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Quand noa* fait revivre un ancien monastère

© Alex Filz

Dans la commune d’Arco, située dans la province de Trente et se trouvant à la pointe nord du lac de Garde, les espaces monumentaux d’un monastère du XVIIe siècle reprennent vie grâce à l’intervntion de l’agence d’architecture noa* qui les a transformés en un hôtel unique, tout en conservant le charme de l’architecture d’époque et son atmosphère de paix et de méditation.

Un noble complexe

Dans le jardin, le spa s’inspire de certaines constructions rurales typiques, que l’on peut trouver sur les rives du lac. Restaurer la puissance majestueuse et la dimension spirituelle d’un ancien centre monastique et faire de ses éléments les plus distinctifs les principales caractéristiques d’un hôtel unique et charmant, était la mission accomplie de noa*. Ce noble complexe ainsi que son vaste jardin, sont entourés d’un haut mur d’enceinte qui date de la seconde moitié du XVIIe siècle. La moitié du bâtiment du monastère, qui abrite également l’église et le cloître, où les religieuses continuent de vivre, ont été laissés intacts et en 2020 le travail sur le projet d’hôtel a commencé en étroite collaboration avec l’Office de la Culture de Trente Patrimoine. « La majesté et la rigueur de l’architecture, les longs couloirs, les plafonds voûtés ainsi que les autres caractéristiques se combinent pour donner à ces espaces un vrai sentiment ancestral », explique Francesco Padovan, l’architecte de l’agence noa* qui a suivi le projet architectural.

Le projet noa* comportait deux phases principales : La rénovation et la transformation du monastère et de ses intérieurs en hôtel, réalisées en créant au rez-de-chaussée, des espaces communs  comme la réception, le hall, la salle de petit-déjeuner, l’espace bar et la cuisine) avec les pièces principalement réparties entre le premier étage et le grenier. L’aménagement d’un nouvel espace de bien-être au sein du jardin luxuriant comprenant 500m² de salles de relaxation, des cabines de soins,des saunas et des parcours de bien-être avec hammam. Ces interventions ont abouti à un hôtel très particulier, comme l’explique Padovan: « Un refuge qui vous fait voyager dans le temps, étroitement centré sur l’histoire et la particularités de ce lieu. Et où chaque choix de construction, chaque matière et détail, a été étudié pour puiser dans la majesté du contexte préexistant, l’exaltant et lui donnant une nouvelle vie ».

Maintenir l’architecture typique

Avec ses 40 chambres (dont 2 suites), le Monastero Arx Vivendi – le nom du nouvel hôtel – offre une hospitalité en parfaite harmonie avec l’emplacement spectaculaire. Du point de vue de la conception, l’idée sous-jacente était de maintenir l’architecture du monastère typique, en préservant la conception originale des chemins intérieurs et en prolongeant sa rigueur géométrique aux nouveaux volumes, tout en portant une grande attention au choix des matériaux et couleurs. « Une philosophie de conception qui nous a guidés et nous a aidés à maintenir la composition, la statique et la clarté visuelle qui fait d’un monastère un endroit si spécial », souligne Padovan. Et ce n’est pas tout. Le paysage agricole environnant a également joué un rôle important, inspirant l’architecture des constructions en verre clair qui abritent l’espace bien-être et créent une relation symbiotique entre l’histoire et la terre.

Entièrement clos par un mur d’enceinte de 7 mètres de haut dont l’aspect d’origine a été préservé, l’intérieur le monastère est réparti sur trois niveaux. « C’est un peu surprenant de découvrir que les espaces de chaque étage sont structurés de manières très différentes », observe Padovan. « Les espaces concentriques du sol le sol contraste avec le majestueux couloir du premier et puis il y a la masse des poutres en bois dans le grenier. Nous avons porté une grande attention à cette variété d’environnements, développer des solutions qui n’altèrent pas les différentes conceptions mais qui renforcent leur charme et leur originalité». Ainsi, l’aménagement des espaces communs du rez-de-chaussée a mis l’accent sur le plan existant du monastère. Situé le long de l’axe central, se trouve la réception, la salle de petit-déjeuner et une salle de lecture/salon, le tout agrémenté de beaux plafonds voûtés d’ogives et entourés par un long couloir continu. Le bar et la cuisine sont également situés au rez-de-chaussée. Une suite avec un jardin privatif a également été créée à ce niveau. Le décor change au premier étage où le majestueux couloir central est bordé de poutres de plafond qui s’étendent sur une longueur impressionnante de près de 50 mètres. Ici les anciennes « cellules » monastiques, alignées sur les côtés, ont été jointes deux par deux pour créer de plus grandes chambres (de 22 à 30 m²). De cette façon, dans chaque pièce, une « cellule » constitue la chambre, tandis que l’autre accueille la salle de bain. Les vieilles portes, en bois clair, sont toutes conservés du côté extérieur, le long du couloir, pour maintenir le spectacle saisissant des entrées qui parsemaient le long couloir. Le premier étage offre également une suite qui a été développé à partir de la partie du bâtiment qui abritait à l’origine les salles d’eau et les salles de bains. Le deuxième étage n’est pas moins frappant. Un grand loft surmonté de fermes accrocheuses, accueillant deux rangées de pièces qui s’ouvrent sur un long couloir central. La restauration des fermes en bois rendent hommage à leur fonction d’origine. Au point le plus élevé du toit, une lucarne court tout le long du plafond, éclairant non seulement le couloir mais aussi les chambres grâce aux faîtières.

Respecter l’architecture existante

Nouvellement développé dans le jardin du monastère, le spa se compose de sept verres clairs et de volumes en métal positionnés le long d’une colonne vertébrale en pierre. Les cours intérieures créent un motif évocateur de volumes avancés et en retrait. « Lors de la conception de cette zone, notre objectif était de créer un dialogue plus étroit avec l’environnement paysagé agricole qu’avec le monastère, un peu trop « puissant » en terme architectural », explique Padovan. « Pour ce faire, nous avons utilisé des éléments très simples avec une forte clarté structurelle. La charpente métallique légère, organisée en piliers et poutres, est inspirée par les maisons rurales caractéristiques du lac de Garde ». La colonne vertébrale de liaison – composée d’une série de piliers recouverts de pierre de Vicence, dont les couleurs rappellent les structures préexistantes, et une architrave horizontale en préfabriquée et béton sablé – fait écho au mur en pierre du canal surélevé qui court le long du côté oriental du couvent. L’espace bien-être comprend un espace de détente avec transats, un espace de soins et un deuxième espace de détente face au « lac naturel » qui est un bassin d’eau naturelle aux reflets bleu foncé. Vient ensuite un troisième espace de détente en galerie ouverte dans les cours verdoyantes, puis les saunas (dont un sauna finlandais) et un type particulier de hammam ou cours de bien-être qui tourne autour d’une grosse pierre noire chauffée.

« Le projet de conception a été guidé par notre respect total de l’architecture existante. Le design a été adapté aux espaces monastiques austères avec des solutions, sans compromis sur le confort, la fonctionnalité et l’esthétique contemporain », explique l’architecte d’intérieur Niccolò Panzani de noa*, qui a supervisé le projet de décoration d’intérieur. Les plafonds et décorations d’origine des espaces communs du rez-de-chaussée ont été conservés et restaurés. Les teintes dominantes sont le blanc, le gris et le noir, il s’agit des couleurs historiques du monastère. Les sols en béton, sont construits sur ceux d’origine, à l’exception du couloir de l’étage qui mène de l’entrée principale au jardin intérieur et qui maintient son revêtement en terre cuite d’origine après avoir été soigneusement restaurés. Après restauration et consolidation des travaux, les murs et les voûtes ont été traités pour créer un enduit ondulé qui donne un effet antique.

