Archives pour la catégorie architectes

Saint Giorgio Maggiore, le site sacré de la biennale de Venise

© Biennale di Venezia 2018

A la fois discrète et sacrée, située dans le bassin de St-Marc, face à la fameuse Piazetta, l’île de San Giorgio Maggiore s’est distinguée lors de la 16ème biennale d’architecture de Venise 2018. En effet, le Vatican participe à la biennale avec un concept nouveau qui ne laisse pas indifférent.

Un lieu emblématique

C’est avec émerveillement que les visiteurs de la biennale d’architecture de Venise 2018 ont découvert l’île de San Giorgio. C’est un lieu emblématique qui s’ouvre au public en leur offrant la possibilité d’une visite atypique. Dès l’ouverture, à la manière d’un pèlerinage, les visiteurs du monde entier ont afflué sur l’île qui accueille dix chapelles signées des plus grands architectes.

Il ne s’agit pas de la première participation du Vatican à la biennale de Venise. En 2013 mais aussi en 2015, le Vatican a proposé plusieurs installations pour la biennale d’art mais ce qui concerne l’architecture, cette année est une première et la surprise est de taille.

L’oasis verte située à l’extrémité de l’île de San Giorgio abrite dix chapelles conçues par des architectes de renom comme Francesco Celini, Norman Foster, Eduardo Souto de Moura, Flores & Prats, Carla Juaçaba, Javier Corvalán, Smiljan Radic, Andrew Berman, Teronobu Fujimori et Sean Godsell. Mais avant d’explorer les chapelles, le visiteur est invité à la découverte de l’exposition qui présente un projet emblématique de l’architecte suédois Gunnar Asplund: «Chapel in the woods», réalisé au cimetière de Stockholm en 1920.

Nature et architecture en osmose

«Avec ce petit chef-d’œuvre, Asplund définissait la chapelle comme un lieu d’orientation, de rencontre et de méditation, constitué par le hasard ou les forces naturelles à l’intérieur d’une vaste forêt, considérée comme la suggestion physique du labyrinthe de la vie » a déclaré Francesco Dal Co, l’historien d’architecture et commissaire de l’exposition.

De l’Europe au Japon, en passant par l’Amérique latine, les États-Unis ou encore l’Australie, les architectes ont été invités à créer un type de construction pour lequel il n’y a pas eu de précédent lors des biennales passées.  Ainsi, chaque idée a dépassé l’autre et l’ensemble constitue un charmant dédale sensoriel qui met nature et architecture en osmose.

A la suite de la biennale, les dix chapelles seront déplacées dans des villes italiennes endommagées par les tremblements de terre. Vous pouvez visiter ce lieu magique jusqu’au 25 novembre 2018.

© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
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© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018

Les photos: © Biennale di Venezia 2018

Chipperfield à Vicenza

 

©SipaneHoh

Avec une grande exposition consacrée aux œuvres récents et en cours de l’architecte mondialement connu David Chipperfield, la basilique palladienne de Vicenza accueille l’architecture contemporaine. Une ville emblématique et un lieu symbolique pour une exposition qui dépasse toutes les attentes.

Zoom sur des divers projets

Après douze années de restauration, la basilique palladienne de Vicenza chef d’œuvre de la Renaissance conçu par Andrea Palladio et dont j’avais parlé à plusieurs reprises sur Détails d’architecture, accueille une exposition consacrée uniquement à l’agence David Chipperfield Architects. Une manifestation organisée par la ville de Vicenza en collaboration avec l’association culturelle Abacoarchitettura.

L’exposition, qui va durer jusqu’au 2 septembre 2018, propose une sélection de quinze œuvres exprimant clairement les premières étapes de conception et soulignent l’efficacité du réseau dirigé par le célèbre architecte britannique qui possède aujourd’hui des agences à Londres, Berlin, Milan et Shanghai.

Développé par les équipes de conception respectives au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et en Chine, la présentation de chaque projet démontre un profond désir de relever les défis culturels, professionnels mais aussi intellectuels. Bien que la première partie de l’exposition offre une vue d’ensemble sur les principaux bâtiments achevés depuis la création de la firme, l’exposition met l’accent sur des projets en cours présentés de diverses façons. Sous la bannière du travail d’équipe et une conception de l’architecture qui s’approche du travail d’orfèvre, les projets se dévoilent et la visite impressionne.

