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« Hunting Season » la dernière œuvre d’Arnaud Cohen

Hunting Season@ ArnaudCohen
Hunting Season@ ArnaudCohen

Elle se trouve à Paris, au 45, rue des Tournelles dans la galerie aux murs immaculés dirigée par Elisabeth Kepler. La dernière œuvre d’Arnaud Cohen est une pièce unique qui franchit astucieusement les limites de l’art pour nous livrer un message universel.

Au fond de l’étroite rue des Tournelles se niche la galerie Kepler Art Conseil. De l’extérieur, nous pouvons à peine identifier les contours d’une cabane en bois calciné posée dans un coin, à même le sol. Pourtant, le carton d’invitation annonce une saison de chasse ! La curiosité l’emporte sur le paradoxe de la situation et la découverte semble indispensable.

Malgré l’aspect carbonisé, l’ensemble dégage une certaine noblesse et pour cause, il s’agit bien de volets intérieurs datant du XVIIIème siècle dont l’artiste prend un malin plaisir à raconter l’histoire. Ils proviennent d’un hôtel particulier parisien où ils ont été réemployés  lors de la destruction totale de l’édifice, depuis, ils ont traversé le temps, mais un jour ils sont devenus encombrants et non adaptés aux exigences de la modernité « moderne ». Le moment idéal pour l’artiste qui les sauve et leur donne un nouveau sort.

Fabriquer une cabane revient d’un imaginaire enfantin, avec ce projet, le rêve devient non seulement tangible mais un exercice difficile avec des matériaux improbables qui  voit le jour. Le cabanon n’a rien d’extraordinaire même si l’idée dans l’absolu ne laisse rien entrevoir. Fabriquer un abri de fortune avec des matériaux nobles n’est pas une chose courante sauf qu’ici la matière en question, grâce à l’intervention de l’artiste, est destinée à traverser le temps.

Et à l’intérieur ? Quelle est cette couleur bleue qui transparait à travers les interstices ? Une explication s’impose. A l’aide du néon, un mot nous interpelle. Il faut dire que ceux qui connaissent le travail d’Arnaud Cohen sont habitués à voir le néon, à chaque circonstance sa phrase, à chaque évènement sa couleur. Dans cette œuvre, le choix va pour le bleu quant au mot il s’agit d’un « Rien » !

Pour en connaître l’origine il faut décortiquer l’histoire. ce mot aussi insignifiant a été calligraphié de la sorte dans son carnet de chasse par Louis XVI pour la journée du 14 juillet 1789. Et pourtant, ce jour là, le « Rien » pour certains est devenu le « Tout » pour autrui, l’art n’étant qu’un moyen parmi d’autres pour reproduire l’histoire. Cette courte expression inscrite au fond d’une cabane noircie pousse-t-elle à la réflexion ? L’attitude de quelques uns vis-à-vis de l’art (entre autre) serait-elle semblable à l’attitude de Louis XVI vis à vis du 14 Juillet ? Il est permis de le croire !

Dans un scénario mené par une main de maître, Arnaud Cohen questionne encore une fois certains comportements de la société actuelle. A la fois provocateur et démonstrateur, via l’une des techniques dans laquelle il excelle, l’artiste touche un point sensible chez tout spectateur. La réflexion étant ici la substance, l’art contemporain devient l’expression. Un langage chargé de symboles, qui devient universel pour atteindre le monde entier.

Hunting Season@ ArnaudCohen
Hunting Season@ ArnaudCohen

Cette oeuvre se trouve à Paris jusqu’au 23 avril 2016 et sera exposée sera exposée au Kunstverein am Rosa–Luxemburg–Platz de Berlin en 2017.

Le site d’Arnaud Cohen: ici.

A voir également: ici.

Quand l’archéologie et l’art contemporain se croisent

© Blind Eye Factory
© Blind Eye Factory

A la fois improbable et chimérique, la rencontre de l’art contemporain et de l’archéologie ne se fait pas  spontanément. Et pourtant, le jeune artiste Edoardo Tresoldi y est arrivé. C’est avec une infinie finesse que l’italien a ressuscité les vestiges archéologiques de la basilique de Siponto. Le résultat est tout simplement époustouflant !

En Italie, à Manfredonia, Samedi le 12 Mars a eu lieu à la basilique de Santa Maria di Siponto l’inauguration du dernier ouvrage d’Edoardo Tresoldi, promu par le Bureau archéologique des Pouilles et soutenu par le ministère italien de la culture et du patrimoine. A mi-chemin entre sculpture et architecture, l’œuvre promeut un grand succès.

