Archives de catégorie : Expositions

Au 22 Visconti, la révolution est à son comble !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Vous avez encore jusqu’à la fin de la semaine pour visiter l’exposition « Talking about a revolution » conçue par Paul Ardenne. Une multitude d’artistes contemporains tout azimut réunis dans un même lieu, à Paris.

Mai 68 et après ?

Cinquante ans après mai 68, peut-on encore évoquer la liberté d’expression dans l’art ? Sous quelle forme se matérialise cette liberté? Pour qui et pourquoi ? Que des questions qui me poussent à découvrir la fameuse exposition.

Mais tout d’abord pourquoi « Talking about a revolution » ? en effet, l’exposition emprunte son titre d’une chanson de Tracy Chapman connue par son répertoire contestataire et engagé. A l’instar des poètes, depuis toujours, les artistes ont parlé de révolution. Au 22 Visconti, Paul Ardenne présente un bouquet d’œuvres singuliers qui ne racontent pas forcément la révolution mais l’esprit de la critique y est présent. Peut être la dénonciation, le désaccord, l’espérence d’un monde meilleur ? Le tout à travers quelques conceptions modestes mais emblématiques qui envahissent l’espace d’un temps la discrète galerie parisienne de la rue Visconti.

A chacun son message

Par ici, l’affiche à travers laquelle Adel Abdessemed souhaite donner une réponse à la situation du monde contemporain, par là, la fameuse sculpture de couleur rouge d’Arnaud Cohen dont j’ai parlé à plusieurs reprise comme ici ou , un peu plus loin les édifiantes photographies parisiennes de Bruno Serralongue, ailleurs l’œuvre singulière de Gianni Motti où il conteste les moyens de communications actuels et tant d’autres œuvres tout aussi intéressantes que réfléchies.

Si, aujourd’hui, le souvenir de mai 68 s’estompe, les problèmes de l’époque restent d’actualité. Les artistes sont là pour nous le rappeler et c’est à nous de ne pas l’oublier. L’exposition du 22 Visconti n’est qu’une manifestation parmi tant d’autres qui vaut le détour.

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Le site du 22 Visconti : ici.

« Robin Hood Gardens » à l’honneur à la Biennale de Venise

A la Biennale d’architecture de Venise, cette année les surprises sont nombreuses. Il suffit de s’éloigner des chemins traditionnels pour les croiser. L’une des expositions atypiques c’est celle du musée V & A, elle dévoile une section grandeur nature du fameux « Robin Hood Gardens », le lotissement londonien brutaliste culte datant des années soixante-dix.

Moins de 50 ans après sa construction

En Italie, les visiteurs de la Biennale d’architecture de Venise peuvent contempler cette année un fragment de huit tonnes de l’un des plus célèbres lotissements de la capitale anglaise. C’est une section en béton récemment démolie qui est réassemblée sur un échafaudage pour donner aux visiteurs l’occasion de contempler cette inoubliable « rue dans le ciel ».

Olivia Horsfall Turner, co-conservatrice de l’exposition, a déclaré « C’est évidemment quelque chose de très étrange. Ce sera assez bizarre de voir ce fragment à Venise moins de 50 ans après sa construction. »

Une ruine à l’envers est la pièce maîtresse de l’exposition « Robin Hood Gardens » il s’agit d’un morceau de la façade d’un appartement de la célèbre propriété brutaliste, construite par les architectes Alison et Peter Smithson en 1974, mais qui malheureusement est en train d’être démolie. A noter qu’il s’agit du seul lotissement social conçu par ces architectes.

La démolition du fameux édifice a commencé l’année dernière, c’est pourquoi le V & A a voulu récupérer ces fragments comme il avait déjà fait avec la conservation de plusieurs fragments de bâtiments démolis comme la façade en bois de la maison de Sir Paul Pindar datant du 17ème siècle et situé à l’est de Londres.

C’est la démolition

Les différents éléments de la structure du lotissement « Robin Hood Gardens » sont maintenus en place par un système d’échafaudage complexe qui a été conçu par les ingénieurs d’Arup. Cela permet aux visiteurs de la biennale de monter sur l’un des passages surélevés considéré comme un élément clé de la conception.

