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In-Between Places, la nouvelle exposition de la Galerie d’architecture

©Sipane Hoh

La Galerie d’architecture présente depuis quelques jours l’exposition In-Between Places. Il s’agit du parcours de l’agence d’architecture Tolila+Gilliland, qui, fête à l’occasion ses dix ans d’existence. Une exposition florissante que j’ai découvert lors d’une visite privée.

L’entrée théâtrale

L’entrée de la Galerie d’architecture est en général assez significative. Il s’agit d’un parcours aux murs blancs qui introduisent certaines idées, avis ou encore paroles prononcées à l’occasion de tel ou tel projet. Cette fois-ci, c’est différent. Les murs de l’entrée sont couvertes d’un rideau plissé de couleur taupe. Une entrée théâtrale qui découle sur un espace généreux où la couleur blanche reste dominante. « C’est le choix des architectes » me dit-on, un choix qui surprend au premier regard mais qui trouve toute son explication une fois que l’on découvre l’exposition.

J’ai souhaité parler ici, sur Détails d’architecture de cette exposition parisienne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour le lieu que j’affectionne et qui se trouve être la seule et l’unique Galerie d’architecture de France, puis l’exposition elle-même qui retrace les dix ans d’une agence dont j’avais parlé, déjà à l’époque ici, du premier de leur projet réalisé, avant même que cette dernière soit récompensée en tant que première œuvre lors de la cérémonie de l’Équerre d’argent, et puis, il y a l’impressionnant parcours des architectes qui ont construit depuis, un nombre conséquent de projets. Un parcours remarquable qui mérite reconnaissance.

La farandole des maquettes

Revenons à l’exposition, après avoir traversé le parcours « théâtral », le visiteur découvre un univers clair où tous les projets du duo d’architectes sont présentés sous forme de maquettes agrémentées de silhouettes de couleur rouge mettant en avant les divers espaces présentés. Chaque maquette est accompagnée d’échantillons de matériaux qui montrent le processus de fabrication des constructions, les amoureux des textures seront gâtés ! Avant de quitter les lieux, n’oublions pas de s’isoler dans le petite pièce, aux murs fragiles en toile, pour jeter un petit coup d’œil aux différentes photos des projets. La scénographie est impressionnante, mais je n’en dirai pas plus, je laisse le plaisir de la découverte à chacun de vous…

©Sipane Hoh
©Sipane Hoh
©Sipane Hoh

Pour plus d’informations voir : le site de la Galerie d’architecture et de Tolila+Gilliland

Au Portugal, une charmante réhabilitation signée Liliana Maciel

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, dans la périphérie de Santo Tirso, l’agence d’architecture portugaise Liliana Laciel Arquitetura vient de terminer la réhabilitation d’une maison familiale aux lignes pures et aux traits épurés.

Un travail colossal

La maison se situe dans la périphérie de la commune de Santo Tirso, dans un lieu qui présente une transition claire vers l’environnement rural de la ville, une parcelle qui jouxte la très fréquentée, route nationale 105 qui relie Porto à Guimarães. L’ensemble, qui a cumulé plus d’un siècle d’existence et d’évolutions constructives successives, était très dégradé, non seulement en raison de l’âge, mais aussi du fait d’être inhabité pendant plus de 30 années.

Les architectes ont tout de suite remarqué le grand potentiel de la propriété, sa grandeur et sa beauté ont été jugées comme indéniables. Bénéficiant d’une excellente exposition et d’un terrain généreux, la maison réunit une série de caractéristiques qui ont fasciné ses propriétaires et, plus tard, les architectes. En effet, ces derniers, tombés amoureux du lieu, ont entrepris un travail colossal, à la fois rigoureux et subtil pour redonner vie à la résidence.  

