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Casa MM, un écrin de sobriété signé Atheleia Architecture

© Pep Sau

Montagut i Oix est une charmante commune qui se trouve dans la province de Gérone, en Espagne. C’est dans cet environnement idyllique que l’agence Atheleia Architecture a réalisé une impressionnante villa, la casa MM, une construction compacte à la fois sobre et aux lignes pures.

Faire partie du paysage

L’équipe de conception est constituée de Salvador Tarradas, Borja Fernández et de Cristina Franco. Les architectes nous racontent que la propriété est située dans les contreforts de l’Alta Garrotxa à Montagut i Oix, faisant face, côté sud, à la vallée de la rivière Fluvià. Le paysage impressionnant pénètre l’espace de vie générant une première vue sur l’intérieur tandis que la deuxième vue donne vers un petit ruisseau créant ainsi un espace intime et privé. Le projet a été conçu pour une famille et leur fille, vivant ensemble, tandis que chaque unité conserve son intimité et son propre jardin.

La maison s’articule dans le sol avec la volonté de faire partie du paysage lui-même, générant des volumes de béton qui composent les espaces intermédiaires ainsi que les différentes ambiances. Ces espaces intermédiaires sont situés autour des deux intervalles ouverts de la maison, le salon et les chambres, avec leurs porches et leurs vues vers la vallée et le ruisseau.

Aux traits aussi sobres qu’épurés

Les architectes nous racontent aussi que la conception de la maison est née de la réinterprétation de la structure à trois nefs de la ferme catalane traditionnelle, combinant une structure en béton avec une nef centrale légère et des poutres métalliques. Les murs en béton sont inspirés des structures rurales où ils ont été utilisés pour former les murs en béton de pin galicien placés sur le dessus, laissant la texture brute le plus visible possible. « Au fil du temps, ces murs sont en parfaite harmonie avec le paysage, colorés comme la terre à partir de laquelle ils ont été construits. »

Outre la sensation de l’ancrage dans le paysage, les grandes baies vitrées apportent une grande luminosité naturelle à l’intérieur. Ce dernier est minimaliste et agencé sans ostentation. Les architectes ont veillé à engendrer une architecture de bonne facture aux détails soignés. L’ensemble, aux traits aussi sobres qu’épurés, répond favorablement aux divers exigences des propriétaires et forme une remarquable pièce architecturale à découvrir sans tarder.  

© Pep Sau
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Le site de l’agence Atheleia : ici.

Les photos : © Pep Sau   

A Forest, une réalisation remarquable signée Aquiles Jarrín

© JAG Studio
© JAG Studio

En Équateur, à Quito, l’architecte Aquiles Jarrín a réalisé une remarquable réhabilitation pour un appartement de 112 m² datant des années 70. Une intervention qui a su garder l’esprit du lieu tout en insufflant à l’ensemble quelques nouveaux traits où se croisent intelligemment les textures et les matières.

Des espaces moins limités, des formes subjectives

L’architecte nous raconte que le projet a été développé suite à une enquête menée avec les propriétaires, à travers laquelle les principaux atouts sont devenus clairs comme l’importance de générer des espaces moins limités, avec des formes subjectives d’utilisation d’une part, et la nécessité d’un espace social sans une forte divisions entre eux et les espaces privés. En outre, une forte présence de la nature à l’intérieur du l’appartement était souhaité. Des exigences que l’architecte a mis en avant tout en rajoutant sa touche personnelle.

L’autre point de conceptualisation, selon l’architecte, a été donné par plusieurs éléments existants, leurs potentialités, leurs limites mais aussi leurs possibilités d’expérimentation. Citons par exemple le puits d’air et de lumière existant, la structure en béton existante d’une hauteur libre de 3 mètres mais aussi le paysage urbain très séduisant composé d’une vue sur un lieu emblématique de la ville.