« Robin Hood Gardens » était composé de deux blocs de dalles de béton disposés d’une manière à accueillir un jardin en son cœur. Les larges allées, décrites comme des « rues dans le ciel » par les architectes, avaient pour but de promouvoir la même vie de rue qui existe dans les maisons mitoyennes londoniennes traditionnelles.

A Venise, c’est l’heure de la mémoire

Malgré une longue campagne qui visait la préservation du bâtiment, les autorités ont donné l’ordre de la démolition de ce témoin architecturale brutaliste. Cette exposition a pour but d’explorer l’héritage architectural ainsi que le modèle de ce logement social tout en questionnant sur son influence sur la construction les logements sociaux du futur.

Les visiteurs peuvent également visionner un film, réalisé par l’artiste coréen Do Ho Suh, qui montre quatre appartements occupés par des résidents de longue date. « Robin Hood Gardens » : Une ruine à l’envers est l’un des moment incontournables de la Biennale d’architecture de Venise cette année. Les visiteurs peuvent voir cette exposition jusqu’au 25 novembre 2018.

Pour plus d’informations, voir : ici.

http://www.labiennale.org/en/architecture/2018/special-projects

La photo : © Victoria & Albert museum, London

L’Écosse à la Biennale de Venise avec la jeunesse à l’honneur

©Biennaledivenezia
©Biennaledivenezia

A travers un événement collatéral qui a eu lieu au Palazzo Zenobio, l’Écosse est également  représentée à la 16ème Biennale de l’architecture de Venise.  Pour participer au thème de « Freespace » mais aussi pour célébrer l’Année des jeunes écossais (Scotland’s Year of Young People), le projet « Happenstance » avec le commissariat de WaveParticle, explore la réaction des jeunes écossais vis à vis au thème lancé par les deux commissaires Yvonne Farrell et Shelley Mcnamara.

« Happenstance »

« Happenstance » rassemble des artistes et des architectes qui ont travaillé avec des jeunes à travers le pays afin de découvrir ce que « Freespace » signifie pour eux avant même d’arborer les idées à Venise. Ainsi, c’est dans le jardin au coeur du Palazzo Zenobi, que l’Ecosse apporte sa participation à la Biennale de Venise à travers un évènement collatéral qui vaut le détour.

Il s’agit d’un espace riche d’idées où les visiteurs explorent comment l’espace public ou tout simplement le non-espace, ainsi que l’espace civique ont tous le potentiel de se métamorphoser et de grandir, selon la façon dont ils choisissent de les occuper. Pour cela, les architectes ont eu recours à diverses idées développées en Ecosse, un pays qui s’intéresse aux processus locaux, guidés par la communauté, qui informent les lieux émergents.

La jeunesse à l’honneur

« Happenstance » dispose d’un espace libre qui accueille les visiteurs et les invite à construire ensemble de nouvelles possibilités. Selon ses instigateurs, l’espace agit comme « une bibliothèque vivante d’idées », centrée sur la nature événementielle des situations vivantes, explorant comment les gens peuvent pouvons intervenir dans les circonstances qui les façonnent.

Au cœur du Palazzo ce sont les jeunes et leur imagination sans limite, leur capacité d’adaptation ainsi que leur mobilisation qui sont mis à l’honneur. Le programme est dynamique, il comprend entre autres des projections de cinéma en plein air se concentrant sur des exemples inspirants d’individus, d’organisations mais aussi de situations qui soulignent le thème de la 16ème Biennale. Bref, un petit détour suffit pour juger par vous-même.

Pour plus d’information voir: ici.

Saint Giorgio Maggiore, le site sacré de la biennale de Venise

© Biennale di Venezia 2018

A la fois discrète et sacrée, située dans le bassin de St-Marc, face à la fameuse Piazetta, l’île de San Giorgio Maggiore s’est distinguée lors de la 16ème biennale d’architecture de Venise 2018. En effet, le Vatican participe à la biennale avec un concept nouveau qui ne laisse pas indifférent.

Un lieu emblématique

C’est avec émerveillement que les visiteurs de la biennale d’architecture de Venise 2018 ont découvert l’île de San Giorgio. C’est un lieu emblématique qui s’ouvre au public en leur offrant la possibilité d’une visite atypique. Dès l’ouverture, à la manière d’un pèlerinage, les visiteurs du monde entier ont afflué sur l’île qui accueille dix chapelles signées des plus grands architectes.

