Archives de catégorie : architectes

Le récit d’une folle journée marseillaise

© Espace Public

Samedi le 5 septembre 2020 était probablement une journée comme une autre pour la plupart des quartiers marseillais qui ont vécu comme d’habitude avec la frénésie des marchés hebdomadaires, l’affluence des touristes ou encore aux rythmes de la douceur d’été. Presque tous les quartiers sauf la Friche de la Belle de Mai, où il s’est passé quelque chose de particulier.

C’est dans cet ancien no mans land, sur les hauteurs de la ville phocéenne, dans des locaux savamment remaniés par l’architecte Matthieu Poitevin qu’une centaine de personnes de tout âge et provenance confondues se sont rencontrées pour débattre autour du thème Espace public. En effet, l’idée est née, pendant le confinement, avec des rencontres virtuelles qui ont fini par aboutir sur quelque chose de réel où lors d’un après-midi complet, autour d’un bon déjeuner, une trentaine d’interventions ont gardé en haleine toute l’assemblée.

Personnellement je modérais ce rendez-vous particulier même si j’ai eu une petite intervention concernant l’un des sujets abordés. C’est pourquoi, mon avis est forcément subjectif mais je l’assume pleinement.

J’ai connu Matthieu, il y a quelques années, quand, à la suite d’une très brève rencontre, j’avais dressé son portrait. Aujourd’hui, avec le temps, je me rends compte que je ne m’étais pas trompée. Si son architecture a gagné en référence, le personnage est resté le même, il est toujours aussi spécial que le nom de son agence. Quoique, je me demande si son exigence envers soi mais aussi envers son entourage ne s’est pas un peu renforcée?

Finalement, c’est grâce à l’initiative de cet architecte hors-norme que la rencontre du 5 septembre a eu lieu. C’est grâce au parrainage de son agence Caractère spécial architecture mais aussi de l’association Va jouer dehors qu’il a créé, que cette « Table Ouverte » a pu se dérouler. Ainsi, s’est enchaînée une demi-journée de paroles, de lectures, de témoignages mais aussi de très belles rencontres, des retrouvailles ou encore d’avis tranchés.

Concernant les interventions et bien que toutes étaient intéressantes, j’ai mes quelques préférences. Je vais citer simplement les prénoms, si jamais un jour, les personnes croiseront le chemin de ce site, elles se reconnaitront. Raphaëlle, tu as parlé avec une grande franchise, j’ai été sensible à tes paroles. François, c’est toujours très agréable de t’écouter. Paul, j’ai bien aimé ton intervention, simple, touchante, elle émanait du cœur. Anne-Valérie, je dirai juste que c’était très beau. Youssef, égal à toi-même comme d’habitude. Emmanuel, tu as fait une intervention simple et savoureuse. Christine, c’était une très belle intervention doublée d’une superbe rencontre, Merci Matthieu. Je laisse Ingrid et Olivier pour la fin, car quoique je dise, je ne serai pas subjective, vous êtes des amis et j’ai eu souvent l’habitude de vous écouter et d’apprécier vos paroles ainsi que vos projets.

Toutes les propositions avancées étaient pertinentes, l’idée de cette « Table Ouverte » ressemblait tout simplement à un beau pavé jeté dans la mare. Et bien que Matthieu avait imposé à quelques uns certains sujets, le résultat était prometteur. Quand j’ai quitté le restaurant des Grandes Tables, la journée tendait à sa fin, le soleil se couchait derrière les montagnes et le cœur de la ville continuait à battre.  

L’équerre d’argent 2019, quoi de neuf?

Comme chaque année, la cérémonie de l’équerre d’argent vient d’avoir lieu et comme chaque année les mécontents sont nombreux. Sauf que cette fois-ci, au milieu des diverses déclarations, certaines critiques semblent être pertinentes.

Enfin, tout le monde sait que le Moniteur des travaux publics est un groupe privé qui a trouvé, depuis de nombreuses années, une grande renommée concernant tout ce qui touche à l’architecture. L’équerre d’argent est le prix annuel le plus attendu dans la profession, c’est pourquoi, il n’est pas étonnant qu’il soit largement critiqué.

Pour bien récompenser il faut être libre

Cette année, aucune critique en vue, les déclarations ont trouvé leur place surtout sur les réseaux sociaux, étonnant? Pas tellement quand on sait que certains journaux d’architecture délaissent la critique et se consacrent à la promotion architecturale beaucoup plus gratifiante par ailleurs.

Chaque année Détails d’architecture publie une sélection des projets de l’année, j’oublie certainement quelques projets et j’en délaisse d’autres. N’étant pas partie prenante sous aucune forme avec l’équerre d’argent, je peux donc me permettre quelques suggestions.

Pourquoi l’équerre d’argent ne met jamais en avant les maisons individuelles ou familiales? Une petite distinction serait la bienvenue. Surtout quand on sait que l’architecture est tout aussi créative voire indispensable quand il s’agit de loger une famille. Dans certaines régions comme la Bretagne, l’Alsace, la Haute Savoie, la Corse ou ailleurs, la réalisation de la maison individuelle est un vrai savoir-faire, un véritable défi pour la profession. Une petite place ne serait-ce qu’une distinction serait donc la bienvenue dans ce large panel de diverses constructions récompensées chaque année.

Pourquoi l’équerre d’argent ne récompense pas les innovations en matière d’architecture? Cette année, la récompense du projet de logements de Sophie Delhaye est mise en avant comme une véritable réflexion en matière de logement, faisons alors une catégorie à part entière qui récompense non pas les logements mais l’innovation tout court. Donnons quelques exemples : L’agence MFR a réalisé en 2019 à Toulouse un projet mixte innovant premier de son genre en France, combien de journaux ont parlé de ce projet? Bien que la réalisation a reçu plusieurs prix. Par le passé, l’agence Pietri architectes (Jean-Baptiste Pietri) a eu également une belle réflexion concernant les logements, ces derniers une fois réalisés, qui en a parlé? L’agence ITAR (Ingrid Tallandier) est connue par ses réflexions sur les espaces partagés dans les logements, des idées réalisées mais, toutefois, restées assez discrètes. Une vraie catégorie serait peut être plus apte de faire la part des choses en matière d’innovation.

Sortir de toutes les contraintes pour voir clair

Parlons matériaux de construction. Cette année, plusieurs voix se sont levées en pointant le béton qui a été mis trop en avant par les diverses récompenses et surtout l’équerre d’argent. Quelques architectes dénoncent le manque d’attention vis à vis de certains matériaux. A l’heure du développement durable et le retour vers les matériaux moins polluants, l’équerre d’argent récompense de nombreuses constructions en béton. Où sont passés les projets en béton de chanvre, en bois, en pierre? L’année dernière l’agence Barrault Pressacco a été nommée pour son projet parisien de logements en pierre, mais cette nomination reste l’une des rares exceptions. De nombreuses agences d’architecture comme X-Tu, Hessamfar-Verons ou Guinée*Potin travaillent ces matériaux bien avant que la frugalité heureuse soit revendiquée par la plupart des architectes, des projets réalisés aux quatre coins de la France, existent bel et bien, il suffit de les considérer.  

Et pourquoi pas une nouvelle catégorie “Après quelques années” ? L’architecture neuve est toujours attirante voire très séduisante surtout quand il s’agit de jauger à travers quelques photos et un discours bien préparé. Peu de journaux évoquent les bâtiments construits des années plus tard pourtant il s’agit de l’essence même de l’architecture, un édifice qui a vécu aux aléas du temps peu importe les couleurs de se façade, est toujours le résultat d’une bonne architecture. Cette catégorie peut être ouverte à la proposition de tous, le meilleur moyen d’avoir de vraies surprises.

D’ailleurs en terme de surprise, l’équerre d’argent ne surprend plus grand monde sauf pour sa première œuvre. Tous les projets choisis ou primés ont déjà fait le tour des couvertures des quelques plus grands journaux d’architecture comme AMC, AA’, etc…Pourtant, d’autres projets, beaucoup plus discrets et tout aussi méritants existent, il suffit parfois d’aller à leur rencontre.

La sélection 2019 de Détails d’architecture

©Lili l’archi

C’est la sixième année consécutives où Détails d’architecture dévoile une liste non exhaustive de constructions réalisées dans l’année qui ont marqué l’architecture en France. Et bien que depuis, il y a eu plusieurs changements, le fond reste fidèle au message du départ. Je présente donc à tous mes lecteurs les réalisations qui, selon moi, ont marqué l’architecture en France cette année. 

Détails d’architecture, dès le départ, souhaite mettre tous les architectes sur le même piédestal, une démarche que j’assume puisqu’il s’agit d’une sélection strictement personnelle rendant hommage à des réalisations qui dessinent, selon moi, le paysage architectural de notre pays. Et comme ce dernier n’est pas seulement impacté par l’architecture des bâtiments, je serai ramener à pointer également vers d’autres disciplines qui l’enrichissent.

Depuis plus de douze ans, date à laquelle, Détails d’architecture s’appelait encore Détails, mon but reste inchangé, parlons d’architecture, lisons l’architecture et découvrons l’architecture. 

Ceux qui suivent Détails d’architecture le savent déjà mais je le précise et remercie encore une fois, l’illustration est signée par la talentueuse Lili l’archi dont les dessins ont accompagné cette rubrique dès sa naissance. (J’ai d’ailleurs un scoop concernant Lili, vous verrez bientôt, d’ici un mois, un livre avec ses dessins dans les librairies.)

