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Et si on parlait architecture aux enfants?

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Qui n’aimerait donner un peu de « culture architecturale » à son enfant ? A l’instar des activités culturelles ou sportives, de plus en plus de personnes cherchent des structures pour inculquer une certaine connaissance architecturale à leur progéniture. Comme certains architectes, je participe personnellement, de manière épisodique, à animer des ateliers au sein d’établissements scolaires et je me rend compte de la grande curiosité des enfants concernant l’architecture et les questions urbaines. C’est pourquoi, alors que des parents sont à la recherche de livres spécialisés, des associations voient le jour. A l’approche de Noël, Détails d’architecture vous présente quelques lieux où votre enfant, avec d’autres de son âge, pourra partir à la découverte architecturale. Un joli cadeau de Noël, non ?

En France

A Paris, en partenariat avec le Conseil Régional de l’Ordre des architectes d’Ile-de-France, L’atelier des P’tits archis n’est plus une adresse anonyme. En effet, Mlle Féfé et son ami Imhotep, deux marionnettes pleines de vie, vous proposent des ateliers d’architecture pour les enfants. Ceci se passe surtout à la Maison de l’Architecture en Ile-de-France mais aussi dans les écoles.

A Lyon, l’association Chic de l’Archi a pour but de sensibiliser et transmettre une culture architecturale, urbanistique, paysagère ainsi que technique auprès du jeune public. Grâce à la mise en place d’ateliers ludiques et créatifs conçus sur-mesure, en amenant les enfants sur les chantiers, cette dynamique structure fait découvrir les coulisses de la conception et de la construction à tous les curieux jusqu’à 16 ans.

A Libourne, la Rue du p’tit chantier est un Atelier d’architecture pour les enfants, il vaut aussi le détour.

A Rennes, les ateliers Carton Plume animés par Adélaïde ou Marie, emmènent tout au long de l’année les enfants en voyage à la découverte d’artistes, d’œuvres d’art, d’architectes et de bâtiments à travers le monde, le tout en s’amusant. N’est-ce pas une bonne idée ?

A Paris, d’autres ateliers pour enfants et des visites guidées sont également proposés par la Cité de l’architecture ainsi que le Pavillon de l’arsenal.

Et ailleurs

Allons cette fois-ci en Suisse, à Genève à la découverte de l’association Chantier Ouvert, qui, parrainée par la Maison de l’architecture de Genève, propose des cours publics mais aussi privés au Pavillon Sicli mais aussi in situ dans différentes structures scolaires ayant le but de sensibiliser différents publics vers une meilleure compréhension du paysage bâti.

A Lausanne, l’association Ville en tête, par ses projets et ses actions, s’engage dans la sensibilisation à l’environnement naturel et construit, notamment auprès du grand public et des jeunes en particulier.

En Belgique, à Liège, issu d’une collaboration entre les Rimbelles et la Maison de l’Urbanité, Créaville propose différents ateliers urbains pour les enfants âgés entre 5 et 12 ans.

A Londres, au RIBA, au 66 Portland Place, en jouant et en s’amusant, côtoyés par des architectes et des artistes, familles et enfants explorent l’architecture et les grandes constructions à travers des ateliers numériques.

Au Canada, tandis que le centre canadien de l’architecture organise Lors de chaque exposition, des visites pour les étudiants, kumulus, situé à Montréal, sensibilise le jeune et le grand public à l’importance du design et de l’architecture.

Retour en Italie, où le Palladio kids est le programme didactique du Musée Palladio de Vicenza pour promouvoir et diffuser la culture de l’architecture des jeunes générations. En accord avec la stratégie culturelle du musée, Palladio Kids se tourne vers la Renaissance pour étudier des thèmes et des concepts significatifs de nos jours afin de créer une plateforme culturelle pour l’architecture de demain.

Il existe d’autres structures de par le monde qui diffusent la connaissance architecturale aux enfants mais aussi aux adultes, Détails d’architecture partira à leur recherche et les ajoutera au fur et à mesure à cette liste non exhaustive. D’ici là tout commentaire concernant ce sujet, serait le bienvenu !

« Hyperscope », l’installation magique de Nano Valdés

© Thomas Peter pour Nano Valdés

Le sculpteur espagnol Nano Valdés dont j’avais parlé ici, vient de rendre public sa dernière installation. Baptisée « Hyperscope » , il s’agit d’une œuvre atypique exposée à Langenthal, dans le canton de Berne, en Suisse. A la fois créative et ludique, l’installation expérimentale inspire un grand potentiel.

C’est dans la commune d’Uster, près de Zurich que se trouve l’œuvre de Nano Valdés. A travers son installation, ce dernier amène le visiteur dans un cocon en forme de ballon, le but étant la redécouverte de la magie de la Camera Obscura qui bat toujours la technologie numérique.

Le kaléidoscope

La magie de la Camera Obstura reste intact malgré les nouvelles technologie qui submerge notre société. C’est pour redécouvrir et réveler les effets des méthodes devenues aujourd’hui ancestrales mais qui restent toujours authentiques que l’artiste Nano Valdés a créé « Hyperscope ». L’œuvre se résume en une sphère de 2,3 mètres de diamètre où le spectateur se faufile pour assouvir sa curiosité. Une fois habitués à l’obscurité, les gens peuvent découvrir un immense kaléidoscope.

Le projet qui fait un agréable clin d’œil aux structures de Buckminster Fuller, est constitué de panneaux pentagonales recouverts de feuilles en aluminium pour mieux s’adapter au milieu avoisinant. L’ensemble est fixé sur une structure qui facilite l’accès. A l’intérieur, défilent des images à l’envers qu’une multitude de Camera Obscura reproduisent fidèlement et de la manière la plus naturelle possible. Ici, pas de recours à des écrans ni à de la haute technologie, une méthode ancienne qui, seulement, a été amplifiée par le nombre des Camera utilisées.

Selon Valdès, il s’agit d’une idée qu’il voulait depuis plusieurs années mettre en application. Un espace sphérique où les utilisateurs peuvent s’immerger totalement et pourquoi pas oublier ne serait-ce qu’un petit moment le monde alentour.

Il s’agit pour le moment, d’un prototype qui attire les curieux mais l’artiste pense créer un modèle plus grand à l’aide de matériaux durables cette fois-ci. Une nouvelle œuvre en quelque sorte que les gens peuvent croiser dans d’autres lieux publics comme les cours des musées ou les parcs. L’idée est plaisante et l’installation promet une belle performance.

Pour voir et expérimenter « Hyperscope », il va falloir aller à Langenthal, en Suisse où l’installation reste jusqu’au 5 mai 2017.

© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés
© Thomas Peter pour Nano Valdés

Le site de Nano Valdés : ici.

Les photos: © Thomas Peter pour Nano Valdés

Comme une forteresse

© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek

Dans la ville suisse de Savièse, Anako Architecture a réalisé une charmante maison en béton qui épouse agréablement la pente. Sous ses aires radicales, l’ensemble dégage une douce harmonie teintée d’une étonnante sobriété et d’une abondante luminosité.

Robuste, la maison suit la pente douce et en plus d’une vue époustouflante qui balaye les sommets des montagnes, elle procure à ses habitants l’intimité demandée. En effet, à cause de sa proximité des autres habitations alentours, les architectes ont opté pour un corps en béton qui protège comme une coquille les vues vers l’intérieur. En revanche, les grandes baies vitrées guident les regards de l’intérieur vers l’extérieur et apportent de belles perspectives qui encadrent le paysage environnant. Pour cela, les architectes se sont livrés à un bel exercice qui s’avère donner de bons résultats.

Se démarquer sans gêner

Le projet s’intègre parfaitement au lieu mais au lieu d’imiter l’architecture avoisinante, il apporte une certaine originalité qui se démarque des autres. Tout aussi par la forme que par le contenu où les espaces sont ponctués par trois patios. Ces derniers assurent la luminosité à l’intérieur de la résidence en apportant plusieurs coins de verdure à ciel ouvert au sein même de la construction.

La transparence des surfaces vitrées contraste avec l’aspect extérieur de la maison et fournit une connexion visuelle entre les espaces internes. Le béton brut de l’enveloppe s’accorde parfaitement avec le minimalisme des pièces à peine égayées à travers quelques rares touches de couleur dues au choix du mobilier.

