des pistes.

Le bois, un matériau intemporel

Le bois vieilli a été choisi pour qu’il ne rivalise pas avec l’architecture préexistante. Ainsi, le volume ajouté met encore plus en avant l’ancien tout en créant une douce conversation entre générations même si l’emplacement même du nouvel arrivant laisse parfois perplexe. L’extension se greffe à la paroi latérale sud de l’ancienne gare de sorte qu’elle relie la bibliothèque à la rue principale.

Avant l’extension, les escaliers, les locaux de services ainsi que l’accès principal occupaient près d’un tiers de la surface du bâtiment. La réhabilitation a décloisonné complètement l’ensemble et a introduit une nouvelle cohérence suivant les besoins ainsi que les normes actuels. En conséquence, de nouveaux espaces plus flexibles, confortables et fonctionnels ont vu le jour. Même l’intérieur, plus malléable est devenu facile à agencer.

Dans cette commune espagnole, l’extension signée d’Estudio Beldarrain est un petit bijou adopté par tous les habitants.

© Jon Cazenave
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Le site d’Estudio Beldarrain : ici.

Les photos : © Jon Cazenave

L’attrayant Kayak Club de Vejle

© Søren Aagaard
© Søren Aagaard

Au Danemark, à Vejle, Force4 Architects vient de livrer un charmant projet pour le Kayak club de la ville. Un édifice qui flotte sur l’eau et se réapproprie les caractéristiques des sports nautiques.

En 2013, lors de mon passage par Vejle, l’édifice connu par « The Wave » était à peine achevé. Les abords avaient encore besoin d’un agencement approprié bien que l’endroit était déjà fréquenté. C’est au bord de l’eau, en face des fameuses constructions de l’architecte Henning Larsen que l’agence danoise Force4 Architects a entrepris le projet.

Le Kayak Club flottant est situé sur l’eau mettant en valeur le bâtiment comme un objet sculptural tout en se concentrant sur le kayak comme un sport d’eau. Comme il s’agit d’un équipement qui flotte, la relation entre ce dernier et l’eau est tellement proche que l’utilisateur acquiert l’expérience complète de la pratique du sport dans son véritable environnement.

Un ensemble cohérent

Deux volumes, l’un dédié aux utilisateurs, l’autre pour stocker les kayaks, créent une cour entourant un espace central ouvert sur l’eau et incliné pour donner aux habitués une meilleur ouverture vers le fjord. L’espace central renforce le sentiment de la communauté.

Les diverses activités de plein air liées à la formation se trouvent sur le toit où l’on trouve également un espace barbecue, une cuisine extérieure, une salle à manger et une terrasse. Les deux volumes et les ponts supérieurs et inférieurs sont reliés par des rampes, les passerelles et des escaliers dans un gracieux mouvement continu qui forme une boucle.

Le Kayak Club flottant du port de Vejle est une structure en bois sculpté. Le projet fait partie d’un grand plan de transformation vers une zone plus interactive. Le Kayak Club flottant est l’un des premiers bâtiments qui marque le début d’un grand plan de rénovation et de développement de la ville et son ouverture vers le fjord. Un projet simple et divertissant qui plaira à tous les habitants !

© Søren Aagaard
© Søren Aagaard
© Søren Aagaard
© Søren Aagaard

Le site de Force4 Architects: ici.

Les photos: © Søren Aagaard

La fabuleuse métamorphose d’une ancienne ferme

© José Hevia
© José Hevia

L’agence d’architecture espagnole basée à Barcelone, Arquitectura G vient de transformer un ancien corps de ferme en une charmante résidence familiale. Sobriété et finesse sont au rendez-vous.

Situé entre le massif des Albères et les Gavarres, Empordà est une région rurale située à l’est de la Catalogne. L’ancienne ferme que les propriétaires voulaient réhabiliter avait plusieurs fois changé et avait subi de nombreux travaux ainsi que d’extensions. Ainsi, différents volumes sur trois niveaux s’entrelaçaient formant des siècles où manquaient la luminosité.

L’agence d’architecture Arquitectura G a été chargée d’apporter une certaine cohésion à l’ensemble. Le principal objectif de l’équipe était d’introduire à la fois la lumière du jour et une ventilation naturelle dans tout le bâti, en particulier dans les chambres sans fenêtres qui se trouvent au centre de la résidence. Pour cela, il fallait se débarrasser des murs inutiles tout en multipliant les matériaux légers pour nouveaux ajustages.

Espaces sobres et matériaux subtils

La maison possédait déjà un patio en son rez-de-chaussée, directement accessible à partir de plusieurs chambres. Une autre cours a également été créée au premier étage, dans un cadre plus approprié autour d’une piscine à la fois longue et étroite. Les chambres d’angle ont été repositionnées et les espaces restants accueillent les activités communes. Ces dernières comprennent plusieurs salons et des salles à manger. Chacune des pièces possède son mobilier intégré (comme la cheminée, les tables, etc…) et est conçue indépendamment des autres.

