Un distingué studio de photographe nommé « Light Shed »

© Shigeo Ogawa

Au Japon, dans la préfecture de Kanagawa, les architectes de FT architects basé à Tokyo ont réalisé un original studio pour un photographe. La construction à ossature bois et le toit en pignon se parent  de panneaux de polycarbonate ondulé créant une superposition inattendue mais réussi.

C’est un studio de 33 m² que les architectes de FT architects (katsuya fukushima, hiroko tominaga) ont conçu dans la cour du jardin d’un photographe. Il s’agit d’une forme asymétrique nommée « Light Shed » par ses concepteurs en hommage à la luminosité qui règne en son intérieur. L’espace interne est composé d’un studio décloisonné et comporte uniquement les fonctions essentielles requises pour un studio photographique.

La structure est en ossature bois et le toit est composé de plusieurs facettes pour créer dans ce petit espace l’impression d’un vaste volume géométrique. L’aspect du « Light Shed » diffère de celles des constructions alentours. Côté structure, les trois poutres en bois utilisées reprennent les méthodes ancestrales de la construction dans la région, un détail dont les architectes sont fiers.

A l’intérieur du studio, les murs et les plafonds sont peints en blanc, l’espace est épuré et l’ensemble est gracieux. Alors que côté Est, de grandes ouvertures vitrées donnent sur le jardin assurant ainsi une lumière directe, côté Ouest, des panneaux de polycarbonate couvrent la façade. Les lucarnes qui apportent la lumière indirecte sont vitrées avec du verre givré.

La lumière étant au cœur même de la conception, le « Light Shed » crée un joli lien entre les aspirations architecturales d’aujourd’hui tout en faisant un discret clin d’oeil vers le passé de la construction japonaise. Une réalisation coquette qui retient l’attention de tous.

© Shigeo Ogawa

© Shigeo Ogawa

© Shigeo Ogawa

Le site de FT architects : ici.

Les photos : © Shigeo Ogawa.

« Datri & Dasa », un deux en un réussi

© Jaime Navarro

Au Mexique, dans l’état de Hidalgo, l’architecte Marco Velázquez [mavarq] a conçu un élégant complexe résidentiel qui tout en faisant un clin d’œil à l’architecture vernaculaire, flaire bon le langage contemporain.

Baptisé « Datri & Dasa House », le nouveau complexe résidentiel de Tepeji del Río de Ocampo propose une nouvelle typologie par rapport aux édifices typiques de la région. Dès le départ, il s’agissait de construire deux maisons de week-end pour deux frères aux goûts et aux exigences différents sauf qu’ils souhaitaient partager une zone extérieure commune, d’où l’existence entre les deux entités d’une terrasse et d’une piscine.

Le choix de la traditionnelle maison de campagne était finalement écarté (sauf pour le toit) par les architectes qui ont conçu un « deux en un » où chaque entité possède son identité. Ainsi, les volumes se divisent, se touchent, s’étirent et s’entrelacent pour créer un nouveau type capable de répondre au programme. Réalisé en pierre et en brique, l’ensemble comporte des pièces qui sont en constante communication avec l’extérieur.

De même les architectes ont tiré profit de la topographie du terrain pour installer quatre terrasses extérieures qui habitent la pente naturelle. Pour des conditions structurelles, le premier étage a été réalisé en béton, le reste étant en brique.

A la fois semblables et différentes, les deux maisons de week-end offrent un délicieux goût de vacances. © Jaime Navarro

© Jaime Navarro

© Jaime Navarro

Le site de l’architecte Marco Velázquez : ici.

Les photos : © Jaime Navarro

Form follows function, c’est la nouvelle devise du Moniteur

Le 20 mars 2015, à l’heure où la crise touche de plus en plus l’activité de nombreuses branches du bâtiment, le Moniteur des travaux publics et du bâtiment lance sa nouvelle formule. Plus sobre, plus smart, remis au goût du jour, le journal saura-t-il conquérir de nouveaux abonnés ?

Alors que plusieurs jours avant la date de sa sortie officielle du 20 mars 2015, les réseaux sociaux pullulaient des photos de la nouvelle formule du Moniteur, « les rares privilégiés » comme moi (si je crois vraiment le service de communication du journal) attendaient toujours de feuilleter leur copie gratuite sur le net.

