Archives par mot-clé : béton

beton, concrete

St. Klemenz Kirche, un joyau en béton signé Walter Maria Förderer

© Sipane Hoh

L’église de Saint Klemenz a été construite dans la commune suisse de Bettlach (Bâche) en 1965-1969 par l’architecte Walter Maria Förderer qui a construit huit églises dans le même style brutaliste intemporel. Aussi sobre que délicat, l’ensemble garde jusqu’à nos jour, son allure extraordinaire mais aussi son style remarquable.

D’étranges objets totémiques

Dans les années soixante, l’architecte Walter Maria Förderer a conçu huit églises en Suisse et en Allemagne. Influencé par le grand maître Le Corbusier, et plus encore par l’architecture gothique, l’homme de l’art a conçu des d’étranges objets totémiques qui forment désormais certains des édifices religieux les plus avant-gardistes d’Europe.

A noter que les églises modernes d’après-guerre sont nées surtout de nécessité. A l’époque, l’Europe, ravagée par la guerre, avait perdu d’innombrables lieux de culte. De la fin des années 1950 jusqu’aux années 1970, le pays a construit plusieurs églises qui comptent parmi les plus avant-gardistes d’Europe. Le matériau utilisé était le béton brut, une matière qui a été reprise plus tard dans d’autres constructions par les architectes suisses.

Un formalisme remarquable

Walter Maria Förderer, né en 1928, a commencé comme sculpteur et son utilisation du béton a évolué au fur et à mesure de l’avancement de sa carrière. Tandis que certains architectes ont gardé le fonctionnalisme, Förderer a manipulé adroitement le béton brut pour en arriver à un certain formalisme remarquable et identifiable qui frise parfois même l’excentricité et la fantaisie. Une fantaisie que l’on décèle dans les traits de la St. Klemenz Kirche et qui interpelle tout curieux d’architecture.

L’œuvre de Förderer constitue une curiosité architecturale et plastique à part entière et sous ses allures brutalistes, l’ensemble porte un interêt structurel qui fascine jusqu’à nos jours. A noter que l’église a été rénovée en 2013. L’architecte qui a abandonné l’architecture par la suite pour continuer sa carrière dans la sculpture laisse derrière lui quelques réalisations inaccoutumées probablement peu fréquentées vu leur situation géographique, mais résolument contemporaines.

Les photos : © Sipane Hoh

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Casa CG, la séduisante maison signée Pedro Henrique

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, à Arrifana, dans un environnement privilégié et idyllique, l’architecte Pedro Henrique a réalisé la Casa CG, une maison familiale aux traits purs et aux lignes discrets. Sobriété et élégance sont au rendez-vous.

Entre terre et mer

L’architecte nous raconte que la parcelle se trouve sur un plan surélevé par rapport à la rue et s’ouvrant sur un champ, elle est définie par les grands arbres qui nous procurent des sensations visuelles vécues grâce aux différentes palettes de couleurs qu’apporte chaque saison. C’est dans cet environnement idyllique, entre terre et mer que Pedro Henrique a construit son projet, une maison familiale aux lignes sobres et aux traits purs.

Un ensemble de volumes forme la maison qui incarne un archétype reconnaissable et divise l’espace intime et commun, séparant les chambres de la cuisine et des salons. « Ces volumes sont organisés selon différentes orientations à la recherche de la meilleure relation entre eux, et les uns avec les autres. » Nous raconte l’architecte. En effet, le contraste entre les façades en béton brut et l’intérieur de la maison crée une sensation singulière, ressentie à travers les patios, les lucarnes et les escaliers.

simplicité et sobriété

L’espace collectif s’étend à l’extérieur et à l’étage supérieur, créant une variété d’espaces de vie tout en étant en proximité des ménages. La partie qui comprend les chambres, comporte un espace extérieur couvert offrant de l’intimité et permettant, simultanément, à la lumière naturelle d’inonder l’intérieur. Afin d’intensifier le rapport à la nature, la maison évoque la simplicité et la sobriété qui caractérisent l’environnement.

L’intérieur se caractérise par le joli croisement des matières où le béton brut cohabite à merveille avec le bois des planchers et les murs blanches immaculées. L’ensemble dégage un atmosphère serein où règnent la sobriété et la grâce. Pedro Henrique a fait tout son possible pour engendrer un ensemble élégant où il fait bon vivre. Un projet remarquable à découvrir sans tarder.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Pedro Henrique Arquiteto : ici.

