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«Histoire naturelle de l’architecture», l’exposition passionnante du Pavillon de l’Arsenal

A Paris, au Pavillon de l’Arsenal, le public découvrira dès demain, le 24 octobre 2020, la passionnante exposition conçue par l’architecte et le docteur en architecture Philippe Rahm. A la fois riche en références, didactique mais surtout instructive, l’exposition plonge le visiteur dans l’épopée même de l’architecture, très chère à nos cœur.

Regarder autrement

Bousculer et bouleverser certaines convictions figées concernant quelques grands classiques de l’architecture n’est pas une chose facile, mais regarder les mêmes données autrement n’est pas donné à tout le monde. Après des années de recherches et de documentations poussées, Philippe Rahm arrive à nous surprendre. Non, il ne remet pas en cause ni les travaux de Vitruve ni ceux de Palladio, ni du Bauhaus et encore moins les préceptes de Le Corbusier mais il les regarde d’un point de vue scientifique. Un regard qui mène à une intéressante relecture, jusque là absente des tabloïds de l’histoire de l’architecture.

Quand plusieurs personnes contemplent une même œuvre d’art, c’est rare qu’ils voient la même chose. Ce principe s’applique-t-il à l’histoire de l’architecture ? Peu de monde se sont jusqu’à nos jours aventurés sur ces sentiers délicats. C’est grâce à une curiosité poussée, avec une maîtrise complète, une conviction absolue épaulée d’une argumentation sans faille que Philippe Rahm arrive à forger un nouveau regard vers une réalité reconnue de tous. Le but de l’architecte étant d’expliquer scientifiquement certains phénomènes lointains pourtant si proches.

Tandis que d’habitude ce sont les données sociales, culturelles ou encore politiques qui dirigent notre pensée vis-à-vis à une réalisation architecturale, l’exposition se focalise sur les données scientifiques pour expliquer l’acte de bâtir. Parle-t-on d’architecture quand nous évoquons les maladies ou les épidémies ? Probablement pas ou trop peu mais avec cette exposition nous allons apprendre à le faire. Aussi surprenant qu’il soit, une fois plongés dans cet univers, nous allons prendre goût à ce délicieux jeu de décortication pour essayer de mieux comprendre certains actes historiques pourtant si clairs.

Un triple parcours

L’exposition est tout aussi vaste que complète, nous pouvons aussi bien découvrir comment certaines maladies ou des croyances physiques, chimiques ou scientifiques ont influencé le quotidien et surtout l’architecture de chaque époque. Nous ne pouvons pas s’empêcher de se poser la question : Pendant nos études d’architecture, on nous auraient menti ? La réponse est pourtant très claire, non, tout simplement on n’avaient pas ou peu évoqués cet aspect des choses, d’où l’intérêt de l’exposition.

« L’architecture naît de la nécessité de créer un climat pour maintenir notre température corporelle à 37 °C élevant des toits et des murs pour se mettre à l’abri du froid ou de la chaleur du soleil. » Dit ou lu comme ça, l’idée est évidente mais ce n’est pas toujours la première chose à laquelle nous pensons quand nous parlons d’architecture. « L’épidémie mondiale de choléra qui débute en 1816 engage les grandes transformations urbaines du XIXe siècle. » Quand nous parlons souvent de grands changements urbains, nous évoquons très peu les maladies. « Les antibiotiques ont permis le retour à la ville » Franchement quand nous parlons d’antibiotiques, qui à part Pasteur peut nous traverser l’esprit ? Penser à la médecine oui mais à l’architecture ?

« L’usage de la chaux blanche qui parcourt toute la modernité est avant tout hygiéniste. » Nous avons tous connu au moins uns réalisation de couleur blanche et couverte de chaux mais mis à part le côté épuré avons-nous posé la question de l’hygiène ? Probablement pas ! « La peur de l’air stagnant engendre les grands dômes de la Renaissance pour ventiler les miasmes. » Tout le mythe des grands dômes est en train de tomber mais l’explication est pertinente et le regard différent. Les exemples sont nombreux et les interprétations tout aussi passionnantes. C’est ainsi que nous dégustons, petit à petit,  tous les chapitres de l’exposition. En effet, cette dernière propose un triple parcours chronologique qui va de la découverte de l’histoire de l’architecture fondée sur les causes naturelles, énergétiques ou encore sanitaires, jusqu’à la découverte de certains objets des techniques d’éclairage en passant par l’évolution des matériaux de construction.