Les diverses requêtes ainsi que les résultats de la recherche ont ainsi créé les bases de l’intervention. Tout d’abord, les murs intérieurs ont été démolis et l’entrée d’air et de lumière a été amplifiée pour permettre l’introduction de jardinières, puis les murs ont été remplacés par des ouvertures vitrées donnant accès au patio, tout en reconfigurant l’espace et transformant ce non-lieu en espace vert, libérant la nature et la lumière.

Les colonnes, les arbres et l’espace, une forêt

Les colonnes de la structure en béton ont acquis une forte présence dans un univers où les murs n’existent pas.  L’architecte exprime ainsi une dimension poétique à l’ensemble. Cette métamorphose de l’espace a été déterminante pour la conception et la compréhension du projet. « L’idée est née du fait que nous n’étions pas dans un espace domestiqué, mais nous entrions dans un monde, «une forêt». » Souligne Aquiles Jarrín qui rajoute que si les colonnes étaient des arbres et l’espace une forêt, seuls d’autres arbres pourraient apparaître dans ce scénario, certains déchus d’autres superposés, comme cela se produit généralement dans la nature. De nouveaux éléments ont été ainsi générés avec dextérité où un exercice ludique et expérimental a commencé, jusqu’à ce qu’une série de relations se tisse pour répondre aux différents besoins d’habitabilité. En chevauchant « les troncs », de nouveaux niveaux d’étage ont été créés et une topographie intérieure a été engendrée.

Plusieurs nouveaux éléments ont été conçus avec trois faces et un vide intérieur, ce qui leur donne un semblant de meubles, devenant une pièce multifonctionnelle, où un livre, du pain ou même des chaussures peuvent être rangés. Selon l’architecte, le métal était le matériau le plus approprié, permettant à la fois, une utilisation polyvalente et une grande facilité dans le développement de tous les éléments du projet.

Une autre stratégie d’intervention consistait à déshabiller l’ensemble de tout élément cherchant à cacher la nature du matériau, générant des textures nouvelles et uniques. La brutalité des matériaux dans un état inachevé ou en ruine se croise ainsi avec la pureté des lignes et la finition des éléments métalliques. Un travail méticuleux au résultat enchanteur.

Le projet « A Forest » réalisé par Aquiles Jarrín, constitue un joyeux univers en constante découverte où les textures, les niveaux et les divers éléments invitent à réinventer les formes d’usage et d’appropriation dans l’espace. Un travail qui mérite reconnaissance !

© JAG Studio
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Pour plus d’informations concernant JAG Studio: ici.

Les photos : © JAG Studio

En Espagne, Zooco Estudio réalise un projet aux lignes pures

© Zooco Estudio
© Zooco Estudio

En Espagne, à l’est de Santander, dans la commune de Güemes, l’agence d’architecture Zooco Estudio basée à Madrid et à Santander, vient de terminer une charmante réhabilitation. Il s’agit d’un ancien étable que les architectes ont reconverti en une maison familiale élégante et aux lignes pures.

Simple et sans prétention

Les architectes nous racontent que le bâtiment existant reproduisait fidèlement le système de construction local. A la fois simple et sans prétention, il était composé de murs en pierre soutenant un toit à pignon en bois avec des tuiles. « La nature de cette intervention architecturale est basée sur un respect absolu envers ce qui existe déjà; respect non seulement envers les matériaux traditionnels utilisés mais aussi envers le type d’espace créé à l’intérieur. » Déclare ainsi les architectes.

Les espaces principaux de la maison sont développés comme une seule unité dans le grand espace central comprenant l’ancienne étable. La nouvelle disposition garde le même cadre neutre et global . Les architectes nous apprennent que seule la chambre principale, cachée derrière une étagère, est séparée de l’espace général. Une deuxième chambre, accessible par l’escalier extérieur du passage d’origine à l’entrée du bâtiment, est située au-dessus de la principale, afin de compléter la hauteur du bâtiment annexe. Pour renforcer cette idée d’un plan d’étage ouvert, une pièce de stockage est intégrée dans le périmètre de l’espace, libérant de l’espace intérieur et mettant en valeur le toit en bois traditionnel.