Et des méthodes de travail variés

A ce propos, l’architecte britannique a déclaré :  « Cette exposition représente la tentative d’illustrer la façon dont nous développons des idées, comment nous travaillons en parallèle sur différents projets, avec des cultures différentes et des ressources différentes, des priorités et des collaborateurs, en équilibrant les perspectives locales et mondiales. Malgré la taille de nos bureaux et la variété de nos projets, nous essayons de maintenir une mentalité d’étude ».

les projets présentés vont du plan directeur de l’académie royale des arts jusqu’à la restauration de la neue nationalgalerie de Berlin, en passant par plusieurs concepts de magasin conçus pour Valentino. L’exposition varie les croquis, les modèles, les dessins de conception jusqu’aux détails tout est là pour mettre en avant le développement de chaque conception. Les photographies et les films sont également affichés. Bref, une exposition complète qui durera jusqu’au 2 septembre 2018.

Les commissaires de la biennale d’architecture de Venise 2018 présentent «Freespace»

© Andrea Avezzu pour La Biennale di Venezia

Le 2 mars 2018, Yvonne Farrell et Shelley Mcnamara, les commissaires de la 16ème biennale d’architecture de Venise, viennent d’annoncer plus de détails sur l’événement qui ouvrira au public le 26 mai 2018.

Intitulée Freespace, l’exposition se déroulera au sein du pavillon central situé à l’arsenal, elle comptera des participants de renom tels que Álvaro siza et Peter Zumthor.

Promouvoir le « désir d’architecture »

Dans le but de promouvoir le « désir de l’architecture », le président Baratta a expliqué que cette édition dirigée par Yvonne Farrell et Shelley McNamara attire l’attention sur la question de l’espace qui sera mis en avant qu’il s’agit d’un espace public ouvert ou d’une architecture en phase avec ce dernier.

« L’exposition nous donnera des exemples, des enseignements et des raisons de discussion. Et nous sommes reconnaissants à Farrell et McNamara d’avoir accepté notre invitation et leur choix courageux qui enrichit les expositions tenues ces dernières années ».

Yvonne Farrell et Shelley McNamara ont eu recours au manifeste Freespace, sorti en juin 2017, comme point de référence pour la réalisation de l’exposition. « Il s’est avéré être un outil solide », ont déclaré les deux architectes. « Il a servi de mesure et de guide pour trouver une cohésion dans la complexité d’une grande exposition. »

De nouveaux participants

Les 71 participants seront présent dans deux sections spéciales: la première qui comprend 16 participants, est intitulée « Close Encounter », il s’agit de rencontres avec des projets remarquables et des réflexions sur des édifices connus du passé, tandis que la deuxième comprend 13 participants et est intitulée « La pratique de l’enseignement » rassemblera des œuvres qui se sont développées dans le cadre de l’enseignement.

Sept pays participeront pour la première fois à la biennale d’architecture de Venise. Il s’agit de l’Antigua et Barbuda, du Liban, de l’Arabie Saoudite, du Guatemala, du Pakistan, de la Mongolie, et le Vatican qui aura son propre pavillon situé situé sur l’île de San Giorgio Maggiore.

Tandis que le pavillon italien sera organisé par Mario Cucinella et sera intitulé «Arcipelago italia», le pavillon français dont les commissaires seront les architectes de l’équipe Encore Heureux, sera intitulé « Lieux infinis ».

Et une multitude d’évènements

Organisé par le duo Farrell-Mcnamara, le projet du fort de Marghera accueillera une installation des architectes Sami Rintala et Dagur Eggertsson et accueillera une série d’événements. Un autre projet spécial sera installé sous forme d’une exposition au pavillon des arts appliqués de l’arsenal, il se penche sur l’avenir du logement social en présentant un fragment du lotissement social londonien conçu par Alison et Peter Smithson.

Et comme à chaque biennale, de nombreuses rencontres concernant l’architecture seront organisées. D’ici là, la ville romantique continue de vivre au rythme de ses touristes.

Plus d’informations sur l’évènement: ici.

La photo : © Andrea Avezzu pour La Biennale di Venezia

« Regard sur l’architecture de Tadao Andô »

Regarder une œuvre n’est jamais objective, à chacun sa manière. Tandis que certains contemplent l’ensemble, d’autres s’imprègnent du contexte et quelques uns cherchent les détails. A chaque architecture son public, ses amoureux ou encore ses détracteurs. « Regard sur l’architecture de Tadao Andô » est un ouvrage unique dans son genre où le lecteur suit les traces de l’architecte à travers le regard de Yann Nussaume.

