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La Casa Ry, un petit bijou signé Christoffersen Weiling Architects

© Tina Stephansen

L’agence Christoffersen Weiling Architects vient de remporter le prestigieux prix allemand d’architecture Iconic Award du German Architecture Award dans la catégorie Architecture innovante pour sa conception de la Casa Ry, une résidence privée aux multiples qualités.
 

Habitation et tradition

La maison se compose de trois entités. Selon les architectes, le point de départ de la conception consistait à établir une relation entre esthétisme et fonctionnalité, à soutenir la vue sur le lac voisin ainsi qu’à créer un espace extérieur privé et protégé.

Et bien que les formes abstraites des trois volumes peuvent sembler en contradiction avec le contexte rural, une fois dans la cour centrale empruntant un chemin concret, appréciant les structures environnantes et l’ampleur du projet, le spectateur est attiré par la cohérence des espaces et leur configuration spécifique formant une cour centrale et rappelant fortement les fermes typiques régionales traditionnelles. La maison principale est située entre la prairie et la rue, elle est protégée par les deux autres entités fonctionnelles. L’ensemble profite de la vue sur la cour tout en s’ouvrant sur des champs et offrant une vue panoramique sur le paysage.

À la Casa Ry, les architectes ont combiné habitation et tradition. La ferme récemment interprétée, est située dans une région pittoresque à la frontière entre le village, la campagne environnante et donnant sur un lac à proximité. L’emplacement rural ainsi que le souhait du propriétaire de construire trois maisons, chacune ayant ses propres fonctions et constituant la base du projet, a poussé à cet exercice difficile que les architectes ont manié avec dextérité. L’ensemble fait un joli clin d’œil aux domaines typiques possèdant une cour centrale. La Casa Ry est donc une ferme réinterprétée aux lignes simplifiées et affinées.

Des détails soignés

La maison se distingue par le soin apporté aux divers détails. Les architectes ont même réussi leur coup de main en dissimulant les différents éléments jugés disgracieux tels que les gouttières et la ventilation. En même temps, les façades de la maison sont enveloppées de bois de cèdre, un matériau qui patine avec le temps et adopte de belles nuances de gris. Le choix des matériaux en bois souligne une fascination pour des bâtiments traditionnels et, avec son revêtement horizontal, renforce la simple expression architecturale de la demeure.

À l’intérieur, la maison est lumineuse, les différents espaces semblent généreux et les grandes baies vitrées dotent l’ensemble de magnifiques vues sur les environs. La maison est conçue autour d’une grande cuisine-salle à manger ouverte sur le salon. Le choix des matériaux naturels se poursuit à l’intérieur, où les meubles sont en chêne et où toutes les surfaces au sol sont en béton mat et poli qui renforce son côté vernaculaire.

L’agence Christoffersen Weiling Architects (CWA), dont les architectes possèdent de nombreuses années d’expérience dans des studios de design danois reconnus, ont créé leur propre entreprise depuis 2017. Le prix décerné à la Casa Ry constitue une grande importance.  « Nous sommes très fiers de cette reconnaissance » souligne Niels Christoffersen, l’associé et fondateur de l’agence tandis que son co-fondateur, Erik Weiling Nielson, déclare : « Nous sommes très chanceux d’être favorisés par des constructeurs incroyablement ambitieux et novateurs qui osent réaliser leurs rêves en matière de logement et où notre réponse architecturale à leurs souhaits est maintenant récompensée. Il est extrêmement important de penser, comme nous, qu’une architecture de qualité doit être conçue au même niveau que nos clients ».

Le prix d’architecture sera présenté lors d’une cérémonie à Munich le 7 octobre. A noter que la maison est classée comme une maison à basse consommation d’énergie avec un chauffage géothermique. C’est un petit bijou situé au cœur du pays, à découvrir sans tarder.

© Tina Stephansen
© Tina Stephansen
© Tina Stephansen
© Tina Stephansen

Le site de CWA : ici.

Les photos: © Tina Stephansen

D’une ancienne ferme en école de musique

©José Hevia

En Espagne, les architectes de Bammp Arquitectes i Associates ont realise un projet atypique qui consiste à façonner une école de musique au sein d’une ancienne ferme. Subtilité, sobriété mais aussi grâce et délicatesse sont au rendez-vous.