Les seules modifications partielles de l’architecture existante sont celles apportées aux façades. Les ouvertures existantes ont été agrandies sur les façades orientées à l’est et à l’ouest, avec l’idée d’incorporer la nature et les vues sur les montagnes cantabriques, à l’intérieur de la réalisation. Quant aux façades orientées nord et sud, elles étaient en mauvais état et ont été complètement ouvertes.

Bois, pierre et béton

Une autre caractéristique notable de la maison est son système d’intimité composé de persiennes coulissantes sur la façade orientée sud, donnant aux utilisateurs des lieux une totale liberté de communiquer avec l’extérieur. L’extension a été conçue dans une perspective plus rationnelle. Sa forme en L et sa position sur le site, presque en contact avec le bâtiment existant mais sans le toucher, ont facilité la création d’un espace ouvert entre les bâtiments. C’est là que se trouve la piscine où les meilleures vues du site peuvent être admirées.

Le nouveau volume comprend l’hébergement pour les invités, une salle de réunion, un sauna et un porche de transition placé à côté de la piscine. En ce qui concerne les matériaux, l’intervention a adopté le style existant. Les bois locaux, la pierre de la région, les façades blanches et les carreaux forment ensemble l’esthétique de l’unité. Le béton et la structure métallique offrent un contrepoint contemporain à cet exemple exceptionnel d’architecture traditionnelle cantabrique. Les architectes de Zooco Estudio ont accompli un travail exemplaire qui a donné un résultat enchanteur !

© Zooco Estudio
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© Zooco Estudio
© Zooco Estudio
© Zooco Estudio
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Le site de Zooco Estudio : ici.

Les photos : © Zooco Estudio 

Cepezed conçoit un bâtiment complètement démontable

© Lucas van der Wee | cepezed

Le bâtiment démontable de l’agence d’architecture néerlandaise Cepezed est une structure moderne, durable et entièrement recyclable. Située sur le site d’un complexe de bâtiments historiques et monumentaux, dans le centre de la ville néerlandaise de Delft, l’ensemble propose une belle expérience architecturale.

La simplicité, un principe important dans la conception

Le terrain appartient à Cepezed, une agence spécialisée dans le développement, la conception et la réalisation de bâtiments. L’agence a acquis le complexe avec d’anciens laboratoires de l’Université de technologie de Delft en 2012. Cepezed a transformé les bâtiments existants en un ensemble créatif avec des logements pour diverses entreprises du secteur créatif, y compris le bureau de l’agence.

Cependant, le seul bâtiment non monumental du site était en mauvais état. Il a maintenant cédé la place à la nouvelle construction du bâtiment démontable. Encore une fois, il s’agit d’un travail mené entièrement par l’agence Cepezed et destiné aux entreprises de l’industrie créative à forte intensité de connaissances. L’ensemble est censé héberger le développeur d’applications et de sites Web 9to5 et un développeur de jeux Triumph Studios.

Cepezed jouit d’une réputation de conception et de construction modulaires et démontables. Ainsi, cet édifice devait également devenir un exemple. C’est un grand pas en avant concernant l’énergie circulaire pour des constructions qui peuvent être recyclées par la suite. L’édifice réalisé par Cepezed est léger, flexible et neutre en énergie. Il mesure 11 mètres de large sur 21,5 mètres de long et compte quatre étages pour 800 m² de surface locative au total. En plus d’être démontable et remontable, la structure est également super légère, l’utilisation des matériaux est réduite au strict minimum.

Mis à part que le rez-de-chaussée est en béton coulé, tous les composants du bâtiment sont modulaires et montés à sec. La simplicité a été un principe important dans la conception.
La structure portante principale est en acier, elle est préfabriquée et extrêmement facile à rassembler. Les planchers et le toit structurels sont faits d’éléments légers en bois de placage stratifié (LVL) qui sont également préfabriqués. Ces derniers, ont une hauteur compacte et les installations y sont intégrées. Les nervures des éléments LVL restent parfaitement visibles et font partie de l’esthétique du bâtiment. La chape est biosourcée et se compose de granules de type gravier dans une structure en carton en nid d’abeille avec des panneaux de fibres de gypse au-dessus. La chape entière est sèche et facilement amovible à nouveau. Le plancher de finition est en PVC partiellement recyclé.