Il ne s’agit pas de la première participation du Vatican à la biennale de Venise. En 2013 mais aussi en 2015, le Vatican a proposé plusieurs installations pour la biennale d’art mais ce qui concerne l’architecture, cette année est une première et la surprise est de taille.

L’oasis verte située à l’extrémité de l’île de San Giorgio abrite dix chapelles conçues par des architectes de renom comme Francesco Celini, Norman Foster, Eduardo Souto de Moura, Flores & Prats, Carla Juaçaba, Javier Corvalán, Smiljan Radic, Andrew Berman, Teronobu Fujimori et Sean Godsell. Mais avant d’explorer les chapelles, le visiteur est invité à la découverte de l’exposition qui présente un projet emblématique de l’architecte suédois Gunnar Asplund: «Chapel in the woods», réalisé au cimetière de Stockholm en 1920.

Nature et architecture en osmose

«Avec ce petit chef-d’œuvre, Asplund définissait la chapelle comme un lieu d’orientation, de rencontre et de méditation, constitué par le hasard ou les forces naturelles à l’intérieur d’une vaste forêt, considérée comme la suggestion physique du labyrinthe de la vie » a déclaré Francesco Dal Co, l’historien d’architecture et commissaire de l’exposition.

De l’Europe au Japon, en passant par l’Amérique latine, les États-Unis ou encore l’Australie, les architectes ont été invités à créer un type de construction pour lequel il n’y a pas eu de précédent lors des biennales passées.  Ainsi, chaque idée a dépassé l’autre et l’ensemble constitue un charmant dédale sensoriel qui met nature et architecture en osmose.

A la suite de la biennale, les dix chapelles seront déplacées dans des villes italiennes endommagées par les tremblements de terre. Vous pouvez visiter ce lieu magique jusqu’au 25 novembre 2018.

© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
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© Biennale di Venezia 2018
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© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018

Les photos: © Biennale di Venezia 2018

Chipperfield à Vicenza

 

©SipaneHoh

Avec une grande exposition consacrée aux œuvres récents et en cours de l’architecte mondialement connu David Chipperfield, la basilique palladienne de Vicenza accueille l’architecture contemporaine. Une ville emblématique et un lieu symbolique pour une exposition qui dépasse toutes les attentes.

Zoom sur des divers projets

Après douze années de restauration, la basilique palladienne de Vicenza chef d’œuvre de la Renaissance conçu par Andrea Palladio et dont j’avais parlé à plusieurs reprises sur Détails d’architecture, accueille une exposition consacrée uniquement à l’agence David Chipperfield Architects. Une manifestation organisée par la ville de Vicenza en collaboration avec l’association culturelle Abacoarchitettura.

L’exposition, qui va durer jusqu’au 2 septembre 2018, propose une sélection de quinze œuvres exprimant clairement les premières étapes de conception et soulignent l’efficacité du réseau dirigé par le célèbre architecte britannique qui possède aujourd’hui des agences à Londres, Berlin, Milan et Shanghai.

Développé par les équipes de conception respectives au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et en Chine, la présentation de chaque projet démontre un profond désir de relever les défis culturels, professionnels mais aussi intellectuels. Bien que la première partie de l’exposition offre une vue d’ensemble sur les principaux bâtiments achevés depuis la création de la firme, l’exposition met l’accent sur des projets en cours présentés de diverses façons. Sous la bannière du travail d’équipe et une conception de l’architecture qui s’approche du travail d’orfèvre, les projets se dévoilent et la visite impressionne.

Et des méthodes de travail variés

A ce propos, l’architecte britannique a déclaré :  « Cette exposition représente la tentative d’illustrer la façon dont nous développons des idées, comment nous travaillons en parallèle sur différents projets, avec des cultures différentes et des ressources différentes, des priorités et des collaborateurs, en équilibrant les perspectives locales et mondiales. Malgré la taille de nos bureaux et la variété de nos projets, nous essayons de maintenir une mentalité d’étude ».

les projets présentés vont du plan directeur de l’académie royale des arts jusqu’à la restauration de la neue nationalgalerie de Berlin, en passant par plusieurs concepts de magasin conçus pour Valentino. L’exposition varie les croquis, les modèles, les dessins de conception jusqu’aux détails tout est là pour mettre en avant le développement de chaque conception. Les photographies et les films sont également affichés. Bref, une exposition complète qui durera jusqu’au 2 septembre 2018.