La Ferme de Can Fargues a été construite autour d’une tour médiévale datant du XIIème siècle. Un élément patrimonial grandiose et imposant situé au centre de la nouvelle école devient ainsi le protagoniste du projet conçu par Bammp Arquitectes i Associates.

Agencer et réhabiliter

La nouvelle école de musique qui s’articule autour de la tour médiévale, s’est réalisé d’une manière naturelle en optimisant le bâtiment existant et lui annexant d’autres constructions fonctionnelles qui forment le nouveau visage de l’équipement culturel.

La structure comportait le de nombreuses interventions produites au fil du temps, formant plusieurs espaces anarchiques tournant autour de la Tour. L’intervention des architectes consiste à agencer l’ensemble en premier lieu et puis à réhabiliter les parties endommagées.  Le projet s’inscrit dans son environnement, tandis que certains volumes embrassent la tour, d’autres se tissent un peu plus loin pour former un ensemble qui mêle subtilement le nouveau et l’ancien. Le résultat est donc une école où les classes ne répondent pas à une répétition typologique mais à une continuité programmatique ainsi qu’une cohérence visuelle menées par un main de maître.

Se greffer intelligemment à l’ancien

La complexité intérieure qui résulte de l’enchevêtrement de l’ancien et du nouveau se déplace également vers l’extérieur, où les porches, les terrasses, les patios, les escaliers et les allées sont interconnectés pour permettre aux divers espaces de s’adapter aux utilisations extérieures liées à l’équipement.

L’édifice est accessible depuis l’ancienne cour qui se relie, à travers un nouveau porche, au futur jardin. Tandis qu’au rez-de-chaussée se trouvent les espaces administratives ainsi que d’autres dépendances, le premier étage comporte la salle d’art et les escaliers. Ces derniers, attachés à l’ancienne tour, servent les étages supérieurs.

Les salles de classe sont logées dans les espaces existants et, uniquement lorsque cela s’est avéré nécessaire, les architectes ont rajouté de nouveaux volumes. L’école, qui est située dans les anciens jardins de Can Fargues, se connecte directement avec le vieux verger devenu une aire de jeux ou un espace commun où se déroulent les concerts en plein air. Quant au jardin romantique, situé au nord de la Masía, a été conçu comme un jardin public.

Une architecture nouvelle qui a su se greffer intelligemment à l’ancien et où tous les composants se magnifient mutuellement. C’est un projet qui vaut le détour.

©José Hevia
©José Hevia

©José Hevia
©José Hevia

©José Hevia
©José Hevia

©José Hevia
©José Hevia

©José Hevia
©José Hevia

Le site de l’agence d’architecture Bammp Arquitectes i Associats: ici.

Les photos: ©José Hevia

En Chine, une bibliothèque dans un corps de ferme

 

© YAO Li pour AZL Architects
© YAO Li pour AZL Architects

Située dans le village de Daijiashan de la province de Zhejiang, la nouvelle médiathèque signée d’AZL Architects est la onzième structure de la sorte qui s’installe dans des lieux reculés et participe au rayonnement de la culture. Un projet céducatif mais aussi de sauvegarde qui réhabilite un ancien corps de ferme pour s’y établir.

Dans le paysage naturel du village chinois de Daijiashan, l’arrivée de la nouvelle médiathèque conserve les liens entre la vie publique des villageois ainsi que les lecteurs étrangers tout en devenant un point focal des industries culturelles et créatives locales.

Situé non loin de l’une des rues principales du village, le corps de la bibliothèque était en bon état général. Tout en maintenant la structure d’origine ainsi que les espaces qui l’entourent, les architectes ont apporté une touche de nouveauté à l’ensemble. La relation entre le nouveau et l’ancien renforce le décalage des générations et donne un certain caractère au projet. Les principaux éléments qui témoignent de l’ancienneté du lieu ont été gardés comme les murs en pisé et les toits en tuiles sans parler de la structure même de la toiture qui donne un cachet particulier à l’ensemble.

