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Lake House Völs, une admirable réalisation signée noa*

© Alex Filz

C’est dans le bourg de Völs situé au bord du lac idyllique de Völser Weiher, à l’ouest de la ville d’Innsbruck, dans le Tyrol du Sud, que l’agence d’architecture noa* a croisé adroitement un concept moderne avec une tradition bien-aimée du public pour offrir une architecture en harmonie avec la nature.

Se combiner harmonieusement avec son environnement

Au milieu d’un univers montagneux spectaculaire bordé de forêts de pins verts luxuriants, le lac Völser Weiher se trouve à plus de 1000 mètres d’altitude. C’est une réserve naturelle pittoresque qui offre aux visiteurs toute l’année un espace de détente et de loisirs. Dans cet environnement idyllique, l’agence d’architecture noa*, basée à Bolzano et à Berlin a été mandatée par la municipalité de Völs pour construire une petite cabane de baignade attrayante avec des vestiaires publics et des installations sanitaires qui complètent le cadre pittoresque.

Trop petit et plus adapté à l’usage, l’ancien kiosque existant fonctionnait depuis des années et manquait, entre autre, d’installations accessibles appropriées pour les personnes handicapées. La destination populaire pour les excursions en plein air, en particulier parmi les habitants, qu’il s’agisse d’une baignade rafraîchissante en été ou d’une patinoire en hiver, devait être refaite à neuf et aux normes actuelles. C’est pourquoi, l’ancienne installation a été démolie pour créer un nouvel espace où l’architecture pourrait se combiner harmonieusement avec son environnement.

Les architectes de noa* nous racontent qu’afin de se fondre dans l’environnement tout en gardant une discrète installation, ils ont conçu, deux structures compactes connectées le long d’un axe transversal. Le bâtiment principal, un nouveau snack-bar avec un toit classique, contient une cuisine et un comptoir partiellement ouverts où la nourriture et les boissons sont servies. Il se développe en une loggia ouverte et une terrasse, avec une vue panoramique sur le lac et une zone de baignade nouvellement conçue. L’axe transversal qui relie les deux bâtiments est défini par un évidement ouvert avec un élément pliable en bois. L’évidement fonctionne comme un deuxième comptoir où les baigneurs, les piétons et les cyclistes peuvent acheter de petits rafraîchissements, de la crème glacée et de la nourriture. Cet interstice agit également comme une cloison intelligente, de sorte que la loggia et la terrasse peuvent être maintenues confortablement silencieuses, tout en permettant simultanément un libre-service rapide et facile pour les clients.

Une ambiance de continuité fluide de la nature

La deuxième structure consiste en un cube séparé relié au snack-bar, elle garde une fonction publique et forme avec le bâtiment principal un ensemble cohérent à la fois sur le plan architectural et fonctionnel. Selon les architectes, « c’est ici que les installations sanitaires répondent aux exigences d’accessibilité et offrent des vestiaires aux sportifs de loisir enthousiastes comme les nageurs ou les patineurs. » Au des installations, se trouve un petit atrium ouvert avec des vestiaires pour les invités et des casiers spécialement conçus par les entreprises artisanales locales. L’atrium offre un aperçu de l’horizon pour signaler un accueil chaleureux aux baigneurs et randonneurs. « Dans ces locaux accessibles au public, une technologie de truelle en résine robuste a été sélectionnée qui peut à la fois résister à l’usure des patins et assurer la sécurité sur un sol mouillé. » En effet, pour se fondre dans l’environnement naturel, l’architecture se concentre sur une forte harmonisation visuelle entre l’intérieur et l’extérieur. Les architectes nous informent que le vert a été choisi comme couleur de base pour le sol, les murs et le plafond, avec différentes nuances contribuant à créer une ambiance de continuité fluide de la nature.
 
Le sol et les surfaces verticales ajoutent une autre caractéristique unique à l’installation au bord du lac. En effet pour ancrer l’architecture fermement dans son emplacement, noa* a incorporé un motif de dentelle traditionnelle du Tyrol du Sud dans le remplissage de résine. Les motifs ont été brièvement pressés dans la résine humide et rapidement enlevés pour créer un effet tridimensionnel irrégulier. Ces motifs 3D, plus ou moins apparents, ajoutent une impression visuelle particulière et une touche de spontanéité. Alors que le bâtiment principal dégage une présence caractéristique et il est à peu près de même taille que l’ancienne structure, noa * a créé un concept dans lequel le second volume se retire optiquement. La construction à ossature en bois le long de l’axe transversal, qui relie les deux bâtiments de l’installation, sert également de structure de support pour les plantes grimpantes. « En quelques mois, le jasmin à croissance rapide prévu enveloppera les vestiaires d’un feuillage naturel et vert. » selon les architectes.Vue du lac, la verdure fera disparaître le bâtiment dans son environnement.