Les commissaires de la biennale d’architecture de Venise 2018 présentent «Freespace»

© Andrea Avezzu pour La Biennale di Venezia

Le 2 mars 2018, Yvonne Farrell et Shelley Mcnamara, les commissaires de la 16ème biennale d’architecture de Venise, viennent d’annoncer plus de détails sur l’événement qui ouvrira au public le 26 mai 2018.

Intitulée Freespace, l’exposition se déroulera au sein du pavillon central situé à l’arsenal, elle comptera des participants de renom tels que Álvaro siza et Peter Zumthor.

Promouvoir le « désir d’architecture »

Dans le but de promouvoir le « désir de l’architecture », le président Baratta a expliqué que cette édition dirigée par Yvonne Farrell et Shelley McNamara attire l’attention sur la question de l’espace qui sera mis en avant qu’il s’agit d’un espace public ouvert ou d’une architecture en phase avec ce dernier.

« L’exposition nous donnera des exemples, des enseignements et des raisons de discussion. Et nous sommes reconnaissants à Farrell et McNamara d’avoir accepté notre invitation et leur choix courageux qui enrichit les expositions tenues ces dernières années ».

Yvonne Farrell et Shelley McNamara ont eu recours au manifeste Freespace, sorti en juin 2017, comme point de référence pour la réalisation de l’exposition. « Il s’est avéré être un outil solide », ont déclaré les deux architectes. « Il a servi de mesure et de guide pour trouver une cohésion dans la complexité d’une grande exposition. »

De nouveaux participants

Les 71 participants seront présent dans deux sections spéciales: la première qui comprend 16 participants, est intitulée « Close Encounter », il s’agit de rencontres avec des projets remarquables et des réflexions sur des édifices connus du passé, tandis que la deuxième comprend 13 participants et est intitulée « La pratique de l’enseignement » rassemblera des œuvres qui se sont développées dans le cadre de l’enseignement.

Sept pays participeront pour la première fois à la biennale d’architecture de Venise. Il s’agit de l’Antigua et Barbuda, du Liban, de l’Arabie Saoudite, du Guatemala, du Pakistan, de la Mongolie, et le Vatican qui aura son propre pavillon situé situé sur l’île de San Giorgio Maggiore.

Tandis que le pavillon italien sera organisé par Mario Cucinella et sera intitulé «Arcipelago italia», le pavillon français dont les commissaires seront les architectes de l’équipe Encore Heureux, sera intitulé « Lieux infinis ».

Et une multitude d’évènements

Organisé par le duo Farrell-Mcnamara, le projet du fort de Marghera accueillera une installation des architectes Sami Rintala et Dagur Eggertsson et accueillera une série d’événements. Un autre projet spécial sera installé sous forme d’une exposition au pavillon des arts appliqués de l’arsenal, il se penche sur l’avenir du logement social en présentant un fragment du lotissement social londonien conçu par Alison et Peter Smithson.

Et comme à chaque biennale, de nombreuses rencontres concernant l’architecture seront organisées. D’ici là, la ville romantique continue de vivre au rythme de ses touristes.

Plus d’informations sur l’évènement: ici.

La photo : © Andrea Avezzu pour La Biennale di Venezia

«Walkable London», l’exposition à visiter

© ZHA
© ZHA

« Walkable London » est une initiative de recherche et une exposition proposant un réseau complet de rues piétonnes à travers la capitale anglaise. La proposition de l’agence Zaha Hadid Architects (ZHA) qui est présentée au 26 rue Store WC1E 7BT et tiendra jusqu’au  lundi 26 février 2018, vaut le détour.