Préserver la mémoire et l’identité

La volonté de réhabiliter, de préserver la mémoire et l’identité ont été des piliers décisifs pour un projet qui conjugue les contemporanéité des solutions dans la recherche d’une spatialité du confort thermique, acoustique et bien sûr esthétique, dans le respect des âges. « La matérialité la plus emblématique de la mosaïque, ou la plus ancienne de pierre et de bois, a été préservée et pensée à propos, depuis l’exécution des détails les plus discrets, jusqu’à la lecture de l’ensemble, en associant des matériaux d’usage et un langage plus contemporain, avec des tons, des combinaisons et des compositions qui aboutissent à cet ensemble parfaitement intégré dans le paysage. » Déclarent les architectes qui ont gardé certains aspects anciens tout en ajoutant de nouvelles touches, le tout dans une harmonie parfaite qui croise diverses contrastes, plusieurs textures et différentes matières. Il en résulte un projet exquis qui mérite reconnaissance.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Liliana Laciel arquitetura : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

Facebook: www.facebook.com/ivotavaresstudio

Instagram: www.instagram.com/ivotavaresstudio

Au Japon un charmant écrin pour l’école maternelle Tesoro

© Shigeo Ogawa

Conçue par Aisaka Architects ‘Atelier, l’école maternelle de 90 élèves nommée « Tesoro » (qui signifie trésor en italien) est située dans un quartier résidentiel de la ville de Fukushima, au Japon. Matières et textures sont au rendez-vous.

Des voies de circulation interconnectées

Afin de créer un environnement dans lequel les enfants peuvent jouer librement, les architectes ont proposé de consolider avant tout la partie privée sur le site. « Tout en conservant la fonction d’approche pour les véhicules au sol, nous pourrions placer des chambres d’enfants au-dessus de la route, garantissant ainsi un espace pour une grande aire de jeux en plein air au centre d’un bâtiment à étage bas. » Racontent les instigateurs du projet.

L’ensemble s’ouvre à l’est pour une vue imprenable sur les magnifiques montagnes. Avec des voies de circulation interconnectées tissant divers espaces intérieurs et extérieurs, le bâtiment se présente comme une structure de jeu géante incorporant un toboggan, un mur d’escalade et des escaliers de différentes tailles, en plus d’un mur de béton ondulé percé de nombreux trous qui s’enroule autour de l’édifice améliorant la sécurité et l’intimité.

Une réalisation qui évoluera au fil du temps

En plus du béton armé robuste, les matériaux comprennent des lambris en bois à l’intérieur et dans les zones extérieures à haute visibilité, ainsi que des toitures et parements faciles à entretenir. Les architectes ont fait tout leur possible pour garantir un cadre agréable pour tous les utilisateurs des lieux.

La conception comprend également des espaces extérieurs non encore utilisés qui, selon les architectes, pourraient devenir, à l’avenir, des jardins où l’on plante par exemple des légumes sur les toits, tandis que la partie extérieure peut être convertie en terrasse en bois. « Nous espérons que l’école telle qu’elle se présente actuellement ne représente pas son état définitif, mais plutôt un point de départ pour que le personnel travaille à la réalisation de rêves et d’objectifs dans un bâtiment qu’il aime au cours des cinq ou dix prochaines années. » Soulignent les architectes. Tandis que certains architectes cherchent à finaliser même les moindre détails d’un projet, Aisaka Architects’ Atelier livre une réalisation qui évoluera au fil du temps et au gré des utilisations, un exemple à prendre?

© Shigeo Ogawa
© Shigeo Ogawa
© Shigeo Ogawa
© Shigeo Ogawa

Le site d’Aisaka Architects’ Atelier: ici.

Les photos : © Shigeo Ogawa

A Porto, une remarquable réalisation signée Floret arquitectura

© Ivo Tavares Studio

A Porto, dans le quartier diversifié de « Caminhos do Romântico » l’agence portugaise Fleuret arquitectura vient de terminer la réalisation d’une charmante maison. Baptisée « Golgota », la résidence affiche un doux mélange d’ancien et de nouveau.

Réhabiliter l’ancien

Située à Porto, la zone de « Caminhos do Romântico » possède diverses caractéristiques. En effet, ce tronçon de ville mêle adroitement des maisons bourgeoises, des habitations populaires, des jardins et autres espèces exotiques, il est aussi composé de plusieurs exemples anciens datant de l’ère industrielle.

