Quand l’archéologie continue à enrichir les villes

© Miro Martinić

A Rijeka, suite à des fouilles archéologiques qui se trouvent au cœur de la ville, l’agence d’architecture Nenad Fabijanić a agencé un étonnant parc qui outre sa valeur historique, devient un important élément urbain qui caractérise la ville.

Située dans la baie de Kvarner, Rijeka est une ville croate à l’histoire mouvementée. A mi-chemin entre plusieurs cultures, la cité possède une importante richesse archéologique. En 2007, l’institut de conservation des œuvres archéologiques de Zagreb a effectué plusieurs recherches dans l’ancien quartier militaire datant de l’antiquité connu par le nom de « Principa ». Construit dans la deuxième moitié du troisième siècle et détruit cinq siècles plus tard, le quartier s’avère être une mine relativement bien préservée du point de vue architectural. La partie centrale de la cour, une partie latérale, plusieurs pièces, deux escaliers latéraux ainsi que la façade du bâtiment central (supposé être une basilique) ont été trouvé en l’état.

Pour la ville, il s’agissait d’un condensé ayant une grande valeur historique qu’il fallait préserver à tout prix. Les travaux du parc archéologique ont commencé en 2013, le projet a été financé par la ville avec l’aide du ministère de la culture croate entre autres.

Suivant les architectes, le concept qui est basé principalement sur l’idée de mettre en évidence la zone archéologique en renforçant ses marges, se démarque par une nouvelle individualité dans le milieu du tissu homogène existant. L’intervention consiste à ajouter un parcours qui vient tout en finesse révéler l’ensemble. Un projet unique en son genre qui participe à l’évolution culturelle de Rijeka.

© Miro Martinić

© Miro Martinić

© Miro Martinić

Le site de Nenad Fabijanić : ici.

Les phots : © Miro Martinić

La Bridge School de Xiashi, un étonnant trait d’union entre passé, présent et futur

© Li Xiaodong

En Chine, dans la province de Fujian, l’architecte Li Xiaodong a réalisé une école sur un pont reliant deux constructions historiques. Plus d’une simple institution, l’équipement est devenu depuis, un lieu de rassemblement pour tous les habitants. Un espace public de plus qui mérite le détour.

C’est dans le comté de Pinghe que se trouve Xiashi, le village qui possède en son centre les deux Tulou séparées par un ruisseau constituant une frontière naturelle entre elles. La couleur de la Bridge School lie les deux Tulou et contraste avec leur forme unique toute en rondeur.

Les Tulou sont des habitats collectifs qui reflètent un passé introverti et datent de l’époque coloniale, aujourd’hui, cette culture traditionnelle appartient au patrimoine culturel du village. Néanmoins, ce dernier manque d’espace public où les habitants peuvent se rencontrer et communiquer entre eux.

Pour l’architecte  la culture ainsi que l’environnement qui nous entoure son primordiaux, c’est pourquoi, ses créations reflètent toujours l’essentiel de ses pensées. Dans ce village, l’homme de l’art a identifié d’une part le manque de communication entre les habitants et d’autre part la carence d’espace public, deux critères importants dans l’évolution des villes. C’est pourquoi, il a essayé de lier les habitants des deux côtés du fleuve par un lien fort qui en même temps donne un coup de pouce au développement culturel.

L’idée de l’implantation d’une école primaire sur un pont serait suivant l’architecte l’occasion d’optimiser l’ensemble tout en résolvant un problème récurrent dans la société. Une passerelle qui relie les deux Tulou et associe l’histoire, la culture et le social.

L’école primaire se compose de trois entités fonctionnelles qui comprennent deux classes et une petite bibliothèque. Les parois de ces derniers sont équipées d’ouvertures coulissantes qui les transforment en espaces publics en dehors des heures scolaires. Ainsi, divers spectacles peuvent s’y installer et la nuit tombant le lieu devient un point de rencontre pour les villageois.

La structure qui fait 28 mètres de long sur 8,5 mètres de large est en acier, elle est attachée avec des treillis à un pont se trouvant en dessous et forme elle même un gracieux trait d’union entre les deux rives. La surface externe du bâtiment est habillée en bois et l’architecture tranche avec celle qui caractérise les deux Tulou.

La Bridge school de Xiashi qui conjugue intelligemment le passé, le présent et le futur apporte un nouveau souffle à la ville.

© Li Xiaodong

© Li Xiaodong

© Li Xiaodong

Le site de Li Xiaodong : ici.