Un espace unique dédié aux amoureux de la nature

L’ensemble se situe dans un paysage naturel unique et offre des perspectives magnifiquement cadrées ainsi que de superbes vues sur le lac, la forêt et la montagne environnante. La façade en bois de mélèze spécialement sélectionnée et non traitée sera laissée à son destin naturel se changeant lentement à mesure qu’elle est exposée aux éléments au fil du temps. Les jetées de baignade nouvellement construites, faites de bois des forêts environnantes, se ramifient et se dissolvent dans le lac, guidant les visiteurs. Pendant ce temps, l’architecture, moins visible mais délicatement présente, met en valeur la flore. Chaque élément démontre l’engagement de noa* à gérer les environnements naturels de manière responsable et avec soin tout en restant fidèle aux normes architecturales exigées. Entre les rangées de roseaux fraîchement posées et la nouvelle zone des enfants, l’architecture crée un espace unique dédié aux amoureux de la nature pour s’imprégner de la sérénité avoisinante. A l’image des autres réalisations de l’agence, la Lake House de Völs est un projet sobre et subtil qui a su s’insérer délicatement dans son entourage.

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de l’agence noa*: ici.

Les photos : © Alex Filz

Quand la cabane joue la transparence

© Alexander d’la roche

A Mexico, au sein d’une végétation dense et au cœur de la forêt, l’architecte Gerardo Broissin a réalisé une atypique cabane dans les arbres. C’est le choix de la matière qui peut, à premier regard, interpeller le visiteur, mais une fois sur place le charme opère.

Maison dans les arbres

La structure s’intitule « Chantli Kuaulakoyokan », ce qui veut dire « maison dans les arbres » dans la langue autochtone la plus parlée au Mexique. Le projet est situé au pied de la sierra de las Cruces, une longue chaîne de montagnes située à l’ouest du centre-ville de la capitale. Pour les amoureux de la nature, il s’agit d’un environnement privilégié ainsi qu’un voisinage merveilleux.

La conception évoque des sentiments d’enfance et le désir d’un refuge indépendant. Qui, dans son enfance, n’a pas rêvé d’un petit cocon sur les arbres pour aller y jouer, lire ou sentir la nature ? Sauf que dans le cas général, la petite cabane prend les allures d’un refuge en bois. Plutôt que d’utiliser du bois conventionnel pour la construction de sa cabane dans les arbres, Broissin a réinterprété la typologie en utilisant du verre. Une matière inattendue mais qui, finalement, donne un effet plastique assez accrocheur.

Au-delà de l’image

Selon l’architecte, ce geste vise à souligner la perte de l’innocence d’un enfant au fil du temps, le bois chaud étant remplacé par du vitrage froid. La maison dans les arbres de Broissin remet en question la prétendue vie privée de plus en plus menacée par l’existence des réseaux sociaux. Le projet demande donc aux visiteurs de réfléchir aux divers thèmes dont la sécurité et de la vie privée. En plus de la structure en verre accrochée aux arbres, Broissin a créé tout autour une petite forêt luxuriante. L’installation a été montrée lors d’un événement artistique qui a lieu chaque année dans le cadre de la semaine du design au Mexique.

Gerardo Broissin est né à Mexico en 1975. Il a acquis une renommée internationale en figurant dans de nombreuses publications architecturales. Son travail se caractérise par le développement et la contribution de propositions innovantes qui présentent une vaste gamme de formes, de textures et d’idéologies. La cabane dans les arbres est un exemple parmi d’autres.

© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche

© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche

© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche

© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche

Pour plus d’information, voir le site de l’architecte Gerardo Broissin: ici.

Les photos: © Alexander d’la roche

La petite maison de Seabeck

© Andrew Pogue

La petite maison de Seabeck est nichée dans une forêt luxuriante, située sur une falaise, orientée au nord et surplombant la Hood Canal. Avec des vues lointaines sur la baie de Dabob, cette petite perle est conçue par l’agence d’architecture mwworks basée à Seattle.

Simple et abstraite

C’est une construction simple et abstraite qui se niche au fond de la forêt et se caractérise par son extérieur brut contrastant avec un intérieur chaud et lumineux. Les propriétaires qui vivent à plein temps à Houston, au Texas, après avoir partagé de nombreux étés avec leur famille dans une propriété à proximité de Seabeck, ont souhaité posséder une petite « retraite » dans cette forêt. Les premières discussions de conception ont porté sur la création d’une structure compacte et moderne à la fois simple et peu coûteuse.