« La piétonisation de quelques rues a un impact limité sur l’amélioration de la congestion routière, de la pollution, de la sécurité et de la santé publique. Pour faire de la marche une partie de notre routine quotidienne, Londres a besoin d’un réseau piétonnier intégré dans le cadre de l’infrastructure de transport de la ville. »

En effet, la capitale anglaise a quelques bons exemples de la piétonisation qui ont participé à la revitalisation de ses différentes circonscriptions. L’exposition « Walkable London » présente des stratégies tangibles pour relier les diverses zones piétonnes disparates.

Des chiffres

Selon les dernières études : « Trafalgar Square a connu une augmentation de 300% de visiteurs après la piétonisation de sa partie nord. Les fermetures temporaires de dimanche sur Regent street entraînent une augmentation de 57% de la fréquentation. Globalement, l’activité commerciale augmente en moyenne de 30% suite à la piétonisation d’une rue ou d’un quartier. »

Ce qui veut dire que, les londoniens passent plus de 100 heures par an et en moyenne dans la circulation. Un coût annuel de 1 911 £ par personne est donc engendré, sans parler de la pollution atmosphérique. L’augmentation de la densité des quartiers résidentiels de la ville, grâce au recyclage et à la régénération ainsi qu’au taux de remplissage des terrains désaffectés, ne semble pas faire partie de la stratégie de transport de la ville, mais aborde les questions clés du logement, du transport et du développement communautaire.

Et des solutions

Développer l’environnement favorable aux piéton londonien, cela implique une grande variété de transformations, en sachant qu’il n’y a pas une solution unique. C’est pourquoi, une analyse, un engagement et un soutien attentifs sont nécessaires pour développer les meilleures solutions pour chaque communauté.

Londres était traditionnellement une ville piétonne. « Walkable London » présente des propositions qui réintroduisent la marche en tant que partie intégrante du réseau de transport de la ville. La mobilité reste un important sujet de société.

© ZHA
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A Londres, une exposition qui rend hommage à Jacques Hondelatte

Le Nichon—Viaduc de Millau, 1994, computer drawing. © Jacques Hondelatte & Betts Project
Le Nichon—Viaduc de Millau, 1994, computer drawing. © Jacques Hondelatte & Betts Project

Qui ne connaît Jacques Hondelatte ? Tandis que le grand public hésitait, les connaisseurs étaient déjà au rendez-vous. Le Samedi 2 décembre 2017, la galerie Betts Project située au100, Central Street était le lieu idéal pour rendre hommage à travers une très belle exposition à cet architecte français culte.

Une référence pour ses pairs

Essentiellement publié dans des revues spécialisées et peu connu du grand public, Jacques Hondelatte a malgré tout marqué sa génération. L’exposition, qui propose la redécouverte des travaux de l’architecte bordelais et qui est conçue par deux jeunes commissaires dont son petit fils, retrace d’une manière subtile le parcours de ce grand homme devenu une référence pour ses pairs.

«Ce qu’il y avait d’incroyable avec Jacques, se rappelle Mathieu Perez, son élève autour des années 1990 à l’école de Bordeaux, c’est qu’il était capable de déceler dans le travail de ses étudiants, qui parfois nous semblait assez médiocre, toujours matière à s’émerveiller. Il avait cette faculté à trouver dans nos projets ce qui pouvait les ré-enchanter sans sacrifier à la rigueur nécessaire. Encore aujourd’hui, cette énergie et cette poésie me portent.» .

« Des gratte-ciel dans la tête »

Jacques Hondelatte reçoit en 1998 le Grand Prix National de l’architecture. C’est durant cette même année que l’Institut Français d’Architecture lui consacre une exposition personnelle sous le commissariat du critique Patrice Goulet. Aujourd’hui, nous gardons tous en mémoire, la monographie « Des gratte-ciel dans la tête » qui reste aujourd’hui le seul ouvrage de référence sur l’œuvre de l’architecte.

Pionnier de l’architecture numérique en France, Hondelatte s’est très tôt intéressé à l’informatique. Malgré tout, parcourir ne serait-ce qu’un petit moment, les quelques images qui gravitent autour de deux installations, le tout savamment installé au sein de la galerie, nous font remonter le temps. L’époque où les représentations s’affranchissaient de toute ressemblance avec le réel pour étonner et émouvoir en créant leur propre univers.

Une exposition à visiter jusqu’au 3 février 2018 au Betts Project, à Londres. Et pourquoi pas un hors les murs à Paris ?