Textures et matières

La réception se distingue par son grand bureau en pierre, recouvert de granit et éclairé par une « pluie » de lampes suspendues et minimalistes. Autour de la réception se trouvent des chaises en fer forgé. Tout aussi sobre et agencée avec goût, la grande salle de petit-déjeuner, dominée par une longue table centrale qui rappelle l’ancienne réfectoire, comporte de plus petites tables positionnées le long les murs. Dans l’espace bar et la salle des buffets, un puits restauré et une cheminée ont été adaptés en îlots buffet. Au premier étage le majestueux couloir central, dont le sol en terre cuite a été refait sur la base du sol existant, a été délibérément laissé libre de mobilier. La totalité des chambres partagent une conception très rigoureuse, également en termes de choix de matériaux : les sols en chêne rabotés à la main pour la chambre et des carrelages d’aspect naturel pour la salle de bain. Le noir a été choisi pour les meubles, dont celui de la salle de bain. Tout est conçu sur mesure, y compris les lits à baldaquin en métal avec du chêne noir. Les chambres du loft adoptent le même style, mais avec quelques concessions supplémentaires à la modernité comportant des couleurs plus douces, des lits capitonnés pour le confort acoustique et des lampes en céramique. Dans l’espace bien-être, le choix des matériaux et de la décoration cherche à mettre en valeur la chaleur et atmosphère apaisante des chambres, caractérisée par les tons chauds du chêne blanchi, des textiles effet lin et du coton. A l’intérieur du spa, tout est conçu pour générer un sentiment de calme et de détente – des panneaux de bois fraisés qui font écho à la grenade au design stylisée, symbole du monastère, aux lits suspendus comme des balançoires et aux bancs du sauna naturel, qui incitent à la méditation et rappellent une salle de prière.

Une fois de plus, l’architecture de l’agence noa* est perceptible et fait, comme son habitude, la différence. A commencer par le mobilier strictement artisanal et le naturel des matériaux choisis, comme la pierre et le bois. « Notre attention aux détails et nos conceptions personnalisées nous permettent de créer des créations uniques, exclusives, des projets ad hoc pour nos clients qui ne sont jamais répétitifs », souligne Niccolò Panzani. « Mais ici, la situation exceptionnelle a aussi contribué à façonner nos choix et restaurer ce sentiment de paix et de tranquillité que le monastère a sauvegardé pour des siècles »

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Andrea Dal Negro

Le site de l’agence noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz

 Les photos par drone : © Andrea Dal Negro

Au Texas, la renaissance d’un domaine historique

© ChaseDaniel

Il s’agit du Domaine Commodore Perry situé à Austin au Texas. C’est une propriété de 10 acres qui était à l’origine la maison d’Edgar et Lutie Perry et qui était réalisé par l’architecte Henry Bowers Thompson entre 1917 et 1928 considéré dès lors une oasis au milieu de la ville. Aujourd’hui, le remaniement a été réalisé par la collaboration étroite des architectes Clayton Korte et Moule & Polyzoides, l’architecte d’intérieur Ken Fulk Inc. et le paysagiste Ten Eyck Landscape Architects.

Réinventer à travers l’interprétation moderne de son passé

Inspiré par les nombreux voyages européens des propriétaires, une série de jardins à la française et un grand manoir à l’italienne ainsi qu’une remise ont été construits le long de Waller Creek. Un mur de pierre entourant l’ensemble. Le manoir néo-Renaissance italienne de 10800 pieds carrés est entouré de terrasses, de parterres et de fontaines, il est inscrit au registre national des lieux historiques. À l’intérieur, des moulures en bois et en plâtre finement sculptés, des ferronneries travaillées à la main et des détails en pierre calcaire se combinent avec des carreaux de style mexicain pour un effet globalement harmonieux où règne ornement et opulence.

Perry a vendu le domaine en 1944, déclarant que le manoir était, « Un endroit idéal pour organiser une fête, mais trop grand pour vivre. » Les propriétaires actuels se sont associés à l’Auberge Resorts pour transformer l’ensemble en réinventant la propriété à travers une interprétation moderne de son passé résidentiel. Ainsi l’élégance européenne décontractée du domaine se croise avec la véritable hospitalité gracieuse du Texas.

La refonte, qui croise astucieusement rénovation et nouvelle construction, est le résultat de la collaboration étroite entre les architectes Clayton Korte et Moule & Polyzoides, l’architecte d’intérieur Ken Fulk Inc. et Ten Eyck Landscape Architects. En effet, l’équipe de conception a rendu les éléments historiques de la propriété à leur ancienne apogée et a construit un nouveau restaurant pour servir de toile de fond aux magnifiques jardins historiques, réunissant tous les éléments nécessaires pour un nouveau complexe de destination et un club privé, The Commodore Perry Estate.

