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Au Tyrol, noa* réalise des cabanes dans les arbres

© Alex Filz

L’agence d’architecture connue par ses projets atypiques noa* (Lukas Rungger et Stefan Rier) basée à Bolsano et à Berlin vient de terminer l’extension d’un hôtel situé dans le Tyrol du Sud. Les dix suites à pignon sur pilotis, que les architectes ont ajouté à l’existant, sont censés préserver l’accès au terrain pittoresque. Originalité, perspicacité et harmonie sont au rendez-vous.

Un concept original

Dans le village alpin de Siusi allo Sciliar, les dirigeants de l’hôtel Floris souhaitaient d’élargir la capacité de l’établissement en y ajoutant dix suites supplémentaires. Le projet de la réhabilitation ainsi que l’extension a été attribué à l’agence d’architecture noa*. Les architectes nous racontent comment ils ont procédé à l’élaboration d’un concept original qui croise astucieusement la fonctionnalité, l’aventure et la rêverie.

Depuis de nombreuses années, les chambres confortables du Parc Hotel Florian, situées au pied du village de Siusi allo Sciliar, offrent des vacances uniques toute l’année à leurs visiteurs. Cependant, le magnifique parc constitue une caractéristique unique de cette propriété, un espace singulier où tout le monde est encouragé à s’attarder parmi les arbres centenaires, un étang idyllique et une piscine extérieure. Un environnement idyllique qui ne laisse personne indifférent.

Beaucoup de tact et de sensibilité

Le complexe a récemment été agrandi avec dix nouvelles suites situées dans un bâtiment indépendant, qui se connecte à la structure existante, offrant à la fois un sentiment de continuité et une nouvelle perspective avec un langage architectural divergent. Les architectes de noa * qui ont été chargés d’améliorer la conception de l’hôtel se trouvent donc en face de plusieurs exigences, d’une part, la marque de l’hôtel reconnue par ses motifs uniques qui devait être préservée de manière optimale et d’autre part, la problématique des environs, avec l’existence de la résidence familiale adjacente, le parking et l’hôtel lui-même, un ensemble qui demande beaucoup de tact et de sensibilité.

Les architectes nous racontent qu’au départ, l’idée était de séparer le nouveau bâtiment de l’ancien afin de laisser le terrain intact et occuper le moins d’espace possible. Mais l’idée n’était pas seulement de ranger plusieurs pièces côte à côte mais de créer un groupement ordonné de cabanes dans les arbres à la fois intimes et autonomes, le tout élevé sur des supports de trois mètres de haut, laissant le terrain entièrement accessible en dessous. En même temps, il y avait un souhait non seulement pour accueillir les invités dans les nouvelles suites du parc, mais pour leur permettre d’en faire partie. Au cours du processus de conception, le parc est devenu le thème central de l’architecture, intégrant le nouvel édifice dans la nature, comme s’il avait toujours été là.

Ainsi, le concept des cabanes dans les arbres a commencé à prendre forme et la passerelle qui forme l’épine dorsale du nouveau développement est la structure à deux étages contenant les suites et leurs cinq chambres situées à l’étage, toutes avec vue sur le parc. Afin de rendre le complexe architectural encore plus dynamique, les chambres sont situées les unes au-dessus des autres marquant un léger angle, créant l’impression d’une structure naturelle tout en préservant les vues. Les usagers ont la sensation d’être installés dans leur petite maison.

Rendre floue la relation intérieur-extérieur

Les nouvelles «Floris Green Suites» ne sont pas moins spectaculaires à l’intérieur qu’à l’extérieur. Tous les espaces de vie, les chambres et leurs salles de bain ont été repensés. La pièce de vie centrale est ouverte, grâce à sa baie vitrée, sur un balcon abrité avec une vue sur la magnifique montagne environnante, tout suit la logique de rendre floue la relation intérieur-extérieur. La partie intime se trouve à l’extrémité de la suite, où se trouve l’entrée en plus des toilettes et d’un petit sauna finlandais privé, que les visiteurs peuvent utiliser quand ils le souhaitent. Un petit coup de cœur pour le patio ouvert avec un bain à remous extérieur, qui rend l’ensemble exceptionnellement attrayant.

L’architecture intérieure est conçue autour d’un vert tamisé entrecoupé de nuances de gris, accentuant l’ambiance de la cabane dans les arbres. Les revêtements en tissu sont à la base du concept général, en tuiles et surfaces peintes, qui aident à fusionner l’intérieur et l’extérieur. Le chêne fumé des revêtements du sol, les divers accessoires et les éléments de la salle de bain sont dans une nuance sobre et se mélangent harmonieusement avec le reste. Les jardinières sur les balcons et terrasses rehaussent l’ambiance naturelle. La volonté des architectes de noa* de se rapprocher le plus possible de la nature est palpable même dans les moindres détails. Une réalisation intelligente, élégante et sensible qui profite de la nature sans endommager le lieu.

