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Équerre d’argent 2017, oui, mais…

Depuis quelques années, c’est devenue une habitude, la cérémonie annuelle de l’équerre d’argent se déroule dans le XVIe arrondissement parisien, au Palais d’Iéna, un chef d’œuvre architectural signé Auguste Perret.

Des présents

Parmi les huit finalistes aucun prix n’a été décerné aux 87 logements conçus par Vincent Berranger ni à la bibliothèque de Caen réalisé par OMA en collaboration avec Clément Blanchet ni au Palais de justice de Strasbourg de Garcés de Seta Bonet ni au Parking et jardin de l’agence Anonyme, tous les quatre ont disparus de l’écran lors des délibérations.

Revenons aux distinctions, tout d’abord la première œuvre qui a été décernée à un projet temporaire qui sort de l’ordinaire. Il s’agit du Centre d’hébergement d’urgence d’Ivry-sur-Seine conçu par l’Atelier Rita. Personnellement, je trouve qu’il s’agit d’un prix mérité vu l’étendu social du projet.

Continuons avec le prix de la catégorie Culture, jeunesse et sport, décerné au Musée Camille-Claudel à Nogent-sur-Seine et conçu par Adelfo Scaranello. Dès que j’ai aperçu la liste des huit finalistes, je trouvais ce projet dans « l’esprit » des quelques grands prix des équerres passées. Et bien que la réalisation a séduit le jury, elle ne faisait pas le poids devant celle du grand prix.

Parlons du Prix de l’Ouvrage d’art qui a été décerné à la Passerelle à Creil conçue par Jean-François Blassel. Je me joins à l’avis du jury, on parle toujours du rôle des musées dans la culture mais pas assez de celui des ponts dans la composition de la ville. Mis à part son côté esthétique, le projet de la passerelle de Creil fait partie des constructions utiles dont nous avons tous besoin dans la ville.

Revenons sur le Prix de la catégorie Lieu d’activité décerné à l’Hôpital de Trévenans conçu par Brunet Saunier Architecture(avec Gerold Zimmerli et Serge Gaussin & Associés). Le projet avait déjà séduit le public, il vient de séduire aussi le jury, probablement pas pour des raisons similaires mais le résultat est le même. Rien à dire, c’est un projet qui mérite sa distinction !

Et un absent

Parlons du Prix Habitat et le jury qui n’a décerné aucun prix. Mais tout d’abord revenons quelques semaines en arrière. Ce qui est atypique c’est qu’il y avait un seul projet de logements parmi les huit projets présélectionnés. Pourtant ce n’est sûrement pas le nombre de réalisations qui manquait pour la première sélection. Quand nous savons qu’en France, nombreux sont les projets de logements présentés ici et là dans les divers journaux d’architecture et plus précisément ceux qui ont été nommés à la première sélection, le résultat du non-prix me laisse pantoise. Mais comme le jury a le dernier mot, l’équerre 2017 sera marquée par l’absence du prix pour la catégorie Habitat. Un choix qui restera dans les annales de l’équerre d’argent une fois qu’on aura oublié qui faisait partie du jury.

Le Grand prix est pour …

Et finalement, le grand prix de l’équerre d’argent. Il a été décerné au Tribunal de Paris conçu par Renzo Piano et son équipe. Avant de parler du projet, j’aimerais revenir sur l’architecte. Il y a quelques années, en 2012, lors de la cérémonie de l’équerre d’argent, la même équipe s’était vue décernée le prix spécial pour sa réalisation du Monastère Sainte-Claire à Ronchamps. Lors de la fameuse soirée, Renzo Piano qui devait prendre son avion, avait fait une prompte apparition surtout à l’extérieur où il faisait la queue tout en discutant avec tous ceux qui l’interpellaient. A l’inverse de quelques grandes pointures, l’homme reste apprécié tout aussi que son architecture. Retour au grand prix de l’équerre d’argent, le projet possède, mis à part sa signature, d’énormes atouts. C’est un immeuble parisien de grande hauteur, un incontournable emblème mais aussi un projet hors-norme. Et même si certains critiquent le fait qu’il soit en PPP (partenariat public privé), l’idée de l’icône a gagné. A la fois plastique et imposant, le prix de l’équerre était pour moi une « évidence ». Pas de surprise donc mais une grande joie concernant ce projet.

