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Et si l’architecture jouait l’effacement ?

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Les architectes de l’agence STPMJ ont participé à un concours annuel, organisé par l’Architectural League de New York, en présentant un projet original qui met en application l’effacement en architecture. Une grange complètement enveloppée de miroirs a gagné ainsi l’aval du jury. Découverte d’une construction qui brouille les limites de la perception.

C’est une œuvre architecturale qui joue parfaitement l’effacement vis-à-vis de la nature qui a été réalisée par l’agence d’architecture américaine STPMJ lors des « Folly 2014 » pour le Socrates Park à New-York. Baptisée « Invisible grange », le projet est une conception qui perd la présence architecturale et ajoute une nouvelle expérience pour les utilisateurs. Placée au cœur d’une palmeraie, la construction qui se trouve à mi-chemin entre sculpture et architecture donne une illusion visuelle qui brouille les frontières avec le site où elle se trouve.

Adoptant une forme parallélépipédique, la « folie » présente quelques ouvertures biseautées de différentes tailles qui indiquent l’emplacement des fenêtres. Et comme le reste du volume est enveloppé par un film de miroir, les visiteurs auront l’impression que les ouvertures qui forment la seule différence entre le monde réel et le paysage reflété, flottent dans l’air.

Composée de poteaux en bois montés sur une base en béton, la structure est simple et la méthode de construction est facile. Les murs sont préfabriqués, les planchers et les cadres d’ouvertures sont en bois, l’assemblage se fait directement sur place.

« Invisible grange » est une « folie » qui utilise à la fois la matérialité et le contexte du site pour créer une nouvelle scène dérivée du paysage environnant.

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Le site des architectes de stpmj : ici.

es images : © STPMJ

A Londres, le « Peace Pavilion » suscite la curiosité

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Organisé par ArchTriumph, le premier prix du concours du pavillon d’été a été décerné aux architectes parisiens Grégoire Zündel et Irina Cristea pour leur projet « Peace Pavilion ». Une conception qui incite, via le thème de la paix, à porter un regard différent sur la ville et les espaces publiques qui s’y trouvent.

C’est l’idée imaginée par l’atelier Zündel Cristea qui a été choisie parmi des centaines de projets soumis au jury du Triumph Pavilion. Baptisée « Peace Pavilion », la structure gonflable espère mettre en évidence l’importance de la paix dans le monde et créer un lieu de vie autour d’un pôle créatif.

Ainsi, une structure pneumatique autoportante de 4 mètres de haut s’est vue érigée au Bethnal Green Gardens au sein de la capitale britannique. Pour un volume d’air de 47 m3, un poids  de 141,6 kg avec 30 kg de couverture, la membrane qui présente une surface au sol de 62 m² a été montée dans les plus brefs délais.

Le pavillon est réalisé entièrement avec des matériaux légers. Plastiquement attrayant sa géométrie équilibrée et symétrique ainsi que sa couleur renforcent le sentiment de sérénité qui s’en dégage. Le visiteur perd toute notion d’intérieur et d’extérieur et part à la découverte d’un lieu unique qui éveille sa curiosité.

Il ne reste qu’une semaine pour pouvoir contempler et même profiter de cette originale installation qui nous invite à une découverte ludique capable d’interroger sans cesse la relation entre les habitants de la ville et les espaces qui les entourent…

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A découvrir les autres photos du pavillon dans l’album ci-contre:

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Le site des architectes Zündel Cristea: ici.

Les photos : © Sergio Grazia.

A lire également à ce sujet, l’article du Moniteur: ici.

Mode(s) de vi(ll)es

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La ville et son urbanisme nourrissent depuis toujours maints idées et concepts plus ou moins déterminants que les architectes aiment à (ré)explorer sans cesse. 2:pm : Architectures et Dauphins Architecture sont deux agences françaises d’architecture qui tentent, suite à deux expériences concluantes, de développer leur propre théorie de la ville.

Suisse | Urbanisme | Aménagement du territoire

Comment penser la ville ? C’est la question que les architectes des agences 2:pm et Dauphins, associées en l’occurrence, se sont posé lors de la conception de leurs projets urbains concernant les villes d’Aigle et de Neuchâtel, en Suisse.

