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Une épopée en béton sous forme d’un monument

© Sipane Hoh

En Bulgarie, les monuments en béton font légende. Néanmoins l’un des plus impressionnant est le monument des fondateurs de l’état bulgare. Un colosse qui se situe à 6 kilomètres de la ville de Shumen à 450 mètres d’altitude et raconte une passionnante histoire.

« 1300 ans de l’état bulgare »

A l’approche de la ville de Shumen, nul ne peut ignorer l’existence du gigantesque monument baptisé « 1300 ans de l’état bulgare » et construit sur les hauteurs du plateau, au dessus de la ville. Inauguré le 28 novembre 1981, le projet se hisse au sommet de la colline Ilchov Bair située dans le Parc naturel du plateau de Shumen. C’est une œuvre collective qui résulte de la collaboration de plusieurs personnes comme les architectes Georgi Gechev et Blagoy Atanasov, les deux sculpteurs Krum Damiyanov et Ivan Slavov, mais aussi les peintres Vladislav Paskalev et Stoyan Velev, mais aussi Preslav Hadzhov qui est l’ingénieur de la construction.

Tandis qu’ailleurs, certains monuments peuvent se rapprocher des sculptures, à Shumen, le monument raconte une histoire. Comme un musée en plein air, le visiteur non seulement s’émerveille devant un tel gigantisme mais s’instruit en contemplant chaque détail. L’ensemble, composé de deux structures distinctes de béton ne peut que capter l’attention. Composée d’une multitude de sculptures, la plus grande mosaïque-triptyque en plein air d’Europe relate l’idée de la création de l’état bulgare et son ascension du VIIe au Xe siècle.

Un lieu où l’art et l’architecture se rencontrent

Le fondateur de la Bulgarie y est présenté avec une épée enfoncée dans le sol, la main droite en haut et la main gauche vers le bas. Les trois autres fondateurs qui l’ont suivi ne sont pas pour autant négligés. A chacun sa sculpture et son épopée. Néanmoins, dans cet univers en béton, un subtil détail attire l’attention, il s’agit d’une croix formée par la lumière, elle symbolise la chrétienté adoptée au IXe siècle. Un peu plus loin,  onze sculptures représentent l’âge d’or de la Bulgarie où le roi est entouré d’écrivains, de nobles mais aussi de guerriers. Juste en face se trouvent des peintures murales représentant la forteresse de l’ancienne capitale bulgare. Et la cerise sur le gâteau c’est le lion en granit de 1 000 tonnes qui se hisse au sommet du mémorial.

Le Monument « 1300 ans de l’état bulgare » qui est très fréquemment visité est un chef d’œuvre en béton.

© Sipane Hoh
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© Sipane Hoh
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© Sipane Hoh

Les photos : © Sipane Hoh

Le béton dans toute sa splendeur

© David Roche

En Australie, l’agence d’architecture Smart Design Studio a réalisé une maison atypique pour la collectionneuse d’art Judith Neilson. La façade sculpturale en béton est conçue pour illuminer indirectement l’intérieur de la galerie. Il en résulte une forme artistique à part entière.

La résidence conçue par Slam Design Studio est située dans la banlieue de Chippendale à Sydney. La façade en béton sculpté module la lumière du jour grâce aux formes géométriques que les architectes ont donné à la matière.

Le projet se trouve non loin du nouveau quartier du One Central Park, les tours recouvertes de végétations conçues par Jean Nouvel. Les surfaces sculptées se courbent vers l’extérieur pour s’adapter aux ouvertures conçues et faire entrer la lumière naturelle. « La façade en béton de l’Indigo Slam est vivante grâce aux changements provoqués par la lumière, l’ombre, le soleil et les nuages » ont déclaré les architectes.

Les surfaces lisses créent des formes qui offrent un joli jeu d’ombre et de lumière. Un spectacle qui plaît à tout visiteur. L’effet est particulièrement prononcé dans le hall où un escalier spectaculaire, ressemblant à un long couloir illuminé par une lumière zénithale, mène vers les étages. Selon les architectes, il s’agit d’un espace singulier, à la fois grandiose et rude qui invite à la découverte.

Une esthétique raffinée

Les zones de vie sont plus petites et procurent une sensation d’intimité. Au premier étage, les chambres à coucher donnent sur le parc tout en gardant une grande part d’intimité grâce au jeu de la façade. Tandis que la cuisine tout aussi bien éclairée donne vers la rue. Les matériaux épurés accordent à l’intérieur une esthétique raffinée que la qualité de la lumière met en valeur. Un univers qui constitue une toile de fond appropriée pour la collection d’art qu’elle est censée abriter.

Les lamelles verticales incorporées derrière les vitres permettent de contrôler l’intimité des espaces intérieurs. Les fenêtres à auvent peuvent également s’ouvrir grâce à un mécanisme en laiton qui régule le procédé. La décision d’opter pour le matériel mécanique plutôt que le matériel informatique reflète la volonté de la durabilité.

La maison figurait parmi les gagnants des Australian National Architecture Awards 2016, il s’agit d’une curiosité à découvrir.

© David Roche
© David Roche
© David Roche
© David Roche
© David Roche
© David Roche

 

Le site des architectes de Smart Design Studio: ici.

Les photos : © David Roche

Construction parasite: lorsque le recyclage se fait Ar(t)les

© BMurigneux
© BMurigneux

Cette année, à Arles, dans le cadre du festival « In Situ » connu pour être le laboratoire de la création artistique contemporaine, l’installation de Bernard Murigneux non seulement investit l’espace public mais s’avère être une œuvre qui reflète merveilleusement l’esprit de notre époque.

Quand le recyclage se mêle à l’envie de la création d’une œuvre qui envahit l’espace public ne serait-ce qu’un petit moment, il en résulte de belles surprises. L’une d’elles c’est une installation qui m’a interpellé et dont j’aimerais parler.

Entre Nîmes et Marseille, la ville que Jules César appelait « La cité Arelate » est connue par ses monuments remarquables dont les arènes. C’est en plein cœur de cette cité antique, non loin des arènes, rue du grand couvent, sur un porche en ruine, que Bernard Murigneux a choisi d’installer son œuvre. Intitulée « Construction parasite », Il s’agit d’une sculpture qui se greffe sur un arc médiéval reliant deux maisons d’habitation. Une installation qui comme un virus, s’approprie le lieu, se développe et se propage jusqu’à l’obtention d’une forme atypique qui la caractérise, la distingue, raconte sa propre histoire et forge son identité.

Télescopage

Bernard me raconte que le point de départ du projet était « cette fameuse gravure du XVII° siècle montrant les arènes « habitées », « squattées ». » Pour l’artiste c’est l’une des plus belles histoires d’architecture. « L’appropriation et le Recyclage de l’architecture à travers l’histoire, liés aux nécessités des temps et des hommes, entraînent ce télescopage des espaces, des formes, des matériaux et du sens. La ville d’Arles est faite de cette confrontation, de ces mélanges et ses murs en témoignent à chaque angle de rue avec notamment l’école Saint Césaire installée dans l’ancien cloître. » Ajoute-il.

Pour réaliser cette sculpture, l’artiste a rassemblé une grande quantité de briques de différentes couleurs afin de les assembler sur place et présenter son œuvre. L’ouverture où se greffe la parure donne sur une cour intérieure, créant un dialogue singulier entre la pierre d’une part et les briques d’autre part. Ainsi, deux générations s’entrechoquent, se heurtent, se croisent et cohabitent dans un espace public qui appartient à la ville où ils ne sont que des invités dont l’un s’y trouve depuis des siècles et l’autre ne faisant que passer.

Fidèle à ses idées, Bernard Murigneux a encore une fois réussi le pari difficile d’habiter la ville. Une installation que l’on peut apercevoir jusqu’au 30 septembre 2015 et c’est une curiosité qui vaut le détour.

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© BMurigneux
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© BMurigneux
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© BMurigneux

Pour plus d’informations sur Bernard Murigneux, voir : ici et .

Les photos: © BMurigneux

Et si l’architecture jouait l’effacement ?