Les photos : © Li Xiaodong

La « Casa Lopez », un condensé de durabilité

© Carlos Varela & Oficina 3

Au Mexique l’agence d’architecture Oficina 3 a réalisé une maison où le recyclage, la réutilisation et la durabilité sont à l’honneur. Découverte d’une construction censée de donner l’exemple à tous.

C’est à Tijuana, non loin de la frontière américaine au climat méditerranéen que se trouve la Casa Lopez. Il s’agit d’une résidence familiale qui expérimente le concept du logement modulaire à la fois économe et fonctionnel. Les architectes ont utilisé des matériaux recyclés ainsi que plusieurs solutions de conception qui garantissent une certaine autonomie à partir de ressources énergétiques extérieures. Les panneaux solaires sur le toit aident à générer l’énergie, la réutilisation des eaux usées y a été mise en place et la récolte des eaux de pluie est utilisée par la suite pour arroser les plantes et les légumes du jardin.

De l’extérieur, la maison est facilement identifiable, sur un socle en béton de couleur blanche, se dresse un parallélépipède composé en lattes de bois entièrement recyclables. Une composition à la fois surprenante et agréable surtout quand il s’agit d’une enveloppe qui est à la fois un excellent isolant.

L’intérieur est lumineux, simple et épuré. On y trouve plusieurs étagères remplis de livres, il s’agit là de l’une des fiertés des habitants. L’arrivée de la Casa Lopez renforce le caractère cosmopolite de ce quartier de la ville où aucune maison ne ressemble à une autre. Il s’agit bel et bien d’une profusion architecturale marquée par un pas en avant pour l’économie d’énergie.

© Carlos Varela & Oficina 3

© Carlos Varela & Oficina 3

© Carlos Varela & Oficina 3

Le site de l’agence d’architecture Oficina 3 (Omar J. Bernal et Daniel Carrillo) : ici.
Les photos : © Carlos Varela & Oficina 3

Au Portugal, l’art contemporain découvre une nouvelle facette

@José Campos

Au Portugal, à Ribeira Grande, les architectes Cristina Guedes et Francisco Vieira de Campos (agence Menos é Mais Arquitectos) en collaboration avec l’architecte João Mendes Ribeiro ont livré en 2014 un délicieux centre d’Art contemporain (appelé The Arquipélago ) qui a été nommé pour le prix Mies Van Der Rohe 2015. Découverte d’une réalisation subtile qui diffuse et produit la culture.

La conception se développe dans un contexte particulier, une parcelle qui va assister à l’émergence de deux nouvelles bâtisses non loin d’une autre déjà existante en englobant cette dernière dans la même conception. Grâce à l’intervention des architectes, se crée alors un dialogue de générations sans heurt ni rupture mais d’une infinie délicatesse qui met l’ensemble des édifices au diapason.

Le centre d’Art contemporain qui contient des ateliers d’artistes, des salles polyvalentes et divers espaces de stockage se greffe à l’ancien bâtiment qui était une usine de tabac et d’alcool. Ce dernier garde son caractère industriel par la présence de la pierre volcanique et se mêle au nouvel arrivant qui tout en béton affiche une forme abstraite aux textures rugueuses. Le projet ne met en aucun cas les différences entre l’ancien et le nouveau mais bien au contraire, crée une complémentarité où chaque entité garde son identité.

La performance énergétique des bâtiments a été traitée par la matérialité de ces derniers dont les structures et la connaissance artisanale qui a été enrichie par la façon intemporelle de sa réalisation. Les différentes mesures adoptées sont durables, comme la densité des murs de béton qui offre une grande inertie ainsi que la récupération et réutilisation de l’eau de pluie, et cherchent à offrir un confort à tous les utilisateurs.

Comme son nom l’indique, The Arquipélago comme un élégant ensemble d’îlots qui tout en soulignant la mémoire architecturale d’une période donnée lui apporte une jeunesse. Une douce superposition où la culture ressortira triomphante.

@José Campos

@José Campos

@José Campos

Les sites de l’agence Menos é Mais Arquitectos et de João Mendes Ribeiro Arquitecto : ici.

Photographs: José Campos pour Menos é Mais Arquitectos.

Entre ciel et terre, le Sky Garden de Londres

01@SipaneHoh

02@SipaneHoh

C’est tout en haut du gratte-ciel controversé (griffé de l’architecte Rafael Viñoly) nommé par les londoniens « Talkie Walkie » que prend place le Sky Garden, le plus haut jardin public de la capitale anglaise. Un jardin paysager signé par les paysagistes du studio Gillespies et devenu depuis peu la dernière attraction de la ville. Visite de l’un des endroits les plus convoités du pays.