Alors prêts?

Cette année, le voyage architectural est tout aussi florissant que les années précédentes. Même si certaines réalisations restent plus discrètes que d’autres, toutes valent le détour. Et qui sait ? Si ça se trouve, comme chaque année, quelques projets seront nommées à l’équerre d’argent ou encore présentés par l’annuel du journal AMC…

Commençons notre virée cette année par Rennes et allons dans la ZAC du Beauregard, à la découverte des logements de l’agence a/LTA architectes – urbanistes (Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) ainsi que les 88 logements de l’ilôt F3 de la Zac Baud Chardonnet de  Guinée*Potin.

Continuons vers Brest pour visiter le bâtiment 385 qui comprend un centre de dialyse, un laboratoire d’analyses et des cabinets de consultations, une impressionnante réalisation signée TETRARC et PAD architectes. Sur le chemin du retour vers Paris, faisons un arrêt à Javené près de Fougère, devant l’agence nationale du médicament vétérinaire de DLW Architectes (François Dussaux, Aurélien Lepoutre et Vincent Wattier).

A Paris, découvrons le Phobos place de la bourse, un immeuble de bureaux réalisé par le Studio Vincent Eschalier, la fameuse caserne de Reuilly (22 logements sociaux et d’un local d’activités) de Charles-Henri Tachon ainsi que la réhabilitation et l’extension des pavillons de la même caserne réalisé par Mir architectes. Avant de quitter la capitale française, passons une nuit dans le premier hôtel 25 Hours de France par Axel Schoenert Architectes.

Quittons Paris et dirigeons-nous vers les Mureaux à la découverte du Centre d’art Les Ateliers du Moulin, il s’agit de la réhabilitation d’un ancien moulin et la transformation en lieu de fabrication artistique, une réalisation signée de Think Tank architecture, paysage, urbanisme (Marine de la Guerrande et Adrien Pineau). Passons voir aussi la passerelle de Dietmar Feichtinger à Mantes-la-Jolie / Limay qui vient d’être inaugurée. Faisons aussi un tour à l’église Saint-Joseph de Montigny-Les-Cormeilles réalisée par ENIA architectes.

Dirigeons-nous vers Bretteville-sur-Odon à la découverte des logements de Baumschlager Eberle Architekten puis, continuons vers Cabourg et découvrons le remarquable pôle social et culturel de Lemoal Lemoal architectes. Un petit tour par Dunkerque s’impose pour visiter la transformation du musée des Beaux-arts en bibliothèque, un impressionnant projet réalisé par D’Houndt+Bajart architectes et associés.

Sur la route du retour, passons par Lille pour découvrir « Le Peuple Belge », un programme mixte réalisé par Coldefy & Associés puis par Arras pour visiter le pôle éducatif du Val de Scarpe réalisé Guillaume Ramilien et Boris Bouchet. Arrêtons-nous à Carrières-sous-Poissy pour visiter les 75 logements et commerces de Pietri Architectes. Et pourquoi pas un peu de détente sur l’aire de jeux situé au parc de Courdimanche signée Espace Libre ?

Dans la ville lumière, arrêtons-nous à la ZAC de Clichy-Batignolles pour visiter le complexe signé TVK et Tolila Gilliland, les logements de Gaëtan Le Penhuel & Associés ainsi que le tour de logements située porte de la chapelle et réalisée par Brenac-Gonzalez.

Allons cette fois-ci à Toulouse, à la découverte de l’ensemble immobilier constitué de 54 logements en accession + 23 logements sociaux + 2 350 m² de bureaux de la Zac Eco-quartier de la Cartoucherie par MFR architectes (Ronan Fournier le Ray et François Malburet). De même, visitons la réhabilitation de l’ancienne école Jean Moulin et réaménagement de l’hôtel de ville de Blagnac, un projet réalisé par Danièle Damon architecte. Avant de quitter la région, allons faire la fête à Pratgraussals dans la nouvelle salle des fêtes réalisée par ppa●architectures et Encore Heureux. Un petit tour s’impose à Montélimar pour découvrir la très sobre maison réalisée par Gilles Perraudin.

Dirigeons-nous vers Montpellier à la découverte de l’Arbre blanc, l’impressionnant projet de logements réalisé par OXO architectes (Manal Rachdi), Sou Fujimoto Architects et Laisne Roussel. Nous ne sommes pas loin du Cap d’Agde, allons voir donc le palais des Congrès et le Casino de A+ Architecture puis continuons vers Marseille pour voir le nouveau learning Center de Rémi Marciano avant de s’arrêter à Giens, pour découvrir la superbe maison réalisée par Zakarian Navelet architectes urbanistes et pourquoi pas continuer jusqu’à Monaco pour visiter la villa troglodyte de Jean-Pierre Lott ?