Le concept est né d’une idée qui réutilise une ancienne cabane située sur la parcelle. Le résultat est une boîte simple avec de grandes ouvertures sculptées dans le toit et les murs. L’ensemble jouit d’une vue imprenable sur les environs. Un mince auvent marque l’entrée et encadre les vues du canal ci-dessous. Les façades nord et ouest plus transparentes reflètent le paysage ainsi que la vue éloignée. Avec des vues principales sur l’eau, les façades sud et est offrent une belle vue sur l’allée principale ainsi que sur les propriétés avoisinantes. Les lucarnes prennent place sur le toit, apportant une grande luminosité à l’intérieur où les propriétaires peuvent même admirer les étoiles.

La cabane moderne

Les panneaux de remplissage en bois de cèdre noir et oxydé ainsi que le ciment noirci constituent un beau revêtement extérieur tandis que le contreplaqué de pin contribue à réchauffer l’ambiance intérieure. A l’ouest de la maison se trouve une grande terrasse qui ouvre généreusement l’intérieur sur l’extérieur. La petite cabane a finalement servi d’outil efficace pour guider le processus de conception. L’accent a été mis sur l’essentiel. Le projet qui en résulte espère capturer l’essence de la cabane moderne de petite taille mais offrant les mêmes caractéristiques d’une maison de vacances. Un projet qui habite le lieu et c’est à découvrir sans tarder.

© Andrew Pogue
© Andrew Pogue

© Andrew Pogue
© Andrew Pogue

© Andrew Pogue
© Andrew Pogue

© Andrew Pogue
© Andrew Pogue

Le site des architectes mwworks: ici.

Les photos : © Andrew Pogue

Le cabanon d’été d’Eva Sopeoglou

© Mariana Bisti

Loin des villes et des sites archéologiques, dans la région montagneuse du nord-est du pays, sur la péninsule d’Halkidiki, l’architecte grecque Eva Sopeoglou a réalisé une charmante cabane d’été. Découverte d’une construction simple et attrayante.

Les propriétaires de cette maison souhaitaient une sorte de refuge à faible coût pour le week-end. Située sur une colline d’oliviers, surplombant la mer et avec une vue époustouflante sur les célèbres monastères du mont Athos, la parcelle avait tout pour plaire.

Un merveilleux jeu d’ombre et de lumière

Le projet proposé par Eva Sopeoglou est avant tout très expérimental. Il utilise la technologie numérique de pointe d’une manière innovante. Les divers composants de la maison ont été préfabriqués. La conception donne une grande importance à la position du soleil pour procurer l’ombre souhaité. Le plan rectangulaire mesure 3 mètres de large et 7 mètres de long, il est divisé suivant une trame en plus petites pièces. Un étroit couloir relie ces espaces tout en s’harmonisant avec l’extérieur, comme si les oliviers faisaient partie intégrante de la maison.

L’enveloppe extérieure de la maison est composée d’une couche métallique légère, mobile, elle offre une flexibilité maximale à l’ensemble. Le motif perforé de la peau est inspiré des oliviers, quoi de plus naturel quand nous nous trouvons dans le pays où l’olivier est d’une grande abondance ? Pendant la journée, au fur et à mesure que le soleil se déplace, les espaces intérieurs sont inondés d’ombres. Un effet saisissant dû à l’originalité de la texture des façades.

A travers un motif emprunté dans la nature environnante, l’architecture subtile d’Eva Sopeoglou pose la question de la communion de l’espace intérieur et extérieur. Un projet simple à la fois fonctionnel et original.

© Mariana Bisti
© Mariana Bisti

© Mariana Bisti
© Mariana Bisti

© Mariana Bisti
© Mariana Bisti

© Mariana Bisti
© Mariana Bisti

Plus d’informations sur l’architecte Eva Sopeoglou : ici.

Les photos: © Mariana Bisti , Elias Sopeoglou

« Cloud House » le charmant abri de jardin

© Tim Hawley
© Tim Hawley

Dans un contexte surréaliste, à travers une réalisation atypique d’un petit abri de jardin, l’artiste américain Matthew Mazzotta rapproche l’art et la technologie. Mis à part la forme romantique de l’installation, l’homme de l’art parvient à accomplir une véritable expérience du cycle de l’eau.

Baptisé « Cloud House », il s’agit d’un système unique de récolte de pluie censé donner une expérience sensorielle. En effet, le procédé tente de réutiliser de manière créative l’eau de pluie qu’il recueille dans un nuage situé au dessus du toit de l’abri en créant un lien entre les gens et la nature. Ainsi, pendant les jours pluvieux, un système de gouttière recueille l’eau et la dirige vers un réservoir de stockage situé en dessous de la maison. Quand les gens s’assoient sur les chaises à bascule, ils déclenchent une agréable pluie. Cette dernière, totalement artificielle, est le résultat de l’accumulation de l’eau de pluie amenée par une pompe vers le nuage qui se trouve sur le toit.

