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En Californie, Zooco Estudio enchante les petits et les grands

© Pixel Lab

Baptisée « Big and Tiny », il s’agit d’une idée originale qui a été conçue pour les enfants et leurs parents. Un espace qui croise astucieusement plusieurs générations et où l’on se sent enchantés. Signé Zooco Estudio (Miguel Crespo Picot, Javier Guzmán Benito et Sixto Martín Martínez), l’ensemble qui vient de voir le jour à Silverlake semble être appréciés de tous.

Un module constructif répétitif

C’est un endroit où les familles peuvent prospérer dans tous les aspects de leur vie. C’est ainsi qu’est née l’idée de Big and Tiny qui a ouvert son premier espace à Santa Monica. Ce projet est le deuxième local de la marque et il est situé à Silverlake en Californie.

Le projet couvre une surface de 467 m2 (5027 pieds carrés) avec une hauteur maximale de plafond de 6,50 m (22 pieds). Il est caractérisé par une structure de toit visible qui ressemble à celle d’une ferme couvrant l’ensemble de bâtiment d’usine. Par ailleurs, l’édifice présente quelques volumes fermés de différentes hauteurs qui contiennent les espaces de stockage ainsi que les salles de bains, la cuisine et les salles de réunion.

Le projet est créé selon l’idée de générer deux espaces isolés acoustiquement les uns des autres. Ces espaces sont dédiés aux adultes et aux enfants. Les architectes y ont créé des carrés ouverts. « Nous avons construit un mur qui divise le bâtiment en deux parties. Ce mur contient l’acoustique et l’isolant et est recouvert de miroirs afin de générer plus d’amplitude dans les deux espaces. » Racontent les architectes. Ainsi, une fois cette division générée, les concepteurs ont engendré un module constructif répétitif qui, grâce à son expansion et sa compression, couvre tout le périmètre des locaux.

Cette organisation spatiale crée des espaces qui répondent au programme demandé tout en  engendrant une façade intérieure qui formera l’espace principal pour les enfants ou bien une zone à aménager pour les diverses activités estudiantines. Ces bandes se matérialisent dans différents matériaux selon leur utilisation ou leur fonction et deviennent même des treillis qui communiquent visuellement les différents espaces entre eux.

Le bois, le liège, le feutre et le carton

En ce qui concerne les matériaux, les architectes ont eu recours à l’utilisation du bois, du liège, du feutre et du carton, le tout mis en avant grâce à l’utilisation des miroirs. Tandis que le bois est utilisé comme éléments de structure mais aussi dans la majorité des meubles, le miroir dans le mur central amplifie les différents espaces. Ailleurs, le liège et le feutre sont utilisés comme une enveloppe extérieure pour les cubes et les plinthes. Enfin, le liège est utilisé dans le comptoir et dans les étagères d’exposition comme moyen d’organiser et soutenir les étagères. Un ensemble d’éléments qui se croisent astucieusement tout en gardant une atmosphère sereine.

Au niveau fonctionnel, nous remarquons la construction de deux cubes à l’intérieur de l’espace enfants (Tree House y Ball pit) ainsi que deux autres dans la zone adulte (Bike Cube y Silence Cube) en plus de l’existence d’un volume entre les deux zones connectées à celle des enfants car elle est utilisée pour les enfants qui fréquentent les lieux en soirée. Chaque entité est reliée par de hautes plinthes ou des courbes en lattes de bois. Le tout est modulé par des panneaux de bois ainsi que des montants. Un soin particulier a été donné à l’éclairage qui accentue l’univers paisible de la Big and Tiny. Les architectes de Zooco Estudio ont accompli un travail méticuleux qui croise astucieusement plusieurs textures.

© Pixel Lab
© Pixel Lab
© Pixel Lab
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Le site de Zooco Estudio : ici.

Les photos : © Pixel Lab

A Barcelone, une élégante rénovation signée Miel Arquitectos

© Jose Hevia et Asier Rua

Deux fenêtres qui donnent sur un mur mitoyen ont signé le début du projet. Il s’agit d’un appartement de 65 m² qui a été complètement remanié par l’agence d’architecture espagnole Miel Arquitectos.

Un kaléidoscope de lumière

« Parlament19 » est une expérience d’ergonomie réflexive dont les architectes de Miel Arquitectos sont fiers. Il s’agit de la distribution créative de plusieurs miroirs qui mettent en exergue la lueur de la lumière entrant timidement au sein de l’appartement situé au troisième étage du quartier Sant Antoni. C’est une manière comme une autre d’inviter les arbres et la nature du quartier à l’intérieur de l’habitation.

« Nous avons étendu cette stratégie de conception à la distribution interne de l’espace. » Racontent les architectes qui ont positionné un cube de miroirs, agissant comme un kaléidoscope de lumière à la charnière géométrique de l’appartement. A l’intérieur de ce cube d’or se trouvent les diverses services comme la cuisine et les deux salles de bains privatives.

De l’extérieur, le cube crée une grande générosité qui se répand dans les chambres et les espaces communes. Dès l’entrée, il agit comme un observatoire invitant le visiteur dans son environnement magnifié. Soigneusement équilibré, l’agencement de « Parlament19 » s’articule autour de la cuisine et de la salles de bain.

Concentre les contrastes

L’ensemble se compose d’un salon, d’une salle à manger et d’un balcon, en plus d’une chambre à coucher et sa salle de bains. Grâce à une combinaison de portes coulissantes et de rideaux, les différents espaces se connectent et se déconnectent du reste de l’appartement, en s’adaptant à une fonction collective ou plus intime.

L’intérieur se caractérise par une couleur blanche immaculée. Quelques touches sous forme de renforts, poignées et interrupteurs, touches dorées ajoutent de la chaleur et de la luminosité à l’espace général tout en apportant une belle note de surprise. Les architectes ont gardé l’ancien plancher qui se marie à merveille avec les pièces ajoutées.

« Parlament19 » concentre les contrastes. C’est un projet sobre où les différentes textures se complètent.

© Jose Hevia et Asier Rua
© Jose Hevia et Asier Rua
© Jose Hevia et Asier Rua

Le site de Miel Arquitectos : ici.

Les photos: © Jose Hevia et Asier Rua

Quand le tunnel joue les trompe l’oeil

© MAD Architects

Au Japon, dans la préfecture de Niigata, à l’intérieur du tunnel de la gorge de Kiyotsu, l’agence d’architecture MAD a créé cinq extraordinaires installations. Des interventions qui représentent l’eau, le bois, la terre, le métal mais aussi feu.

Une œuvre temporaire

L’agence d’architecture MAD est basée en Chine, à Beijing. A l’occasion de la Triennale Echigo-Tsumari 2018, qui consiste à créer des œuvres d’art temporaires et permanentes dans 200 villages de la région, elle a été invitée à transformer un tunnel datant de plusieurs décennies.

L’intervention consiste en cinq œuvres immersives différentes, chacune conçue pour représenter un élément de la nature. Un coup de cœur pour l’installation comprenant une pièce remplie de miroirs, par ailleurs d’autres œuvres comme la toilette publique imaginée comme une capsule réfléchissante ont attiré également l’attention.

Un dialogue subtil avec la nature

Le tunnel s’étend sur 750 mètres à travers la gorge de Kiyotsu, réputée pour être l’un des gouffres les plus impressionnants du Japon. L’ensemble offre quatre points de vue face aux formations rocheuses inhabituelles de la gorge, dont une qui donne directement sur le canyon. La plus frappante des installations de MAD se situe exactement à cet endroit. Il s’agit d’un espace en forme de tunnel avec un bassin d’eau recouvrant son sol et des miroirs qui tapissent ses murs et son plafond voûtés. Les reflets dans le sol donnent l’impression fausse qu’il s’agit d’une surface arrondie, tandis que les reflets dans les murs apportent une nouvelle teinte au tunnel.

L’entité sombre se voit ainsi éclairée. Le tunnel change complètement d’aspect et devient un extraordinaire lieu de contemplation où l’irréel se croise avec le réel. La présence de l’eau où se reflètent les diverses surfaces donne à cette œuvre une dimension particulière. Dans cette contrée lointaine et ce passage public, l’art contemporain réussit à tisser un dialogue subtil  avec la nature environnante.

© MAD Architects

Le site de MAD Architects : ici.

Les photos : © MAD Architects

L’histoire dans un miroir

© Kang Wei

Nommée « Mirrored Sight », l’istallation conçue par l’architecte Li Hao fait partie d’une série d’abris que l’artiste élabore depuis quelques années. Situé sur la rive nord de la rivière Longxi au sud-est du Guizhou, le projet recrée l’histoire de la population longli. Simple, poétique et astucieuse, la cabane constitue une curiosité à part entière.

Développé par l’architecte Li Hao, l’installation raconte l’histoire d’une communauté vernaculaire qui a connu l’isolement et la tension dans le sud-est de Guizhou, en Chine. Situé le long de la rivière longxi le projet est réalisé dans le cadre de l’initiative d’installation architecturale apportant un nouveau point de repère regional ainsi qu’un agréable point de vue où les gens peuvent se reposer et profiter du panorama environnant.

L’installation de Li Hao raconte une période critique connue par son invasion militaire des groupes de Ming qui a eu lieu dans la ville de Longli il ya 600 ans. Après des siècles d’occupation, la cité a développé une disposition architecturale et urbaine unique qui la distingue des villages environnants. Pour les touristes, cet «îlot solitaire», exprimé ainsi par le célèbre écrivain Yu Qiuyu, apparaît comme un symbole culturel. Cependant pour les résidents, l’architecture distincte de la ville représente leur survie. Aujourd’hui, les anciens habitants se sont mélangés aux autres en créant une remarquable diversité culturelle.

Simple, subtile et astucieuse

La structure se présente comme une forme simple qui se compose de deux étages pouvant accueillir seulement une seule personne. La partie basse invite les gens à se reposer tandis que la partie supérieure comporte un espace intérieur qui procure divers points de vue sur le voisinage. A l’ouest, une fenêtre encadre le pont longxi construit pendant la dynastie des Ming, tandis qu’une autre vue s’ouvre sur le mémorial du pont.

Pendant la construction, les architectes ont utilisé des matériaux différents pour distinguer les diverses façades. Recouverte de bois de bambou local, la façade nord est parallèle à l’axe longitudinal de la ville, tandis que l’autre façade méridionale qui est recouverte de verre transparent est parallèle au fleuve. Cette combinaison de matériaux, l’orientation et l’emplacement de l’abri, offrent au visiteur une expérience exceptionnelle qui joue sur les illusions d’optique.

La façade en verre reflète l’image de la ville à travers des scènes de la vie quotidienne, créant ainsi l’impression d’être à l’intérieur d’un système de miroirs complexes. Ce dernier rend la distinction difficile entre ce qui est réel et irréel.

L’abri est relié à la ville par un vieux pont de pierre que les habitants empruntaient traditionnellement. Le soir, l’installation fournit une présence tout à fait différente de celle du jour. Ainsi, la forme globale se fond dans le paysage nocturne et la pyramide émerge donnant un sentiment de flottement.

L’installation conçue par l’architecte Li Hao est un joli trait d’union qui lie le passé et le présent.

© Kang Wei
© Kang Wei

© Kang Wei
© Kang Wei

© Kang Wei
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© Kang Wei
© Kang Wei

Le site de Li Hao: ici.

http://mimohaus.com/

Les photos : © Kang Wei

« Déguisée »

© Natura Futura Arquitectura
© Natura Futura Arquitectura

Dissimulée derrière une fine couche de miroir, la cabane réalisée par l’agence d’architecture Natura Futura est une curiosité à part entière. Sur les murs c’est le paysage et les collines équatoriennes que l’on retrouve tandis que derrière cette carapace de verre, les visiteurs trouvent refuge. A l’abri des regards, dans un espace qui leur est dédié, les  randonneurs de la haute montagne peuvent se reposer en toute tranquillité.

Dans les montagnes des Andes, sur l’un des sentiers qui se trouve entre Guaranda et Babahoyo, une petite cabane de 13 mètres carrés passe concrètement inaperçue. Fabriquée entièrement en bois mais recouverte de panneaux en miroir, la structure réalisée par l’agence d’architecture Natura Futura constitue un refuge pour les randonneurs.

A l’image d’une immense toile, les murs reflètent la vallée et le brouillard qui l’entoure comme tous les changements des saisons. Le tableau s’assombrit ou s’éclaircit suivant l’humeur du ciel et réagit comme un baromètre géant qui change à vu d’œil.

Renouer avec la nature

Comme l’emplacement est stratégique, le lieu est très visité. Les observateurs de passage apprécient la terrasse qui résulte de l’enfouissement de la cabane dans l’existant. Quant aux murs en miroir, ils sont destinés à aider le point d’observation à se fondre dans son environnement. Une petite ouverture dans le mur à l’arrière de la structure permet aux visiteurs d’accéder à la plate-forme en bois d’où ils peuvent apprécier l’exquis panorama.

Aussi modeste soit elle, cette intervention architecturale nous pousse à la réflexion entre le visible et l’invisible, l’architecture de l’effacement et celle de l’ostentation, l’être et le paraître, que d’idées qui se divergent. Le point d’observation de Natura Futura constitue un beau projet qui renoue avec l’entourage.

© Natura Futura Arquitectura
© Natura Futura Arquitectura

© Natura Futura Arquitectura
© Natura Futura Arquitectura

Le site de Natura Futura Arquitectura : ici.

Les photos : © Natura Futura Arquitectura

« Mirror house »

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C’est à Almère qu’en 2013, lors d’un concours expérimental, les architectes Johan Selbing et Anouk Vogel ont accompli une originale maison située dans une clairière.

Il s’agit d’un projet de logement expérimental que douze équipes ont accepté de réaliser. Chacun des participants a eu l’occasion de construire sa conception dans l’ouest de la forêt de Noorderplassen, aux Pays-Bas.

La « Mirror house » est l’une des douze réalisations. L’idée principale des architectes étant le respect de l’intimité des habitants, ils ont proposé d’envelopper l’ensemble de la construction par des miroirs. Ainsi, le paysage extérieur se reflète sur les façades et à l’intérieur la vie continue à l’abri des regards.

Le sol de la villa est un peu surélevé, une vue plus dégagée s’offre ainsi à ses propriétaires. Un cadre en aluminium soutient les panneaux de verre réfléchissant utilisées pour les façades. Les grandes baies vitrées s’ouvrent vers le jardin troublant par moments le sentiment d’intérieur et d’extérieur. L’intérieur est minimaliste, sobre et la présence du bois procure un doux sentiment de chaleur qui contraste avec la brillance vue de l’extérieur.

La « mirror house » est une originalité qui crée un savoureux dialogue avec son environnement.

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Les sites des architectes Johan Selbing architecture et Anouk Vogel: ici et .

Les photos : © jeroen musch