Oliver Wainwright, le critique d’architecture du journal The Guardian, qui s’est rendu sur place le jour même de l’ouverture des restaurants, a décrit l’ensemble comme un « terminal d’aéroport » où  les vues sont désespérément lointaines .

Le 20 Fenchurch Street, appelé également le talkie-walkie en raison de sa forme particulière qui ressemble à un vieux téléphone portable, a déjà fait couler l’encre à plusieurs reprises. En effet, terminée en 2014, la tour dont la hauteur s’élève à 160 mètres contre 200 originellement prévus, a été très vite critiquée d’une part en raison de sa forme concave qui concentrait les rayons solaires et d’autre part pour l’effet qu’elle avait sur les monuments historiques environnants.

Rafael Viñoly, son architecte avait même reconnu quelques égarements et la société détentrice de la tour a fini par installer des ailettes verticales sur la façade pour résoudre le problème de la surchauffe de ses vitres qui avait un impact négatif sur les rues avoisinantes.

Le jardin suspendu

Cette année, la tour vient à nouveau sur le devant de la scène avec son Sky Garden, un jardin paysager conçu par le Studio Gillespies où une série de terrasses occupe les trois derniers niveaux. Une végétation luxuriante placée sous une grande surface de verre où le visiteur déambule tout en contemplant un exceptionnel paysage urbain. Certes, les vues sont lointaines, mais pas plus que de n’importe quelle autre tour, toutefois le spectacle grandiose ne fait qu’impressionner tout curieux de la ville.

Entre les figuiers et les fougères d’une part et les palmiers d’autre part, l’une des plus belle vue de Londres prend les allures de jardin suspendu qui entre ciel et terre éblouit tout visiteur.

04@SipaneHoh

06@SipaneHoh

05@SipaneHoh

03@SipaneHoh

A Dilbeek, le défi urbain prend la forme d’une académie de musique

© Miguel de Guzmán

En Belgique, l’académie MWD réalisé par l’architecte Carlos Arroyo outre l’enseignement de musique, de théâtre et de danse, offre à la ville un gracieux objet architectural qui allie esthétisme et fonctionnalité.

Dilbeek est une commune belge connue par un riche patrimoine constitué de châteaux. La ville qui, aujourd’hui, est constituée de vastes lotissements de villas n’a pas perdu pour autant son empreinte industrielle ainsi que sa facette rurale.

L’édifice est situé dans le centre ville de Dilbeek, dans un contexte difficile où se trouvent diverses variétés de constructions comme la Mairie, les restaurants, la place principale avec côté nord une zone protégée constituée par la forêt et côté est un groupement de résidences à l’architecture classique.

Dès le départ, la question était de savoir comment harmoniser les différentes conditions tout en réalisant un bâtiment de qualité. Tout d’abord, les architectes ont conçu un volume qui s’avère être une transition douce entre l’échelle des maisons environnantes. Ensuite, concevoir une surface qui reflète les résidences situées de l’autre côté de la rue et enfin un porte à faux. En plus d’un accès unique sur le côté de l’édifice ainsi qu’un espace public couvert menant à l’entrée de l’académie.

L’image du projet a été peaufinée en conséquence, avec les touches de couleurs pixellisés, la façade respire un adorable air de dynamisme autant par l’existence des lignes que les rythmes géométriques ou la texture. Il s’agit là de divers composants de la musique interprétés d’une manière ludique. Ailleurs sur les autres façades, les panneaux métalliques réfléchissent le ciel ou la forêt environnante.

La séparation des fonctions est minutieusement étudiée via la scission des deux ensembles, l’auditorium et l’académie. À l’autre extrémité de l’immeuble, il existe un  endroit formellement reconnaissable, il s’agit d’un double escalier avec des bancs et vue sur la forêt. Il est facile d’imaginer les habitués assis sur les bancs en train de discuter, de contempler les environs ou bien tout simplement attendre le cours suivant.

La compacité du volume réduit considérablement la consommation de l’énergie. Les murs porteurs recouverts d’un isolant de l’extérieur sont visibles de l’intérieur du bâtiment et offrent une bonne inertie thermique à ce dernier. Les ouvertures sont étudiées de sorte qu’elles fournissent le nécessaire de luminosité. Les intérieurs sont de couleur blanche pour réfléchir la lumière dans toutes les directions. Même l’auditorium est conçu pour fonctionner avec seulement la lumière naturelle. Les matériaux de construction choisis assurent un maximum de respect pour l’environnement. L’eau de pluie est récoltée pour être réutilisée ultérieurement.

Que de qualités pour un édifice culturel qui a changé le visage de Dibleek.