Les clients et les membres sont accueillis à l’entrée du manoir. En tant que pièce maîtresse de la propriété, ce bâtiment communique instantanément une atmosphère résidentielle, comme si vous arriviez dans la demeure seigneuriale d’un vieil ami de la famille. Travaillant en étroite collaboration avec la commission des monuments historiques, Clayton Korte a dirigé les efforts visant à préserver l’importance historique du manoir de 10 542 pieds carrés grâce à des interventions modernes qui le rendent pertinent et attrayant. Des systèmes de construction mis à jour ont accompagné la rénovation. Ainsi, chaque espace a été meublé avec un mélange de pièces vintage personnalisées mais aussi anciennes pour procurer une atmosphère particulière en constante progression au fils du temps.

Profiter d’une multitude de privilèges

L’entrée présente l’escalier en fer forgé incurvé d’origine avec une nouvelle fresque au plafond peinte à la main. Le deuxième étage du manoir est réservé exclusivement aux clients de l’hôtel, qui bénéficieront du statut de membre résident pendant leur séjour. Les cinq chambres de la résidence d’origine du Perry ont été transformées en suites d’hôtel. La suite d’Edgar Perry, avec ses jeux de motifs inspirés du safari, reflète l’amour du voyage dans le monde et la culture, tandis que la suite de Lutie Perry présente un peu plus de douceur dans une palette de velours rose, de fausse fourrure et de tapis léopard en sourdine. Les salles de bains privatives redessinées sont revêtues de carreaux de céramique inspirés des salles de bains d’époque.

L’entrée mène au hall principal avec une loggia, une terrasse et les jardins qui servent collectivement de hall et d’espace de rassemblement. Les autres pièces du rez-de-chaussée du manoir fonctionnent comme elles l’auraient fait historiquement. Le salon est meublé avec un nouveau bar de service et de profonds canapés Chesterfield pour se réunir au coin du feu. La bibliothèque ovale bordée de livres est organisée pour la lecture ou une conversation tranquille avec des chaises rembourrées et une table de jeu. Le solarium ensoleillé, avec ses sols carrelés d’origine a repris vie. La salle à manger et la salle de petit-déjeuner sont dédiées aux expériences culinaires informelles tout au long de la journée. Avec un large éventail d’options de salons intérieurs et extérieurs, y compris la loggia et la terrasse, les membres et les membres résidents peuvent profiter d’une multitude de privilèges.  

En face du manoir, à côté de la remise d’origine se trouve une auberge de trois étages nouvellement construite avec des chambres et des suites avec terrasse entourant une cour centrale. Le nouvel édifice, conçu par Moule & Polyzoides, présente une élégante colonnade parfaitement adaptée à l’histoire du lieu. À l’intérieur des chambres, le design de Fulk offre une expérience hôtelière à part entière. Des éléments de menuiserie personnalisés, des arcades en plâtre arrondies, des meubles basés sur des antiquités italiennes et néo-espagnoles mais aussi des salles de bains carrelées dans un motif classique en étoile et en croix ont tous été choisis pour inspirer les visiteurs. Dans tout l’hôtel, une collection de tapis vintage et d’œuvres d’art encadrées ont été soigneusement sélectionnées par l’équipe de conception.

Le niveau inférieur de l’auberge, marqué par un couloir revêtu de boiseries brillantes de couleur curry, offre une chambre et deux grandes suites, toutes menant à une terrasse privée et une pelouse bien entretenue. De même, une suite dispose d’un coin repas tandis que l’autre dispose d’un salon bibliothèque entièrement organisé. Meublé avec un mélange éclectique de pièces italiennes du milieu du siècle et espagnoles des années 1920, tout le niveau inférieur a été conçu pour le divertissement. L’ historique Carriage House de deux étages a été rénové et transformé en une installation polyvalente, comprenant un centre sportif au rez-de-chaussée et des bureaux au deuxième étage.

Un véritable sentiment d’appartenance

Les esplanades du domaine, conçus par Ten Eyck Landscape Architects, y compris l’ancienne piscine, ont été transformés et activés grâce à l’ajout de jardins agricoles, complétés par un réseau de sentiers, de nouveaux jardins rénovés, des cours, d’espaces de restauration extérieurs de Waller Creek qui traversent la propriété. Croisant l’historique et le moderne, le bucolique et l’urbain, l’ensemble sert de retraite gracieuse dans la ville. Le restaurant du domaine, Lutie’s, annonce son hospitalité à l’ancienne dans un jardin raffiné. Conçue par Clayton Korte, la nouvelle structure offre aux clients des vues sur les jardins historiques.