Parlons matériaux, les architectes ont utilisé de la tuile de couleur marron. Cette matière est la plus prédominante dans la cuisine, où elle couvre les surfaces, les zones de cuisson et même l’évier mais on la trouve également dans toutes les autres pièces de la maison où elle crée un très beau contraste avec la blancheur des murs. Un escalier en acier de couleur rouille a été installé entre le premier et deuxième étage créant un atmosphère singulier et à la fois théâtral.

La reconversion de cette ferme par Arquitectura G est un travail minutieux qui mérite le détour.

© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia
© José Hevia

Les photos : © José Hevia.

Le site d’Arquitectura G: ici.

Quand l’architecture s’inspire des arbres

© OAS1S™
© OAS1S™

Un concept d’architecture alternative visant à améliorer l’environnement urbain mondial vient de voir le jour avec la fondation OAS1S™ qui propose des maisons durables groupées à l’image des parcs urbains. L’idée, n’ayant pas encore trouvé preneur, vaut néanmoins le détour.

Des maisons inspirées des arbres qui se regroupent formant un véritable parc urbain situé dans un environnement naturel et sans voiture, telle est l’idée de la fondation OAS1S™ avancée par l’architecte hollandais Raimond de Hullu qui raconte sur son site:

«J’ai grandi en milieu rural au sud des Pays-Bas, je suis tombé amoureux de la nature, j’ai passé beaucoup de temps dans la forêt ou sur la plage. »

Il rajoute un peu plus loin :
« Parce que nos villes étouffent les gens abîment la nature, les gens désirent un équilibre avec la nature, une oasis urbaine. »

Pour toutes ces raisons, l’idée d’une maison en forme d’arbre a germée et a trouvé l’inspiration pour un projet plus complexe où les cellules se multiplient formant des quartiers entiers.

Comme une cabane dans un arbre

Chaque arbre-cabane en bois se développe sur quatre niveaux et propose un intérieur de 100m² entièrement personnalisable. Les étages sont reliés par un escalier enveloppé dans une paroi en verre qui continue jusqu’en haut où se trouve une lucarne. Chaque niveau est doté de grandes baies vitrées qui procurent une abondante luminosité à l’intérieur. Les cabanes sont disponibles en taille unique ou bien regroupées elles peuvent être aménagées pour d’autres utilisations comme un l’hôtel, un centre de loisirs ou des bureaux.

Les éléments utilisés sont le bois recyclé et les murs végétalisés, l’isolation a une haute valeur ajoutée, et le triple vitrage est privilégié. Les maisonnées sont conçues pour être 100% autosuffisantes y compris pour l’énergie, l’eau, et les déchets. Tout semble orienté vers une architecture respectueuse de son environnement. L’idée en elle est louable, cependant, il va falloir trouver les divers moyens de la réaliser.

© OAS1S™
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« The Rising Tide », l’extraordinaire installation sur la Tamise

© Jason deCaires Taylor
© Jason deCaires Taylor

A Londres, lors du festival « Totally Thames », l’artiste Jason deCaires Taylor a présenté une originale œuvre qui montre selon lui l’importance de la sauvegarde de notre environnement. Baptisée « The Rising Tide » il s’agit d’une œuvre d’art qui présente quatre sculptures hybrides posées sur les rives de la Tamise.

A Paris, lors de la COP21 j’ai eu l’occasion et la chance de découvrir deux œuvres exceptionnelles dont la « Ice Watch Paris » de l’artiste Olafur Eliasson ainsi que « Aerocene » de Tomas Saraceno. Ailleurs, en Angleterre, l’artiste Jason deCaires Taylor a expose son œuvre « The Rising Tide », sa manière de communiquer sur la protection de notre planète.

Préserver notre planète

« Le Tiding Rise » est une œuvre d’art conçue par le célèbre sculpteur Jason deCaires Taylor, connu pour ses installations sous marine. Commandé en Septembre, l’installation comporte quatre sculptures hybrides, des chevaux de 3 mètres de haut dont les pompes de puits de pétrole remplacent les têtes. Placés le long de la Tamise, en face de la Tate Britain ces sculptures géantes qui se dévoilent suivant la montée des eaux, impressionnent tout passant.

À travers son œuvre surprenante, l’artiste met en évidence le rôle de la Tamise dans la capitale anglaise. Il présente aussi notre fragilité face à la hausse des niveaux de la mer qui menacent toute notre existence. Mais cette œuvre va au-delà d’une simple image de choc, elle analyse les différentes attitudes vis-à-vis de notre planète. Tandis que les chevaux se servent de la terre pour exister, les jeunes cavaliers symbolisent l’espoir d’une génération qui protège cette même terre.

