Archives par mot-clé : restructuration

A Vannes, a/LTA réalise une élégante réhabilitation

© Stéphane Chalmeau

Intervenir dans le coeur historique d’une ville n’est pas une chose facile. Pourtant les architectes de l’agence a/LTA (Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) viennent de livrer à Vannes une réalisation aussi étonnante qu’élégante.

Une intervention délicate

Le programme est simple à premier abord, il s’agit d’une restructuration lourde d’un bâtiment réalisé à l’époque par l’architecte Jacques Guezet, situé au centre-ville de Vannes, à l’articulation de la rue Thiers et de la rue Carnot. Mais l’intervention est délicate et le résultat surprenant. Avec une grande méticulosité, les architectes ont réussi un important pari, celui d’engendrer une architecture qui apporte une nouvelle fraîcheur, se démarque de son voisinage tout en s’insérant délicatement dans le tissus historique existant.  

Le bâtiment existant était constitué de deux étages en plus d’une attique. L’ensemble contenait une banque que les architectes ont transformé en bureaux pour le compte du Groupe Giboire. Il s’agit donc de l’installation d’une nouvelle agence commerciale et de promotion immobilière qui s’installe dans un ensemble à la localisation remarquable. En effet, les nouveaux bureaux seront à deux pas du port qui est lui-même adossé aux remparts de la ville datant du IVème siècle. Une gageure pour les architectes dont l’intervention pourrait de qualifier de « chirurgicale ».

Un écran magique

Les architectes nous expliquent que la structure d’origine a été conservée, hormis l’attique qui a fait peau neuve. Le rez-de-chaussée, habillé de revêtement en inox, s’ouvre sur la rue grâce à plusieurs grandes ouvertures et suit l’alignement de cette dernière. La configuration d’origine en angle, apportaient, selon les concepteurs, une vraie réponse à l’articulation des deux rues tout en compliquant la structure de la façade existante. Mais les architectes ont fait un travail rigoureux qui met en avant la finesse de la matérialité.

La façade minérale a été mise en valeur grâce à une seconde peau de verre courbe située aux deux niveaux intermédiaires. Par ailleurs, l’attique a gardé la même matérialité en inox que celle du rez-de-chaussée. L’alliage du verre et de l’inox octroie un air surréaliste à l’édifice tout en le glissant délicatement dans le tissu de la ville. La façade, remaniée avec tact, devient un « écran magique » où les passants assistent avec une grande curiosité aux divers reflets de la ville mais aussi ceux du ciel aux différents moments de la journée.

Transparence et luminosité

Parlons technicité, les panneaux vitrés qui forment les plissés de la façade, sont portés par des rails en inox. « Un cadre en aluminium anodisé permet la ventilation naturelle de cette double peau. La partie haute de ce cadre qui constitue l’acrotère est constitué de panneaux amovibles qui rendent possible son entretien. » Racontent les architectes. Quant à l’aménagement intérieur, il a été guidé par l’idée de transparence et de luminosité. Comme toutes les réalisations de l’agence, les intérieurs sont généreux, lumineux et accueillants. Des spécificités que les architectes souhaitent garder toujours malgré des contextes difficiles ou des programmes variés. Notons que l’attique du bâtiment accueille une grande salle de réunion qui donne accès à une terrasse au vue imprenable sur les environs. Bref, la réalisation de l’agence a/LTA à Vannes ressemble à un petit bijou qu’il est impératif de découvrir !

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de l’agence a/LTA : ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau.

D’un ancien moulin en un lieu de fabrication artistique

© Cécile Septet

Dans les Yvelines, aux Mureaux, l’agence THINK TANK architecture paysage urbanisme a réhabilité un ancien moulin en le transformant en un charmant lieu de fabrication artistique. Sobriété et élégance sont au rendez-vous.

Intervenir sur l’existant sans changer son essence tout en lui insufflant un nouveau souffle est un exercice complexe qui demande une certaine dextérité. L’agence d’architecture parisienne THINK TANK dirigée par Marine de La Guerrande et Adrien Pineau a su sonder l’âme des lieux, valoriser l’existant tout en apportant une charmante touche de nouveauté.  

