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Et si on allait vivre dans une grue ?

 

© Edward van Vliet

A Amsterdam, Edward van Vliet convertit une grue qui surplombe la fleuve d’IJ en une charmante résidence de plusieurs étages. A l’aide de quelques conteneurs maritimes empilés accueillant des espaces de vie l’architecte fait un subtil clin d’œil au passé industriel de la région.

D’un patrimoine industriel

En collaboration avec la municipalité, une société locale gère l’appartement dont elle a supervisé également la rénovation. La grue est située dans la région des Docklands qui se trouve à l’est de la ville néerlandaise, une zone lourdement bombardée pendant la seconde guerre mondiale.

La grue a été érigée en 1957 et a fonctionné jusqu’en 1979 où le transport de conteneurs a pris le relais et la rivière IJ est devenue par la suite trop étroite. Dans le cadre de la transformation du quartier industriel en quartier résidentiel, la grue été transportée et gardée comme témoin du passé industriel de la région. Depuis, la structure a été rénovée et a de nouveau trouvé sa place dans l’ancien port, qui entre temps est devenu un centre créatif prospère comprenant plusieurs galeries d’art, des restaurants et des boutiques indépendantes.

En un appartement de vacances

L’architecte Edward van Vliet a été mandaté pour transformer la grue en un avenant lieu de vacances. Tout en offrant aux visiteurs une expérience unique et un panorama extraordinaire, l’intérieur cherche à rendre hommage à l’histoire industrielle d’Amsterdam.

L’appartement mesure à peine 40 m², il est composé de trois niveaux de conteneurs empilés dans le squelette même de la grue. Le visiteur peut accéder à une entrée qui donne sur un salon via des escaliers situés sur le port. L’ espace cuisine et la salle à manger sont accessibles par d’autres escaliers métalliques. Le premier étage est composé d’une chambre à coucher ainsi que d’une salle de bain, sa baignoire et sa douche. Le conteneur supérieur accueille une autre chambre dotée d’une grande ouverture vers le large. L’intérieur est composé de détails soignés qui rappellent constamment le passé industriel.

Après les conetneurs habités, voici la grue habitée. Amsterdam fait preuve d’un intelligent recyclage.

© Edward van Vliet
© Edward van Vliet
© Edward van Vliet
© Edward van Vliet
© Edward van Vliet
© Edward van Vliet

Le site d’Edward van Vliet: ici.

Les photos: © Edward van Vliet

A Mexico, un bâtiment industriel revisité

 

© Rafael Gamo

A Naucalpan, dans la périphérie de Mexico, dans une zone industrielle parsemée d’entrepôts, le studio d’architecture mexicain Arqmov Workshop a revisité un bâtiment industriel en ajoutant une façade à motifs, des fenêtres qui donnent vers l’extérieur et une imposante entrée à l’un des coins de la bâtisse. Contrastes et sobriété sont au rendez-vous.

L’environnement résidentiel de ce centre commercial qui occupe un site triangulaire est marqué par l’auto-construction. Les matériaux des résidences environnantes se révèlent sous leur état brut. Ces derniers, dépourvus de toute finitions, donnent à l’ensemble des constructions une certaine cohérence.

La parcelle est délimitée par deux rues animées, elle abrite un édifice qui était autrefois un atelier automobile. Le pari des architectes, dès le départ, était la conservation des éléments existants tout en apportant à l’ensemble une fonctionnalité conforme aux nouvelles normes.

Garder l’ancien

Le changement semble radical mais si nous nous approchons nous pouvons constater que l’enveloppe garde ses caractéristiques d’origine. Les architectes ont habillé les façades de briques et de béton gris et rouge, ils ont ajouté à l’ensemble des fenêtres tout en leur accordant une légère inclinaison vers l’extérieur. De même, sur le coin pointu du bâtiment, l’équipe a évidé une partie du niveau inférieur pour y ajouter une accueillante entrée.

À l’intérieur, il a été crée un couloir central bordé des deux côtés par des vitrines vitrées où les gens peuvent aisément se balader. L’ensemble est éclairé d’une manière zénithale et la lumière y est abondante. En utilisant les mêmes méthodes de construction que la structure existante, les architectes ont rajouté une mezzanine lié au niveau principal par un escalier bleu avec des murs en verre.