Avant d’aller à Lyon, faisons un détour par Thonon-les-Bains pour visiter le pôle culturel de la visitation signé Atelier Novembre et Atelier Donjerkovic. De même, arrêtons-nous à Champagnole pour découvrir le groupe scolaire intercommunal de Tectoniques Architectes et finalement découvrons à Dijon les logements de Sophie Delhay.  

Direction Lyon, pour découvrir le pavillon H de l’hopital Edouard Herriot réalisé par Michel Rémon, visitons aussi la réhabilitation des anciennes blanchisseries des Hospices de Lyon en 248 logements par Tangram et faisons le tour de l’immeuble de bureaux réalisé par AFAA Architecture. Un petit arrêt pour visiter le siège national de Bjorg Bonneterre & Cie de Saint-Genis-Laval réalisé par Z architecture s’impose.

En rentrant à Paris, arrêtons-nous à Dammarie-les-lys pour découvrir l’extension du Centre de quartier Albert Schweitzer et la Maison des associations de Fabien Brissaud (Mobile architectural office). Allons voir aussi les 20 logements locatifs sociaux intermédiaires de l’écoquartier Plaine Montaigu de Melun par Prinvault Architectes. Un petit arrêt à Brétigny-sur-Orge s’impose pour découvrir la médiathèque Marguerite Duras de Obras / Vaam. De même, visitons la réhabilitation des 258 logements de CODA Lair & Roynette Architectes à Sainte-Geneviève-des-Bois.

Retour à la capitale avec la découverte de l’institut de l’audition de VIB architecture et les logements et crèche de Louis Paillard. Et pourquoi pas un petit tour par la Clé Champs-Elysées, un projet sobre remanié par Jean-Philippe Nuel ?

De nouveau en route, vers Nanterre, à la découverte du groupe scolaire Miriam-Makeba, une réalisation exemplaire en terre crue signée  TOA architectes associés. Restons à Nanterre et découvrons les 81 logements et commerces sur les terrasses de La Défense par Samuel Delmas. Visitons également le complexe sportif de Dominique Lyon à Asnières-sur-Seine et la restructuration du Carré Michelet à La Défense par Cro & Co.  

Faisons un arrêt à Versailles, pour découvrir le siège de Nature et Découverte signé Patrick Bouchain. Pour changer les idées, allons voir un film au cinéma de Vélisy 2 de l’Atelier d’architecture Lalo et écoutons la musique à l’école de musique d’Elancourt réalisée par OPUS 5 Architectes.

Direction Tours à la découverte de la transformation d’un commerce en habitation par AAGB (Atelier d’Architecture Gilles Bertrand). Découvrons aussi le sympathique groupe scolaire et équipement sportif de Saint-Cyr-sur-Loire réalisé par Marjan Hessamfar et Joe Verons architectes associés

Sur la route de Poitiers, visitons la revitalisation du coeur de bourg d’Antogny le Tillac par Bauchet & de La Bouvrie (Simon Bauchet et Romain de La Bouvrie). Et pourquoi pas aller au Futuroscope pour se détendre sur Lily le sympathique projet de l’Atelier Zündel Cristea ?

Continuons notre chemin vers le sud pour découvrir l’impréssionnant MECA de Bordeaux réalisé par BIG. Mais avant, faisons un petit arrêt à Arsac pour visiter la nouvelle salle polyvalente signée 2 :pm architectures. Continuons vers le sud et visitons le  41 logements collectifs de Villenave d’Ornon de Vallet de Martinis architectes (Antoine Vallet et Guillaume de Martinis). Et si nous continuons vers le sud pour découvrir le cinéma Atalante de Bayonne réalisé par Farid Azib (Randja) ?

Retour à Paris pour un petit repos à l’hôtel OKKO 4 étoiles de Paris Gare de l’Est réalisé par SLA Architecture avant de prendre l’avion pour la Martinique, à la découverte du Mémorial de la catastrophe de 1902 par Olivier Compère. Nous sommes presqu’en vacances, continuons donc vers Saint-Pierre et Miquelon et découvrons-y les bureaux réalisés par RH+ architecture.

De nouveaux Paris. Allons visiter le complexe composé d’une école maternelle, d’une crèche, de 77 logements sociaux et d’une résidence sociale de 50 logements par Querkraft, Sam Architecture et Karawitz à Clichy-Batignolles. Continuons pour visiter l’opération de 88 logements sur la ZAC des Grands Moulins le long du canal de l’Ourcq à Pantin par Avenier Cornejo architectes. Nous ne sommes pas loin de Montreuil, allons voir les 26 logements de grande qualité de Benjamin Fleury.  