Finalement elle est arrivée dans ma boîte aux lettres, la nouvelle formule avec plus d’une quinzaine de paires d’yeux en couverture. Mon premier réflexe était de croire qu’il s’agissait de regards d’architectes. La réalité est toute autre.

Continuons, c’est le tour de l’éditorial qui avec le sourire de Michel Dalloni, directeur des rédactions, entre remerciements et reconnaissance, évoque tout le chemin parcouru par le magasine depuis 112 ans.

Et puis juste après, le style change, des gribouillis, des couleurs et des petits mots évocateurs, un vrai printemps qui donne la place à la BD, une savoureuse nouveauté qui revient timidement un peu plus loin et que l’on aimerait voir plus souvent.

Allons lire le reste, plus sérieux, plus rigide et plus actuel, les chantiers racontent toujours leur aventure, les nouveaux projets aussi, certains changements se décèlent facilement malgré tout, quelques images changent de format, d’autres pages se voient parer de couleurs, se profile alors un changement notable du côté de la forme.

Et la fonction alors ?

Bien que certaines histoires vues ou aperçues ailleurs se répètent, d’autres changements remarquables attirent l’attention. Parmi ces derniers je cite l’arrivée d’une nouvelle série de chroniques qui rendent l’ensemble particulièrement éloquent à la fois vivant et plus actuel. Dans ce numéro de lancement deux signatures, celles de Jacques-Franck Degioanni dont j’avais parlé à plusieurs reprises sur « Détails d’architecture » et celle de Nicolas Guillon, qui entre habileté et reproche commentent un sujet d’actualité.

A chaque section ses points positifs et même si l’ensemble reste fidèle à l’esprit du Moniteur, le printemps pointe son nez, une vraie mutation !

Quand le béton contribue à enrichir le patrimoine

© Tamás Bujnovszky

En Hongrie, les CZITA Architects ont réalisé la nouvelle entrée dédiée aux visiteurs de l’abbaye de Pannonhalma, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un volume en béton qui contraste avec les pierres millénaires et crée un dialogue des plus subtils.

L’abbaye bénédictine de Pannonhalma située à l’ouest de la Hongrie et fondée en 996 est l’un des exemples mondiaux les plus complets montrant l’organisation d’un monastère. A l’histoire chaotique, l’édifice inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO abrite entre autres un internat, une école supérieure de théologie, une bibliothèque et un foyer pour personnes âgées. La succession de styles architecturaux n’est que le miroir de la diversité qu’a connu cette abbaye depuis sa fondation.

Les architectes de l’agence hongroise CZITA viennent d’y ajouter une nouveauté qui outre son côté fonctionnel manquant jusque là, enrichira l’ensemble. Il s’agit d’un volume conçu pour accueillir les visiteurs tout en traçant un nouveau chemin qui les guidera vers les jardins ou les bâtiments visitables sans passer par les parties privées de l’abbaye. Les visiteurs, une fois à l’intérieur de l’enceinte, suivent désormais un chemin forestier longeant les murs du château découvrant plus facilement les divers édifices composant le site.

Le nouveau bâtiment, conçu entièrement en béton, se trouve entre deux générations de murailles, celle du château actuel datant du XXème siècle et d’autres, plus anciennes datant de l’époque médiévale. C’est une structure qui glisse dans une brèche et apporte son lot d’élégance à l’ensemble. Le renouveau architectural est possible même quand il s’agit d’un édifice classé au patrimoine.

© Tamás Czigány

© Tamás Bujnovszky

© Tamás Czigány

Le site de CZITA Architects : ici.

Les photos 1 et 3: © Tamás Bujnovszky

Les photos 2 et 4 © Tamás Czigány

A Antiparos, « Ktima House » trace un plaisant trait blanc dans le paysage

© Claudio Reis

Sur l’île grecque d’Antiparos, dans un environnement idyllique, l’architecte Camilo Rebelo en collaboration avec Susana Martins vient de livrer la « Ktima House », une maison d’hôtes en dessous de la résidence principale des propriétaires. Découverte d’un bijou qui avec sa couleur blanche estampille le paysage.

Antiparos est une petite île des Cyclades située à l’ouest de Paros connue par son histoire chaotique. C’est sur une parcelle donnant vers le large que les architectes ont construit leur projet dont l’idée principale a été fondée en se basant sur deux parties: les murs déjà existants et à différents niveaux sur le site ainsi que les plates-formes créés par ces murs. Les façades des deux niveaux de la maison sont formées de deux lignes brisées créées pour suivre les murs existants. La topographie du terrain permet de dissimuler la maison dans le site.

La résidence de deux étages vue d’en haut constitue suivant les architectes une ligne blanche abstraite dans le paysage et vue de la mer la résidence prend une allure fragmentée, elle rappelle les citadelles antiques. Selon les règles de construction de l’île qui notifient que les constructions ne peuvent pas dépasser les dix mètres de haut, la maison se niche dans le paysage et suit la pente.

Côté durabilité, les toits verts garantissent une température constante toute l’année sans le besoin d’un système de refroidissement mécanique. Un patio situé à l’arrière de la maison procure une grande luminosité à l’intérieur. La résidence qui a été réalisée respectant la tradition des constructions locales, adopte des procédés qui consomment peu d’énergie.

L’intérieur est simple, aménagé par goût. De grandes ouvertures donnent de belles vues sur les environs. La résidence est également dotée d’une piscine qui jouxte l’ensemble renforce le contraste avec l’aridité de l’île. La « Ktima House » a été nommée pour le Mies van der Rohe Award 2015 et c’est une originalité à découvrir.

© Claudio Reis

© Claudio Reis

© Claudio Reis

Le site de Camilo Rebelo Arquitecto : ici.
Les photos : © Claudio Reis

Au Palais de Tokyo, voyage artistique au bout de la terre

@Sipane Hoh

Il serait plus adéquat, de parler de recherches et de visions tellement ils s’inscrivent dans cette lignée mais l’Art n’étant jamais trop loin, leur performance dépasse les limites des conceptions et s’interroge sur le principe même de la création. Au Palais de Tokyo, les artistes nous font traverser les frontières de l’Art pour aller au-delà et savourer les diverses inventions présentées.

C’est un voyage inédit entre son et lumière, murmure et image, module et maquette, qui titille le visiteur du Palais de Tokyo. Nous sommes au 13, avenue du Président Wilson, dans le 16ème arrondissement de Paris. Tout d’abord, un petit tour du côté des champs magnétiques de TAKIS qui aura cette années 90 ans. Une mise en scène qui nous montre l’art cinétique dans toute sa splendeur. Par ici des aiguilles qui font de la musique, par là des tableaux magnétiques ailleurs quelques installations qui étudient l’œuvre en lévitation. Un univers unique où les yeux des visiteurs sont à leur tour comme aimantés pour ne pas perdre une seule miette de l’exposition.

Continuons la visite où Bouchra Khalili présente une série de photographies sous le nom de « Foreign office » et découvrons avec bonheur le talent de cette artiste lauréate du prix SAM pour l’art contemporain en 2013. Un peu plus loin, les paysages artificiels de Marie-Luce Nadal captent tout curieux de la ville.

Allons voir du côté des réalisations de Bridget Polk où des pierres de différentes tailles, trouvées au hasard de sa route, composent des sculptures imaginaires. Des morceaux de parpaings, des briques, des carreaux en ciment prennent ainsi forme défiant toute logique de gravité et offrant un tableau vivant de toute beauté.

Comment ne pas évoquer Michael Riedel qui investit avec son art absolu le point perché du Palais de Tokyo ? Les artistes sont nombreux et les installations tout autant. Finalement je clos ma visite avec l’incontournable Theo Jansen et son œuvre construite de voiles, de tubes électriques, de tiges de bambou, de bouteilles plastiques et d’autres matériaux qui forment une créature étrange. Développé selon la théorie de l’évolution génétique, une fois le vent levé, ce corps insolite bouge et avance d’une manière autonome à l’instar d’un mille-pattes géant. Un travail titanesque mélange d’ingéniosité et de mobilité, une exceptionnelle sculpture qui place l’œuvre dans une mouvance à part. Au confluent de l’Art, de l’ingénierie et de la science, l’œuvre hybride de Theo Jansen est à elle seule un voyage au bord des mondes.

