Archives de catégorie : Urbanisme

A Genève, l’architecture fantastique au cœur des Grottes

© Sipane Hoh

A Genève, non loin de la gare Cornavin, il existe un intéressant quartier qui vaut le détour. Son architecture? A la fois fantastique et colorée, elle ne peut laisser personne indifférent. Voyage insolite au cœur d’une fraction de ville à l’architecture aussi éclectique que surprenante.

Les Schtroumpfs

Des formes excentriques, des façades aux teintes multiples, parfois même criardes, des murs incurvés, des cages d’escaliers insolites, des poteaux champignons, des balustrades en fer forgé, bienvenue aux « Schtroumpfs », le quartier insolite de la ville.

Arrivés, dans le quartier genevois des Grottes, c’est un étrange complexe d’habitation qui nous interpelle. Surnommés les « Schtroumpfs » par ses habitants, il s’agit d’immeubles dont la ressemblance avec les résidences des personnages bleus est frappante. Néanmoins, réalisés entre 1982 et 1984 par les trois architectes Robert Frei, Christian Hunziker et Georges Berthoud, ces édifices surprenants dont l’architecture nous rappelle le travail de Friedensreich Hundertwasser ou encore d’Antoni Gaudi ont toutes les marques d’un modernisme non-conformiste.

Néanmoins, les « Schtroumpfs » ne sont ni la Hundertwasserhaus, ni la Casa Milà, mais un mélange atypique à l’architecture singulière. Son essence? Un assemblage de formes fluides, de textures et de couleurs, une association inédite que certains vont trouver exagérée et d’autres sublime. Ce qui est intéressant, c’est le regard d’ensemble que nous pouvons avoir sur le quartier entier. Même si chaque entité possède sa propre identité, un certain accord y règne. Un peu comme si les architectes ont tout coordonné. L’implantation des édifices en demi-lune, la végétation environnante, les hauteurs mais aussi les différents accès, les détails soignés, tout semble, malgré le chaos attendu, harmonieux et le résultat est tout simplement exceptionnel.

L’urbanisme sur dalle

Mais comment le complexe le plus insolite de Genève a vu le jour ? Un peu d’histoire moderne s’impose. En 1971, la ville et le canton de Genève ont souhaité, à travers un nouveau  plan de reconstruction, de moderniser la fraction de ville qui se trouvait à l’arrière de la gare Cornavin. Plusieurs architectes, urbanistes, hommes de l’art et ingénieurs étant penchés sur le concept, ont engendré un nouveau plan urbain qui tranchait avec l’ancienne friche existante pour proposer un ensemble de tours futuristes.  

Pour pouvoir mettre le projet en exécution, il a été donc proposé l’application du principe de l’urbanisme sur dalle, utilisée à plusieurs reprise en France comme dans le quartier de la Défense ou le quartier parisien des Olympiades. Sauf qu’à Genève, le projet n’a pas complètement abouti et les tours n’ont jamais été réalisées. Une urbanisme osée qui est restée encore une fois dans les archives.

C’est donc dans les années 80 que sera réalisé le quartier connu tel quel aujourd’hui. L’idée, concernant cette fraction de ville, faisait partie du plan directeur général abandonné mais pas dans son ensemble. C’est ainsi que le quartier des «Schtroumpfs» a vu le jour. Aujourd’hui, loin de faire l’unanimité des habitants de la ville, ce quartier qui s’éloigne sensiblement des standards de l’architecture classique, est devenu une attraction touristique et continue à attirer tout curieux d’architecture.

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Pour plus d’informations concernant l’histoire du quartier, voir : ici.

A lire aussi un recueil très intéressant intitulé :  De la différence urbaine: Le quartier des Grottes.

Les photos : © Sipane Hoh

G-ROAD, la route de la soie verte

© 2018, Peter Ruge Architekten

Conçue par l’agence d’architecture berlinoise Peter Ruge Architekten, le projet G-ROAD consiste en une vision durable et exceptionnelle d’une civilisation verte et en bonne santé, se développant le long de la route de la soie, inspirée par son riche héritage culturel et son avenir holistique.