Par ailleurs, en nourrissant ses propos par divers exemples et travaux de chimistes, écrivains, théoriciens, ingénieurs, physiciens entre autres, Philippe Rahm, engage, à travers cette exposition, un dialogue qui dépasse largement l’analyse de la discipline de l’architecture mais va au-delà vers la formation même des villes . Ainsi, les découvertes scientifiques, les innovations techniques ou encore les relectures phénoménologiques permettent d’appréhender l’architecture et les villes non pas comme des événements culturels, mais comme les conséquences directes des exigences humaines.

A Paris, au Pavillon de l’Arsenal, l’exposition «Histoire naturelle de l’architecture» propose un parcours intelligent qui nous mène jusqu’aux tréfonds de l’architecture. Une exposition à découvrir sans tarder à partir de demain et ce jusqu’au 28 février 2021.

Hôtel Métropole, une escale obligée

© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui

A Paris, le Pavillon de l’Arsenal nous propose un délicieux voyage. A la fois ludique, instructif mais aussi didactique, il s’agit d’une remarquable exposition nommée « Hôtel Métropole » . Sous la houlette de Catherine Sabbah et Olivier Namias, deux journalistes spécialistes de la ville, l’équipement hôtelier se dévoile, depuis 1818 jusqu’à nos jours en révélant avec lui les diverses facettes d’une industrie qui côtoie notre quotidien mais qui reste encore largement méconnue sauf des visiteurs venus de loin.

Les différents chapitres de l’hôtellerie parisienne

Qui aurait pu croire que Le Grand Paris compte 2.053 hôtels et 121.677 chambres ? le secteur hôtelier francilien a assuré, en 2018, 52 millions de nuitées, se plaçant au deuxième rang européen après Londres ? en 2017, l’hôtellerie a généré 47 500 emplois directs, soit 1/6e des 295 000 emplois touristiques du Grand Paris? le plus ancien équipement hôtelier parisien est Le Meurice ? Des questions pertinentes qui ont trouvé réponse grâce aux recherches poussées des deux commissaires. Parce qu’un tel sujet n’a encore jamais été étudié surtout dans ses facettes les plus larges. C’est ainsi que rentre en jeu l’expérience de Catherine Sabbah spécialiste de l’économie de la ville et d’Olivier Namias, architecte de formation, tous les deux sensibles aux diverses mutations des cités et qui ont mis leurs recherches en commun pour un résultat notable où les chiffres, les formes et l’histoire des lieux sont épluchées avec une grande finesse.

L’exposition ouvre les différents chapitres de l’hôtellerie parisienne en dévoilant l’évolution allant de l’équipement le plus ancien, jusqu’aux diverses possibilités que les architectes imaginent pour l’hôtel de demain en passant par l’établissement moderne, les multiples chaînes hôtelières proposant diverses services récréatives ou encore l’hôtel accueillant les sans abris. A chaque établissement ses spécificités, à chaque enseigne ses usagers et à chaque architecture ses enjeux. L’évolution de l’habitat temporaire qui accompagne la mutation urbaine mais aussi les diverses exigences des utilisateurs des lieux devient, grâce à l’exposition accessible à tous. Tandis que certains férus de chiffres, découvriront les taux d’occupations ou les prix des chambres, d’autres se pencheront sur le langage architectural et la mutation des réalisations hôtelières alors que d’autres découvriront les dernières réflexions actuelles qui accompagnent l’hôtel de demain.

Des idées pour demain

A l’heure de l’évolution du territoire, des grands chantiers en cours, des jeux olympiques qui vont bientôt pointer leur nez, « Hôtel Métropole » montre qu’il est aussi nécessaire d’envisager la promotion de l’offre hôtelière francilienne à venir, sans oublier les grands thèmes actuels comme le développement durable ou l’économie d’énergie.  

Pour appuyer les concepts proposés, les visiteurs découvrent les travaux de quatre agences d’architecture qui tentent d’inventer l’hôtel de demain. C’est ainsi que Cigüe, Nicolas Dorval-Bory associé à Vorbot, Lina Ghotmeh et Jean-Benoît Vétillard dévoilent leurs idées. Tandis que Ciguë imagine une salle de bains qui ressemble à un cabinet de curiosité, permettant de consommer moins d’eau, Lina Ghotmeh, conçoit une grande chambre capable d’accueillir d’autres usages. Par ailleurs, Jean-Benoît Vétillard réinterprète l’historique marquise en utilisant la fibre végétale et Nicolas Dorval Bory et l’agence Vorbot proposent de décarboner les couloirs des établissements hôteliers. Ses 24 m² sont transformés en boîte à outils où dormir n’est qu’une fonction parmi d’autres.

Avec sa grande diversité de ressources, « Hôtel Métropole » constitue un précieux recueil indissociable de la ville et c’est à découvrir jusqu’au 12 janvier 2020. Un livre accompagne également l’exposition, il s’agit d’un ouvrage indispensable à garder dans chaque bibliothèque.

© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui
© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui
© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui
© Salem  Mostefaoui
© Salem Mostefaoui

Pour plus d’informations, voir: ici.

« Capital Agricole », l’exposition phare du Pavillon de l’Arsenal

©Yann Kebbi

 Lundi 1 octobre a eu lieu à Paris, au Pavillon de l’Arsenal, l’inauguration de  « Capital Agricole ». Plus qu’une simple exposition, il s’agit d’un manifeste ainsi qu’une rétrospective qui révèle les liens indestructibles entre la ville d’une part et la nature ainsi que l’agriculture d’autre part.

Selon l’architecte Augustin Rosenstiehl  (agence SOA), commissaire scientifique de l’exposition, faire face à l’urbanisation aveugle, relier la pratique et la recherche, associer nature et agriculture, encadrer l’habitat agricole sont des règles qui peuvent offrir un cadre de vie et redonnent de l’attrait à de nombreux territoires en déprise dont la capitale.

A la reconquête de la nature

« Notre entrée dans le troisième millénaire est un défi écologique. La crise environnementale que nous traversons met non seulement à l’épreuve notre enthousiasme et notre espoir de léguer aux futures générations un monde qui soit tout simplement habitable, mais ébranle également la conviction selon laquelle nous mettons collectivement tout en œuvre pour y parvenir. Il y a d’un côté ceux qui annoncent la fin de notre civilisation et, à l’extrême opposé, ceux qui ont choisi d’être dans le déni et proposent de continuer à faire comme d’habitude. Entre les deux, la communauté scientifique internationale compétente s’accorde à dire que l’activité humaine impacte fortement l’équilibre de la planète. Si nous sommes capables de dérégler les équilibres terrestres (par exemple celui des sols immergés, dont plus de la moitié sont dégradés par nos activités), peut-être sommes-nous à même de participer à les rétablir ? »

C’est avant tout un questionnement qui est suivi par une certitude et devient le fil conducteur d’une exposition de grande envergure. Parce que la portée de tels propos ne peut que toucher, émouvoir et pourquoi pas faire réagir. Pour cela, plusieurs acteurs comme l’architecte Pierre Janin, l’agriculteur et entrepreneur Xavier Laureau, le plasticien et gardin d’abeilles Olivier Darné et l’écologue Florent Yvert se sont joints à Augustin Rosenstiehl dans sa reconquête de la nature qui va au-delà d’un simple intérêt pour la biodiversité et débouche vers l’urbanisme agricole.

Regarder au-delà, chacun un peu plus loin

L’exposition présente une richesse d’arguments, de photos, de cartes postales, d’exemples concrets mais aussi des recherches poussées, le tout manié d’une main de maître et présenté avec une grande clarté. En effet, au premier étage du Pavillon de l’Arsenal, le visiteur, parcourant les diverses « alcôves » qui se suivent selon une logique définie, peut s’étonner de la diversité des possibilités offertes, s’intéresser aux multiples problèmes abordés et se féliciter des solutions exposées.

Dans une ambiance ludique, facile à interpréter et accessible de tous, l’exposition devient à la fois documentaire, pédagogique et formatrice. Il suffit parfois de regarder un peu plus loin et d’avoir envie de changer certaines habitudes.

Un ouvrage est édité exprès pour l’occasion, il s’agit de la transcription du travail titanesque de recherches et de documentations appuyées par des exemples concrets qui en se basant sur un patrimoine agricole disparu s’ouvre vers des mutations futures capables de changer notre quotidien.