Adapter l’ancien

Situé dans le périmètre de l’opération ANRU démarrée en 2006, ce moulin à eau du 18ème siècle, devenu ferme puis presbytère, avait été racheté par la ville dans l’attente d’une nouvelle vie. Aujourd’hui, grâce à la délicate intervention de l’agence THINK TANK, il se transforme en un lieu de fabrication artistique dédié d’une part aux pratiques amateures et d’autre part aux résidences d’artistes, sans oublier les diverses expositions qui viendront enrichir l’ensemble.

Les architectes nous expliquent que leur démarche consistait avant tout à « produire un outil de travail performant et pérenne, propice à la création artistique, en travaillant sur des potentiels (spatiaux, financiers, techniques, opérationnels). » C’est pour cette raison que les qualités urbaines et architecturales du lieu ont été mises en exergue. De ce fait, le lieu a été rendu plus accessible malgré une différence de niveau de quatre mètres entre la rue Molière et la cour et plus ouvert sur le parc. Le projet de réhabilitation tire parti des beaux volumes et des matériaux rustiques mais de qualité que les architectes qualifient comme « une architecture d’une autre époque, à la résonnance particulière dans ce quartier en pleine restructuration. »

Dans ce quartier en pleine régénération, les trois corps de bâtiments forment un ensemble homogène d’époque. Les architectes ont proposé de garder la pierre, les gabarits construits et les charpentes. Cependant, il fallait avant tout régler le problème de la différence de niveaux entre la rue Molière, la cour de la ferme et le niveau de sol de la bergerie, d’où la mise en place d’un dispositif composé de gradins et d’escaliers qui facilite l’accès, y compris aux personnes à mobilité réduite, à tous les bâtiments.

« Dès le démarrage de l’opération, nous avons également proposé de renommer les lieux pour que démarre l’appropriation du projet par chacun. Plus personne ne savait nommer ce lieu ni les différents bâtiments. La toponymie est le premier outil possible de transformation d’un lieu et de son histoire. » nous confient les architectes.

Pour favoriser la création

Tandis que la bergerie et les granges accueillent les grands ateliers, Le bâtiment du moulin accueille des ateliers, les espaces annexes comme les rangements et les sanitaires mais aussi les locaux support pour le personnel des espaces verts. Parmi les divers changements, nous pouvons noter le remplacement du pan de la toiture nord par une verrière et le hall qui a trouvé sa place sur le pignon nord du moulin. Ce dernier, abritant l’espace d’accueil et les circulations verticales ainsi qu’un ascenseur, est positionné en rotule et permet d’avoir une entrée depuis la rue Molière outre l’accès côté cour.

Les architectes nous racontent que la palette des matériaux utilisés est restreinte, leur choix s’est porté vers « des matériaux de type industriel, rappelant à la fois la destination du lieu (fabrication artistique) et l’approche durable qui guide notre conception (économie de moyen, de gestion, réutilisation, pérennité). »

Aux Mureaux, la réhabilitation menée adroitement par les architectes de THINK TANK participe à la volonté de la ville de créer une certaine dynamique culturelle. « Les bâtiments ont été abandonnés longtemps, le jardin était fermé et il fallait contourner le site. Pendant le chantier, de nombreuses personnes sont venues m’interroger sur le projet, heureux de voir ce lieu en pleine renaissance. Chacun avait une anecdote à ce sujet, et partageait ses souvenirs. Voir la rapidité avec laquelle les habitants du quartier se sont réappropriés les lieux est la plus belle récompense » nous confie Marine de La Guerrande architecte en charge du projet. Aujourd’hui, après un an d’ouverture, le lieu vit et les usagers sont satisfaits. Un travail qui mérite reconnaissance.

© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet

Le site de THINK TANK architecture paysage urbanisme: ici.

Les photos : © Cécile Septet

Casa do Monte, une charmante reconstruction signée Leopold Banchini

© Leopold Banchini Architects

Au Portugal, l’architecte Leopold Banchini a réalisé une charmante reconstruction. Il s’agit de la Casa do Monte construite en utilisant des matériaux simples locales et de bonne facture. Le résultat est tout simplement remarquable.