Astucieuse et sobre

La radicalité de l’architecture est néanmoins adoucie à travers les malicieux jeux d’ombre et de lumière. La texture de la façade qui comporte des imperfections à cause de l’utilisation des coffrages formés de branches métalliques avec peaux en bois endommagé contraste merveilleusement avec l’immaculé des murs intérieur. Un procédé assumé par les architectes pour qui « Chaque étape de décoffrage était un véritable moment de découverte ».

Même chose concernant la pose aléatoire des branches métalliques ainsi que l’utilisation d’une petite quantité de béton vibré qui donnent à l’ensemble un aspect granuleux par endroit en faisant apparaître quelques nids de graviers. Quelques astuces très simples, vernaculaires même voulues et mises en oeuvres par les architectes qui peuvent fasciner tout amoureux de la matière.

Atypique par sa forme, astucieuse par sa mise en œuvre, sobre et à la fois différente, la maison conçue et réalisée par l’agence Anako Architecture est une originalité à découvrir sans tarder.

© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek
© Nicolas Sedlatchek

Le site d’Anako Architecture : ici.

Les photos : © Nicolas Sedlatchek

A Lausanne, une installation lumineuse signée Centdegrés

 

 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati

A l’occasion de l’anniversaire des dix ans de l’usine du tri des déchets de Lausanne (Tridel), l’agence suisse de la firme d’architecture Centdegrés a réalisé une remarquable installation lumineuse. Permanente, cette dernière marque l’édifice par sa subtilité.

L’anniversaire des dix ans est un tournant important dans une société, c’est pourquoi, l’usine du tri des déchets de la ville de Lausanne a souhaité inscrire cette date dans une démarche artistique qui sera visible de tous. Ainsi, la societé a demandé à l’agence suisse de Centdegrés dirigée par l’architecte Albert Schrurs de créer une installation lumineuse à cette occasion.

Une écriture singulière

Située sur la façade la plus emblématique de l’usine, l’oeuvre est pensée pour être illuminée de jour comme de nuit. Et comme il s’agit d’une façade circulaire avec quelques fenêtres étroites, l’installation, composée de modules préfabriqués, épouse l’ensemble et fusionne avec la rondeur du bâtiment.

La rampe d’accès, pour les camions, qui se trouve derrière les murs circulaires en béton n’a jamais été aussi séduisante, ainsi l’installation composée de châssis d’acier et de tubes LED, discrète pendant la journée, procure à l’ensemble un effet brillant la nuit.

La compagnie de tri des déchets a choisi une manière artistique pour fêter ses dix années, il s’agit d’une mise en place d’une écriture singulière dont les habitants de Lausanne peuvent contempler pour longtemps !

 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati
 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati

Le site de l’agence Centdegrés : ici.

Les photos : © Laura Rimayati

L’organique, toujours

© Peter Vetsch

Dans la commune suisse de Dietikon, l’architecte  Peter Vetsch* a réalisé une série de maisons formidablement intégrées dans leur environnement. L’ensemble où les lignes organiques se mêlent aux matériaux ancestraux constitue un bel exemple de durabilité.

C’est non loin de l’agitation de la ville, à Dietikon que se trouve un petit havre de paix où les toits verts ondulés cachent d’atypiques logements. Elles ont des airs de familles avec les maisons troglodytes d’autrefois mais il s’agit bel et bien d’une multitude de logements neufs.

Ces résidences enfouies dans la nature nous rappellent les techniques de construction datant de milliers d’années comme les « Trulli » des Pouilles ou les huttes africaines ou bien les maisons écologiques de l’architecte Nader Khalili entre autres.

Revenons en Suisse, les maisons réalisées par Peter Vetsch sont en plain-pied et recouvertes par une couche épaisse de matériaux isolants. Le complexe est composé de neuf habitations de différentes tailles où chaque entité se compose d’un patio et d’une cour d’eau en leur milieu. L’exposition des diverses pièces respecte le principe naturel de l’éclairage, tandis que les chambres donnent vers le nord, le salon et les pièces de vie s’orientent vers le sud. Les escaliers et les salles de bains sont éclairés via des puits de lumière.