Direction Charleville-Mezières pour visiter les 51 logements de l’Atelier Gadbois Taquet. Continuons vers Metz pour découvrir la nouvelle Agora de ropa architectes. C’est le moment de faire un tour à Nancy et visiter la restructuration du pont des fusillés et la construction d’un parc de stationnement de 385 places de Beal blanckaert.

Sur le chemin du retour, visitons la résidence étudiante de 207 lits de Champs-sur-Marne, un projet réalisé par Atelier Villemard Associés (Jérôme Villemard). Découvrons également la réhabilitation de la résidence des Bleuets de Créteil par l’Agence RVA. Et si on faisait un petit détour par Woody, le sympathique projet de l’Atelier du Pont à Saint-Maurice, en lisière du bois de Vincennes ?

Direction Riom à la découverte du cinéma signé Tracks. Découvrons également le Musée Spiritain des arts africains à Allex, un projet signé NeM. Cette fois-ci pas de retour à Paris. Allons vers Nantes avec un arrêt à Venansault à la découverte des 10 logements modulaires en bois de l’agence Tetrarc.

Arrivée à Nantes, allons voir la réalisation de Mabire Reich une intéressante intervention dans un bâtiment conçu par Odile Decq, par la suite étendu par Forma 6. Restons à Nantes et allons faire un tour au MIN d’Erik Giudice Architecture. Faisons aussi un tour pour découvrir la reconstruction de la halle de la Madeleine qui a péri suite à une incendie par Pierrick Beillevaire et Solenn Jaouen (Agence In Situ). Et si nous allions sur l’île de Nantes à la découverte de Y Building, les 101 logements en accession sur de FRES architectes ? Avant de quitter la région, allons voir Cordemais et son centre de découverte de l’Estuaire de la Loire signé Bruno Mader.

Enfin Paris pour y découvrir l’immeuble de bureaux de la rue Renard signé Franklin Azzi Architecture, assister à un match au Court Simone-Mathieu Roland Garros Marc Mimram architecture ingénierie et déjeuner au restaurant-maison que l’architecte Tsuyoshi Tane a réalisé dans le 11ème arrondissement.

C’est à Paris que mon voyage prend fin mais l’architecture continue. Cette liste n’est pas exhaustive, c’est aussi à vous, lecteurs de Détails d’architecture de la compléter. Merci à tous.

Balkrishna Doshi: Architecture for the People, l’exposition à ne pas rater

© Vinay Panjwani India

C’est à Weil am Rhein au Vitra Design Museum, que l’exposition Balkrishna Doshi. Architecture for the People a ouvert le 30 mars 2019. Il s’agit de la première rétrospective hors d’Asie consacrée à l’ensemble des travaux de l’architecte indien Balkrishna Doshi.

Né en 1927 à Pune en Inde, à la fois architecte et urbaniste de renom, Balkrishna Doshi, qui a reçu le prix Pritzker en 2018, est l’un des rares pionniers de l’architecture moderne de son pays. L’exposition Balkrishna Doshi : Architecture for the People, se penche exclusivement sur les travaux de Doshi en les faisant connaître au grand public.

L’exposition se concentre sur les idéaux de l’architecte ainsi que sur son influence sur l’architecture indienne moderne. L’architecte doit sa posture humaniste d’une part à ses racines indiennes et d’autre part à son éducation occidentale, sans oublier les changements qu’a subi la société indienne des les années cinquante. En dépassant ses prédécesseurs, Doshi a su créer son approche personnelle qui peut se résumer en une pratique durable à mi-chemin entre architecture moderne et forme ancestrale. Il s’agit en effet d’une approche caractéristique qui place l’architecture dans un contexte plus large.

Quatre parties en une

L’exposition qui commence par un aperçu des bâtiments universitaires de Balkrishna Doshi, comprend quatre sections thématiques. Nous pouvons découvrir l’un des projets majeur de l’architecte, le campus du « Centre for Environmental Planning and Technology » (CEPT) situé à Ahmedabad. C’est dans cette ville que l’architecte réalisera, sur une période d’une quarantaine d’années, d’autres édifices caractéristiques. Les visiteurs qui ne connaissent pas le parcours de l’architecte, apprendront qu’en 1968, Doshi a fondé la « School of Architecture », l’école d’architecture multidisciplinaire, construite sur les ruines d’une ancienne usine de brique, un bâtiment conçu comme un espace libre connu au-delà des frontières du pays.

La deuxième partie de l’exposition se concentre sur les nouvelles approches de l’architectes vis-à-vis au logement social et expérimental. Le lotissement « Aranya » conçu pour le Indore Development Authority et qui compte aujourd’hui, 80000 habitants, en est l’exemple. De même, La « Kamala House », la propre maison de Doshi devenue un exemple saisissant de ses projets d’habitat.