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz

A Saint-Cyr-sur-Loire, l’agence Hessamfar-Vérons signe un projet qui se fond dans le paysage

©Jean-François Tremege

De loin, deux traits se distinguent à peine pour dessiner l’horizon. L’agence Marjan Hessamfar & Joe Vérons architectes associés vient de livrer à Saint-Cyr-sur-Loire un projet qui s’insère agréablement dans le paysage environnant. A la sobriété des formes, s’ajoute l’épurement de la matière pour un résultat exceptionnel.

Un programme conséquent

Situé dans le Parc de Montjoie au sein de la commune de Saint-Cyr-sur-Loire, non loin de Tours, le nouveau groupe scolaire réalisé par l’agence d’architecture Hessamfar-Vérons, basée à Paris et Bordeaux, comprend cinq classes maternelles, huit classes élémentaires, un accueil périscolaire, un pôle restauration ainsi qu’un plateau sportif destiné aux scolaires mais aussi ouvert aux diverses associations. Un programme conséquent que les architectes ont manié avec dextérité.

La requalification du parc de Montjoie fait partie de l’opération d’urbanisme Cœur de Ville II  qui vise à maintenir et renforcer la liaison entre les différents parcs de Sain-Cyr-sur-Loire en créant une « trame verte » communale, reliant la Loire à l’avenue de la République, nous apprennent les concepteurs. A la volonté de préserver la dimension paysagère de l’ensemble, les architectes ont répondu avec une réalisation qui se fond dans le paysage. Le nouveau groupe scolaire, positionné au fond de la parcelle, sur la partie basse du terrain, devient presqu’un élément secondaire par rapport au parc. Ce dernier, ouvert à tous, sans clôtures ni entraves, constitue un agréable lieu de rencontre et de passage destiné à toute la population et non pas seulement au groupe scolaire.

Face à plusieurs équipes d’architectes qui avaient proposé d’autres emplacements concernant le groupe scolaire, l’idée de l’agence Hessamfar-Verons a été accueillie par un grand enthousiasme. Le concept proposait non seulement de redonner à la végétation ambiante ses lettres de noblesse mais il s’agissait également d’une construction qui offre aux utilisateurs des lieux des espaces de qualités. D’ailleurs, une fois terminée, la réalisation a été très vite adoptée par tous. Un gage de bien être et de confiance dont les architectes sont fiers.

« Nous avons souhaité concevoir un bâtiment à la fois architecture et paysage, marquant une continuité visuelle entre l’espace public paysagé et le bâtiment. » Nous raconte Marjan Hessamfar, l’une des associés, co-gérante de l’agence. En effet, depuis l’entrée du Parc, la composition du bâtiment est identifiable. Les architectes ont préféré mettre l’accent sur de larges avancées de toitures qui créent de généreux préaux ainsi que des parties couvertes tout autour du bâtiment. Il s’agit des espaces protégés estimés de tous.

La végétation acteur majeur de la composition

L’un des points clés du projet de Hessamfar-Vérons est la végétation qui devint un acteur majeur de la composition. De la toiture végétalisée jusqu’aux divers talus végétalisés qui ponctuent les cours en passant par les quelques langues de terrains qui comblent les porosités ou encore la présence du jardin pédagogique en toiture de l’école maternelle, tout a été minutieusement étudié pour pouvoir ancrer l’ensemble dans son contexte.

Le gymnase fait partie du programme. Les architectes ont opté pour une solution inédite qui a convaincu tout le monde. En effet, dans leur volonté de valoriser le parc, ils ont proposé un gymnase semi-enterré qui prend place dans la partie la plus reculée du site, dissimulant ainsi partiellement son emprise volumétrique. Situé à l’arrière de la parcelle, l’ensemble se révèle très discrètement sans empiéter sur le reste de la composition.

Dans leur geste architectural, les architectes ont préféré le bois, le béton et le métal. Les trois textures se croisent astucieusement. Citons par exemple les poteaux et poutres bois en épicéa de la structure du rez-de-chaussée qui s’appuient sur des murs de refends et allèges en béton, et sur des poteaux métalliques supportant les poutres en bois qui se prolongent vers l’extérieur pour former des préaux. Donnons également l’exemple du plancher mixte bois/béton qui accueille la toiture jardin. Plusieurs textures, de nombreux tour de main et une grande maîtrise se dégage de l’ensemble.