A Dietkon, ces maisons aux lignes courbes respectent leur environnement, elles constituent ainsi un bel exemple à suivre.

© Peter Vetsch © Peter Vetsch © Peter Vetsch

*: A noter que l’architecte depuis 1978 travaille sur le concept des maisons écologiques et organiques dont il a réalisé en 2007 plus que 90 modèles.

Le site de l’agence d’architecture Peter Vetsch : ici.

Les photos : © Peter Vetsch

De la grange à la maison

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En Suisse, dans un petit village du canton de Valais les architectes de l’agence Camponovo Baumgartner architekten ont réalisé la reconversion d’une ancienne grange en une maison familiale. Il en résulte une nouvelle construction hybride où l’atypisme est au rendez-vous.

Il était une fois il y avait une grange  dans la ville de Reckingen. Située non loin de l’église baroque de la commune, elle faisait partie des bâtiments protégés du centre-ville. Comme les propriétaires souhaitaient reconstruire une maison familiale à la place, ils ont opté finalement pour une intelligente reconversion qui garde le corps de la ferme en apportant divers changements à l’intérieur.

Par conséquent, une nouvelle maison a pris place derrière les façades;  le mur ancien qui séparait jadis les écuries de la ferme a été gardé tel quel. L’intérieur s’habille complètement en bois qui selon l’emplacement n’a pas toujours été traité pour laisser cours au processus naturel de vieillissement. Les espaces sont lumineuses et le mobilier est à la fois sobre et épuré. La reconversion de la grange est une originalité à découvrir.

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Le site de l’agence d’architecture Camponovo Baumgartner architekten : ici.

Les photos: © José Hevia

Mode(s) de vi(ll)es

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La ville et son urbanisme nourrissent depuis toujours maints idées et concepts plus ou moins déterminants que les architectes aiment à (ré)explorer sans cesse. 2:pm : Architectures et Dauphins Architecture sont deux agences françaises d’architecture qui tentent, suite à deux expériences concluantes, de développer leur propre théorie de la ville.

Suisse | Urbanisme | Aménagement du territoire

Comment penser la ville ? C’est la question que les architectes des agences 2:pm et Dauphins, associées en l’occurrence, se sont posé lors de la conception de leurs projets urbains concernant les villes d’Aigle et de Neuchâtel, en Suisse.

Les réponses ont été élaborées, pour Aigle, dans le cadre d’une participation au concours Europan 11 qui leur a valu le deuxième prix ; les secondes concernent l’étude effectuée à l’occasion d’un concours international intitulé ‘Neuchâtel 2020’ dont ils sont lauréats en avril 2012.

Ces deux agences proposent une intéressante vision de comment «faire la ville», basée sur des expérimentations qui se traduisent par des interventions sur la ville d’autrefois.

Ces architectes estiment que le grand geste urbain, qui est celui de nombreuses villes touristiques, doit s’estomper devant d’autres exigences.

De fait, leur réflexion est orientée principalement sur l’existant. Le développement de «la ville sur la ville» se réalise, selon eux, via des greffes et des interventions à petite ou moyenne échelles. Ces différentes interventions mènent, selon leurs auteurs, à un urbanisme ‘impressionniste’. D’où l’intitulé du projet pour Neuchâtel, appelé ‘Aménités’.

Précisément, 2:pm et Dauphins conçoivent la ville tel un lieu unique qui génère un lien fort entre tous ses habitants.

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La notion de ‘climats’, empruntée à Djamel Klouche, guide leurs propos ; la ville devient la scène où coexistent de nombreux ‘microclimats’ dont l’harmonisation est à la charge de l’urbaniste.

Ainsi, les cités ne sont plus une succession d’infrastructures, de bâtiments et de places publiques sans âme mais elles deviennent le reflet des habitudes quotidiennes.

Parmi les interrogations soulevées, les architectes évoquent les «souvenirs d’une ville». Que retient-on de la visite d’une ville ? D’en conclure que, hormis quelques souvenirs dignes de cartes postales, les références personnelles priment dans la plupart des cas.

De l’étude minutieuse de chaque parcelle de la ville découle un travail titanesque de relevés et de synthèses qui conduit 2:pm et Dauphins vers d’originales solutions.