L’exposition présente de nombreux projets significatifs qui couvrant toute la période allant de1958 jusqu’à 2014, des édifices variés et  réalisations allant de la conception des villes jusqu’à des habitations individuelles en passant par des bâtiments universitaires, culturels, et gouvernementaux. L’exposition Balkrishna Doshi : Architecture for the People est une rétrospective complète à visiter sans tarder, elle dure jusqu’au 8 septembre 2019.

© Vinay Panjwani India
© Vastushilpa Foundation, Ahmedabad
© Vastushilpa Foundation, Ahmedabad
© Iwan Baan 2018

La sélection 2018 de Détails d’architecture

C’est la cinquième année où Détails d’architecture dévoile une liste non exhaustive de constructions réalisées qui ont marqué l’architecture en France. Et bien que depuis deux ans la formule a changé, le fond reste fidèle au message que j’ai, dès le départ, souhaité adresser. Désormais, je profite de l’approche des journées nationales de l’architecture pour présenter à mes lecteurs la sélection 2018 des réalisations qui, selon moi, ont marqué l’architecture en France.

On entend parler partout de certains architectes, alors que d’autres, aussi brillants, restent discrètement dans l’ombre. Le souhait de Détails d’architecture c’est de mettre tout le monde sur le même piédestal, une démarche que j’assume puisqu’il s’agit d’une sélection strictement personnelle rendant hommage à des réalisations qui dessinent le paysage architectural de notre pays.  Depuis plus de dix ans, le but de Détails d’architecture reste inchangé, parlons d’architecture, lisons l’architecture et découvrons l’architecture.

Et le voyage commence

Cette année, le voyage architectural est tout aussi  varié que les années précédentes. Même si certains projets sont plus modestes que d’autres, toutes les réalisations sélectionnées valent largement le détour. Et qui sait ? Si ça se trouve quelques projets seront nommées à l’équerre d’argent ou encore présentés par l’annuel du journal AMC…

Commençons notre tournée cette année par la capitale française pour visiter l’atypique maison plissée de l’agence WRA (Vladimir Doray et Fabrice Lagarde), la demi-pension du collège-lycée Bergson par Vallet de Martinis architectes (Antoine Vallet et Guillaume de Martinis), mais aussi l’hôtel entreprise Binet de l’atelier Zündel-Cristea. Avant de quitter Paris, allons déjeuner à la guinguette numérique de Randja (Farid Azib) et faisons un tour aux logements en pierre massive de Barrault Pressacco.

Consacrons une journée au sport avec la Modernisation du stade Roland Garros par Chaix & Morel et Associés et dirigeons-nous vers Boulogne-Billancourt pour visiter le  Complexe sportif de Bruno Mader. Découvrons également le Complexe sportif Smirlian de Chabanne et partenaires à Bois-Colombes.

Cap sur l’ouest avec Les logements de l’agence a/LTA architectes et urbanistes (Alain Tassot, Jean-Luc Le Trionnaire, Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) à Rennes dont je parle ici ainsi que l’école primaire de la Couyère par l’Atelier 56S  puis la maison médicale à Bain de Bretagne de l’agence ALL architectes.

Et pourquoi pas faire un tour à Plouha à la découverte de la salle de sport signée Studio 02 avant d’aller écouter la musique à l’hydrophone de Lorient de Noël Frocrain dont j’ai parlé ici ? Découvrons également l’opération de logements réalisée par MXC architectes à Sainte-Luce sur Loire ainsi que les 40 logements collectifs situés à la ZAC de la Pelousière à Saint-Herblain par HUCA. Mais aussi les 105 logements de l’écoquartier de Rezé de Guinée*Potin avant de continuer vers Bordeaux à la découverte du bâtiment Libre O vive de l’agence Brenac & Gonzalez & Associés ainsi que des 36 logements aux bassins à flot à Bordeaux de More Architecture. Restons à Bordeaux et visitons le charmant Gymnase Alice Milliat réalisé par Marjan Hessamfar & Joe Vérons architectes associés ainsi que les logements d’urgence pour Emmaüs de 2 :pm architectures.

Retour à Paris pour une journée entière de découverte avec les divers appartements rénovés de JOD architecture (Jérôme-Olivier Delb). Flânons un peu dans les rues parisiennes et visitons le projet de Beaupassage réalisé par Franklin Azzi Architecture et pour finir découvrons la dernière exposition qui se déroule à Lafayette Anticipations  conçu par l’agence néerlandaise OMA.