L’architecte nous raconte qu’une partie importante des itinéraires de la localité est faite par des chemins aux caractéristiques rurales,composés de hauts murs des anciennes fermes où l’on trouve de belles fontaines ainsi que plusieurs anciens lavoirs. L’intervention se situe dans la route qui va de Golgota à Massarelos, comprenant d’importants repères tels que la faculté d’architecture de l’université de Porto, la « Casa da Agustina Bessa-Luís »ainsi que d’autres maisons bourgeoises et ouvrières. L’ensemble est entouré d’un étendu dense de verdure où le fleuve Douro, situé en arrière-plan, constitue l’élément omniprésent.

L’ancienne maison qui existait sur la parcelle et qui était complètement en ruines, a été réhabilitée et remise aux normes. Les architectes y ont mené un travail minutieux qui a redonné à l’existant ses lettres de noblesse. En effet, de couleur ocre, la bâtisse a retrouvé son éclat d’antan.

Réaliser une nouvelle extension

L’extension a été réalisée vers son niveau inférieur, en profitant des terrasses, en utilisant du bois et du béton, délimitant clairement le budget  dont les travaux ont été réalisés en très peu de temps. Tous les murs existants ont été récupérés, ainsi que les murs de soutènement des terrasses comme le jardin où les espèces existantes ont été préservées et d’autres ont été incorporées selon à la spécificité du lieu.

Selon les architectes, la piscine a été conçue de manière à ne pas modifier la topographie du terrain. Le résultat global s’est avéré assez harmonieux, avec les nouveaux éléments ajoutés étant très discrets. Le terrain s’étend sur trois terrasses orientées à l’est avec une construction de quatre étages destiné à la partie privée. Compte tenu de la petite taille de cette dernière, il a été proposé d’agrandir la zone en introduisant deux nouveaux éléments. Il s’agit d’un volume comprenant des parties habitables ainsi qu’une piscine.

Le nouveau volume comprend des zones communes comme l’entrée, la cuisine, le salon mais aussi les installations de la piscine. Cette nouvelle entité est perpendiculaire au bâtiment existant et se compose de deux étages, s’étendant à l’est, comprenant plusieurs niveaux avec des terrasses au sol, des espaces de vie, des chemins entre autres.

L’intervention a réussi à concilier les diverses exigences d’une famille nombreuse avec les conditions résultant de la valorisation du patrimoine bâti tout en respectant la spécificité du lieu et le plan directeur de la municipalité. La solution trouvée résulte en une extension composée de bois et de verre qui a permis d’agrandir la surface habitable du bâtiment tout en préservant l’existant sans oublier l’ouverture sur le jardin. Les architectes soulignent que le choix du bois permet, en quelque sorte, de réduire le poids de l’expansion qui s’avère être relativement importante. La maison « Golgota » qui croise subtilement textures et matières constitue une belle curiosité à découvrir sans tarder !

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Floret Arquitectura : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

Instagram @ivotavaresstudio‌‌

Au Portugal, une charmante maison signée Paulo Martins

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, situé à Castelo Branco, une commune qui se trouve au nord est de Lisbonne, l’architecte Paulo Martins vient de terminer la réalisation d’une résidence familiale qui croise, à son intérieur astucieusement les textures. Élégance et sobriété sont au rendez-vous.

Maintenir l’aspect extérieur

L’architecte nous informe que la maison est située à Castelo Branco, dans la partie ancienne de la ville, qui a connu un déclin croissant ces dernières années. En réponse à cette situation, le projet de Paulo Martins visait à prendre les contours d’un archétype, pour tenter d’établir une nouvelle forme dans l’occupation urbaine de la ville. D’une part la revitalisation urbaine du centre historique et d’autre part son occupation par des tranches d’âge plus jeunes.

Conformément à cette intention, Paulo Martins a souhaité maintenir l’aspect extérieur d’origine de la maison tandis qu’à l’intérieur, les espaces ont été réadaptés aux normes actuelles de confort, de sécurité et de style de vie tout en étant marquées par le minimalisme contemporain.

Remanier l’intérieur

La maison est constituée de deux étages et d’une mezzanine. Pour des raisons d’éclairage, le rez-de-chaussée est réservé aux chambres à coucher et les étages supérieurs aux espaces communs. On accède, à ces derniers, par l’escalier d’origine du bâtiment. Paulo Martins a restauré le toit, donnant à l’ensemble, du sol au plafond, une hauteur assez généreuse où la lumière se reflète sur les plafonds et les murs blancs inondant l’ensemble. Un puits de lumière a été ajouté à la mezzanine, offrant une vue sur le château depuis le poste de travail rappelant que cet espace contemporain est chargé d’histoire.