La reconversion de l’atelier automobile en un centre commercial par l’agence Arqmov Workshop est une belle réussite qui respecte le passé industriel du bâtiment tout en l’accordant au goût du jour. Un projet qui vaut le détour.

© Rafael Gamo
© Rafael Gamo
© Rafael Gamo
© Rafael Gamo
© Rafael Gamo
© Rafael Gamo

Le site de l’agence d’architecture Arqmov Workshop : ici.

Les photos : © Rafael Gamo

D’un édifice industriel en musée d’art

© Wang Ning
© Wang Ning

En Chine, non loin de la gare de Zibo, l’architecte Han Wenqiang (Arch studio) a réalisé la réhabilitation ainsi que la reconversion d’un ancien bâtiment industriel en un musée d’art de la calligraphie et de la peinture contemporaine. Un projet qui tisse les liens entre patrimoine, architecture, art et paysage.

Dans la province de Shangdong, sur une zone délabrée connue par son passé industriel, Arch Studio vient de reconvertir une usine pharmaceutique datant de 1943 en un accueillant musée. Il s’agit de la préservation d’un patrimoine voué à la déshérence via l’accomplissement d’un travail minutieux qui vaut le détour.

Un projet atypique

Suite au développement de l’urbanisation, l’ancien atelier pharmaceutique a été contraint d’arrêter en subissant le transfert vers un quartier neuf aux normes actuelles et plus adéquat. L’usine vide restée sur place a été donc abandonnée. Cependant, l’équipement en soi avait de gros atouts : sa structure à longue portée et son emplacement ont été privilégiés par plusieurs communautés d’artistes qui y ont trouvé un extraordinaire terrain de jeu. Sauf qu’en Chine la réutilisation des espaces industriels abandonnés n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui rend le projet encore plus atypique.

Depuis, l’idée de la transformation de l’usine en un musée d’art est devenue une réalité. L’ensemble formé de trois entités distinctes s’étend sur 3800 m²et contient quelques espaces de stockage. Ainsi, les trois hangars en briques ont été nettoyés et reliés entre eux par des passerelles vitrées, soulignant les liens visuels et historiques avec les alentours.

Intérieur et extérieur

L’architecture met également l’accent sur la relation entre intérieur et extérieur via un couloir translucide et incurvé où l’on trouve une librairie, un salon de thé et un atelier d’art. Quand le visiteur avance dans le couloir, il verra un scénario évolutif à plusieurs reprises. Le bâtiment d’origine qui a conservé les caractéristiques originales traditionnelles de l’architecture industrielle rendu au goût du jour via son éclairage et ses murs modernes. Outre les salles d’exposition le musée comporte cinq ateliers d’artistes, dont un qui accueille un artiste en résidence.

Avec le développement de l’économie et de l’expansion rapide de l’urbanisation en Chine, de nombreux édifices anciens ont été démolis. La reconversion d’une usine en un musée d’art est une remarquable démarche qui sauve le patrimoine industriel.

© Wang Ning
© Wang Ning
© Wang Ning
© Wang Ning
© Wang Ning
© Wang Ning

Le site d’Arch studio : ici.

Les photos : © Wang Ning

De l’usine au parc public

© Johnny Umans
© Johnny Umans

En Belgique, l’agence Vandriessche Architecten a réhabilité un ancien site industriel datant du début du 20ème siècle en le reconvertissant en un plaisant projet urbain. Un impressionnant parc public voit ainsi le jour.

La reconversion de l’ancienne usine fait partie du renouvellement et de la régénération d’une fraction entière de la ville. Un projet porté par la société du développement urbain de la ville de Gant. Une mutation qui restitue à la ville un espace longtemps délaissé.

A Gand, au début du siècle dernier, la fabrique de textile De Porro a connu une période florissante. Après la seconde guerre mondiale, lourdement bombardée elle a survécu aux diverses difficultés et a continué de fabriquer des produits de qualité. C’est dans les années quatre-vingt que l’usine a été forcée à fermer suite à sa faillite. Il s’en suit une longue période d’abandon pendant lequel l’usine devient un lieu reculé voire même dangereux. Devenu le théâtre des saccageurs, l’architecture s’est petit à petit délabrée et l’ensemble ressemblait à une ruine.

