La maison-pont de Natoma Architects

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En Californie, dans un environnement boisé, l’agence d’architecture Natoma Architects (Stanley Saitowitz) a réalisé une maison singulière qui s’approprie le lieu. Un doux dialogue entre les matériaux et leur environnement se crée.

C’est au nord de la Californie, dans la ville de Marin que se trouve la parcelle. Difficile par son emplacement, cette dernière est cernée entre deux petites collines. L’idée de l’architecte était avant tout de combler le terrain et de faire de sorte que les habitants profitent au maximum de la beauté du paysage environnant. Il en résulte une étonnante conception qui relie comme un pont les deux collines et rappelle les ponts habités d’autrefois.

La structure est un mélange subtil de béton et d’acier, suspendue, elle s’ancre dans le sol via de fins pieux. L’ensemble qui se développe sur deux étages présente une face vitrée à son étage inférieur procurant ainsi une vue splendide pour ce qui concerne le salon, la salle à manger et les espaces communs. A l’étage supérieur, alors que le corten est utilisé pour occulter les chambres à coucher et garder leur intimité, une grande terrasse qui se trouve au milieu de l’étage s’ouvre comme une grande fenêtre vers l’extérieur.

La maison-pont de Stanley Saitowitz est une séduisante demeure où le verre se mélange astucieusement au béton et à l’acier au plus grand bonheur de ses habitants. Nous avons l’impression que la construction est un joli morceau du paysage qui, suspendue dans le temps ne fait que compléter l’ensemble.

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Le site de Natoma Architects : ici.

Les photos: © Rien van Rijthoven

A Gênes, un empilement savant façonne une école

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En Italie, dans le centre historique de Gênes, sur un terrain laissé vacant depuis la deuxième guerre mondiale, l’agence d’architecture allemande PFP Architekten a réalisé une originale école constituée de l’empilement de plusieurs parallélépipèdes. Simplicité et élégance sont au rendez-vous.

A Gênes, dans le cadre de la régénération de la Porta Soprana ainsi que le quartier de San Donato, la ville a mandaté l’agence d’architecture PFP Architekten pour y construire une école de cinq étages, qui va du primaire à la secondaire et qui est destinée à accueillir près de 500 élèves.

La parcelle se trouve dans l’ancienne ville de Gênes, à l’intersection de deux rues étroites dont une en pente douce. C’est sur cet emplacement délicat, que l’architecte Jörg Friedrich a entrepris de glisser un parallélépipède compact qui contient les bureaux, le réfectoire et la salle de musique. Quant aux étages supérieurs, elles se déploient dans deux parallélépipèdes qui se croisent et qui abritent les salles de classe. L’école est accessible à partir de deux niveaux vu la localité où elle se trouve.

« Le bâtiment de l’école est composée de deux volumes qui se chevauchent aux géométries brisées, avec un mouvement de façades qui correspond aussi à un choix d’attribution et une optimisation de l’exposition des salles de classe», a déclaré l’architecte.

Alors que le volume du rez-de-chaussée est recouvert de panneaux de pierre venant des environs et faisant un plaisant clin d’œil aux pavées des rues avoisinants, les étages supérieures possèdent une façade peinte en bleu pastel. Des volets coulissants en bois servent de protection aux fenêtres. Une terrasse qui se trouve au dessus du bâtiment offre une aire de jeu et donne une vue imprenable sur les toits de la ville.

Un peu plus loin se trouvent les ruines de l’oratoire de Santa Maria del Suffragio datant du XXVIIIème siècle sur lesquels seront construit l’auditorium ainsi que la bibliothèque de l’école. L’oratoire qui est conçu comme une partie intégrante de l’ensemble fera le lien entre l’école et la ville vu qu’il sera utilisé par tous.

Dans le dense tissu urbain du centre-ville de Gênes, la réalisation de cette école s’apparente à un bel exploit d’intégration au site qui profite à tous.

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Le site de PFP Architekten: ici.

Les photos : © Anna Positano and Andrea Bosio.

Une séduisante maison baptisée « The Pierre »

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Elle vient de recevoir l’honorable prix de l’architecture 2014 de la part de l’AIA (American Institute of Architects). Il s’agit de la remarquable résidence de vacances griffée Olson Kundig Architects. Découverte d’une charmante retraite nichée dans la roche.

Bien que l’appellation soit à consonance française, la maison se trouve aux Etats-Unis. Conçue dans un environnement idyllique, la construction s’accroche au site et en tire le meilleur. Suivant son architecte, Olson Kunding : « Putting the house in the rock follows a tradition of building on the least productive part of a site, leaving the best parts free for cultivation. »

Dès le départ, la griffe n’étant pas facile, quelques portions rocheuses ont été creusées nécessitant de grands travaux. Les gravats ont été réutilisés que ce soit pour renforcer la structure ou sous forme d’agrégats dans la construction de certains blocs de pierre.

