Et une année de plus qui s’achève…

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L’année 2014 touche bientôt à sa fin. L’occasion de faire le point sur les statistiques du site « Détails d’architecture ». Dès le départ, le but de Détails d’architecture était de propager l’architecture partout dans le monde, je suis heureuse de constater que les lecteurs viennent de 160 pays- il reste quelques vides – et parlent une multitude de langues. A part la France où vivent les trois-quart des lecteurs, les dix pays d’où vient le plus grand nombre de visiteurs sont : la Belgique, l’Algérie, la Tunisie, la Suisse, le Canada, le Liban, le Maroc, l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis. Quant aux dix pays où Détails d’architecture accroche le moins, il s’agit de : la Namibie, le Népal, le Panama, le Rwanda, le Soudan, la Somalie, le Surinam, le Turkménistan, le Yémen, et le Zimbabwe.

Dans les articles les plus lus, je ne compte pas les quelques chroniques qui paraissent sur Détails d’architecture en seconde édition, et on peut les trouver aussi ailleurs dans les journaux d’architecture spécialisés.

Les papiers les plus lus en 2014 sont :

1- Et si on habitait un dôme géodésique

2- Une charmante maison griffée Aire Mateus

3- Parpaings d’or 2013 de l’architecte, la cérémonie

4- AMC avant l’heure

5- En Bretagne Lode architecture réalise une maison lovée dans les bois

6- La maison japonaise dans son écrin

7- A Alger une maison écologique signée Alia Bengana

8- AMC avant l’heure la saison 2

9- A Toulouse Bast crée la surprise

10- Discrète comme son architecte

11- A Nantes une innovante installation sportive signée Guinée Potin

12- En Chine une bibliothèque qui apporte l’innovation

13- A Cayenne la bibliothèque universitaire entre ombre et lumière

14- « Primeval Symbiosis » la maison signée Konrad Wojcik

15- La réhabilitation atypique de la Steam Blower House

Dans la catégorie « Portraits », en 2014, les trois portraits les plus consultés sont :

1- « JFD »

2- « Vallet de Martinis architectes »

3- « Guinée*Potin »

Dans la catégorie « Expositions », les articles les plus consultés sont :

1- « Architecture en uniforme le chapitre manquant »

2- « La poétique de la structure, un hommage mérité »

3- « Brasilia, l’exposition à ne pas manquer »

Quant aux articles qui ont connu en 2014 le moins de lecteurs sont:

1- « Fallen from the sky »

2- Retour aux méthodes traditionnelles ?

3- « Olympiades Paris 13ème, une modernité contemporaine »

4- Au Vietnam, l’architecture traditionnelle à l’honneur

5- L’église de l’autoroute du soleil

En 2013 Détails d’architecture a reçu par la Bibliothèque Nationale de France un N°ISSN. Depuis, le site continue, par le même élan, à diffuser l’architecture avec un grand A en France et dans le monde.

Merci à tous les lecteurs qui depuis huit ans lisent, accompagnent et suivent Détails d’architecture.

L’église de Jyväskylä, un doux dialogue de contrastes

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A Jyväskylä, la ville où se trouve le fameux musée d’Alvar Aalto, l’agence d’architecture finlandaise Lassila Hirvilammi architects a réalisé une église qui tranche avec les autres édifices de culte tout en rappelant les constructions traditionnelles alentours. Découverte d’un bâtiment épuré qui allie esthétisme finlandais et durabilité.

Jyväskylä est une ville finlandaise typique située en plein cœur de la région des lacs et reconnue par son architecture traditionnelle. Connue depuis toujours par son passé industriel, cette cité a accueilli en son centre plusieurs œuvres de l’architecte Alvar Aalto.

C’était en 2006 que la paroisse de Jyväskylä a organisé un concours pour la construction d’une nouvelle église, le projet lauréat étant celui des architectes Anssi Lassila, Teemu Hirvilammi et Jani Jansson. Epuré et sculptural, le bâtiment contient toutes les fonctions souhaitées en plus du fait de disposer à son intérieur de quelques rappels historiques et d’avoir une forme reconnaissable et unique.

Le dialogue des contrastes entre l’architecture extérieure et intérieure se manifeste surtout dans les choix de matériaux. Tandis que le toit et les murs de l’église sont couverts d’ardoise, la présence du bois et les détails en cuivre recouvrant l’entrée donnent à l’ensemble une atmosphère plus chaleureuse. Les autres surfaces extérieures sont revêtues de granit finlandais.

La structure a été réalisée par des éléments préfabriqués qui ont été assemblés par des artisans d’entreprises locales. La durabilité étant l’une des préoccupations majeures des architectes, la structure a été conçue telle qu’elle soit assemblée sans l’utilisation de matières chimiques (comme la colle) ce qui facilite également à long terme son recyclage.

L’église de Kuokkala qui fait référence par sa coquille extérieure et ses matériaux aux églises médiévales et aux toitures traditionnelles apporte une délicieuse touche de nouveauté à la ville.

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Le site de Lassila Hirvilammi architects : ici.

Les photos: © Jussi Tiainen

L’ascenseur se déplace-t-il horizontalement ?

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Certains répondront inévitablement d’une manière négative. Sauf qu’aujourd’hui, la science et les technologies nouvelles peuvent parfois démontrer le contraire. Un nouveau genre d’ascenseur vient d’être conçu, découvrons ce joyau technologique qui va révolutionner notre quotidien.

Les idées d’autrefois commencent à se faner devant les nouvelles inventions. La dernière création en date c’est l’ascenseur qui se déplace horizontalement aussi bien que verticalement grâce à un système de puissants aimants et non plus avec des câbles. Un  remarquable concept qui vise non seulement à supprimer le principe du contrepoids mais octroie aux architectes une plus grande liberté de conception.

Chaque cabine automotrice serait en mesure de se déplacer vers le haut, vers le bas ou vers les deux côtés faisant partie d’une chaîne qui ambitionne à accueillir deux fois plus d’utilisateurs et permettant de réduire à moitié l’encombrement des ascenseurs dans les immeubles de grande hauteur. Une technologie de pointe que l’agence allemande ThyssenKrupp promet d’essayer d’ici 2016.

Par ailleurs, la société qui est également l’un des plus grands producteurs d’acier du monde, compare l’actuel système d’ascenseur à la construction d’une ligne de chemin de fer entre deux villes et de l’utiliser pour faire fonctionner un seul train. La conception utilise un système par lévitation magnétique qui a déjà servi dans le train allemand monorail à grande vitesse.

L’évolution n’ayant plus de limite, avec ce prototype de l’ascenseur, certaines contraintes disparaîtront et l’architecture des immeubles se métamorphosera.

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Les images : © TyssenKrupp

Une forteresse en béton en guise d’habitation

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En Corée, les architectes de l’agence Moon Hoon ont réalisé une construction atypique pour un client exigent. L’originalité du sujet se mêle à la diversité des formes pour un résultat étonnant.

Il s’agit d’un célèbre photographe souhaitant détenir « le château moderne de Dracula » qui comporte à la fois la résidence de l’artiste ainsi que son studio, le tout sur une parcelle enclavée entre deux rues, l’une faisant 20 mètres de large et l’autre 6 mètres.

Les architectes de l’agence Moon Hoon ont profité de la situation particulière du terrain pour concevoir à la demande de l’artiste une entité avec deux entrées différentes. Ainsi, la séparation se fait non seulement via la forme du bâtiment mais également à travers les matériaux utilisés.

Tandis que le corps de la construction qui est en béton brut donne l’impression d’un impénétrable monolithe, le bois ainsi que le verre donnent quelques traits doux à la façade. Sans parler des vastes terrasses qui ramènent une abondante luminosité à l’intérieur tout en procurant une vue imprenable sur les environs.

Le projet présente une superposition ainsi qu’un jeu savant de parallélépipèdes d’où résulte un curieux patchwork urbain qui tout en matérialisant le vœu du photographe coordonne admirablement les fonctions.

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Le site de Moon Hoon : ici.

Les photos : © Kim Yong Kwan / Moon Hoon

Quand les panneaux publicitaires deviennent des logements temporaires

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C’est l’ingénieuse idée d’une jeune agence d’architecture slovaque (formée par Michal Polacek, Matej Nedorolik et Martin Lee Keniz) qui bouleverse le concept même du panneau publicitaire le rendant d’une sérieuse utilité. Découverte d’un projet qui en très peu de temps a franchi les frontières du pays.