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Les architectes de l’agence STPMJ ont participé à un concours annuel, organisé par l’Architectural League de New York, en présentant un projet original qui met en application l’effacement en architecture. Une grange complètement enveloppée de miroirs a gagné ainsi l’aval du jury. Découverte d’une construction qui brouille les limites de la perception.

C’est une œuvre architecturale qui joue parfaitement l’effacement vis-à-vis de la nature qui a été réalisée par l’agence d’architecture américaine STPMJ lors des « Folly 2014 » pour le Socrates Park à New-York. Baptisée « Invisible grange », le projet est une conception qui perd la présence architecturale et ajoute une nouvelle expérience pour les utilisateurs. Placée au cœur d’une palmeraie, la construction qui se trouve à mi-chemin entre sculpture et architecture donne une illusion visuelle qui brouille les frontières avec le site où elle se trouve.

Adoptant une forme parallélépipédique, la « folie » présente quelques ouvertures biseautées de différentes tailles qui indiquent l’emplacement des fenêtres. Et comme le reste du volume est enveloppé par un film de miroir, les visiteurs auront l’impression que les ouvertures qui forment la seule différence entre le monde réel et le paysage reflété, flottent dans l’air.

Composée de poteaux en bois montés sur une base en béton, la structure est simple et la méthode de construction est facile. Les murs sont préfabriqués, les planchers et les cadres d’ouvertures sont en bois, l’assemblage se fait directement sur place.

« Invisible grange » est une « folie » qui utilise à la fois la matérialité et le contexte du site pour créer une nouvelle scène dérivée du paysage environnant.

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Le site des architectes de stpmj : ici.

es images : © STPMJ

« Hans Richter. La traversée du siècle » l’exposition à Metz

Pour la première fois, la France rend un triple hommage à Hans Richter en accueillant son œuvre intégrale. Graphisme, peinture et filmographie se croisent pour une exceptionnelle exposition monographique qui se déroule au Centre Pompidou de Metz.

Culture | France | Expositions |

C’est un véritable voyage dans le temps que nous offre l’exposition « Hans Richter. La traversée du siècle » qui se déroule à Metz, au centre Pompidou. Le visiteur part à la découverte non seulement des œuvres de Richter mais de tous les artistes qui l’ont côtoyé. Dans les salles semi-obscures de l’édifice, cinquante ans de la vie du maître s’étalent et croisent d’autres griffes toujours aussi connues comme : Alexandre Calder, Fernand Leger, Jean Arp, Man Ray, Theo van Doesburg ou encore Ludwig Mies van der Rohe.

Figure majeure qui a guidé le retournement du mouvement artistique en Europe et l’a accompagné jusqu’aux Etats-Unis, Hans Richter reste l’un des fondateurs du mouvement moderne. Pionnier du cinéma expérimental, il a à son actif plusieurs réalisations dont le fameux Rythmus 21. Via l’exposition, nous découvrons également le personnage qui a été chargé du commissariat des films de l’exposition internationale de 1929 à Stuttgart et les quelques vidéos qui mettent en avant le foisonnement créatif de l’époque.

De Munich aux Etats-Unis, en passant par la Russie, les Pays-Bas, la France, la Suisse, Richter n’avait qu’un seul souci, vivre pour l’art et le cinéma, chose qui l’a faite pendant toute son existence, une implication forte dans un mouvement qui a influencé moult disciplines qui se croisent. C’est pourquoi, il n’est pas surprenant de voir exposée la maquette d’un concours perdu du gratte-ciel conçu par Mies Van Der Rohe pour Friedrichstrasse à Berlin.

C’est une exposition qui raconte l’art avec un grand A, de la peinture à la sculpture et jusqu’au cinéma, tout se déroule en peu de temps devant nos yeux comme la bande de l’un des films de son héros.

Dehors, de loin la ville de Metz affiche comme un tableau d’autres explorations, le contenant nous rappelle que nous sommes en 2014, le réveil est saisissant mais la vie continue…

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Présentée à Los Angeles, cette exposition organisée par le Centre Pompidou-Metz et le Los Angeles County Museum of Art, reste en France jusqu’au 14 Février et voyagera à Berlin pour la fin Mars.

