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La MD House, ou comment habiter le paysage

© Albano Garcia

Dans l’une des régions sauvages de Patagonie, avec vue sur la cathédrale d’un côté et le lac de Guiterraz de l’autre, la parcelle qui abrite la MD House crée une étonnante liaison avec son environnement. L’agence d’architecture d’Alric Galinez Architects utilise quelques prismes abstraits pour créer une ambiance particulière propre à cette résidence.

« En tant que concepteurs, nous sommes à la recherche d’un bâtiment dans lequel la présence humaine se manifeste par la géométrie abstraite qui en juxtaposition avec le paysage environnant améliore la nature. » Avec ces mots, l’architecte explique son projet, une idée qui s’est concrétisée par une charmante maison aux lignes géométriques qui habite le paysage.

Quand l’architecture et la nature s’accordent

La résidence est divisée en plusieurs entités connectées entre elles par des allées qui obligent le passage à l’extérieur. En conséquence, la nature fait partie intégrante de la maison qui devient un morceau du tableau avoisinant.

Cinq prismes s’éparpillent ainsi sur la parcelle et s’adaptant à la morphologie du terrain, leur toits faisant écho avec les pics et les montagnes de la Patagonie. Reliés par des couloirs, des escaliers ou des passerelles entièrement vitrées, ces boîtes fermées créent un incroyable contraste qui suit le rythme du paysage.

L’intérieur est épuré, la couleur blanche y domine et les détails sont soignés. Chaque volume peut être utilisé indépendamment de l’ensemble, une curiosité qui ravit les habitants des lieux.

Dans cet environnement idyllique, entre ciel et eau, la MD House est un petit joyau qui habite les lieux.  © Albano Garcia

© Albano Garcia

© Albano Garcia

Le site de l’agence d’architecture Alric Galinez Architects : ici.

Les photos: © Albano Garcia

Quand architecture et paysage ne font qu’un

© Hufton + Crow

Elle était parmi les six projets finalistes du RIBA Stirling Prize 2013, il s’agit d’une remarquable réalisation nichée dans le paysage idyllique du nord-est irlandais. Entre les roches de basalte, les champs agricoles et les impressionnantes falaises, le nouveau centre dédié aux visiteurs de la Chaussée des Géants forme un merveilleux lien entre architecture et paysage.

C’est en Irlande, sur un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO que les architectes de l’agence Heneghan Peng architects ont réalisé leur projet. Un centre de visiteurs où l’architecture participe au parcours général et devient une partie intégrante du lieu en reliant la Chaussée des Géants à la côté.

En 2005, le choix a été porté sur ce projet qui rappelait par ses piliers les saillies rocheuses caractéristiques du paysage environnant constitué par les colonnes de basaltes qui se sont formées à la suite d’éruptions volcaniques, il y a environ soixante millions d’années.

«C’est une intervention soigneusement sculptée», selon les architectes. « Elle est à la fois visible et invisible. »

Les deux plissures du projet forment d’une part la bâtisse et son toit végétalisé et d’autre part un parking enfoui dans le sol. La construction qui sort de terre comprend un café donnant directement sur le rivage. Les visiteurs peuvent monter sur le toit végétalisé où ils peuvent admirer le paysage grandiose alentours.

Le centre des visiteurs de la Chaussée des Géants crée un doux dialogue avec son environnement, un projet délicieux à savourer sans tarder.

© Hufton + Crow

© Hufton + Crow

© Hufton + Crow

Le site de Heneghan Peng architects : ici.

Les photos : © Hufton + Crow

Entre ciel et terre, le Sky Garden de Londres

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C’est tout en haut du gratte-ciel controversé (griffé de l’architecte Rafael Viñoly) nommé par les londoniens « Talkie Walkie » que prend place le Sky Garden, le plus haut jardin public de la capitale anglaise. Un jardin paysager signé par les paysagistes du studio Gillespies et devenu depuis peu la dernière attraction de la ville. Visite de l’un des endroits les plus convoités du pays.

Oliver Wainwright, le critique d’architecture du journal The Guardian, qui s’est rendu sur place le jour même de l’ouverture des restaurants, a décrit l’ensemble comme un « terminal d’aéroport » où  les vues sont désespérément lointaines .

Le 20 Fenchurch Street, appelé également le talkie-walkie en raison de sa forme particulière qui ressemble à un vieux téléphone portable, a déjà fait couler l’encre à plusieurs reprises. En effet, terminée en 2014, la tour dont la hauteur s’élève à 160 mètres contre 200 originellement prévus, a été très vite critiquée d’une part en raison de sa forme concave qui concentrait les rayons solaires et d’autre part pour l’effet qu’elle avait sur les monuments historiques environnants.

Rafael Viñoly, son architecte avait même reconnu quelques égarements et la société détentrice de la tour a fini par installer des ailettes verticales sur la façade pour résoudre le problème de la surchauffe de ses vitres qui avait un impact négatif sur les rues avoisinantes.

Le jardin suspendu

Cette année, la tour vient à nouveau sur le devant de la scène avec son Sky Garden, un jardin paysager conçu par le Studio Gillespies où une série de terrasses occupe les trois derniers niveaux. Une végétation luxuriante placée sous une grande surface de verre où le visiteur déambule tout en contemplant un exceptionnel paysage urbain. Certes, les vues sont lointaines, mais pas plus que de n’importe quelle autre tour, toutefois le spectacle grandiose ne fait qu’impressionner tout curieux de la ville.