L’auteur n’est pas un inconnu, loin de là, il s’agit d’un personnage qui a déjà écrit un premier livre sur l’architecture de Tadao Andô. Avec « Regard sur l’architecture de Tadao Andô », Nussaume continue son exploration en traitant des particularités géographiques ainsi que climatiques des ouvrages du grand architecte. Et comme l’architecture née du contexte, la relation entre ces deux éléments est largement commentée dans ce livre.

Le livre commence par l’expression suivante : « Ce livre peut se découvrir de différentes manières… » En effet, présenté par Augustin Berque, la partie « Milieu et architecture » peut être parcourue par le lecteur au début comme à la fin ou encore tout au long des questionnements et des délicieuses découvertes. Quant aux autres parties du livre, elles présentent un voyage inédit où le lecteur découvre les croquis, les projets mais aussi des bribes de la vie de Tadao Andô.

De sa naissance dans l’un des quartiers populaires d’Osaka jusqu’à sa réalisation du cimetière de Makomanai Takino de Hokkaidô en passant par ses œuvres connues comme l’église sur l’eau ou la maison Ishihara, l’immersion dans les ouvrages de Tadao Andô est comlpète. Les différentes périodes du travail de l’architecte, les diverses évolutions de ses projets ainsi que son architecture toujours à même n’échappe pas au lecteur qui semble, tout au long de ce livre, vivre l’architecture avec son auteur.

« Regard sur l’architecture de Tadao Andô » est un manuel d’architecture qui vaut bien le détour !

« Quelques mots pour le futur »

« J’ai trouvé ce que vous disiez si extraordinaire que j’ai estimé que certaines choses devaient être consignées pour l’histoire de l’architecture. » Ainsi débute la conversation entre Ieoh Ming Pei et Fumihiko Maki.

Le recueil est de petite taille mais les propos concis, les dialogues tout au long de l’ouvrage, les échanges inattendus rendent l’ensemble attachant. L’un est né à Canton, l’autre à Tokyo, l’un a 100 ans, l’autre 90 mais tous les deux sont connus en dehors de leurs frontières. La rencontre aura lieu dans les bureaux de Fumihiko Maki à Hillside Terrace lors de la visite de Ieoh Ming Pei à Tokyo.

De quoi peut parler deux géants de l’architecture quand ils se rencontrent ? La question rend curieux tout amoureux d’architecture d’autant plus qu’à dix ans de différence d’âge, les deux architectes ont connu les mêmes personnages, les mêmes idoles, les mêmes contextes dans la pratique de leur profession. Cette dernière dure depuis plus de cinquante ans, depuis, de gros changements ont été perçus, des styles, des matériaux, bref, il s’agit de deux visions qui parfois se rapprochent ou se divergent selon les périodes. En évoquant le passé, de grands noms de l’architecture connus de tous sont évoqués, quelques souvenirs personnels mais aussi quelques anecdotes sont au rendez-vous.

Cependant dans ce livre, c’est Maki qui pose les questions et Pei y répond. De ses années à Harvard jusqu’à son retour à Suzhou, sa ville natale, en passant par la réalisation de la pyramide du Louvre, Pei revient sur plus d’un siècle d’histoire d’architecture, son histoire mais aussi celle des autres, de tous ces pays qui ont accueilli ses réalisations dont la France.

« Quelques mots pour le futur » est un livre d’un peu plus de 100 pages, tellement accrocheur, que le lecteur lira d’un seul trait !

Et si on parlait architecture aux enfants?

DR

Qui n’aimerait donner un peu de « culture architecturale » à son enfant ? A l’instar des activités culturelles ou sportives, de plus en plus de personnes cherchent des structures pour inculquer une certaine connaissance architecturale à leur progéniture. Comme certains architectes, je participe personnellement, de manière épisodique, à animer des ateliers au sein d’établissements scolaires et je me rend compte de la grande curiosité des enfants concernant l’architecture et les questions urbaines. C’est pourquoi, alors que des parents sont à la recherche de livres spécialisés, des associations voient le jour. A l’approche de Noël, Détails d’architecture vous présente quelques lieux où votre enfant, avec d’autres de son âge, pourra partir à la découverte architecturale. Un joli cadeau de Noël, non ?

En France

A Paris, en partenariat avec le Conseil Régional de l’Ordre des architectes d’Ile-de-France, L’atelier des P’tits archis n’est plus une adresse anonyme. En effet, Mlle Féfé et son ami Imhotep, deux marionnettes pleines de vie, vous proposent des ateliers d’architecture pour les enfants. Ceci se passe surtout à la Maison de l’Architecture en Ile-de-France mais aussi dans les écoles.

