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A Vicenza, la gracieuse exposition de Patrizia Lovato

exposition

Dans l’une des galeries de la ville italienne de Vicenza, l’artiste Patrizia Lovato expose ses œuvres. Un délicieux parenthèse artistique pour les promeneurs de la cité palladienne.

Le vernissage a eu lieu le 10 Juillet au Qu.Bi Gallery. L’ambiance est chaleureuse et les diverses œuvres accrochées ici et là sur deux étages distingués et novateurs. L’artiste n’est pourtant pas à sa première exposition. Née à Vérone et après avoir obtenu son diplôme de l’Académie des Beaux-Arts de Venise, Patrizia enchaîne les expositions. A Vicenza l’artiste expose avec le sculpteur Luciano Zinnamosca.

La visite commence dans une petite pièce lumineuse où les tableaux de Patrizia qui sont accrochés avec tact nous guident. Nous découvrons un univers sensible mêlé à des couleurs sobres. Le voyage se termine au deuxième étage dans une ambiance plus intime où le visiteur prend le temps de contempler les œuvres des deux artistes. Néanmoins, un détail nous touche , il s’agit de marques-pages peints et signés par la peintre, comportant chacun une devise, offerts à tous. Le choix est difficile, il n’y a pas deux pareils. Chacun de nous part avec un petit souvenir en attendant peut être un jour d’acquérir l’une des œuvres exposées.

Parlons un peu de l’univers des peintures de Patrizia Lovato. Il s’agit souvent de compositions poétiques où la nature acquiert une grande importance. Qu’il s’agit de la ville ou du paysage, l’artiste utilise un langage particulier où les lignes énergiques haussent le ton. Quant aux couleurs de fond, place plutôt aux pastels, l’utilisation des teintes criardes par l’artiste reste très limitée . Son univers étant un mélange de grâce et de pureté où chaque élément trouve naturellement sa place.

L’exposition qui se déroule à Vicenza et dure jusqu’au 7 Août constitue une agréable suspension dans une ville où l’architecture garde une très grande importance.

Quand l’architecture coexiste avec le paysage

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos
© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

La beauté et le potentiel de la côte Cantabrique ont poussé les autorités à reconvertir un ancien bassin d’huitres en une zone de baignade tout en reconsidérant les accès de cette dernière. Un ouvrage où l’architecture peut coexister avec son environnement. C’est l’agence d’architecture espagnole Jovinco Martinez Sierra Arquitectos qui a été mandaté pour ce délicat travail.

Générer de nouveaux contours, réintégrer l’existant tout en respectant la nature, tels étaient les divers défis de l’ouvrage de l’agence Jovinco Martinez Sierra Arquitectos  qui s’approprie le paysage. La création d’une nouvelle topographie et la conception d’une route menant à l’ancienne exploitation transformée en zone de baignade ainsi qu’à la falaise avoisinante a nécessité une réalisation fine et recherchée réalisée uniquement en bois. Un choix qui a trouvé une grande satisfaction auprès des architectes ainsi que les utilisateurs des lieux.

Un seul matériau, le bois

La beauté exceptionnelle de l’environnement a exigé une grande touche de délicatesse pour ne pas briser la vue magnifique sur le large. Cela signifie que les rampes ainsi que les autres éléments décoratifs devraient être dans la plus grande subtilité. Ainsi, le bois a été étalé comme un tapis tout en épousant les contours existants et se moulant aux formes déjà sur place. Quelques plateformes ont été également réalisées non loin de l’endroit où se trouve le plongeoir.

Avec cette intervention, à la fois simple et gracieuse, les architectes ont accompli un travail d’orfèvre qui a su s’effacer pour glorifier le lieu. C’est un projet qui revitalise la côté dégradée et la transforme en un lieu accessible à la fois ludique et fonctionnel. Une réalisation qui brouille brillamment les frontières entre l’architecture et la nature.

 

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos
© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos
© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

Le site de Jovinco Martinez Sierra Arquitectos : ici.