Les réponses ont été élaborées, pour Aigle, dans le cadre d’une participation au concours Europan 11 qui leur a valu le deuxième prix ; les secondes concernent l’étude effectuée à l’occasion d’un concours international intitulé ‘Neuchâtel 2020’ dont ils sont lauréats en avril 2012.

Ces deux agences proposent une intéressante vision de comment «faire la ville», basée sur des expérimentations qui se traduisent par des interventions sur la ville d’autrefois.

Ces architectes estiment que le grand geste urbain, qui est celui de nombreuses villes touristiques, doit s’estomper devant d’autres exigences.

De fait, leur réflexion est orientée principalement sur l’existant. Le développement de «la ville sur la ville» se réalise, selon eux, via des greffes et des interventions à petite ou moyenne échelles. Ces différentes interventions mènent, selon leurs auteurs, à un urbanisme ‘impressionniste’. D’où l’intitulé du projet pour Neuchâtel, appelé ‘Aménités’.

Précisément, 2:pm et Dauphins conçoivent la ville tel un lieu unique qui génère un lien fort entre tous ses habitants.

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La notion de ‘climats’, empruntée à Djamel Klouche, guide leurs propos ; la ville devient la scène où coexistent de nombreux ‘microclimats’ dont l’harmonisation est à la charge de l’urbaniste.

Ainsi, les cités ne sont plus une succession d’infrastructures, de bâtiments et de places publiques sans âme mais elles deviennent le reflet des habitudes quotidiennes.

Parmi les interrogations soulevées, les architectes évoquent les «souvenirs d’une ville». Que retient-on de la visite d’une ville ? D’en conclure que, hormis quelques souvenirs dignes de cartes postales, les références personnelles priment dans la plupart des cas.

De l’étude minutieuse de chaque parcelle de la ville découle un travail titanesque de relevés et de synthèses qui conduit 2:pm et Dauphins vers d’originales solutions.

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Par exemple, eu égard à la mobilité, ‘Aménités’ – le projet de Neuchâtel – ne propose pas de repenser les plans de circulation de l’ensemble de la ville mais d’intervenir sur quelques voies en y introduisant des améliorations.

Avec un traitement de sol unifiant l’ensemble du centre-ville, qui devient piétonnier à l’occasion, la forme urbaine est rendue plus lisible. A l’opposé des écoquartiers qui misent sur la disparition totale de la voiture, ‘Aménités’ reconsidère sa place en centre-ville grâce à des parking-silos empilant les voitures à la verticale dans des volumes couverts de panneaux photovoltaïques.

L’auto-partage est favorisé et des lignes de bus sont rallongées pour irriguer l’ensemble de l’agglomération. Des pistes cyclables, ponctuées de parcs à vélos, prennent la place de quelques rues. Au besoin, des lignes de funiculaires sont ajoutées pour maintenir les échanges entre les différents niveaux de la ville escarpée.

De même, la mise en place de programmes variés (logements, écoles, commerces, équipements de loisirs) permet de revigorer la potentialité d’un lieu ignoré.

Sans oublier la présence, à proximité de la ville, de la forêt qu’il fallait à tout prix préserver. Une implantation a minima est consacrée à cette dernière et le plan d’occupation des sols a été redéfini. Ainsi, le patrimoine naturel est mis en valeur et l’étalement urbain maîtrisé.

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Expliquant leur démarche, les architectes parlent d’«acupuncture», d’«acte chirurgical» ou bien encore de «micro opération».

Chirurgiens de la ville, 2:pm et Dauphins y injectent des équipements opérant une mutation douce. Pas d’architecture décontextualisée ; l’enjeu est d’investir la ville en ses moindres interstices.

Et l’écologie dans tout ça ? En construisant «la ville sur la ville» et en exploitant au mieux le «tiers métropole» – en référence au tiers paysage de Gilles Clément* -, les architectes se positionnent de fait dans une telle démarche.

En rupture avec grands travaux et autres projets pharaoniques, le projet ‘Aménités’ met en relation les altérités et aménités qui composent son identité et illustre un nouveau ‘mode de ville’.