A Lyon, l’association Chic de l’Archi a pour but de sensibiliser et transmettre une culture architecturale, urbanistique, paysagère ainsi que technique auprès du jeune public. Grâce à la mise en place d’ateliers ludiques et créatifs conçus sur-mesure, en amenant les enfants sur les chantiers, cette dynamique structure fait découvrir les coulisses de la conception et de la construction à tous les curieux jusqu’à 16 ans.

A Libourne, la Rue du p’tit chantier est un Atelier d’architecture pour les enfants, il vaut aussi le détour.

A Rennes, les ateliers Carton Plume animés par Adélaïde ou Marie, emmènent tout au long de l’année les enfants en voyage à la découverte d’artistes, d’œuvres d’art, d’architectes et de bâtiments à travers le monde, le tout en s’amusant. N’est-ce pas une bonne idée ?

A Paris, d’autres ateliers pour enfants et des visites guidées sont également proposés par la Cité de l’architecture ainsi que le Pavillon de l’arsenal.

Et ailleurs

Allons cette fois-ci en Suisse, à Genève à la découverte de l’association Chantier Ouvert, qui, parrainée par la Maison de l’architecture de Genève, propose des cours publics mais aussi privés au Pavillon Sicli mais aussi in situ dans différentes structures scolaires ayant le but de sensibiliser différents publics vers une meilleure compréhension du paysage bâti.

A Lausanne, l’association Ville en tête, par ses projets et ses actions, s’engage dans la sensibilisation à l’environnement naturel et construit, notamment auprès du grand public et des jeunes en particulier.

En Belgique, à Liège, issu d’une collaboration entre les Rimbelles et la Maison de l’Urbanité, Créaville propose différents ateliers urbains pour les enfants âgés entre 5 et 12 ans.

A Londres, au RIBA, au 66 Portland Place, en jouant et en s’amusant, côtoyés par des architectes et des artistes, familles et enfants explorent l’architecture et les grandes constructions à travers des ateliers numériques.

Au Canada, tandis que le centre canadien de l’architecture organise Lors de chaque exposition, des visites pour les étudiants, kumulus, situé à Montréal, sensibilise le jeune et le grand public à l’importance du design et de l’architecture.

Retour en Italie, où le Palladio kids est le programme didactique du Musée Palladio de Vicenza pour promouvoir et diffuser la culture de l’architecture des jeunes générations. En accord avec la stratégie culturelle du musée, Palladio Kids se tourne vers la Renaissance pour étudier des thèmes et des concepts significatifs de nos jours afin de créer une plateforme culturelle pour l’architecture de demain.

Il existe d’autres structures de par le monde qui diffusent la connaissance architecturale aux enfants mais aussi aux adultes, Détails d’architecture partira à leur recherche et les ajoutera au fur et à mesure à cette liste non exhaustive. D’ici là tout commentaire concernant ce sujet, serait le bienvenu !

A Londres, une exposition qui rend hommage à Jacques Hondelatte

Le Nichon—Viaduc de Millau, 1994, computer drawing. © Jacques Hondelatte & Betts Project
Le Nichon—Viaduc de Millau, 1994, computer drawing. © Jacques Hondelatte & Betts Project

Qui ne connaît Jacques Hondelatte ? Tandis que le grand public hésitait, les connaisseurs étaient déjà au rendez-vous. Le Samedi 2 décembre 2017, la galerie Betts Project située au100, Central Street était le lieu idéal pour rendre hommage à travers une très belle exposition à cet architecte français culte.

Une référence pour ses pairs

Essentiellement publié dans des revues spécialisées et peu connu du grand public, Jacques Hondelatte a malgré tout marqué sa génération. L’exposition, qui propose la redécouverte des travaux de l’architecte bordelais et qui est conçue par deux jeunes commissaires dont son petit fils, retrace d’une manière subtile le parcours de ce grand homme devenu une référence pour ses pairs.

«Ce qu’il y avait d’incroyable avec Jacques, se rappelle Mathieu Perez, son élève autour des années 1990 à l’école de Bordeaux, c’est qu’il était capable de déceler dans le travail de ses étudiants, qui parfois nous semblait assez médiocre, toujours matière à s’émerveiller. Il avait cette faculté à trouver dans nos projets ce qui pouvait les ré-enchanter sans sacrifier à la rigueur nécessaire. Encore aujourd’hui, cette énergie et cette poésie me portent.» .

