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« Capital Agricole », l’exposition phare du Pavillon de l’Arsenal

©Yann Kebbi

 Lundi 1 octobre a eu lieu à Paris, au Pavillon de l’Arsenal, l’inauguration de  « Capital Agricole ». Plus qu’une simple exposition, il s’agit d’un manifeste ainsi qu’une rétrospective qui révèle les liens indestructibles entre la ville d’une part et la nature ainsi que l’agriculture d’autre part.

Selon l’architecte Augustin Rosenstiehl  (agence SOA), commissaire scientifique de l’exposition, faire face à l’urbanisation aveugle, relier la pratique et la recherche, associer nature et agriculture, encadrer l’habitat agricole sont des règles qui peuvent offrir un cadre de vie et redonnent de l’attrait à de nombreux territoires en déprise dont la capitale.

A la reconquête de la nature

« Notre entrée dans le troisième millénaire est un défi écologique. La crise environnementale que nous traversons met non seulement à l’épreuve notre enthousiasme et notre espoir de léguer aux futures générations un monde qui soit tout simplement habitable, mais ébranle également la conviction selon laquelle nous mettons collectivement tout en œuvre pour y parvenir. Il y a d’un côté ceux qui annoncent la fin de notre civilisation et, à l’extrême opposé, ceux qui ont choisi d’être dans le déni et proposent de continuer à faire comme d’habitude. Entre les deux, la communauté scientifique internationale compétente s’accorde à dire que l’activité humaine impacte fortement l’équilibre de la planète. Si nous sommes capables de dérégler les équilibres terrestres (par exemple celui des sols immergés, dont plus de la moitié sont dégradés par nos activités), peut-être sommes-nous à même de participer à les rétablir ? »

C’est avant tout un questionnement qui est suivi par une certitude et devient le fil conducteur d’une exposition de grande envergure. Parce que la portée de tels propos ne peut que toucher, émouvoir et pourquoi pas faire réagir. Pour cela, plusieurs acteurs comme l’architecte Pierre Janin, l’agriculteur et entrepreneur Xavier Laureau, le plasticien et gardin d’abeilles Olivier Darné et l’écologue Florent Yvert se sont joints à Augustin Rosenstiehl dans sa reconquête de la nature qui va au-delà d’un simple intérêt pour la biodiversité et débouche vers l’urbanisme agricole.

Regarder au-delà, chacun un peu plus loin

L’exposition présente une richesse d’arguments, de photos, de cartes postales, d’exemples concrets mais aussi des recherches poussées, le tout manié d’une main de maître et présenté avec une grande clarté. En effet, au premier étage du Pavillon de l’Arsenal, le visiteur, parcourant les diverses « alcôves » qui se suivent selon une logique définie, peut s’étonner de la diversité des possibilités offertes, s’intéresser aux multiples problèmes abordés et se féliciter des solutions exposées.

Dans une ambiance ludique, facile à interpréter et accessible de tous, l’exposition devient à la fois documentaire, pédagogique et formatrice. Il suffit parfois de regarder un peu plus loin et d’avoir envie de changer certaines habitudes.

Un ouvrage est édité exprès pour l’occasion, il s’agit de la transcription du travail titanesque de recherches et de documentations appuyées par des exemples concrets qui en se basant sur un patrimoine agricole disparu s’ouvre vers des mutations futures capables de changer notre quotidien.

©Yann Kebbi
©Yann Kebbi

Pour plus d’informations: Le Pavillon de l’Arsenal

« Olympiades, Paris 13ème – Une modernité contemporaine »

 
 

Il reste à peine une semaine avant que l’exposition de l’arsenal « Les Olympiades, Paris 13e, une modernitécontemporaine » qui se tient au Pavillon se termine. L’occasion de faire le bilan et peut être de donner goût, à ceux qui ne l’ont pas encore visité, d’y faire un tour.

Tout d’abord, l’invitation commence par une affiche photogénique où les lignes courbes des lettres se mêlent à la verticalité des tours présentées.

C’est au dernier étage, à l’abri des regards que se déroule l’exposition. A part un poster que l’on puisse voir de l’extérieur et de loin, rien. Donc, la sobriété semble être au rendez-vous.

Malgré l’étroitesse du lieu, une belle luminosité. Le visiteur y déambule comme s’il explorait un musée. Une documentation éparse mais intéressante. Le choix est varié : d’anciennes photos, quelques plans d’époque, des images plus récentes et surtout des données historiques qu’il faut aller chercher dans les quelques journaux, rares exemplaires mis à disposition.

La scénographie a été réalisée par Aurélien Gillier. Simple et surprenante elle nous plonge dans l’histoire des années soixante-dix à l’époque où Michel Holley a relevé un immense défi, celui de concevoir un quartier sur dalle.

A l’intérieur de l’exposition, l’ambiance est feutrée, agrémentée par quelques plantes qui constituent le seul élément de couleur verte. Volontaire ou pas le visiteur pourra faire la comparaison entre la quantité de béton qu’il voit dans les photos et les quatre récipients en hauteur. Même si dans de telles expositions, le contenu prime au contenant, le regard curieux s’attardera sur chaque élément rehaussant l’ensemble.

Pour le visiteur qui aimerait connaître encore plus sur le quartier des Olympiades, il pourra continuer la découverte et aller explorer en vrai l’urbanisme sur dalle, le seul que l’on trouve dans la capitale française.

C’est une intéressante exposition à ne pas manquer…
Les photos: © Sipane Hoh

« Voyage au cœur de Paris »

Comment ne pas parler de l’exposition qui fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps à Paris ?

Présentée comme un voyage au cœur de Paris de demain, une vidéo alléchante surprend le visiteur. En plus

d’une maquette qui nous montre les quelques nombreuses faces cachées du projet.

On se trouve au Pavillon de l’Arsenal, l’un des lieux parisiens privilégiés de tout curieux d’architecture. Au milieu, sur un tapis imprimé où on devine les immeubles alentours, elle s’est posée.

Une maquette géante où on aimerait être à son échelle pour s’y promener. Parlante et édifiante, elle nous fait plonger dans ce projet des Halles tellement controversé.

On aimerait avoir une notion d’échelle, le projet par rapport à son voisinage, de cette canopée qui viendra d’ici quelques années changer définitivement le visage de ce quartier. Pour cela, il faut attendre la fin des travaux ou bien aller sur place et constater par soi-même de l’impact de ce nouveau projet dans son environnement.

Le reste de l’exposition est passionnante, nombreux sont ceux qui découvriront les détails de constructions, certains contrediront la couleur du plafond et d’autres discuteront l’essence même du projet.

Le Pavillon de l’Arsenal a bien trouvé sa vocation, être l’un des lieux incontournables d’échanges sur les questions qui touchent l’architecture…

Quelques photos et certains détails du devenir des Halles…
Texte et photos: © Sipane Hoh

La ville imaginée…







C’est l’histoire d’un collectif qui organise une exposition dans l’un des endroits architecturaux les plus en vue de Paris.

Une présentation réservée qui se résume à quelques images de synthèses exposées soigneusement dans un décor minimaliste. Une ville schématisée par quelques traits, plusieurs noms d’architectes et leurs adresses électroniques se perçoivent sous chaque projet.

L’exposition fait rêver, montre une architecture extravagante, originale et décalée. Un gratte-ciel qui échoue en plein centre-ville de Paris, Un animal géant qu’on trouve au détour d’une rue, une superposition de plusieurs icônes architecturalesdans un même endroit, tout est permis, place aux rêves les plus fous et loin des différentes contraintes rencontrées au quotidien.

On sort de l’exposition diverti et amusé mais à la fois songeur. Et si cette exposition nous invitait à une lecture différente de la ville ?

Une adresse qui se trouve au deuxième étage du Pavillon de l’Arsenal

Venue d’ailleurs…

Dans le décor de l’année 1879 du Pavillon de l’Arsenal se trouve en ce moment la plus vieille maison de la plus ancienne favela du monde. Entièrement construite en matériaux de récupération, un contraste saisissant avec l’endroit où elle se trouve, une authenticité qui montre la maîtrise de l’installation et qui fait découvrir une « architecture » venue d’ailleurs…








A la rencontre de l’architecture contemporaine…

Le pavillon de l’arsenal enrichit la liste des itinéraires architecturaux à la découverte de la capitale française. Un geste salutaire bien que discret.L’architecture contemporaine parisienne étant mal connue auprès d’un public qui, resté figé dans les quelques monuments caractéristiques et historiques, ne cherche plus d’aller loin dans sa découverte. Les touristes qui visitent Paris, la visitent mais pour quelles raisons ?
Pour sa renommée internationale, ses édifices qui ont participé à son histoire mouvementée à travers les siècles, ses quelques emblèmes architecturaux légués du temps des grandes expositions universelles, ses nombreux musées nommés dans des guides divers et parcourus par plusieurs langues étrangères.

Et malheureusement, peu nombreux sont ceux qui s’aventurent en dehors d’un circuit habilement conçu leur montrant sans peine les grands travaux du siècle dernier. Rares sont les personnes qui s’arrêtent devant un ancien immeuble aux allures organiques signé par un architecte inconnu cité à peine dans quelques ouvrages spécialisés. Et encore plus rares ceux qui viennent à Paris pour visiter l’architecture des cinquante dernières années. Sans parler de ceux qui ignorent complètement l’existence d’une architecture jeune et nouvelle, dynamique et promettante, innovante et colorée.

La question qu’on se pose, est-ce que l’architecture de ces dernières années n’arrive pas à changer l’image tellement ancrée de cette capitale autant visitée ? Les architectes d’aujourd’hui pourtant nombreux n’arrive-t-ils pas à véhiculer cette curiosité vers des constructions nouvelles et controversées ?

Néanmoins, cette architecture existe, elle se trouve partout dans la ville, elle est signée, soignée mais méconnue. Elle attend quelques expositions pour se faire un nom, plusieurs circuits et certains regards. Peut être quelques vitrines pour la mettre en valeur ou un bel ouvrage pour la décrire. Pourtant il suffit de marcher dans les endroits peu visités, de quitter les sentiers battus, d’aller à sa rencontre et de se laisser emporter par la nouveauté…

Cet article a été publié sur lemoniteur.fr et vous pouvez le trouver: ici.