En termes de matériaux, l’architecte qui a souhaité que le projet soit léger, décontracté et accueillant, c’est pourquoi, il a utilisé des matériaux simples mais de haute qualité, peignant les murs et les plafonds dans des tons clairs et finissant les sols et les meubles en pin sylvestre. L’ensemble respire la simplicité et l’élégance. C’est un intérieur où il fait bon vivre et dont les habitants sont satisfaits.

© Ivo Tavares Studio
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Le site de Paulo Martins Arquitectura & Design: ici.

Les images : © Ivo Tavares Studio

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A Saint-Herblain, a/LTA répond favorablement au contexte

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

a/LTA architectes urbanistes Le Trionnaire – Le Chapelain vient de terminer à Saint-Herblain un charmant projet qui s’insère dans son milieu tout en gardant une belle part de coquetterie. Matières et textures se croisent pour un résultat notable.

Un ensemble qui habite le lieu

C’est dans la ZAC de la Pelousière (J. Boucheton), à Saint-Herblain que les architectes de l’agence a/LTA (Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) viennent de réaliser leur projet. Il s’agit d’un programme composé de 34 logements en accession et une salle commune, qui prend place sur une parcelle située dans un environnement exceptionnel.

La ZAC de la Pelousière se caractérise par son identité qui croise astucieusement la ville et la campagne. En effet, sa topographie prononcée et son univers champêtre étaient le point de départ sur lequel les architectes se sont appuyés.  

« Après avoir développé plusieurs scénarios, cette implantation se révélait être la meilleure tant dans la préservation de la profondeur, des porosités qui accompagnent le paysage que sur les vues, les cadrages, les vis-à-vis. » Racontent les architectes qui ont fait tout leur possible pour créer un ensemble qui habite le lieu.

Le projet se caractérise par une composition simple qui comprend deux entités. Tandis que le premier bâtiment suit la limite ouest du terrain, le second parallélépipède est perpendiculaire à la rue des Marais. Les deux édifices sont traités de manière identique mais chacun présente une relation au terrain qui lui est propre.

Le bâtiment A se pose délicatement dans la pente sans aucune impact à la topographie existante. L’ensemble légèrement enterré côté rue, est déchaussé sur le vallon laissant apparaître son niveau de sous-sol. Le bâtiment B est, quant à lui, enclavé par la végétation, les logements situés au rez-de-chaussée jouissent d’un accès direct au plateau paysager. L’espace créé entre les deux entités correspond à un espace central complètement piétonnier que les architectes aiment nommer la cour urbaine. « Cet espace central, est non seulement un cœur névralgique des flux de circulations, mais également un lieu d’échanges, de rencontre et de discutions. » Soulignent les concepteurs.

Des petites attentions

La salle commune qui fait partie du programme vient s’insérer sous la cour urbaine, au niveau du sous-sol, elle est en accès direct avec la prairie et largement ouverte sur le vallon. Il s’agit en effet d’un espace sans affectation particulière qui pourra être approprié par les résidents pour y installer une bibliothèque, un atelier de jardinage ou toute autre chose.

Dans leur conception globale, les architectes n’ont pas délaissé certaines astuces fonctionnelles qui donnent un plus grand confort aux habitants comme les placards de rangements sur les balcons qui servent en même temps de séparation entre les voisins préservant ainsi l’intimité de chacun d’eux, le potager commun qui encourage la convivialité, les grandes baies vitrées qui assurent non seulement une grande luminosité à l’ensemble mais ramène le paysage extérieur à l’intérieur. Que de petites attentions appréciables de tous.

Il est vrai qu’il s’agit d’un ensemble immobilier contenant des logements mais la composition savante, le traitement minutieux, le rapport au paysage, tout nous montre qu’il s’agit avant tout d’une réalisation longuement réfléchie qui croise astucieusement le jeu des volumes et des textures. Un travail qui mérite reconnaissance !

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de l’agence d’architecture a/LTA : ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau