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A Marseille, l’Atelier d’architecture Lalo restructure le cinéma les Variétés

© Michel Denancé

A Marseille, le cinéma les Variétés, un lieu historique reconnu, se dote d’un nouveau souffle grâce à l’intervention de l’Atelier d’architecture Lalo. Une rénovation méticuleuse qui s’est focalisée sur le parcours du public vers les salles et le confort de ces derniers.

La réhabilitation d’un lieu emblématique

Jean-Marc Lalo qui dirige l’Atelier architecture Lalo, est connu par ses interventions sur des édifices culturels et notamment des cinémas. En effet, apposée aux quatre coins du monde, dans des lieux très improbables, la griffe de l’architecte montre une véritable maîtrise dans ce domaine. Et bien que l’agence possède divers projets variés, les cinémas constituent le cœur même de la production de cette dernière.

A Marseille, le cinéma les Variétés possède une très grande renommée. Situé, au bord de la Canebière, l’équipement culturel est le seul cinéma labellisé Art et essai. C’est avec une grande finesse que l’architecte a donc procédé à la restructuration ainsi qu’à la réhabilitation de ce lieu emblématique. L’intervention consiste, entre autres, à l’intégration de deux nouvelles salles. Les accès aux salles de cinéma, autrefois compliqués et labyrinthiques, deviennent ainsi des parcours qui transitent sur les deux étages. Ils sont conçus par paliers progressifs et ouverts sur le foyer. Entre les différentes entités, un ascenseur prend place.

Un remaniement finement étudié

Mis à part la réhabilitation de la façade, les fonctions ont été revues. Le foyer a été élargi, ramené vers la façade, il permet désormais de mieux accueillir le public. Cette restructuration lourde de l’ensemble intègre deux nouvelles salles. De même, les accès aux différentes salles de cinéma, alambiqués et dédaléens, sont devenus, grâce à la nouvelle organisation, des transitions douces. Les architectes ont créé un grand atrium au cœur du cinéma, pour cela, ils ont supprimé des multiples couloirs et sanitaires. Le nouvel espace vertical qui en résulte accueille un monumental escalier et lie les trois salles du rez-de-chaussée aux quatre salles du premier étage, il est mis en lumière par des suspensions évoquant la toile d’écran lumineuse. L’intérieur, autrefois terne ne répondant plus aux dernières normes exigés se voit complètement métamorphosé.

Concernant l’organisation générale, le nombre de places a été diminué au profit de fauteuils plus larges, plus confortables, habillés d’un velours de couleur prune. Même le positionnements de ces derniers a été complètement remanié de manière à améliorer la vision de l’écran d’une part et l’accessibilité à tous d’autre part. Malgré tout, le lifting n’a pas contribué à changer la programmation du lieu ni à toucher à sa vocation. Le cinéma les Variétés, à la nouvelle identité et récemment ouvert, continue à rayonner.

© Michel Denancé
© Michel Denancé
© Michel Denancé

Le site de l’atelier d’architecture Lalo: ici.

Les photos: © Michel Denancé

« Hans Richter. La traversée du siècle » l’exposition à Metz

Pour la première fois, la France rend un triple hommage à Hans Richter en accueillant son œuvre intégrale. Graphisme, peinture et filmographie se croisent pour une exceptionnelle exposition monographique qui se déroule au Centre Pompidou de Metz.

Culture | France | Expositions |

C’est un véritable voyage dans le temps que nous offre l’exposition « Hans Richter. La traversée du siècle » qui se déroule à Metz, au centre Pompidou. Le visiteur part à la découverte non seulement des œuvres de Richter mais de tous les artistes qui l’ont côtoyé. Dans les salles semi-obscures de l’édifice, cinquante ans de la vie du maître s’étalent et croisent d’autres griffes toujours aussi connues comme : Alexandre Calder, Fernand Leger, Jean Arp, Man Ray, Theo van Doesburg ou encore Ludwig Mies van der Rohe.

Figure majeure qui a guidé le retournement du mouvement artistique en Europe et l’a accompagné jusqu’aux Etats-Unis, Hans Richter reste l’un des fondateurs du mouvement moderne. Pionnier du cinéma expérimental, il a à son actif plusieurs réalisations dont le fameux Rythmus 21. Via l’exposition, nous découvrons également le personnage qui a été chargé du commissariat des films de l’exposition internationale de 1929 à Stuttgart et les quelques vidéos qui mettent en avant le foisonnement créatif de l’époque.

De Munich aux Etats-Unis, en passant par la Russie, les Pays-Bas, la France, la Suisse, Richter n’avait qu’un seul souci, vivre pour l’art et le cinéma, chose qui l’a faite pendant toute son existence, une implication forte dans un mouvement qui a influencé moult disciplines qui se croisent. C’est pourquoi, il n’est pas surprenant de voir exposée la maquette d’un concours perdu du gratte-ciel conçu par Mies Van Der Rohe pour Friedrichstrasse à Berlin.

C’est une exposition qui raconte l’art avec un grand A, de la peinture à la sculpture et jusqu’au cinéma, tout se déroule en peu de temps devant nos yeux comme la bande de l’un des films de son héros.

Dehors, de loin la ville de Metz affiche comme un tableau d’autres explorations, le contenant nous rappelle que nous sommes en 2014, le réveil est saisissant mais la vie continue…

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Présentée à Los Angeles, cette exposition organisée par le Centre Pompidou-Metz et le Los Angeles County Museum of Art, reste en France jusqu’au 14 Février et voyagera à Berlin pour la fin Mars.

Les photos : © Sipane Hoh

Interactive…

Comment faire revivre un bâtiment historique en lui donnant un nouveau souffle ? L’une des réponses consiste à garder l’existant et lui rajouter quelques éléments novateurs qui le mettent encore plus en valeur. Ici, on se trouve à Moscou devant le fameux cinéma Pushkinsky dont la compétition de sa réhabilitation était, cette année, source d’inspiration pour de nombreuses agences d’architecture. Les architectes de l’agence anglaise In square lab ont eu l’audacieuse idée de proposer une forme organique qui envahit la façade et une fois arrivée au sol, finit par devenir un mobilier urbain utile et à la fois artistique. Pour cela il aurait fallu rompre la rigidité blanche de la façade avec la brillante fluidité de la forme de couleur rouge qu’on lui a greffé. Le résultat est un curieux dialogue entre l’ancien et le neuf et c’est à découvrir : ici.

On en a parlé également : ici.
La photo: © In square lab