© Miguel de Guzmán

© Miguel de Guzmán

© Miguel de Guzmán

Le site de l’architecte Carlos Arroyo : ici.
Les photos : © Miguel de Guzmán

De la ferme à la maison il n’y a qu’un pas

© Arcoquattro Architettura

Dans la commune italienne de Cagno, les architectes de l’agence Arcoquattro Architettura ont réalisé une subtile réhabilitation qui a transformé une ancienne ferme en une élégante maison familiale et qui a reçu la classe A de la certification énergétique. Découverte d’une gracieuse résidence qui allie esthétisme et utilité.

C’est un bâtiment fortement lié à la tradition agricole que les architectes d’Arcoquattro Architettura ont réhabilité dans la ville de Cagno située dans la province de Côme, en Italie. Pour les concepteurs, il s’agissait d’une belle opportunité de réinvention tout en préservant les pièces non endommagées de cet ancien corps de ferme altéré et devenu désuet . Pour cela, une réhabilitation lourde a été menée par une main de maître au résultat remarquable où le jeu des matériaux et le soin des détails se mêlent pour donner une étonnante harmonie architecturale.

Alors que la façade en pierre de taille qui se trouve côté nord a été renforcée et les murs de briques restaurés, la façade sud se caractérise par les piliers de brique d’origine et les treillis de bois qui rappellent les supports traditionnels utilisés pour sécher le foin et le maïs. Une agréable lecture contemporaine se dégage ainsi de l’ensemble tout en faisant un clin d’œil à la destination originelle de l’édifice.

A l’intérieur où tout est épuré, un escalier mène au premier étage d’où les habitants peuvent admirer les alentours par une grande baie vitrée. Alors que la cuisine, la salle à manger et le salon se partagent le premier étage, les chambres sont situées au dernier niveau. Dans cet univers partagé par la brique et le béton, le bois apporte une vraie valeur ajoutée. Côté durabilité, cette construction a obtenu la certification énergétique. De quoi devenir une belle référence .

© Arcoquattro Architettura

© Arcoquattro Architettura

Le site de Arcoquattro Architettura: ici.
Les photos : © Arcoquattro Architettura

Et si on laissait entrer le loup dans la bergerie?

@2pmarchitectures

@2pmarchitectures

En France, dans le Var, l’agence d’architecture 2 : pm architectures (Paul Rolland, Hans Lefèvre, Matthieu Bergeret et Damien Elliott) ont réhabilité une ancienne bergerie tout en l’incorporant dans le projet d’une élégante résidence. Il en découle, une maison raffinée qui garde l’esprit de l’ancien et le magnifie.

C’est dans la capitale du Haut-Var connue également par « la capitale de la truffe » que se trouve Aups, une agréable commune d’un peu plus de 2000 habitants nichée dans la verdure. C’est dans cet environnement sauvage, en plein forêt que les architectes de 2 : pm architectures ont construit leur projet.

Il s’agit d’une commande privée qui aspirait à la construction d’une maison familiale sur une parcelle déjà occupée par une ancienne bergerie. Cette dernière constituait le point de départ pour les architectes qui dans un souci de conservation ont entrepris tout d’abord sa réhabilitation, pour en définir plus tard les divers changements qui la transforment en une délicieuse maison.

Et bien qu’à première vue, aucune modification notoire ne se remarque sur le corps même de la construction, les quelques détails sont capables de démentir les premières impressions. Les architectes ont mené un travail d’orfèvre qui, via quelques petites interventions, procède à l’accomplissement d’un bel ouvrage.

En effet, alors que les façades ont été gardé telle quelle, l’intérieur a subi quelques belles notes de mutation. La salle de bain s’est dotée d’une partie arrondie, la chambre d’une cloison métallique découpée aux motifs d’écorces d’olivier, la seconde chambre a intégré une baignoire ouverte sur le paysage et la cuisine s’est parée d’une plaque colorée en émail. Un agencement optimisé qui accompagne un aménagement sobre vivifie l’ensemble et lui procure une nouvelle vie.

Une structure composée de portiques en corten se positionne non loin de la maison et reproduit la forme de la bergerie via des lignes fines. Un volume aérien qui ressemble à une esquisse s’en dégage et trace l’entrée de la résidence.

Le proverbe dit : « Il ne faut pas faire entrer le loup dans la bergerie », ici, vu la qualité architecturale de l’ensemble, nous pouvons dire que le loup a fait du bon travail.

@2pmarchitectures

@2pmarchitectures

@2pmarchitectures

Le site de 2 : pm architectures : ici.

Les photos : © 2 :pm architectures.