Sauver le patrimoine industriel

L’objectif était de créer un parc diversifié pour le voisinage. C’est avéré un exercice délicat et créatif où les architectes ont préservé les murs et les constructions tout en maintenant la logique dans les différentes fonctions du parc. Le plan orthogonal de l’ancienne usine de textile est utilisé comme modèle de base pour l’aménagement de nouveaux espaces verts de formes organiques et la création de plusieurs cheminements.

Au centre du parc, la tour de refroidissement a été préservée et restaurée, elle devient un bel emblème qui ressemble à une sculpture permanente. Une fragile structure de verre blanc a été érigée en face de la construction en béton massif de la tour de refroidissement. Le pavillon, éclairé de l’intérieur, montre la turbine à vapeur qui est une pièce unique et dont seulement cinq exemplaires existent encore dans le monde. Le vieux réservoir de refroidissement à côté de la turbine à vapeur a été réaménagée comme un bassin de jeu. De là, l’eau coule dans un étang peu profond créant un aire ludique très appréciée par les enfants.

La tour de refroidissement devient ainsi un nouveau point de repère qui relie le parc à son environnement et grâce à l’intervention de Vandriessche Architecten le patrimoine industriel est sauvé.

© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans
© Johnny Umans

Le site de Vandriessche Architecten : ici.

Les photos:  © Johnny Umans

Un extraordinaire parc urbain

© Bell Phillips Architects
© Bell Phillips Architects

A Londres, dans le cadre du plan de réamènagement du quartier de King Cross, l’agence d’architecture Bell Philips Architects a reconverti un ancien réservoir de gaz datant de l’époque victorienne en un joyeux parc circulaire. Le résultat est tout simplement remarquable !

Après 150 ans d’utilisation industrielle, la zone qui se trouve dans le nord de la station King Cross se transforme petit à petit en un nouveau quartier dynamique. Nous y trouvons de nouvelles maisons, des commerces, des bureaux, des lieux culturels, des bars ainsi que des restaurants. Dans cette fraction de ville s’est glissée même une université. Les bâtiments historiques sont tous restaurés et l’architecture contemporaine y prend une grande importance.

Le patrimoine industriel est sauvé

Parmi toutes ces reconstructions ou réhabilitations, il existe un atypique projet qui vaut le détour. Construit en 1850, le réservoir de gaz situé dans le quartier de King Cross a été complètement nettoyé en 2000. La struture qui reste aujourd’hui, étant classée, la proposition des architectes était de la garder et d’introduire en son milieu une zone verte qui sera utilisée comme un parc par tous les habitants du quartier.

En conséquence, la construction d’origine s’est vue octroyée une nouvelle structure parallèle à l’ancienne formée par des colonnes ainsi qu’une ombrelle qui sert de promenade autour du parc et met en évidence la juxtaposition entre l’ancien et le nouveau. L’ensemble qui exhale un doux contraste de générations contribue à la préservation du patrimoine industriel tout en offrant un nouveau parc public au quartier. C’est un projet novateur qui donne naissance à un espace fonctionnel, convivial et utile. Une réhabilitation réussie !

© Bell Phillips Architects
© Bell Phillips Architects
© Bell Phillips Architects
© Bell Phillips Architects

Le site de Bell Phillips Architects : ici.

Les photos : © Bell Phillips Architects

Plus d’informations sur ce projet: ici et .

Accrochée à la pente

© Luis Ferreira Alves

Construire une école hôtelière en plein cœur d’un complexe industriel abandonné est un difficile défi à relever. Eduardo Souto de Moura fait partie de ces grands architectes qui adaptent leur architecture au contexte quoi qu’il soit. Une intervention délicate qui a fait naître un élément structurel et vital pour la réhabilitation de l’ancienne zone de l’usine de Robinson.

Portalegre est une ville portugaise à l’histoire mouvementée. Dans cette localité où se trouve un ancien complexe industriel, les autorités ont souhaité d’installer un projet hôtelier qui est le premier bâtiment appartenant au plan de régénération de toute la région. Le délicat travail a été mené par l’architecte Eduardo Souto de Moura qui a installé l’édifice sur la pente en lui conférant une allure neuve qui fait un doucereux clin d’œil aux anciennes résidences du territoire.

Quand l’architecture continue à préserver le patrimoine

Le bâtiment s’apparente à une boîte posée sur le remblai existant définissant un grand balcon où donnent tous les principaux espaces de l’école (que ce soient les salles de classe, la bibliothèque, le salon, le bar ainsi que le restaurant).

