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En Corse, CGZ architecture et CA’ Architectes créent un joli bijou

© Lea Eouzan

Dans le programme de la restructuration de l’école maternelle-primaire du groupe scolaire Joseph Calloni, les deux agences corses CGZ Architecture (Pascale Gandoin de Zerbi et Julien Casalta)  et CA’ Architectes (Raphaëlle Davin et Sébastien Celeri) viennent de créer un gracieux projet. La frugalité de la forme se croise ainsi avec la sobriété de la texture pour un résultat à la fois plastique et accueillant.

Le groupe scolaire Joseph Calloni du quartier Lupinu de Bastia se caractérise par son architecture typique des années soixante où des entités massives s’associent pour former un volume simple et compact. Dans le cadre d’une restructuration générale de l’édifice et pour faciliter l’accès à l’équipement culturel, la ville de Bastia a décidé de doter ce dernier par une véritable entrée. Cette dernière saura mettre en valeur l’ensemble tout en créant un joli lien spatial avec l’existant.

La nouvelle entrée de l’école maternelle-primaire se loge dans un interstice composé par la jonction de deux volumes existants. Non seulement le projet profite du contexte pour mieux s’installer mais il joue avec les perspectives pour mieux exister. Les architectes, avec une infinie justesse ont réussi de glisser un volume entièrement revêtu en tôle perforée dans un environnement marqué par le béton. Le contraste est tout simplement saisissant.

La nouvelle entrée est très pratique surtout pour les parents accompagnant leurs enfants. L’établissement est également accessible aux personnes à mobilité réduite. Le projet filtre la lumière tout en enrichissant l’ensemble. La couleur blanche lui procure un côté à la fois épuré et sobre. Une certaine élégance se dégage ainsi de l’ensemble.

 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan
 © Lea Eouzan
© Lea Eouzan

Le site de CGZ Architecture: ici.

Le site de CA’ Architectes: ici.

Les photos :  © Lea Eouzan

L’édifiante transformation de la «Carriage House»

© Jan Staller
© Jan Staller

Dans le West Village de New York, l’agence d’architecture Christoff Finio Architecture a réhabilité un ancien corps de ferme datant du XIXème siècle en une coquette villa qui tranche avec son voisinage et amène un air frais à son entourage.

A New York City, non loin du fleuve Huston, au fond d’une étroite ruelle pavée, la maison réaménagée par Christoff Finio Architecture est un petit bijou bien caché. Il s’agit d’une ancienne écurie utilisée pour abriter des chevaux ainsi que des carrosses qui a subi plusieurs réadaptations au fil du temps. La dernière transformation date des années soixante-dix où le propriétaire a ajouté à l’ensemble une façade mauresque. Cependant, endommagé en 2006 par une incendie, la maison avait besoin d’une réhabilitation lourde. Ainsi, une nouvelle page s’ouvre pour cette maison qui a traversé le temps.

Une « surprise » bien dissimulée

La résidence est située près d’une grande maison de ville qui appartient au même propriétaire. L’intention de ce dernier était de reconstruire les parties endommagées en un logement privé pour le louer. Dans le prolongement des murs de la rue, l’architecte a érigé une façade en verre ornée en son rez-de-chaussée de tôles métalliques. Derrière ces derniers se trouve une pièce externe qui sert de hall d’entrée où les habitants peuvent poser leurs vélos ou stocker quelques affaires.

A l’extrémité opposée de la maison, une petite terrasse arrière en plein air prolonge la cuisine et les espaces de vie situés au rez-de-chaussée. Fermée de l’extérieur mais ouverte vers l’intérieur de la parcelle, la maison assure l’intimité à ses habitants. Même les ouvertures, maintenus au ras du sol, ont été pensées pour maintenir la vie privée loin de la rue. Vue l’étroitesse de la parcelle, l’architecte a utilisé plusieurs astuces qui donnent l’impression d’ampleur comme la couleur blanche et le jeu subtil de la lumière.

Le dernier étage est constitué de deux petites chambres et une salle de bains. L’ensemble est éclairé via une grande lucarne située au-dessus de la cage d’escalier. L’intérieur est épuré et les détails sont ordonnés. Le toit est végétalisé et selon son architecte ce serait une bonne idée si quelques oiseaux y trouveront refuge.

La maison se trouve non loin derrière plusieurs emblématiques gratte-ciel comme celui conçu par Richard Meier ou par Asymptote. La ville des gratte-ciel comporte aussi quelques surprises de petite taille bien dissimulées.

© Jan Staller

© Jan Staller

© Jan Staller

© Jan Staller

© Jan Staller

Le site de Christoff Finio Architecture (CFA) : ici.