Facebook: https://www.facebook.com/pharq/ Instagram: @pedrohenriquearquiteto

Les photos: © Ivo Tavares Studio

Facebook: www.facebook.com/ivotavaresstudio. Instagram: @ivotavaresstudio

Frugale mais sensible, la réalisation de Farid Azib à Saint-Lô

© Luc Boegly

Le nouveau technopôle de Saint-Lô vient d’être terminé. Il s’agit d’un bâtiment remarquable, identifiable de loin, à l’allure fière, à la fois sobre et frugal qui constitue le point de départ de la nouvelle zone d’activité dédiée aux diverses entreprises innovantes du territoire. Un projet qui porte la signature habile de Farid Azib (RANDJA).

Une forme simple, un programme complexe

A Saint-Lô, une forme simple accueille un programme complexe dont des espaces de co-working, d’autres de réceptions et de démonstration ainsi qu’un auditorium, le tout dans un écrin minéral qui allie monumentalité et élégance. L’architecte Farid Azib et son agence ont été retenu en 2015 pour mener à bien le projet. « j’en étais très heureux. Connaissant mal la région et la ville de Saint-Lô, je sentais pourtant une attirance pour ce territoire à la géographie particulière, cette grande presqu’île réelle et ancienne, et j’avais toujours été interpellé par la dénomination « Manche », le nom donné au département. Cet attrait, tout autant que la programmation, a fortement motivé ma candidature. » Déclare l’architecte.

Mais ce territoire peu connu de certains, a su au fil du temps rebondir tout en se projetant vers l’avenir. En effet, la ville de Saint-Lô possède une histoire chaotique, ayant été bombardée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle porte les stigmates du passé, mais elle est aussi capable d’envisager l’avenir, un avenir où l’architecture joue l’un des rôles les plus importants. Et c’est sous la houlette de Farid Azib que la renaissance architecturale de ce morceau de ville se profile. L’architecte puise ainsi dans le passé de Saint-Lô pour écrire, avec les mêmes matériaux, un chapitre nouveau où texture et matérialité se croisent dans la plus simple des formes et composent le futur Technopôle Agglo 21. Minéralité et robustesse sont donc les caractéristiques de la nouvelle réalisation qui allie admirablement et avec la plus grande finesse, l’agrégat, la roche et le béton.

« Ce sera l’agrégat, le béton, le même utilisé au lendemain de la guerre, cette roche pulvérisée en gravats, que Saint-Lô a ramassée, triée, assemblée pour en faire à nouveau des murs solides et protecteurs. Le béton se confond avec l’histoire récente de la ville, ce matériau ayant beaucoup servi pour la reconstruction. Cette histoire avec le béton coïncide avec l’établissement d’excellents maçons venus d’Italie pour reconstruire la ville meurtrie. Ils vont créer des entreprises de gros œuvre exemplaires spécialisées dans le béton, qui œuvrent encore aujourd’hui ; la société Zanello qui a merveilleusement exécuté cet ouvrage, est l’une d’elles. » Raconte l’architecte.

Une conception sobre et lumineuse

A Saint-Lô, l’architecte n’a pas souhaité d’engendrer un volume pimpant aux vues magnifiques mais toute son attention a été orientée vers une conception sobre qui englobe les fonctions à l’intérieur des murs épais tout en dynamisant les interactions entre les usagers. Ainsi, les vues sur le paysage ne sont pas spécialement recherchées, à l’exception de l’amphithéâtre de 280 places, qui, exposé à la départementale, présente à la vue des automobilistes, la fonction du bâtiment. Un geste inattendu qui offre au regard des passants, un édifice différent des autres entités commerciales présentes aux alentours. L’intention de l’architecte était donc la générosité des espaces intérieurs mis à disposition des utilisateurs des lieux.

Néanmoins malgré l’aspect hermétique du projet, l’ensemble, manié avec tact par Farid Azib, dévoile plusieurs adorables surprises. En effet, si l’on regarde de près, l’équipement interagit avec son environnement. Notons par exemple l’espace « escalier-gradin » qui constitue un hémicycle de plein air en prolongement de l’amphithéâtre intérieur programmé. De même, l’agencement se fait par juxtaposition afin d’éviter les couloirs, l’architecte a conçu des espaces généreux où la lumière naturelle est toujours présente. Ainsi, le projet, qui semble opaque depuis la façade située au sud, sur les parkings, s’avère être baigné de lumière grâce aux larges baies vitrées donnant sur les patios intérieurs.

Outre l’exemplarité de la conception structurelle et la technicité de sa mise en œuvre inédite, le nouveau technopôle de Saint-Lô, à l’allure aussi monumentale que frugale, dévoile une indéniable sensibilité qui fait sa spécificité.  

© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly

Le site de Farid Azib (RANDJA) : ici. (A noter que l’architecte Dhouha Hamdi est le chef de projet.)

Les photos : © Luc Boegly

Casa Santa Marinha, la charmante réalisation signée Paulo Moreira

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, l’architecte Paulo Moreira a réalisé une charmante villa qui se caractérise par ses lignes pures et ses traits distingués. Malgré le fait que la réalisation semble se trouver derrière un écrin clos, sobriété, générosité et luminosité sont au rendez-vous.

Une transformation complète

Paulo Moreira nous raconte que la Casa Santa Marinha est située dans une zone périphérique dispersée de la ville portugaise de Vila Nova de Gaia. « Il existe une variété de bâtiments différents dans les environs, des maisons individuelles avec annexes à l’arrière aux blocs résidentiels assez indescriptibles. » Souligne l’architecte.

En effet, le terrain, situé dans un coin, était occupé par une ancienne ruine. « Il ne restait que deux façades en pierre, ainsi qu’une zone de terrain vide surélevée au-dessus de la route. » rajoute Paulo. Le projet a donc nécessité une transformation complète afin de réaliser le programme requis. Ce dernier comprend une maison individuelle, avec un salon et une cuisine, deux chambres, un bureau, un garage ainsi qu’une annexe pour les invités.

La maison existante sur la parcelle a été agrandie, ajoutant un nouveau volume au rez-de-jardin qui donne sur le pignon du bâtiment voisin. Les deux volumes sont unifiés par une matérialité et un langage homogènes, sans distinction entre le nouveau et l’ancien. Une certaine harmonie se dégage ainsi de l’ensemble.

Les deux entités sont surmontées de nouveaux toits en zinc aux géométries variées. À l’extérieur, les pierres de l’ancienne ruine ont été réutilisées pour créer des détails et des connexions uniques entre la maison principale et la nouvelle annexe, située aux extrémités opposées du terrain.  

Un doux dialogue avec le jardin

À l’intérieur, les matériaux ont été synthétisés. Tandis que les plafonds et les sols sont en bois, les murs blancs et le marbre caractérisent les différentes aires de service. Le nouveau volume abrite le salon et la cuisine, avec un coin en verre. Ce dernier crée un doux dialogue avec le jardin vers qui il s’ouvre grâce aux différentes baies vitrées. Le plus grand volume abrite les zones de circulation et de service, les chambres et le bureau. La spatialité fluide permet la circulation entre les différents étages et volumes, améliorant les transparences et créant une mezzanine avec un bureau.

À l’étage inférieur, se trouvent un garage et une buanderie ainsi que d’autres zones techniques. À l’étage supérieur, nous pouvons trouver deux suites qui communiquent avec la rue et avec une terrasse donnant sur le reste du terrain. Les toilettes sont revêtues de marbre blanc, créant une luminosité qui est renforcée par la lumière naturelle des puits de lumière.

L’ensemble est d’une grande sobriété. Les différentes textures et matières mettent en avant la volonté de créer quelque chose de perenne à la fois frugal et intemporel. Paulo Moreira et son équipe ont réalisé un projet subtil qui semble être façonné pour le contexte. Un travail qui mérite d’être reconnu!

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Paulo Moreira architectures: ici.

Les photos: © Ivo Tavares Studio

Au Portugal une réalisation épurée signée Miguel Marcelino

© Archive Miguel Marcelino
© Archive Miguel Marcelino

C’est à Soltroia, Grândola que se trouve la residence réalisée par l’architecte Miguel Marcelino. Il s’agit d’un projet aux formes simples, à la couleur blanche et aux détails soignés. Un ensemble qui adopte la parcelle, s’adapte au lieu et se distingue par ses traits épurés.

Comme une ville de la taille d’une maison

Tróia est une charmante péninsule située dans la municipalité portugaise de Grândola. Dans cette zone connue par son environnement exemplaire et ses longues plages qui se trouvent non loin de l’estuaire de la rivière Sado, face à l’Atlantique, la maison réalisée par l’architecte Miguel Marcelino constitue une belle curiosité.