« Sur la base d’une recherche exhaustive, G-IDEAS est créé pour faire face à des opportunités visionnaires reflétant les défis environnementaux, les technologies de la santé, les identités locales, les conditions sociales et la diversité culturelle. Conçus délibérément à partir de diverses sources, ces concepts visent votre propre inspiration verte. Chaque projet est un rêve durable en soi et est lié à la longue histoire du G-ROAD. Dans son intégralité, G-ROAD.COM forme une impressionnante vision d’un développement vert et sain et à partager généreusement avec les générations futures. » Nous raconte l’équipe qui a travaillé sur le projet dont les membres sont : Peter Ruge, Kayoko Uchiyama, Matthias Matschewski, Pattanun Thongsuk, Chuan Wang et Sia Hong Rui.

Les projets proposes par les architectes sont quinze. Ils consistent à fournir des réponses immédiates qui s’avèrent être durable dans le temps, aux différentes villes évoquées. Donnons quelques exemples qui, si jamais se réaliseront un jour, changeront le visages des villes dont il est question.

©2018, GeoBasis-DE/BKG (©2009), Google

G-Gate est le projet d’une nouvelle ville verte et saine sur le G-ROAD. Construite en bois et en verre, cette tour qui marque l’entrée symbolique de Berlin, stocke une énorme quantité de CO2 au cours de son cycle de vie.

© 2018, DIA by Chin Yan Jun

Soudain, un objet en forme de fraise émerge dans le ciel. Son nom est Hover the Third, qui est prévu pour le désert de Gobi. Pour créer un équilibre éternel entre travail et vie personnelle, vous n’avez pas besoin de quitter votre famille et les personnes que vous aimez pour pouvoir travailler dans un lieu éloigné. Avec son apparence attrayante, le rêve de tout un chacun devient réalité. Aujourd’hui, Hover the Third avait enfin réalisé le désir humain et une nouvelle méthode de pensée durable le long du Chemin des rêves.

© 2018, DIA by Joann Liew Yii Ning

Dédié aux artistes qui vivent et travaillent, ainsi qu’aux habitants et aux visiteurs qui souhaitent profiter et mener à bien leurs activités, 71% du projet Blue consiste en une réponse durable à l’instar de l’alimentation en particulier et le secteur agricole en général constituent la base d’un mode de vie écologique et sain le long de GROAD. Une approche multicouche combine des méthodes de production alimentaire, de pensée créative et de bien-être.

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Golden Panda Waterwheel utilise l’architecture vernaculaire pour émerger dans l’interaction de la communauté. Dans une région abondante où il reste beaucoup de qualités locales, l’ensemble constitue une réanimation culturelle indépendante qui convient à la nature locale et évite les effets négatifs sur l’environnement. La roue est une combinaison d’une centrale électrique modulaire et d’une salle de sport cinétique afin de générer de l’énergie pour leurs utilisateurs dans une perspective verte et saine.

“G – Street Libraries“ is a derivative of “Aleppo, citadel 2009 reflection“ by Johan, used under CC BY 2.0.

Les bibliothèques G-Street permettent l’éducation gratuite et rendent la culture accessible pour tous. Les informations étant vitales pour l’avenir du G-ROAD, les bibliothèques G-Street sont conçues pour la lecture gratuite et les échanges culturels. Il existe des briques recyclées disponibles en Syrie. La forme unique en forme de ruche est inspirée de la maison syrienne traditionnelle.

© 2018, Peter Ruge Architekten

Silk Road Energy Spine met l’accent sur l’une des approches les plus importantes du G-ROAD qui constitue le nouveau monde du partage. Il s’agit d’une étape clé dans les infrastructures innovantes en matière d’énergie, d’eau et de données volumineuses. Cette infrastructure est partagée par le réseau, ce qui constitue un partenariat durable entre les communautés hétérogènes.