Quand la culture sauve le patrimoine

Dans le projet de la reconversion, la création architecturale est limitée, elle est surtout visible via de petites fractions d’espaces dédiées au repos ou bien à travers quelques nouveaux éléments ajoutés. Pour s’adapter à la nouvelle fonction de la bibliothèque, les architectes ont été contraints de soulever le toit, ainsi la toiture a été rehaussée de 60cm optimisant l’espace intérieur de l’édifice. La surélévation a été confiée à des artisans locaux qui ont construit l’extension dans la continuité de l’ancien.

En raison des hautes fenêtres et des murs en pisé ainsi que la couleur grise des tuiles de la toiture d’origine, l’extérieur devient impressionnant. A l’intérieur, le couloir en bois reliant la pièce principale aux autres parties de la bibliothèque renforce également la connexion fonctionnelle entre cette dernière et le café. L’éclairage est maîtrisée et une douce ambiance règne partout.

Avec l’intervention d’ AZL Architects, la construction traditionnelle est sauvée, le village se dote d’un charmant équipement culturel et la parcelle est magnifiée. De quoi être satisfait !

© YAO Li pour AZL Architects
© YAO Li pour AZL Architects

© YAO Li pour AZL Architects
© YAO Li pour AZL Architects

© YAO Li pour AZL Architects
© YAO Li pour AZL Architects

© YAO Li pour AZL Architects

Le site d’ AZL Architects: ici.

Les photos: © YAO Li pour AZL Architects

L’édifiante transformation de la «Carriage House»

© Jan Staller
© Jan Staller

Dans le West Village de New York, l’agence d’architecture Christoff Finio Architecture a réhabilité un ancien corps de ferme datant du XIXème siècle en une coquette villa qui tranche avec son voisinage et amène un air frais à son entourage.

A New York City, non loin du fleuve Huston, au fond d’une étroite ruelle pavée, la maison réaménagée par Christoff Finio Architecture est un petit bijou bien caché. Il s’agit d’une ancienne écurie utilisée pour abriter des chevaux ainsi que des carrosses qui a subi plusieurs réadaptations au fil du temps. La dernière transformation date des années soixante-dix où le propriétaire a ajouté à l’ensemble une façade mauresque. Cependant, endommagé en 2006 par une incendie, la maison avait besoin d’une réhabilitation lourde. Ainsi, une nouvelle page s’ouvre pour cette maison qui a traversé le temps.

Une « surprise » bien dissimulée

La résidence est située près d’une grande maison de ville qui appartient au même propriétaire. L’intention de ce dernier était de reconstruire les parties endommagées en un logement privé pour le louer. Dans le prolongement des murs de la rue, l’architecte a érigé une façade en verre ornée en son rez-de-chaussée de tôles métalliques. Derrière ces derniers se trouve une pièce externe qui sert de hall d’entrée où les habitants peuvent poser leurs vélos ou stocker quelques affaires.

A l’extrémité opposée de la maison, une petite terrasse arrière en plein air prolonge la cuisine et les espaces de vie situés au rez-de-chaussée. Fermée de l’extérieur mais ouverte vers l’intérieur de la parcelle, la maison assure l’intimité à ses habitants. Même les ouvertures, maintenus au ras du sol, ont été pensées pour maintenir la vie privée loin de la rue. Vue l’étroitesse de la parcelle, l’architecte a utilisé plusieurs astuces qui donnent l’impression d’ampleur comme la couleur blanche et le jeu subtil de la lumière.

Le dernier étage est constitué de deux petites chambres et une salle de bains. L’ensemble est éclairé via une grande lucarne située au-dessus de la cage d’escalier. L’intérieur est épuré et les détails sont ordonnés. Le toit est végétalisé et selon son architecte ce serait une bonne idée si quelques oiseaux y trouveront refuge.

La maison se trouve non loin derrière plusieurs emblématiques gratte-ciel comme celui conçu par Richard Meier ou par Asymptote. La ville des gratte-ciel comporte aussi quelques surprises de petite taille bien dissimulées.

© Jan Staller

© Jan Staller

© Jan Staller

© Jan Staller

© Jan Staller

Le site de Christoff Finio Architecture (CFA) : ici.