« Conçu pour ne pas attirer l’attention sur lui-même et finalement être entièrement recouvert de lierre, le restaurant se veut une toile de fond pour le jardin et les événements qui s’y déroulent », déclare Paul Clayton, l’associé fondateur de Clayton Korte. Ken Fulk a ajouté un motif floral sophistiqué à l’intérieur. Pour créer un véritable sentiment d’appartenance, le plafond en treillis est suspendu avec des plantes tandis que le mur d’enceinte en pierre d’origine du domaine apparaît au-dessus de la banquette festonnée. A Austin, l’ancienne demeure métamorphosée vient de retrouver une nouvelle vie.

© Chase Daniel
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© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman

Le site de Clayton Korte : ici.

Instagram: @clayton_korte @kenfulk @teneyckla @moulepolyzoides @thecommodoreperryestate @douglasfriedman @thevuvobandit

Les photos : © Douglas Friedman et Chase Daniel.

Architecture: Clayton Korte ; Architecture: Moule & Polyzoides ; Architecture d’intérieur: Ken Fulk ; Maîtrise d’oeuvre: Rogers O’Brien ; Paysagiste: Ten Eyck Landscape Architects; Ingénieur civil: Big Red Dog ; Ingénieur MEP: Integral Group ; Ingénieur structure: Architectural Engineers Collaborative ; Irrigation: SRI & Associates ; Eclairage: Lindsley Lighting ; Les dessins des cuisines: Melbil, Inc.

Au Portugal, la Casa Rio, un doux mélange de sobriété et d’élégance

© Ivo Tavares Studio

A la fois simple, sobre et esthétique, la Casa Rio croise adroitement l’ancien et le nouveau. Réalisée au Portugal, à Gondomar par l’agence Paulo Merlini architects (Paulo Merlini et André Santos Silva), la conception puise dans l’histoire de la région et propose une nouvelle écriture qui s’avère être un condensé de bonne procédés.

Trois volumes distints

Le projet résulte de la rénovation d’une ancienne ferme située dans une ville très rurale. Les architectes nous racontent qu’en démontant les divers éléments de l’ancienne façade, ils ont découvert que la maison était en fait composée de trois petites maisonnées construites selon les diverses exigences de l’ancien propriétaire. Ces trois volumes distincts étaient donc la clé de la création du nouveau projet.

Les architectes, en maintenant la structure du volumes d’origine et en laissant telle quelle l’ancienne forme, ont unifié l’ensemble à travers une grande dalle perforée d’un patio central. Ce dernier, très lumineux, est censé amener la lumière naturelle dans tout l’espace collectif situé au sol sol. Un toit de jardin arrangé sur cette dalle centrale offre un nouveau jardin intime à toutes les pièces et espaces privés de la maison, un geste intelligent qui rend l’ensemble plus accueillant.

Les détails à l’honneur

Concernant la matérialité du projet, les architectes soulignent que leur intention était de « créer un contraste fort entre les deux étages ». Ainsi, tandis qu’au rez-de-chaussée est mise en application une matérialité plus grossière, dénonçant la tectonique de la construction et transmettant la sensation de vivre à l’intérieur d’une masse de granit excavée, avec une très forte relation avec l’espace extérieur, à l’étage supérieur, la géométrie des trois volumes originaux des maisons est mise est accentuée par une couleur immaculée qui attire la lumière. Au même étage, les volets en bois, la couleur blanche des murs et les parquets recréent l’ambiance d’une maison de campagne portugaise typique.

Par ailleurs, nous pouvons constater qu’une attention particulière a été octroyée aux divers détails intérieurs qui font de la réalisation un précieux bijou puisant sa force dans l’histoire et s’orientant vers le futur. La Casa Rio de Paulo Merlini architects concentre bien des qualités qu’il faut découvrir sans tarder !

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
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Le site de Paulo Merlini architects : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

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A Porto, Paula Santos Arquitectura réalise un projet aux lignes pures

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, à Porto, l’agence Paula Santos Arquitectura vient de terminer la réalisation d’un immeuble résidentiel qui se caractérise par ses lignes pures et ses formes simples. Textures et matières se croisent pour un résultat enchanteur.