Les photos: © Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

Entre mer et terre

© Joao Morgado
© Joao Morgado

C’est un projet qui se situe entre l’architecture et le paysage que l’agence croate 3LDH a réalisé près d’une station touristique donnant sur la mer Adriatique. Une conception qui souligne les liens avec la terre et les divers changements causés par les marées.

En Croatie, la ville de Rovinj est connue par son appellation de « petite Venise croate ». C’est dans cette cité millénaire devenue depuis une importante destination touristique, que les architectes de l’agence 3LDH ont conçu l’aménagement de la Mulini Beach faisant partie du projet de reconstruction du front de mer.

Le concept qui connecte de façon transparente le parc de la Punta Corrente de la station touristique à la promenade du bord de l’eau. Les architectes ont répondu d’une part aux diverses exigences de la topographie du site et d’autre part à la nécessité de donner à la ville des installations balnéaires afin que habitants et touristes puissent obtenir le meilleur usage de la beauté naturelle.

Au rythme des vagues

L’influence des marées (le niveau de la mer peut changer d’environ 80 cm) a guidé la décision de structurer la plage à deux endroits : l’une touchant la partie malmenée par les vagues et l’autre concerne la baie.

La conception se base sur l’introduction de jeux qui ont comme idée les vagues avoisinantes, ainsi, d’élégantes passerelles, des gradins et des caisses contenant des plantes, suivent les mouvements des ondes et enrichissent le rivage. La deuxième partie comprend une plage de galets en pente douce. La végétation luxuriante et la variété des matériaux utilisés pour créer cet environnement doucereux expriment la sérénité et à la détente.

Au centre se trouve un bar, un excellent emplacement qui connaît une grande fréquentation à tout moment de la journée. Il s’agit d’un pavillon fabriqué à partir de pierres locales et rehaussé par un toit pergola en acier blanc. Soutenue par seulement six points, la pergola de trente mètres de portée ressemble à un volume flottant qui se distingue de loin.

A Rovinj, l’intervention de l’agence 3LDH consiste non seulement à modeler le front de mer mais apporte un nouveau souffle au paysage.

© Joao Morgado
© Joao Morgado
© Joao Morgado
© Joao Morgado

Le site de l’agence d’architecture 3LHD : ici.
Les photos : © Joao Morgado

Promenons-nous dans la forêt

L’architecte Charles P.Reay a développé la conception d’un sentier qui explore l’environnement naturel des monts Adirondak se trouvant dans le nord-est de l’état de New-York. Une piste qui serpente à travers les cimes des arbres et apporte une expérience unique au visiteur.

« Pour moi il semble très approprié que la Wild Walk sort de l’idée du mariage de la structure, de l’art ou de l’architecture et que ce soit juste une excroissance de la forêt », a déclaré Reay.

L’objectif de la « Wild Walk » est d’encourager les gens à explorer et de comprendre l’environnement naturel des Adirondack à travers des expériences scientifiques, des expositions et des événements. Un site internet dédié au projet mentionne la fameuse High Line de New York, qui s’est établit sur une section élevée d’une ancienne voie ferrée à Manhattan, comme une influence déterminante sur la décision d’élever la passerelle du sol. Un projet similaire a été également réalisé à travers la cime des arbres d’un jardin botanique se trouvant sur les pentes de la montagne de la Table, un massif montagneux situé en Afrique du Sud et qui surplombe la ville du Cap.

De bois et d’acier

La Wild Walk offre aux visiteurs la possibilité de suivre un sentier, composé de ponts et de passerelles, qui atteint la hauteur de 12 mètres au-dessus du niveau du sol afin qu’ils puissent avoir une perspective alternative de la forêt tout en vivant un moment exceptionnel.

Tandis que les plates-formes et les passerelles sont en bois, tous les poteaux qui les supportent sont construits en acier patiné, en complément de l’acier galvanisé qui a été utilisé pour d’autres parties de la structure afin de réduire le coût total de la construction. Les éléments cylindriques sont destinés à rappeler les troncs des pins environnants, alors que l’acier Corten a été choisi pour se fondre avec les tons de la forêt.

Le point le plus élevé de cette promenade est une réplique d’un nid d’aigle où les visiteurs peuvent se reposer en contemplant tranquillement le paysage environnant.

