Le Weisses Kreuz d’Innsbruck retrouve sa splendeur grâce à noa*

© Alex Filz

L’hotel Weisses Kreuz, situé dans le centre-ville d’Innsbruck, invite ses hôtes à un voyage dans le temps rafraîchissant et coloré avec 48 nouvelles chambres et suites, où l’agence d’architecture noa* a créé le cadre parfait.

Une mode intemporelle

Pas d’angle droit en vue dans le coin ! la vénérable maison de Herzog-Friedrich-Straße, qui date des années 1460, est un bâtiment situé dans l’une des rues historiques d’Innsbruck et dont l’architecture consiste en un condensé d’éléments architecturaux d’un large éventail d’époques historiques, ayant subi une transformation constante. Pourtant, les caractéristiques distinctes de chaque période se confondent dans une mode intemporelle pour former une symbiose d’urbanisme.

Au rythme des siècles, l’Hôtel Weisses Kreuz s’inscrit dans ce modèle, offrant un défi architectural attrayant pour noa*. Non loin du célèbre Goldenes Dachl (le Toit d’Or), l’hôtel a toujours été une destination populaire que ce soit pour les voyageurs célèbres ou les célébrités historiques, comme Wolfgang Amadeus Mozart, qui y séjourna à l’âge de 13 ans en 1769. Le bâtiment est étroit et allongée vers l’arrière, son arcade orientée vers l’avant se marie parfaitement avec le tissu de la ville. Lors de la refonte, un niveau loft a été ajouté aux six étages, qui ont été prolongés avec délicatesse tout en respectant les règles locales de conservation. Le nouveau loft est méticuleusement chorégraphié. D’une part, il s’adapte au quartier et au paysage urbain en conservant sa pente d’origine vers l’élévation avant, mais à l’arrière, il s’élève en hauteur et s’ouvre sur six cubes de verre offrant une vue magnifique sur les toits de la ville. De là, les clients peuvent goûter à un panorama unique, englobant les monuments importants alentour.

Un voyage dans le temps

Les clients sont invités à commencer leur voyage dans le temps au rez-de-chaussée. En effet, l’ascenseur est accessible par un long couloir ponctué de deux « obstacles en miroir ». Les invités se voient réfléchis, mais en même temps toutes les frontières sont dissoutes par les murs en miroir et le plafond, l’architecture cesse d’exister, l’immersion est complète. Dès l’entrée, les visiteurs sont transportés loin de leur propre époque. L’ascenseur les emmène directement au nouveau sixième étage, où un accueil chaleureux les attend. Là, la première chose qu’ils remarqueront est un meuble dominant dans la salle longue. Il s’agit d’une table en laiton, fabriquée sur mesure, de 13 mètres de long avec une ornementation baroque. La table sert au petit déjeuner buffet, mais aussi comme bar ou comme un lieu de rencontre convivial en soirée, ouvert également aux non-clients de l’hôtel. L’existence de la table est renforcée par le parquet en chêne fumé, et le laiton offre un contraste royal avec le bleu foncé qui domine la pièce. Le bleu choisi figure également au nom de cette icône « Zur blauen Brigitte » (Bleu Brigitte), du nom de l’un des deux propriétaires de l’immeuble. Le loft bleu, avec ses baies vitrées, ses alcôves vitrées et sa vue à couper le souffle, offre une atmosphère chaleureuse. L’éclairage offre une ambiance éclectique agrémentés de plusieurs touches en rose clair et jaune ocre. La signature du projet « Baroque Chic Shock » est évidente par ses caractéristiques variées et particulières. Le minimalisme et les espaces blancs sont inexistants, tout, jusqu’aux détails techniques, a été coloré, décoré et agrémenté. L’histoire dynamique du bâtiment refait surface et le nouveau chapitre qui est en train d’être écrit apparaît petit à petit.

La couleur fait partie du voyage

Les nouvelles chambres et suites sont situés aux étages inférieurs. Malgré l’irrégularité architecturale des planchers, avec leurs plafonds gothiques, leurs arches et leurs hauteurs variables, noa* a réussi à apporter une sorte de calme à la folie. Les chambres d’hôtes côté rue permettent de se plonger dans l’agitation de la vieille ville d’Innsbruck simplement en regardant par la fenêtre, tandis que ceux qui font face à la cour intérieure se dotent d’un patio ou d’un balcon intérieur créant un idylle isolée. Pour la partie centrale et sans fenêtre du bâtiment, les architectes ont imaginé une façon particulièrement ingénieuse d’utiliser l’espace tout en permettant à ces pièces de recevoir la lumière naturelle. En effet, les concepteurs ont éclairés l’ensemble par une cour intérieure qui s’étend entre le premier et le sixième étages où se forme une petite terrasse privée et paysagée. Les chambres possèdent des codes de couleurs cohérents. Chaque pièce présente une couleur monochrome et devient le cadre de divers éléments baroques. La couleur fait partie du voyage. Chaque teinte donne une indication de la configuration de la chambre respective. Par exemple, les chambres rouges sont légèrement plus spacieuses que celles en bleu clair, tandis que les chambres en bleu foncé ont un balcon, et les chambres vertes ont une terrasse donnant sur la cour. Par ailleurs, les chambres grises sont toutes à deux lits. Tout le mobilier est en harmonie avec la couleur choisie, la moquette et le carrelage sont à la couleur des murs, des rideaux et des meubles. Le thème baroque se reflète dans des détails particuliers comme une pied de lavabo ou une commode qui portent des traits baroques. Ces derniers sont encore plus accentués, par une série spécialement créée de photographies de dames opulentes qui reprennent le leitmotiv du « Baroque Chic Shock » à travers des accessoires fantaisistes.

Des surprises et des secrets

Au premier étage, toutes les chambres ont une terrasse vitrée et un grand espace extérieur. le point culminant de cet étage est la chambre « Superpatio » avec son décor de jungle verte, un petit oasis avec des meubles anciens et un lit d’une forme inhabituelle. Au deuxième étage, se trouve la « Suite Mozart » qui constitue la retraite spacieuse où Mozart reposait autrefois. Ici, des éléments grandioses abondent en rouge et or. En hommage au célèbre compositeur et grand joueur, une table de billard orne la pièce. Une autre curiosité se trouve au troisième étage. IL s’agit d’une « armoire à balais », la plus petite pièce de l’hôtel, qui reste totalement inachevée. Avec ses murs non enduits, c’est l’espace « sans style » de l’hôtel où l’on trouve la raquette de tennis signée d’un célèbre champion de Wimbledon qui orne le mur. Le quatrième étage se prolonge dans le bâtiment voisin, il s’agit du Frank House qui dispose de 10 chambres supplémentaires. A cet étage se trouve la salle « Toit d’Or » avec son opulent mobilier doré. L’ensemble a été nommé d’après le toit d’or, qui peut être aperçu de la baie vitrée.

A l’hôtel remanié par noa*, ce ne sont pas seulement les formes irrégulières qui évoquent l’histoire, mais aussi les peintures murales découvertes pendant le projet. Elle racontent les histoires d’auteurs inconnus. Le Weisses Kreuz prend un nouveau départ avec un concept neuf, il regorge de surprises et de secrets. Par ailleurs, les rêves et les anecdotes d’autrefois s’étendent jusqu’au loft dont les baies vitrées mettent le ciel étoilé à portée de main.

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz