Polémique autour du parc Lescure ?

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Polémique autour du parc Lescure ?


Le jury de l’appel à idées pour le projet du Parc Lescure de Bordeaux était présidé par Eduardo Souto de Moura. Le 7 mars 2013, nous connaissions les noms des cinq lauréats.  Le concept même du concours était de laisser libre à l’imagination des participants en étudiant à la fois les projets réalisables ainsi que certaines conceptions considérées comme utopiques.
Le journal Sud Ouest présente les lauréats et va plus loin en se posant la question : « Le vieux stade Chaban-Delmas n’inspirait-il pas trop les architectes ? ». Dans le même texte, nous pouvons également lire: « rien de vraiment bluffant » concernant toujours les diverses propositions.
Pourtant 88 dossiers ont été remis au jury…
L’un des nombreux dossiers participants était celui de 2 :pm architecture, en partenariat avec Dauphins architecture et Atelier Physalis. Le projet  refuse toute table rase du stade présenté comme un équipement emblématique faisant partie du patrimoine des bordelais. Les architectes expliquent leur choix en donnant des exemples concrets et convaincants comme les arènes de Nîmes qui n’ont jamais cessé leur mutation au fil du temps.
Une intéressante approche qui consiste à garder l’intégralité de la structure et met en avant l’idée de la réutilisation en architecture. Et c’est à découvrir : ici.

12 commentaires

  1. Un projet très poétique, qui reprend ce thème romantique de la ruine et du temps. Et la réappropriation de celles-ci par les habitants.
    Peut-on artificialiser les ruines, ou provoquer sciemment la ruine d’un bâtiment?

  2. Anonymous

    Je pense qu il ne s agit pas d « artificialiser des ruines ou provoquer sciemment la ruine d un bâtiment » mais bien de « passer le cap » de la ré appropriation. Pour devenir réellement patrimoine, comme à Nîmes, le stade doit voir la ville se faire en s y adaptant, comme une montagne d un paysage naturel sur laquelle on cultive en terrasse pour s en approprier la pente..
    Le sujet n est pas la ruine ici mais l acceptation de cet « objet » par le tissu urbain, que la greffe prenne, que ce stade ne soit plus une goutter d huile dans le verre d’eau.

  3. Ici, le stade n’est pas encore en ruine, à mon avis il faut (comme Anonyme) accepter le fait qu’il fasse partie de la ville. Au lieu de démolir ou de faire à la place du pastiche pourquoi ne pas garder l’intégralité comme le prévoient les architectes dont j’évoque? La ville est un dense tissu urbain constitué de plusieurs entités qui ne se ressemblent pas forcément et c’est ce qui fait sa richesse. L’important c’est d’accepter ces différents éléments tels qu’ils sont et de penser à un moyen de renforcer les liens qui les lient au lieu de les fragiliser.

  4. On ne doit pas seulement considérer la ruine comme « ruine structurelle » (effondrement du bâtiment ou de ses parties), mais ici de « ruine culturelle ». Le bâtiment, dont l’usage est abandonné, n’est conservé que comme une coque vide. Abandonnant son « essence », n’en fait-on pas une ruine? Anonyme parle de « greffe », mais j’ai plutôt l’image des temples d’Angkor, et de la végétation-ville qui reprend ses droits, et envahie les vieilles pierres le plus naturellement du monde.

    Je n’ai pas connaissance de beaucoup d’exemples de réhabilitation de stade, hormis celle de Highbury Stadium (Arsenal) transformé en Highbury Square (logements de luxe – http://www.highburysquare.com/). L’intervention se fait sur la structure même ; Highbury n’est pas une ruine, et ne le sera probablement pas.
    A Bordeaux, les architectes se détachent de la partie « dure » du Parc Lescure, et vident sa partie « molle », remplacée par une partie encore plus molle ; le tissu urbain.

    C’est un bernard-l’ermite architectural 🙂

  5. François

    Ce que je trouve dommage c’est le fait de mettre les idées réalisables ou pas dans le même concours. C’est évident que de belles idées vont sortir mais lesquels seront choisis? Il y a une certaines impartialité qui me dérange. Pourquoi pas deux concours finalement?
    Venons-en au projet que tu montres: l’idée de sauvegarder la totalité du stade ma plaît mais il faut voir l’utilité que la démarche apporte à la ville. L’exemple que tu donnes plus haut pour Londres est tout bonnement superbe! il fallait y penser, un hôtel! Le journal semble dire que les archis ne sont pas inspirés, ce n’est pas étonnant, l’utopie fait reculer aujourd’hui, à qui la faute?