Les spectres du passé se réveillent

Dans la région italienne du sud des Pouilles, le parc historique de Siponto est connu comme un site d’une grande importance archéologique. Abandonnée depuis le XIIIème siècle, à la suite de plusieurs tremblements de terre, la basilique qui était jadis construite sur des vestiges datant du XIème siècle, attire toujours les visiteurs.

Sur le site de cette église primitive, à l’aide de treillis métalliques, l’artiste italien Edoardo Tresoldi a réalisé une installation monumentale qui reconstitue l’architecture de la ville antique. La sculpture, où les treillis se croisent, s’entrelacent et se chevauchent, intitulée «basilica di siponto», occupe le vaste espace abandonné depuis des siècles. Elle crée une ambiance particulière entre illusion et réalité que les visiteurs aiment découvrir.

Selon le commissaire Simone Pallotta: « Le travail d’Edoardo Tresoldi apparaît comme une sculpture architecturale majestueuse douée pour réveler les volumes de la basilique existante et en même temps capable de la vivifier via sa relation entre l’ancien et le contemporain. Un travail qui, brisant la controverse séculaire des arts primaires, résume deux langues complémentaires en une, des scènes à couper le souffle . »

La nuit, les illuminations ne font qu’accentuer la magie du site qui, comme un lieu hanté, assiste à la renaissance de ses vestiges. Dans un contexte chargé d’histoire en toile de fond l’exceptionnel paysage des Pouilles, l’arrivée de l’œuvre de Tresoldi complète le puzzle et marque la profondeur qui manquait jusque là à l’ensemble.

© Blind Eye Factory
© Blind Eye Factory
© Blind Eye Factory
© Blind Eye Factory
© Blind Eye Factory
© Blind Eye Factory
© Blind Eye Factory
© Blind Eye Factory

Pour plus d’information sur Edoardo Tresoldi : ici.

Les photos : © Blind Eye Factory

L’architecture, un écrin pour l’art

© Gonçal Garcia

© Gonçal Garcia

A Majorque, l’agence d’architecture Munarq a transformé un ancien corps de ferme en un étonnant atelier de peinture pour l’artiste Dolors Comas. Un langage qui prend ses sources dans l’architecture de la région et la magnifie.

C’est à la périphérie de la ville de Pla de na Tesa que les architectes de Munarq ont réhabilité ainsi que reconstruit une ancienne ferme devenue désuète en un avenant atelier pour artiste.  En conséquence, l’espace de travail ainsi que la galerie d’exposition ont trouvé un écrin des plus atypiques.

Propice à la création

Les principales exigences des propriétaires étaient outre la création de deux grands espaces (une galerie d’exposition et un atelier), les hauts plafonds, l’éclairage naturel ainsi que l’existence de quelques coins d’intimité où l’artiste pourra travailler en toute quiétude. Les architectes ont choisi de préserver et prolonger la structure existante tout en retravaillant l’intérieur pour créer plus de luminosité et de clarté.

L’ancien bâtiment était dans un mauvais état et a été envahi par les plantes, pour le rendre de nouveau utilisable, de nombreuses réparations ont dû être apportées. Tout d’abord, les murs de l’édifice ont été nettoyés, ensuite une extension a été ajouté pour créer une entité d’une superficie totale de 230 m².

A l’intérieur, un plancher en béton coulé a été ajouté sur les deux étages, les murs intérieurs ont été replâtrés et peints en blanc, contrastant avec les poutres du plafond en bois apparentes et les marches d’escalier. Quelques touches subtiles qui ont fini par changer radicalement l’ensemble.

Deux entrée desservent l’atelier dont une vitrée, qui se trouve à la jonction entre les deux entités et donnant accès à la galerie d’un côté et le studio de l’autre. La deuxième entrée se trouve au fond de l’extension et donne sur une terrasse permettant ainsi à l’artiste de s’isoler et de prendre l’air.

L’ensemble est épuré, propice à la création, il est conforme aux attentes de l’artiste qui l’a adopté avec satisfaction. Une belle réhabilitation !

© Gonçal Garcia
© Gonçal Garcia
© Gonçal Garcia
© Gonçal Garcia
© Gonçal Garcia
© Gonçal Garcia

Le site de l’agence d’architecture Munraq:ici.

Les photos : © Gonçal Garcia

Rien que pour l’art !

© Adrià Goula
© Adrià Goula

En Espagne, dans la périphérie de Barcelone, l’agence d’architecture catalane Garcés, de Seta,  Bonet (Jordi Garcés , Daria de Seta et Anna Bonet) a réalisé un impressionnant monolithe en béton qui sert comme un atelier ainsi qu’une espace d’exposition pour le peintre Eduard Arranz-Bravo. C’est un lieu d’isolement mais aussi de rencontre entre l’artiste et son inspiration.

Chaque studio d’art possède sa propre expression. C’est avant tout un endroit où l’homme de l’art aspire à la tranquillité pour pouvoir créer. La parcelle semble idéale, entouré par la végétation, l’édifice se démarque tout en créant un discret dialogue avec son environnement. Fermé comme une boîte, le bâtiment est conçu pour une seule activité: la création.

Comme un monolithe

Les architectes ont conçu un volume compact avec un intérieur ouvert, le tout en béton brut. Il s’agit d’une composition monolithique avec de généreux espaces où l’on perçoit un subtil jeu d’ombres et de lumières, le tout pour l’expression de l’art. Le terrain est en pente avec une multitude d’arbres ce qui donne la sensation de se trouver en pleine nature. L’atelier qui prend place non loin de la maison du peintre comprend entre autres un entrepôt de stockage.

Tandis que l’un des espaces arrières de la composition est conçu pour stocker des œuvres d’art la zone frontale comprend un vaste atelier de sculpture complètement ouvert vers une terrasse de travail. Cette dernière se trouve au sein même de la végétation comme si l’intérieur se prolongeait à l’extérieur. Une source d’inspiration garantie !

Une solution non conventionnelle a été choisie pour l’isolation thermique et l’étanchéité. Ainsi, tout le système d’isolation est installé à l’extérieur. Plusieurs procédés ont été mis en place pour assurer l’étanchéité de l’ensemble. La grande lucarne qui coiffe la toiture en pente est réalisée sur mesure dans un atelier de menuiserie, et elle est soutenue par la fenêtre légèrement inclinée, ce qui facilite l’entrée de la lumière naturelle à l’intérieur du bâtiment. Que de détails subtils et recherchés qu’il est agréable de découvrir sans tarder.

© Adrià Goula
© Adrià Goula
© Adrià Goula
© Adrià Goula
© Adrià Goula
© Adrià Goula
© Adrià Goula
© Adrià Goula

Le site de Garcés, de Seta et Bonet Arquitectes : ici.

Les photos : © Adrià Goula

« The Rising Tide », l’extraordinaire installation sur la Tamise

© Jason deCaires Taylor
© Jason deCaires Taylor

A Londres, lors du festival « Totally Thames », l’artiste Jason deCaires Taylor a présenté une originale œuvre qui montre selon lui l’importance de la sauvegarde de notre environnement. Baptisée « The Rising Tide » il s’agit d’une œuvre d’art qui présente quatre sculptures hybrides posées sur les rives de la Tamise.

A Paris, lors de la COP21 j’ai eu l’occasion et la chance de découvrir deux œuvres exceptionnelles dont la « Ice Watch Paris » de l’artiste Olafur Eliasson ainsi que « Aerocene » de Tomas Saraceno. Ailleurs, en Angleterre, l’artiste Jason deCaires Taylor a expose son œuvre « The Rising Tide », sa manière de communiquer sur la protection de notre planète.

Préserver notre planète

« Le Tiding Rise » est une œuvre d’art conçue par le célèbre sculpteur Jason deCaires Taylor, connu pour ses installations sous marine. Commandé en Septembre, l’installation comporte quatre sculptures hybrides, des chevaux de 3 mètres de haut dont les pompes de puits de pétrole remplacent les têtes. Placés le long de la Tamise, en face de la Tate Britain ces sculptures géantes qui se dévoilent suivant la montée des eaux, impressionnent tout passant.

À travers son œuvre surprenante, l’artiste met en évidence le rôle de la Tamise dans la capitale anglaise. Il présente aussi notre fragilité face à la hausse des niveaux de la mer qui menacent toute notre existence. Mais cette œuvre va au-delà d’une simple image de choc, elle analyse les différentes attitudes vis-à-vis de notre planète. Tandis que les chevaux se servent de la terre pour exister, les jeunes cavaliers symbolisent l’espoir d’une génération qui protège cette même terre.

Une extraordinaire installation que l’on peut visiter jusqu’à fin Février en Cornouailles dans le cadre du « Festival of Hope ».

© Jason deCaires Taylor
© Jason deCaires Taylor

Le site de Jason deCaires Taylor: ici.

