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A la triennale de Bruges, un pavillon flottant signé Selgascano

© Iwan Baan

Jusqu’à la mi-septembre, la ville historique de Bruges devient un terrain de jeu pour diverses œuvres d’art et installations publiques. La triennale de Bruges 2018 réunit ainsi quinze artistes et architectes sous le thème de «Liquid city». Il s’agit d’une pensée du sociologue Zygmut Bauman pour qui la cité s’enrichit de l’eau qui l’entoure ou la traverse, c’est une métaphore de la flexibilité et de la résilience à une époque où tout semble incertain.

Quand l’art et l’architecture occupent la ville

Les différents points de rencontre, les multiples pavillons et les événements artistiques forment un sentier ouvert censé rassembler les visiteurs dans des endroits inattendus voire atypiques. C’est l’idée même de cette manifestation artistique qui prouve que Bruges est non seulement une ville classique mais qu’elle est capable de puiser dans son histoire et devenir un terrain incontournable pour l’art contemporain ainsi qu’à l’architecture.

Quelle architecture aménagerait cet ensemble habité par les flux ? Dans le cadre de ce programme, l’agence d’architecture espagnole Selgascano apporte l’une des réponses en érigeant, au bord de l’eau, une structure organique accrocheuse qui offre une retraite paisible.

Une belle expérience artistique

Flottant sur le canal, la structure de Selgascano, nous rappelle à première vue le Murinsel de Graz, énorme coquillage flottant sur la rivière Mur, œuvre du créateur new-yorkais Vito Acconci dont j’avais parlé à plusieurs reprise comme ici. Sauf qu’à Bruges, la structure qui prend également une forme organique se démarque par sa fonction et ses teintes roses et orangées. la couleur de la façade du pavillon génère des vues filtrées de l’eau environnante et offre un endroit ensoleillé et serein pour s’arrêter et se reposer.

La silhouette sinueuse de la structure serpente à travers l’eau et repose sur une plate-forme flottante qui offre un endroit idéal pour les adultes et les enfants à patauger ou s’aventurer dans les canaux. le projet incarne l’un des principaux objectifs du triennal de Bruges 2018: susciter des rencontres et interpeller le public non seulement pour voir les œuvres d’art, mais aussi pour en faire l’expérience et faire partie du processus créatif.

La triennale de Bruges compte un bon nombre de surprises. A nous d’aller les découvrir.

© Iwan Baan
© Iwan Baan
© Iwan Baan
© Iwan Baan
© Iwan Baan
© Iwan Baan

Le site de Selgascano : ici.

Pour plus d’informations sur le projet, voir : ici et .

Les photos © Iwan Baan

Et si on parlait architecture aux enfants?

DR

Qui n’aimerait donner un peu de « culture architecturale » à son enfant ? A l’instar des activités culturelles ou sportives, de plus en plus de personnes cherchent des structures pour inculquer une certaine connaissance architecturale à leur progéniture. Comme certains architectes, je participe personnellement, de manière épisodique, à animer des ateliers au sein d’établissements scolaires et je me rend compte de la grande curiosité des enfants concernant l’architecture et les questions urbaines. C’est pourquoi, alors que des parents sont à la recherche de livres spécialisés, des associations voient le jour. A l’approche de Noël, Détails d’architecture vous présente quelques lieux où votre enfant, avec d’autres de son âge, pourra partir à la découverte architecturale. Un joli cadeau de Noël, non ?

En France

A Paris, en partenariat avec le Conseil Régional de l’Ordre des architectes d’Ile-de-France, L’atelier des P’tits archis n’est plus une adresse anonyme. En effet, Mlle Féfé et son ami Imhotep, deux marionnettes pleines de vie, vous proposent des ateliers d’architecture pour les enfants. Ceci se passe surtout à la Maison de l’Architecture en Ile-de-France mais aussi dans les écoles.

A Lyon, l’association Chic de l’Archi a pour but de sensibiliser et transmettre une culture architecturale, urbanistique, paysagère ainsi que technique auprès du jeune public. Grâce à la mise en place d’ateliers ludiques et créatifs conçus sur-mesure, en amenant les enfants sur les chantiers, cette dynamique structure fait découvrir les coulisses de la conception et de la construction à tous les curieux jusqu’à 16 ans.

A Libourne, la Rue du p’tit chantier est un Atelier d’architecture pour les enfants, il vaut aussi le détour.

A Rennes, les ateliers Carton Plume animés par Adélaïde ou Marie, emmènent tout au long de l’année les enfants en voyage à la découverte d’artistes, d’œuvres d’art, d’architectes et de bâtiments à travers le monde, le tout en s’amusant. N’est-ce pas une bonne idée ?

A Paris, d’autres ateliers pour enfants et des visites guidées sont également proposés par la Cité de l’architecture ainsi que le Pavillon de l’arsenal.

Et ailleurs

Allons cette fois-ci en Suisse, à Genève à la découverte de l’association Chantier Ouvert, qui, parrainée par la Maison de l’architecture de Genève, propose des cours publics mais aussi privés au Pavillon Sicli mais aussi in situ dans différentes structures scolaires ayant le but de sensibiliser différents publics vers une meilleure compréhension du paysage bâti.

A Lausanne, l’association Ville en tête, par ses projets et ses actions, s’engage dans la sensibilisation à l’environnement naturel et construit, notamment auprès du grand public et des jeunes en particulier.

En Belgique, à Liège, issu d’une collaboration entre les Rimbelles et la Maison de l’Urbanité, Créaville propose différents ateliers urbains pour les enfants âgés entre 5 et 12 ans.

A Londres, au RIBA, au 66 Portland Place, en jouant et en s’amusant, côtoyés par des architectes et des artistes, familles et enfants explorent l’architecture et les grandes constructions à travers des ateliers numériques.

Au Canada, tandis que le centre canadien de l’architecture organise Lors de chaque exposition, des visites pour les étudiants, kumulus, situé à Montréal, sensibilise le jeune et le grand public à l’importance du design et de l’architecture.

Retour en Italie, où le Palladio kids est le programme didactique du Musée Palladio de Vicenza pour promouvoir et diffuser la culture de l’architecture des jeunes générations. En accord avec la stratégie culturelle du musée, Palladio Kids se tourne vers la Renaissance pour étudier des thèmes et des concepts significatifs de nos jours afin de créer une plateforme culturelle pour l’architecture de demain.

Il existe d’autres structures de par le monde qui diffusent la connaissance architecturale aux enfants mais aussi aux adultes, Détails d’architecture partira à leur recherche et les ajoutera au fur et à mesure à cette liste non exhaustive. D’ici là tout commentaire concernant ce sujet, serait le bienvenu !

A Anvers un paquebot de cristal signé Zaha Hadid Architects

© Hufton Crow
© Hufton Crow

Le 22 septembre 2016, a eu lieu à Anvers l’inauguration d’un extraordinaire projet. Il s’agit de la rénovation ainsi que de l’extension d’une caserne de pompiers désaffectée en un nouveau siège pour le port. Un manifeste pour la ville des diamantaires !

L’autorité portuaire d’Anvers vient d’avoir son nouveau siège. L’édifice de cinq étages aux parois d’aluminium et de verre facettées et juché à plus de 46 mètres de haut constitue la curiosité du moment. Le visiteur y trouve un restaurant avec une vue panoramique sur les docs, le tout à la somme de 31,5 millions d’euros. D’autant plus que l’ensemble est signé par Zaha Hadid Architects.

Un atypique deux en un

Le nouveau « Port House » d’Anvers rénove et étend une caserne de pompiers abandonnée en un nouveau siège pour le port réunissant dans une même structure 500 membres du personnel du port qui a déjà travaillé dans plusieurs bâtiments séparés dans la ville.

Avec 12 kilomètres de quais, Anvers est le deuxième plus grand port maritime d’Europe, desservant 15.000 navires de commerce et 60.000 bateaux chaque année. La ville qui gère 26% du transport maritime de conteneurs du continent européen fournit environ 150.000 emplois de quoi penser sérieusement à une future expansion qui répond à son développement.

En 2007, lorsque les anciens bureaux étaient devenus trop exigus et après avoir délocalisé une partie de ses services le port a décidé le regroupement de ces derniers en leur proposant une structure unique capable de répondre aux diverses exigences actuelles. La parcelle qui comportait l’ancien commissariat offrait d’énormes avantages. D’autant plus qu’un nouveau bâtiment avait pris déjà le relais de l’ancienne caserne.

Le département de l’architecture avec les autorités municipales et portuaires a organisé le concours d’architecture pour le nouveau siège qui devait intégrer l’édifice désaffecté dans le  projet. La proposition de Zaha Hadid Architects qui se base sur une étude détaillée du site ainsi que du bâtiment existant a été choisie.

