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A Pékin, Kokaistudios réinvente un classique chinois

© Dirk Weiblen

S’appuyant sur l’architecture emblématique de Kengo Kuma, The Opposite House à Pékin combine les éléments de l’architecture traditionnelle chinoise avec une flexibilité intégrée. Un travail que l’agence d’architecture Kokaistudios a mis en application pour mener avec tact son projet de refonte de l’espace inférieur de cette institution mythique.

Flexible et ouvert

Comprenant un espace principal et un couloir de liaison mais aussi des portes coulissantes intelligemment dissimulées, un acte qui signifie que la salle au rez-de-chaussée peut être configurée de plusieurs manières. C’est un contexte neutre pour des événements de toutes sortes, un motif de jardin palpable traversant néanmoins l’espace, établissant des liens avec le célèbre héritage architectural de l’hôtel ainsi que le jardin de la cour en contrebas à proximité immédiate.

À Pékin, la refonte par Kokaistudios de l’espace situé au rez-de-chaussée inférieur de l’Opposite House, a abouti à un espace événementiel multifonctionnel entièrement flexible et ouvert. En accord avec le langage de conception original d’une maison traditionnelle chinoise avec cour, et en s’inspirant du jardin en contrebas adjacent, l’équipe a étendu les motifs établis pour créer des zones caractéristiques.

Adaptable grâce aux portes pliantes et aux cloisons vitrées, la surface de 756 m², qui comprend un couloir environnant, peut être configurée de multiples façons pour des événements de tous types et de toutes tailles, ouvrant de nouvelles possibilités pour cet établissement prestigieux.

Un espace événementiel multifonctionnel

The Opposite House a invité Kokaistudios à transformer une zone de restaurant et un couloir au rez-de-chaussée en un espace événementiel multifonctionnel pour les divers événements et la galerie. Pour une adaptabilité maximale, les architectes ont fait de sorte que l’espace principal peut être divisé en deux salles de fonction distinctes, reliées par des portes coulissantes pour permettre diverses configurations. Nous pouvons remarquer son architecture sobre, sauf pour les quelques caractéristiques clés qui combinent style et fonctionnalité ainsi que son plafond sculptural avec des systèmes de suspension cachés ou d’autres. L’ensemble peut être facilement ajusté selon les spécifications et les exigences du moment. Connecté à l’espace existant au hall central de l’ascenseur et au centre commercial adjacent, la rénovation de Kokaistudios comme si elle créait de nouvelles couches dans l’espace tout en résonance avec l’incomparable ambiance de la propriété.

Imaginé comme un pavillon et accessible par le jardin en contrebas de l’hôtel, l’espace principal se connecte visuellement avec ses environs grâce à des dalles de terrazzo. Avec une façade en verre sur son côté nord offrant une lumière du jour abondante, une structure de plafond ouverte ajoutant de l’ampleur, le nouvel espace semble à la fois accueillant et généreux. Composée de quelque 2355 pièces de bois transversales, l’installation qui occupe l’espace est aussi fonctionnelle que complexe. En effet, nous pouvons remarquer les systèmes de dissimulation comprenant un éclairage sur rail, elle comporte également des crochets pour accrocher des photographies, des affiches et d’autres supports événementiels. Par ailleurs, une série de portes de séparation coulissantes crée une cloison de séparation pliable, permettant à l’espace transformé d’être divisé en deux parties de tailles différentes. Un autre ensemble de portes pliantes est installé à l’extrémité de la galerie pour dissimuler ou révéler un écran LED à hauteur de plafond.

Sur ses côtés est et sud, l’espace principal est doté d’un couloir multifonctionnel. Avec des blocs de bois minimalistes et neutres faisant office de bureau d’accueil mais aussi comme des tables d’appoint ponctuant de simples sièges à gradins, la zone accueille des vitrines à petite échelle constituant à la fois une zone de réception, d’attente et d’évasion tout en créant un point d’accès pour l’espace principal.

Un concept inspiré du jardin chinois

Légèrement agrandie et encadrée d’acier inoxydable, la porte devient un point central pour tout le sous-sol. Les architectes nous apprennent que maximiser la lumière naturelle dans tout l’espace souterrain était une priorité particulière. Dans cet esprit, une cloison en verre sépare la zone du couloir de l’espace principal. Gravé avec un design en treillis pour faire écho à la façade de l’hôtel, le matériau semi-opaque crée également une lueur attirante le soir. Le verre caractérise également l’une des interventions architecturales les plus importantes de Kokaistudios dans ce projet en remplaçant le mur fermé qui se dressait auparavant par une fenêtre donnant sur la piscine souterraine de l’hôtel longe désormais situé au côté sud du couloir.

Prolongeant davantage le concept d’un jardin chinois traditionnel, les salles de bains marquent une interprétation abstraite d’un bosquet de bonsaïs. Spacieux et accomplis dans des tons de laiton chaleureux, les bacs à plantes surmontés de miroirs apportent une touche ludique. Entièrement flexible pour répondre aux diverses exigences et rénové dans un souci de neutralité, l’espace événementiel au rez-de-chaussée de Kokaistudios offre de nouvelles possibilités à l’hôtel The Opposite House. De même, le concept inspiré du jardin chinois fait un clin d’œil à l’héritage de la propriété. La réalisation marque ainsi une mise à niveau sensible, adaptable et surtout pratique d’une icône moderne de Pékin.

© Dirk Weiblen
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Le site de Kokaistudios : ici.

Les photos : © Dirk Weiblen

A Paris, ITAR architectures signe un projet éloquent

© 11h : 45

A Paris, au 88, boulevard Ney, ITAR architectures vient de livrer un programme à la fière allure, aux lignes pures et aux traits distingués. Il s’agit de 72 logements sociaux, une crèche ainsi que deux commerces, un ensemble cohérent qui adopte la parcelle tout en apportant une touche de nouveauté.

Taillé pour le lieu

Le projet, manipulé avec tact par l’agence ITAR, ne laisse pas indifférent. Tandis que certains vont lui trouver quelques traits arrondis qui se rapprochent de quelques immeubles parisiens des années trente, d’autres diront que les espaces généreux et la luminosité des lieux font un clin d’oeil apprécié aux habitations accueillantes des années soixante-dix alors que d’autres iront encore plus loin en trouvant une véritable ressemblance avec l’architecture Bauhaus. Finalement, il s’avère que le projet du 88, boulevard Ney constitue, non seulement, une réalisation raisonnée qui répond favorablement aux diverses exigences du programme mais c’est une construction aussi fonctionnelle que plastique qui met le bien être des usagers en avant. Ingrid Tallandier a, comme à son habitude, encore une fois cousu une architecture taillée pour le lieu tout en lui insufflant diverses qualités.  

Allons donc à la rencontre de la réalisation qui a fait tant réagir positivement les adeptes du modernisme. Le projet comprend deux entités élevés sur un socle commun occupé par la crèche. L’architecte nous apprend que son idée de scission fait écho aux tours environnantes tout en dotant l’ensemble des logements d’une grande luminosité. Ainsi, les arrondis qui interpellent le promeneur viennent adoucir les deux silhouettes des immeubles tout en contrastant avec les angles droits des tours environnantes. Ingrid Tallandier a joué adroitement avec les volumes, les formes mais aussi les textures pour un résultat enchanteur.

Évolutif et généreux

Situé au nord du 18ème arrondissement parisien, le site jouit de plusieurs qualités, il bénéficie entre autres, d’une bonne desserte routière mais aussi de la proximité immédiate des transports en commun. Ainsi, située à l’entrée de la ville, la parcelle propose de nouveaux logements, des commerces ainsi qu’un équipement. L’architecte, en adéquation avec le projet existant qui porte la signature de l’architecte Dubuisson et après avoir analysé les diverses entités du programme demandé, a proposé un projet capable de durer mais aussi d’évoluer.

L’évolution future faisant partie des préoccupations de l’agence ITAR, cette dernière a proposé des intérieurs modulables et flexibles qui peuvent être adaptés, grâce à une structure réfléchie, aux différents changements de la vie du bâtiments. De même, nous remarquons que chaque logement possède un espace extérieur. Ingrid Tallandier n’a pas attendu le confinement pour mettre en avant cette stratégie, elle se débat, depuis bien longtemps, pour proposer aux utilisateurs des lieux emplis de confort et de bien être. Des propriétés appréciés de tous, probablement non visibles de l’extérieur mais qui font la différence de son architecture.

Matières et textures

Aux espaces généreux s’ajoutent la maîtrise des matériaux. Le choix de l’architecte s’est porté sur la brique pleine qui favorise le dialogue avec les tours existantes. Cependant toute la hauteur de la façade n’est pas traitée d’une manière uniforme. L’architecte a remanié l’utilisation de la brique selon son emplacement. Par exemple, les angles des façades et les garde-corps des terrasses et des loggias sont constitués d’un assemblage de briques ajourées qui, à l’image des moucharabieh, proposent des espaces intimes aux habitants. Un petit coup de coeur pour les quelques trumeaux, remplis par un assemblage géométrique de briques, qui donnent l’impression d’une façade dynamique où l’on distingue un indéniable jeu d’ombre et de lumière. Un travail recherché de la matière qui démontre le soucis des détails. Des détails soignés qui participent à rehausser l’architecture d’Ingrid Tallandier vers un niveau incontestable de maîtrise et d’élégance.

