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In-Between Places, la nouvelle exposition de la Galerie d’architecture

©Sipane Hoh

La Galerie d’architecture présente depuis quelques jours l’exposition In-Between Places. Il s’agit du parcours de l’agence d’architecture Tolila+Gilliland, qui, fête à l’occasion ses dix ans d’existence. Une exposition florissante que j’ai découvert lors d’une visite privée.

L’entrée théâtrale

L’entrée de la Galerie d’architecture est en général assez significative. Il s’agit d’un parcours aux murs blancs qui introduisent certaines idées, avis ou encore paroles prononcées à l’occasion de tel ou tel projet. Cette fois-ci, c’est différent. Les murs de l’entrée sont couvertes d’un rideau plissé de couleur taupe. Une entrée théâtrale qui découle sur un espace généreux où la couleur blanche reste dominante. « C’est le choix des architectes » me dit-on, un choix qui surprend au premier regard mais qui trouve toute son explication une fois que l’on découvre l’exposition.

J’ai souhaité parler ici, sur Détails d’architecture de cette exposition parisienne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour le lieu que j’affectionne et qui se trouve être la seule et l’unique Galerie d’architecture de France, puis l’exposition elle-même qui retrace les dix ans d’une agence dont j’avais parlé, déjà à l’époque ici, du premier de leur projet réalisé, avant même que cette dernière soit récompensée en tant que première œuvre lors de la cérémonie de l’Équerre d’argent, et puis, il y a l’impressionnant parcours des architectes qui ont construit depuis, un nombre conséquent de projets. Un parcours remarquable qui mérite reconnaissance.

La farandole des maquettes

Revenons à l’exposition, après avoir traversé le parcours « théâtral », le visiteur découvre un univers clair où tous les projets du duo d’architectes sont présentés sous forme de maquettes agrémentées de silhouettes de couleur rouge mettant en avant les divers espaces présentés. Chaque maquette est accompagnée d’échantillons de matériaux qui montrent le processus de fabrication des constructions, les amoureux des textures seront gâtés ! Avant de quitter les lieux, n’oublions pas de s’isoler dans le petite pièce, aux murs fragiles en toile, pour jeter un petit coup d’œil aux différentes photos des projets. La scénographie est impressionnante, mais je n’en dirai pas plus, je laisse le plaisir de la découverte à chacun de vous…

©Sipane Hoh
©Sipane Hoh
©Sipane Hoh

Pour plus d’informations voir : le site de la Galerie d’architecture et de Tolila+Gilliland

Equerre d’argent 2012, l’annonce des prix…

 

 

La proclamation de l’équerre d’argent 2012 s’est déroulée hier soir à la Cité de l’architecture et du patrimoine. Et c’est avec mon regard d’architecte que je cherchais un lien (ne serait-ce que fragile) entre les projets récompensés. Un coup de cœur de la part du jury? Pas que…
J’avais évoqué ici même l’édition de l’année dernière qui tranchait par une architecture « différente » (axée plutôt sur le patrimoine) ayant conquis le jury.
Cette année, l’équerre d’argent a été obtenue par les architectes de l’agence CAB (Jean-Patrice Calori, Bita Azimi et Marc Botineau) pour leur pôle petite enfance à La Trinité (Alpes-Maritimes).
La mention au prix d’équerre d’argent revient à l’architecte Dietmar Feichtinger pour son groupe scolaire Lucie-Aubrac de Nanterre (Hauts-De-Seine).
Le prix spécial du jury sera pour Renzo Piano Building Workshop et le projet du couvent des clarisses à Ronchamp (Haute-Saône).
Et finalement la première œuvre pour un projet que j’ai présenté sur le blog DETAILS le 27 Août 2012, une coïncidence ou bien une belle intuition ? Il s’agit du « Mosquito Coast Factory » des architectes Gaston Tolila et Nicholas Gilliland à Savenay (Loire-atlantique).
Vue la diversité des matériaux utilisés, il est permis d’éliminer le penchant du jury pour telle ou telle matière. Entre le béton, le bois et l’acier, les projets se sont tous surpassés. Il faut donc chercher pourquoi ? Dans une telle décision c’est quoi qui compte ?
Et pourtant, un lien minime entre les projets choisis semble dominer : la justesse.
Il ne s’agit ni du même programme ni des mêmes impératives pour concevoir une école, un couvent ou bien un équipement culturel ou un atelier d’artiste. Et pourtant, le souci du détail est l’un de ces petites choses qui font qu’une architecture soit tellement réussie. Cette année, selon moi, les lauréats de l’équerre d’argent, l’ont bien démontré…

A ce sujet, plus de détails : ici.

« Concrete sunset »

C’est pour le XIIIème arrondissement parisien que ce projet a été conçu. Une intervention artistique qui s’invite en plein cœur d’un quartier en mouvement et reflète les différents changements qu’un espace urbain puisse subir.
Il se trouve que l’édifice en lui-même (le silo en béton) affirme déjà une présence non négligeable dans le panorama du quartier. Ici, la couleur ne fait que renforcer cette présence en lui donnant une nouvelle tournure.
C’est l’agence d’architecture, Tolila+Gilliland qui a imaginé ce projet. Pour cela, les architectes se réfèrent à des écrits de 1905 où Élisée Reclus, dans son ouvrage « L’homme et la terre » explique la préférence des gens aisés de s’installer à l’ouest des villes. Le géographe évoque d’une part la pollution urbaine et d’autre part le coucher du soleil, un sujet récurrent et toujours présent dans de nombreux œuvres littéraires et artistiques.
En conséquence, cette œuvre qui reproduit les couleurs du coucher du soleil sur les deux silos en béton offrira à ce quartier et ses habitants une image virtuelle d’un phénomène répandu mais absent…
Pour plus d’informations et de photos, voir : le site de Tolila+Gilliland.

Artiste mandataire: Benoit-Marie MORICEAU
Architectes : Gaston Tolila et Nicholas Gilliland

Les images : © Tolila-Gilliland