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Dans le paysage corse, une école signée Amelia Tavella

© Amelia Tavella.

Un environnement idyllique, une végétation abondante, un cadre exemplaire pour une école. Dans le village corse de Santa Maria Siché, sur une vaste parcelle située entre deux chênes, l’architecte Amelia Tavella a réalisé une charmante école adaptée à son environnement.

Intégration réussie

L’intégration est telle que comme si l’équipement culturel a toujours existé. En effet, le projet situé sur l’ancien site équestre et livré cette année est d’une infinie sobriété. Avec ses lignes épurées et ses formes discrètes, l’ensemble adopte astucieusement le paysage environnant.

Proposant une mise en œuvre délicate, le matériau naturel est avant tout synonyme de confort. C’est aussi un choix pour une adéquation totale avec un équipement qui va abriter les jeunes enfants. Ainsi, des taquets de pin, placés verticalement, créent un maillage naturel qui se déploie le long des façades proposant des doux contrastes d’ombre et de lumière. Ponctuellement, cette enveloppe est interrompue, laissant place au granit qui provient de vieux bâtiments dont les pierres sont redimensionnées sur place avant d’être assemblées.

Retour aux sources

Amelia Tavella revient ainsi vers ses origines corses pour travailler dans un paysage qui ne lui est pas inconnu. Ainsi, l’architecte reprend les formes des crêtes rocheuse et les adapte dans une composition qui comprend une toiture climatique. Cette dernière procure au projet une ventilation naturelle. De même, le bois utilisé vient des forêts avoisinantes. Que de matériaux naturels qui ancre l’ensemble dans son contexte.

L’équipement culturel est de plain pied. Il s’agit d’un monolithe traversé de son côté par un couloir longitudinal qui relie les deux arbres millénaires. De grandes baies vitrées coulissantes donnent l’impression que par moment l’intérieur et l’extérieur se croisent. L’intérieur est sobre, la couleur blanche donne à l’ensemble une grande clarté ainsi qu’un sentiment de générosité. Dans tous les espaces, fonctionnalité et sobriété sont au rendez-vous.

Dans le village corse de Santa Maria Siché, Amelia Tavella puise ainsi dans l’architecture traditionnelle pour concevoir un projet en phase avec son entourage. Un travail succinct qui mérite le détour.

© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.
© Amelia Tavella.

Le site d’Amelia Tavella: ici.

Les photos: © Amelia Tavella.

Une école pas comme les autres

© WORKac
© WORKac

Aux États-Unis, l’agence d’architecture WORKac a réalisé une école atypique dans un environnement tout aussi original. Situé au milieu d’un champ incluant une serre et un espace pour cuisiner la récolte et le goûter, l’établissement a tout impressionner.

Avec l’un des plus bas pourcentages d’espaces verts à Brooklyn, Gravesend était un choix juste pour la première école dans son genre. Elle abrite 625 élèves, des professeurs ainsi que des professionnels. Plusieurs tâches ludiques font partie de la journée scolaire.

Du parking au jardin il n’y a qu’un pas

Le projet est né de la transformation d’un ancien espace de stationnement en un jardin biologique. Le nouveau bâtiment est composé de trois parties principales. La serre est une structure en polycarbonate et en aluminium, la salle de classe est en acier et la cuisine est vêtue de bardeaux pixelisés et colorés. Une curiosité très appréciée. La toiture de la serre et celle de la salle de classe sont alignées pour maximiser la collecte de l’eau de pluie utilisée pour irriguer le jardin.

La salle de classe qui comprend la cuisine peut contenir une trentaine d’étudiants. Ces derniers préparent les repas avec des légumes récoltés dans le jardin biologique de l’école et peuvent les déguster directement sur place. L’école se dote également d’un espace de bureau. La façade principale qui contient plusieurs fenêtres en forme circulaire crée une atmosphère dynamique et amusante. A l’intérieur de la salle les armoires réutilisent les mêmes codes de couleurs que sur la façade rendant l’ensemble plus joyeux.  A l’extérieur, dans le jardin, nous trouvons un salon rond où peuvent se rassembler tous les utilisateurs des lieux. Un établissement qui peut donner l’exemple à d’autres.