Un processus intégré, une préparation réfléchie et une coopération étroite

Le bâtiment n’a pas de châssis de fenêtre car le vitrage isolant double couche est monté directement sur la structure en acier. La façade est en grande partie transparente, ce qui crée une importante interaction entre le monde intérieur et extérieur. Des lamelles verticales peuvent être ouvertes pour une ventilation naturelle. Le bâtiment contraste de façon frappante avec les bâtiments historiques alentours.

L’ensemble du bâtiment fonctionne comme un grand compartiment coupe-feu. En conséquence, peu de matériel était nécessaire pour les mesures de résistance au feu, seule la cage d’escalier a une cloison coupe-feu. Tous les climatiseurs fonctionnent à l’air. A chaque étage, des climatiseurs qui assurent également le chauffage sont intégrés au plafond. De plus, le bâtiment est équipé d’un échangeur de chaleur. Les stores enrouleurs offrent une protection contre le soleil et la lumière.

Les architectes nous racontent que la construction s’est déroulée sur une période extrêmement courte, un peu plus de six mois. Avec le positionnement de la cage d’ascenseur, l’édifice a même atteint son maximum une heure après le début des travaux. La structure complète du squelette en acier et des planchers en bois a été mise en place en trois semaines. Cela a été possible, entre autres, grâce à un processus intégré avec une préparation réfléchie et une coopération étroite entre les différentes disciplines comme les architectes et architectes d’intérieur ainsi que tous les coordinateurs qui ont participé à la réalisation. Selon les architectes, la coopération avec les partenaires extérieurs avec qui l’agence collabore depuis toujours, mérite également d’être mentionnée. Ainsi chaque partie s’est concentrée sur sa propre expertise. Une collaboration minutieuse qui a donné ses fruits !

© Lucas van der Wee | cepezed
© Lucas van der Wee | cepezed
© Lucas van der Wee | cepezed
© Lucas van der Wee | cepezed

Le site de Cepezed: ici.

Les photos: © Lucas van der Wee | cepezed

En Australie, une impressionnante maison signée CplusC

© Murray Fredericks

C’est une charmante résidence familiale située non loin de la fameuse plage de Bondi en Australie. Une intelligente conception que les architectes de l’agence CplusC ont accompli avec tact.

Aux multiples qualités

La superbe résidence familiale située au nord de Bondi a été conçue pour faciliter les réceptions et les moments en famille. Le site est étroit et comporte plusieurs difficultés auxquelles les architectes ont fait face avec rigueur. En effet, en privilégiant leur engagement en faveur de la conception solaire passive et de la lumière naturelle, ils ont crée un projet singulier aux multiples qualités.

En raison de la nature du site, la planification et la gestion du temps étaient essentielles à la bonne marche du projet. Conceptuellement, la planification spatiale de la maison sépare les espaces sociaux et familiaux. Au rez-de-chaussée, nous pouvons trouver, la cuisine, le salon, la salle à manger et les espaces extérieurs interconnectés qui créent une belle connexion avec le site. Une piscine hors sol qui partage un mur avec les espaces sociaux agit comme un lien visuel entre les espaces intérieurs et extérieurs, réfractant la lumière naturelle dans toute la maison.

La piscine a été conçue à l’origine comme une structure entièrement en béton et a été ajustée pour intégrer le mur en acrylique une fois la construction commencée. Selon les architectes, un large éventail de métiers a été impliqué dans la construction de la piscine, y compris des sous-traitants spécialisés. Le mur en acrylique exigeait que l’imperméabilisation soit discrètement intégrée aux panneaux et aux colonnes structurelles pour donner un effet visuel lisse. Cela a donc nécessité un haut degré de coordination et de négociation, car les tolérances étaient très strictes.