Sur ce projet, mené selon une démarche HQE sans objectif de certification, le bois a été largement employé qu’il soit en structure ou en ossature ou en aménagement intérieur. Le choix de ce matériau millénaire traduit la volonté des architectes d’engendrer un projet qui fait écho à son environnement. A Saint-Cyr-sur-Loire, le nouveau groupe scolaire possède de multiples vertus!

©Jean-François Tremege
©Jean-François Tremege

Le site de Hessamfar -Vérons architectes associés: ici.

Les photos: ©Jean-François Tremege

A Vicenza, la gracieuse exposition de Patrizia Lovato

exposition

Dans l’une des galeries de la ville italienne de Vicenza, l’artiste Patrizia Lovato expose ses œuvres. Un délicieux parenthèse artistique pour les promeneurs de la cité palladienne.

Le vernissage a eu lieu le 10 Juillet au Qu.Bi Gallery. L’ambiance est chaleureuse et les diverses œuvres accrochées ici et là sur deux étages distingués et novateurs. L’artiste n’est pourtant pas à sa première exposition. Née à Vérone et après avoir obtenu son diplôme de l’Académie des Beaux-Arts de Venise, Patrizia enchaîne les expositions. A Vicenza l’artiste expose avec le sculpteur Luciano Zinnamosca.

La visite commence dans une petite pièce lumineuse où les tableaux de Patrizia qui sont accrochés avec tact nous guident. Nous découvrons un univers sensible mêlé à des couleurs sobres. Le voyage se termine au deuxième étage dans une ambiance plus intime où le visiteur prend le temps de contempler les œuvres des deux artistes. Néanmoins, un détail nous touche , il s’agit de marques-pages peints et signés par la peintre, comportant chacun une devise, offerts à tous. Le choix est difficile, il n’y a pas deux pareils. Chacun de nous part avec un petit souvenir en attendant peut être un jour d’acquérir l’une des œuvres exposées.

Parlons un peu de l’univers des peintures de Patrizia Lovato. Il s’agit souvent de compositions poétiques où la nature acquiert une grande importance. Qu’il s’agit de la ville ou du paysage, l’artiste utilise un langage particulier où les lignes énergiques haussent le ton. Quant aux couleurs de fond, place plutôt aux pastels, l’utilisation des teintes criardes par l’artiste reste très limitée . Son univers étant un mélange de grâce et de pureté où chaque élément trouve naturellement sa place.

L’exposition qui se déroule à Vicenza et dure jusqu’au 7 Août constitue une agréable suspension dans une ville où l’architecture garde une très grande importance.

Quand l’architecture coexiste avec le paysage

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos
© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

La beauté et le potentiel de la côte Cantabrique ont poussé les autorités à reconvertir un ancien bassin d’huitres en une zone de baignade tout en reconsidérant les accès de cette dernière. Un ouvrage où l’architecture peut coexister avec son environnement. C’est l’agence d’architecture espagnole Jovinco Martinez Sierra Arquitectos qui a été mandaté pour ce délicat travail.

Générer de nouveaux contours, réintégrer l’existant tout en respectant la nature, tels étaient les divers défis de l’ouvrage de l’agence Jovinco Martinez Sierra Arquitectos  qui s’approprie le paysage. La création d’une nouvelle topographie et la conception d’une route menant à l’ancienne exploitation transformée en zone de baignade ainsi qu’à la falaise avoisinante a nécessité une réalisation fine et recherchée réalisée uniquement en bois. Un choix qui a trouvé une grande satisfaction auprès des architectes ainsi que les utilisateurs des lieux.

Un seul matériau, le bois

La beauté exceptionnelle de l’environnement a exigé une grande touche de délicatesse pour ne pas briser la vue magnifique sur le large. Cela signifie que les rampes ainsi que les autres éléments décoratifs devraient être dans la plus grande subtilité. Ainsi, le bois a été étalé comme un tapis tout en épousant les contours existants et se moulant aux formes déjà sur place. Quelques plateformes ont été également réalisées non loin de l’endroit où se trouve le plongeoir.

Avec cette intervention, à la fois simple et gracieuse, les architectes ont accompli un travail d’orfèvre qui a su s’effacer pour glorifier le lieu. C’est un projet qui revitalise la côté dégradée et la transforme en un lieu accessible à la fois ludique et fonctionnel. Une réalisation qui brouille brillamment les frontières entre l’architecture et la nature.

 

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos
© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos
© Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

Le site de Jovinco Martinez Sierra Arquitectos : ici.