Repenser l’ensemble

L’architecte nous raconte que le but du projet était de reconstruire et d’agrandir un immeuble résidentiel donnant sur l’une des rues les plus emblématiques de Porto, la rue Miguel Bombarda, où sont situées plusieurs galeries d’art de renommées mondiales. L’intervention a donc consisté à repenser l’ensemble en lui apportant un souffle neuf ainsi qu’une nouvelle vie.

Le bâtiment existant, qui présentait déjà des signes de dégradation, était, selon l’architecte, tombé, depuis un moment, en désuétude. Cependant, la profondeur du terrain a permis, en plus d’une réhabilitation lourde, la conception d’un jardin et le rajout d’un autre bâtiment autonome. Un programme conséquent qui profite de l’intégralité de la parcelle.

Le nouveau projet a très peu utilisé la structure existante qui était dans un état critique, à l’exception du mur de la façade principale et des travées respectives, dont les dimensions ont été préservées. Le balcon en granit, témoin d’époque, a également été entretenu même chose concernant la brique pleine qui couvre le rez-de-chaussée. Cet espace remanié représente l’une des principales caractéristiques de la façade.

Un large couloir latéral donne accès à l’entrée du bâtiment, où l’ont trouve l’escalier et l’ascenseur, cette organisation permet ainsi d’assurer le passage, de l’intérieur du bloc, vers le jardin. Ce dernier étant disproportionné par rapport à la rue. Les accès verticaux sont éclairés par une lucarne. À l’intérieur du terrain, donnant sur les jardins des voisins, la façade arrière a été conçue avec un solide bardage en brique qui couvre toute sa base.

Le béton est le matériau prédominant

La construction autonome qui a été ajoutée en tant qu’extension, a également été conçue avec le même bardage en brique placé horizontalement et verticalement. Au premier et dernier étage, des appartements duplex contenant deux chambres chacune ont été conçues alors qu’ailleurs les appartements comportent une chambre à coucher chacune. À l’intérieur de chaque unité, le béton est le matériau prédominant ainsi que dans tous les espaces communs.

Les architectes ont opté pour le béton brut qui donne un certain charme à l’ensemble, la brique ajoutée pour couvrir la nouvelle extension vient se marier avec les espaces brutalistes et épurées en formant un dialogue atypique de textures et de matières. Les intérieurs sont généreux, lumineux et sobres. Pas de couleurs chatoyantes mais une palette raisonnée qui se croise subtilement avec le béton. L’ensemble est simple, frugal et enchanteur. Paula Santos Arquitectura a entrepris un travail minutieux qui a donné un résultat séduisant.

© Ivo Tavares Studio
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Le site de Paula Santos Arquitectura : ici.

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La Casa Kutz, une réalisation aux lignes épurées

© Tamara Uribe

La Casa Kutz est un projet familial situé au sein du Yucatán Country Club à Mérida, dans le Yucatán au Mexique. Réalisée par CPDA Arquitectos (dirigé par Juan Pablo Cepeda), l’ensemble aux lignes épurées affiche une fière allure.

Un espace pratique

Conçu, pour fonctionner comme une maison de vacances et une résidence secondaire pour le propriétaire et sa famille élargie, le concept était de créer un espace pratique nécessitant peu d’entretien, où les espaces privés et sociaux pouvaient être séparés et utilisés de manière isolée.

Sur un terrain de 1200 m² de forme trapézoïdale, avec deux façades donnant sur la rue, le projet dispose de 800 m² de construction. Cette dernière, étant situé dans une ville au climat extrême, tous les détails concernant le soleil ont été pris en charge, cherchant toujours à se protéger de l’ouest et à disposer d’ouvertures dans la volumétrie en fonction de la trajectoire solaire dans le but de ventilation; à travers des terrasses et des cours intérieures qui favorisent la circulation naturelle de l’air et des ombres rafraîchissantes.

La réalisation est constituée de trois volumes dirigés vers le nord où les espaces intérieurs requis par les utilisateurs ont été configurés en fonction de la relation entre eux et de leur degré de confidentialité. Dans le volume nord-est, au rez-de-chaussée, se trouve la chambre principale tandis que les deux des chambres secondaires sont au dernier étage. La cuisine et les aires de service sont placés côté sud-ouest dans le volume se trouvent au rez-de-chaussée et les deux chambres sont situées à l’étage. Les deux entités sont reliées à l’extérieur par une poutre en béton armé qui donne une belle ombre à la terrasse et à la piscine.