Les photos : © Sipane Hoh

Quand la sculpture entretient l’architecture

Sculpture Architecture

Architecture emblématique, bâtiment-phare, Signal iconique, formes novatrices… Des projets se multiplient et créent d’incontournables (?) spectacles urbains. La conception d’un tel ‘événement’ est-elle passage obligé pour la revitalisation de quartiers urbains en déshérence ? Est-ce une idée neuve pour une ville plus prospère ? Chronique de Sipane Hoh.

Europe | Aménagement du territoire

A la recherche d’un emblème urbain

Depuis toujours, la structure de la ville a été définie par un plan d’urbanisme générateur bouleversé par l’extension parfois imprévisible des villes. Le bâti architectural s’est constamment adapté au tissu urbain existant que ce soit en s’affirmant et se démarquant du reste comme une entité visible ou bien en s’effaçant dans ce paysage urbain dense.

Au fil du temps, chaque civilisation a laissé sa propre marque architecturale sur la ville. Aujourd’hui cette dernière est devenue une accumulation et un assemblage de morceaux qui cohabitent dans un périmètre défini.

L’effet Bilbao

Bilbao, une ville de 350.000 habitants du pays basque espagnol, possède une histoire symptomatique. Au début du XXème siècle, elle était peu ou prou la ville la plus riche d’Espagne. Après la guerre civile puis la crise industrielle de 1980, polluée et décriée, elle est devenue une cité où les friches industrielles et portuaires n’ont cessé de s’étendre, jusqu’à atteindre une ampleur démesurée. Un renouveau urbain s’imposait comme une nécessité tandis qu’il fallait d’évidence redonner une image acceptable à cette ville qui portait encore les cicatrices de la vie métallurgique d’autrefois.

A partir de 1989, les grands travaux ont envahi Bilbao. Parvenir à, de nouveau, offrir, l’image d’une ville dynamique était la priorité de ses autorités, lesquelles ont mené à cet effet une politique ambitieuse et acharnée, que ce soit dans le domaine de l’urbanisme ou celui des équipements publics. C’est alors que la ville et le gouvernement nationaliste basque ont imaginé l’édification d’un projet-phare devenu, depuis sa livraison en 1997, son emblème.

Sculpture Architecture

Le choix du ‘starchitecte’ Franck Gehry n’était pas anodin. Son architecture extravagante et particulière a séduit les décideurs. Avec son aspect futuriste, ses lignes courbes, ses feuilles de titane, le musée Guggenheim de Bilbao attire désormais les artistes et les visiteurs du monde entier. L’objectif des édiles est donc désormais largement atteint puisqu’ils estiment à environ 45.000 les emplois, directs et indirects, induits par ce bâtiment. De fait, le nom de Gehry est désormais associé à jamais à Bilbao tandis que l’investissement culturel initial s’est révélé être un placement extrêmement bénéfique, l’impact de l’oeuvre ayant très vite dépassé les frontières du pays.

Un immense projet de rénovation urbaine, qui a coûté quelques 700 millions d’euros, a accompagné cette construction clé. En quelques années, l’ancienne cité des chantiers navals est devenue une destination touristique de premier plan. En 2004, Bilbao s’est vu décerner le prix du meilleur projet urbain du monde (c’était lors de la biennale de Venise) ainsi que le Prix Européen de Planification Urbaine et Régionale. Aujourd’hui, Bilbao attire plus de 900.000 visiteurs par an, la cité noire – telle était son surnom – ayant laissé place à une cité nouvelle où dynamisme et culture vont de pair. D’ailleurs, aucun des projets d’envergure qui ont suivi (qui peut en citer un ?) n’a ni altéré ni modifié l’image de la ville. Le signal Guggenheim semble avoir balayé et pourtant réuni, le nouveau comme l’ancien.

L’effet Bilbao est-il un modèle pour la régénération des villes ?

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C’est au moins une tendance. Quelques villes européennes de taille moyenne ont su s’approprier l’exemple basque pour offrir un nouvel élan à leur urbanisme. Citons Graz, en Autriche, devenue en 2003 capitale européenne de la culture et qui sut profiter de l’occasion pour construire le Kunsthaus, un musée d’art contemporain également, qui tranche de manière radicale avec l’architecture historique environnante et devenu l’icône de cette ville de 250.000 habitants. Citons également la Casa da musica de Porto, au Portugal, une philharmonie signée Koolhaas.