  6. l’idee du bernard-l’ermite est interressante !
    l’image d’Angkor est juste mais jusqu’a un certain point: la bas, c’ est la nature qui reprend ses droits. les wat en ruines sont le support de cette végétation, symbole de l’indomptable, de l’indéfinissable et de l’inmaitrisable.
    Cette image peut donc fonctionner pour notre projet, au détail prés qu’ici, ce n’est pas la nature qui reprend ses droits mais la ville, elle-même définie par des usages (ce qui est fondamental).
    Ce squelette est donc support à usages et non à nature indomptable, ce qui a notre sens est l’unique moyen de lui donner une nouvelle vie au coeur de la cité.
    Angkor est en pleine foret, Lescure en pleine ville.

    Un autre point important à nos yeux concernant les réhabilitations de stades citées dans vos commentaires: l’échelle de tels équipements. Koolhaas lâche son violent « fuck context » mais issu de son texte Bigness. Le discours est donc bien de dire que plus un bâtiment a une échelle importante (bigness) plus il est compliqué voire impossible de le contextualiser (fuck context).
    Principal problème a nos yeux d’un stade en pleine ville. Pour aller à l’encontre de cette rupture d’échelle entre ville et ce genre de bâtiment qui n’a plus lieu d’être (je doute que les stades rénoves en hotels en Angleterre accueillent 80 000 personnes en un seul soir et la vidéo de presentation sur le site de westhamhotel.co.uk montre généreusement cette échelle complément absurde vis a vis de la ville) nous avons morcelé les usages (comme cela se passe habituellement en ville): une résidence étudiante dans la tribune nord, des jardins partagés sur la tribune Sud, et des programmes sportifs ponctuellement dans les virages.
    Nous revendiquons cette idée de « partie molle: le tissu urbain », il est primordial que ces nouveaux usages puisse changer, muter.

    je reprend l’image d’ « anonyme » de paysage naturel. la ville sadapte a ce stade (s’y accroche, le frôle, le surélève, se glisse dessous) comme a une montagne ou « l’on cultive en terrasses pour s’en approprier la pente »

    Concernant le commentaire de François sur les concours d’idées, je suis d’accord avec toi. Il est toujours difficile de choisir un direction de projet dans ce genre de concours (vers l’utopie ou vers le réaliste). Nous avons fait le choix du réalisme par convictions, malgré notre gout prononcé pour l’utopie…
    L’hotel est cité de nouveau, je répéte donc mon sceptissimse face a la confusion d’échelle de ce genre d’équipement. de plus Bonrdeaux n’est pas Londres, ni en nobre de toursites, ni en place financière ni en habitants, pour occuper ces chambres !

    bon j’ai été long, désolé, en tout cas c est tres plaisant de lire des critiques sur le projet, merci.
    Paul

  7. @François : c’est le principe d’un concours d’idées ! Il n’aboutit pas (forcément) sur une réalisation. Il s’agit donc d’y exprimer une vision voire une utopie, et non des détails constructifs ou autre. Le parc Lescure comme port suite à la montée des eaux ;p, c’est pas forcément réaliste, mais ça aurait sa place dans ce genre de concours ! Le jury fait son choix, mais fait aussi le choix de ce qu’il fera du « projet » lauréat. Rarement quelque chose.

    Je ne connais pas ce projet de Westham, mais il ne me semble pas convaincant, dans le sens que la ville ne se réapproprie pas cet espace, elle reste coincée aux alentours, et le Stade conserve son aspect de forteresse. C’est également une intervention dans la partie « dure », et en ce sens cela altère celle-ci, pour un usage qui n’a aucune justification par rapport au site (et qui peut disparaître du jour au lendemain). Je suis parfaitement en accord avec les architectes : c’est la partie molle qui doit s’adapter, évoluer comme évolue l’organisme vivant qu’est la ville, tandis que la coquille, elle, reste elle-même, telle qu’on l’a toujours connue. Oui à la ruine ! Les architectes citent Arles, mais je suis certain qu’ils auraient pu citer l’amphithéâtre de Marcellus, ou tous les nombreux exemples où l’histoire de l’architecture a servi de base, de matériaux aux constructions de centaines de générations (le temple Portunus, reconverti et utilisé comme église pendant des siècles, avant d’être à nouveau vidé de sa partie molle pour n’être aujourd’hui qu’une coquille)

    Encore bravo pour ce beau projet poético-romantique !

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