©Yann Kebbi

©Yann Kebbi

Pour plus d’informations: Le Pavillon de l’Arsenal

« Olympiades, Paris 13ème – Une modernité contemporaine »

 
 

Il reste à peine une semaine avant que l’exposition de l’arsenal « Les Olympiades, Paris 13e, une modernitécontemporaine » qui se tient au Pavillon se termine. L’occasion de faire le bilan et peut être de donner goût, à ceux qui ne l’ont pas encore visité, d’y faire un tour.

Tout d’abord, l’invitation commence par une affiche photogénique où les lignes courbes des lettres se mêlent à la verticalité des tours présentées.

C’est au dernier étage, à l’abri des regards que se déroule l’exposition. A part un poster que l’on puisse voir de l’extérieur et de loin, rien. Donc, la sobriété semble être au rendez-vous.

Malgré l’étroitesse du lieu, une belle luminosité. Le visiteur y déambule comme s’il explorait un musée. Une documentation éparse mais intéressante. Le choix est varié : d’anciennes photos, quelques plans d’époque, des images plus récentes et surtout des données historiques qu’il faut aller chercher dans les quelques journaux, rares exemplaires mis à disposition.

La scénographie a été réalisée par Aurélien Gillier. Simple et surprenante elle nous plonge dans l’histoire des années soixante-dix à l’époque où Michel Holley a relevé un immense défi, celui de concevoir un quartier sur dalle.

A l’intérieur de l’exposition, l’ambiance est feutrée, agrémentée par quelques plantes qui constituent le seul élément de couleur verte. Volontaire ou pas le visiteur pourra faire la comparaison entre la quantité de béton qu’il voit dans les photos et les quatre récipients en hauteur. Même si dans de telles expositions, le contenu prime au contenant, le regard curieux s’attardera sur chaque élément rehaussant l’ensemble.

Pour le visiteur qui aimerait connaître encore plus sur le quartier des Olympiades, il pourra continuer la découverte et aller explorer en vrai l’urbanisme sur dalle, le seul que l’on trouve dans la capitale française.

C’est une intéressante exposition à ne pas manquer…
Les photos: © Sipane Hoh

« Voyage au cœur de Paris »

Comment ne pas parler de l’exposition qui fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps à Paris ?

Présentée comme un voyage au cœur de Paris de demain, une vidéo alléchante surprend le visiteur. En plus

d’une maquette qui nous montre les quelques nombreuses faces cachées du projet.

On se trouve au Pavillon de l’Arsenal, l’un des lieux parisiens privilégiés de tout curieux d’architecture. Au milieu, sur un tapis imprimé où on devine les immeubles alentours, elle s’est posée.

Une maquette géante où on aimerait être à son échelle pour s’y promener. Parlante et édifiante, elle nous fait plonger dans ce projet des Halles tellement controversé.

On aimerait avoir une notion d’échelle, le projet par rapport à son voisinage, de cette canopée qui viendra d’ici quelques années changer définitivement le visage de ce quartier. Pour cela, il faut attendre la fin des travaux ou bien aller sur place et constater par soi-même de l’impact de ce nouveau projet dans son environnement.

Le reste de l’exposition est passionnante, nombreux sont ceux qui découvriront les détails de constructions, certains contrediront la couleur du plafond et d’autres discuteront l’essence même du projet.

Le Pavillon de l’Arsenal a bien trouvé sa vocation, être l’un des lieux incontournables d’échanges sur les questions qui touchent l’architecture…

Quelques photos et certains détails du devenir des Halles…
Texte et photos: © Sipane Hoh

La ville imaginée…







C’est l’histoire d’un collectif qui organise une exposition dans l’un des endroits architecturaux les plus en vue de Paris.

Une présentation réservée qui se résume à quelques images de synthèses exposées soigneusement dans un décor minimaliste. Une ville schématisée par quelques traits, plusieurs noms d’architectes et leurs adresses électroniques se perçoivent sous chaque projet.

L’exposition fait rêver, montre une architecture extravagante, originale et décalée. Un gratte-ciel qui échoue en plein centre-ville de Paris, Un animal géant qu’on trouve au détour d’une rue, une superposition de plusieurs icônes architecturalesdans un même endroit, tout est permis, place aux rêves les plus fous et loin des différentes contraintes rencontrées au quotidien.

On sort de l’exposition diverti et amusé mais à la fois songeur. Et si cette exposition nous invitait à une lecture différente de la ville ?

Une adresse qui se trouve au deuxième étage du Pavillon de l’Arsenal