L’intervention de l’homme n’est pas toujours la bienvenue dans les environnements naturels mais grâce à la « Wild Walk », la promenade dans la forêt prend une toute autre tournure et pourra peut être sensibiliser à adapter l’architecture aux formes les plus essentielles de la nature.

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Le site de l’agence d’architecture Lineascape Architecture: ici.

Les photos : © Lineascape Architecture

La MD House, ou comment habiter le paysage

© Albano Garcia

Dans l’une des régions sauvages de Patagonie, avec vue sur la cathédrale d’un côté et le lac de Guiterraz de l’autre, la parcelle qui abrite la MD House crée une étonnante liaison avec son environnement. L’agence d’architecture d’Alric Galinez Architects utilise quelques prismes abstraits pour créer une ambiance particulière propre à cette résidence.

« En tant que concepteurs, nous sommes à la recherche d’un bâtiment dans lequel la présence humaine se manifeste par la géométrie abstraite qui en juxtaposition avec le paysage environnant améliore la nature. » Avec ces mots, l’architecte explique son projet, une idée qui s’est concrétisée par une charmante maison aux lignes géométriques qui habite le paysage.

Quand l’architecture et la nature s’accordent

La résidence est divisée en plusieurs entités connectées entre elles par des allées qui obligent le passage à l’extérieur. En conséquence, la nature fait partie intégrante de la maison qui devient un morceau du tableau avoisinant.

Cinq prismes s’éparpillent ainsi sur la parcelle et s’adaptant à la morphologie du terrain, leur toits faisant écho avec les pics et les montagnes de la Patagonie. Reliés par des couloirs, des escaliers ou des passerelles entièrement vitrées, ces boîtes fermées créent un incroyable contraste qui suit le rythme du paysage.

L’intérieur est épuré, la couleur blanche y domine et les détails sont soignés. Chaque volume peut être utilisé indépendamment de l’ensemble, une curiosité qui ravit les habitants des lieux.

Dans cet environnement idyllique, entre ciel et eau, la MD House est un petit joyau qui habite les lieux.  © Albano Garcia

© Albano Garcia

© Albano Garcia

Le site de l’agence d’architecture Alric Galinez Architects : ici.

Les photos: © Albano Garcia

Quand architecture et paysage ne font qu’un

© Hufton + Crow

Elle était parmi les six projets finalistes du RIBA Stirling Prize 2013, il s’agit d’une remarquable réalisation nichée dans le paysage idyllique du nord-est irlandais. Entre les roches de basalte, les champs agricoles et les impressionnantes falaises, le nouveau centre dédié aux visiteurs de la Chaussée des Géants forme un merveilleux lien entre architecture et paysage.

C’est en Irlande, sur un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO que les architectes de l’agence Heneghan Peng architects ont réalisé leur projet. Un centre de visiteurs où l’architecture participe au parcours général et devient une partie intégrante du lieu en reliant la Chaussée des Géants à la côté.

En 2005, le choix a été porté sur ce projet qui rappelait par ses piliers les saillies rocheuses caractéristiques du paysage environnant constitué par les colonnes de basaltes qui se sont formées à la suite d’éruptions volcaniques, il y a environ soixante millions d’années.

«C’est une intervention soigneusement sculptée», selon les architectes. « Elle est à la fois visible et invisible. »

Les deux plissures du projet forment d’une part la bâtisse et son toit végétalisé et d’autre part un parking enfoui dans le sol. La construction qui sort de terre comprend un café donnant directement sur le rivage. Les visiteurs peuvent monter sur le toit végétalisé où ils peuvent admirer le paysage grandiose alentours.

Le centre des visiteurs de la Chaussée des Géants crée un doux dialogue avec son environnement, un projet délicieux à savourer sans tarder.

© Hufton + Crow

© Hufton + Crow

© Hufton + Crow

Le site de Heneghan Peng architects : ici.