« Nous avons de nombreux sujets reliés ensemble dans un seul projet. Nos expériences passées nous ont forcées à connecter de nombreux concepts dans un seul et rechercher la solution qui ne sera pas seulement visuellement attrayante, mais possède également un sens profond. Nous avons connecté l’étude de l’architecture, l’art, le design, le conceptualisme, la publicité et le problème des personnes sans domicile et le résultat est le projet de Gregory. »

Le concept de « Project Gregory » est ainsi né de la volonté d’apporter une réponse à un problème récurrent touchant nos sociétés, l’hébergement des sans abris, tout en utilisant des structures déjà existantes et à la fois couteuses dans leur installation.

Le phénomène de l’itinérance devenant fréquent, il est de plus en plus difficile de trouver la solution adéquate qui implique selon les auteurs une coordination de plusieurs compétences ainsi que de divers domaines.

L’idée de « Project Gregory » est novatrice, elle peut se construire partout dans le monde là où se trouvent les panneaux publicitaires. En forme triangulaire, elle se niche entre deux panneaux pointant leur nez vers l’autoroute et s’ouvre du côté opposé utilisant le troisième côté du triangle comme source de lumière. A l’intérieur, le minimalisme est de mise, la pièce principale est composée d’un bureau, d’un lit, de quelques rangements et d’une petite kitchenette. La salle d’eau comprend une douche et des toilettes. En un mot, tout le confort d’un logement temporaire s’y trouve.

Côté structure, alors que le béton est utilisé pour le socle, le bois tapisse tout l’intérieur donnant à l’ensemble un côté chaleureux. Deux fenêtres sont essentielles pour apporter de la luminosité.

Le « Project Gregory » est conçu comme une initiative «open source» où interagissent à la fois les architectes, les artistes et les architectes qui pourraient trouver de nouvelles alternatives de construction et de mise en place dans le but d’une expansion libre et plus rapide.

A part son côté créatif qui se base sur l’optimisation des espaces en architecture, le projet résout un problème humain voire existentiel. Chacun de nous peut apporter son soutien ici, pour que le premier prototype voie le jour.

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Pour plus d’information sur ce sujet, voir: le site du Project Gregory.

La maison sur la plage

© Peter Bennetts

En Australie, l’agence Andrew Burges Architects a réalisé, pour un couple de retraités, une résidence au bord de l’eau qui pourra accueillir pendant les vacances toute la famille. Tout en rappelant les premières maisons de Palm Beach, la construction s’avère être un petit bijou qui vaut le détour.

C’est sur une étroite langue de terre qui s’étend de Palm Beach à Pittwater que se trouve la parcelle. Une situation idyllique avec une vue imprenable sur les environs s’offre aux habitants. Le programme doit prendre en considération l’ensemble du site, l’architecture des maisons environnantes tout en s’adaptant à une famille multigénérationnelle.

Comme matériau de construction, les architectes ont opté pour la pierre à l’image des anciens bâtiments de la région. La maison s’ouvre d’une part vers la plage et d’autre part vers la rue. Adoptant la technologie fonctionnelle des bateaux, la façade donnant sur la mer est composée des grands panneaux de bois qui s’ouvrent et se ferment selon les besoins des propriétaires.

La superposition de la pierre et du bois continue à l’intérieur de la maison et couvre même le plafond. Les espaces sont lumineuses, les lignes sont épurées et les divers détails sont soignés. L’ensemble est particulièrement accueillant, à la fois simple et élégant.

Tantôt ouverte sur le paysage tantôt fermée comme une huitre, la maison sur la plage constitue une curiosité à découvrir.

© Peter Bennetts

© Peter Bennetts

© Peter Bennetts

Le site d’Andrew Burges Architects : ici.

Les photos: © Peter Bennetts

Le cœur d’Adra revit grâce à l’aménagement d’un espace public

Photographs: © Miguel de Guzmán

En Andalousie, les architectes de l’agence EX architects en collaboration avec Antonio Garcia Perez Architects et Cruz y Pérez Arquitectos ont remporté le premier prix du projet de construction d’un kiosque de café situé au cœur de la ville. Une coquette construction a ainsi vu le jour.