Souvenirs d’enfance

Conçu pour collecter et stocker l’eau de pluie, ce cycle créé pièce par pièce met en avant l’utilité de la nature dans notre quotidien. A l’instar de l’eau utilisée pour cultiver les aliments que nous mangeons, l’eau de pluie nourrit plusieurs plantes comestibles cultivées dans des récipients au bord des fenêtres du cabanon.

La simplicité formelle de l’abri fait référence à nos souvenirs d’enfance et invite les visiteurs à venir et à s’asseoir sur les deux chaises pour profiter du panorama et écouter le bruit de la pluie sur le toit. Ce dernier est composé d’étain et de bois, des morceaux récupérés dans une ferme abandonnée.

La « Cloud House » est une intéressante expérience qui joint technique et installation artistique. Avec un tel projet, Matthew Mazzotta a réussi à engendrer un agréable espace de méditation tout en présentant un lieu d’expérimentation. Un travail subtil qui mérite le détour.

© Tim Hawley
© Tim Hawley

© Tim Hawley
© Tim Hawley

© Tim Hawley
© Tim Hawley

© Tim Hawley
© Tim Hawley

Le site de Matthew Mazzotta: ici.

Les photos: © Tim Hawley

Une extraordinaire cabane pour les pêcheurs

© Niall McLaughlin Architects
© Niall McLaughlin Architects

Au Royaume-Uni, dans le Hampshire, l’agence d’architecture Niall McLaughlin Architects a réalisé un original « refuge » pour les pêcheurs. Il s’agit d’une architecture simple dont le concept est la transformation au gré des saisons, à l’image de la nature qui l’entoure.

Inspirée de l’archétype de la cabane primitive, « The Fishing Hut » a été réalisée dans un endroit idyllique par les architectes de l’agence Niall McLaughlin Architects. Sauf que l’équipement n’a que la forme qui se rapproche de la cabane, l’idée même étant plus recherchée. En effet, le souhait du maître d’ouvrage était de construire un abri sûr pour les barques et les équipements de pêche en même temps qu’un lieu de rencontre pour les pêcheurs.

Il s’agit d’un lac artificiel, construit à l’origine comme une ferme piscicole, alimenté par la rivière qui définit sa limite sud. L’eau y est peu profonde et non polluée, ce qui la rend comme le refuge idéal pour les anguilles en migration.

Puisque le bâtiment était voué à être utilisé d’une manière discontinue et  surtout pendant la saison de la pêche, c’est-à-dire pour une période qui s’étend d’Avril jusqu’en Septembre, la structure devait être aussi ouverte que possible afin de maximiser les vues sur le paysage et y faciliter l’accès tout en proposant la sécurisation de l’équipement pour la période inoccupée. Pour cela, une fois que l’endroit a été choisi, les architectes ont profité du vidange du lac pour y couler une dalle de béton. Cette dernière a servi comme structure de base aux divers panneaux préfabriqués qui ont composé l’ensemble.

Un clin d’oeil aux bâtiments agricoles

La structure du bâtiment s’organise via un plan tramé de plusieurs criques. Sous un toit en pente, nous pouvons trouver une partie fermée qui comprend une hall d’entrée, des toilettes, une kitchenette et une salle à manger. Les autres parties peuvent s’ouvrir vers l’extérieur via des vitres glissantes. De loin, l’ensemble ressemble aux bâtiments agricoles que l’on trouve dans le paysage avoisinant. Concernant la structure, les architectes ont choisi le bois non traité et le revêtement en chêne pour leur durabilité ainsi que leur couleur caractéristique.

La « cabane » offre un point d’amarrage couvert facilitant ainsi la mise à l’eau des barques. Durant la période de la pêche, la structure est complètement ouverte sur la nature qui l’entoure. Les parois, constituées de panneaux en lattes de bois soutenus par un système de pistons latéraux, font office de brise-soleil en été. Quand l’hiver arrive, ces panneaux sont fermés et l’équipement présente un aspect différent, tout comme la nature qui l’entoure.

Le projet a été lauréat du Prix Stephen Lawrence en 2015. Ce prix récompense les meilleurs projets dont le budget de construction ne dépasse pas le million de £.

A la fois, simple, plastique et fonctionnel, le refuge du pêcheur est un joli bijou dans son écrin de verdure.

© Niall McLaughlin Architects
© Niall McLaughlin Architects

© Niall McLaughlin Architects
© Niall McLaughlin Architects

© Niall McLaughlin Architects
© Niall McLaughlin Architects

Le site de Niall McLaughlin Architects : ici.

Les photos: © Niall McLaughlin Architects