L’architecte nous raconte qu’au sein d’un ensemble de logements d’une certaine densité, cette maison est conçue comme une ville de la taille d’une maison. En effet, les volumes, les patios et les murs plus ou moins énigmatiques de l’extérieur, contiennent un véritable havre de paix. Il n’y a pas de fenêtres vitrées directement visibles de l’extérieur mais seulement des ouvertures donnant sur d’autres espaces extérieurs. Cette organisation spatiale crée des formes simples qui coexistent tout en étant autonomes.

Une organisation qui se rapproche de celle d’une place

À l’intérieur, il n’existe pas deux pièces pareilles ou de même taille, différentes par leur échelle, leur éclairage et leur relation avec l’environnement, toutes les pièces sont fonctionnelles. Tandis que les espaces où se retrouve la famille, se regroupent autour d’une grande cour, les chambres à coucher sont complètement à part. L’architecte nous rappelle que cette organisation se rapproche de celle d’une place qui agrège et donne du sens aux autres rues de la ville.

Les différentes entités qui forment l’ensemble, s’ancrent dans le paysage. La végétation joue un rôle important où les arbustes et les arbres agrémentent habilement chacun des patios et des jardins. L’intérieur se caractérise par des couleurs épurées qui amplifient la sensation de générosité. Miguel Marcelino a réalisé un ensemble rigoureux fermé certes sur l’extérieur mais ouvert généreusement sur les différents atriums qu’ils contiennent des jardins ou la piscine. Un travail méticuleux à découvrir sans tarder !

© Archive Miguel Marcelino
© Archive Miguel Marcelino
© Archive Miguel Marcelino
© Archive Miguel Marcelino
© Archive Miguel Marcelino

Le site de Miguel Marcelino : ici.

Les photos : © Archive Miguel Marcelino

instagram: @miguelmarcelino.arq
facebook: @miguelmarcelino.arq

A Porto, une réalisation remarquable signée spaceworkers®

© FG+SG

Situé dans l’un des quartiers de Porto, dans le village de Lousada, le Centre d’interprétation de l’art roman (Interpretation Center of the Romanesque) interpelle tout visiteur. A la fois minimaliste et sobre, il s’agit d’une réalisation remarquable signée par les architectes de l’agence portugaise spaceworkers® basée à Paredes et dirigée par Henrique Marques et Rui Dinis.

Créer une relation avec le site

Le projet est situé dans une zone qui constitue une expansion du village. Le site est néanmoins marqué par une forte relation avec une place urbaine appelée Praça das Pocinhas et avec l’église Senhor dos A fl itos, une référence historique en centre ville. Les architectes nous racontent que le nouvel édifice cherche à créer une relation avec le site par son implantation sur la limite de la place du village en établissant une continuité urbaine entre ses volumétries et les environs tout en constituant un nouvel élément de référence pour le centre du village.

Établi sur les concepts générateurs de l’architecture romane au Portugal, le bâtiment se veut un élément de transition entre le présent et le passé. « De manière rigoureuse, la volumétrie proposée contient les principes de l’unité au sein de la diversité, se présentant sous la forme de plusieurs volumes de hauteurs et de dimensions différentes, démontrant la varieté que les édifices romans nous ont laissés. » Soulignent les architectes.

Le béton comme matériau phare

Chaque volume forme un espace d’exposition distinct. Pour explorer la relation entre eux, il a été créé une idée de rue rurale comme élément unificateur et générateur d’expériences de vie, à l’instar d’un cloître et d’un corps central recouvert de verre qui procède à l’entrée dans chaque volume. Cet espace central permet l’arrivée de la lumière dans chaque entité et explore la relation constante lumière / obscurité entre celui-ci et les espaces d’exposition.

À l’intérieur, les espaces d’exposition reflètent la monumentalité, nous renvoyant à l’intérieur des bâtiments romans, non seulement par leur ampleur mais aussi par leurs formes. Ainsi, chacun des plafonds réinterprète l’un des types de toiture utilisés dans l’architecture romane. Non seulement un joli clin d’œil à l’histoire mais une précieuse composition qui surprend tout visiteur.

Concernant les matières utilisées, les architectes ont opté pour le béton dans son état naturel apparent et spartiate. Par conséquent, la construction reste contemporaine tout en se rappelant de l’important héritage et tout en créant une symbiose atmosphérique entre ces différentes époques. A Lousada, grâce à l’intervention minutieuse et épurée de l’agence spaceworkers®, un nouveau symbole vient de voir le jour !

© FG+SG
© FG+SG
© FG+SG
© FG+SG
© FG+SG

Le site de spaceworkers® : ici.

Les photos: © FG+SG®