Comme la proue d’un navire

Marc Van Peel, président du Port d’Anvers, a déclaré: « Il n’y avait qu’une seule règle prévue dans le concours d’architecture, à savoir que le bâtiment d’origine devait être préservé. Il n’y avait pas d’autres exigences imposées pour le positionnement du nouveau bâtiment. Le jury a donc été agréablement surpris quand les cinq candidats présélectionnés ont tous opté pour une structure moderne au-dessus du bâtiment d’origine. Ils ont tous combinés du neuf avec du vieux, mais la conception de Zaha Hadid Architects a été la plus brillant . »

Le nouveau volume «flotte» au-dessus de l’ancien bâtiment tout en respectant chacune des façades qui selon les architectes devraient être traitées avec la même importance (vu leur emplacement au bord de l’eau). Comme la proue d’un navire, la nouvelle extension pointe vers l’Escaut, reliant le bâtiment avec la rivière sur laquelle Anvers a été fondée.

Entourée d’eau, la façade de la nouvelle extension est une surface vitrée qui ondule comme des vagues et reflète l’évolution des tons et des couleurs du ciel et de la ville. Alors que la plupart des facettes triangulaires sont transparentes d’autres sont opaques. Ce mélange calibré régule la luminosité au sein du bâtiment tout en offrant une vue imprenable sur les environs.

La nouvelle extension apparaît comme une forme soigneusement façonnée qui change son apparence avec l’intensité changeante de la lumière du jour. La cour centrale de l’ancienne caserne de pompiers a été recouverte par un toit en verre. De cet atrium central, les visiteurs accèdent à la salle de lecture publique et à la bibliothèque. Les ascenseurs panoramiques offrent un accès direct à la nouvelle extension avec un pont extérieur qui relier le bâtiment existant et la nouvelle extension.

Marc Van Peel a déclaré: « Le style architectural du bâtiment d’origine, une réplique de l’ancienne Hansa House, rappelle le 16ème siècle, le » siècle d’or  » d’Anvers. Mais aujourd’hui, au-dessus, une structure contemporaine en verre brillant a été construite, dont je suis sûr, elle représente un nouveau siècle d’or pour Anvers. »

Zaha Hadid Architects vient de façonner le nouvel emblème de la ville.

© Tim Fisher
© Tim Fisher
© Hufton Crow
© Hufton Crow
© Hufton Crow
© Hufton Crow

De l’usine au parc public

© Johnny Umans
© Johnny Umans

En Belgique, l’agence Vandriessche Architecten a réhabilité un ancien site industriel datant du début du 20ème siècle en le reconvertissant en un plaisant projet urbain. Un impressionnant parc public voit ainsi le jour.

La reconversion de l’ancienne usine fait partie du renouvellement et de la régénération d’une fraction entière de la ville. Un projet porté par la société du développement urbain de la ville de Gant. Une mutation qui restitue à la ville un espace longtemps délaissé.

A Gand, au début du siècle dernier, la fabrique de textile De Porro a connu une période florissante. Après la seconde guerre mondiale, lourdement bombardée elle a survécu aux diverses difficultés et a continué de fabriquer des produits de qualité. C’est dans les années quatre-vingt que l’usine a été forcée à fermer suite à sa faillite. Il s’en suit une longue période d’abandon pendant lequel l’usine devient un lieu reculé voire même dangereux. Devenu le théâtre des saccageurs, l’architecture s’est petit à petit délabrée et l’ensemble ressemblait à une ruine.

Sauver le patrimoine industriel

L’objectif était de créer un parc diversifié pour le voisinage. C’est avéré un exercice délicat et créatif où les architectes ont préservé les murs et les constructions tout en maintenant la logique dans les différentes fonctions du parc. Le plan orthogonal de l’ancienne usine de textile est utilisé comme modèle de base pour l’aménagement de nouveaux espaces verts de formes organiques et la création de plusieurs cheminements.

Au centre du parc, la tour de refroidissement a été préservée et restaurée, elle devient un bel emblème qui ressemble à une sculpture permanente. Une fragile structure de verre blanc a été érigée en face de la construction en béton massif de la tour de refroidissement. Le pavillon, éclairé de l’intérieur, montre la turbine à vapeur qui est une pièce unique et dont seulement cinq exemplaires existent encore dans le monde. Le vieux réservoir de refroidissement à côté de la turbine à vapeur a été réaménagée comme un bassin de jeu. De là, l’eau coule dans un étang peu profond créant un aire ludique très appréciée par les enfants.