© WORKac
© WORKac
© WORKac
© WORKac

Les photos : © WORKac

A Rio, une école écologique voit le jour

© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti

A Rio, les architectes Ivo Mareines et Rafael Patalano (Patalano Arquitetura) viennent de terminer la troisième phase du groupe scolaire MOPI . Écologie et durabilité sont au rendez-vous.

Situé non loin d’un parc national, dans l’un des coins les plus naturels de Rio de Janeiro, le groupe scolaire MOPI interpelle. Les volumes disposés en forme de U s’ouvrent vers les montagnes et procurent une sensation singulière aux habitués des lieux.

La première phase de l’école a été construite en 2009 où l’on a ajouté une piscine en 2010. Depuis, grâce à l’annexion de plusieurs terrains, l’établissement grandit, double sa taille et il est doté d’un centre sportif. Malgré la construction qui a duré plusieurs années les architectes ont réussi à donner à l’ensemble une allure fluide et cohérente. Alors que la première partie du projet est orientée vers la végétation et la montagne, l’extension occupe la face tournée vers la route. La façade est constituée de panneaux de cuivre pré oxydé et perforées attachés via des poutres de bois stratifié et recyclé, qui sont fixés à la structure en béton.

Le recyclage au cœur de l’ouvrage

MOPI est un équipement dont l’interaction avec la nature ne s’arrête pas au fait de fournir des solutions de planification caractéristiques mais sa profonde approche pour la conception durable vise à limiter son impact sur l’environnement. Parmi les procédés utilisés par le duo d’architectes est l’utilisation du bois façonné d’une manière responsable ou recyclé, les façades perforées permettent ainsi la ventilation naturelle tout en protégeant l’intérieur de la pluie. De même, les sols dans les espaces communes sont fabriqués à partir de caoutchouc recyclé venant de pneus de voiture. L’eau de pluie est récoltée et réutilisée, l’eau chaude est réchauffée par l’énergie produite par les panneaux solaires et les robinets sont dotés des minuteries pour limiter les pertes.

Respectueux de son environnement, le groupe scolaire MOPI est un établissement bien intégré dans son cadre à la fois urbain et naturel. Le projet expose une volonté écologique mêlée à une architecture subtile qui la révèle. Un bon exemple à suivre.

© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
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© Leonardo Finotti

Les architectes : Mareines + Patalano Arquitetura (Ivo Mareines & Rafael Patalano)

Les photos: © Leonardo Finotti

Une école en plein air?

© Aisling McCoy
© Aisling McCoy

Retour vers le passé ? Une curieuse idée qu’a eu l’agence d’architecture AP + E en proposant un amphithéâtre constitué de colonnes de bois servant d’école en plein air. C’est en Irlande et l’expérience serait concluante.

Créer une structure interactive où les enfants se sentent à l’aise tout en leur apportant les connaissances scolaires dont ils ont besoin n’est pas un concept innovant, bien au contraire, c’est une méthode qui a existé en XVIIIème et XIXème siècle.

Et si on changeait les méthodes de l’enseignement scolaire ?

L’agence d’architecture AP + E a développé un projet éducatif qui crée un environnement d’apprentissage stimulant et ludique via un élément artistique. Tout en apprenant les principes éducatifs fondamentaux, les enfants peuvent faire pousser des fleurs, légumes et fruits dans un périmètre dédié à cette occupation. Utilisée comme un outil pédagogique complet, l’idée trouve un grand succès.

La structure est composée de plates-formes en bois surélevés formant des sièges autour d’un cercle. Le pavillon peut également s’adapter pour des spectacles en plein air. A la fois simple et élémentaire, la construction utilise des matériaux durables et naturels. Avec le temps, les plantes grandiront et formeront un cocon où les enfants se sentiront comme en pleine nature. Une idée révolutionnaire ? Pas vraiment mais un concept qui a trouvé preneur !

© Aisling McCoy
© Aisling McCoy

© Aisling McCoy

© Aisling McCoy

© Aisling McCoy
© Aisling McCoy

Le site des architectes AP + E: ici.

Les photos : © Aisling McCoy.

La Bridge School de Xiashi, un étonnant trait d’union entre passé, présent et futur

© Li Xiaodong

En Chine, dans la province de Fujian, l’architecte Li Xiaodong a réalisé une école sur un pont reliant deux constructions historiques. Plus d’une simple institution, l’équipement est devenu depuis, un lieu de rassemblement pour tous les habitants. Un espace public de plus qui mérite le détour.