« Des gratte-ciel dans la tête »

Jacques Hondelatte reçoit en 1998 le Grand Prix National de l’architecture. C’est durant cette même année que l’Institut Français d’Architecture lui consacre une exposition personnelle sous le commissariat du critique Patrice Goulet. Aujourd’hui, nous gardons tous en mémoire, la monographie « Des gratte-ciel dans la tête » qui reste aujourd’hui le seul ouvrage de référence sur l’œuvre de l’architecte.

Pionnier de l’architecture numérique en France, Hondelatte s’est très tôt intéressé à l’informatique. Malgré tout, parcourir ne serait-ce qu’un petit moment, les quelques images qui gravitent autour de deux installations, le tout savamment installé au sein de la galerie, nous font remonter le temps. L’époque où les représentations s’affranchissaient de toute ressemblance avec le réel pour étonner et émouvoir en créant leur propre univers.

Une exposition à visiter jusqu’au 3 février 2018 au Betts Project, à Londres. Et pourquoi pas un hors les murs à Paris ?

Mies van der Rohe & James Stirling, une exposition à découvrir

© RIBA

Elle a commencé le 8 mars 2017 et durera jusqu’au 25 juin 2017, l’exposition installée à la Galerie d’Architecture du RIBA (Royal Institute of British Architects) s’avère être une fine critique qui met en parallèle deux projets architecturaux pour un même site.

Le « Royal Institute of British Architects » (RIBA) dévoile une nouvelle exposition. Quand il s’agit de présenter deux maîtres comme Mies van der Rohe et James Stirling dans une même vitrine, l’exercice devient plus ardu mais très impressionnant. Surtout quand il est question d’un projet emblématique comme la « Mansion House square » qui se trouve en plein cœur de la capitale britannique. Conçue par Carmody Groarke Architects, l’exposition est organisée par Marie Bak Mortensen, responsable des expositions et Vicky Wilson, conservatrice adjointe au RIBA.

Quand l’histoire se dévoile

Commandé par le promoteur Lord Peter Palumbo, le projet de la Mansion House ne sera pas réalisée par Mies van der Rohe mais par James Stirling. Pour la première fois une exposition offre à ses visiteurs l’occasion unique de découvrir les deux concepts qui ont été présentés. Le visiteur aura toute la liberté de comparer parfois nostalgique ou encore avec toute objectivité les deux versions qui se dévoilent dans tous les détails.

Dans le but et l’approche qui unit deux créations architecturales apparemment dissemblables, les commissaires de l’exposition ont réussi plusieurs paris non seulement celui de la pure découverte de deux méthodes et l’appréciation de chaque démarche mais la délicate question de la préservation du patrimoine sur l’un des sites les plus contestés.

En effet, la tour proposée par Mies Van der Rohe, si elle était réalisée à l’époque, elle serait le seul édifice de l’architecte sur le continent britannique. C’était le rêve ambitieux du promoteur immobilier Peter Palumbo, âgé de 27 ans, qui était un fan du mouvement Bauhaus. C’est alors qu’a eu lieu la rencontre avec Mies à Chicago où le promoteur a demandé à l’architecte un projet qui s’insère dans la fameuse parcelle. Quelques mois plus tard, Palumbo reçut les dessins et les croquis d’un projet fantastique. Ce dernier a failli se réaliser sauf qu’entre-temps, Mies est décédé. Le problématique réside également dans la difficulté du site qui comprenait plusieurs propriétés, problèmes qu’il a fallu des années pour régler. Pendant ce temps, le regard des décideurs avait bien évolué et malgré l’enthousiasme de certains, le projet de Mies appartenait à une époque révolue.

Quand le destin s’en mêle

Le deuxième volet de cette épopée nous montre comment Palumbo a fini par choisir James Stirling qui a fini par réaliser l’ensemble. Un coup de théâtre n’est jamais bien loin, pendant que les travaux ont retardé la construction à plusieurs reprises, l’architecte est décédé. Cette fois-ci l’œuvre a été complétée par l’associé de Stirling. Aussi improbable mais véridique.

Certains décideurs qui se sont opposés au projet de la tour de Mies ont-ils depuis changé leurs avis vis à vis de la profusion des gratte-ciel au centre de Londres ? Aujourd’hui encore nous pouvons nous demander quel serait l’image du quartier si le projet de Mies était réalisé ? Pour les curieux, une seule réponse, aller voir l’exposition. Cette dernière présente abondamment des modèles et des matériaux ainsi qu’une multitude d’articles provenant des archives. Une exposition complète à la fois fascinante et instructive !

© RIBA
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Les photos : © RIBA