Les photos : © Jason deCaires Taylor

Un râteau à la main…

©Tony Plant
©Tony Plant

C’est la spécificité de Tony Plant, l’artiste né à Cornwall et diplômé de Chelsea College of Art, qui, depuis vingt ans, un râteau à la main transforme les plages anglaises en une merveilleuse toile temporaire.

Les motifs de Tony tourbillonnent, se croisent et se touchent, s’entrelacent et comme un patchwork ils offrent d’époustouflants spectacles qui, vu leur taille gigantesque, sont surtout appréciés de loin. Ces tableaux éphémères tracés dans le sable durent quelques heures, balayés par les vagues, ils finissent par rejoindre le large. Un travail complexe et à la fois fascinant qui à peine terminé disparaît aussi vite devant nos yeux à la grande frustration de certains contemplateurs.

L’art éphémère

Mais c’est toute l’essence de l’art de Tony où les plages lui offrent le support et la nature s’en charge pour l’effacer. In fine, que reste-il de son travail ? Des centaines ou des milliers de photos, de près, de loin, noir et blanc ou aériennes, des souvenirs gravés dans les mémoires, des témoignages des surfeurs qui ont arpentés ces plages et une grande satisfaction de la part de l’artiste d’accomplir quelque chose dont il est convaincu.

« I just think of them as non-precious things. Some people get confused about why I do it, when there’s nothing left after the tide has washed everything away, but I just see it as a new blank canvas for me to work with » dit Tony Plant.

©Tony Plant
©Tony Plant
©Tony Plant
©Tony Plant

Le site de l’artiste : ici.

En brique et bois, l’histoire d’une élégante extension

© Justin Alexander

En Australie, l’agence d’architecture Pivot vient de livrer une coquette extension qui transforme un simple volume en un original studio d’artiste. Découverte d’une belle réhabilitation qui a été réalisée en un temps record et qui apporte une délicieuse note de nouveauté à toute une rue.

La surface est exigüe, sur une parcelle donnant directement sur la rue, une ancienne maison aux traits classiques occupe le terrain. Comment faire pour rajouter un studio d’artiste ainsi qu’un bureau tout en gardant la structure de la maison ?

Les architectes ont entrepris de garder les murs de la maisonnée et de lui greffer une extension tout en enveloppant l’ensemble par un nouvel habit. Le bâtiment est recouvert de brique noir vernissé, un matériau qui contraste avec le large bandeau de bois clair rajouté sur la façade. Les lattes de bois ne constituent pas seulement un élément décoratif mais ils participent par leur inclinaison, à réguler la ventilation naturelle.

Les 73 m² rajoutés contiennent un studio d’artiste qui se niche délicatement dans ce quartier aux allures classiques et se démarque sans ostension. Pour des travaux qui ont duré seulement trois mois, le résultat est extraordinaire . Minimaliste et épurée, la nouvelle extension qui fait corps avec l’existant est une originalité à découvrir sans tarder.

© Justin Alexander

© Justin Alexander

© Justin Alexander

Le site de l’agence d’architecture Pivot: ici.

Les photos: © Justin Alexander

‘Fallen from the Sky’

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A la fois plasticien, sculpteur et photographe, Jean-François Fourtou ne cesse de créer des originalités. De Madrid à New-York, en passant par le Maroc les œuvres de l’artiste nous transportent dans un monde fantastique mêlant certains souvenirs à l’imaginaire.

Au Maroc, dans la palmeraie de Marrakech se trouve une drôle de maison aux allures charentaises, à l’envers comme si elle tombait du ciel. C’est l’une des œuvres extravagantes de Jean-François Fourtou, l’artiste qui après avoir arpenté la planète a élu domicile dans le pays.

Le pavillon est posé à l’envers. Pour le visiteur, c’est un lieu expérimental unique qui offre la possibilité de marcher sur le plafond, c’est un endroit contradictoire à tous les codes ordinaires où la sensation de vertige est garantie.

A cela se mêle une explication sentimentale profonde et personnelle vu qu’il s’agisse d’une copie conforme de la maison des grands-parents de l’artiste, un lieu qu’il a connu dans son enfance et dont il garde de très beaux souvenirs.

Mémoires et nostalgie pour l’homme de l’art, découverte et aventure pour le visiteur. La ‘Fallen from the Sky’ est une œuvre inédite qui s’ajoute à la multitude d’extraordinaires réalisations que Fourtou a le secret d’inventer…

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Pour plus d’informations concernant Jean-François Fourtou, voir: ici.