Les photos : © Jan Staller

Pile ou face ?

© Yoda Architecture
© Yoda Architecture

Dans le département du Nord, non loin de Lille, les architectes de l’agence Yoda Architecture (Robin Lamarche et Julien Chabert) ont réalisé une atypique maison conçue en tôle et en brique qui tranche avec son environnement tout en faisant un sensible clin d’œil à la typologie des maisons alentours.

Réunir deux modèles d’habitations  dans un même volume pour créer une résidence familiale au ton contemporain n’est pas une mince affaire. Et pourtant, les architectes Robin Lamarche et Julien Chabert (Yoda Architecture) y sont parvenus et l’ouvrage qui en résulte est une étonnante composition qui sous ses airs hybrides s’avère être une belle réussite.

Deux en un

La maison possède un pignon et donne d’une part sur la rue et de l’autre vers les champs. Côté devant, la façade ainsi que la moitié des murs qui donnent sur les côtés sont construites en briques rouges perforées pour s’accorder avec les autres constructions existantes, tandis que le dos de la résidence et sa toiture rendent hommage aux bâtiments agricoles de la région et se couvre d’une sombre tôle ondulée.

La maison possède une surface de 120 m², elle est dotée d’un salon, d’une cuisine et d’un couloir à son premier étage. Les chambres se trouvent au deuxième étage où un atrium donne sur le salon. La charpente est en bois et l’intérieur minimaliste et épuré est agencé avec goût.

Les briques de la façade sont espacées créant un joli motif à la fois utile et esthétique. Ainsi, la façade devient comme un moucharabieh et tout en préservant la vie intérieure, offre quelques belles aperçues vers l’extérieur. A l’inverse, côté champs, des grandes baies vitrées ouvrent l’espace vers l’extérieur.

La maison présente ainsi deux physionomies où chaque visage renvoie vers une époque donnée et bien que les deux s’accordent mutuellement, l’ensemble, tel Janus nous raconte plusieurs histoires.

© Yoda Architecture
© Yoda Architecture
© Yoda Architecture
© Yoda Architecture
© Yoda Architecture
© Yoda Architecture

Le site de l’agence Yoda Architecture: ici.

Les photos : © Yoda Architecture.

La « Casa Mororó » un joyau en pleine nature

© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG

Une maison de 65 mètres de long dans la campagne brésilienne ? C’est l’une des remarquables réalisations de l’architecte Marcio Kagan (Studio mk27) située près de 160 km de São Paulo. Conçue comme un hangar, la résidence est une originalité à découvrir.

Des espaces généreuses et confortables

C’est une région montagneuse où les températures dépassent rarement les 20°C. Dans cet environnement sauvage, la villa réalisée par Marcio Kagan attire l’attention. Recouverte de l’extérieur par une tôle ondulée, la résidence possède une extrémité entièrement vitrée qui donne sur une avenante terrasse et une piscine intérieure.

Pour les jours de grand froid, l’architecte a cherché à créer des espaces généreuses et confortables. Le contraste est éloquent entre le bloc de tôle opaque où se nichent le salon et les chambres et la légèreté du tronçon transparent qui abrite la piscine chauffée et le sauna.

Dès le départ, les propriétaires ont demandé une maison qui donne sur le flanc de la colline et qui bénéficie des meilleurs vues. Mais l’architecte a fini par les persuader de construire la maison sur une section inférieure entourée de pins ce qui ajoute l’immersion totale dans la nature.

Pour prévenir la condensation qui brouille la transparence du verre, un système de ventilation a été intégré de sorte que les résidents puissent continuer à profiter du paysage tout en se baignant.

Le bois n’est pas qu’une simple décoration

L’intérieur est vaste, aux lignes épurées et aux détails soignés. Tandis qu’un coin de cuisine et une desserte longent la partie arrière (cachés selon les occasions par un paravent), une grande table qui accueille jusqu’à 16 personnes occupe le coeur de la salle à manger. Le bois donne une présence chaleureuse à l’ensemble un peu comme les chalets traditionnels situés dans les régions montagnardes. Au lieu d’un simple vitrage, une série de portes en verre longent les parois latérales de la maison. De même, par temps froid, les résidents peuvent se protéger à l’aide des volets coulissants en bois.

Pour assurer un processus de construction pas cher et rapide, une grande partie de la structure a été préfabriquée avant d’être transportée sur le site. Les matériaux industriels, de la gaine métallique ondulée jusqu’au cadre en acier, ont été également définis dans la mesure du possible.

A la fois chaleureuse et confortable, avec les diverses contrastes qui y créent une dualité marquée, cette conception de Marcio Kagan est une délicieuse demeure à découvrir sans tarder.

© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG

Le site de Studiomk27 (Marcio Kogan) : ici.

Les photos : © Fernando Guerra | FG+SG

La maison dans le pré

© Cyrille Lallement

En Dordogne, dans la commune de Saint-Sauveur, l’architecte Laurence Cheret vient de livrer une maison individuelle qui revisite l’architecture locale en lui donnant une élégante note actuelle.

La rencontre de Laurence Cheret et des propriétaires des lieux n’est pas due au hasard. Avant de contacter l’architecte, les futurs clients avaient envisagé une idée qu’ils souhaitaient faire progresser. La discussion qui s’engage entre les deux parties débouche sur une nouvelle conception qui répond aux diverses interrogations tout en s’inscrivant idéalement dans le site.

La parcelle étant vaste, les propriétaires souhaitent construire un espace qui communique directement avec l’extérieur d’où la présence d’une part de larges portes-fenêtres et d’autre part l’existence de plusieurs terrasses tout autour de la résidence. Le jardin qui se trouve autour de cette dernière et qui est un ancien près viabilisé sera à long terme aménagé par les étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles.

L’architecture alentours étant typique et classique, dans cette aventure, l’architecte a souhaité de faire un clin d’œil à l’ancien tout en donnant un nouveau souffle à la maison. C’est pourquoi, la forme de la toiture reprend celle des constructions de la région. Ainsi, avec ce projet, les toits à quatre pans connues dans le Périgord se transforment et seront remplacées par des auvents censés protéger du soleil et de la pluie.

L’intérieur de la villa est épuré, un carrelage gris couvre le sol et le volume général qui fait 25 mètres sur 6 mètres est divisé en trois parties. Quant à la façade, elle est revêtue d’un matériau pérenne de couleur foncée qui contraste avec son intérieur immaculé.

La préfabrication a aidé l’édification rapide de la maison. Ainsi, pour monter les murs dix jours ont été suffisants. Alors que la charpente métallique a nécessité une semaine de travaux, le bardage et la couverture ont mis deux semaines. Un temps record pour des contraintes budgétaires qui ont limité le temps du chantier et le nombre de matériaux utilisés.

La maison de Saint-Sauveur aux détails soignés est un bel objet architectural qui a su trouver un remarquable équilibre avec l’architecture de la région. C’est à découvrir sans tarder.

© Cyrille Lallement

 

© Cyrille Lallement

© Cyrille Lallement

© Cyrille Lallement

Le site de Laurence Cheret : ici.

Les photos : © Cyrille Lallement

Retour aux méthodes traditionnelles?

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En Inde, à Bangalore, l’agence d’architecture Khosla Associates, en utilisant les méthodes traditionnelles en architecture, a réalisé une étonnante école maternelle où durabilité et esthétisme épuré se croisent. Découverte d’une construction utile à son entourage.

L’agence d’architecture indienne Khosla Associates fondée et dirigée par Sandeep Khosla fait partie des agences jeunes qui utilisent les méthodes traditionnelles de la construction pour produire une architecture durable et de qualité, le tout mis au goût du jour. Ici, il s’agit de l’école maternelle qui est la première construction d’un programme plus vaste comprenant un énorme groupe scolaire. Le défi était la réalisation de l’école en seulement six mois, un travail méticuleux où la fonctionnalité et la rapidité était de mise. En réponse aux diverses contraintes et comme toujours, fidèles à leurs principes, les architectes ont conçu un ensemble aux lignes épurées où l’économie d’énergie et de coût vont de pair.

Ainsi, grâce au béton préfabriqué, plusieurs modules qui se superposent ou s’assemblent ont été envisagés pour former rapidement les deux étages demandés du programme. Les architectes ont eu recours à la tôle ondulée utilisée sous plusieurs teintes dans la formation de la façade intérieure. L’ensemble entoure deux cours où l’on trouve quelques arbustes et des jeux pour les enfants. Un escalier en béton de couleur rouge relie les étages.

Côté durabilité, les références sont nombreuses comme par exemple les murs en terre cuite perforée qui couvrent certaines classes et assurent une ventilation naturelle ainsi qu’une belle luminosité sans gêner les élèves. Une méthode parmi d’autres qui a déjà été utilisée dans l’architecture vernaculaire de la région.

A l’heure où la climatisation se répand dans les écoles ainsi que d’autres espaces publics, les architectes de Khosla Associates, en se basant sur d’anciennes méthodes qui ont donné leur fruit, ont tenté une approche efficace satisfaisante pour tous. Une démarche à suivre.

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Le site de Khosla Associates: ici.

Les photos : © Shamanth Patil J.