C’est dans le comté de Pinghe que se trouve Xiashi, le village qui possède en son centre les deux Tulou séparées par un ruisseau constituant une frontière naturelle entre elles. La couleur de la Bridge School lie les deux Tulou et contraste avec leur forme unique toute en rondeur.

Les Tulou sont des habitats collectifs qui reflètent un passé introverti et datent de l’époque coloniale, aujourd’hui, cette culture traditionnelle appartient au patrimoine culturel du village. Néanmoins, ce dernier manque d’espace public où les habitants peuvent se rencontrer et communiquer entre eux.

Pour l’architecte  la culture ainsi que l’environnement qui nous entoure son primordiaux, c’est pourquoi, ses créations reflètent toujours l’essentiel de ses pensées. Dans ce village, l’homme de l’art a identifié d’une part le manque de communication entre les habitants et d’autre part la carence d’espace public, deux critères importants dans l’évolution des villes. C’est pourquoi, il a essayé de lier les habitants des deux côtés du fleuve par un lien fort qui en même temps donne un coup de pouce au développement culturel.

L’idée de l’implantation d’une école primaire sur un pont serait suivant l’architecte l’occasion d’optimiser l’ensemble tout en résolvant un problème récurrent dans la société. Une passerelle qui relie les deux Tulou et associe l’histoire, la culture et le social.

L’école primaire se compose de trois entités fonctionnelles qui comprennent deux classes et une petite bibliothèque. Les parois de ces derniers sont équipées d’ouvertures coulissantes qui les transforment en espaces publics en dehors des heures scolaires. Ainsi, divers spectacles peuvent s’y installer et la nuit tombant le lieu devient un point de rencontre pour les villageois.

La structure qui fait 28 mètres de long sur 8,5 mètres de large est en acier, elle est attachée avec des treillis à un pont se trouvant en dessous et forme elle même un gracieux trait d’union entre les deux rives. La surface externe du bâtiment est habillée en bois et l’architecture tranche avec celle qui caractérise les deux Tulou.

La Bridge school de Xiashi qui conjugue intelligemment le passé, le présent et le futur apporte un nouveau souffle à la ville.

© Li Xiaodong

© Li Xiaodong

© Li Xiaodong

Le site de Li Xiaodong : ici.

Les photos : © Li Xiaodong

A Corozal, l’école fait peau neuve

© Diaz Paunetto Arquitectos

A Corozal au Puerto Rico, les architectes de Diaz Paunetto Arquitectos ont réhabilité une structure abandonnée depuis plus de vingt ans en une avenante annexe pour une école. Une renaissance dotée des nouvelles normes écologiques à la fois fonctionnelle et gracieuse a vu ainsi le jour.

Le bâtiment d’origine servait à fournir des formations professionnelles pour les étudiants. Alors, que le premier étage abritait une salle de sport et de loisirs, le deuxième étage était occupé par un salon de cosmétologie. Depuis son abandon, le toit en bois ainsi que les murs du second étage ont été effondrés laissant derrière eux une structure délabrée qui s’est avérée extrêmement difficile à réhabiliter. Le besoin d’avoir des classes supplémentaires ainsi qu’un espace commun a incité à la réhabilitation de cette structure.

La communauté étant contre la démolition complète de l’ancien établissement, les architectes ont entrepris une minutieuse réhabilitation en gardant la structure d’origine. Il en résulte une structure polyvalente qui peut être utilisée comme une grande salle pour des réunions scolaires par exemple ou bien pour les formations des enseignants en plus d’un étage qui comporte un grand espace de stockage.

Bien que l’ancienne structure n’ait pas changé, les architectes ont remanié tout le volume pour le rendre au goût du jour. Ainsi, un cube doté d’une immense baie vitrée se greffe à l’ensemble procurant une vue dégagée vers les espaces de jeux. L’un des principaux défis des architectes étant la dissimulation des murs d’origine afin de mettre en avant le nouveau visage de l’édifice, ils ont enveloppé le volume général par un acier perforé qui transforme l’ensemble et le rend plus dynamique.

Construit par des matériaux durables, montrant quelques couleurs joyeuses, l’ancienne structure mise en mal pendant très longtemps s’est enrichie d’une nouvelle parure. Un travail d’orfèvre à saluer.

© Diaz Paunetto Arquitectos

© Diaz Paunetto Arquitectos

© Diaz Paunetto Arquitectos

Le site de Diaz Paunetto Arquitectos: ici.

Les photos : © Diaz Paunetto Arquitectos

A Gênes, un empilement savant façonne une école

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En Italie, dans le centre historique de Gênes, sur un terrain laissé vacant depuis la deuxième guerre mondiale, l’agence d’architecture allemande PFP Architekten a réalisé une originale école constituée de l’empilement de plusieurs parallélépipèdes. Simplicité et élégance sont au rendez-vous.

A Gênes, dans le cadre de la régénération de la Porta Soprana ainsi que le quartier de San Donato, la ville a mandaté l’agence d’architecture PFP Architekten pour y construire une école de cinq étages, qui va du primaire à la secondaire et qui est destinée à accueillir près de 500 élèves.

La parcelle se trouve dans l’ancienne ville de Gênes, à l’intersection de deux rues étroites dont une en pente douce. C’est sur cet emplacement délicat, que l’architecte Jörg Friedrich a entrepris de glisser un parallélépipède compact qui contient les bureaux, le réfectoire et la salle de musique. Quant aux étages supérieurs, elles se déploient dans deux parallélépipèdes qui se croisent et qui abritent les salles de classe. L’école est accessible à partir de deux niveaux vu la localité où elle se trouve.

« Le bâtiment de l’école est composée de deux volumes qui se chevauchent aux géométries brisées, avec un mouvement de façades qui correspond aussi à un choix d’attribution et une optimisation de l’exposition des salles de classe», a déclaré l’architecte.

Alors que le volume du rez-de-chaussée est recouvert de panneaux de pierre venant des environs et faisant un plaisant clin d’œil aux pavées des rues avoisinants, les étages supérieures possèdent une façade peinte en bleu pastel. Des volets coulissants en bois servent de protection aux fenêtres. Une terrasse qui se trouve au dessus du bâtiment offre une aire de jeu et donne une vue imprenable sur les toits de la ville.

Un peu plus loin se trouvent les ruines de l’oratoire de Santa Maria del Suffragio datant du XXVIIIème siècle sur lesquels seront construit l’auditorium ainsi que la bibliothèque de l’école. L’oratoire qui est conçu comme une partie intégrante de l’ensemble fera le lien entre l’école et la ville vu qu’il sera utilisé par tous.

Dans le dense tissu urbain du centre-ville de Gênes, la réalisation de cette école s’apparente à un bel exploit d’intégration au site qui profite à tous.

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Le site de PFP Architekten: ici.

Les photos : © Anna Positano and Andrea Bosio.

Une école souterraine ?

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A Bolzano, l’extension de l’école technologique Hanna Arendt est une originalité à part entière. Découverte d’une construction souterraine innovante à la fois par sa forme et par son fonctionnement.

C’est en Italie, à Bolzano que les architectes de l’agence CLEAA ont accompli un travail remarquable. Il s’agit d’une extension de l’école Hanna Arendt qui se trouve entièrement sous terre.

Les neuf salles de classes et les six ateliers sont répartis autour d’un atrium central couvert de verre. D’où une abondance de lumière naturelle qui baigne l’ensemble. L’intérieur de l’édifice présente des couleurs vives comme le jaune des escaliers ainsi que le rouge ou le bleu des lettres géantes devenues mobiliers.

Vu que l’édifice se trouve sous terre, les problèmes de l’humidité et la structure se sont posés. Ainsi, avant toute construction, le béton armé a été utilisé pour stabiliser le sol. Plusieurs couches d’isolants ont été mises en œuvre pour l’isolation du bâtiment.

La ventilation a été assurée par le recyclage programmé de l’air via un système mécanique et grâce à des diffuseurs intégrés dans les placards et les plafonds.

Le contexte où devrait glisser le projet étant déjà marqué par l’existence d’un cloître historique, le choix des architectes était de proposer un édifice invisible de l’extérieur mais qui évolue vers le sous-sol. D’où la naissance d’une architecture souterraine qui établit une relation intime avec le lieu. Une innovation qui a été saluée de la part de tous…

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Le site de l’agence d’architecture CLEAA : ici.

Les photos : © Alessandra Chemollo et Giacomo Flain.