La tour de refroidissement devient ainsi un nouveau point de repère qui relie le parc à son environnement et grâce à l’intervention de Vandriessche Architecten le patrimoine industriel est sauvé.

© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans

Le site de Vandriessche Architecten : ici.

Les photos:  © Johnny Umans

A Dilbeek, le défi urbain prend la forme d’une académie de musique

© Miguel de Guzmán

En Belgique, l’académie MWD réalisé par l’architecte Carlos Arroyo outre l’enseignement de musique, de théâtre et de danse, offre à la ville un gracieux objet architectural qui allie esthétisme et fonctionnalité.

Dilbeek est une commune belge connue par un riche patrimoine constitué de châteaux. La ville qui, aujourd’hui, est constituée de vastes lotissements de villas n’a pas perdu pour autant son empreinte industrielle ainsi que sa facette rurale.

L’édifice est situé dans le centre ville de Dilbeek, dans un contexte difficile où se trouvent diverses variétés de constructions comme la Mairie, les restaurants, la place principale avec côté nord une zone protégée constituée par la forêt et côté est un groupement de résidences à l’architecture classique.

Dès le départ, la question était de savoir comment harmoniser les différentes conditions tout en réalisant un bâtiment de qualité. Tout d’abord, les architectes ont conçu un volume qui s’avère être une transition douce entre l’échelle des maisons environnantes. Ensuite, concevoir une surface qui reflète les résidences situées de l’autre côté de la rue et enfin un porte à faux. En plus d’un accès unique sur le côté de l’édifice ainsi qu’un espace public couvert menant à l’entrée de l’académie.

L’image du projet a été peaufinée en conséquence, avec les touches de couleurs pixellisés, la façade respire un adorable air de dynamisme autant par l’existence des lignes que les rythmes géométriques ou la texture. Il s’agit là de divers composants de la musique interprétés d’une manière ludique. Ailleurs sur les autres façades, les panneaux métalliques réfléchissent le ciel ou la forêt environnante.

La séparation des fonctions est minutieusement étudiée via la scission des deux ensembles, l’auditorium et l’académie. À l’autre extrémité de l’immeuble, il existe un  endroit formellement reconnaissable, il s’agit d’un double escalier avec des bancs et vue sur la forêt. Il est facile d’imaginer les habitués assis sur les bancs en train de discuter, de contempler les environs ou bien tout simplement attendre le cours suivant.

La compacité du volume réduit considérablement la consommation de l’énergie. Les murs porteurs recouverts d’un isolant de l’extérieur sont visibles de l’intérieur du bâtiment et offrent une bonne inertie thermique à ce dernier. Les ouvertures sont étudiées de sorte qu’elles fournissent le nécessaire de luminosité. Les intérieurs sont de couleur blanche pour réfléchir la lumière dans toutes les directions. Même l’auditorium est conçu pour fonctionner avec seulement la lumière naturelle. Les matériaux de construction choisis assurent un maximum de respect pour l’environnement. L’eau de pluie est récoltée pour être réutilisée ultérieurement.

Que de qualités pour un édifice culturel qui a changé le visage de Dibleek.

© Miguel de Guzmán

© Miguel de Guzmán

© Miguel de Guzmán

Le site de l’architecte Carlos Arroyo : ici.
Les photos : © Miguel de Guzmán

En bambou…

Elle se trouve à Beukenlaan, en Belgique. Nichée dans un environnement boisé cette maison en bambou simple et aux lignes pures attire l’attention. Tout d’abord, un terrain difficile, une pente raide qui ne facilite pas l’implantation et une étroitesse qui nécessite une grande organisation. Malgré les difficultés affichées, les architectes de l’agence AST77 ont su tirer profit de la situation. Les façades sont couvertes de cadres en acier noir comprenant des rondins en bambous chose qui facilite l’intégration visuelle de la maison dans le bosquet. L’intérieur est lumineux et la couleur blanche côtoie le bois dans la plupart des pièces. C’est une maison qui respecte les dernières normes énergétiques grâce à l’utilisation de la pompe à chaleur, de l’orientation de ses pièces et de son système d’isolation. C’est une curiosité à découvrir : ici.

Le site des architectes de AST77 : ici.
LA photo : © Steven Massart.