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Par exemple, eu égard à la mobilité, ‘Aménités’ – le projet de Neuchâtel – ne propose pas de repenser les plans de circulation de l’ensemble de la ville mais d’intervenir sur quelques voies en y introduisant des améliorations.

Avec un traitement de sol unifiant l’ensemble du centre-ville, qui devient piétonnier à l’occasion, la forme urbaine est rendue plus lisible. A l’opposé des écoquartiers qui misent sur la disparition totale de la voiture, ‘Aménités’ reconsidère sa place en centre-ville grâce à des parking-silos empilant les voitures à la verticale dans des volumes couverts de panneaux photovoltaïques.

L’auto-partage est favorisé et des lignes de bus sont rallongées pour irriguer l’ensemble de l’agglomération. Des pistes cyclables, ponctuées de parcs à vélos, prennent la place de quelques rues. Au besoin, des lignes de funiculaires sont ajoutées pour maintenir les échanges entre les différents niveaux de la ville escarpée.

De même, la mise en place de programmes variés (logements, écoles, commerces, équipements de loisirs) permet de revigorer la potentialité d’un lieu ignoré.

Sans oublier la présence, à proximité de la ville, de la forêt qu’il fallait à tout prix préserver. Une implantation a minima est consacrée à cette dernière et le plan d’occupation des sols a été redéfini. Ainsi, le patrimoine naturel est mis en valeur et l’étalement urbain maîtrisé.

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Expliquant leur démarche, les architectes parlent d’«acupuncture», d’«acte chirurgical» ou bien encore de «micro opération».

Chirurgiens de la ville, 2:pm et Dauphins y injectent des équipements opérant une mutation douce. Pas d’architecture décontextualisée ; l’enjeu est d’investir la ville en ses moindres interstices.

Et l’écologie dans tout ça ? En construisant «la ville sur la ville» et en exploitant au mieux le «tiers métropole» – en référence au tiers paysage de Gilles Clément* -, les architectes se positionnent de fait dans une telle démarche.

En rupture avec grands travaux et autres projets pharaoniques, le projet ‘Aménités’ met en relation les altérités et aménités qui composent son identité et illustre un nouveau ‘mode de ville’.

A l’opposé de la ‘ville générique’ d’un Rem Koolhaas, 2:pm et Dauphins proposent de compléter la ville.

Autres échelles, autres moeurs. A chacun son école de pensée.

Sipane Hoh

* Le Tiers paysage est un concept créé par le paysagiste français Gilles Clément afin de désigner les espaces qui présentent une richesse naturelle mais négligés ou inexploités par l’homme.

En images | Les ‘Aménités’ à échelle humaine de deux villes suisses

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NB: Cet article a été publié sur Le Courrier de l’Architecte en première publication

A Bâle, c’est la foire…

 


C’est le 25 avril 2013, lors de l’ouverture du salon de l’horlogerie que se déroule l’inauguration de la nouvelle foire de Bâle. Un chantier colossal qui a duré trois ans et a mobilisé plusieurs corps de métier.
Conçu par le duo bâlois Herzog & de Meuron, le complexe a coûté la coquette somme de 350 millions d’euros.
Il s’agit de trois grandes halles superposées en béton recouvert de lamelles métalliques plates et courbes. L’ensemble fait 220 mètres de long, 90 mètres de large et 32 mètres de haut, le tout percé par une grande cavité qui attire la lumière à son centre.
Pour répondre aux différentes fonctionnalités du lieu le choix des architectes s’est porté sur une hauteur sous plafond de 10 mètres. Un espace de deux étages dans un même écrin polyvalent et permettant ainsi plusieurs agencements.
Outre son côté architectural, ce projet s’inscrit dans une dynamique globale dont bénéficie l’aménagement de tout le quartier. A savoir que le remaniement de ce morceau de ville n’a pas encore touché à sa fin. D’autres projets viendront d’ici 2015 compléter le plan d’aménagement.
Surprenante par sa structure, multifonctionnelle par son volume intérieur et indispensable pour le développement du quartier, le nouveau centre des foires de Bâle est une curiosité architecturale qui vaut le détour…
Les photos: © Sipane Hoh