© 11h : 45
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Le site de l’agence ITAR architectures : ici.

Les photos : © 11h : 45

A Bangkok, Boon Design signe un projet épuré

© Boon Design

Nichée dans un quartier résidentiel calme de Bangkok, la Rabbit residence est orchestrée avec une main de maître par l’agence Boon Design. Connu pour son architecture singulière et ses traits sobres, l’architecte Boonlert Hemvijitraphan nous offre une solution alternative pour une maison urbaine.

Des solutions subtiles et créatives

L’ensemble est destiné à abriter un jeune couple et leur fils. Les propriétaires avaient trois exigences : l’ensemble devait pouvoir grandir avec la transformation progressive des vies qui l’occupent, il devait accueillir deux générations dont les préférences et les besoins diffèrent largement et finalement il devait fournir une connexion étroite avec l’environnement naturel, bien qu’il soit situé au cœur d’une grande métropole.

Les exigences du départ ont été traduites, par les architectes, en solutions de conception subtiles et créatives, car l’architecte a simplement considéré ces exigences comme des opportunités plutôt que des problèmes. Ainsi, la maison à deux étages occupe le site tout en laissant suffisamment d’espace ouvert pour abriter la piscine, les grands arbres et la pelouse. Le propriétaire étant un architecte paysagiste de renom, la relation entre la maison et le paysage est devenue cruciale. En divisant la maison en deux volumes interconnectés, les architectes donnent aux propriétaires l’environnement naturel qu’ils souhaitaient tant. Le paysage devient à la fois un tampon protecteur et une toile de fond animée pour la vie à l’intérieur de la maison.

De l’extérieur, la maison est subtilement sobre, tandis que la richesse se manifester dans son organisation intérieure. Ainsi, la maison divulgue du contenu par son fonctionnement. Les facteurs donnés dans l’emplacement, les quantités de lumière solaire sont prises en compte et traduites dans la configuration de la maison ainsi qu’à travers ses matériaux. Pour les propriétaires, il s’agit d’une maison conçue et construite « pour eux ». Les espaces de la maison sont positionnés, organisés et orchestrés comme un ensemble de lieux qui imitent les activités et les vie des utilisateurs des lieux. Pourtant rien n’est figé, les activités peuvent changer d’espace suivant leur facilité. Il n’est donc pas difficile d’imaginer chaque espace en cours de réorganisation et de remodelage en cas de besoin. Plutôt qu’un objet complet composé par l’architecte, la maison ressemble à un volume qui attend d’être garni suivant les besoins des propriétaires.

Comme un ensemble ouvert et flexible

« Avec le sens de la flexibilité, la maison est également bien équipée. L’architecture est complétée par des instruments qui signifient les usages et les activités. Tout le nécessaire pour chaque événement est placé à portée de main. Il n’est pas nécessaire de connaître la forme du plan d’une pièce pour savoir si elle est en ordre ou non. » Nous raconte l’architecte. En effet, Aucun élément n’est positionné pour se démarquer du reste, aucun équipement ne fait irruption dans l’expérience de chacun, toutes les pièces coexistent subtilement avec les autres. Les éléments architecturaux et l’équipement intérieur sont conçus pour durer. La durabilité est  tout aussi importante que leur stabilité est leur flexibilité. Cela permet à la maison de vivre et de respirer.

Principalement ouverts et libres, les divers espaces continuent d’une pièce à l’autre sans interruption. Seul un soupçon de délimitation rappelle à l’habitant le lieu où il se trouve. De même, lorsque la maison est remplie d’amis et de famille, elle devient un grand espace social accueillant rempli d’objets familiers qui font que chacun se sent chez lui . Tout est minutieusement orchestré dans un rythme unifié, permettant à chaque objet de se tenir tranquillement mais uniquement à sa place, en attendant d’être découvert.

Par sa configuration et ses différents éléments, la maison est conçue comme un ensemble ouvert et flexible. Les architectes de l’agence Boon Design ont accompli un travail méthodique à la fois intelligent et subtil qui a donné ses fruits.  

© Boon Design
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© Boon Design
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Le site de Boon Design: ici.

Les photos: © Boon Design