Le béton, le bois et l’acier

À l’étage, les chambres donnent sur un espace vert privé sous forme de jardin vertical. Les lits de plantation personnalisés, qui sont entièrement raccordés, entretenus d’eux-mêmes et éclairés par LED, garantissent l’intimité des voisins et font écran avec l’extérieur. C’était la première fois que l’agence utilisait des écrans étanches comme matériau de façade et un certain nombre d’expériences sur site étaient nécessaires pour déterminer la meilleure méthode d’assemblage et de fixation. Les panneaux nécessitaient un niveau de préparation élevé avant l’installation, pré-percer les trous pour fixer les panneaux personnalisés sur le côté avec des vis à double filetage. En plus de résoudre les problèmes de l’intimité, les écrans de plantation offrent des possibilités supplémentaires d’aménagement paysager sur un site étroit.

Le système domotique intègre un précepte entièrement programmable. Le propriétaire est en mesure de choisir parmi une large gamme de paramètres audio et d’éclairage préprogrammés, ainsi que de configurer ses propres exigences personnalisées. Il est également possible d’activer les appareils à distance.

La finition de la construction se révèle par la palette de matériaux, qui comprend un large panel de matériaux comme le béton, le bois, et l’acier (y compris le Corten). La décision de laisser les matériaux exposés augmente considérablement la complexité de la construction, car tout défaut serait visible dans la structure finie. De plus, la structure principale en pieux de bois et d’acier visible à la fois à l’intérieur et à l’extérieur a entraîné des tolérances extrêmement limitées pour les installations de revêtements, de revêtements et de fenêtres, ce qui ajoute encore au défi de la construction. Bref, la maison réalisée par CplusC est un petit bijou à découvrir sans tarder.

© Murray Fredericks
© Murray Fredericks
© Murray Fredericks
© Murray Fredericks

Le site de CplusC : ici.

Le compte Instagram de CplusC : ici.

Les photos : © Murray Fredericks

A Bahreïn, un édifice épuré qui abrite les archives architecturales

© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud

La maison du patrimoine architectural (House of Architectural Heritage) est un centre qui abrite la collection d’archives de croquis et de dessins de l’architecte John Yarwood, ainsi qu’un espace d’exposition dédié à l’architecture. L’ensemble, réalisé avec tact par les architectes Noura Al Sayeh et Leopold Banchini affiche une belle allure.

Un riche patrimoine architectural

Les architectes nous racontent que John Yarwood a résidé dans la ville de Muharraq entre 1983 et 1985, alors qu’il était à la tête du département de rénovation urbaine au ministère du logement et il est tombé amoureux de la ville. Son affection pour l’exploration et la documentation a trouvé une excellente opportunité dans le riche patrimoine architectural qu’il a côtoyé. Aujourd’hui, ses croquis et dessins ainsi que ses photographies restent l’une des sources les plus importantes de documentation sur le patrimoine architectural de Muharraq dont malheureusement beaucoup a été détruit depuis les années 1980.

Le projet est conçu comme une structure de poutres qui vient encadrer les murs existants des deux bâtiments voisins servant de vitrine au patrimoine architectural de la ville. Les façades intérieures en verre peuvent être complètement s’ouvrir vers le voisinage.

Les architectes soulignent que les documents d’archives de John Yarwood sont exposés et stockés sur une mezzanine à côté d’une petite bibliothèque d’architecture, à la hauteur de la poutre en béton protégée de la lumière directe du soleil. Les deux façades principales contiennent deux portes coulissantes qui peuvent être levées à la hauteur de la poutre, ouvrant complètement l’espace d’exposition aux rues et transformant le bâtiment en passage public.

Le projet a été commandé par le Shaikh Ebrahim Center for Culture & Research, une ONG créée en 2002 à Muharraq Bahreïn par la Shaikha Mai bint Mohammed Al Khalifa. Le centre a été à l’avant-garde de la conservation des maisons traditionnelles à Muharraq en particulier et à Bahreïn en général, et a rénové, à ce jour et conservé plus de 15 bâtiments traditionnels.