Les photos : © Hufton + Crow

Entre ciel et terre, le Sky Garden de Londres

01@SipaneHoh

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C’est tout en haut du gratte-ciel controversé (griffé de l’architecte Rafael Viñoly) nommé par les londoniens « Talkie Walkie » que prend place le Sky Garden, le plus haut jardin public de la capitale anglaise. Un jardin paysager signé par les paysagistes du studio Gillespies et devenu depuis peu la dernière attraction de la ville. Visite de l’un des endroits les plus convoités du pays.

Oliver Wainwright, le critique d’architecture du journal The Guardian, qui s’est rendu sur place le jour même de l’ouverture des restaurants, a décrit l’ensemble comme un « terminal d’aéroport » où  les vues sont désespérément lointaines .

Le 20 Fenchurch Street, appelé également le talkie-walkie en raison de sa forme particulière qui ressemble à un vieux téléphone portable, a déjà fait couler l’encre à plusieurs reprises. En effet, terminée en 2014, la tour dont la hauteur s’élève à 160 mètres contre 200 originellement prévus, a été très vite critiquée d’une part en raison de sa forme concave qui concentrait les rayons solaires et d’autre part pour l’effet qu’elle avait sur les monuments historiques environnants.

Rafael Viñoly, son architecte avait même reconnu quelques égarements et la société détentrice de la tour a fini par installer des ailettes verticales sur la façade pour résoudre le problème de la surchauffe de ses vitres qui avait un impact négatif sur les rues avoisinantes.

Le jardin suspendu

Cette année, la tour vient à nouveau sur le devant de la scène avec son Sky Garden, un jardin paysager conçu par le Studio Gillespies où une série de terrasses occupe les trois derniers niveaux. Une végétation luxuriante placée sous une grande surface de verre où le visiteur déambule tout en contemplant un exceptionnel paysage urbain. Certes, les vues sont lointaines, mais pas plus que de n’importe quelle autre tour, toutefois le spectacle grandiose ne fait qu’impressionner tout curieux de la ville.

Entre les figuiers et les fougères d’une part et les palmiers d’autre part, l’une des plus belle vue de Londres prend les allures de jardin suspendu qui entre ciel et terre éblouit tout visiteur.

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« The screen » le projet qui met l’architecture et le paysage en symbiose

© Martijn de Geus

En Chine, à Ningbo, l’architecte Li Xiadong a conçu un remarquable ouvrage qui étudie la relation entre l’architecture et le paysage environnant. Il s’agit de la mise en œuvre d’une réflexion qui pousse au-delà d’un simple geste architectural à l’appréhension des espaces naturels qui nous entourent. Un projet où se partagent la subtilité de l’intervention et finesse de la réalisation.

La ville de Ningbo est devenue ces derniers temps le théâtre d’expérimentations architecturales marquantes dont le musée de l’histoire de Ningbo conçu et réalisé par Wang Shu. Cette ville dense de plus de sept millions d’habitants fait de nouveau parler d’elle via un projet beaucoup plus modeste « The screen ».

Il s’agit d’une construction qui se dresse au cœur même de la forêt et interroge à sa manière les limites de l’architecture. Pour apprécier le site vierge où se trouve la bâtisse, l’architecte a proposé une série d’interventions architecturales soigneusement choisies d’une manière à créer un itinéraire riche en expériences paysagers. Le bâtiment qui se trouve sur le flanc d’une montagne, est en plein pied. La façade qui en première vue semble en béton s’avère être en brique. Les diverses parpaings qui la composent ont été édifiées grâce à une méthode qui combine la technicité artisanale et l’ingénierie nouvelle.

« The screen » accueille des bureaux et des résidences destinés aux employés. Plongé au cœur de la forêt, le projet possède le moindre impact sur le paysage, avec son plan rectangulaire, sa structure en béton, elle contient deux cours intérieures qui intègrent la végétation. Une manière exceptionnelle de se fondre dans le paysage.

A Ningbo, avec le projet de « The screen » l’architecture n’est qu’un moyen d’expression parmi d’autres pour mettre en avant le lien fragile entre construction et paysage environnant.

© Martijn de Geus

© Martijn de Geus

Le site de Li Xiaodong Atelier: ici.

Les photos : © Martijn de Geus.