Une extraordinaire installation que l’on peut visiter jusqu’à fin Février en Cornouailles dans le cadre du « Festival of Hope ».

© Jason deCaires Taylor
© Jason deCaires Taylor

Le site de Jason deCaires Taylor: ici.

Les photos : © Jason deCaires Taylor

A Granada, Elisa Valero Ramos construit un avenant jardin d’enfants

© Fernando Alda
© Fernando Alda

Le but de ce jardin d’enfants est de favoriser le développement émotionnel qui se crée pendant les premières années de la vie à travers une architecture qui procure une expérience unique. Cette dernière se révèle via un geste pur et ludique se basant sur le jeu comme un moyen d’apprentissage. C’est avec ces idées que l’architecte Elisa Valero Ramos a conçu une crèche pédagogique à l’architecture sobre et épurée.

Sur les collines du nord de Grenade, l’arrivée de l’école maternelle El Serrallo constitue une belle surprise. Le programme qui comprend trois parties est considéré par les pédagogues comme très pertinent. L’architecte manie à merveille les ficelles de la construction traditionnelle et les adapte aux exigences d’aujourd’hui pour produire un projet à la fois fonctionnelle et esthétique.

La flexibilité constitue l’un des points fort du projet où chaque salle de classe peut facilement se convertir en une chambre à coucher pour la sieste des enfants ou en une scène de théâtre. L’interaction avec le mobilier est telle que, l’aménagement général permet un espace transformable et adaptable à d’autres usages.

Une expérience multisensorielle

L’édifice se trouve sur le sommet d’une colline et donne sur un paysage époustouflant. Coincée entre deux routes, la bâtisse qui se déploie sur une parcelle triangulaire est formée de deux étages. Pour des questions sismiques, un mur de sept mètres de haut encercle l’ensemble.

Dans tout l’édifice, l’architecte soigne particulièrement la notion d’échelle. Ainsi, les fenêtres classiques sont exclues vu la taille des enfants. Toutes les ouvertures ont été repensées se basant sur ces données. Une attention particulière a été donnée à l’accessibilité afin que les enfants peuvent être  autonome.

La plupart des recherches neurobiologiques ont montré l’important rôle des divers sens dans la construction. Le caractère ludique de l’aire de jeu est renforcé par la présence de peintures murales géométriques aux couleurs vives conçues expressément pour ce projet par l’artiste Eduardo Barco.

A la fois simple et expressive, la crèche signée par Elisa Valero Ramos est un condensé d’attentions à l’égard de l’enfance. Un bel ouvrage !

© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda

Le site de l’architecte Elisa Valero Ramos : ici.

Les photos: © Fernando Alda

« Casa el maqui » la gracieuse maison écologique

© felipe díaz contardo
© felipe díaz contardo

Au Chili, au sud-ouest de Santiago, l’agence d’architecture Gitc arquitectura a réalisé une avenante maison de vacances entourée d’un jardin et caractérisée principalement par la présence d’eau. Avec un jeu de deux éléments conceptuels, les architectes ont accompli un remarquable travail et il en résulte un véritable petit bijou.

Situé sur la colline orientale d’El Maqui Brook, une zone rurale qui fait partie de la chaîne des montagnes côtières du Chili, la parcelle appartient à une réserve naturelle reconnue par sa valeur écologique. C’est à cet endroit singulier que les architectes de Gitc arquitectura ont construit leur projet. Il s’agit d’une maison qui peut accueillir jusqu’à six personnes dont le souhait du propriétaire était une résidence entourée d’une végétation luxuriante et de l’eau.

Préserver l’écosystème

Afin de ne pas endommager la forêt ainsi que l’écosystème environnant, les architectes ont placé leur projet sur un bout de terrain déjà abîmé et sans végétation. Le nouveau projet d’aménagement paysager devrait recouvrer petit à petit la région. La situation de la colline orientale assure un ensoleillement prolongé et une exposition optimale concernant l’aération. La répartition du programme, la disposition du volume général ainsi que son orientation, proposent des réponses concrètes aux diverses exigences.

En conséquence, un pavillon consacré aux chambres à coucher et un autre volume abritant les zones communes s’empilent pour former un ensemble cohérent entouré d’un jardin, d’une piscine et d’un étang riche en plantes aquatique. Ce dernier creusé en flanc de montagne est censé contrôler ainsi que gérer les températures estivales élevées.

Côté matériaux, tandis que le béton est utilisé pour les murs de soutènement, la structure du volume supérieur est en acier et les façades sont recouvertes de lattes de bois. Un trio que les architectes ont manié avec goût pour le plus grand plaisir des habitants. C’est une maison qui donne envie de la découvrir.

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© felipe díaz contardo
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© felipe díaz contardo
© felipe díaz contardo
© felipe díaz contardo

Le site de l’agence d’architecture Gitc arquitectura : ici.

Les photos: © Felipe díaz contardo