Le parallélépipède, fermé au nord, présente en son intérieur plusieurs puits de lumières qui assurent une grande luminosité à son intérieur. L’architecture est épurée, les traits sont fins et les détails soignés, en conséquence l’édifice exhale un étonnant caractère sans ostentation.

Avec le projet de Portalegre, la tradition architecturale portugaise se dévoile à partir d’une œuvre singulière qui accompagne le paysage.

© Luis Ferreira Alves

© Luis Ferreira Alves

Les photos : © Luis Ferreira Alves

A la découverte d’une gracieuse reconversion

© Anna Sundström

Dans la mer baltique, sur l’île de Gotland, l’agence d’architecture suédoise Skälsö Arkitekter  a réaménagé un ancien entrepôt de calcaire datant de 1900. Avec cette délicate réhabilitation l’architecture industrielle de l’édifice est révélée dans toute sa splendeur.

C’est sur la plus grande île de la Suède où se trouve Visby la vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, que les architectes de Skälsö Arkitekter  ont réalisé leur projet. Une reconversion qui n’a fait aucun effort pour cacher le caractère industriel des lieux. Ainsi, l’architecture est préservée et le cachet de l’ancien enrichit l’ensemble.

Le hangar à l’histoire tumultueuse gardait son caractère d’autrefois, il n’était pas gravement endommagé, c’est pourquoi, les architectes n’ont ajouté aucun artifice se contentant d’intervenir quand c’était nécessaire. La structure principale restant intacte, la conception spatiale a été adaptée à des futures extensions et modifications.

Les portes d’origine en bois ont été remplacées par des portes vitrées pour apporter  la lumière naturelle à l’intérieur. Le bâtiment est formé d’une seule grande salle, meublée avec des chaises sur mesure conçus par Skälsö Arkitekter en collaboration avec Kristoffer Sundin, unifiant l’apparence interne de l’édifice. Une manière qui met visuellement l’ensemble en valeur.

Aujourd’hui, les lieux sont de nouveaux occupés et visités, à la place de l’entrepôt se trouve un coquet restaurant qui fait également galerie d’art. Grâce à cette gracieuse réhabilitation, un nouveau lieu de retrouvailles pour les habitants a vu le jour.

© Anna Sundström

© Anna Sundström

© Anna Sundström

Le site de l’agence d’architecture Skälsö Arkitekter : ici.

Les photos : © Anna Sundström

« Kunsthülle »

01 © Johannes Marburg

Pour combler le toit d’une ancienne usine, la fondation Greenland Street a invité en 2006 les architectes de l’agence Office for Subversive Architecture pour développer une installation capable de devenir un lieu majeur d’art contemporain à Liverpool. Il en résulte un charmant espace où innovations et talents se rencontrent.

Baptisée « Kunsthülle », il s’agit d’une installation éphémère qui avait pris en 2006 temporairement place sur les toits d’une ancienne usine se trouvant à Liverpool. A l’époque, la structure était censée accueillir un lieu ludique pour les conférences, les spectacles ainsi que divers évènements qui abordent l’art.

Les architectes mandatés ont conçu une installation qui se griffe sur l’existant, se compose de deux espaces et crée la surprise surtout via sa texture qui permet aux visiteurs de se déplacer à son intérieur en passant par un rideau pliant en PVC.

Avec sa peau translucide, la nouvelle extension est constituée de deux couches distinctes et éloignées : une couche extérieure de couleur blanche qui protège l’espace des divers changements de température et une autre couche intérieure, de couleur rouge, qui procure une protection thermique et phonique. Ainsi, vents et lumières peuvent donner un caractère dynamique à cet espace nouveau aux vues fantastiques sur les environs.

Le projet de la « Kunsthülle » met en avant l’héritage industriel du quartier tout en proposant un espace communautaire utile et agréable à tous. Il s’agit d’un joyeux mélange qui, depuis, a réussi à engager le débat public autour du patrimoine décrépi et sa réutilisation voire sa régénération. Un bel exemple à suivre pour tout patrimoine en déshérence.

02 © Johannes Marburg

03 © Johannes Marburg

04 © Johannes Marburg

Le site des architectes de OSA (Office for Subversive Architecture) : ici.

Les photos : © Johannes Marburg