Entre les figuiers et les fougères d’une part et les palmiers d’autre part, l’une des plus belle vue de Londres prend les allures de jardin suspendu qui entre ciel et terre éblouit tout visiteur.

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« The screen » le projet qui met l’architecture et le paysage en symbiose

© Martijn de Geus

En Chine, à Ningbo, l’architecte Li Xiadong a conçu un remarquable ouvrage qui étudie la relation entre l’architecture et le paysage environnant. Il s’agit de la mise en œuvre d’une réflexion qui pousse au-delà d’un simple geste architectural à l’appréhension des espaces naturels qui nous entourent. Un projet où se partagent la subtilité de l’intervention et finesse de la réalisation.

La ville de Ningbo est devenue ces derniers temps le théâtre d’expérimentations architecturales marquantes dont le musée de l’histoire de Ningbo conçu et réalisé par Wang Shu. Cette ville dense de plus de sept millions d’habitants fait de nouveau parler d’elle via un projet beaucoup plus modeste « The screen ».

Il s’agit d’une construction qui se dresse au cœur même de la forêt et interroge à sa manière les limites de l’architecture. Pour apprécier le site vierge où se trouve la bâtisse, l’architecte a proposé une série d’interventions architecturales soigneusement choisies d’une manière à créer un itinéraire riche en expériences paysagers. Le bâtiment qui se trouve sur le flanc d’une montagne, est en plein pied. La façade qui en première vue semble en béton s’avère être en brique. Les diverses parpaings qui la composent ont été édifiées grâce à une méthode qui combine la technicité artisanale et l’ingénierie nouvelle.

« The screen » accueille des bureaux et des résidences destinés aux employés. Plongé au cœur de la forêt, le projet possède le moindre impact sur le paysage, avec son plan rectangulaire, sa structure en béton, elle contient deux cours intérieures qui intègrent la végétation. Une manière exceptionnelle de se fondre dans le paysage.

A Ningbo, avec le projet de « The screen » l’architecture n’est qu’un moyen d’expression parmi d’autres pour mettre en avant le lien fragile entre construction et paysage environnant.

© Martijn de Geus

© Martijn de Geus

Le site de Li Xiaodong Atelier: ici.

Les photos : © Martijn de Geus.

La maison-pont de Natoma Architects

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En Californie, dans un environnement boisé, l’agence d’architecture Natoma Architects (Stanley Saitowitz) a réalisé une maison singulière qui s’approprie le lieu. Un doux dialogue entre les matériaux et leur environnement se crée.

C’est au nord de la Californie, dans la ville de Marin que se trouve la parcelle. Difficile par son emplacement, cette dernière est cernée entre deux petites collines. L’idée de l’architecte était avant tout de combler le terrain et de faire de sorte que les habitants profitent au maximum de la beauté du paysage environnant. Il en résulte une étonnante conception qui relie comme un pont les deux collines et rappelle les ponts habités d’autrefois.

La structure est un mélange subtil de béton et d’acier, suspendue, elle s’ancre dans le sol via de fins pieux. L’ensemble qui se développe sur deux étages présente une face vitrée à son étage inférieur procurant ainsi une vue splendide pour ce qui concerne le salon, la salle à manger et les espaces communs. A l’étage supérieur, alors que le corten est utilisé pour occulter les chambres à coucher et garder leur intimité, une grande terrasse qui se trouve au milieu de l’étage s’ouvre comme une grande fenêtre vers l’extérieur.

La maison-pont de Stanley Saitowitz est une séduisante demeure où le verre se mélange astucieusement au béton et à l’acier au plus grand bonheur de ses habitants. Nous avons l’impression que la construction est un joli morceau du paysage qui, suspendue dans le temps ne fait que compléter l’ensemble.

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Le site de Natoma Architects : ici.

Les photos: © Rien van Rijthoven

Et si l’architecture jouait l’effacement ?

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Les architectes de l’agence STPMJ ont participé à un concours annuel, organisé par l’Architectural League de New York, en présentant un projet original qui met en application l’effacement en architecture. Une grange complètement enveloppée de miroirs a gagné ainsi l’aval du jury. Découverte d’une construction qui brouille les limites de la perception.

C’est une œuvre architecturale qui joue parfaitement l’effacement vis-à-vis de la nature qui a été réalisée par l’agence d’architecture américaine STPMJ lors des « Folly 2014 » pour le Socrates Park à New-York. Baptisée « Invisible grange », le projet est une conception qui perd la présence architecturale et ajoute une nouvelle expérience pour les utilisateurs. Placée au cœur d’une palmeraie, la construction qui se trouve à mi-chemin entre sculpture et architecture donne une illusion visuelle qui brouille les frontières avec le site où elle se trouve.

Adoptant une forme parallélépipédique, la « folie » présente quelques ouvertures biseautées de différentes tailles qui indiquent l’emplacement des fenêtres. Et comme le reste du volume est enveloppé par un film de miroir, les visiteurs auront l’impression que les ouvertures qui forment la seule différence entre le monde réel et le paysage reflété, flottent dans l’air.

Composée de poteaux en bois montés sur une base en béton, la structure est simple et la méthode de construction est facile. Les murs sont préfabriqués, les planchers et les cadres d’ouvertures sont en bois, l’assemblage se fait directement sur place.

« Invisible grange » est une « folie » qui utilise à la fois la matérialité et le contexte du site pour créer une nouvelle scène dérivée du paysage environnant.

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Le site des architectes de stpmj : ici.

es images : © STPMJ