Équerre d’argent 2015, Le Moniteur retrouve ses fondamentaux !

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Entourée des majestueux murs signés Auguste Perret, le 22 novembre 2015, a eu lieu à Paris, la cérémonie annuelle du prix de l’équerre d’argent. Lors de cette cérémonie ont été décernés plusieurs prix qui entre profusions et abondances ont fait un nombre conséquent d’heureux.

Réelle ou virtuelle ?

Tout d’abord et bien avant le jour J, il y a eu l’équerre d’argent des internautes avec une « vague de votes » qui s’est soldée par quatre ouvrages d’art et une médiathèque. Faut-il pour autant écouter les internautes ? Même si l’équerre est virtuelle et les résultats sont officieuses, les prix seraient « limités » dans une catégorie bien déterminée et l’architecture changerait considérablement de dimension. C’est un débat à part entière même si le groupe qui a lancé ces votes n’était pas préparé pour une telle surprise.

Bien que la planète virtuelle a parlé abondamment des votes des internautes, rien ne devait faire de l’ombre à la « vraie équerre », celle qui depuis trente-trois ans est décernée lors d’une pompeuse cérémonie où tous les gagnants prennent paroles l’un après les autres.

Une équerre, Deux équerres, plusieurs équerres…

Et depuis quelques années, si la forme n’a pas beaucoup changé, le fond a subi plusieurs transformations. A part la première œuvre dont les règles d’attribution restent inchangées, depuis deux ans, il a été décidé de créer des « catégories » : « lieux d’activités », « culture, jeunesse et sport », « habitat », « réhabilitation » et « ouvrages d’art ». Sauf qu’il est parfois difficile de classer certains projets surtout quand il s’agit d’un programme mixte. Dans quelle catégorie pouvons nous placer une résidence étudiante avec crèche ? Dans « habitat » ? « lieux d’activités » ? « culture, jeunesse et sport » ? Difficile à dire. Et que dire de l’extension d’une habitation devenue atelier d’artiste et espace de vente? Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres. Sans parler du fait qu’un stade peut se trouver en confrontation avec une petite médiathèque de quartier. Deux programmes complètement divergents même s’ils font tous les deux partie d’une même catégorie.

Si nous restons dans cette logique, pourquoi pas une nouvelle catégorie pour l’architecture éphémère ? De nombreux architectes excellent dans ce domaine même si leurs œuvres ne sont pas pérennes.

Et si le Moniteur appliquait d’autres règles ? A l’image du livre de Rem Koolhaas, « S,M,L,XL » le Moniteur ne peut-il pas classer les projets par programme et dimension ? Les architectes qui se battent pour le seuil de 150m² ne trouveraient probablement pas cela aussi déroutant qu’il paraisse.

Finalement, parlons des prix de cette année, dans chaque catégorie, tout projet a son côté accrocheur et ses adeptes. Le prix de l’équerre d’argent 2015 est décerné à la maison de santé à Vézelay pour les architectes Bernard Quirot Architectes & Associés. Un choix qui renoue le Moniteur avec ses fondamentaux et rappelle par sa sobriété les débuts de l’équerre d’argent. Un prix mérité!

Form follows function, c’est la nouvelle devise du Moniteur

Le 20 mars 2015, à l’heure où la crise touche de plus en plus l’activité de nombreuses branches du bâtiment, le Moniteur des travaux publics et du bâtiment lance sa nouvelle formule. Plus sobre, plus smart, remis au goût du jour, le journal saura-t-il conquérir de nouveaux abonnés ?

Alors que plusieurs jours avant la date de sa sortie officielle du 20 mars 2015, les réseaux sociaux pullulaient des photos de la nouvelle formule du Moniteur, « les rares privilégiés » comme moi (si je crois vraiment le service de communication du journal) attendaient toujours de feuilleter leur copie gratuite sur le net.

Finalement elle est arrivée dans ma boîte aux lettres, la nouvelle formule avec plus d’une quinzaine de paires d’yeux en couverture. Mon premier réflexe était de croire qu’il s’agissait de regards d’architectes. La réalité est toute autre.

Continuons, c’est le tour de l’éditorial qui avec le sourire de Michel Dalloni, directeur des rédactions, entre remerciements et reconnaissance, évoque tout le chemin parcouru par le magasine depuis 112 ans.

Et puis juste après, le style change, des gribouillis, des couleurs et des petits mots évocateurs, un vrai printemps qui donne la place à la BD, une savoureuse nouveauté qui revient timidement un peu plus loin et que l’on aimerait voir plus souvent.

Allons lire le reste, plus sérieux, plus rigide et plus actuel, les chantiers racontent toujours leur aventure, les nouveaux projets aussi, certains changements se décèlent facilement malgré tout, quelques images changent de format, d’autres pages se voient parer de couleurs, se profile alors un changement notable du côté de la forme.

Et la fonction alors ?

Bien que certaines histoires vues ou aperçues ailleurs se répètent, d’autres changements remarquables attirent l’attention. Parmi ces derniers je cite l’arrivée d’une nouvelle série de chroniques qui rendent l’ensemble particulièrement éloquent à la fois vivant et plus actuel. Dans ce numéro de lancement deux signatures, celles de Jacques-Franck Degioanni dont j’avais parlé à plusieurs reprises sur « Détails d’architecture » et celle de Nicolas Guillon, qui entre habileté et reproche commentent un sujet d’actualité.

A chaque section ses points positifs et même si l’ensemble reste fidèle à l’esprit du Moniteur, le printemps pointe son nez, une vraie mutation !

Batimat est une fête

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Lors de Batimat 2011, j’écrivais ces quelques lignes qui montraient malgré la crise une image optimiste de l’un des rares évènements biennaux dédiés au bâtiment.

Le 04 novembre 2013, Batimat 2013 vient d’ouvrir ses portes avec comme son habitude, une besace pleine de nouveautés. Couleurs et textures sont au rendez-vous pour le plus grand bonheur des visiteurs. Conférences pour certains, visites pour d’autres et découvertes pour tous. Le salon de l’architecture prend des allures de fête pendant cinq jours.

Pour ceux qui veulent suivre l’évènement de loin, une seule solution, le site du Moniteur diffuse en continu la totalité des informations utiles. De même pour le compte twitter du journal ainsi que certaines pages des journalistes comme ici ou qui suivent l’actualité de très près.

Rien ne vaut une visite réelle mais je vous ai préparé une petite surprise : Batimat dans l’objectif de Détails d’Architecture, un album contenant 138 photos qui pourront donner encore envie de se déplacer pour visiter Batimat 2013.

Bonne découverte à tous.

Jacques Kalisz à Elancourt

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Depuis neuf ans l’école d’architecture de Nanterre signée Jacques Kalisz est délaissée. Dans le journal Le Moniteur Jacques-Franck Degioanni revient sur la lettre de Serge Kalisz à Aurélie Filippetti où il raconte les qualités architecturales de l’école et se désole de cet abandon. Chacune des œuvres de Jacques Kalisz étant un manifeste, je m’attarde sur l’un de ses projets les moins connus et pourtant en cours de réhabilitation.

Elancourt est une ville de plus de 26000 habitants qui se trouve dans le département des Yvelines (78). C’est en 1975 que le quartier des sept Mares y voit le jour. A cheval sur les communes Elancourt et Maurepas, c’est le premier quartier né dans le cadre de l’aménagement de Saint-Quentin-en-Yvelines.

A l’origine l’architecte Philippe Deslandes qui par la suite a été épaulé par plusieurs architectes de renom. Le choix de l’époque, l’urbanisme sur dalle a donc été pratiqué pour mieux gérer les flux et assurer la séparation entre véhicules et piétons.

En plein milieu du quartier des sept Mares, est érigé en 1978 un monolithe en béton témoignage de l’architecture brutaliste de l’époque. Il s’agit du centre administratif conçu par Jacques Kalisz (en collaboration avec Roger Salem et François Droucot).

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C’est un bâtiment emblématique qui a marqué toute une époque et continue à interroger chaque curieux d’architecture. Et bien qu’il soit moins connu par rapport à d’autres réalisations de Jacques Kalisz, l’édifice est en train de subir sa deuxième réhabilitation.