A la recherche d’un peu de soleil ? Et si nous allions vers le sud à la découverte des logements de LS Architecture (Laure Saunier) à Valras plage dont j’ai parlé ici ? La Crique de Pietri Architectes à Marseille mérite aussi le détour.

Avant de retrouver la capitale, faisons une halte pour découvrir l’éco-lotissement Les Marronniers de Boissy-Saint-Antoine par Guillaume Ramillien ainsi que la réhabilitation d’un local existant au pied d’un immeuble de logements sociaux en Café-Ludothèque par Lemoal & Lemoal à Villejuif. Et pour finir découvrons l’extension du théâtre de Cachan de l’agence O-S architectes et écoutons la musique au Conservatoire de musique et de danse de l’Atelier Novembre à Orsay.

De nouveau Paris à la visite de 63 logements de l’agence d’architecture Hardel-Le Bihan ainsi que les 19 logements sociaux de l’Atelier du Pont. Découvrons aussi l’extension et la restructuration du service d’ophtalmologie de l’hôpital Cochin par Emmanuelle Colboc. Et finalement la pépinière des laboratoires de recherche biotechnologique de Richez Associés.

Continuons à Saint-Denis et découvrons les 44 logements sociaux de l’Atelier Krauss puis découvrons les 60 logements de Bobigny de Jean Bocabeille ainsi que le Dojo d’Epinay-sur-Seine signé Nomade et les 55 logements de Benjamin Fleury architecte-urbaniste à Villeneuve la Garenne. Continuons avec  les charmants logements de Naud & Poux Architectes de Gennevilliers. Avant d’aller faire du cheval au « Barn » de l’agence CV2A (Christophe Vergnaud) dont j’ai parlé ici, arrêtons-nous pour visiter le restaurant scolaire d’Aden Architectes à Meudon.

Dirigeons-nous vers Périgueux et découvrons la reconstruction du bâtiment Sirey au TGI par Flint Architectes. Pourquoi pas s’arrêter à Toulouse et visiter la résidence universitaire Olympe de Gouge réalisée par Scalene Architectes ? Avant de quitter la ville rose, découvrons les bureaux Canal du Midi de ppa.architectures ainsi que « Le Pyrite » de Taillandier Architectes Associés.

Cap sur la Corse à la découverte du groupe scolaire de Santa Maria Siche réalisé par Amelia Tavella dont je parle sur Détails d’architecture. Un petit tour devant les façades du concept store restaurées par CA’ Architectes. Et si nous faisons un crochet et visitons les 22 logements de Clément Vergély à Nice ?

Retour à Paris pour visiter le centre de recherches interdisciplinaires de Patrick Mauger. Changeons un peu de registre et visitons une charmante cour urbaine restaurée par Metek architecture. La résidence sociale Senghor de Philippon-Kalt à Paris vaut également le détour tout comme le collège et crèche de Brigitte Métra + Associés.

Allons à Mons-en-Baroeul pour assister à un spectacle dans la salle de spectacle de Dominique Coulon & associés, puis à Calais, pour découvrir la salle de sport réalisée par Camille Mourier et Germain Pluvinage (Face B). Continuons vers Reims à la découverte de la polyclinique Courlancy de Reims-Bezannes de Jean-Michel Jacquet. Continuons vers Charleville-Mezières pour visiter les 21 logements de Prinvault Architectes. Et si nous découvrons le centre de congrès de Metz réalisé par Jean-Michel Wilmotte avant d’aller à Lipsheim, en Alsace pour visiter la transformation d’une grange à foin en habitation par Gilles Kempf Architecte ? Un petit détour par la demi-pension du lycée J-B Kléber de Strasbourg réalisé par LAMA architectes serait aussi le bienvenu.

Sur la route du retour la réhabilitation de l’espace des arts de Chalon-sur-Saône par HBAAT vaut le détour. Un petit plongeon serait le bienvenu et pourquoi pas à l’Aqualagon de Jacques Ferrier Architecture dont je parle ici ? Le Groupe scolaire et centre de loisirs de Champigny-sur-Marne réalisé par Valero Gadan Architectes & Associés ainsi que l’internat de 80 places de Lankry architectes à Dammartin-en-Goële valent aussi une visite.

De nouveau Paris pour découvrir la restructuration et construction d’un ensemble immobilier à usage de bureaux par B. Architecture mais aussi la réhabilitation d’un immeuble existant rue Vivienne par le Studio Vincent Eschalier. Visitons également les logements et centre bus RATP de ecdm avant de passer une nuit dans le fameux hôtel « Le Belleval » de Jean-Philippe Nuel. Le lendemain partons à la découverte des 25 logements sociaux et locaux d’activités de l’agence Bruther (Stéphanie Bru et Alexandre Theriot).

Prenons de nouveau la route pour visiter la rénovation et extension du groupe scolaire Anton Makarenko réalisé par Air Architectures (Cyrille Hanappe et Olivier Leclercq) à Ivry-sur-Seine. Continuons la découverte avec l’extension de la bibliothèque universitaire Edgar Morin de Villetaneuse réalisée par ROPA architectes & Associés et pour finir visitons l’îlot intergénérationnel de Puzzler à Evry.

Continuons avec le superbe pavillon en bois des grottes de Bèze réalisé par l’architecte Vincent Athias avant de se diriger vers Lyon pour visiter le musée des moulages et le département de musicologie « MU-MO » de Nicolas C. Guillot mais aussi les 84 logements de Gaëtan le Penhuel & associés tout comme le plateau technique de l’hôpital Edouard Herriot de Michel Rémon.

Allons cette fois-ci à Montpellier à la découverte de la réhabilitation du groupe scolaire Victor Hugo signé NAS Architecture. Avant le retour à Paris, faisons un rapide aller-retour à Nîmes pour visiter le musée de la romanité d’Elisabeth de Portzamparc puis, admirons, sur le chemin du retour la gare réalisée par Marc Mimram. Sur le chemin du retour, visitons la réhabilitation de la maison contemporaine de Boris Bouchet à Clermont-Ferrand.

Retour à Paris pour découvrir Réhabilitation du 38 avenue Kléber, d’Architecture Studio, les Logements sociaux et commerces de l’agence TRAA puis découvrons la réhabilitation du hall de la Cité de l’architecture et du patrimoine par Vincent Parreira dont j’avais parlé ici.

Parmi les architectes des projets cités se trouvent des amis, des connaissances ou tout simplement des personnages qui selon moi font un travail qui mérite la reconnaissance. Le voyage prend fin ici mais l’architecture continue. Cette sélection n’est pas exhaustive, c’est aussi à vous de la continuer…

Ceux qui suivent Détails d’architecture le savent déjà mais je le précise encore une fois, l’illustration est signée par Lili l’archi dont les dessins ont accompagné cette rubrique dès sa naissance.

Saint Giorgio Maggiore, le site sacré de la biennale de Venise

© Biennale di Venezia 2018

A la fois discrète et sacrée, située dans le bassin de St-Marc, face à la fameuse Piazetta, l’île de San Giorgio Maggiore s’est distinguée lors de la 16ème biennale d’architecture de Venise 2018. En effet, le Vatican participe à la biennale avec un concept nouveau qui ne laisse pas indifférent.

Un lieu emblématique

C’est avec émerveillement que les visiteurs de la biennale d’architecture de Venise 2018 ont découvert l’île de San Giorgio. C’est un lieu emblématique qui s’ouvre au public en leur offrant la possibilité d’une visite atypique. Dès l’ouverture, à la manière d’un pèlerinage, les visiteurs du monde entier ont afflué sur l’île qui accueille dix chapelles signées des plus grands architectes.

Il ne s’agit pas de la première participation du Vatican à la biennale de Venise. En 2013 mais aussi en 2015, le Vatican a proposé plusieurs installations pour la biennale d’art mais ce qui concerne l’architecture, cette année est une première et la surprise est de taille.

L’oasis verte située à l’extrémité de l’île de San Giorgio abrite dix chapelles conçues par des architectes de renom comme Francesco Celini, Norman Foster, Eduardo Souto de Moura, Flores & Prats, Carla Juaçaba, Javier Corvalán, Smiljan Radic, Andrew Berman, Teronobu Fujimori et Sean Godsell. Mais avant d’explorer les chapelles, le visiteur est invité à la découverte de l’exposition qui présente un projet emblématique de l’architecte suédois Gunnar Asplund: «Chapel in the woods», réalisé au cimetière de Stockholm en 1920.

Nature et architecture en osmose

«Avec ce petit chef-d’œuvre, Asplund définissait la chapelle comme un lieu d’orientation, de rencontre et de méditation, constitué par le hasard ou les forces naturelles à l’intérieur d’une vaste forêt, considérée comme la suggestion physique du labyrinthe de la vie » a déclaré Francesco Dal Co, l’historien d’architecture et commissaire de l’exposition.

De l’Europe au Japon, en passant par l’Amérique latine, les États-Unis ou encore l’Australie, les architectes ont été invités à créer un type de construction pour lequel il n’y a pas eu de précédent lors des biennales passées.  Ainsi, chaque idée a dépassé l’autre et l’ensemble constitue un charmant dédale sensoriel qui met nature et architecture en osmose.

A la suite de la biennale, les dix chapelles seront déplacées dans des villes italiennes endommagées par les tremblements de terre. Vous pouvez visiter ce lieu magique jusqu’au 25 novembre 2018.

© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018

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Les photos: © Biennale di Venezia 2018