@Sipane Hoh

@Sipane Hoh

@Sipane Hoh

Pour plus d’informations sur les expositions du Palais de Tokyo, voir : ici.

La maison dans le pré

© Cyrille Lallement

En Dordogne, dans la commune de Saint-Sauveur, l’architecte Laurence Cheret vient de livrer une maison individuelle qui revisite l’architecture locale en lui donnant une élégante note actuelle.

La rencontre de Laurence Cheret et des propriétaires des lieux n’est pas due au hasard. Avant de contacter l’architecte, les futurs clients avaient envisagé une idée qu’ils souhaitaient faire progresser. La discussion qui s’engage entre les deux parties débouche sur une nouvelle conception qui répond aux diverses interrogations tout en s’inscrivant idéalement dans le site.

La parcelle étant vaste, les propriétaires souhaitent construire un espace qui communique directement avec l’extérieur d’où la présence d’une part de larges portes-fenêtres et d’autre part l’existence de plusieurs terrasses tout autour de la résidence. Le jardin qui se trouve autour de cette dernière et qui est un ancien près viabilisé sera à long terme aménagé par les étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles.

L’architecture alentours étant typique et classique, dans cette aventure, l’architecte a souhaité de faire un clin d’œil à l’ancien tout en donnant un nouveau souffle à la maison. C’est pourquoi, la forme de la toiture reprend celle des constructions de la région. Ainsi, avec ce projet, les toits à quatre pans connues dans le Périgord se transforment et seront remplacées par des auvents censés protéger du soleil et de la pluie.

L’intérieur de la villa est épuré, un carrelage gris couvre le sol et le volume général qui fait 25 mètres sur 6 mètres est divisé en trois parties. Quant à la façade, elle est revêtue d’un matériau pérenne de couleur foncée qui contraste avec son intérieur immaculé.

La préfabrication a aidé l’édification rapide de la maison. Ainsi, pour monter les murs dix jours ont été suffisants. Alors que la charpente métallique a nécessité une semaine de travaux, le bardage et la couverture ont mis deux semaines. Un temps record pour des contraintes budgétaires qui ont limité le temps du chantier et le nombre de matériaux utilisés.

La maison de Saint-Sauveur aux détails soignés est un bel objet architectural qui a su trouver un remarquable équilibre avec l’architecture de la région. C’est à découvrir sans tarder.

© Cyrille Lallement

 

© Cyrille Lallement

© Cyrille Lallement

© Cyrille Lallement

Le site de Laurence Cheret : ici.

Les photos : © Cyrille Lallement

Un sacré musée !

© Simona Rota

En Espagne, dans un contexte paysager unique, à seulement quelques kilomètres de la zone touristique de la Costa Adeje, l’architecte Fernando Menis a réalisé l’extension du musée des Arts sacrés ainsi que la réhabilitation de la place qui lui est annexée. Découverte d’un projet intemporel qui a reçu plusieurs prestigieuses distinctions.

Adeje est une commune espagnole située dans le sud-ouest de Tenerife, couronnée par le volcan du Teide, et clairsemée de villages typiques ainsi que de magnifiques paysages. La Plaza España est l’une des places importante de la localité, limitée par la présence d’un ravin, elle est dotée d’une vue imprenable sur les environs.

L’architecte Fernando Menis profite de la topographie du sol et insère son musée dans la roche alliant le béton brut et le basalte poli pour un résultat extraordinaire. L’entrée du musée se fait par la nouvelle place qui avec son allure minérale donne le ton. Sous cette dernière, se trouvent plusieurs espaces qui servent à accueillir diverses expositions.

Avec l’intervention de l’architecte, la Plaza España a pratiquement doublé de surface, le projet s’est également enrichi par la création d’une scène permanente pour les représentations et un espace destiné à des bureaux municipaux.

Dans cet environnement sauvage et typique, l’émergence d’un tel monolithe ne fait que renforcer le rapport entre l’architecture et son environnement. C’est une réalisation élégante qui loge astucieusement dans ce lieu unique et c’est à découvrir sans tarder.

© Simona Rota

© Simona Rota

© Simona Rota

Le site de Fernando Menis Architectes : ici.

Les photos : © Simona Rota