Le projet de réhabilitation commencé en 2011, consiste à aménager des logements d’étudiants dans les parallélépipèdes supérieurs qui surplombent les parties administratives de l’hôtel de ville qui garde ses locaux. Ainsi, le centre administratif conçu par Jacques Kalisz connaîtra un nouveau sort tout en gardant intacte la structure du départ.

Une reconversion réussie ? Il faut attendre la fin des travaux pour pouvoir en juger. D’ici là, c’est la mémoire de Jacques Kalisz qui est sauvegardée…

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Les photos : © Sipane Hoh

A lire aussi: mon papier sur Détours d’Architecture.

D’anciennes photos de cet édifice se trouvent: ici.

«Ricciotti, architecte», mais pas que…

09-Exposition Rudy Ricciotti

L’exposition monographique « Ricciotti, architecte » a ouvert ses portes au public le 11 arvil 2013. L’occasion de la (re)découverte des travaux du grand architecte mais pas que…
Il y a quelques années, la cité de l’architecture avait commencé une nouvelle série d’expositions. Celle dédiée à Claude Parent avait retenue toute mon attention surtout avec la présence des différents croquis affichés.
Cette année, c’est à Rudy Ricciotti d’exposer ses œuvres. Comment montrer trente ans de travaux sans que le visiteur se lasse en pointant sur le strict nécessaire ? Pour Ricciotti, l’essentiel passait par le chantier et l’exposition ne tarde pas de nous le rappeler.
Avant même d’y arriver, une affiche me guide dans les tortueux couloirs du métro de la ligne 6. Une fois la porte de la Cité franchie, direction deuxième sous-sol et passage obligé de la traversée aux couleurs acidulées. Arrivée au bout, l’ambiance change d’aspect, une couleur foncée sur les murs m’accueillit. Ca y est, à partir de là, l’aventure commence dans l’antre de Ricciotti.
16-Exposition Rudy Ricciotti
Une fois sur place, le visiteur est sans doute partagé entre surprise et confusion. Oui, il s’agit bien d’une exposition d’architecture. Mais, où sont les images 3D? Et les maquettes ? Pas de plans, ni de coupes ? Et le film projeté au fond de la salle qui ne parle qu’un langage particulier?
En effet, c’est toute la différence entre n’importe quelle exposition d’architecture et l’exposition « Ricciotti, l’architecte ».
Dans le journal, le Moniteur, dans son article, Jacques-Franck Degioanni a utilisé la formule imagée de « morceaux d’architecture » c’est toute la subtilité de l’exposition, il s’agit d’un retour aux sources même de l’architecture et de l’acte de bâtir. Arriver à capter l’attention du visiteur, en peu de choses le transportant dans un univers différent et pourtant si proche.
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Pour tout amoureux d’architecture, l’exposition est un condensé d’outils, un poteau Y2A par ici, un élément de toiture par là, un pont du diable ailleurs. On y trouve même une bielle de fixation rangée dans sa boîte transparente. Néanmoins, nous pouvons remarquer quelques imperfections sur ces objets. Négligence ? Surement pas. Il s’agit de montrer chaque matière telle qu’elle a vécu au fil du temps. C‘est un sujet cher à Ricciotti qui est l’un des rares architectes capables de laisser les imperfections dues au travail de la matière, en particulier quand il s’agit du béton. L’exposition même avec ses petits détails reflète la pensée de l’architecte.
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C’est le moment d’aller au fond de la salle et de voir et surtout d’écouter le film où Ricciotti parle d’architecture. Encore une fois, surprise ! Où sont les discours des grands architectes connus par l’abondance des mots comme « création », « contexte », « couleurs », « influence », « œuvre » etc… ? Le visiteur qui espère ce genre de paroles sera fortement déçu. Ici, Ricciotti parle de béton, d’ouvrage, de radier, d’acier ou de moules. L’architecte explique les tensions dans les ponts ainsi que la chimie qui a aidé à la confection d’un nouveau genre de béton. De même, il loue le travail du maître d’ouvrage, de l’ingénieur, du chef de projet ou des ouvriers. Un langage inattendu certes mais captivant et éloquent.
Finalement l’exposition montre toutes les facettes de l’architecte qu’il est. Rudy Ricciotti l’ingénieur et surtout l’homme viennent compléter cette monographie…

Ces photos ne sont pas libres de droit.
Les photos: © Sipane Hoh

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Dans l’ombre de Kengo Kuma…


« C’est un musée sans musée… » Déclarait KengoKuma le 22 mars dernier à Marseille, lors de l’inauguration du FRAC qui depuis a fait la première page de plusieurs publications. Cependant quelques détails valent le détour. Retour sur un épisode de grande importance qui participe à la renommée artistique de la cité phocéenne.
Mars 2013, Marseille vient d’avoir son FRAC et tout le monde s’en félicite. Une construction griffée et un équipement conséquent pour une ville qui se prépare à affronter plusieurs grands événements.
Les critiques étaient colorées et diversifiées, parfois subjectives et acerbes, souvent optimistes et élogieuses. Avec ces dernières, nous avons pu parcourir le minutieux travail de Kengo Kuma et de son architecture contextuelle en réponse à la complexité de la parcelle. De même, nous avons trouvé une explication concernant la disposition des volumes et leur articulation par rapport au programme imposé.
Ainsi, nous avons appris à apprivoiser petit à petit la ville, à connaître ses derniers projets d’avenir et expérimenter son ambition et son devenir.
Marseille a eu son FRAC, un espace dédié à l’art contemporain avec une création de « nouvelle génération » pour ce qui concerne la conception interne.
Et la peau pixellisée et lumineuse différente des premières images du projet ?
Là aussi, l’explication s’imposait. En réponse, les écailles de verre recyclé que l’artisan verrier Emmanuel Barrois implanté à Brioude a pu réaliser et qui traduisaient mieux la pensée de l’architecte.
Néanmoins une chose importante semble échapper à la plupart des commentateurs qui étaient très bien renseignés par ailleurs : le nom des architectes français associés à Kengo Kuma.
Seuls de trop rares sites d’architecture spécialisés parmi lesquels Le Moniteur, ont indiqué le nom de l’agence marseillaise, associée au japonais. Car comme la devise de Kengo Kuma: « l’éloge de l’ombre » le raconte si bien, ce sont bien des architectes français qui ont œuvré pendant plusieurs années pour faire aboutir au mieux ce projet. Il s’agit de l’agence d’architecture Toury Vallet qui mérite d’apparaître à la lumière des projecteurs…
Les photos: © Toury Vallet.

C’est le Printemps…

Sur le site du Moniteur, dans son article daté de 11 janvier 2013, Laurent Miguet nous raconte l’étonnante évolution du magasin strasbourgeois Le Printemps. Un « bijou architectural » pour les uns, une « nouveauté désagréable » pour les autres, l’édifice qui avant même d’être inauguré a pu créer la polémique dans la ville européenne.

On se trouve à Strasbourg, Place de l’homme de fer en face de la station du métro du même nom. C’est un îlot qui se caractérise par un mélange architectural étonnant qui a subi lors des siècles de nombreux changements.

Elle est visible de loin, la façade enrobée d’un curieux revêtement. Jouxtant un immeuble en béton sobre et un autre en pierre de taille, le voilà, le nouvel emblème du « Printemps ». Une enveloppe qui telle une greffe s’accroche à l’existant et alterne le verre et le métal dans un mouvement lent pour nous projeter ensuite dans le monde de la haute-couture et du design. Alors que certains habitants y voient un arrière-goût des colombages très chers aux alsaciens, d’autres crient à la déforme d’un emblème et la fin d’une époque.

La réhabilitation a été conçue et dirigée par l’architecte designer Christian Biecher. Une première réalisation de l’architecte dans ce département qui l’a vu naître. Le coût total s’élève à 22 millions d’euros pour un projet qualifié de moteur pour l’agglomération strasbourgeoise. Par cet acte architectural fort, la ville espère augmenter le nombre des visiteurs qui frôlait le 2 millions avant d’entreprendre le changement.

Dans un ensemble immobilier constitué de trois bâtiments, l’architecture de Christian Biecher est censée rehausser tout un quartier. Serait-ce vraiment le cas ? Rendez-vous dans quelques ans…

Les photos: © Sipane Hoh

Plus de photos sur ma galerie publique : ici.