Des intérieurs sculptés

Créée en 1147 par des Augustins et reconstruite après le tremblement de terre de 1755, la chapelle de Nossa Senhora do Monte domine la ville de Lisbonne. Le quartier populaire construit autour de l’ermitage historique se repose sur la colline escarpée. Accessible uniquement par des escaliers étroits, de nombreuses maisons ont été abandonnées au fil des ans. Un bâtiment est reconstruit pour accueillir la maison unifamiliale au niveau des arbres.

L’architecte nous raconte son expérience et souligne que le rythme régulier des ouvertures historiques de la façade blanche du bâtiment est conservé, mais les intérieurs sont sculptés pour créer de plus grands volumes, jouer sur la lumière et les vues. Grâce à leur double hauteur, les espaces permettent de respirer et de communiquer entre les étages, générant un intérieur fluide et non divisé.

L’architecte a veillé au côté économique de l’opération. En effet, la maison est construite avec des matériaux simples. Nous pouvons distinguer la structure en béton minéral, qui est laissée exposée, montrant ainsi le processus de sa construction. Selon l’architecte, le marbre local rose et blanc de la carrière voisine d’Estremoz est le matériau unique utilisé pour les intérieurs. De grandes dalles de pierre créent des murs, des planchers et des étagères, réduisant les détails au strict minimum. Des rideaux légers en tissu sont utilisés pour les divisions visuelles et l’intimité. La maison affiche un minimalisme résolu qui lui donne un air sobre et frugal.

Une restructuration aussi sobre qu’élégante

A chaque étage se trouve un noyau central qui accueille les besoins élémentaires comme les lits, les douches, la cuisine ainsi que d’autres équipements nécessaires. Un espace de vie vaste et fluide entoure les noyaux, évitant les divisions et permettant une utilisation polyvalente et modulaire. Néanmoins, les différents volumes peuvent être séparés temporairement les uns par rapport aux autres grâce à de grandes portes coulissantes en bois. Un processus qui aide à  créer des chambres fermées en cas de besoin. Quant à la cheminée encastrée dans le marbre incurvé du rez-de-chaussée, elle chauffe le noyau de pierre à chaque étage.

Au niveau inférieur se trouve un patio renfermé et ombragé, il offre selon l’architecte, une pièce extérieure colorée ouverte sur le ciel de Lisbonne. Les murs du patio sont carrelés d’azulejos traditionnels produits localement. Un seul escalier en colimaçon relie les niveaux et atteint la terrasse sur le toit. Entouré par les eaux bleues de la piscine, l’espace en marbre blanc offre une vue panoramique sur le paysage urbain alentours. Sur la terrasse, trois pins parasols, rappellent ceux plantés par les moines devant la chapelle de Nossa Senhora do Monte, fournissent de l’ombre pendant les heures chaudes de la journée.

La restructuration de la Casa do Monte par l’agence Leopold Banchini Architects  est tout aussi sobre qu’élégante. Il s’agit d’une opération délicate qui croise astucieusement matières et textures.

© Leopold Banchini Architects
© Dylan Perrenoud
© Dylan Perrenoud
© Leopold Banchini Architects

Le site de Leopold Banchini Architects: ici.

L’agence est également présente sur Instagram: leopoldbanchini

A Marseille, l’Atelier d’architecture Lalo restructure le cinéma les Variétés

© Michel Denancé

A Marseille, le cinéma les Variétés, un lieu historique reconnu, se dote d’un nouveau souffle grâce à l’intervention de l’Atelier d’architecture Lalo. Une rénovation méticuleuse qui s’est focalisée sur le parcours du public vers les salles et le confort de ces derniers.

La réhabilitation d’un lieu emblématique

Jean-Marc Lalo qui dirige l’Atelier architecture Lalo, est connu par ses interventions sur des édifices culturels et notamment des cinémas. En effet, apposée aux quatre coins du monde, dans des lieux très improbables, la griffe de l’architecte montre une véritable maîtrise dans ce domaine. Et bien que l’agence possède divers projets variés, les cinémas constituent le cœur même de la production de cette dernière.