“Water Lily“ is a derivative of “Entering the Ratargul Swamp Forest“ by Faisal Akram, used under CC BY-SA 2.0 and “Sylhet ratargul swamp forest 2“ by Abdullahap, used under CC BY-SA 4.0

G-Shell est une capsule modulaire confrontée à l’érosion des sols et augmentant l’efficacité de la revégétalisation. Il s’inspire de la forme naturelle des dunes de sable façonnées par le vent. L’espace intérieur est à l’abri et fournit les conditions appropriées pour la replantation. Comme la structure et la coque sont imprimées en 3D avec du sable et du sel, G-Shell fabrique et utilise les ressources disponibles localement.

“Oxygen City“ is a derivative of “Moscow July 2011-16“ by Alvesgaspar, used under CC BY-SA 3.0 and “St. Basil‘s Cathedral“ by Erik Charlton, used under CC BY 2.0

Les tours à oxygène fonctionnent comme des purificateurs d’air. Ils sont remplis de filtres à air combinés à des éoliennes qui améliorent la qualité de l’air. En tant que structure importante dispersée dans la ville, son design est basé sur l’architecture russe.

“Water Lily“ is a derivative of “Entering the Ratargul Swamp Forest“ by Faisal Akram, used under CC BY-SA 2.0 and “Sylhet ratargul swamp forest 2“ by Abdullahap, used under CC BY-SA 4.0

Water Lily est un prototype de collecte et de transport de l’eau dans les zones arides via G-Spine afin d’équilibrer les conséquences du changement climatique. Situés dans la forêt de marais Ratargul, l’une des rares forêts marécageuses d’eau douce au monde, dans le nord-est du Bangladesh, ils stockent l’eau pendant les fortes pluies et maintiennent le niveau d’eau pendant la saison sèche. Le dépassement de l’eau est transporté par GSpine.

“Blizzard Blazzer“ is a derivative of “⻩黄鹤楼⻄西侧⾯面“ by JuneAugust, used under CC BY 3.0

Le Blizzard Blazer est situé à Wuhan, dans le Hubei, où le blizzard est l’un des défis les plus difficiles à résoudre dans la province. Il dégage de la chaleur pour faire fondre l’excès de neige de la tempête de neige, ce qui fait qu’il pleut jusqu’à terre. Il s’agit d’une tour de guet signalant les changements climatiques, inspirée par la fonction originale de la célèbre tour Yellow Crane.

© 2017, DIA by Bei Chen

S’inspirant de l’historique de la route de la soie où des marchandises sont produites, acquises et échangées entre commerçants locaux, les arbres sont proposés comme une nouvelle devise potentielle. Chaque arbre est en corrélation avec une capacité de captage et de stockage du dioxyde de carbone. Cette nouvelle monnaie compense le changement de valeur le plus important du 21ème siècle au-delà du G-ROAD.

© 2018, Peter Ruge Architekten

Par ailleurs, le monde de voitures électriques approche. G-Charging Pod propose un nouveau concept de bornes de recharge et d’espaces publics. Chaque dessin de G-Charging Pod apprécie la nature. Constitué des ressources disponibles les plus proches, il réconcilie les utilisateurs avec leur conscience et leur environnement.

© 2018, Peter Ruge Architekten

Green Health City à Boao Lecheng est un prototype de nouveau développement urbain international, écologiquement durable, axé sur la protection de la santé et les traitements médicaux. La structure urbaine s’aligne sur son identité locale, en tenant compte de la tradition et de l’histoire médicinale ancienne chinoises. Il s’agit d’un prototype de nouvelle infrastructure de santé verte et d’une stratégie de design urbain qui ouvrent la voie au développement futur de la ville verte.

© 2017, DIA by Alex Sia Hong Rui

Le changement climatique et le manque d’eau conduisent à la désertification, aux catastrophes naturelles, à la guerre et à l’extinction le long de la route de la soie. Inspirées d’un système de transport d’eau traditionnel, les tours « Karez » sont conçues pour pomper de l’eau salée souterraine dans le désert du Taklamakan. Le traitement des eaux de dessalement pour les zones de peuplement situées dans un rayon d’alimentation limité est développé sous forme de tours multifonctions et s’étale le long de la G-ROAD.