La ville d’Adra est une ville balnéaire située dans le sud de l’Espagne, elle donne sur la mer Méditerranée. Dans le quartier le plus animé de la cité, les autorités ont entrepris de construire un café qu’ils ont mandaté aux architectes de l’agence EX architects.

En raison de la circulation habituelle à travers cette esplanade et tout en essayant de ne pas perturber le flux des passants, le projet a été divisé en deux parties distinctes. Comme un élément de liaison entre ces dernières, la terrasse est recouverte par une pergola qui s’accorde avec la végétation existante de l’esplanade.

La forme sinusoïdale de l’ombrière suit la circulation des piétons dans le quartier et outre la liaison entre deux entités, elle fournit de l’ombre dans les périodes les plus chaudes de l’année où la vigne est la plus étoffée.

A Adra, autour du café de la place, les poutres en bois lamellé se croisent, se touchent et se superposent pour former la gracieuse toile qui fait désormais partie du paysage. Griffée EX architects, le café ainsi que la pergola qui l’entoure égayent l’espace public au cœur de la ville.

© Miguel de Guzmán © Miguel de Guzmán

Le site de l’agence d’architecture EX architects: ici.

Photographs:© Miguel de Guzmán

A la Cité de l’architecture, la lumière au bout du tunnel

@SipaneHoh

Le 20 novembre 2014, à Paris, à la Cité de l’architecture et du patrimoine a eu lieu l’inauguration de trois expositions : Viollet-Le-Duc, les visions de l’architecte, Revoir Paris et Ars Architectonica qui représentent chacun son monde particulier et très révélateur. Retour sur une visite riche en impressions.

Culture | France | Expositions |

C’est toujours avec un grand plaisir que je visite les diverses expositions de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Cette fois-ci, le programme est chargé, un enrichissant « trois en un » dont l’un est à re-découvrir vu que je l’ai déjà visité à la BNF il y a à peine quelques mois.

Comme d’habitude, direction deuxième sous-sol, c’est toujours là que la vraie découverte prend son sens. Alors que le musée est assailli par quelques groupes, la foule se fait de plus en plus rare à l’entrée de la première exposition. Et là, changement d’ambiance, sous une lumière tamisée et en présence d’une scénographie distinguée, des bustes, des croquis, des recueils et d’extraordinaires maquettes. Tout est étudié pour captiver le visiteur qui s’émerveille du début jusqu’à la fin de l’exposition. Les travaux d’Eugène Viollet-Le-Duc l’architecte et père fondateur de l’actuel Musée des Monuments français se dévoilent sous un angle inattendu et plongent le visiteur dans un univers lointain. L’architecture classique est donc mise en exergue, avec cette exposition c’est l’immersion non seulement dans l’œuvre de l’artiste mais dans toute une époque.

L’autre exposition c’est « Revoir Paris » déjà visitée et explorée à la BNF mais toujours plaisante à regarder. Là, nous nous éloignons des maquettes réalistes, des détails en stuc ou des idées réalisées pour vivre ne serait-ce que le moment de l’exposition dans un monde plutôt chimérique voire utopique sans architecte.

Et la troisième exposition se situe entre ces deux mondes, il s’agit d’une habile interprétation contemporaine de quelques œuvres constituant les collections de la Cité. Un hommage en quelque sorte.

La visite des expositions temporaires ne s’arrête pas là, place à la photo et à Hortense Soichet qui présente « Espaces partagés » et place au patrimoine avec une présentation des ateliers d’architecture de l’Ecole de Chaillot qui s’intéresse à la fabuleuse histoire d’un village médiéval italien, Ciciliano.

Et  finalement, arrivée au bout du bout du pavillon About, après une visite qui remémore surtout le passé, le présent pointe agréablement son nez. A l’image du Hall About baigné de lumière, l’exposition des AJAP (Albums des Jeunes Architectes et des Paysagistes) ramène un nouveau souffle et rappelle par son dynamisme l’architecture d’aujourd’hui. Fini le dédale dans les sous-sols de la Cité et place à la jeunesse. Si les visiteurs de la Cité suivent le chemin que j’ai emprunté, ils se rendront compte du fabuleux parcours de l’architecture de Viollet-Le-Duc jusqu’à nos jours.

Dehors, entre la Tour Eiffel tout près et les tours de La Défense beaucoup plus loin, la diversité architecturale du Grand Paris étonne toujours…