Les photos : © Jan Staller

L’architecture, un écrin pour l’art

© Gonçal Garcia

© Gonçal Garcia

A Majorque, l’agence d’architecture Munarq a transformé un ancien corps de ferme en un étonnant atelier de peinture pour l’artiste Dolors Comas. Un langage qui prend ses sources dans l’architecture de la région et la magnifie.

C’est à la périphérie de la ville de Pla de na Tesa que les architectes de Munarq ont réhabilité ainsi que reconstruit une ancienne ferme devenue désuète en un avenant atelier pour artiste.  En conséquence, l’espace de travail ainsi que la galerie d’exposition ont trouvé un écrin des plus atypiques.

Propice à la création

Les principales exigences des propriétaires étaient outre la création de deux grands espaces (une galerie d’exposition et un atelier), les hauts plafonds, l’éclairage naturel ainsi que l’existence de quelques coins d’intimité où l’artiste pourra travailler en toute quiétude. Les architectes ont choisi de préserver et prolonger la structure existante tout en retravaillant l’intérieur pour créer plus de luminosité et de clarté.

L’ancien bâtiment était dans un mauvais état et a été envahi par les plantes, pour le rendre de nouveau utilisable, de nombreuses réparations ont dû être apportées. Tout d’abord, les murs de l’édifice ont été nettoyés, ensuite une extension a été ajouté pour créer une entité d’une superficie totale de 230 m².

A l’intérieur, un plancher en béton coulé a été ajouté sur les deux étages, les murs intérieurs ont été replâtrés et peints en blanc, contrastant avec les poutres du plafond en bois apparentes et les marches d’escalier. Quelques touches subtiles qui ont fini par changer radicalement l’ensemble.

Deux entrée desservent l’atelier dont une vitrée, qui se trouve à la jonction entre les deux entités et donnant accès à la galerie d’un côté et le studio de l’autre. La deuxième entrée se trouve au fond de l’extension et donne sur une terrasse permettant ainsi à l’artiste de s’isoler et de prendre l’air.

L’ensemble est épuré, propice à la création, il est conforme aux attentes de l’artiste qui l’a adopté avec satisfaction. Une belle réhabilitation !

© Gonçal Garcia
© Gonçal Garcia

© Gonçal Garcia
© Gonçal Garcia

© Gonçal Garcia
© Gonçal Garcia

Le site de l’agence d’architecture Munraq:ici.

Les photos : © Gonçal Garcia

De la ferme à la maison

© Edward Beierle
© Edward Beierle

En Allemagne, l’architecte Peter Haimerl a rénové une ferme datant du XVIIIème siècle en une agréable résidence contemporaine. C’est un petit joyau qui a gardé quelques traces de l’ancienne construction tout en s’habillant à la mode d’aujourd’hui.

Le nouveau propriétaire de la ferme achetée en 2013, a demandé à l’architecte Peter Haimerl la rénovation de la structure et la création d’une résidence de deux unités. La structure d’origine étant classée, l’approche architecturale a cherché à préserver l’aspect de la ferme tout en y introduisant quelques touches contemporaines. Cependant, la transformation de l’intérieur était radicale, à la fois subtile et tranchante avec l’ancienne.

Quand le vernaculaire croise le contemporain

L’idée est étonnante, un cube en béton pivoté de 45 degré qui intègre le volume général créant une douce superposition entre l’ancien et le nouveau. Le contraste est saisissant et les matériaux utilisés habilement choisis. Tandis que les murs et les meubles sont inclinés et caractérisé par une palette de couleurs plus monotone, les éléments en bois se démarquent en dépassant des murs et des sols. Sous forme de bancs, d’escaliers, d’étagères ou des poutrelles, ces objets inscrivent l’ensemble dans une nouvelle époque, celle du renouveau où l’ancien et le nouveau ne font qu’une.

Deux langage l’une vernaculaire l’autre contemporaine dialoguent pour le bonheur de tous les habitants. Il s’agit d’une gracieuse conversation qui donne à l’architecture toute sa valeur. Un bel exercice de style !

© Edward Beierle
© Edward Beierle

© Edward Beierle
© Edward Beierle

Le site de l’architecte Peter Haimerl: ici.

Les photos : © edward beierle