© 2018, Peter Ruge Architekten

Et enfin, Moving Clinic reflète la vision de G-ROAD sur un développement holistique incluant les conditions de vie en zone rurale. Fabriqués à partir de conteneurs recyclés de taille standard, les cliniques mobiles sont en mesure de servir les patients. En arrivant à la clinique mobile, les utilisateurs peuvent se connecter à leur compte, recevoir immédiatement un traitement médical et se connecter à des spécialistes éloignés.

Le site de Peter Ruge Architekten : ici.

Pour plus d’informations sur le G-ROAD: ici.

Quand les villes se dévoilent autrement

©David Maisel

 Voler, c’est regarder les villes autrement, c’est aussi découvrir les cités sous plusieurs aspects méconnus. La photographie des villes a toujours trouvé ses partisans. Pour se délecter, ces derniers peuvent visiter  « Survols » l’exposition qui donne aux images aériennes ses lettres de noblesse.

Le plan de masse est un élément important que l’architecte est censé fournir lors d’une déclaration de travaux. Néanmoins, si ce plan de masse se débarrassait de sa légendaire technicité pour se parer d’une certaine vivacité ? Le résultat serait une photo loquace qui raconte quelques intéressantes histoires.

A travers les âges

« Survols », c’est l’exposition qui se tient depuis le 8 novembre à la galerie du CAUE 92, à Nanterre. Il s’agit d’un nombre édifiant de documents d’archives accompagnés de travaux photographiques contemporains, le tout présenté avec la plus grande clarté mais aussi une éminente subtilité.

La photographie aérienne explore divers aspects de la ville, celui figé à l’instant T mais aussi celui qui a subi de maints changements tout au long de son existence. En effet, « Survols » dévoile la passionnante chronologie de la photo aérienne de l’époque antique jusqu’à nos jours. L’exposition se développe en deux parties. Tandis que la première, thématique, s’appuie sur une impressionnante collecte de documents d’archives pour retracer les divers usages de la photographie aérienne, la seconde, plus inattendue mais très ludique, présente une sélection de travaux d’auteurs contemporains qui offrent un nouveau regard sur le territoire. Sans oublier de pointer vers l’évolution des techniques de la photo aérienne depuis la première photo prise par Nadar en 1858 au petit Clamart non loin de Nanterre, jusqu’aux images satellites et les effets de la démocratisation de ces derniers par les drones et Google Earth.

Au-delà de la photo

L’évènement met en exergue plusieurs intéressants ouvrages comme « Aircraft » de Le Corbusier, il donne aussi l’importance à d’autres livres qui traitent du même sujet. Quant à la scénographie, il s’agit d’un simili-hangar qui a été monté exprès au sous-sol de la CAUE, où le visiteur découvre au fil de la photo mais aussi de certaines gravures, collages et souvenirs, l’histoire de la photographie aérienne. Les amoureux de cette dernière, peuvent ainsi décortiquer, observer, comprendre tout ce qui touche de près ou de loin au thème abordé. De Venise à Paris, en passant par New-York, la profusion des informations accapare tout visiteur.

Aujourd’hui, alors que la photo aérienne s’est standardisée, son emploi par les architectes ainsi que les urbanistes reste marginal et très spécifique à l’inverse des géographes ou des chercheurs dont le terrain de jeu est plus vaste. Le plan de masse ou la vue aérienne servent toujours à présenter un site, décrire l’insertion d’un projet mais il existe une minorité dont cette même vue aérienne inspire la créativité. Cette dernière n’a pas été négligée. Laure Waast et Olivier Namias, les commissaires de l’exposition l’ont bel et bien exposée, au sous-sol de la CAUE, à la sortie du hangar, tout une salle a été dédiée à la photographie contemporaine.

A travers des travaux d’artistes comme Olivio Barbieri, Michael Light, Jérémie Lenoir ou encore Luis Fernandes les visiteurs découvrent les nouveaux détours d’un art à part entière, rendu possible via la manipulation de certaines données géographiques mais aussi en mettant en avant certains aspects des vues aériennes. Bref, il s’agit d’une remarquable exposition que vous pouvez visiter jusqu’au 2 mars 2019.

– Horaires : de 12h à 19h du mercredi au samedi

– Lieu : CAUE 92, La Galerie, 9 place Nelson Mandela, Nanterre

© Luis Fernandes

Repenser le futur des villes avec une charmante installation à Madrid

© Javier de paz garcía / luis alda

David Pérez, Carmelo Rodríguez and Rocío Pina sont les trois architectes de l’agence Enorme basée à Madrid. Conscients de la nécessité d’améliorer nos habitudes pour le bien de notre environnement, le trio vient de réaliser une charmante installation qui s’avère être tout aussi utile que fonctionnelle.

Un espace créatif

Selon les architectes, nos villes, gigantesques et vastes, sont souvent loin de refléter les améliorations auxquelles nous inspirons, c’est pourquoi, dans le cadre du festival de design de la capitale espagnole, épaulés par la marque MINI, l’agence d’architecture Enorme studio, spécialisée par ailleurs par ses diverses réalisations dans l’espace public, a créé une installation originale. Il s’agit d’un espace créatif situé dans la mythique place Santa Maria Soledad Torres Acosta à Madrid.

Depuis plus d’un an, MINI entretient le hub MINI qui s’ouvre enfin au monde extérieur, avec une charmante installation collaborative. Selon les instigateurs, l’espace verdoyant pousse à rencontrer et repenser les nouvelles façons de faire une ville. Cet espace multifonctionnel peut également servir comme du mobilier urbain tout en devenant un lieu incontournable pour les échanges de nouvelles idées concernant les bancs publics. Des conférences interactives peuvent aussi s’y dérouler comme des dialogues sur les nouveaux laboratoires spatiaux publics ainsi que divers débats sur l’avenir des villes. Toutes ces activités ont été organisées autour du design urbain. Elles seront collaboratives, transdisciplinaires et intergénérationnelles.

Améliorer la vie urbaine

La réflexion menée par les concepteurs s’inscrit dans l’objectif d’améliorer la vie urbaine, contribuant à une utilisation rationnelle des ressources et maximisant la devise «utilisation créative de l’espace». Selon les lanceurs du projet, toutes les nouvelles propositions concernant les villes du futur devraient être conçues dans la rue et proches des usagers.

La structure est amovible, elle peut être transportée tout en gardant son rôle d’origine. En plus d’être un point de rencontre pour le design et la ville, l’installation s’intéresse à l’utilisation des énergies renouvelables. L’ensemble dispose de chargeurs USB, de points de lecture éclairés par l’énergie solaire ainsi qu’un prototype qui donne la possibilité de charger des appareils à énergie cinétique, générés par le mouvement.

Selon les architectes, il s’agit d’une nouvel équipement  efficace qui cherche à travailler sur les défis de la vie quotidienne. Cependant, un certain esprit collectif est nécessaire à la réussite de ce projet. Repenser la ville reste l’un des volets importants de l’architecture.

© Javier de paz garcía / luis alda
© Javier de paz garcía / luis alda

© Javier de paz garcía / luis alda
© Javier de paz garcía / luis alda

© Javier de paz garcía / luis alda
© Javier de paz garcía / luis alda

Le site de l’agence d’architecture ENORME studio: ici.

Les photos : © Javier de paz garcía / luis alda

La dystopie et l’architecture

© Vigilism
© Vigilism

A travers l’image, Olalekan Jeyifous a imaginé des bidonvilles verticales pour le centre de Lagos. C’est une vision dystopique qui pointe sur la mauvaise qualité de la vie dans les zones pauvres. Une idée à la fois osée et originale.

A chaque artiste sa manière de passer un message universel ou de mettre en évidence un problème de société. Olalekan Jeyifous le fondateur de l’agence Vigilism, né au Nigeria et basé à Brooklyn expose ses œuvres partout dans le monde, il crée également d’étonnants visuels inspirés de l’architecture. L’artiste a eu l’idée de transformer les habitations des bidonvilles en un atypique gratte-ciel situé dans le centre de Lagos, la plus grande ville du pays connue surtout par ses activités industrielles et commerciales.

La communication à travers l’image

Selon Jeyifous ces images juxtaposent les problèmes des bidonvilles et de leurs habitants. Il s’agit d’offrir plus de visibilité à des communautés marginalisées et pauvres. Les images présentent de grandes tours cylindriques composées d’un patchwork de matériaux y compris la tôle et le plastique. Un mélange que l’on trouve dans des maisons auto construites qui se trouvent dans des zones manquant cruellement d’assainissement, de l’électricité et des services médicaux entre autres.

Les images présentées par l’artiste à la biennale d’architecture et d’urbanisme de Shenzhen 2015 opposent deux mondes en créant une conversation visuelle entre l’idée même du gratte-ciel et les bidonvilles. Une manière intelligente de lancer le débat sur l’existence même des bidonvilles dans le monde.

© Vigilism
© Vigilism

Le site de l’artiste Olalekan Jeyifous : ici.

Les images : © Vigilism

«Reporting from Marghera and Other Waterfronts», l’exposition à ne pas négliger!

© Andrea Avezzù
© Andrea Avezzù

La 15ème biennale internationale d’architecture de Venise, outre les traditionnels parcours architecturaux, met en vedette trois grandes idées spéciales. L’exposition organisée par l’architecte Stefano Recalcati, intitulée «Reporting from Marghera and Other Waterfronts» en fait partie. Retour la pertinence d’une analyse qui étudie plusieurs projets contribuant à la régénération urbaine des ports industriels.

Cette année, la Biennale d’architecture de Venise quitte l’Arsenal et les Giardini pour une exposition qui va un peu plus loin et s’implante au cœur même de la situation, dans un fort datant du XIXème siècle situé à Mestre. Comment repenser la régénération du front de mer en étudiant les processus auxquels sont confrontés certains cas internationaux? Quelles issues pour ces zones en relation forte avec les villes, leur productivité et leur système commercial? Telles sont les questions qui se posent dans le fort Marghera, en parallèle de la Biennale de Venise.

Les territoires adjacents

C’est un exercice à part qui pointe sur un territoire méconnu d’un grand nombre de touristes qui affluent à Venise. Située entre la lagune et la terre, connue dans le passé comme un conséquent centre industriel et l’un des pôles chimiques européen, Marghera vaut pourtant le détour.

Le titre de l’exposition donne le ton, le pavillon présente une multitude de cas internationaux qui étudient, à travers deux lectures, la mutation des ports. Le premier reconnaît et définit la transformation historique de ces zones à partir de la relation étroite avec le centre tandis que le second filtre par les actions clés prises dans le processus de renouvellement. Cela contient les divers processus administratifs, les procédures environnementales, la qualité architecturale et les éléments d’innovation apportés ou à apporter à ces territoires.

A travers la transformation de leur zone portuaire, plusieurs villes comme Gênes, Dublin, Hambourg, Marseille, Rotterdam, Oslo sont présentées. L’exposition offre un ensemble de processus, elle met l’accent sur les facteurs qui ont déclenché la régénération de ces zones et accompli la synthèse tout en racontant l’histoire de ces ports. Un tour du monde qui prend fin au port de Marghera. Un manière intelligente de porter l’attention sur les choix stratégiques pour le processus de régénération de cette entité.

«Reporting from Marghera and Other Waterfronts» est une exposition qui questionne sur l’actualité des villes portuaires tout aussi sur leur devenir. Et même si, à l’issue, aucune leçon ne sera tirée, aborder le sujet est un moyen efficace de s’en préoccuper.

© Andrea Avezzù
© Andrea Avezzù

© Andrea Avezzù
© Andrea Avezzù

© Andrea Avezzù
© Andrea Avezzù

Les photos : © Andrea Avezzù pour La Biennale di Venezia