Des matériaux naturels

Le volume central, d’une hauteur de 8 mètres, concentre les espaces sociaux, le salon, la salle à manger et le bar, c’est le cœur de la maison. « Nous cherchons l’intégration avec l’extérieur à travers ce volume. Il s’ouvrait vers la terrasse et comportait une lucarne pour faciliter la circulation de l’air et créer un effet de cheminée. » Souligne Juan Pablo Cepeda qui a été épaulé pour cette mission par Patricia Juarez et Eloisa Queijeiro.

Les matériaux utilisés sur toute la façade sont constitués de doubles murs de blocs de béton avec une finition Chukum, un matériau naturel qui se trouve principalement dans la péninsule du Yucatan, connu pour sa durabilité élevée et son entretien minimum. De même, les espaces intérieurs de bloc de béton sont en finition Chukum.

A l’intérieur, nous pouvons trouver le marbre travertin qui couvre les sols ainsi que la porcelaine pour les extérieurs. Toute la menuiserie est en bois de tzalam traité pour une plus grande durabilité.

La forme extérieure reflète certains espaces intérieurs, tandis que l’intérieur et l’extérieur se croisent astucieusement. Ainsi, la maison, la terrasse avec la piscine et le jardin forment un ensemble cohérent qui croise sobriété et élégance.

© Tamara Uribe
© Tamara Uribe
© Tamara Uribe
© Tamara Uribe

Le site de CPDA Arquitectos: ici.

Les photos : © Tamara Uribe

Comme un glaçon posé au bord de la rue…

© Koji Fuji / Nacasa & Partners Inc

La maison réalisée par l’agence d’architecture japonaise Hiroshi Nakamura & NAP est située dans le centre-ville d’Hiroshima. Un environnement atypique où des immeubles avoisinent les maisons tout en donnant sur une rue animée où se trouve même un tram. Comment faire pour avoir un peu de calme et de tranquillité était le défi principal des architectes.

Une solution subtile

En réponse à ce défi, une solution subtile a été donc élaborée selon laquelle la façade principale en verre optique donnant sur la rue cache un généreux jardin. Ce dernier est visible de toutes les pièces qui jouissent d’un paysage serein et silencieux à l’abri de la circulation des voitures ainsi que des tramways. Une astuce qui garde l’intimité des utilisateurs des lieux tout en leur procurant un environnement vert en plein centre-ville. Bien que située dans la ville, la maison permet également aux résidents de profiter, selon les architectes, de la lumière changeante et des humeurs de la ville au fur et à mesure que la journée passe et au rythme des saisons changeantes.

Le verre optique

Cependant, la curiosité de cette résidence se trouve dans sa façade principale. En effet, cette dernière est composée de 6 000 blocs de verre pur (50 mm x 235 mm x 50 mm) qui, avec leur grande superficie permettent d’éliminer le plus possible le son tout en créant un espace ouvert qui forme un grand jardin. Pour réaliser une telle façade, on a dû produire un verre d’une transparence extrêmement élevée à partir de borosilicate, la matière première de la composition du verre optique. Le processus est extrêmement difficile, car il nécessite à la fois un refroidissement lent qui élimine les contraintes résiduelles à l’intérieur du verre et une précision élevée. Les dimensions des blocs de verre ont été choisis pour que la façade reste autonome. Cependant, une telle structure est malgré tout, vulnérable aux contraintes latérales, c’est pourquoi, les architectes ont utilisé des barres plates en acier inoxydable pour renforcer l’ensemble.

Vue de la rue, la façade semble transparente mais vue de l’intérieur, l’ensemble ressemble à une chute d’eau. Un tableau abstrait qui diffuse la lumière tout en cachant intelligemment ce qui est derrière. Comme un glaçon posé au bord de la rue, la maison Hiroshi Nakamura & NAP cache bien des surprises.

© Koji Fuji / Nacasa & Partners Inc
© Koji Fuji / Nacasa & Partners Inc

© Koji Fuji / Nacasa & Partners Inc
© Koji Fuji / Nacasa & Partners Inc

© Koji Fuji / Nacasa & Partners Inc
© Koji Fuji / Nacasa & Partners Inc

Le site de Hiroshi Nakamura & NAP : ici.

Les photos : © Koji Fuji / Nacasa & Partners Inc