A l’opposé de la ‘ville générique’ d’un Rem Koolhaas, 2:pm et Dauphins proposent de compléter la ville.

Autres échelles, autres moeurs. A chacun son école de pensée.

Sipane Hoh

* Le Tiers paysage est un concept créé par le paysagiste français Gilles Clément afin de désigner les espaces qui présentent une richesse naturelle mais négligés ou inexploités par l’homme.

En images | Les ‘Aménités’ à échelle humaine de deux villes suisses

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NB: Cet article a été publié sur Le Courrier de l’Architecte en première publication

Polémique autour du parc Lescure ?


Le jury de l’appel à idées pour le projet du Parc Lescure de Bordeaux était présidé par Eduardo Souto de Moura. Le 7 mars 2013, nous connaissions les noms des cinq lauréats.  Le concept même du concours était de laisser libre à l’imagination des participants en étudiant à la fois les projets réalisables ainsi que certaines conceptions considérées comme utopiques.
Le journal Sud Ouest présente les lauréats et va plus loin en se posant la question : « Le vieux stade Chaban-Delmas n’inspirait-il pas trop les architectes ? ». Dans le même texte, nous pouvons également lire: « rien de vraiment bluffant » concernant toujours les diverses propositions.
Pourtant 88 dossiers ont été remis au jury…
L’un des nombreux dossiers participants était celui de 2 :pm architecture, en partenariat avec Dauphins architecture et Atelier Physalis. Le projet  refuse toute table rase du stade présenté comme un équipement emblématique faisant partie du patrimoine des bordelais. Les architectes expliquent leur choix en donnant des exemples concrets et convaincants comme les arènes de Nîmes qui n’ont jamais cessé leur mutation au fil du temps.
Une intéressante approche qui consiste à garder l’intégralité de la structure et met en avant l’idée de la réutilisation en architecture. Et c’est à découvrir : ici.

« Evolo 2013 »


Le prix « Evolo » a été crée en 2006 pour promouvoir les différentes nouveautés à travers l’architecture verticale. Depuis, nous assistons chaque année à l’émergence d’un panel de projets innovants alliant verticalité et dernières innovations. Venus du monde entier, les participants se surpassent pour mettre en avant des programmes variés aussi bien sur le plan architectural que technologique.
En 2013, le jury a opté pour trois gagnants et 24 mentions. On remarque la présence de plusieurs français dans le lot. Néanmoins, le premier prix est pour Derek Pirozzi et son projet « Polar Umbrella ». Nous sommes loin des gratte-ciel traditionnels autant sur la forme que sur le fond. Ici, la structure prend des airs de parapluie. A la fois dynamique et écologique, l’ensemble se révèle être un condensé qui rassemble les dernières technologies de pointe. Utopie ? Non, réalisable avec ses moindres détails, ce colosse a le mérite de bousculer notre imagination et ressortir une fois pour toutes, la création architecturale de ses mesures…
Les autres prix et mentions se trouvent : ici.

« Emblème Rise Up Sand à Dubaï »


Il reste l’un des plus grands concours d’architecture jamais organisé. Il s’agit de la création d’une structure qui devient le symbole de la ville. En lice, 4000 architectes un nombre phénoménal pour un seul gagnant. Un projet qui est jusque-là resté bien virtuel vu qu’aucune réalisation n’a suivi depuis l’annonce des prix.
« Emblème Rise Up Sand à Dubaï » est donc l’un des projets français qui a participé à ce concours largement diffusé. Conçu et imaginé en collaboration par les architectes de l’agence BEVA (Laura Bartoloni et Julien Ventalon) et Alexandre Plantady, cette conception prend la forme de la concrétisation d’une tempête de sable émergeant des dunes. Alors que le sommet de la tour accueille un belvédère, la base se trouve sous une canopée où l’ombre et la lumière se croisent. Le sable crée un lien fort avec l’historique du lieu et la forme de la base fragmentée suite à l’enveloppe balayée par la tempête n’est qu’une explication qui matérialise le concept.
Ce n’est finalement qu’une idée parmi d’autres qui mérite d’être citée…
Les images : © BEVA & Alexandre Plantady