Les murs restés brut présentent un curieux accord avec la grande porte en verre et en acier qui s’ouvre sur la terrasse d’une part et la rare présence du bois d’autre part. L’intérieur a été aménagé par l’architecte selon les demandes de son propriétaire. Une atmosphère singulière dégage de l’ensemble qui, resté brut, est mis en valeur par les éléments décoratifs qui s’y trouvent.

Dans cet archipel du nord-ouest des Etats-Unis connu par ses côtes sauvages la maison réalisée par Olson Kundig est un fin exercice d’intégration qui a bien mérité son prix.

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Le site d’Olson Kundig Architscts: ici.

Les photos : © Benjamin Benschneider pour Olson Kundig Architscts

A Hyogo, une maison signée Shogo Aratani

© Shigeo Ogawa

Au Japon, dans la région du Kansai, l’architecte Shogo Aratani a réalisé en 2013 une remarquable maison où trois volumes en béton se croisent pour un effet à la fois séduisant et saisissant.

La maison de Hyogo se trouve dans un quartier chic de la ville, sur une parcelle située au carrefour de deux routes dont l’une est en pente douce. Dans le quartier résidentiel qui a connu un grand essor il y a cinquante ans, quelques nouvelles décisions ont poussé à apporter de multiples changements. Ainsi, l’architecte Shogo Aratani se trouve mandaté pour la conception et la réalisation de l’une de ces maisons.

Cependant la morphologie du terrain étant assez contraignante, l’architecte imagine un enchevêtrement de plusieurs monolithes qui puissent ainsi épouser le sol tout en garantissant à l’ensemble un effet à la fois esthétique et fonctionnel.

La résidence qui se déploie sur trois niveaux se retranchant derrière un mur qui longe la pente, s’ouvre à l’intérieur vers des espaces généreuses et lumineuses. Le bois ajoute une petite touche de chaleur couvrant les quelques planchers. A la place d’escaliers, l’architecte adopte les rampes qui donnent une autre dimension aux pièces sans parler des surprenantes perspectives qui se forment au sein de l’édifice.

La maison de Hyogo signée Shogo Aratani semble être la réponse parfaite au contexte existant. C’est une originalité à découvrir sans tarder.

© Shigeo Ogawa

© Shigeo Ogawa

© Shigeo Ogawa

© Shigeo Ogawa

Le site de l’architecte Shogo Aratani: ici.

Les photos : © Shigeo Ogawa

Un charmant centre communautaire signé Andreas Flora

 © Benjamin Pfitscher

Dans le nord-est de l’Italie, à San Martino in Passiria, l’architecte Andreas Flora a réalisé un charmant centre communal qui réunit fonctionnalité et esthétisme dans un seul projet. Découverte d’une curiosité qui forge le nouveau visage de la place du village.

San Martino in Passiria est une petite commune de 3100 habitants située dans la province de Bolzano, en Italie du nord. C’est dans le cadre du réaménagement de la place du village que les autorités entreprennent la construction d’un lieu communautaire qui sert de pavillon de musique.

L’ouvrage qui se développe sur une pente légère et ressemble de loin à une maison donnant directement sur la place comprend une grande partie de son programme (comme la salle de répétition et d’autres dépendances) dans son sous-sol. Le dialogue que l’édifice noue avec la maison paroissiale non loin de là s’avère être doux et éloquent. Quant aux matériaux utilisés, il s’agit de la pierre naturelle que l’on trouve dans la région et du bois non traité apporté des environs.

Dans cet environnement de carte postale, l’arrivée de la nouvelle construction ne s’apparente en aucun cas à un geste architectural arrogant mais bien au contraire à une discrète insertion qui fleurit son voisinage.

 © Benjamin Pfitscher

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 © Benjamin Pfitscher

Le site de l’architecte Andreas Flora: ici.

Les photos: © Benjamin Pfitscher

« Doninpark »

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A Vienne, en Autriche, dans un environnement hétéroclite, les architectes de l’agence « LOVE architecture and urbanism » viennent de livrer un projet monumental qui développe une nouvelle typologie urbaine. A mi-chemin entre tour et barre, la construction mixte ne cesse d’interroger le visiteur.

C’est dans le 22ème arrondissement de la capitale autrichienne, non loin de la Kagraner Platz que les architectes Andreas Perchinig et Sabine Sternbach ont tissé leur projet. Un édifice grandiose de huit étage prévu pour abriter à la fois commerces, bureaux et habitations, le tout sur une parcelle longiligne qui fait face à une station de métro. l’ensemble est à mi-chemin entre une zone urbaine dense et une autre à connotation pavillonnaire.

Une opération délicate vue que comme de nombreuses réalisations dans le monde, les obligations pour respecter le PLU ne sont pas de grande aide. Malgré les diverses contraintes, les architectes ont parvenu à réaliser un immeuble de huit étages où le rez-de-chaussée est réservé au shopping, le premier et le 2ème étage comprennent des bureaux ainsi qu’un restaurant et le reste est consacré aux différentes habitations.

Néanmoins un détail important caractérise la construction, il s’agit des multiples ouvertures de différentes tailles qui parsèment la façade et rendent difficile la notion d’échelle vis-à-vis au bâtiment. Voulue par les architectes cette originalité rend l’ensemble plaisant voire atypique.

Les habitations sont accessibles via l’allée centrale et sont toutes dotées d’un balcon ou d’une loggia d’une manière à avoir une vue sur les environs. Que ce soit pour sa couleur ou bien sa taille, le complexe non seulement se remarque de loin mais stimule la curiosité de tout visiteur.

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Le site de l’agence d’architecture « LOVE architecture and urbanism » ( Andreas Perchinig, Sabine Sternbach): ici.

Les photos : © Jasmin Schuller

La petite maison de Byobugara

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Au Japon, dans la préfecture de Kanagawa, l’architecte Takeshi Hosaka a conçu une petite maisonnée qui se déploie sur trois étages tirant un profit maximal de l’exigüité de la parcelle où elle se trouve. C’est une coquette résidence où le béton et le bois se mêlent pour un résultat poétique qui séduit tout visiteur.

A Yokohama, dans un environnement dense, sur une parcelle entourée d’autres habitations, l’architecte Takeshi Hosaka vient de livrer une petite maison pour un couple et leurs deux enfants. Dès le départ, les contraintes étaient nombreuses, le terrain, trop étroit, s’apprêtait difficilement aux demandes de la famille qui allait y habiter et la mitoyenneté des deux maisons rendait difficile le chantier engagé. Sans parler d’une pente naturelle qui clôture la parcelle.

Pour cela, l’architecte a entrepris quelques astuces qui vont donner par la suite un côté atypique à la maisonnée. Comme par exemple les planchers qui se courbent et rejoignent les fenêtres non pas pour produire un effet insolite mais  pour assurer plus de luminosité à l’intérieur. Chose qui  a permis à l’homme de l’art d’ajouter un étage entier illuminé par la même méthode au sous-sol en augmentant considérablement la surface de l’ensemble qui passe de 60 m² à 90 m².

Alors que le bois habille le sol, les murs sont en béton brut. Et tandis que les grandes baies vitrées ornent la façade principale, l’escalier en colimaçon est en métal. De cette composition, il en ressort, un délicieux mélange de matières qui constitue l’identité singulière de cette maison qu’il faut découvrir sans tarder.

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Le site de Takeshi Hosaka: ici.

Les photos: © KOJI FUJII / Nacasa&Pertners Inc.

En Corée, un doux labyrinthe en guise de musée

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Dans le sud de la capitale coréenne, à Yangju, les architectes Chae Songhee et Laurent Pereira (Chae-Pereira architects) en collaboration avec la fondation Chang Ucchin ont réalisé un musée qui reflète à merveille la spécificité même de la peinture exposée. Il en résulte un espace abstrait où contenu et contenant sont en diapason.

Chang Ucchin est un peintre coréen né sous l’occupation japonaise. Avec ses toiles qui décrivent les aspects de la vie quotidienne, en développant son propre style, Ucchin est devenu l’un des représentants de la peinture moderne en Corée.

Le musée est donc un hommage aux œuvres de l’artiste. Situé dans la ville de Yangji, à 10 km de Séoul, l’édifice se développe comme un labyrinthe au bord d’une colline et épouse délicatement le paysage. Les architectes qui n’ont pas souhaité concevoir un bâtiment moderne standardardisé ou une construction qui rappelle les traditions du pays, ont opté pour une forme particulière. L’intérêt se trouve dans l’ambigüité que présente le musée. Le visiteur peut  confondre cette bâtisse blanche immaculée qui s’ouvre par moments sur le paysage avec une belle résidence non loin des rives du fleuve.

Et bien que chaque forme qui se succède est simple, l’œil averti ne peut manquer une  ressemblance avec la simplicité de certains éléments des œuvres du peintre. L’intérieur est tout aussi immaculé que l’extérieur, les lignes sont pures et l’ensemble dégage une atmosphère imprégnée de grâce.

Le musée Chang Ucchin est une curiosité à découvrir sans tarder.

©ParkWansoon

©ThierrySauvage

©ParkWansoon

Le site de Chae-Pereira Architects: ici.

Les photos: © Park Wansoon, Thierry Sauvage