Les photos: © Jovinco Martinez Sierra Arquitectos

Entre mer et terre

© Joao Morgado
© Joao Morgado

C’est un projet qui se situe entre l’architecture et le paysage que l’agence croate 3LDH a réalisé près d’une station touristique donnant sur la mer Adriatique. Une conception qui souligne les liens avec la terre et les divers changements causés par les marées.

En Croatie, la ville de Rovinj est connue par son appellation de « petite Venise croate ». C’est dans cette cité millénaire devenue depuis une importante destination touristique, que les architectes de l’agence 3LDH ont conçu l’aménagement de la Mulini Beach faisant partie du projet de reconstruction du front de mer.

Le concept qui connecte de façon transparente le parc de la Punta Corrente de la station touristique à la promenade du bord de l’eau. Les architectes ont répondu d’une part aux diverses exigences de la topographie du site et d’autre part à la nécessité de donner à la ville des installations balnéaires afin que habitants et touristes puissent obtenir le meilleur usage de la beauté naturelle.

Au rythme des vagues

L’influence des marées (le niveau de la mer peut changer d’environ 80 cm) a guidé la décision de structurer la plage à deux endroits : l’une touchant la partie malmenée par les vagues et l’autre concerne la baie.

La conception se base sur l’introduction de jeux qui ont comme idée les vagues avoisinantes, ainsi, d’élégantes passerelles, des gradins et des caisses contenant des plantes, suivent les mouvements des ondes et enrichissent le rivage. La deuxième partie comprend une plage de galets en pente douce. La végétation luxuriante et la variété des matériaux utilisés pour créer cet environnement doucereux expriment la sérénité et à la détente.

Au centre se trouve un bar, un excellent emplacement qui connaît une grande fréquentation à tout moment de la journée. Il s’agit d’un pavillon fabriqué à partir de pierres locales et rehaussé par un toit pergola en acier blanc. Soutenue par seulement six points, la pergola de trente mètres de portée ressemble à un volume flottant qui se distingue de loin.

A Rovinj, l’intervention de l’agence 3LDH consiste non seulement à modeler le front de mer mais apporte un nouveau souffle au paysage.

© Joao Morgado
© Joao Morgado

© Joao Morgado
© Joao Morgado

Le site de l’agence d’architecture 3LHD : ici.
Les photos : © Joao Morgado

Promenons-nous dans la forêt

L’architecte Charles P.Reay a développé la conception d’un sentier qui explore l’environnement naturel des monts Adirondak se trouvant dans le nord-est de l’état de New-York. Une piste qui serpente à travers les cimes des arbres et apporte une expérience unique au visiteur.

« Pour moi il semble très approprié que la Wild Walk sort de l’idée du mariage de la structure, de l’art ou de l’architecture et que ce soit juste une excroissance de la forêt », a déclaré Reay.

L’objectif de la « Wild Walk » est d’encourager les gens à explorer et de comprendre l’environnement naturel des Adirondack à travers des expériences scientifiques, des expositions et des événements. Un site internet dédié au projet mentionne la fameuse High Line de New York, qui s’est établit sur une section élevée d’une ancienne voie ferrée à Manhattan, comme une influence déterminante sur la décision d’élever la passerelle du sol. Un projet similaire a été également réalisé à travers la cime des arbres d’un jardin botanique se trouvant sur les pentes de la montagne de la Table, un massif montagneux situé en Afrique du Sud et qui surplombe la ville du Cap.

De bois et d’acier

La Wild Walk offre aux visiteurs la possibilité de suivre un sentier, composé de ponts et de passerelles, qui atteint la hauteur de 12 mètres au-dessus du niveau du sol afin qu’ils puissent avoir une perspective alternative de la forêt tout en vivant un moment exceptionnel.

Tandis que les plates-formes et les passerelles sont en bois, tous les poteaux qui les supportent sont construits en acier patiné, en complément de l’acier galvanisé qui a été utilisé pour d’autres parties de la structure afin de réduire le coût total de la construction. Les éléments cylindriques sont destinés à rappeler les troncs des pins environnants, alors que l’acier Corten a été choisi pour se fondre avec les tons de la forêt.

Le point le plus élevé de cette promenade est une réplique d’un nid d’aigle où les visiteurs peuvent se reposer en contemplant tranquillement le paysage environnant.

L’intervention de l’homme n’est pas toujours la bienvenue dans les environnements naturels mais grâce à la « Wild Walk », la promenade dans la forêt prend une toute autre tournure et pourra peut être sensibiliser à adapter l’architecture aux formes les plus essentielles de la nature.

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Le site de l’agence d’architecture Lineascape Architecture: ici.

Les photos : © Lineascape Architecture