Une bande de terre étroite et vide

Le projet est né du désir de construire une maison permanente pour les archives de John Yarwood, un architecte qui avait vécu à Muharraq dans les années 1980 et avait largement documenté et arpenté son patrimoine architectural. Le terrain identifié pour le projet était une bande de terre étroite et vide, adjacent à la maison Abdullah Al Zayed pour le patrimoine de la presse, un autre bâtiment qui avait été restauré auparavant.

Le centre avait initialement pensé reconstruire une maison de manière traditionnelle mais après une conversation fortuite avec les architectes (Noura Al Sayeh Holtrop et Leopold Banchini), il a été convenu que pour une maison qui devait montrer et représenter le patrimoine architectural de Muharraq, il serait mieux adapté de construire un projet qui le représenterait par son expression architecturale contemporaine et non par une reconstruction de l’ancien avec des matériaux modernes.

Néanmoins, le programme est simple, il s’agit d’héberger les archives de John Yarwood, d’y rajouter une petite bibliothèque qui présente l’architecture de Muharraq et de lui indexer un petit espace d’exposition. Le projet a été mis en œuvre conformément au premier croquis initial et aux dessins de développement ultérieurs, et est activement utilisé comme espace d’exposition pour l’architecture dans la ville. À ce jour, il a accueilli trois expositions différentes depuis son ouverture il y a plus d’un an. L’exposition inaugurale comportait des croquis de John Yarwood de maisons qui avaient depuis été démolies.

Le bâtiment est construit en béton armé, avec une poutre qui couvre la largeur de 26m reliant les deux côtés de la rue. Le béton armé est juxtaposé aux autres matériaux de construction de la ville, la pierre de corail, les gravats de pierre de corail, les blocs de construction qui sont également laissés à l’état brut. Les murs existants ont été peints dans une fine couche de chaux qui unit les différents murs existants des bâtiments adjacents dans une couleur similaire tout en conservant l’expression matérielle différente de chacun, créant un espace cohérent à l’intérieur du bâtiment.

Un intervalle silencieux ouvert sur la ville

La structure en béton est isolée thermiquement, tandis que l’espace interne est protégé de la lumière directe du soleil, ce qui réduit considérablement le besoin de refroidissement. Pendant les mois les plus chauds, les portes pliantes sont maintenues fermées et le bâtiment est isolé thermiquement du climat chaud. Pendant les mois les plus froids, les fenêtres restent ouvertes et le bâtiment peut donc être naturellement ventilé de manière transversale.

La façade intérieure en verre pliable du bâtiment a été réalisée localement par un petit atelier d’acier qui a soudé manuellement toute la charpente métallique. Le rythme de ces petites fenêtres pliables fait un clin d’œil aux divers bâtiments traditionnels en pierre de corail de la ville. Le projet aborde à travers sa conception architecturale les défis de la création d’espaces d’exposition et culturels qui détiennent une approche plus participative des communautés locales.

En proposant un espace totalement ouvert sur la rue, le projet tente de proposer une nouvelle typologie d’exposition plus inclusive. En s’insérant soigneusement dans un tissu urbain serré et en conservant l’existant, le projet crée un bel intervalle silencieux ouvert sur la ville. En tant que l’un des seuls espaces dédiés d’exposition et de débat autour de l’architecture, le projet a été très bien accueilli et visité à la fois par la communauté locale et les praticiens et étudiants en architecture locaux et régionaux. Les architectes ont également participé à la programmation des expositions et des conférences et ont été reconnaissants d’avoir eu la possibilité de programmer l’espace de la manière dont il devait être utilisé.

A Bahreïn, la maison du patrimoine architectural (House of Architectural Heritage) est un nouveau rendez-vous avec la culture !

© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
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© Dylan Perrenoud

Le site de Leopold Banchini Architects: ici. L’agence est également présente sur Instagram: leopoldbanchini

Les photos: © Dylan Perrenoud