Pour quelques réussites et encore bien loin de celle de Bilbao, combien d’échecs, de bâtiments passés inaperçus et aujourd’hui vides de touristes affairés ?

Et en France ?

L’effet Bilbao se fait sentir, sans surprise, également en France. Le centre Pompidou de Metz en est sans doute l’exemple le plus probant. Encore une fois, bien que l’ouvrage de Shigeru Ban soit sujet à critiques, il s’agit d’une oeuvre emblématique – un musée, quel hasard – et un ‘starchitecte’. Lyon, la deuxième ville de France, n’a pas échappé à l’effet de mode avec son plan de revitalisation intitulé Lyon-Confluence. Un grand musée – on s’en doutait -, un objet architectural signé par un architecte connu – Coop himmelb(l)au – et un budget conséquent (225 millions d’euros).

Il n’est pas certain cependant que Lyon ou Metz soient pour autant devenues des étapes incontournables sur les itinéraires pressés des touristes du Kentucky, de la Nouvelle-Galles du sud ou de l’Hokkaido.

Une nouvelle manière de promouvoir la ville ?

Tout ceci nous ramène cependant vers une architecture iconique et sculpturale, médiatique et événementielle, maintes fois énoncée. Autant de faits et gestes qui participent tant de l’évaluation de la ville que de son évolution et qui rendent d’actualité ces mots d’André Bloc :
«Si nous acceptons quelques centaines d’architectes de réputation internationale, nous sommes dans l’obligation de constater que, dans le monde entier, les oeuvres des urbanistes et des architectes atteignent une banalité d’expression désespérante. Il est urgent de modifier le système. Les moyens sont à notre portée et nous disposons non seulement d’immenses ressources techniques, mais aussi d’artistes qualifiés. La plupart des artistes contemporains se livrent à des travaux de recherche sans destination. Il est important qu’ils participent, avec les autres artistes, à l’élaboration du milieu urbain et à la création de nouveaux sites ou de jardins. (…) Pour le moment et sauf modification fondamentale de la formation des architectes, le travail sur maquette, l’organisation de la recherche et l’appel aux plasticiens et en particulier aux sculpteurs, sont les moyens propres à améliorer le niveau de l’expression architecturale».

La sculpture au secours de l’architecture ?

Parfois sans doute. Parfois.

Sipane Hoh

N.B. Cet article est paru en première publication dans le courrier de l’architecte le 2 février 2011.

Les photos 1 et 2: ©thbz

La photo 3: © Sipane Hoh

 

La maison sans fin…

Un petit tour dans les annales de l’architecture du 20ème siècle s’impose pour une découverte ou une redécouverte de la « maison sans fin » conçue par un drôle d’architecte, Frederick Kiesler.
Des idées controversées pour son époque, jugées osées par ses confrères trouveront plus tard plus d’approbation et de compréhension.
A mi-chemin entre sculpture et architecture, une conception où les murs et les planchers prennent les mêmes formes, la maison sans fin restera l’un des exemples les plus marquants de cette architecture si particulière.

N’a-t-on pas dit un jour :
« La sculpture et l’architecture ne séparent jamais leurs lois »
Bourdelle, le sculpteur architecte…

Un intéressant lien qui trace l’histoire de ces « architectures extraordinaires » et où l’on parle entre autre de la maison sans fin: Utopies et avant-gardes.

Béton ou acier ?

Ni l’un ni l’autre. Il s’agit d’un matériau nouveau qui a été élaboré et utilisé pour la première fois. C’est un mélange biologique de matériaux biodégradables tels que le liège, le maïs, le soja, la fibre de lin et les haricots. Le résultat est un composé unique voué à être utilisé pour des formes aussi simples que complexes. A l’inverse d’autres sculptures parsemées dans le parc, cette dernière née est un condensé de nouvelles technologies, à découvrir en détails : ici.

La photo: © ADAM MØRK