A Marseille, le cinéma les Variétés possède une très grande renommée. Situé, au bord de la Canebière, l’équipement culturel est le seul cinéma labellisé Art et essai. C’est avec une grande finesse que l’architecte a donc procédé à la restructuration ainsi qu’à la réhabilitation de ce lieu emblématique. L’intervention consiste, entre autres, à l’intégration de deux nouvelles salles. Les accès aux salles de cinéma, autrefois compliqués et labyrinthiques, deviennent ainsi des parcours qui transitent sur les deux étages. Ils sont conçus par paliers progressifs et ouverts sur le foyer. Entre les différentes entités, un ascenseur prend place.

Un remaniement finement étudié

Mis à part la réhabilitation de la façade, les fonctions ont été revues. Le foyer a été élargi, ramené vers la façade, il permet désormais de mieux accueillir le public. Cette restructuration lourde de l’ensemble intègre deux nouvelles salles. De même, les accès aux différentes salles de cinéma, alambiqués et dédaléens, sont devenus, grâce à la nouvelle organisation, des transitions douces. Les architectes ont créé un grand atrium au cœur du cinéma, pour cela, ils ont supprimé des multiples couloirs et sanitaires. Le nouvel espace vertical qui en résulte accueille un monumental escalier et lie les trois salles du rez-de-chaussée aux quatre salles du premier étage, il est mis en lumière par des suspensions évoquant la toile d’écran lumineuse. L’intérieur, autrefois terne ne répondant plus aux dernières normes exigés se voit complètement métamorphosé.

Concernant l’organisation générale, le nombre de places a été diminué au profit de fauteuils plus larges, plus confortables, habillés d’un velours de couleur prune. Même le positionnements de ces derniers a été complètement remanié de manière à améliorer la vision de l’écran d’une part et l’accessibilité à tous d’autre part. Malgré tout, le lifting n’a pas contribué à changer la programmation du lieu ni à toucher à sa vocation. Le cinéma les Variétés, à la nouvelle identité et récemment ouvert, continue à rayonner.

© Michel Denancé
© Michel Denancé
© Michel Denancé

Le site de l’atelier d’architecture Lalo: ici.

Les photos: © Michel Denancé

En Corse, CGZ architecture et CA’ Architectes créent un joli bijou

© Lea Eouzan

Dans le programme de la restructuration de l’école maternelle-primaire du groupe scolaire Joseph Calloni, les deux agences corses CGZ Architecture (Pascale Gandoin de Zerbi et Julien Casalta)  et CA’ Architectes (Raphaëlle Davin et Sébastien Celeri) viennent de créer un gracieux projet. La frugalité de la forme se croise ainsi avec la sobriété de la texture pour un résultat à la fois plastique et accueillant.

Le groupe scolaire Joseph Calloni du quartier Lupinu de Bastia se caractérise par son architecture typique des années soixante où des entités massives s’associent pour former un volume simple et compact. Dans le cadre d’une restructuration générale de l’édifice et pour faciliter l’accès à l’équipement culturel, la ville de Bastia a décidé de doter ce dernier par une véritable entrée. Cette dernière saura mettre en valeur l’ensemble tout en créant un joli lien spatial avec l’existant.

La nouvelle entrée de l’école maternelle-primaire se loge dans un interstice composé par la jonction de deux volumes existants. Non seulement le projet profite du contexte pour mieux s’installer mais il joue avec les perspectives pour mieux exister. Les architectes, avec une infinie justesse ont réussi de glisser un volume entièrement revêtu en tôle perforée dans un environnement marqué par le béton. Le contraste est tout simplement saisissant.

La nouvelle entrée est très pratique surtout pour les parents accompagnant leurs enfants. L’établissement est également accessible aux personnes à mobilité réduite. Le projet filtre la lumière tout en enrichissant l’ensemble. La couleur blanche lui procure un côté à la fois épuré et sobre. Une certaine élégance se dégage ainsi de l’ensemble.

 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan

 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan

 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan

 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan

 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan

Le site de CGZ Architecture: ici.

Le site de CA’ Architectes: ici.

Les photos :  © Lea Eouzan