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La renaissance de la Comillas House

© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)

Dans la commune espagnole de Comillas, l’agence d’architecture GarciaGerman Arquitectos vient de terminer la réhabilitation ainsi que la reconstruction d’une maison historique aux traits sobres et lignes pures. Une réalisation aux diverses qualités.

Un charmant effet d’empilement programmatique

Le projet comprend une rénovation complète et une reconstruction partielle d’une maison datant du 19ème siècle située au centre de la ville de Comillas, dans le région espagnole du nord de la Cantabrie, non loin de Santander. Compte tenu du plan typique de la parcelle à l’origine rurale, la nouvelle distribution profite de l’organisation nouvelle, en ajustant des espaces autonomes le long de la partie de la maison, aménagée pour une utilisation intensive requise par une grande famille.

La maison possède un charmant effet d’empilement programmatique selon lequel la chambre à coucher est située entre les espaces de cuisine-salle à manger au rez-de-chaussée et l’espace situé plus haut. La séquence se termine par un salon double hauteur au dernier étage, c’est un lieu charmant et coquet qui convient aux rassemblements et aux vues très recherchées sur les montagnes de Picos de Europa d’une part et la mer cantabrique d’autre part.

La façade garde cependant sa forme ancienne, elle est restaurée selon les principes d’autrefois et fait un joli clin d’œil aux constructions environnantes. Les architectes ont accompli un travail minutieux sans oublier l’essence du lieu. L’inversion de la hiérarchie conventionnelle entre les programmes, avec le placement des parties où la famille peut se rencontrer et recevoir des amis au-dessus des chambres à coucher, compense les contraintes urbaines étroites de la maison, elle met également en scène un schéma d’organisation qui incite à une utilisation ludique de ces espaces.

Une utilisation intensive de bois naturel et de tons pastel

En contraste avec l’architecture massive aux murs de pierre, le ton général des finitions intérieures est dominé par une utilisation intensive de bois naturel et de tons pastel. Les architectes ont veillé à la minutieuse reconstitutions des rampes, de la loggia et des autres éléments d’origine. La maison initiale, presqu’en ruine, contenait un ensemble de tuiles vernissées dans sa façade qui a été transportée de la proximité du palais El Capricho, construit au XIXe siècle par Antoni Gaudí. Ces pièces ont été initialement installées en 1884 et dans la position exacte où elles ont été restaurée par l’italien Antonio Bona, le premier propriétaire de la maison qui était également le maître d’œuvre de Capricho. La récupération de ces carreaux, ainsi que la conception des nouvelles cheminées de la maison, stimule le lien et la mémoire entre les typologies ancestrales de cette architecture et l’extraordinaire épanouissement culturel de l’Art Nouveau à Comillas, constituant une caractéristique majeure du charme de cette petite commune espagnole.

© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)
© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)
© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)
© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)
© Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)

Le site de GarciaGerman Arquitectos : ici.

Les photos : © Imagen Subliminal (Miguel de Guzmán + Rocío Romero)

« Robin Hood Gardens » à l’honneur à la Biennale de Venise

A la Biennale d’architecture de Venise, cette année les surprises sont nombreuses. Il suffit de s’éloigner des chemins traditionnels pour les croiser. L’une des expositions atypiques c’est celle du musée V & A, elle dévoile une section grandeur nature du fameux « Robin Hood Gardens », le lotissement londonien brutaliste culte datant des années soixante-dix.

Moins de 50 ans après sa construction

En Italie, les visiteurs de la Biennale d’architecture de Venise peuvent contempler cette année un fragment de huit tonnes de l’un des plus célèbres lotissements de la capitale anglaise. C’est une section en béton récemment démolie qui est réassemblée sur un échafaudage pour donner aux visiteurs l’occasion de contempler cette inoubliable « rue dans le ciel ».

Olivia Horsfall Turner, co-conservatrice de l’exposition, a déclaré « C’est évidemment quelque chose de très étrange. Ce sera assez bizarre de voir ce fragment à Venise moins de 50 ans après sa construction. »

Une ruine à l’envers est la pièce maîtresse de l’exposition « Robin Hood Gardens » il s’agit d’un morceau de la façade d’un appartement de la célèbre propriété brutaliste, construite par les architectes Alison et Peter Smithson en 1974, mais qui malheureusement est en train d’être démolie. A noter qu’il s’agit du seul lotissement social conçu par ces architectes.

La démolition du fameux édifice a commencé l’année dernière, c’est pourquoi le V & A a voulu récupérer ces fragments comme il avait déjà fait avec la conservation de plusieurs fragments de bâtiments démolis comme la façade en bois de la maison de Sir Paul Pindar datant du 17ème siècle et situé à l’est de Londres.

C’est la démolition

Les différents éléments de la structure du lotissement « Robin Hood Gardens » sont maintenus en place par un système d’échafaudage complexe qui a été conçu par les ingénieurs d’Arup. Cela permet aux visiteurs de la biennale de monter sur l’un des passages surélevés considéré comme un élément clé de la conception.

« Robin Hood Gardens » était composé de deux blocs de dalles de béton disposés d’une manière à accueillir un jardin en son cœur. Les larges allées, décrites comme des « rues dans le ciel » par les architectes, avaient pour but de promouvoir la même vie de rue qui existe dans les maisons mitoyennes londoniennes traditionnelles.

A Venise, c’est l’heure de la mémoire

Malgré une longue campagne qui visait la préservation du bâtiment, les autorités ont donné l’ordre de la démolition de ce témoin architecturale brutaliste. Cette exposition a pour but d’explorer l’héritage architectural ainsi que le modèle de ce logement social tout en questionnant sur son influence sur la construction les logements sociaux du futur.

Les visiteurs peuvent également visionner un film, réalisé par l’artiste coréen Do Ho Suh, qui montre quatre appartements occupés par des résidents de longue date. « Robin Hood Gardens » : Une ruine à l’envers est l’un des moment incontournables de la Biennale d’architecture de Venise cette année. Les visiteurs peuvent voir cette exposition jusqu’au 25 novembre 2018.

Pour plus d’informations, voir : ici.

http://www.labiennale.org/en/architecture/2018/special-projects

La photo : © Victoria & Albert museum, London